dimanche 12 novembre 2017

Faute de nouveaux merles, j'engraisse des grives d'origines variées...

... ou faute de temps libre, je complète les articles précédents.

De la menthe au thé au petit-déjeuner continental.
En décembre 2016, j'évoquais Gibraltar avec l'historien postal Richard Garcia et le récit de l'historien global Christian Grataloup sur comment, au Maroc, l'infusion de menthe devint le thé à la menthe en conséquence de l'addiction britannique à la boisson et l'impossibilité d'en exporter les feuilles jusqu'à la Russie importatrice à cause de la guerre de Crimée.
Couverture du livre à partir d'une publicité du Cacao Poulain de Leonetto Cappiello de 1911 (site de l'éditeur Armand Colin).
Depuis ce printemps, cette anecdote historique fait partie de l'épisode d'un livre de vulgarisation du même Grataloup sur l'histoire de l'apparition du petit-déjeuner en Europe autour du trio revisité de boissons tropicales : café, chocolat et thé.

Une bonne lecture sucrée pour les passionnés d'histoire du quotidien, du temps long et les thématistes en quête d'idées.

Le Monde dans nos tasses. Trois siècles de petit déjeuner par Christian Grataloup, publié par Armand Colin en mai 2017.

Séparatisme et courrier international : retour au Donbass.
Il est encore temps de trouver chez les marchands de journaux le numéro daté novembre de Timbres magazine où lecteurs et clubs réagissent à l'éditorial du numéro de septembre sur l'émission de timbres par la Poste du Donbass, gérant le courrier local et international via la Russie des républiques populaires autoproclamées de Donetsk et de Lougansk.

Le magazine fournit l'adresse mail de la représentation diplomatique de ces républiques en France dans le courrier des lecteurs et un article complet sur ce courrier est annoncé dans PhilApl daté septembre 2017 de l'Association philatélique du Loiret.

Disparus, ils enrichissent encore la Philatélie.
Par les activités de la Société philatélique royale de Londres, deux historiens postaux britanniques morts cette année sont honorés et honorent encore la Philatélie.

Jeudi neuf, en introduction de sa conférence sur l'histoire postale préphilatélique du Salvador (et de l'Amérique espagnole), Guillermo Gallegos a rendu hommage à Brian Moorhouse, spécialiste de l'Amérique latine et des Caraïbes.

Lundi six novembre, la Royale a annoncé (pdf) avoir reçu en donation les droits sur les ouvrages et la conservation des archives de Ted Proud, couvrant de larges pans de l'histoire postale des colonies britanniques. Si le site de l'International Postal Museum qu'il créa avec feu John West pour diffuser leurs ouvrages imprimés et numériques est désormais fermé, la RPSL en assurera la diffusion désormais et ouvrira les archives à la recherche.

La Poste vaticane battra-t-elle la Poste irlandaise : Luther contre le Che ?
Alors que le timbre irlandais sur le centenaire des apparitions mariales à Fatima passe inaperçu..., des articles signalent, ici et là, l'émission, jeudi vingt-trois novembre,par la poste du siège de l'Église catholique romaine d'un timbre pour les cinq cents ans de la Réforme protestante... !
Luther et Melanchton au pied de la Croix, Wittemberg en arrière-plan (via La Croix).
Va-t-on atteindre l'engouement de la vente à succès du timbre irlandais du Che qui se monnaye actuellement à fort prix à l'unité, en enveloppe premier jour et en feuille entière ?

Au cas où la figure romantique du révolutionnaire implacable vaincrait, les parieurs impénitents se reporteront sur deviner le duel des ventes entre ce timbre radical et son jumeau contre-réformé émis le même jour à l'effigie de saint François de Sales, issu de la noblesse savoyarde.

samedi 28 octobre 2017

Double Lisa pour suivi d'une lettre

Trouver dans le courrier d'une entreprise, une conséquence de l'incitation à envoyer les expéditeurs vers les automates en libre-service dans les bureaux de La Poste en France.
Deux étiquettes : un timbre de distributeur et un code-barre de suivi... L'oblitération à code data matrix est-elle liée au suivi ou un des moyens de La Poste de distinguer ses services par vitesse et destination ?
L'expéditeur a voulu pouvoir suivre l'arrivée à destination de son courrier.

