vendredi 21 mars 2014

Jeu vidéo postal d'outre-Manche

Dans son édition bimensuelle du 15 mars 2014, Canard PC, le magazine ironique du jeu vidéo pour ordinateur PC (et un peu consoles), critique le jeu Post Master développé par le britannique Excalibur Publishing, spécialisé dans les jeux de simulation, et distribué depuis le 6 mars par Merge Games en dvd-rom et sur la plate-forme de téléchargement Steam.

L'objectif : être le patron gestionnaire d'un réseau postal dans une ville en croissance, fixer les tarifs, embaucher du personnel, acheter les véhicules, ouvrir de nouveaux bureaux, fixer les tournées, etc.


La bande-annonce du jeu, en décembre 2013.

Guy Moqette (sic), le testeur de Canard PC, s'amuse ainsi du doux plaisir de décider de « fermer le dernier guichet à 16 h pile et adresser un sourire narquois à des clients qui font la queue depuis deux heures », « donner la consigne aux agents de n'emporter que des avis de passage préremplis » pour faire des économies de carburants en ne faisant pas faire des allers-retours à de lourds colis,...

Son contentement fut court : pour un gamer aguerri, la simulation postale proposée lui a paru peu audacieuse, assez simple à mener.

Pour un philatéliste, collectionneur de timbres, amateur de la mécanique postale, découvrir les arcanes d'un tel jeu, prendra peut-être plus de temps.

Sur le site du distributeur, la version téléchargeable coûte dix livres sterling. À vos risques et périls, ou à votre contentement de faire mieux que Royal Mail et La Poste.

Mise à jour du mardi 22 avril 2014 :
À l'occasion de la publication de cet article en anglais, des testeurs anglophones ont posté leur essai sur youTube:
- exemple 1 ;
- exemple 2.

mardi 18 mars 2014

Disparition du républicain qui initia le type Machin

Vendredi dernier, le 14 mars 2014, le politicien travailliste old school Tony Benn est mort à l'âge de quatre-vingt huit ans.
Une des propositions de David Gentleman suite à une commande de Tony Benn pour des timbres britanniques sans effigie royale. Extrait du blog du BPMA, le timbre Churchill revu ; le Premier Ministre avait permis l'anoblissement du père de Benn afin de disposer d'alliés à la Chambre des Lords pendant la Seconde Guerre mondiale. Convaincu de l'abolition de cette assemblée, mais devenu pair par héritage en 1961, Benn batailla pendant deux ans pour ne pas perdre son mandat à la Chambres des Communes et convaincre le gouvernement conservateur de modifier la loi afin de permettre la possibilité de renoncer à la pairie.
De conviction républicaine, il fut, selon l'écrivain Robert McLiam Wilson dans une chronique du Monde du 17 mars, le dernier homme de gauche du Royaume-Uni. En 1981, il échoue d'un point de suffrage à l'élection interne au Parti travailliste et ne put mener la lutte contre la reconduite d'une majorité conservatrice derrière Margaret Thatcher. Depuis, son parti s'est rénové dans un sens libéral, thatchérien par moment blairiste.

Philatéliquement, il a reçu l'hommage du British Postal Museum & Archives sur son blog, le jour même de sa disparition, à deux grands titres.

Tony Benn fut le Maître général des postes de 1964 à 1966. Il inaugura la Post Office Tower, connu aujourd'hui comme la British Telecom Tower qui domine le paysage du nord du centre de Londres. Il dirigea la création de Girobank, la banque postale qui permit de rendre accessible des services bancaires à un plus grand nombre de Britanniques.

Côté timbres-poste, le républicain tenta de forcer le Royaume-Uni d'intégrer les codes de l'Union postale universelle : avoir le nom du pays en alphabet latin... donc supprimer l'effigie du Souverain. Il commissionna l'illustrateur David Gentleman qui adapta nombre d'émissions récentes pour donner un aperçu du résultat.

Imprimés en grand format, ces projets furent déployés au sol même du salon où Elisabeth II recevait les membres du gouvernement et écouter leurs projets. Il faut lire l'aventureuse exposition de Benn sous les yeux de la reine dans l'ouvrage de Douglas Muir, A Timeless Classic, consacré au type Machin.

La réponse royale, une fois remis des émotions artistiques, fut négative, mais elle initia une réforme complète de l'image de la Reine sur les timbres britanniques : les artistes ayant signalé le handicap graphique posé par l'effigie Wilding sur les timbres commémoratifs, Gentleman créa le petit profil uni qui fut retravaillé par Arnold Machin qui obtint d'être choisi pour la nouvelle série d'usage courant.

Le Royaume-Uni perd donc un de ses derniers travaillistes d'avant-Thatcher, un républicain audacieux et le père spirituellement involontaire des deux types Machin qui marquent toujours la quasi-totalité des timbres-poste outre-Manche.

samedi 15 mars 2014

À quoi sert le timbre-poste ou miscellanées commonwealthiennes

Humour british et miscellaneous pour fin de semaine du Commonwealth.

À quoi sert le timbre-poste ?

Que de réponses, souvent similaires dès les premiers changements de types du dix-neuvième siècle !

À remplir les coffres des administrations postales et gouvernementales est l'accusation récurrente des collectionneurs face à l'inflation des émissions dénoncée très tôt.

À rendre agréable et personnalisé le courrier envoyé, répondent ceux qui continuent à correspondre par écrit, plutôt qu'à tout faire passer par e-mail ou sms.

À faire ouvrir nos courriers publicitaires font écho les entreprises en quête d'illustrations imitant la dentelure, l'image, le goût du timbre, mais sans en assumer le coût.

En ouverture d'un article du dossier que le magazine Diplomatie consacré à l'Australie, nouvelle puissance asiatique ? dans son numéro 67 daté mars-avril 2014 (site-boutique de l'éditeur).
À illustrer tout, répondent les collectionneurs thématistes, et n'importe quoi, leurs contradicteurs.

Comme cet article du numéro 67 de Diplomatie afin d'illustrer un des problèmes géopolitiques intérieurs de l'Australie : son identité nationale. Le timbre est celui marquant l'Australia Day de 1982, le 26 janvier fête nationale, avec les profils et accoutrements traditionnels d'un Européen, d'un Aborigène et d'une femme qui peut être tout à la fois une Européenne, une Nord-Africaine ou une Moyen-Orientale, habillée d'un voile ou d'un châle pour voyager vers l'inconnu.

À montrer comment l'émetteur du timbre souhaite se représenter : le gouvernement australien tentant d'inclure tout ce que la population australienne comptait au dix-neuvième comme au vingtième siècle.

Publicité pour Kalaweit, association française de défense de l'habitat des singes gibbons en Indonésie, parue dans Terra Eco de janvier-février 2014.
À évoquer la correspondance, le contact, le lien et l'engagement volontaire de l'expéditeur !

Le logotype de l'association Kalaweit montre un gibbon (prénommé Stanley ???) se déplaçant sur des branches en forme d'oblitération ondulée, dont le cachet rond est un sous-logotype portant le slogan « Nous essayons juste d'aider ».

Un don, un courrier en France permet de sanctuariser et préserver des espaces forestiers aux primates d'Indonésie.

Ce blog traitait un autre exemple aussi peu philatélique à ses débuts avec un logiciel de lecture vidéo.

Affranchissement de timbres accumulés de Murray Payne pour envoyer un exemplaire de son périodique Sixth Sense.
À poster du courrier !!!, répondent les enfants et ceux qui écrivent ou veulent recevoir encore de l'écrit et de l'imprimé.

Un peu daté ce bloc de Machin 2nd class issus de carnet (découpes horizontales) et d'avant les dentelures elliptiques, complétés d'une valeur - aujourd'hui - ridicule de trois pence des noces d'argent de la reine Elisabeth II et Philip d'Edinburgh de 1972. Mais oblitération au cachet, plutôt qu'à l'impression jet d'encre.

