samedi 30 décembre 2017

La famille Trump face au courrier : "requiem pour une boîte aux lettres" ?

Le lundi onze décembre dernier, Leonard Greene du New York Daily News a publié des informations sur le vote par correspondance aux élections municipales de New York des membres de la famille du président des États-Unis Donald Trump. Informations publiques équivalentes aux listes électorales françaises après signature de l'électeur ayant voté en son nom propre et, par procuration, au nom d'un autre électeur.

Et, si les conclusions de cette enquête ne sont pas dans les pires actions, propos ou tweets de cette présidence - eux-mêmes bien en-deçà des lois fiscales et budgétaires votées par la majorité républicaine du Congrès, elles permettent de constater l'évolution de la relation aux formulaires imprimés et au courrier-escargot (snail mail) au fil des générations.
La demande de voter par correspondance de Donald Trump signé le dix-neuf octobre 2017, et sur laquelle le mois de naissance est erroné (Board of Elections de l'État de New York via The Daily News).

Au sommet, le patriarche, Golden Boy Baby Boomer de soixante-et-onze ans - ou un de ses secrétariats - a réussi à passer tous les obstacles : remplir informatiquement le formulaire d'absence, mettre le bulletin dans une enveloppe blanche, signer l'enveloppe, mettre le tout dans une grande enveloppe et la poster en temps suffisant...

...

Enfin presque : le journaliste a demandé à la commission électorale si se tromper dans sa date de naissance pouvait invalider le vote : l'électeur est né en juin et non juillet comme inscrit sur la demande de vote par absence.

Un manque de relecture parallèle à son manque de concentration ? Un effet du tout-écran des deux dernières décennies ?


Son épouse Melania, naturalisée en 2006 et âgée de quarante-sept ans, a eu le temps de connaître la paperasse d'un régime communiste en Slovénie yougoslave.

Hélas, piège du vote par correspondance, elle a oublié de signer l'enveloppe contenant son vote. Remarque éculée des soirs de dépouillement d'élections professionnelles en France : ces votes contenus dans des doubles enveloppes identifiées sont-ils anonymes ? Heureusement que le dépouillement est attentivement suivi par toutes les parties prenantes pour éviter les abus.


Et nous atteignons la génération Y, de la forme des câbles d'écouteurs reliés en permanence aux écouteurs accrochés successivement au balladeur numérique ou au smartphone. Ô mon Dieu !

La fille du président, Ivanka, trente-six ans, s'est souvenu du courrier et des timbres de sa jeunesse... mais a oublié que l'expression snail mail avait du sens face à l'e mail : elle a posté son vote le jour-même de l'élection alors que ledit vote doit parvenir avant pour être valide.

Son mari, même âge, n'a pas posté son vote... Oubli de l'existence du système postal, simple abstention face au résultat final estimé (victoire du candidat démocrate) ou préoccupations professionnelles et judiciaires diverses et variées ?


L'Unites States Postal Service a du pain sur la planche : Always Post Early.


Pour les anti-Trump, cet épisode du quarante-cinquième président est bien entendu traité avec plus d'ironie et d'acidité par l'humoriste Stephen Colbert (à partir de deux minutes cinquante de son monologue quotidien).

Sur ce thème de l'oubli postal, Le Figaro a publié une tribune, le mardi vingt-six décembre, de Sébastien Lapaque : « Requiem pour une boîte aux lettres », disponible aux abonnés du quotidien sur son site web.

dimanche 24 décembre 2017

Du charbon (et un lapin) pour La Poste (et Presstalis)

Ah ! Les augmentations de tarifs de La Poste : moins de courrier donc affranchissements plus chers ! Logique pour un service universel imposé par l'État, actionnaire unique, demandant énormément de moyens techniques et financiers, mais pas dans la logique commerciale de guerre des prix auxquels les consommateurs français sont - trop ? - habitués.

Après la confrontation entre le manque estimé de qualité du service et l'augmentation du premier janvier 2018 par l'association de défense des consommateurs UFC-Que choisir, une pétition lancée par Éric Contesse, auteur du Blog timbré de ma philatélie, pour dénoncer le mal que va - de nouveau - faire cette augmentation sur les collectionneurs de nouveautés, voilà un exemple de râle de la presse imprimée.
Le consommateur pris pour un lapin ? Interprétation de l'état de la Direction Courrier de La Poste ? Candidature au prochain timbre de France d'usage courant ? (illustration de Didier Couly pour l'éditorial du numéro 372 de Canard PC daté quinze décembre 2017).
Certes, ce n'est pas l'auguste Monde diplomatique qui se plaignait de l'injuste politique de subvention aux magazines mensuels en janvier 2015, mais Canard PC ayant, derrière l'ironie de ses auteurs, une des rares indépendances de la presse d'actualité du jeu vidéo, l'éditorial du numéro double de fin d'année résonne particulièrement...

... surtout dans le numéro qui lance une série de reportages sur les conditions de travail dans les studios de jeux vidéo, en partenariat avec Mediapart, de la génération des sites d'actualité qui n'a jamais eu besoin de La Poste pour trouver ses abonnés.

Louis-Ferdinand Sébum y explique pourquoi le prix de l'abonnement au numéro imprimé va augmenter pour la première fois depuis 2010 : les augmentations successives et continues des tarifs postaux pour un magazine expédié au tarif P1 - et je témoigne que La Poste ne respecte pas toujours cette délivrance en un jour censé permettre aux abonnés de lire le numéro de la quinzaine le jour où il arrive en kiosque...
L'éditorial en version imprimée comprend la vignette ornée du lapin débile, mascotte des brèves d'actualité du magazine (illustration de Didier Couly pour l'éditorial du numéro 372 de Canard PC daté quinze décembre 2017).
Très visiblement inspirée de la Marianne et l'Europe d'Yves Beaujard - choisie et assommée par Nicolas Sarkozy, le timbre à dix mille brouzoufs au lapin-mascotte de la publication - de l'illustrateur Didier Couly - finit d'enfoncer le coin : c'est la faute de La Poste !

À soixante-dix-huit euros l'année pour vingt-et-un numéros à cinq euros quatre-vingt-dix, la lecture imprimée de Canard PC - donnant droit au site web complet - était une affaire...

Mais, par cette annonce et le prix à venir le quinze janvier de l'abonnement, combien de lecteurs habitués de la lecture sur écran la prochaine augmentation des tarifs postaux va-t-elle inciter à se contenter de l'abonnement au site web, actuellement à moitié prix et indépendant des affres postales ?