Indubitablement, l'autocollant du bas est un timbre de distributeur d'une valeur faciale d'un euro quatre-vingt-six pour le second échelon de la lettre verte plus quarante centimes de suivi.

Le suivi demandant un code numérique pour l'expéditeur et d'un code-barre pour le tri automatisé : impression et collage d'une seconde étiquette.

Le tout oblitéré le seize août 2017 à la plate-forme 39002A... à Castelnau-d'Estrétefonds, celle desservant la région Midi-Pyrénées à une vingtaine de kilomètres au nord de Toulouse.

En espérant que les spécialistes de Lisa d'usage courant n'en sont pas à pleurer des larmes de sang face à ce texte, problablement naïf et sûrement très incomplet.

mardi 24 octobre 2017

Histoire postale de la guerre du Vietnam

La chaîne culturelle franco-allemande Arte a diffusé en septembre les dix épisodes du documentaire de Ken Burns et Lynn Novick sur la guerre du Vietnam. Aspect marquant de leur travail : avoir pu interroger librement des vétérans vietcongs et nord-vietnamiens, ce qui rappelle l'aspect-miroir de beaucoup de conflits alors que l'Europe achèvera le centenaire de la Grande Guerre en 2018.

La division du Vietnam avec la guerre de décolonisation d'Indochine, puis la guerre où les États-Unis se sont embourbés, ont produit leurs lots de timbres patriotiques et de courrier militaire. Reste à les retrouver.

Le mercredi dix-sept mai 2017, Dan Telep a proposé une conférence et sa collection de courrier militaire des insurgés vietcongs et de l'armée du Nord-Vietnam devant les membres du Collectors Club de New York - et aux internautes sur Vimeo.
La zone démilitarisée en gris et sa proximité cartographiée par les United States Marine Corps (domaine public, via la base documentaire Commons de Wikimedia).
Vétéran du conflit, Telep a servi à proximité de la zone démilitarisée entre les deux républiques vietnamiennes, lieutenant coincé entre les Vietcongs, insurgés-guérilleros communistes du sud, et les attaques de l'armée nordiste de la République démocratique, entre canonnades, coups de poing ou passages par le Laos.

Très vivant, le réalisateur du Club a dû bosser : filmer l'enseignant en marketing en mouvement, montrer les diapositives à partir du fichier, ou zoomer pour les montrer projetées car Telep y montre un détail important.

Très difficile est une collection postale militaire vietcong ou nord-vietnamienne comme l'expérience combattante de l'orateur permet de l'expliquer.
Joie ! Les pionniers de cette collection et la bibliographie sont au début de la présentation pour rappeler leur importance dans le chemin parcouru (diapositives de Dan Telep, conférence au Collectors Club de New York, dix-sept mai 2017).
Certes, la joie des soldats de ramener un sac de courrier ou une enveloppe pris à l'ennemi permet de découvrir des plis à distribuer de toute urgence, disposant de la marque de l'officier expéditeur. Mais la règle fort logique était de détruire après avoir lu...

D'où les conjectures sur les rares lettres que le collectionneur peut montrer : officiers vietnamiens n'ayant pas respecté l'ordre, sortie illicite des archives de l'État vietnamien ? Combien de courrier dans ces archives justement.

Néanmoins, les efforts de Dan Telep permet de comprendre l'organisation postale d'une zone de conflit complexe et difficile à connaître des Occidentaux.


Et des commissions militaires observant le respect des zones démilitarisées et des cessez-le-feu au nom de la Communauté internationale ?