Mais pas merci aux postiers pour l'état de l'enveloppe et du fascicule plié en deux...

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Donc, hier, j'ai reçu le dernier exemplaire de l'année 2013 de Sixth Sense, envoyé contre abonnement par le marchand spécialisé dans le règne de George VI, Murray Payne, récemment acquis par Stanley Gibbons.

Les philatélistes ultra-spécialisés dans ces timbres seront aux anges avec ces douze pages de bon papier glacé épais, envoyés quatre fois par an sur la base d'abonnements par année civile depuis le premier numéro de mai 1995.

En décembre 2013, la première page résume l'actualité de l'entreprise. Les pages 2 et 3, Insight, plonge dans les détails des variétés d'un ou quelques domaines du Commonwealth et de l'Empire, continué en pages 3 et 4 par la publication des notes d'un connaisseur complétant toute connaissance des catalogues sur des dates d'utilisation, des nuances de couleur et des variétés.

Au centre, la liste des lots invendus de la dernière vente et leurs prix ; un article en dernière page résumant la vente en question. Pages 8 et 9 est le forum des lecteurs et clients envoyant découvertes et interrogations. Un dernier article spécialisé - une série sur les dates des tirages des timbres malais actuellement - fait face à une grille de mots croisés pour georgesixièmistes.

En bas de la dernière page, le calendrier des salons britanniques où Murray Payne sera présent en 2014.

vendredi 14 mars 2014

Au service de Sa Majesté en France occupée

Le 25 mars 2014, la Royal Mail émettra son habituelle série des Britanniques d'exception, cette année tous nés en 1914. De nouveau, après 2012, une femme courageuse est honorée pour ses actions au sein du Special Operations Executive, service de renseignements créé en 1940 pour opérer dans l'Europe sous domination nazie.

Les photographies des archives militaires illustrant cet article ont servi pour les timbres au format carré émis par Royal Mail.

Noorunissa (ou Noor-un-Nisa) Inayat Khan en uniforme (photographie conservée aux Imperial War Museums).



 Noor Inayat Khan était la fille du fondateur d'un mouvement de « soufisme universel » qui voyagea en Europe et aux États-Unis pour le diffuser, d'où la naissance de Noor à Moscou en 1914.

Musulmane donc, indienne par son père, états-unienne par sa mère, la famille quitte la Russie au tout début de la Grande Guerre pour l'Angleterre, puis Suresnes en 1920 où ses parents diffusent musique et soufisme. Au printemps 1940, la mère et les enfants suivent l'exode vers Bordeaux et embarque pour l'Angleterre où, malgré les enseignements pacifistes de leur père, Noor et un de ses frères décident de s'engager.

Après plusieurs postes, elle devient une agent de la section France du Special Operations Executive. Arrivée en France en juin 1943, elle refuse d'être rapatriée lorsque dans les semaines qui suivent presque tout son réseau d'opérateurs radio et de nombreux résistants sont arrêtés par le Sicherheitsdienst, le service de renseignement des SS.

Seule agent du SOE en opération dans Paris, elle devient l'ennemi numéro un du SD qui la capture en octobre 1943 après la trahison par l'un ou l'autre des agents français du SOE - le premier possible agent double, l'autre par jalousie... Son arrestation et son premier mois d'interrogatoire furent terribles pour les agents du SD, des aveux mêmes de leur chef à Paris. Si elle ne divulgua rien, les cahiers qu'elle tenait donnèrent hélas suffisamment d'informations pour que les Allemands la forcent à continuer d'émettre, ce dont furent victimes trois agents envoyés en France avant que le SOE ne se rendent compte d'avoir perdu Inayat Khan.

Après une de ses évasions, elle est envoyée en prison en Allemagne et placée au secret, toujours entravée de chaînes de novembre 1943 à son exécution à Dachau, le 13 septembre 1944, aux côtés de trois autres agents françaises du SOE : Yolande Beekman, Éliane Plewman et Madeleine Damerment.

Noor Inayat Khan est l'une des trois seules femmes du First Aid Nursing Yeomanry du SOE décorées de la George Cross en 1949 à titre posthume. Sur le chemin hautement philatélique entre la British Library et la Royal Philatelix Society, à Londres, une statue en bronze peut être vue depuis 2011 dans les jardins de Gordon Square. Le timbre du 25 mars prochin est le dernier honneur en date.

Odette Brailly, épouse Sansom pendant la guerre, épouse Churchill et Hallowes après, en uniforme (photographie conservée aux Imperial War Museums).
Philatéliquement, elle rejoint Odette Brailly, née en 1912 à Amiens et orpheline de la Grande Guerre. Mariée en 1931 à un Anglais, Roy Sansom, mobilisé en 1940.

Le courage a parfois besoin du hasard pour apparaître : c'est une erreur d'adresse qui fait qu'elle est recrutée par le SOE. Au lieu d'envoyer ses documents familiaux sur la région de Boulogne à l'Amirauté, qui recherchait de tels documents au printemps 1942, elle les envoie au War Office.

Arrivée à Cannes la même année, elle sert de courrier à Peter Churchill, déjà en opération sur place auprès de la Résistance. Trahi par un infiltré, ils sont arrêté en Haute-Savoie en avril 1943 et expédiés au siège parisien du SD.

Condamnée à mort en juin, elle est envoyée au camp de Ravensbrück et doit sûrement sa survie à la croyance qu'ont eu ses bourreaux qu'elle était la femme de Peter Churchill (ce qu'elle fut de 1947 à 1956), et que celui-ci avait un lien de parenté avec le Premier Ministre.

Odette Brailly est faite membre de l'Ordre de l'Empire britannique, la première et la seule survivante des trois femmes du FANY décorée de la George Cross en 1946.

Violette Szabo en couverture d'un carnet de timbres au type Machin de 1995, une des nombreuses manifestations en sa mémoire au Royaume-Uni et à Jersey (source de l'image).
La Franco-Britannique Violette Szabo était la troisième décorée de la George Cross et « la plus brave d'entre nous » d'après Odette Brailly. Elle est capturée deux jours à peine après le début de sa deuxième opération en France, en juin 1944 dans le Limousin.

À cause de l'invation alliée, elle est rapidement expédiée en Allemagne avec d'autres agents du SOE prisonniers qui ont témoigné du moral qu'elle a permis de conserver pendant la déportation en train et au camp de Ravensbrück.

Violette Szabo est exécutée en février 1945 aux côtés des agents Denise Bloch et Lilian Rolfe.

Elle fait l'objet d'un grand nombre de monuments et d'œuvres inspirées de sa vie : un film Carve Her Name With Pride en 1958 et a inspiré l'héroïne espionne/assassin un jeu vidéo de 2009, Velvet Assassin.

À défaut d'un timbre commémoratif, le Post Office illustra en 1995 ses carnets de timbres d'usage courant d'héros de la Seconde Guerre mondiale, dont Violette Szabo.

...

Tant d'héroïnes, tant de héros, si peu d'émissions de timbres qui leur sont destinées.

Tant de bêtises obtuses, nationalistes, racistes, pétainistes, fascistes ou impérialistes, voire pire aveugles, entendues dans notre actualité de 2014.


jeudi 13 mars 2014

Le Commonwealth philatélique dans les périodiques de fin février-début mars 2014


En cette semaine britannique et Commonwealth, un tour des articles dans les périodiques philatéliques reçus depuis ces trois dernières semaines.