Complément du mardi vingt-six décembre 2017 :
Le soir du vingt-cinq décembre, Jérôme Lefilliâtre publie une inquiétante nouvelle pour la distribution en kiosque : le six décembre, Presstalis, une des deux entreprises du secteur en France, a annoncé qu'elle va retenir un quart des règlements vers les publicitations clientes pour conserver suffisamment de trésorier pendant les semaines à venir...

Donc, pour lire : s'abonner et enrichir davantage la poste qui prétend n'avoir pas assez à distribuer que l'éditeur du magazine ? Acheter chez le marchand de journaux, un des commerces de base du quartier et du village, et creuser le déficit du distributeur du magazine ? Un passage de tous les éditeurs au seul numérique... avec tout la casse sociale qui ira avec...

Complément du mercredi dix janvier 2018 :
Dans le numéro 373 de Canard PC, disponible aux abonnés sur le site web et à sortir le quinze janvier, Ivan le Fou explique aux lecteurs la confiscation surprise des revenus par Presstalis en insistant sur la dangerosité de la manœuvre pour les publications à petits tirages.

Le lien mène à un article réservé aux abonnés, mais un système de votes desdits abonnés peut rendre cet article lisible pour tous la semaine prochaine (du lundi quinze au dimanche vingt-et-un).

mardi 19 décembre 2017

Courrier errinophile dans The Crown de Netflix

Depuis le vendredi huit décembre 2017, le réseau de vidéo par abonnement mensuel Netflix propose la deuxième saison de The Crown, une biographie romancée de la Reine Elizabeth II avec l'espoir d'une saison par décennie de règne, créée par Peter Morgan.
Une lettre des colonies, ressort attendu des premiers épisodes de la seconde saison de The Crown (deuxième épisode, diffusé sur Netflix depuis le huit décembre 2017).
De septembre 1956 à octobre 1963, l'héroïne incarnée par Claire Foy tente à la fois de tenir son rôle de monarque constitutionnel, traditionnel et neutre alors que ses vieillisants Premiers Ministres Eden et Macmillan accumulent les faux pas - de la crise de Suez à l'affaire Profumo -  d'une part, et de sauvegarder son mariage alors que Philippe tend vers de mystérieuses tangentes de liberté, loin du cadre formel de Buckingham : croisière maritime sans fin, fêtes secrètes et tragédies de son adolescence.

C'est ainsi qu'une lettre en provenance des colonies visitées par le duc, son secrétaire particulier Michael Parker et l'équipage du Britannia captive l'imagination du spectateur et résoud dramatiquement la fuite navale du duc... de Papouasie à l'Antarctique.

Trois paires de timbres évoquant les styles philatéliques coloniaux britanniques (valeur faciale à fraction), tout comme français d'ailleurs avec l'absence de l'effigie du souverain. Nul nom de pays à part les mentions répétées "Postage"... Seule l'oblitération localise le point de départ des îles Tonga.

Et pour cause, la lettre du secrétaire particulier au club de gentlemen du duc, contenue dans cette enveloppe, sous-entend des activités extra-conjugales sous les tropiques et, depuis la diffusion de cette saison, d'autres objets semblent suggérer que le duc aurait eu des écarts.

Une autre lettre aux timbres imitant l'effigie du Roi Baudouin et oblitérés de Bruxelles va accélérer l'intrigue de la Princesse Margaret.

Ah, ces séries historiques dans lesquelles le téléphone portable n'est pas l'accessoire omni-présent, et où l'intrigue avance à la vitesse de la locomotive.

samedi 16 décembre 2017

De la réalité des revendications mauriciennes et des nouveautés philatéliques

Même si le blog Commonwealth Stamps Opinion et son auteur sont loués pour leur complétude face aux déluges des nouvelles émissions de timbres du Royaume-Uni et des territoires anciennement ou actuellement membres du Commonwealth, il peut toujours y avoir un doute sur l'existence des émissions qui y sont citées ou que les marchands de nouveautés proposent ensuite.

L'appât du gain des agences philatéliques privées de sinistre réputation s'associant à l'impossibilité matérielle des opérateurs postaux de proposer leurs émissions en vente par correspondance à l'unité par leurs sites web - les abonnés recevront certes.

Tel est le cas de la poste de Maurice et des trois timbres sur les zones économiques exclusives de cet État, évoqué cette semaine : ma source la plus proche de la poste était qu'ils étaient proposés par un vendeur mauricien sur la plate-forme de vente eBay.
Deux des trois lettres concernées sur lettre recommandée.
À réception de la commande, c'est le feu d'artifice : l'enveloppe est bellement affranchie avec deux des trois timbres concernés, ainsi qu'avec deux timbres émis en 2016 (Nelumbo nucifera et sentiers forestiers) et deux autres de 2017 (centenaire du peintre Serge Constantin et deux cents cinquantenaire de la police mauricienne). Pas de Tromelin, tant pis.

À l'intérieur, la série neuve et le premier jour officiel souhaités.

Merci pour le service client philatéliste.
Le timbre des zones maritimes de la République de Maurice oblitéré le mercredi treize décembre 2017, deux jours après l'émission.
De là, une réflexion sur le coût qui serait nécessaire pour disposer de catalogues ou listes à jour des timbres contemporains réellement émis sur leurs territoires d'usage - s'il n'y a pas de bulletin des services philatéliques : envoi gracieux par les postes aux éditeurs, réseau de correspondants gentiment récompensés, veille salariée des sites web, blogs, boutiques de vendeurs professionnels et amateurs, magazines étrangers, journaux des associations philatéliques locales ou spécialisées, etc...

Titanesque ! Réussi ?

Je ne sais, mais je m'interroge toujours de la périodicité des éditions annuelles de catalogues simplifiés des timbres du monde des éditeurs britanniques et états-uniens ou du tome de l'année d'un éditeur français.

Peuvent-ils être exhaustifs quant il faut plusieurs mois à des collectionneurs passionnés, sur StampBoards, pour aboutir à une liste quasi-définitive des pays n'ayant pas émis de timbres en 2017... et découvrent qu'une poste de pays en développement, Trinité-et-Tobago en l'occurence, aurait surchargé de vieux stocks pour éviter le coût d'une émission.

mardi 12 décembre 2017

Tromelin et Chagos, îles mauriciennes

Hier, lundi onze décembre 2017, la poste mauricienne a émis trois timbres sur les zones maritimes de la République de Maurice... qui devraient faire réagir les gouvernements britanniques et français, d'après un article d'hier du White Knight, l'auteur du Commonwealth Stamps Opinion, blog de suivi des émissions dans les pays membres du Commonwealth.
Carte des zones économiques exclusives, le territoire maritime de Maurice d'après elle-même (via Commonwealth Stamps Opinion).
Depuis son indépendance du Royaume-Uni en 1968, l'État insulaire comprend également des dépendances isolées mais habitées, par nombre décroissant d'habitants : RodriguesAgalega (et son bureau de poste) et les écueils des Cargados Carajos.
Cartographie des fonds marins de l'archipel des Chagos (via Commonwealth Stamps Opinion). 
Cependant, le pays revendique également l'archipel des Chagos, constituant le Territoire britannique de l'Océan Indien depuis l'indépendance de Maurice et des Seychelles.