C'est le philatéliste et blogueur indien Mani Muthukrishnan qui a montré sur Philatelic Titbits en septembre les timbres surchargés que la poste indienne fournit aux forces armées indiennes pour le courrier des commissions internationales envoyées en Indochine de 1954 à la fin de la guerre du Vietnam.
Le premier message sur Philatelic Titbits le vingt septembre 2017.
L'Inde avait en charge les transmissions postales de ces commissions. Ainsi, en 1954, Indiens, Canadiens et Polonais observèrent les premières années d'indépendance depuis leurs missions dans les quatre capitales de l'ancienne Indochine française jusqu'en 1958, puis dans les années 1960 au Cambodge et à Saïgon. Avec oblitération de Field Post Office (FPO).

Surchargés en hindi, les timbres ont suivi l'évolution philatélique indienne : nouvelle devise monétaire en 1957, nouveau filigrane dans les années 1960. La surcharge devint un ICC rouge avec le timbre Nehru au Laos et Sud-Vietnam.
Premier jour de la série du deux octobre 1968 (Philatelic Titbits, 26 septembre 2017).

L'étude de Mani Muthukrishnan se conclut par une enveloppe premier jour de la série surchargée d'octobre 1968...

Encore un neurone qui doit retenir d'aller fouiller le web et la médiathèque pour retrouver le rôle de ces malheureuses commissions coincées dans un conflits où aucun acteur ne voulait céder un pouce de terrain idéologique.

samedi 21 octobre 2017

La philatélie algérienne par ses présidences

Pour la rentrée de sa chronique philatélique hebdomadaire du jeudi dans le quotidien El Watan, Arslan Selmane a proposé cinq articles racontant l'histoire politique de la république algérienne - qui est loin d'être un long fleuve tranquille - à travers les timbres-poste évoquant les présidents, les élections nationales, les institutions nationales mises en valeur ou les grands projets réalisés ou espérés.

Attention, ces articles ne sont que temporairement accessibles librement. Dépêchez-vous ou inscrivez-vous à El Watan.

1 : L'éphémère présidence Ben Bella, article du quatorze septembre.

2 : La présidence Boumediène et les projets du socialisme, article du vingt-et-un septembre.

3 : La controversée présidence Bendjedid, article du vingt-huit septembre.

4 : Les tragiques années 1990 et ses trois présidents, article du cinq octobre.

5 : La longue présidence Bouteflika et les premières émissions imposées par la République populaire de Chine - une plaie pour de nombreux opérateurs postaux africains, article du douze octobre.

L'article de cette semaine, publié jeudi dix-neuf, est plein d'espoir dans les jeunes générations avec l'École algérienne, « grand laboratoire d'expérience », mise en valeur par les timbres.
Affiche du Salon national (site d'Algérie Poste).
Pour terminer, Algérie Poste organise un premier Salon national de philatélie, du mardi trente-et-un octobre au vendredi trois novembre au Musée national de l'art moderne et contemporain, à Alger.

Salon et exposition qui concluront l'année des cinquante-cinq ans du premier timbre de l'Algérie indépendante, émis le premier novembre 1962.

dimanche 15 octobre 2017

Hasta la victoria sempre. Amen.

En une semaine d'octobre, An Post a réussi une audacieuse figure φl@télico-politico-religieuse qui a placé le timbre-poste dans les médias de très nombreux pays tout en satisfaisant les plus modestes des Irlandais. Et, trèfle à quatre feuilles sur le leprechaun, parvenir à respecter la logique des anniversaires commémoratifs.
Centenaire des révolutions russes... centenaire de l'insurrection de Pâques 1916... et un photographe irlandais (boutique d'An Post : épuisé).
Le jeudi cinq octobre, est émis un timbre d'un euro pour le cinquantenaire de l'assassinat du révolutionnaire communiste argentin - ou de la libération du monde d'un terroriste criminel de guerre cubain pour le lecteur bourgeois - Ernesto « Che » Guevara.