Comme chaque mois, le marchand du 79 Strand, London, The Stamp Centre, propose une publicité de deux pages jetée dans les deux principaux magazines britanniques. Que du catalogué dans le Commonwealth & Empire de Stanley Gibbons et en lots à sommes promotionnelles (19.95, 39.90, etc) ; ce mois-ci : la première série d'usage courant et une collection complète des timbres-taxe de Guernsey et ses aléas de production, tout un tas d'usage courant oblitérés d'Australie du temps de George V, les George VI des Détroits et surchargés pour les États princiers de l'Empire des Indes, des fuites d'imprimerie avec les essais pour s'assurer qu'il était possible d'émettre en vingt-quatre heures des timbres pour chaque médaille d'or britannique aux Jeux olympiques de 2012, vignettes de Noël promouvant la lutte contre la tuberculose en Afrique du Sud dans les années 1950...

et des classiques de Suède des années 1870 ??? ... Un effet d'une exposition à la Royal Philatelic Society London, suivi d'une énorme exposition à Monacophil ?

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Dans Stamp Magazine daté avril 2014, la rédactrice des news, Julia Lee, part à la découverte des dix Britanniques nés en 1914 que Royal Mail a décidé d'honorer d'une série le 25 mars prochain - j'y reviendrai demain (ou samedi) - tout en rapportant un effet de mode qui contrit la même Royal Mail qui avait pourtant montré le mauvais exemple. En 2012, une boîte aux lettres de rue a été peinte couleur dorée dans la ville d'origine de chaque médaillé d'or des Jeux olympiques d'été... Les fans de Lizzy Yarnold, championne en skeleton (ne me demandez pas, je ne suis ni neige, ni glace), ont décidé de peindre une boîte à WestKingsdown, Kent.

Historique et hautement philatélique, la soapbox (un lecteur proposant un mini-article) de Robin Restall présente ses trouvailles réalisées avec un scanner des variations dans l'impression du 1 pence et demi du couronnement de George VI. Il montre ainsi que les techniques modernes aident à vérifier et approfondir les connaissances publiées dès 1949.

Pour faire le tour du Commonwealth, alliance solidaire toute Britishness rejointe par le Mozambique en 1995 et le Rwanda en 2009, il faut presque faire le tour du monde :
- aux Indes occidentales, John Winchester voyage avec Christophe Colomb jusqu'à Grenada,
- en Afrique australe, Noel Davenhill étudie les surcharges de la décimalisation de 1961 au Basutoland, Bechuanaland et Swaziland, sur les timbres desquels apparaissaient encore la reine Elisabeth II.

Et, même quand ils quittent les limites de la communauté des nations, les auteurs de Stamp restent captivants : Dave Hill revient sur un sujet érodé avec les timbres de l'inflation allemande de 1923... avec des utilisations réelles, sans forcément en coller des dizaines.

Le mois prochain, sortie le 10 avril outre-Manche et disponible à Paris au WHSmith près de la place de la Concorde avec tout un tas de romans et de livres en anglais.

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Gibbons Stamp Monthly daté mars (il arrive en fin de mois dans ma boîte) varie encore plus la Britishness dans toutes ses limites depuis l'étude - et non le copier-coller de Phil@poste comme en France - des nouveautés commémoratives et des trouvailles dans les usages courant par des auteur réguliers philatélistes, dont John M. Deering et son Machin Watch mensuel étendu, depuis longtemps, aux timbres de distributeurs et aux timbres régionaux.

Même si le mandat britannique en Mésopotamie est terminée depuis 1932, il n'y a que sept ans que l'Iraq est indépendant et que le très jeune - 3 ans - Faisal II monte sur un trône digne du futur Lion King de Disney, avec un oncle putschiste en faveur d'une alliance avec l'Axe pendant la Seconde Guerre mondiale. John Holman fait découvrir les timbres de son règne qui finit tragiquement le 14 juillet 1958.

Plus loin à l'est en Asie, Rob Holley inaugure une série d'articles sur les surcharges réalisées pour pallier le manque de timbres dans les États malais fédérés de 1899 à 1901, avec le tigre comme animal thématique de ces figurines.

Un tour en Amérique du Nord avec l'étude par John Hillson du Half Cent Small Queens du Canada  de la toute fin du dix-neuvième siècle, tandis que Iain Stevenson se plonge dans une introduction aux entiers postaux de la confédération.

Striking est l'émission de Gibraltar du 2 novembre 2013 : le timbre porte sur la traditionnelle cérémonie des Clés, celles de la forteresse gardées par le gouverneur sauf le matin et le soir quand le sergent les emprunte pour la fermeture et l'ouverture des portes de la ville. Les vignettes se-tenant permettent d'honorer le gouverneur, désormais retraité, le vice-amiral Sir Adrian Johns.

Pour clore le magazine avant le supplément au catalogue, l'ancien rédacteur-en-chef Hugh Jefferies signale les surcharges contemporaines de Fiji, listées dans le Western Pacific Catalogue. Enfin, David Horry continue de détourner l'histoire des classiques du Commonwealth avec une fausse émission non-émise : ce mois-ci, c'est un palmier sur timbre d'Antigua de 1953 qui est le héros du délire. Horry est auteur d'une étude des marques postales des Indes occidentales et d'un recueil de ses égarements sur timbres du règne de George VI.

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La perle des lectures mensuelles se trouvent dans le London Philatelist daté mars 2014.

Brian Livingstone remonte l'origine de la photographie du roi George VI par Bertram Park qui servit pour plusieurs séries d'usage courant de colonies, dont Grenada, en 1937. À partir des archives photographiques de la Bibliothèque royale à Windsor, des photographies conservés dans la Collection royale et au British Postal Museum & Archives, il confirme que le portrait date de 1933 et qu'une partie des décorations portées par celui qui était alors duc d'York a été repeintes pour mise à jour au fur et à mesure des années jusqu'à l'évènement, ajoutant ainsi les insignes acquis.

Cerise sur le gateau, le discours sur le calendrier des émissions, précipité et retardé par l'abdication de décembre 1936, est illustré d'un projet non émis de timbres de Ceylon à l'effigie d'Edward VIII.

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N'oublions pas les blogs qui permettent régulièrement d'essayer de suivre la philatélie contemporaine au rythme où les philatélistes britanniques l'écrivent :
- celui régulièrement tenu et commenté par le marchand Norvic Philatelics,
- Postal Labels of the UK de Brian Sinnott pour les distributeurs de timbres,
- Machin Mania.

Et les sites de référence sur le net ou sur les lieux des institutions qu'ils représentent :
- le British Postal Museum & Archives qui, espérons-le, aura bientôt un musée en plus de son actuelle salle des archives à Mount Pleasant,
- les collections philatéliques de la British Library, juste à côté de la gare Eurostar de Saint Pancras,
- la National Philatelic Society,
- plus tenu à jour, mais mine d'archives, les sites liés au GBStamps.com,
- et la complète et chaleureusement tenue bibliothèque de la Royal Philatelic Society London.

Promis pour ceux qui préfèrent les affres de nos élus présidents républicains, 
bientôt Marianne revient dans ses pages.

mercredi 12 mars 2014

Du catalogue France et Colonies de Stanley Gibbons


Profitant des soldes de fin décembre 2013-début janvier 2014 sur le site de Stanley Gibbons, outre le guide How to identify stamps, j'ai commandé la septième édition (2010) du tome 6 du catalogue général de Stanley Gibbons : France (also covering French Colonies, Andorra and Monaco).

Pas de lien, cette édition étant épuisé, la huitième sera sûrement publiée prochainement.