Sauf que les Français, anciens colonisateurs de Maurice, avaient également lancé des plantations à Diego Garcia administrées depuis celle qui s'appelait alors île de France avant de passer aux Britanniques en 1810... Pourquoi alors séparé Maurice et les Chagos peu avant l'indépendance ?

Surtout que c'est Maurice et les Seychelles qui ont dû accueillir l'essentiel des Chagossiens chassés par l'implantation de la base militaire états-unienne à Diego Garcia dans les années 1970... Une des dernières, mais encore active, épines coloniales du Royaume-Uni : les Chagossiens et leurs descendants réclamant un droit au retour.
Tromelin, ses dunes et sa piste d'aterrissage... et c'est tout (via Commonwealth Stamps Opinion).
Pour faire bon compte, rappeler aux expéditeurs mauritiens leur géographie et piétiner l'amitié française, un troisième timbre et le plus cher d'ailleurs montre le profil de l'île Tromelin, actuellement partie du district des Îles éparses des Terres australes et antarctiques françaises.

Comme les îles australes balayées par les vents et la Terre Adélie, quoique tropicale, Tromelin est inhabitée et n'accueille que le personnel militaire et scientifique minimal pour assurer la souveraineté française, maintenir une base météorologique et étudier l'environnement.

Pour Maurice, la version anglaise du traité de Paris de 1814 sous-entend que la dépendance tromelienne est passée sous contrôle britannique avec Maurice et les Seychelles ; et les actions britanniques jusqu'en 1951, puis françaises ensuite semblent indiquer le flou juridique de l'île.
Émission conjointe de 2014 sur la tortue verte, une des habitantes permanentes de Tromelin, avec timbres de France, TAAF et Maurice (scan de timbredujura.blogspot.fr).
Pourtant, l'amitié philatélique franco-mauricienne semblait bien se porter : émission conjointe en 2014 avec toutes les postes du secteur à l'occasion des Sixièmes Rencontres philatéliques de l'océan Indien, puis en 2015 pour le tricentenaire du débarquement des Français à Maurice.

Côté diplomatie, un accord de 2010 prévoit même la cogestion des eaux autour de Tromelin. Un accord adopté par le Sénat français en 2012, mais que l'Assemblée nationale refuse de considérer au débat en 2013 et en janvier 2017, plusieurs députés arguant de l'indivisibilité du territoire national et de la souveraineté de la France sur celui-ci - en approche du référendum d'auto-détermination néo-calédonien...

Ses timbres sont-ils un moyen de montrer l'impatience de Maurice envers les deux anciennes puissances coloniales ? Sûrement.

Maintenant, y aura-t-il réaction politicienne à Londres et Paris ?


Pour se procurer la série, je n'ai rien vu sur la boutique de Mauritius Post, mais un vendeur eBay basé à Maurice les propose.


Coïncidence des lectures, le mensuel britannique Gibbons Stamp Monthly a proposé ces deux dernières années des articles sur presque tous les territoires concernés par les revendications mauritiennes :
- en août 2016, Stephen Pendleton étudiait l'histoire postale de Tromelin et les timbres consacrés par le Service postal des TAAF depuis 2007 ;
- en janvier 2017, le même auteur approfondissait l'histoire du Territoire britannique de l'océan Indien (B.I.O.T.), les courriers qui ont pu en provenir et surtout les timbres évoquant leur importance avant la création tardive du territoire en 1965... Si tardive que Maurice accuse donc depuis le Royaume-Uni d'avoir voulu la priver de l'archipel des Chagos, stratégique en pleine Guerre froide.

dimanche 10 décembre 2017

Vers où se dirige Stanley Gibbons ?

Dans les épisodes précédents de la chute vertigineuse du cours en bourse de l'auguste compagnie philatélique londonienne Stanley Gibbons : d'hasardeux et coûteux tournants e-commerce et diversifications, un nouveau directeur philatéliste au cœur du métier initial, la fin de l'aventure à Guernsey. La reprise après les montagnes russes...

Si seulement !

Pourtant, dans les derniers jours de novembre 2017, le siège social londonien a annoncé la mise en faillite de l'ancienne, éphémère et catastrophique maison-mère anglo-normandes. Tout pour rassurer les investisseurs, les consommateurs et le public philatélique que Stanley Gibbons, c'est le leader du catalogue, du magazine et de la vente de matériels et de timbres du Royaume-Uni et du Commonwealth !
Le cours de l'action Stanley Gibbons ces trois dernières années (capture d'écran du dimanche dix décembre 2017 sur le site du London Stock Exchange).
Même avec l'échelle à trois ans, il est visible que le titre chute encore : de sept pence sterling quand Harry Wilson a repris la main en juillet 2016 à trois pence et quelques ces derniers jours, en décembre 2017...

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Le marchand Ian Billings a magnifiquement rédigé un résumé historique, le mercredi vingt-neuf novembre dernier, toute cette pitoyable aventure du capitalisme actuel en insistant que ce n'est pas la première fois que des Golden Boys tente en vain de faire grossir en vain la grenouille pour lui tirer le profit d'une vache à lait.

À la lecture de son texte, des deux fils de discussion du forum anglophone StampBoards (un sur le cours de bourse, l'autre sur l'avenir du catalogue), j'en déduis que les investisseurs ont temporairement compris qu'une compagnie qui vend ses plus récentes acquisitions à perte n'est actuellement pas rentable et ne versera pas de dividendes avant longtemps. Les gros investisseurs aiment le cash immédiat, les petits bons pères de famille qu'on leur donne peu mais régulièrement.
Le cours à un mois, vraiment pour ceux qui ne cliquent pas sur les liens pour vérifier (capture d'écran du dimanche dix décembre 2017 sur le site du London Stock Exchange).
De là, le problème de la faillite guerniaise - oui, un jeu de mots pourri - est qu'elle marque apparemment la fin du système de placement en timbres luxueux au profit garanti par la revente à des enchères incroyables de timbres bien cotés. Certains parlent de pyramide de Ponzi, où les nouveaux convertis financent les revenus des anciens ; les suppléments finance/épargne des grands quotidiens nationaux rappelant simplement l'aspect irrationnel du marché des biens de collection.

Si la faillite de SG Guernsey entraîne celle du fond de placement en timbres, que vont devenir les dits timbres et leurs « propriétaires investisseurs » ?... La réputation du marchand va en prendre un coup si ça tourne à l'Afinsa ou l'Aristophil...