Effigie noire au visage blanc et étoile jaune, l'agence Red & Grey a mis en rouge la réinterprétation noir et blanc de 1968 par l'Irlandais Jim Fitzpatrick de la photographie icônique du Guerrier héroïque prise en 1960 par le Cubain Alberto Korda.

Pourquoi le Che commémoré sur un timbre d'Irlande se demandent journaux et participants de réseaux sociaux ?

Son arbre généalogique ayant des racines irlandaises ? Le fait qu'alors ministre cubain, il a passé une longue escale due au mauvais temps à l'aéroport de Dublin en 1964 ? La nationalité de l'artiste toujours aussi engagé et moderne (sur Twitter et Instagram) ? Souhait de participer à la thématique centenaire de la Révolution d'Octobre ? Neutralité politique d'An Post qui avait besoin d'un quota d'extrême-gauche ?

La citation attribuée au père d'Ernesto m'amuse davantage : « Dans les veines de mon fils coule le sang des rebelles irlandais ». Ce timbre serait donc une provocation envers l'envahisseur anglais :)

Le résultat fut immédiat : articles et débats donc publicité gratuite, d'où vente très rapides du tirage de cent vingt-deux mille timbres, avec nécessité d'un nouveau tirage pour servir les abonnés.

Mais alors quel timbre à message fort reste-t-il disponible pour les malheureux Irlandais arrivant trop tard dans leurs bureaux de poste ?
Une autre icône sous la forme d'une statue : photographie par un archevêque, mise en forme par un diacre (boutique d'An Post).
Le timbre Postcrossing bien sûr !

Ou depuis le jeudi douze, celui du centenaire des apparitions de la Vierge Marie à Fátima, au Portugal... La poste irlandaise est ouverte au monde ce mois-ci.

Marie, mère d'un autre révolutionnaire des relations entre Dieu et ses fidèles par la réinterprétation fort débattue alors de ses règles et dont le sacrifice a marqué des générations - ou une affabulatrice adultère dont le récit accaparé par l'Église permet de vendre de l'opium aux prolétaires depuis deux mille ans pour le lecteur « bouffeur de curé ».

C'est sûr que ce timbre permet davantage une réflexion lentement mûrie, la méditation, l'inspiration de simples et invisibles actions bénévoles de celles qui soulagent un peu le quotidien des autres...


... Reste à trouver comment, dans notre monde de corporations déshumanisantes poussant à la sur-consommation et aux dirigeants politiques susceptibles de causer des conflits meurtriers, parvenir à trouver comment le Che et la Vierge peuvent nous inspirer une durable réforme ni trop hâtive, mais ni trop lente des comportements de notre espèce sur la seule planète qui lui est disponible.

mardi 10 octobre 2017

Lego postaux retrouvés au grenier...

... enfin dans la chambre de mes neveux qui ont récupéré mon stock de briques :
L'enseigne du bureau, une boîte aux lettres et un facteur des années 1980 - la casquette n'est pas d'époque... mais je n'ai pas retrouvé le casque de moto rouge.
À l'occasion d'une demande d'aide au remontage d'un commissariat et d'une caserne de pompiers, j'ai fouillé la caisse à personnages - complétées depuis mon enfance par des ninjas et les versions briques des super-héros de DC Comics et de Marvel - et commencer à retrouver les éléments des Lego postaux que j'évoquai lors de l'article de Noël 2016.

Les murs bleus et les tuiles noires du bureau de poste devraient facilement se retrouver au prochain montage des véhicules de police... mais la lubie démonteur-mécanicien du plus jeune risque de rendre difficile la reconstitution du side car de la boîte 6622.
La boîte aéropostale de 2016 n°60100 (site officiel français de Lego).
La thématique postale chez Lego a un peu progressé en 2016 avec une petite « boîte de démarrage de l'aéroport » comprenant un hélicoptère de transport de courrier, ses mécanicien et contrôleur aérien et une postière. Un service exprès ou pour accéder aux lieux isolés : villages de l'Alaska ou cirques de la Réunion ?