La collection de catalogues de l'éditeur britannique fonctionne par échelles de précision autant que par délimitation géographique :
- catalogue mondial en six volumes est le moins détaillé et illustré, et a donné lieu à des catalogues simplifiés pour les continents ou zones étendues les plus producteurs de timbres ;
- catalogues spécialisés réservés au Royaume-Uni : règne de Victoria, règne de Edward VII à George VI, le règne d'Elisabeth II est séparé par la décimalisation monétaire de 1971 ;
- catalogues par zones géographiques en deux lots : les zones Commonwealth et les zones générales dans lequel se retrouve le tome France étendue.

Contrairement à Yvert et Tellier qui a mis des décennies avant de se rendre compte que les collectionneurs et philatélistes spécialisés hors des domaines européens et coloniaux avaient besoin de catalogues généraux par continent, Stanley Gibbons propose ainsi suffisamment d'ouvrages pour convenir au lecteur.

Ne veut-il que les colonies britanniques avant les indépendances et la diarrhée d'émissions ? Hop c'est le Commonwealth & Empire 1840-1970 qu'il faut. Non, non, que l'Australie, et voici le tome sur l'Australie jusqu'à nos jours comprenant les territoires liés jusqu'à leur indépendance. Une des dernières nouvelles zones éditées est l'Antarctique, en 2012.


Venons-en au volume qui nous occupe, voilà ce qu'il propose pour 44,95 livres sterling et 429 pages au format A4 :
Cliquer pour lire la liste des territoires philatéliques couverts depuis la France et son outre-mer actuel, plus les deux administrations postales d'Andorre et celle de Monaco, ainsi que les Documents philatéliques (pour ceux qui les détestent), les courriers par ballons, les émissions du Conseil de l'Europe et de l'Unesco, les bureaux de poste à l'étranger, toutes les colonies et mandats ayant émis des timbres en leur nom.
 Certes, comme souvent avec les catalogues de ce format-là, vous ne l'aurez pas sous le coude lors de déambulations dans les salons philatéliques, mais, pour les feignants comme moi ayant besoin de vérifier deux-trois informations rapidement sur plusieurs territoires, attraper ce volume seul plutôt que de zigzaguer entre les cinq Dallay et les quelques vieux Yvert de mon étagère, c'est pratique.

... [lecteur intrigué]

Oui, il manque le catalogue-zombi, celui publié par un marchand mort depuis cent sept ans et dont les propriétaires ne sont pas héritiers en ligne directe.

... [lecteur réintrigué]

Non, pas d'achat de catalogue français récents, les cotes ne m'intéressent que peu. Mais alors, pourquoi ce catalogue britannique m'intéressait-il ?
Je me permets de scanner et de diffuser la page 31 de ce catalogue pour illustrer mon propos.
Comme tous les catalogues Stanley Gibbons d'un certain détail, à l'image du Dallay et sûrement du catalogue-zombi, vous trouverez les dates d'émission, les artistes, le mode d'impression et les imprimeurs des timbres (sauf s'il s'agit d'une des imprimeries postales de Paris puis de Périgueux)... autant qu'il est possible de les connaître.

Certes, pour certaines séries de France comme des colonies et collectivités, tous les timbres, même différents, ne sont pas illustrés. Certes, il fait doublon - en livres sterling - avec une collection remise à jour de catalogues amiénois.

Mais toute la France, un index des émissions métropolitaines, les principautés, collectivités et colonies en un seul volume : pratique et pas cher si vous patientez les soldes de fin de la série.

Par contre, pour ceux qui s'intéressent également aux timbres des pays après leur indépendance, il faut souvent se tourner chez le même éditeur vers les catalogues continentaux simplifiés comme pour l'Afrique.





mardi 11 mars 2014

Propagande anti-britannique chez Spink en décembre 2013


Lors de Monacophil, du 5 au 7 décembre 2013, la branche londonienne de la maison d'enchères Spink disposait d'un dernier moment pour soumettre aux visiteurs les pièces de sa vente du 12 décembre suivant, consacrée aux timbres et à l'histoire postale du Royaume-Uni.

Je préfère lire et découvrir, n'ayant pas un budget extensible à l'infinité de mes passions. Néanmoins, concernant le règne de George VI, les pages 146 à 149 ont capté mon regard de débutant. Extraits :
Extraits de la vente Spink du 12 décembre 2014, partie consacrée aux falsifications allemandes de propagande pendant la Seconde Guerre mondiale (scan et mise en forme du catalogue imprimé).

Une trentaine de lots (numéros 1079 à 1110) consacrée aux faux timbres d'origine allemande, réalisé pendant la Seconde Guerre mondiale et en suivant d'ailleurs très bien l'actualité des relations entre alliés et entre ceux-ci et l'Union soviétique.

Ainsi, à partir du type du jubilé d'argent de George V, du timbre grand format du couronnement sur lequel George VI apparaît avec sa femme Elizabeth et de la série d'usage courant à l'effigie de Edmund Dulac et aux décorations de Eric Gill, les services allemands se sont défoulés en en transformant le dessin ou en surcharge de propagande.

Par exemple, le lot 1081 signale la conférence de Téhéran comme le mariage de George et de Staline. Les lots 1084 à 1086 mêlent les extrêmes politiques pour caricaturer les alliances britanniques : "World Bolchevism" pour celle avec l'U.R.S.S., "World Capitalism" et "World Judaism" pour le délire antisémite des nazis sur la présence de juifs dans les métiers de la banque.

 De 1086 à 1089, ce sont les conférences entre alliés qui en prennent pour leur grade et démoraliser les Britanniques qui recevraient du courrier portant ces timbres : la charte de l'Atlantique proclamé le 14 août 1941 par le président des États-Unis et le Premier Ministre britannique est décrite comme "The Bluff Charta" avec croix de tombe sur fond de vagues océanes. Deux hypothèses me viennent pour comprendre le message : à ce moment-là, Franklin Roosevelt n'a aucun levier politique pour conduire le Congrès à déclarer la guerre contre l'Axe, ou c'est un refus d'admettre le refus de l'impérialisme conquérant énoncé dans la Charte.

Pour celle de Téhéran, du 28 novembre au premier décembre 1943, c'est l'"Empire Liquidation" qui est annoncé par cette alliance avec l'étoile rouge stalinienne. La liquidation de l'Empire est le motif de tous les autres lots en pièces individuelles, séries, carrés, bandes verticales avec bords de feuille.

À partir de ces blocs, on s'aperçoit facilement que les feuilles de faux sont imprimées et (très grossièrement) perforées avec des gouttières entre chaque timbre. Une surcharge reprend l'"Empire Liquidation" et le nom d'une colonie britannique depuis les Indes occidentales (Saint Lucia, Saint Vincent, Jamaïque) à celles de l'Est (Rangoon, capitale de la Birmanie que le Japon avait besoin de séparer de l'Empire des Indes, Bornéo) jusqu'en Océanie avec Rabaul, ancienne colonie allemande dans l'archipel Bismarck, en Nouvelle-Guinée (la partie spetentrionale de l'actuelle Papouasie-Nouvelle-Guinée).

Le site web de Spink permet de retrouver les lots et les prix réalisés, majoritairement quelques dizaines de livres sterling plus bas que l'estimation initiale.

Sur la liste des choses à faire : explorer les recoins de mes catalogues Stanley Gibbons et Michel pour ses vignettes, et m'intéresser dès sa sortie à la vingtième édition du catalogue de Murray Payne.

lundi 10 mars 2014

Stanley Gibbons achète le grand spécialiste de George VI


Le 31 janvier 2014, Murray Payne, le marchand britannique de timbres émis dans l'ensemble du Commowealth pendant le règne de George VI (1936-1952), a annoncé son achat par le groupe Stanley Gibbons.
Cindirella de l'entreprise pour la promotion de leur périodique Sixth Sense et qui a servi de couverture à la dix-neuvième édition de leur catalogue Commonwealth.
L'entreprise existe depuis 1990 sous la direction de Stuart 'Murray' Babbington et Dickon 'Payne' Pollard, dont le stock et l'expertise (un catalogue de référence) ont fini par intéresser le groupe coté en bourse. Néanmoins, sur leur site, les deux fondateurs assurent que rien ne change pour l'entreprise et leurs employés.