S'ajoute à cela la rumeur que le loyer de la boutique emblématique du Strand, au cœur de Londres, pèse lourd et est menacé d'augmentation par le bailleur. Comme d'autres, Stanley Gibbons accueillera-t-elle bientôt les commandes et les clients uniquement à la campagne et sur les salons ?

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La communauté des collectionneurs s'inquiète davantage de ce qui fait la valeur à leurs yeux de la compagnie plus que sesquicentenaire : le magazine Gibbons Stamp Monthly et les différents tomes du catalogue.

Les seconds sont loin de la numérisation et de l'impression par pays à la demande, entamée par la concurrence des autres références : Michel, Scott et Yvert. Alors qu'actuellement, des très spécialisés catalogues par règne britannique aux spécialisés par anciennes colonies de l'Empire, les ouvrages de Stanley Gibbons sont d'une haute qualité et mis à jour régulièrement. Même avec quelques erreurs et interprétations de cotes - qui n'en fait pas ? -, son French Colonies de 2016 soutient la comparaison face au maître Yvert et les tomes suspendus de Dallay-Maury, d'après l'étude rédigée par Michael Round parue dans le cent-unième numéro de Cameo, le journal du West Africa Study Circle, daté juin 2017.

Malgré la qualité du travail de sa rédaction et des philatélistes participants, le premier en est, par nécessité, réduit à l'expédition en seconde classe et à inciter l'abonné à prendre en sus ou à la place l'abonnement numérique.

Sur ce plan-là, Gibbons Stamp Monthly est user-friendly - « facile d'usage » pour les lecteurs attristés de Jean d'Ormesson : l'abonné en ligne a accès à l'ensemble des numéros au format pdf depuis 2010, en entier ou article par article. Ne pas oublier les sauvegardes de sécurité sur un disque dur externe ou le « nuage » quand vous ne renouvelerez plus votre abonnement.

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La disparition du pôle publication avec une faillite générale de Stanley Gibbons serait tragique... même s'il y aura toujours des concurrents ou des ambitieux - voir les réincarnations d'Arthur Maury - pour racheter la marque, les droits d'auteur des catalogues, le magazine ?

Ou pas si la réputation de loisirs à pyramide des âges inversée est dans les croyances financières.

Faut-il investir dans quelques milliers d'actions Stanley Gibbons à trois pence et devenir actionnaire majoritaire d'une compagnie de renom ?

I don't know, je relis les articles sur la philatélie du Roi George VI qui ont animé le millésime 2017 de Gibbons Stamp Monthly.

dimanche 3 décembre 2017

Réimpression canadienne pour Hanoucca

Dans la seconde moitié de novembre dernier, Postes Canada a connu un déboire inattendu avec le timbre émis pour la fête juive d'Hanoucca qui aura lieu entre le coucher du soleil le mardi douze décembre et le crépuscule le mercredi vingt décembre 2017.
Le souvenir sous cadre : reproduction du timbre en affiche et carnet de dix timbres autocollants (magasin de Postes Canada). Ont-ils pensé à changer le carnet avant de les expédier aux clients ?
Fort joli timbre d'Angela Carter d'Entro Communications, studio à l'origine également des timbres pour l'Aïd et Divali, émis également cette année.

Pour Hanoucca,, magnifique pour les amateurs de design à base de motifs géométriques : un chandelier à neuf branches aux bougies allumées ; une étoile de David jaune et orange illuminant la branche centrale sur fond de ciel bleu clair d'hiver.

Le timbre fut présenté à la presse, à Toronto, le dimanche douze novembre pour une émission générale sous forme de carnet de dix autocollants le mardi quatorze.

Sauf que le lundi treize, comme le rapportait Canadian Stamp News, un ordre urgent de Postes Canada demandait à l'ensemble de ses bureaux de ne pas mettre en vente le carnet et l'enveloppe officielle premier jour. Le stock devait être renvoyé d'ici au vingt-deux. Incidemment, le catalogue-fascicule de novembre 2017 ne devait plus être distribué, contenant les produits problématiques.

Un nouveau tirage fut mis en vente à partir du lundi vingt sur le site de vente de Postes Canada, avec diffusion dans les bureaux dans le courant de la même semaine.

Dans un article du vingt-quatre novembre, Jesse Robitaille de Canadian Stamp News résumait l'affaire et les réponses que l'opérateur postal voulait bien fournir.
Une première partie du problème : le carnet émis à gauche, le carnet retiré à droite (mise en page de Canadian Stamp News).
On imagine bien que ces émissions liées à des fêtes religieuses ou communautaires sont l'objet de la plus grande attention : ce n'est pas le timbre, mais bien des éléments choisis et imprimés sur le carnet et l'enveloppe premier jour qui causait souci... sûrement découvert par le public le plus concerné le jour du dévoilement.

Ainsi, l'étoile de David semble au cœur du problème. Isolée sur la couverture du carnet, elle est remplacée par la moitié du ménorah d'Hanoucca, officiellement pour refléter l'idée de festival des lumières. L'étoile jaune et orange figurant également sur un feuillet descriptif vendu avec l'enveloppe premier jour, il fallait rappeler ces dernières également.
Les points de contrôle d'impression des couleurs sous forme d'étoiles de David sur la version non émise (image de Canadian Stamp News).
Cependant, je me demande si ce n'est pas une maladresse d'imprimerie qui a causé tous ses tourments. En effet, dans les petits trucs graphiques employés par le service philatélique canadien figurent les points de contrôle de l'impression des couleurs. Souvent, ils ont une forme rappelant l'émission concerné : plongeurs sous-marin pour des timbres de la faune aquatique...

Un symbole religieux important pour un usage, important en imprimerie, mais trivial au regard de l'enjeu de la foi... ?

Tout est réimprimé et réémis, à grande vitesse pour que la page se tourne et qu'en décembre, le courrier s'illumine au cœur de l'hiver canadien...

...

Non... Pitié, pas encore eux.

...
Jésus chassant les marchands du Temple, rarissime - unique ? - épisode de violence christique sur un timbre du bantoustan du Bophuthatswana de 1984 (dessin de Johan Van Niekerk, via articles thématiques de Colombes Philatélie sur la vie de Jésus).
Évidemment, les bureaux de poste n'étant plus ceux d'antan à cause du capitalisme de l'efficacité à court terme, quelques carnets et enveloppes retirés ont fini entre des mains profanes, mis en vente le jour dit.

Si quelques collectionneurs sont heureux de posséder un objet interdit, d'autres spéculent avec.