Et une boîte aux lettres rouge avec un nouveau logotype postal : une enveloppe ailée remplaçant l'enveloppe au cor de poste.

À suivre...

mercredi 4 octobre 2017

Demain, le 36e timbre Postcrossing sera irlandais

Demain, jeudi cinq octobre 2017, le trente-sixième timbre sur Postcrossing sera émis par la poste de la République d'Irlande, information signalée par le blog du site de correspondance en aveugle par cartes postales.
Des cartes timbrées circulant entre de jeunes gens (via le blog de Postcrossing).
Le dessin de Cathy Dineen illustre bien l'objectif de cette activité. Le tarif d'un euro et trente-cinq centimes correspond au tarif de la carte postale et de la lettre standard pour l'étranger (Grande-Bretagne, Europe comme reste du monde).

Pour que le timbre-poste ne soit pas qu'une collection neuve enfermée dans des albums, pour découvrir la philatélie d'autres pays et leurs oblitérations : participez !

Le Catalogue des timbres Postcrossing reste à jour sur la partie anglophone de ce blog.

lundi 2 octobre 2017

Genève, point de départ de l'unification postale helvétique

Jeudi dernier, le vingt-huit septembre 2017, la Royal Philatelic Society London a proposé une conférence de Jean Voruz, l'actuel président du Consilium Philateliæ Helveticæ. Son objet est une spécialité, sans cesse approfondie par son chercheur ces dernières années, du passage de la poste cantonale de Genève à la poste fédérale suisse.

En introduction, l'orateur rappelle qu'il faut unifier dix-sept postes cantonales jalouses de leurs revenus, une grande variété d'unités monétaires (plus de quatre cents !), de mesures et de poids, les douanes intercantonales. Système postal où il est plus simple et moins cher d'envoyer du courrier pour l'étranger lointain ou via la France qu'à travers la Suisse.
Le cœur de la simplification d'une histoire arithmétiquement audacieuse - oui, les pdf proposent également des timbres, des lettres et des marques postales à foison (copie d'écran du diaporama de Jean Voruz pour la conférence du vingt-huit septembre 2017 à la Royal Philatelic Society London).
À l'aide d'un tableau décomposé à chaque étape du plan chronologique et tarifaire, Jean Voruz explique comment, mi-dix-neuvième siècle, les autorités de la Confédération et Collignon-Faure, directeur de l'arrondissement postal fédéral n°1 [Genève et Nyon] ont établi une poste - et même une monnaie - fédérale à partir de celle du canton de Genève, déjà très liée à la France par les flux postaux et la parité monétaire.

La difficulté que les tableaux aident à saisir, est constitué des étapes monétaires, philatéliques et postales progressivement mises en place entre le premier octobre 1849 et le premier janvier 1852. Notamment les conversions arrondies plus ou moins logiques entre les rappen et les centimes de franc de Genève, futur franc suisse.

À partir de là, les courriers présentés au diaporama ou dans les cadres d'exposition illustrent les différents cas possibles au départ ou à l'arrivée de Genève... Et, probablement, la circonspection des usagers d'alors quand deux timbres de cinq ne forment plus un affranchissement de dix...

Ou encore que jusqu'en 1854, grâce au choix de l'extension du modèle genevois à l'ensemble de la Confédération, l'ensemble des timbres du canton de Genève et de Suisse sont valables sur le courrier au départ de ce canton puisque portant des valeurs faciales dans l'unité monétaire finalement choisie.

Et ainsi, par cette simplification, la poste participa à la consolidation d'une Confédération en un État bien plus solidaire qu'au cours des siècles précédents.

Les visiteurs du site de la RPSL trouveront un fascicule illustré tout aussi passionnant que la conférence dont l'adresse youTube est accessible aux membres ou sur demande au secrétariat de la Société.