Cependant, un lecteur s'inquiète, dans le numéro daté avril 2014 de Stamp Magazine, s'inquiète de deux choses, outre la croissance exponentielle du géant Gibbons.

Pour le philatéliste, est-ce que Murray Payne continuera à publier son catalogue, plus détaillé et listant plus de variété que celui de Stanley Gibbons ? Mais surtout, pour le collectionneur et son budget, est-ce que l'entreprise pourra continuer à vendre sous les cotes du catalogue Stanley Gibbons ?

Pour information, Murray Payne offre un exemplaire de sa publication périodique bimestrielle (ou bimensuelle, bimonthly est une expression équivoque en langue anglaise), Sixth Sense, avant que vous vous y abonniez pour quatorze livres sterling pour un Européen en 2014.




On a retrouvé de l'encre à Tahiti

Décidément, la préparation des envois des notices des nouvelles émissions de timbres-poste de l'Office des postes et télécommunications de Polynésie française devrait intéresser les amateurs d'enveloppes illustrées ou pas, affranchies à la machine ou pas

Ainsi, après une absence de toute marque en septembre 2013 pour laquelle je m'interrogerai comment l'OPT-PF et La Poste géraient leurs relations, le dernier envoi de mars revient à la version pleine de zéro.

Pour quelques exemples, relire des mini-articles de ce blog en novembre 2007 : 00000 et port payé.

Dans ce courrier, de quoi compléter la collection agricole avec l'année internationale de l'agriculture familiale, action de l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture, et le calendrier des émissions de 2014 dont la participation polynésienne au centenaire de la Grande Guerre : un timbre sur le bombardement de Papeete par la marine allemande, le 22 septembre 1914.

vendredi 7 mars 2014

Un manga pour accompagner le carnet Vaches

Émis le 24 février 2014, au moment du Salon international de l'agriculture de Paris, le carnet aux vaches de conservation présente treize races bovines, dessinées par Mathilde Laurent, qui sont protégées par l'agronomie de la sélection par le profit attendu. φl@l@poste suit le chemin des timbres de distributeurs britanniques qui ont, à peu près, parcouru toute la basse-cour entre deux séries d'animaux des forêts et des eaux : cochons, bovins et, une série du programme sur les chevaux au travail, dont un de labour et un de bûcheron.

Certes, le Salon et le carnet sont sûrement une bonne occasion de faire découvrir aux enfants la vie à la ferme, d'où et de quels travaux proviennent la nourriture, ainsi que les timbres-poste, leur collection et leur utilisation pour écrire aux grands-parents.

Quand un ministère français communique envers les adolescents avec un de leurs codes (ministère de l'Agriculture et éditions Kurokawa)
Accompagnée d'un manga, la découverte devrait s'intégrer encore plus, surtout quand Silver Spoon de Hiromu Arakawa, publié en France chez Kurokawa, croise de nombreux animaux et activités d'élevage dans un univers scolaire.

L'histoire est amusante : un jeune citadin japonais, exténué de la course à la réussite scolaire - pression de la note, cours du soir, etc. - et mystérieusement lassé de vivre en famille, s'oriente vers un lycée agricole, dans la campagne de l'île de Hokkaidō. Sa stratégie : au milieu des bouseux, il lui saura facile d'être le premier de la classe vu les faibles exigences attendues dans les matières nobles (mathématiques, physique, etc.)... Évidemment, il va découvrir que les tâches attendues et ses camarades de classe, pétris de travail et de connaissances agricoles depuis l'enfance, et les animaux seront plus difficiles à vivre que prévu.

Un scanner, une imprimante, des crayons de couleur, de nombreux timbres thématiques, de l'imagination à revendre et c'est une collection multimédia qu'un/une jeune collectionneur peut créer à partir des scènes de cette bande dessinée, que le ministère français de l'Agriculture a choisi pour promouvoir son réseau de lycées agricoles depuis l'année dernière (le prospectus illustré) et qui est commenté dans un des reportages de ce dossier de France Culture par l'éditeur français.

Dans le premier tome, les timbres des cochons britanniques, de nombreux fiers coqs français et quelques Holstein y trouveront parfaitement leur place.


Note : Éric Contesse, sur son Blog timbré de ma philatélie a présenté les entiers postaux aux vaches, également émis fin février : 1, 2 et 3.

jeudi 6 mars 2014

Hors Marianne, quelles actualités timbrées ce 6 mars 2014

En regardant les sites d'information en diagonale, il y a bien d'autres liens directs et indirects vers la philatélie en ce jeudi 6 mars 2014, en dehors de la saga Marianne de la jeunesse.


Lemonde.fr signale la disparition de Maurice Faure (1922-2014), résistant dans le Corps franc Pommiès, ministre de la Quatrième et de la Cinquième République, membre du Conseil constitutionnel de 1989 à 1998. Il était le dernier ministre vivant ayant signé le traité de Rome instituant la Communauté économique européenne, en 1957, devenue en 1993 l'Union européenne.

Résistant, histoire de l'Union, pas de casserole visiblement, il devrait être honoré par un timbre-poste d'ici 2017 pour le soixantième anniversaire du traité de Rome ou, si ce sujet est devenu tabou d'ici là, en 2022 pour le centenaire de sa naissance. Plus rapide serait les soixante-dix ans de la fin de la Seconde Guerre mondiale et de l'intégration du Corps franc Pommières en tant que régiment d'infanterie. Une occasion de relancer une série Héros de la résistance ?

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La Poste belge se réjouit de faire parler à la fois d'elle, des prouesses de ses créateurs et des femmes et de l'égalité de leurs droits. Leur outil : le libre Guiness des records, rien de moins.

Prévente ce samedi 8 mars, vente générale le lundi 10 (bpost).
La graphiste Ann Bessemans a réussi à intégrer, sur le timbre d'un point monde, six cent six mots de la Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes, adoptée en 1979 par l'Assemblée générale des Nations unies et entrée en vigueur en 1980, en utilisant les versions du texte dans les trois langues officielles du pays et en anglais.

En espérant que le visage ainsi constitué soit bien fictif... au risque pour les philatélistes belges de connaître une saga à la française.

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Pendant ce temps, sur le front russe d'une Guerre froide que certains dirigeants n'ont pas quittée, l'Assemblée de la République autonome de Crimée a voté une demande de rattachement à la Fédération de Russie, à confirmer par un référendum prévu le 16 mars prochain.

Sur place, il y a plus urgent pour les Criméens soucieux de manger le soir que cette question que les collectionneurs de timbres, d'enveloppes et de systèmes postaux se posent : comment fonctionne la poste en Crimée et dans la ville à statut spécial de Sevastopol depuis le 27 février et les mouvements de troupes russes. Fonctionne-t-elle déjà ? Sous couleur de l'entreprise ukrainienne avec timbres d'Ukraine, ou avec timbres surchargés, russe ? Comment fonctionnent également les postes militaires russes et ukrainiennes habituellement dans la ville-garnison de Sébastopol ?

En cas de situation intermédiaire, cela rouvrirait une histoire dentelée constituée de petites parenthèses. À défaut de catalogue assez est-européen, Jacques Delafosse dans son Dictionnaire des émissions philatéliques (Timbropresse, 2004 ; en solde actuellement dans Timbres magazine) signale les émissions de Russie, surchargées en 1919, liées aux mouvements de l'armée blanche de Wrangel pendant la guerre civile, peut-être illustrés sur la banque d'images Commons, liée aux Wikipédias. Il évoque aussi des surcharges sur des timbres d'Union soviétique en 1992.