Une idée donc pour le prochain timbre canadien des Pâques chrétiennes : Jésus le Philatéliste chassant les spéculateurs du paradis des timbres.

dimanche 12 novembre 2017

Faute de nouveaux merles, j'engraisse des grives d'origines variées...

... ou faute de temps libre, je complète les articles précédents.

De la menthe au thé au petit-déjeuner continental.
En décembre 2016, j'évoquais Gibraltar avec l'historien postal Richard Garcia et le récit de l'historien global Christian Grataloup sur comment, au Maroc, l'infusion de menthe devint le thé à la menthe en conséquence de l'addiction britannique à la boisson et l'impossibilité d'en exporter les feuilles jusqu'à la Russie importatrice à cause de la guerre de Crimée.
Couverture du livre à partir d'une publicité du Cacao Poulain de Leonetto Cappiello de 1911 (site de l'éditeur Armand Colin).
Depuis ce printemps, cette anecdote historique fait partie de l'épisode d'un livre de vulgarisation du même Grataloup sur l'histoire de l'apparition du petit-déjeuner en Europe autour du trio revisité de boissons tropicales : café, chocolat et thé.

Une bonne lecture sucrée pour les passionnés d'histoire du quotidien, du temps long et les thématistes en quête d'idées.

Le Monde dans nos tasses. Trois siècles de petit déjeuner par Christian Grataloup, publié par Armand Colin en mai 2017.

Séparatisme et courrier international : retour au Donbass.
Il est encore temps de trouver chez les marchands de journaux le numéro daté novembre de Timbres magazine où lecteurs et clubs réagissent à l'éditorial du numéro de septembre sur l'émission de timbres par la Poste du Donbass, gérant le courrier local et international via la Russie des républiques populaires autoproclamées de Donetsk et de Lougansk.

Le magazine fournit l'adresse mail de la représentation diplomatique de ces républiques en France dans le courrier des lecteurs et un article complet sur ce courrier est annoncé dans PhilApl daté septembre 2017 de l'Association philatélique du Loiret.

Disparus, ils enrichissent encore la Philatélie.
Par les activités de la Société philatélique royale de Londres, deux historiens postaux britanniques morts cette année sont honorés et honorent encore la Philatélie.

Jeudi neuf, en introduction de sa conférence sur l'histoire postale préphilatélique du Salvador (et de l'Amérique espagnole), Guillermo Gallegos a rendu hommage à Brian Moorhouse, spécialiste de l'Amérique latine et des Caraïbes.

Lundi six novembre, la Royale a annoncé (pdf) avoir reçu en donation les droits sur les ouvrages et la conservation des archives de Ted Proud, couvrant de larges pans de l'histoire postale des colonies britanniques. Si le site de l'International Postal Museum qu'il créa avec feu John West pour diffuser leurs ouvrages imprimés et numériques est désormais fermé, la RPSL en assurera la diffusion désormais et ouvrira les archives à la recherche.

La Poste vaticane battra-t-elle la Poste irlandaise : Luther contre le Che ?
Alors que le timbre irlandais sur le centenaire des apparitions mariales à Fatima passe inaperçu..., des articles signalent, ici et là, l'émission, jeudi vingt-trois novembre,par la poste du siège de l'Église catholique romaine d'un timbre pour les cinq cents ans de la Réforme protestante... !
Luther et Melanchton au pied de la Croix, Wittemberg en arrière-plan (via La Croix).
Va-t-on atteindre l'engouement de la vente à succès du timbre irlandais du Che qui se monnaye actuellement à fort prix à l'unité, en enveloppe premier jour et en feuille entière ?

Au cas où la figure romantique du révolutionnaire implacable vaincrait, les parieurs impénitents se reporteront sur deviner le duel des ventes entre ce timbre radical et son jumeau contre-réformé émis le même jour à l'effigie de saint François de Sales, issu de la noblesse savoyarde.

samedi 28 octobre 2017

Double Lisa pour suivi d'une lettre

Trouver dans le courrier d'une entreprise, une conséquence de l'incitation à envoyer les expéditeurs vers les automates en libre-service dans les bureaux de La Poste en France.
Deux étiquettes : un timbre de distributeur et un code-barre de suivi... L'oblitération à code data matrix est-elle liée au suivi ou un des moyens de La Poste de distinguer ses services par vitesse et destination ?
L'expéditeur a voulu pouvoir suivre l'arrivée à destination de son courrier.

Indubitablement, l'autocollant du bas est un timbre de distributeur d'une valeur faciale d'un euro quatre-vingt-six pour le second échelon de la lettre verte plus quarante centimes de suivi.

Le suivi demandant un code numérique pour l'expéditeur et d'un code-barre pour le tri automatisé : impression et collage d'une seconde étiquette.

Le tout oblitéré le seize août 2017 à la plate-forme 39002A... à Castelnau-d'Estrétefonds, celle desservant la région Midi-Pyrénées à une vingtaine de kilomètres au nord de Toulouse.

En espérant que les spécialistes de Lisa d'usage courant n'en sont pas à pleurer des larmes de sang face à ce texte, problablement naïf et sûrement très incomplet.

mardi 24 octobre 2017

Histoire postale de la guerre du Vietnam

La chaîne culturelle franco-allemande Arte a diffusé en septembre les dix épisodes du documentaire de Ken Burns et Lynn Novick sur la guerre du Vietnam. Aspect marquant de leur travail : avoir pu interroger librement des vétérans vietcongs et nord-vietnamiens, ce qui rappelle l'aspect-miroir de beaucoup de conflits alors que l'Europe achèvera le centenaire de la Grande Guerre en 2018.

La division du Vietnam avec la guerre de décolonisation d'Indochine, puis la guerre où les États-Unis se sont embourbés, ont produit leurs lots de timbres patriotiques et de courrier militaire. Reste à les retrouver.

Le mercredi dix-sept mai 2017, Dan Telep a proposé une conférence et sa collection de courrier militaire des insurgés vietcongs et de l'armée du Nord-Vietnam devant les membres du Collectors Club de New York - et aux internautes sur Vimeo.
La zone démilitarisée en gris et sa proximité cartographiée par les United States Marine Corps (domaine public, via la base documentaire Commons de Wikimedia).
Vétéran du conflit, Telep a servi à proximité de la zone démilitarisée entre les deux républiques vietnamiennes, lieutenant coincé entre les Vietcongs, insurgés-guérilleros communistes du sud, et les attaques de l'armée nordiste de la République démocratique, entre canonnades, coups de poing ou passages par le Laos.

Très vivant, le réalisateur du Club a dû bosser : filmer l'enseignant en marketing en mouvement, montrer les diapositives à partir du fichier, ou zoomer pour les montrer projetées car Telep y montre un détail important.