Pour les lecteurs francophones peu versés dans la langue anglaise, un court article de Jean Voruz sur la question monétaire du franc de Genève, publié dans The London Philatelist en octobre 2012, est lisible en français.

samedi 30 septembre 2017

Du service postal au Donbass

Note : n'étant pas versé dans la transcription de l'alphabet cyrillique, ni dans les langues slaves, merci aux ukrainophon/bes, russophon/bes et leurs soutiens de ne pas préter d'intention particulière aux transcriptions utilisées dans cet article.

Alors qu'en juin 2017 la poste ukrainienne émettait les premiers timbres d'une nouvelle série d'usage courant aux armoiries de ses communes, dont deux situées dans les territoires disputés de Crimée et de Donetsk, la presse philatélique recevait un communiqué de la Poste du Donbass rappelant qu'elle assure les services postaux et émet des timbres-poste depuis 2015 pour les deux républiques sécessionnistes ukrainiennes de Donetsk et Louhansk -  communiqué et difficile histoire de l'Ukraine et de ses marges racontés par Gauthier Toulemonde dans son éditorial du numéro de septembre 2017 de Timbres magazine.
Le logotype de la Poste du Donbass (site web).
Un commentaire d'un participant du forum StampBoards m'a fait découvrir ce matin les opérations de Post Donbass et ses moyens de promotion internautiques : un programme philatélique de vingt-et-une émissions pour 2017, des pages et fils sur les principaux résaux sociaux à l'américaine comme à la russe, dont Twitter et youTube.

L'article de la Wikipédia en anglais (et ses sources) sur cet opérateur postal apprend qu'il fut fondé dans l'urgence de remplacer la poste ukrainienne à Donetsk, le neuf décembre 2014. Elle devint l'opérateur commun aux deux républiques sécessionnistes en mars 2015.
Le premier timbre de la Poste du Donbass, émis le neuf mai 2015, à l'effigie de deux officiers de la République populaire de Donetsk (vidéo du Ministère de l'Information de la République populaire de Donetsk postée sur youTube le jour-même).
Après avoir employé des timbres d'Ukraine avec ses propres oblitérations, Post Donbass émet son premier timbre, le neuf mai 2015, à l'effigie de deux des officiers de la République populaire de Donetsk, Mikhail Tolstykh (mort en février 2017) et Arsen Pavlov  (mort en octobre 2016), respectivement surnommés Givi et Motorola.

Le courrier passe par la Russie (avec codes postaux russe et donbassien à indiquer, mais sans mention de la ville et des pays effectifs de destination) dont la poste fournit le service d'une boîte postale à Kouïbychev, ville frontalière de l'oblast de Rostov, à environ cent kilomètres à l'est de Donetsk et autant au sud de Louhansk.

Dernier point permettant de revenir au conflit philatélique entre l'Ukraine et ces deux oblasts séparatistes : les timbres aux armoiries évoqués au début ont peut-être été inspirés par la philatélie de Post Donbass.
Le timbre de décembre 2015 aux armoiries de Donetsk, émis par Post Donbass (photographie d'un article de dan-news.info du dix-sept décembre 2015).
En effet, au cours de l'année 2015, sept timbres d'usage courant héraldiques ont été émis, notamment en décembre aux armes de la ville de Donetsk...

lundi 25 septembre 2017

Portrait chinois timbré et carté à la Maison Tangible

Petite surprise des propositions du réseau social Twitter : le fil de Maison Tangible, un éditeur d'affiches et de cartes postales...

... Publicité déguisée ?

Comme beaucoup de fils et de pages d'entreprises sur les réseaux sociaux.
Primitive (1/3), un des timbres créés par Emmanuelle Leleu pour son « Interview timbrée » publiée le mercredi treize septembre 2017 sur le blog de Maison Tangible.
Non, la surprise est venue des publications de leur blog pour faire connaître les créateurs, graphistes et illustrateurs de leurs productions : le portrait chinois à base de timbres, de cartes postales et de souvenirs ou d'habitudes de correspondance.