Pour les russophones et capables de déchiffrer l'alphabet cyrillique, la Wikipédia en russe propose une histoire philatélique de l'Ukraine, avec des timbres surchargés de Crimée qualifiés de faux/cindirellas supposés de 1993 et 1994. Un autre les timbres de la Russie du Sud pendant la guerre civile, incluant les surchargés de Crimée.


L'occasion de s'interroger sur le devenir postal et philatélique d'autres républiques sous protection russe : Transnistrie depuis 1990, Ossétie du Sud et Abkhazie depuis l'épisode guerrier de 2008 ; et celui des pays balancés d'un régime à l'autre après intervention militaire extérieure : de la complexe poste de Bosnie-Herzégovine au tutorat du Kosovo, jusqu'à la relance des systèmes en Afghanistan et en Irak. Le Soudan du Sud, en tension depuis plusieurs mois, est encore une autre situation.

Ne ratez pas le 2e épisode de 'Marianne, Gloire et Beauté'

Conformément au plan marketing que je vous ai dévoilé la semaine dernière, Le Figaro diffuse, sur son site depuis six heures, ce jeudi six mars 2014, le deuxième épisode de Marianne, Gloire et Beauté, la saga philatélique française qui, un jour, concurrencera tellement Game of Thrones (saison 4 débutant le 6 avril aux États-Unis) que la chaîne HBO abandonnera celle-ci pour un remake de la nôtre, dont les ingrédients sont les mêmes : casting pléthorique des micro-trottoirs, révélations juridiques à chaque épisode, naïveté des jeunes personnages - Marianne en princesse disney - sur fond de haines recuites et amours impossibles entre conservateurs et progressistes pour le trône élyséen de fer et de, surtout, scènes « sulfureuses  » attirant toutes les cibles publicitaires - ah, concurrencer la chute incestueuse du tout premier épisode de GoT et ce serait l'Oscar du meilleur scénario et la gloire pulitzérienne pour Delphine de Mallevoüe.

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Mais, comme ce n'est qu'un soap opera, tourné et diffusé en temps réel voire plus lent, vous n'avez raté que ce que la justice israélienne est capable de faire en une semaine : après avoir reçu la plainte de l'Israélien David Kawena, qui s'estime seul auteur de la Marianne de la jeunesse, le tribunal de Tel Aviv a reçu les arguments des avocats du gazouilleur polémiste français Olivier Ciappa. Ceux-ci ont fait simple : le tribunal n'est pas compétent puisque tout se passe en France.

...

Ben oui : si l'affaire judiciaire, qui motive le grand public à venir voir la série, se résolvait trop vite, ce public irait découvrir qu'on l'a attiré avec une jolie blonde, de la violence et du sexe juste pour occuper son « temps de cerveau humain disponible » avec des pages de publicité.

Donc, il faut meubler : après cinq minutes où Ciappa écoute son avocat parisien lui expliquer la stratégie, on suit le personnage dans la rue en train de tweeter ses impressions après l'entrevue... tweet qui est vu d'un regard effrayé par Kawena sur son téléphone mobile qui a sonné en direct la publication / coupure pour une page de publicité / Après la reprise, Kawena lit encore le tweet pendant toute une scène en parlant avec un personnage secondaire, tout en cherchant une de ses maquettes sur son ordinateur. Après de longues suspensieuses minutes, il le retrouve et le publie illico sur Facebook pour montrer au monde qu'il est l'auteur*... ce que Ciappa voit de suite grâce à son Mur... car oui, ils sont en procès mais FB leur transmet encore ce que fait l'autre.

* : vu que deux artistes se chamaillent sur la paternité d'un dessin pour lequel ils ont signé un contrat de créateurs avec La Poste, je ne me hasarderai pas à le publier ici. Merci de cliquer pour croire que :

Kawena publie donc une Liberté guidant le peuple, rajeunie, debout, vue cinéma d'animation mode Disney on le 26 février, puis format vertical le 2 mars.

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Mais, grâce aux seconds rôles, la scénariste plante des petites graines de futures intrigues : pourquoi un pseudonyme ? Quelles œuvres « sulfureuses » justifient de travailler sous pseudonyme ? Ça, ça va motiver le public conservateur à suivre le feuilleton, les passionnés de théorie du complot et, on va le voir plus tard, les adolescents internautes aimant renifler du soufre.

Réponse : « En outre, son nom est associé, avec ou malgré lui nul ne sait véritablement, à de nombreux dessins pornographiques et pédophiles. » Kawena a, d'après cette tournure de phrase, soit du mal à dessiner des choses licites, soit du mal à surveiller ce qu'il advient de ses noms sur timbre et sur internet... car, en plus, il a deux pseudonymes !

Quel suspense et un peu d'une autre citation de Beaumarchais dont le journal conservateur est fan, il va sûrement falloir attendre une péripétie dans l'affaire juridique pour voir des secrets (et des dessins nouveaux) dévoilés au moment le plus inattendu. Game of Thrones n'a qu'à bien se tenir.

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Mieux, les personnages de micro-trottoir refont leur apparition ; c'est la signature de l'écriture sérielle de la scénariste qui permet aux plus fidèles spectateurs de voir leur ligne de dialogue intégrée au scénario, grâce aux commentaires qu'ils peuvent poster sur les sites d'information après chaque diffusion. Le générique de fin sera long, mais le public regarde une série à laquelle il participe citoyennement .

Là, des mères de famille qui apprennent par leurs enfants tout sur les œuvres sodomites de Ciappa et Kawena, et qui clament - aux oreilles d'un personnage secondaire ayant contact avec un des principaux : ministre tâtant l'opinion publique et recueillant le cri au milieu d'un marché dominical : « ça me rend malade » [que leurs enfants se balladent sur le web sans contrôle parental ?].

Ici, diamétralement opposé en termes de cible publicitaire, un lecteur de Yagg. souhaite le retrait face au déballage du dysfonctionnement des mains et des cerveaux du duo artistique.

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Et, de là, retour à l'intrigue qui passionnent les philatélistes et autres collectionneurs spéculateurs, le public premier de cette série depuis sa première saison lycéenne en 2013, celui qui, pour le moment, achète tous les produits du sponsor-malgré-lui Phil@poste : que va-t-il arriver à Marianne et ses multiples clones - le public de science-fiction, arte l'a bien compris ? Va-t-elle être brûlée à la Jeanne d'Arc sans le soutien du roi du Pays des Flancs ?

Va-t-elle « tuer les pères » et parler directement à la foule flanchaise ? La convaincre et être couronnée reine des Dragons... ou être frappée, violée, lynchée - bref retirée de la vente - par une foule conservatrice éprouvant une colère cathartique contre on-ne-sait-trop-quoi, mais dont plusieurs épisodes nous auront montré que le sacrifice mariannesque sera la conséquence d'une complexe machination mêlant timbre-poste, grossesse, mariage et émissions-souvenirs ? Bref, la version flanch.. française des « noces rouges » ?

Là, la scénariste du Figaro montre sa maîtrise des stratégies complexes, qui font passer les alliances entre royaumes et personnages de Westeros pour de simples constitutions d'équipes de football à la récréation d'une école primaire.

Souvenez-vous, dans l'épisode précédent, Kawena clame qu'il n'y aucun rapport entre sa création et une Femen - ici, le producteur demande à insérer façon flashback des images affriolantes - ce qui avait soulagé la tension très sensible du directeur financier de l'imprimerie de Boulazac.