Très difficile est une collection postale militaire vietcong ou nord-vietnamienne comme l'expérience combattante de l'orateur permet de l'expliquer.
Joie ! Les pionniers de cette collection et la bibliographie sont au début de la présentation pour rappeler leur importance dans le chemin parcouru (diapositives de Dan Telep, conférence au Collectors Club de New York, dix-sept mai 2017).
Certes, la joie des soldats de ramener un sac de courrier ou une enveloppe pris à l'ennemi permet de découvrir des plis à distribuer de toute urgence, disposant de la marque de l'officier expéditeur. Mais la règle fort logique était de détruire après avoir lu...

D'où les conjectures sur les rares lettres que le collectionneur peut montrer : officiers vietnamiens n'ayant pas respecté l'ordre, sortie illicite des archives de l'État vietnamien ? Combien de courrier dans ces archives justement.

Néanmoins, les efforts de Dan Telep permet de comprendre l'organisation postale d'une zone de conflit complexe et difficile à connaître des Occidentaux.


Et des commissions militaires observant le respect des zones démilitarisées et des cessez-le-feu au nom de la Communauté internationale ?

C'est le philatéliste et blogueur indien Mani Muthukrishnan qui a montré sur Philatelic Titbits en septembre les timbres surchargés que la poste indienne fournit aux forces armées indiennes pour le courrier des commissions internationales envoyées en Indochine de 1954 à la fin de la guerre du Vietnam.
Le premier message sur Philatelic Titbits le vingt septembre 2017.
L'Inde avait en charge les transmissions postales de ces commissions. Ainsi, en 1954, Indiens, Canadiens et Polonais observèrent les premières années d'indépendance depuis leurs missions dans les quatre capitales de l'ancienne Indochine française jusqu'en 1958, puis dans les années 1960 au Cambodge et à Saïgon. Avec oblitération de Field Post Office (FPO).

Surchargés en hindi, les timbres ont suivi l'évolution philatélique indienne : nouvelle devise monétaire en 1957, nouveau filigrane dans les années 1960. La surcharge devint un ICC rouge avec le timbre Nehru au Laos et Sud-Vietnam.
Premier jour de la série du deux octobre 1968 (Philatelic Titbits, 26 septembre 2017).

L'étude de Mani Muthukrishnan se conclut par une enveloppe premier jour de la série surchargée d'octobre 1968...

Encore un neurone qui doit retenir d'aller fouiller le web et la médiathèque pour retrouver le rôle de ces malheureuses commissions coincées dans un conflits où aucun acteur ne voulait céder un pouce de terrain idéologique.

samedi 21 octobre 2017

La philatélie algérienne par ses présidences

Pour la rentrée de sa chronique philatélique hebdomadaire du jeudi dans le quotidien El Watan, Arslan Selmane a proposé cinq articles racontant l'histoire politique de la république algérienne - qui est loin d'être un long fleuve tranquille - à travers les timbres-poste évoquant les présidents, les élections nationales, les institutions nationales mises en valeur ou les grands projets réalisés ou espérés.

Attention, ces articles ne sont que temporairement accessibles librement. Dépêchez-vous ou inscrivez-vous à El Watan.

1 : L'éphémère présidence Ben Bella, article du quatorze septembre.

2 : La présidence Boumediène et les projets du socialisme, article du vingt-et-un septembre.

3 : La controversée présidence Bendjedid, article du vingt-huit septembre.

4 : Les tragiques années 1990 et ses trois présidents, article du cinq octobre.

5 : La longue présidence Bouteflika et les premières émissions imposées par la République populaire de Chine - une plaie pour de nombreux opérateurs postaux africains, article du douze octobre.

L'article de cette semaine, publié jeudi dix-neuf, est plein d'espoir dans les jeunes générations avec l'École algérienne, « grand laboratoire d'expérience », mise en valeur par les timbres.
Affiche du Salon national (site d'Algérie Poste).
Pour terminer, Algérie Poste organise un premier Salon national de philatélie, du mardi trente-et-un octobre au vendredi trois novembre au Musée national de l'art moderne et contemporain, à Alger.

Salon et exposition qui concluront l'année des cinquante-cinq ans du premier timbre de l'Algérie indépendante, émis le premier novembre 1962.

dimanche 15 octobre 2017

Hasta la victoria sempre. Amen.

En une semaine d'octobre, An Post a réussi une audacieuse figure φl@télico-politico-religieuse qui a placé le timbre-poste dans les médias de très nombreux pays tout en satisfaisant les plus modestes des Irlandais. Et, trèfle à quatre feuilles sur le leprechaun, parvenir à respecter la logique des anniversaires commémoratifs.
Centenaire des révolutions russes... centenaire de l'insurrection de Pâques 1916... et un photographe irlandais (boutique d'An Post : épuisé).
Le jeudi cinq octobre, est émis un timbre d'un euro pour le cinquantenaire de l'assassinat du révolutionnaire communiste argentin - ou de la libération du monde d'un terroriste criminel de guerre cubain pour le lecteur bourgeois - Ernesto « Che » Guevara.

Effigie noire au visage blanc et étoile jaune, l'agence Red & Grey a mis en rouge la réinterprétation noir et blanc de 1968 par l'Irlandais Jim Fitzpatrick de la photographie icônique du Guerrier héroïque prise en 1960 par le Cubain Alberto Korda.

Pourquoi le Che commémoré sur un timbre d'Irlande se demandent journaux et participants de réseaux sociaux ?

Son arbre généalogique ayant des racines irlandaises ? Le fait qu'alors ministre cubain, il a passé une longue escale due au mauvais temps à l'aéroport de Dublin en 1964 ? La nationalité de l'artiste toujours aussi engagé et moderne (sur Twitter et Instagram) ? Souhait de participer à la thématique centenaire de la Révolution d'Octobre ? Neutralité politique d'An Post qui avait besoin d'un quota d'extrême-gauche ?

La citation attribuée au père d'Ernesto m'amuse davantage : « Dans les veines de mon fils coule le sang des rebelles irlandais ». Ce timbre serait donc une provocation envers l'envahisseur anglais :)

Le résultat fut immédiat : articles et débats donc publicité gratuite, d'où vente très rapides du tirage de cent vingt-deux mille timbres, avec nécessité d'un nouveau tirage pour servir les abonnés.

Mais alors quel timbre à message fort reste-t-il disponible pour les malheureux Irlandais arrivant trop tard dans leurs bureaux de poste ?
Une autre icône sous la forme d'une statue : photographie par un archevêque, mise en forme par un diacre (boutique d'An Post).
Le timbre Postcrossing bien sûr !

Ou depuis le jeudi douze, celui du centenaire des apparitions de la Vierge Marie à Fátima, au Portugal... La poste irlandaise est ouverte au monde ce mois-ci.