Déjà vingt-deux entretiens et séries de timbres publiés depuis le onze janvier 2017, inaugurés par un triptyque-pirogue de pêcheurs amazoniens d'Amaël Isnard.


lundi 18 septembre 2017

Du timbre ou du récit : premières liaisons aériennes régulières britanniques et australiennes

À partir des archives de la poste britannique, Richard West a proposé aux lecteurs du numéro daté août 2017 de Stamp Magazine de découvrir à quoi auraient pu ressemblé les timbres de poste aérienne du Royaume-Uni.

En novembre 1921, le magazine du Royal Aero Club regrettant le manque de promotion affirmée du service aérien postal suggérait l'idée d'un timbre spécifique.
Les projets britanniques de 1922 (via Stamp Magazine).
Finalement, l'imprimerie Bradbury, Wilkinson and Co. proposa sept maquettes légendés "British Air Mail" : certaines cadrant un pilote dans le cockpit grand ouvert des premiers avions, d'autres un avion au-dessus des falaises de la Manche ou de paysages survolés. Les visiteurs de l'Exposition philatélique britannique de 1984 purent voir les deux illustrés ci-dessus sur un souvenir.

Néanmoins, les premiers arguments du Greater Post Office perdurèrent, principalement : le coût de fournir tous les bureaux de ces timbres, l'impossibilité d'empêcher leur usage sur courrier terrestre et l'usage des autres timbres sur courrier aérien.

Dans les années 1930, les ministres des postes et de l'air allèrent jusqu'à accuser les postes étrangères émettant des timbres de poste aérienne d'avoir trouvé une nouvelle occasion d'émettre quelque chose pour le vendre aux collectionneurs...

Resteront quelques timbres de transporteurs aériens privés.

Il faut donc se rendre dans les colonies et dominions pour retrouver des timbres de service aérien, comme l'illustrent deux enveloppes d'un long article-récit de Raymond Todd et Brian Pope sur l'établissement de la route aérienne entre Perth et Adelaide, publié dans le numéro d'octobre 2016 du London Philatelist.

Un récit prenant et détaillé , inspiré d'une recherche dans les archives du gouvernement australien et de la presse de l'époque, raconte comment les obstacles administratifs (besoin d'accord entre ministères différents) et techniques furent surmontés en 1927 et 1928, mais comment les météorologiques ont gêné lors du premier aller-retour début juin 1929.

L'idée rappelle la course du courrier britannique à travers l'Europe en diligence, puis en train de Londres pour rattraper les navires pour les Indes et gagner quelques jours de décision, rédaction et expédition.

Ici, le but était que le courrier européen parvienne aux métropoles australiennes de la côté orientale bien avant le paquebot faisant escale à Perth en Australie-Occidentale. Ou l'y rejoigne lors de cette dernière escale avant la grande traversée.

Pour les collectionneurs et les historiens postaux, savant calculateur de tarifs postaux, l'étape aérienne australienne optionnelle s'ajoute au tarif pour l'Australie, avant qu'un tarif simplifié soit établi en 1935.

Le trois septembre 2016, Jérome Castanet a présenté à l'Académie de philatélie une carte postale française pour Sydney demandant un passage par les Indes néerlandaises et la voie Perth-Adelaide. Une collection illustre cette étape du développement du transport aérien du courrier du point de vue néo-zélandais sur le site New Zealand Stamp Images.

dimanche 10 septembre 2017

Initiation à repérer les faux dans Gibbons Stamp Monthly

Dans le numéro daté septembre 2017, le mensuel britannique Gibbons Stamp Monthly propose deux articles complets sur les falsifications philatéliques, en plus des remarques ponctuelles dans les articles spécialisés.