Mais, là, sur un coup de sang pour amorcer le final de l'épisode, Ciappa, pourtant conforté par la stratégie de ses avocats qui va forcer Kawena et ses armées à venir l'affronter sur son territoire et à y trouver difficilement des alliés (voir saison 3 de GoT), voilà qu'il clame à portée d'oreille de journalistes qu'il préfèrerait que Marianne n'ait jamais existé... Un épisode uchronique en vue : et si la Marianne du duo infernal n'avait pas été sélectionnée ?

Idée géniale en attendant ! L'idée du retrait est relancée, permettant peut-être... enfin... l'arrivée d'un personnage attendu de tous, pour lequel la rumeur annonce un acteur mécontent d'avoir eu son personnage tué bien vite par HBO : le président de la République François Hollande joué par Sean Bean ! La cible des femmes spectatrices et fidèles sera acquise et là, plus besoin des publics de niche conservatrice, homosexuelle, philatéliste et progressiste qui, certes, achètent respectivement Le Figaro, des gadgets coûteux, des timbres-souvenirs et Libération (journal qui ne suit pas la série, donc ça coûte cher en publicité et en intrigue choquante pour les attirer).

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Avec sa scénariste philatélique, Le Figaro est en passe de devenir la quatrième publication régulière de philatélie en France : rythme désormais hebdomadaire. Attention, L'Écho, Timbres et Atout, les quotidiens français, imitant leurs homologues européens, n'hésitent plus à sortir des magazines spécialisés en sciences, en histoire, en orthographe à leur nom... Bientôt, Delphine de Mallevüe, rédactrice-en-chef du Figaro des philatélistes ?

Un applaudissement sincère et une nuance toutefois : « c'est encore sous une autre identité - à consonance allemande - que David Kawena a rempli son contrat à La Poste, pour laquelle il a fait de nombreux autres timbres ».

Le compliment sincère : enfin une journaliste qui a trouvé et expliqué pourquoi David Kawena n'était pas présent lors du dévoilement du timbre à l'Élysée : deux pseudonymes et envie de discrétion contre nécessité des vérifications d'identité et de sécurité.

La nuance pour le lancement de la chronique permanente philatélique du Figaro : si un artiste débutant du timbre mérite l'adjectif que j'ai souligné avec quinze timbres, deux ou trois blocs et une Marianne1... qu'écrira-t-on, dans un prochain épisode, quand l'esprit de Pierre Gandon (des centaines de timbres et quelques Mariannes) apparaîtra à un des deux personnages principaux façon Scrooge de Dickens ou au fiancé-chevalier blanc d'une Marianne/Ophélie éplorée face à la foule en colère ?

Retrait ou pas ? Sean Bean sera-t-il le président Hollande ? Le champ de bataille restera-t-il au loin ou arrivera-t-il en royaume des Flancs même ? Marianne réconciliera-t-elle ses deux pères ? Ou les intérêts discordants des multiples conseillers de multiples puissants les garderont-ils divisés ? À quelles révélations inimaginables devons-nous nous attendre ?

Vous le saurez dans le prochain épisode de Marianne, Gloire et Beauté !

Fond noir.

- - - - = insérer toute publicité lucrative ici selon le public visé.

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Post scriptum : David Kawena pourrait, comme les membres français de l'UMP installés en Israël l'avait réalisé, il y a quelques années, pour soutenir leur champion - prochain personnage de notre saga ? - et commander à Israel Post des timbres personnalisés avec sa version couleur de la Marianne de la jeunesse... ou est-ce en contradiction avec son contrat avec La Poste ? La saga deviendrait alors une collection de nouveautés.

Notes :
1 : Phil-Ouest.com ne liste pas directement dans Ciappa & Kawena les huit timbres du centième Tour de France cycliste, dont la paternité relève également de « Catharsis », un studio lié à un d'entre eux ou commandé par Phil@poste pour la mise en page générale ?

Mise à jour du lendemain, 7 mars 2014 :
en fin d'après-midi, toujours le jeudi 6, Farah Hamelin du figaro.fr a publié un résumé des opinions des lecteurs-commentateurs du site à propos de la « Marianne pour tous ou Marianne pour quelques-uns », selon un plan thèse, antithèse, synthèse. L'argument final choisi est intéressant : et si tous ces déballages remettaient en cause le choix effectué par la jeunesse.

mardi 4 mars 2014

Couleurs en exposition à Castres

Après une exposition philatélique « classique » début février 2014, l'Amicale philatélique de Castres, dans le Tarn, a organisé une exposition avec un thème général pour attirer un public plus large, les 22 et 23 février. Toutes deux annoncées par le site de La Dépêche du Midi (section tourisme pour les activités à venir).

« Couleurs et philatélie » était le thème.
La couverture de l'édition de poche de Bleu. Histoire d'une couleur, Seuil - Points Histoire, 2002 ; ISBN 2020869918 (amazon.fr).

Pour se préparer à un tel thème ou aller plus loin après avoir visité l'exposition, j'encourage à se tourner vers l'historien Michel Pastoureau et son Bleu, paru en 2002. Véritable histoire de la petite chose qui passe inaperçue, mais qui permet ensuite d'éviter les irritantes phrases comme « De tous temps » ou croire en la permanence des couleurs et des symboliques de l'Antiquité grecque à l'Europe actuelle.

Spécialiste de l'héraldique et de ses codes, c'est dès 1998 qu'il s'est penché sur le bleu et ses relations avec les autres couleurs ; couleur étant un statut que le bleu eut du mal à acquérir d'ailleurs. Les éditeurs ayant apprécié le succès de Bleu, Pastoureau est conduit depuis à livrer les auteurs couleurs chez Seuil.

Certains passages sont à lire : comment à partir des champs lexicaux de couleurs, l'historien se rend compte que les peuples précédents ne voient pas une couleur qui semble pourtant essentielle à notre vision, que le noir est initialement confondu avec le marron, peut être lumineux ou sombre jusqu'à un stade avancé de l'évolution de l'anglais et de l'allemand par exemple.

De quoi avec les timbres-tableaux et la série De la Gaule à la France et Les Grandes Heures de l'histoire de France s'interroger sur le sens des couleurs des œuvres reproduites.

Si vous préférez écouter Michel Pastoureau, il est régulièrement invité sur France Culture pour les couleurs, mais aussi l'héraldique et les animaux (ours, cochon, licorne).


Quant à l'Amicale philatélique de Castres, ses membres se mobilisent sur tous les fronts dans une sous-préfecture - qui a attendu 2007 pour avoir son timbre (voir hier) - de quarante-deux mille habitants à travers expositions, actions avec la maison de la jeunesse et à destination des écoles. Et tout cela sans être membre de la φFAP.

lundi 3 mars 2014

La Roche-sur-Yon, préfecture sans timbre

Samedi premier mars 2014, Ouest-France signalait le soixante-neuvième congrès philatélique du Centre-Ouest, une des régions de la Fédération française des associations philatéliques (φFAP), à La Roche-sur-Yon.

Pour en parler et attirer des visiteurs, Michel Audureau, vice-président de l'Amicale philatélique yonnaise, a trouvé un biais intéressant : un collector de timbres personnalisés sur la ville-hôte, c'est classique, et le constat que le chef-lieu départemental vendéen ferait partie d'une courte liste de préfectures jamais objet d'un timbre-poste du programme philatélique national.

Cela ferait un joli concours dans un magazine philatélique : trouvez ces chef-lieux de départements actuels sans timbre. Déjà, en fouillant les recoins du massif Central : Mende en Languedoc-Roussillon, Aurillac en Auvergne, toute en Limousin ont eu un timbre.