Marie, mère d'un autre révolutionnaire des relations entre Dieu et ses fidèles par la réinterprétation fort débattue alors de ses règles et dont le sacrifice a marqué des générations - ou une affabulatrice adultère dont le récit accaparé par l'Église permet de vendre de l'opium aux prolétaires depuis deux mille ans pour le lecteur « bouffeur de curé ».

C'est sûr que ce timbre permet davantage une réflexion lentement mûrie, la méditation, l'inspiration de simples et invisibles actions bénévoles de celles qui soulagent un peu le quotidien des autres...


... Reste à trouver comment, dans notre monde de corporations déshumanisantes poussant à la sur-consommation et aux dirigeants politiques susceptibles de causer des conflits meurtriers, parvenir à trouver comment le Che et la Vierge peuvent nous inspirer une durable réforme ni trop hâtive, mais ni trop lente des comportements de notre espèce sur la seule planète qui lui est disponible.

mardi 10 octobre 2017

Lego postaux retrouvés au grenier...

... enfin dans la chambre de mes neveux qui ont récupéré mon stock de briques :
L'enseigne du bureau, une boîte aux lettres et un facteur des années 1980 - la casquette n'est pas d'époque... mais je n'ai pas retrouvé le casque de moto rouge.
À l'occasion d'une demande d'aide au remontage d'un commissariat et d'une caserne de pompiers, j'ai fouillé la caisse à personnages - complétées depuis mon enfance par des ninjas et les versions briques des super-héros de DC Comics et de Marvel - et commencer à retrouver les éléments des Lego postaux que j'évoquai lors de l'article de Noël 2016.

Les murs bleus et les tuiles noires du bureau de poste devraient facilement se retrouver au prochain montage des véhicules de police... mais la lubie démonteur-mécanicien du plus jeune risque de rendre difficile la reconstitution du side car de la boîte 6622.
La boîte aéropostale de 2016 n°60100 (site officiel français de Lego).
La thématique postale chez Lego a un peu progressé en 2016 avec une petite « boîte de démarrage de l'aéroport » comprenant un hélicoptère de transport de courrier, ses mécanicien et contrôleur aérien et une postière. Un service exprès ou pour accéder aux lieux isolés : villages de l'Alaska ou cirques de la Réunion ?

Et une boîte aux lettres rouge avec un nouveau logotype postal : une enveloppe ailée remplaçant l'enveloppe au cor de poste.

À suivre...

mercredi 4 octobre 2017

Demain, le 36e timbre Postcrossing sera irlandais

Demain, jeudi cinq octobre 2017, le trente-sixième timbre sur Postcrossing sera émis par la poste de la République d'Irlande, information signalée par le blog du site de correspondance en aveugle par cartes postales.
Des cartes timbrées circulant entre de jeunes gens (via le blog de Postcrossing).
Le dessin de Cathy Dineen illustre bien l'objectif de cette activité. Le tarif d'un euro et trente-cinq centimes correspond au tarif de la carte postale et de la lettre standard pour l'étranger (Grande-Bretagne, Europe comme reste du monde).

Pour que le timbre-poste ne soit pas qu'une collection neuve enfermée dans des albums, pour découvrir la philatélie d'autres pays et leurs oblitérations : participez !

Le Catalogue des timbres Postcrossing reste à jour sur la partie anglophone de ce blog.

lundi 2 octobre 2017

Genève, point de départ de l'unification postale helvétique

Jeudi dernier, le vingt-huit septembre 2017, la Royal Philatelic Society London a proposé une conférence de Jean Voruz, l'actuel président du Consilium Philateliæ Helveticæ. Son objet est une spécialité, sans cesse approfondie par son chercheur ces dernières années, du passage de la poste cantonale de Genève à la poste fédérale suisse.

En introduction, l'orateur rappelle qu'il faut unifier dix-sept postes cantonales jalouses de leurs revenus, une grande variété d'unités monétaires (plus de quatre cents !), de mesures et de poids, les douanes intercantonales. Système postal où il est plus simple et moins cher d'envoyer du courrier pour l'étranger lointain ou via la France qu'à travers la Suisse.
Le cœur de la simplification d'une histoire arithmétiquement audacieuse - oui, les pdf proposent également des timbres, des lettres et des marques postales à foison (copie d'écran du diaporama de Jean Voruz pour la conférence du vingt-huit septembre 2017 à la Royal Philatelic Society London).
À l'aide d'un tableau décomposé à chaque étape du plan chronologique et tarifaire, Jean Voruz explique comment, mi-dix-neuvième siècle, les autorités de la Confédération et Collignon-Faure, directeur de l'arrondissement postal fédéral n°1 [Genève et Nyon] ont établi une poste - et même une monnaie - fédérale à partir de celle du canton de Genève, déjà très liée à la France par les flux postaux et la parité monétaire.

La difficulté que les tableaux aident à saisir, est constitué des étapes monétaires, philatéliques et postales progressivement mises en place entre le premier octobre 1849 et le premier janvier 1852. Notamment les conversions arrondies plus ou moins logiques entre les rappen et les centimes de franc de Genève, futur franc suisse.

À partir de là, les courriers présentés au diaporama ou dans les cadres d'exposition illustrent les différents cas possibles au départ ou à l'arrivée de Genève... Et, probablement, la circonspection des usagers d'alors quand deux timbres de cinq ne forment plus un affranchissement de dix...

Ou encore que jusqu'en 1854, grâce au choix de l'extension du modèle genevois à l'ensemble de la Confédération, l'ensemble des timbres du canton de Genève et de Suisse sont valables sur le courrier au départ de ce canton puisque portant des valeurs faciales dans l'unité monétaire finalement choisie.

Et ainsi, par cette simplification, la poste participa à la consolidation d'une Confédération en un État bien plus solidaire qu'au cours des siècles précédents.

Les visiteurs du site de la RPSL trouveront un fascicule illustré tout aussi passionnant que la conférence dont l'adresse youTube est accessible aux membres ou sur demande au secrétariat de la Société.

Pour les lecteurs francophones peu versés dans la langue anglaise, un court article de Jean Voruz sur la question monétaire du franc de Genève, publié dans The London Philatelist en octobre 2012, est lisible en français.

samedi 30 septembre 2017

Du service postal au Donbass

Note : n'étant pas versé dans la transcription de l'alphabet cyrillique, ni dans les langues slaves, merci aux ukrainophon/bes, russophon/bes et leurs soutiens de ne pas préter d'intention particulière aux transcriptions utilisées dans cet article.

Alors qu'en juin 2017 la poste ukrainienne émettait les premiers timbres d'une nouvelle série d'usage courant aux armoiries de ses communes, dont deux situées dans les territoires disputés de Crimée et de Donetsk, la presse philatélique recevait un communiqué de la Poste du Donbass rappelant qu'elle assure les services postaux et émet des timbres-poste depuis 2015 pour les deux républiques sécessionnistes ukrainiennes de Donetsk et Louhansk -  communiqué et difficile histoire de l'Ukraine et de ses marges racontés par Gauthier Toulemonde dans son éditorial du numéro de septembre 2017 de Timbres magazine.
Le logotype de la Poste du Donbass (site web).
Un commentaire d'un participant du forum StampBoards m'a fait découvrir ce matin les opérations de Post Donbass et ses moyens de promotion internautiques : un programme philatélique de vingt-et-une émissions pour 2017, des pages et fils sur les principaux résaux sociaux à l'américaine comme à la russe, dont Twitter et youTube.

L'article de la Wikipédia en anglais (et ses sources) sur cet opérateur postal apprend qu'il fut fondé dans l'urgence de remplacer la poste ukrainienne à Donetsk, le neuf décembre 2014. Elle devint l'opérateur commun aux deux républiques sécessionnistes en mars 2015.
Le premier timbre de la Poste du Donbass, émis le neuf mai 2015, à l'effigie de deux officiers de la République populaire de Donetsk (vidéo du Ministère de l'Information de la République populaire de Donetsk postée sur youTube le jour-même).
Après avoir employé des timbres d'Ukraine avec ses propres oblitérations, Post Donbass émet son premier timbre, le neuf mai 2015, à l'effigie de deux des officiers de la République populaire de Donetsk, Mikhail Tolstykh (mort en février 2017) et Arsen Pavlov  (mort en octobre 2016), respectivement surnommés Givi et Motorola.

Le courrier passe par la Russie (avec codes postaux russe et donbassien à indiquer, mais sans mention de la ville et des pays effectifs de destination) dont la poste fournit le service d'une boîte postale à Kouïbychev, ville frontalière de l'oblast de Rostov, à environ cent kilomètres à l'est de Donetsk et autant au sud de Louhansk.

Dernier point permettant de revenir au conflit philatélique entre l'Ukraine et ces deux oblasts séparatistes : les timbres aux armoiries évoqués au début ont peut-être été inspirés par la philatélie de Post Donbass.
Le timbre de décembre 2015 aux armoiries de Donetsk, émis par Post Donbass (photographie d'un article de dan-news.info du dix-sept décembre 2015).
En effet, au cours de l'année 2015, sept timbres d'usage courant héraldiques ont été émis, notamment en décembre aux armes de la ville de Donetsk...

lundi 25 septembre 2017

Portrait chinois timbré et carté à la Maison Tangible

Petite surprise des propositions du réseau social Twitter : le fil de Maison Tangible, un éditeur d'affiches et de cartes postales...

... Publicité déguisée ?

Comme beaucoup de fils et de pages d'entreprises sur les réseaux sociaux.
Primitive (1/3), un des timbres créés par Emmanuelle Leleu pour son « Interview timbrée » publiée le mercredi treize septembre 2017 sur le blog de Maison Tangible.
Non, la surprise est venue des publications de leur blog pour faire connaître les créateurs, graphistes et illustrateurs de leurs productions : le portrait chinois à base de timbres, de cartes postales et de souvenirs ou d'habitudes de correspondance.

Déjà vingt-deux entretiens et séries de timbres publiés depuis le onze janvier 2017, inaugurés par un triptyque-pirogue de pêcheurs amazoniens d'Amaël Isnard.


lundi 18 septembre 2017

Du timbre ou du récit : premières liaisons aériennes régulières britanniques et australiennes

À partir des archives de la poste britannique, Richard West a proposé aux lecteurs du numéro daté août 2017 de Stamp Magazine de découvrir à quoi auraient pu ressemblé les timbres de poste aérienne du Royaume-Uni.

En novembre 1921, le magazine du Royal Aero Club regrettant le manque de promotion affirmée du service aérien postal suggérait l'idée d'un timbre spécifique.
Les projets britanniques de 1922 (via Stamp Magazine).
Finalement, l'imprimerie Bradbury, Wilkinson and Co. proposa sept maquettes légendés "British Air Mail" : certaines cadrant un pilote dans le cockpit grand ouvert des premiers avions, d'autres un avion au-dessus des falaises de la Manche ou de paysages survolés. Les visiteurs de l'Exposition philatélique britannique de 1984 purent voir les deux illustrés ci-dessus sur un souvenir.

Néanmoins, les premiers arguments du Greater Post Office perdurèrent, principalement : le coût de fournir tous les bureaux de ces timbres, l'impossibilité d'empêcher leur usage sur courrier terrestre et l'usage des autres timbres sur courrier aérien.

Dans les années 1930, les ministres des postes et de l'air allèrent jusqu'à accuser les postes étrangères émettant des timbres de poste aérienne d'avoir trouvé une nouvelle occasion d'émettre quelque chose pour le vendre aux collectionneurs...

Resteront quelques timbres de transporteurs aériens privés.

Il faut donc se rendre dans les colonies et dominions pour retrouver des timbres de service aérien, comme l'illustrent deux enveloppes d'un long article-récit de Raymond Todd et Brian Pope sur l'établissement de la route aérienne entre Perth et Adelaide, publié dans le numéro d'octobre 2016 du London Philatelist.

Un récit prenant et détaillé , inspiré d'une recherche dans les archives du gouvernement australien et de la presse de l'époque, raconte comment les obstacles administratifs (besoin d'accord entre ministères différents) et techniques furent surmontés en 1927 et 1928, mais comment les météorologiques ont gêné lors du premier aller-retour début juin 1929.

L'idée rappelle la course du courrier britannique à travers l'Europe en diligence, puis en train de Londres pour rattraper les navires pour les Indes et gagner quelques jours de décision, rédaction et expédition.

Ici, le but était que le courrier européen parvienne aux métropoles australiennes de la côté orientale bien avant le paquebot faisant escale à Perth en Australie-Occidentale. Ou l'y rejoigne lors de cette dernière escale avant la grande traversée.

Pour les collectionneurs et les historiens postaux, savant calculateur de tarifs postaux, l'étape aérienne australienne optionnelle s'ajoute au tarif pour l'Australie, avant qu'un tarif simplifié soit établi en 1935.

Le trois septembre 2016, Jérome Castanet a présenté à l'Académie de philatélie une carte postale française pour Sydney demandant un passage par les Indes néerlandaises et la voie Perth-Adelaide. Une collection illustre cette étape du développement du transport aérien du courrier du point de vue néo-zélandais sur le site New Zealand Stamp Images.