Les arguments explicatifs de la non-timbrification et du pourquoi il faudrait permettent de comprendre pourquoi La Roche-sur-Yon n'a pas eu son timbre :

- de monsieur Audureau : pas d'appui de personnalités politiques lors des demandes de l'association auprès de La Poste... Un bon lobbying commence par de puissants soutiens. Après recherche, le soutien politique paraît être une vraie loterie : le bicentenaire de la ville en 2004 fut ratée par le programme philatélique, et pourtant, Luçon, en Vendée également, eut un timbre pour sa cathédrale. Quelle commémoration ou événement motivant ? Le démontage, restauration, remontage de sa flèche... Et pourtant, le programme dépendait alors d'un gouvernement de cohabitation de gauche, le maire de La Roche était du même bord, et pas celui de Luçon... Le soutien politique doit être plus complexe s'il justifie les timbres.

- de monsieur Audureau : une insistance sur le fondateur de la ville, Napoléon Bonaparte, sujet vendeur s'il en est. Oui, enfin, célébrer les créations législatives soit, les figurines soldats de plomb pour collectionneurs nostalgiques encore, mais célébrer un chef de guerre qui ne connut aucune limite jusqu'à ce qu'un empereur brûle sa capitale et qu'un royaume trouve une île assez isolée. Pas très politiquement correct, sauf si un autre des pays concernés par cette mémoire le souhaite.

- Enfin, timbrifier la Vendée... c'est aussi s'interroger sur le souvenir de la guerre de Vendée, pendant l'époque révolutionnaire. Certes, huit cents ans après, on a bien timbrifié en 2013 le ralliement au domaine royal de l'Auvergne et du Languedoc par la bataille et la croisade... Rien de plus positif sur l'attachement de ces deux ensembles médiévaux à la France capétienne ? La mémoire des Vendéens est-elle aussi à distance ?

En attendant, c'est l'illustrateur Benjamin Rabier, un natif de la ville qui aura la vente premier jour de son timbre à La Roche-sur-Yon, le 14 juin prochain, grâce à l'Amicale philatélique yonnaise.


À chaque quinzaine, son timbre à interdire : ma proposition pour début mars

Depuis le 31 janvier 2014, le site web du Figaro a tout de même consacré trois articles à l'art du timbre-poste, avec, pour au moins deux d'entre eux, parution imprimée : inouï, incroyable, fantastique !

Il faut, je pense, que les instances de la φl@télie soutiennent ce média qui veut relancer une chronique quasi-bimensuelle et encourager Delphine de Mallevoüe dans sa découverte du timbre et de son processus créatif.

Cependant, comme le souligne Les News du Phospho, dans un éditorial du 27 février, « avant de critiquer des instances philatéliques, Phil@poste, le négoce,... faisons le ménage devant notre porte et commençons par respecter et s'intéresser au travail des autres ».

Je vais donc aider la plume philatélique du Figaro à trouver de nouvelles idées d'articles dans l'entrain que ce journal a choisi : l'interdiction.

Le 31 janvier, notre quotidien libéral économique et conservateur social dévoilait que La Poste avait refusé L'Origine du monde de Gustave Courbet pour une commande de timbres personnalisés. Le 8 février, il relayait les manœuvres de deux armées, une plus que conservatrice, l'autre laïcisante, pour faire retirer la Marianne de la jeunesse dont la paternité permit un nouvel article le 28.
(Phil-Ouest.com)
Puisqu'il n'est pas possible de faire entendre raison au président de la Fédération de Russie, Vladimir Poutine : qu'un chef d'État démocratique n'est pas censé « libérer » les minorités non menacées de guerre ou de mort des pays voisins (Moldavie, Géorgie, Ukraine, bientôt nos concitoyens européens des États baltes ?), et que cela peut passer pour de l'impérialisme soviétique, voire fasciste, mot de propagande moscovite permettant de discréditer tout interlocuteur que la population russe ne connaît que par les médias contrôlés.

Je propose alors de démonétiser le timbre de 0,46 euro émis en 2000 pour marquer un des événements sportifs qu'un sondage de Français a éprouvé comme marquant l'histoire du vingtième siècle : la triple médaille de Jean-Claude Killy aux Jeux olympiques d'hiver de 1968, en Isère.

Pourquoi ce courroux ? A-t-il manifesté contre la loi sur le mariage pour tous ? A-t-il dédié sa victoire de 1968 à Brigitte Bardot (dont l'article qui lui est consacré sur la Wikipédia en français est illustré d'une image très Femen avant-garde) ? A-t-il proposé d'exposer la version masculine de L'Origine du monde lors d'une exposition à Sotchi ?

Pour, dans un entretien au Monde, publié le 16 janvier dernier, avoir montré un aveuglement munichois digne de celui de tous les membres du Comité international olympique. Extraits :

Quels ont été vos rapports avec M. Poutine ?
On est devenus copains. (...) Sa réputation internationale ne reflète pas ce que je vis quand je travaille avec lui. (...)

Votre « copain » n’est pas un champion des droits de l’homme…
Il ne le prétend d’ailleurs pas, mais il dit avec le sourire que la démocratie progresse à grands pas dans son pays. Et la charte olympique y a contribué. Pour preuve, les 40 000 invités accrédités pour les Jeux entreront en Russie sans visa. (...)

La loi russe sur l’homosexualité a provoqué un tollé. Quelle est la position du Comité international olympique (CIO) sur ce sujet ?
Pour nous, cette question ne se posait même pas car la charte olympique est guidée par l’universalisme donc par la non-discrimination. C’est notre évangile. Cette loi dont nous ignorions jusqu’à la discussion est sortie comme un lapin du fourré, mais nous en avons étudié les termes et nous nous sommes aperçus que 72 pays membres du CIO en avaient une similaire, qui va parfois jusqu’à la peine de mort, et que nous avons des relations très chaleureuses avec certains de ces pays. Mais l’ingérence du CIO est limitée à l’exigence du respect de sa charte.

Il y a aussi les accusations de corruption…
Nous ne connaissons pas les détails de l’attribution des travaux par l’Etat russe car le choix des entreprises ne nous incombe pas.

Et l’exploitation des ouvriers sur les chantiers ?
Nous avons été au courant assez tard. Nous pensions que 70 000 personnes y travaillaient, or c’était plutôt 90 000 à 100 000. Il y a eu des excès. (...) J’espère que ça a été réglé, je le pense. 
Entretien avec Patricia Jolly,  Le Monde, supplément Sport et forme, 17 janvier 2014 ; version web, 16 janvier, mise à jour le 18 janvier 2014.

Donc, un timbre de la République française qui honore un homme encore en vie qui, dans ses fonctions actuelles, estiment que, tant que les Jeux ont lieu sans problème pour la réputation de son Entreprise internationale olympique, il est possible pour le pays organisateur d'avoir une politique étrangère dangereuse, de ne pas défendre la démocratie, ni les droits de l'homme et des travailleurs, et même de disposer de loi liberticide et de condamner à mort des personnes pour leur seule existence.
Oui, je mérite trois points Goldwin en un article : je propose donc ci-dessus une idée positive à φl@l@poste qui permettra aux personnalités et entre amis de s'envoyer des courriers aimablement écrits pour signaler le défaut argumentatif dès l'enveloppe.

Ou alors une émission spontanée sur l'Ukraine, genre feuillet Capitales européennes, rien que d'y penser est déjà plus que ce que le Comité international oympique a su faire récemment. Et éviter, tant que la Fédération de Russie ne se sera pas totalement un État de droit, toute émission conjointe avec la poste russe.

Combien encore de manifestations sportives internationales sans suivi réel par les Entreprises les accordant : progrès sociaux non envisagés au Brésil, conditions de travail mortelles et confiscation des passeports des ouvriers au Qatar, nouveau festival poutinien en 2018 : coupe du monde de football l'été, punition d'un pays voisin à la rentrée,... Sous prétexte d'esprit olympique et de sport, les postes des pays démocratiques doivent-ils leur consacrer des timbres ?