Dickon Pollard du marchand Murray Payne rappelle l'ancienneté des fraudes concernant les timbres du règne du Roi George VI et leur extension géographique à tout l'Empire. Un texte entre conseils de prudence (méfiance face au bas prix, fuite devant le vendeur refusant une expertise, vérification des marques postales de Madame Joseph,...) et anecdotes effarantes sur les pratiques d'une minorité de marchands et de vendeurs.

Plus près de notre époque, Edward Klempka présente quelques-uns des nombreux et multiples faux du type Machin avec ses actuels éléments de sécurité... et propose des raisons pour lesquelles ils finissent sur du courrier qui parvient aux destinataires : la dilution du système de vente des timbres-poste et les manquements de Royal Mail sur les oblitérations notamment.

Heureusement, pour les falsifications les plus ressemblantes, il semble rester une preuve ultime : Klempka n'a trouvé aucun timbre faux dont les barres phosphorescentes brillent encore après arrêt de l'exposition à une lumière ultra-violette.

Et le lendemain, lundi onze, avec la fin de la lecture...

Le numéro remonte même à un des pionniers de la philatélie scientifique ou analytique et de la description des faux : Michael Peach raconte l'histoire de la dynastie des Pemberton.

Le patriarche, Edward Loines Pemberton (1844-1878), s'illustra ainsi dès l'âge de dix-sept ans comme un philatéliste accompli et un marchand de timbres de Birmingham. En 1863, Thornton Lewes et lui rédigèrent des articles compilés dans l'ouvrage Forged Stamps: How to Detect Them, alors un des premiers sur ce thème.

Son rôle précurseur lui vaut d'être considéré comme un des « Pères de la philatélie » sur les piliers encadrant la première page du Roll of Distinguished Philatelists en 1921.

La lutte contre les faux, une vieille histoire.

Sur BBC One, le jeudi vingt-et-un septembre 2017 :
L'émission d'avertissement des consommateurs contre la contre-façon Fake Britain a diffusé un reportage (quatrième épisode de sa huitième saison) sur l'ampleur colossale de la vente de faux timbres d'usage courant au Royaume-Uni. Y est notamment interrogé Hugh Jefferies, le rédacteur en chef du catalogue Stanley Gibbons, qui effectue la démonstration de Edward Klempka avec une lampe à ultra-violet.

Petit problème, la qualité générale de réalisation rend cette démonstration difficile à effectuer par le consommateur chez un buraliste ou une épicerie, même s'il ne souhaite pas aider les délinquants que ce trafic enrichit.

samedi 2 septembre 2017

Payer plus pour avoir le vrai timbre de France

Billet d'humeur

Lors des émissions spéciales de Paris-Philex en mai 2016, j'ai été choqué de la réémission avec fortes valeurs ajoutées faciales des timbres du championnat d'Europe de football et de Saint-Valentin dans des versions plus complètes (pour les gadgets du premier) voire plus belles et adaptées (en couleurs au lieu de gris pour le second).

L'excuse que j'imaginai : un moyen de rentabiliser la location et le montage d'un immense espace de vente qui assure l'équilibre financier d'un salon-exposition philatélique.

Ne suivant que de très loin les nouvelles émissions de φl@πoste, m'effarant de temps en temps de la longueur des listes dans Timbres magazine ou du nombre de pages nécessaires au catalogue du service φl@télique, je ne sais pas si cette technique de vente a été employée de nouveau hors-Salon de l'été 2016 à l'été 2017.
« La vie, la vie, la vie... »... Ah, bé non : ce sera la thématique Maquillage de plateau de cinéma (via Phil-Ouest.com).
Mais, là, une émission suscite à la fois mon intérêt d'enfant et ma suspicion φl@télique : Hello Maestro !.

Tel quel, sans recherche : inconnu au bataillon.

Avec Google, vous trouvez que c'est la marque commerciale sur internet d'un bien culturel francophone bien plus célèbre : les séries animées Il était une fois... d'Albert Barillé (1920-2009) et de sa société de production Procidis.

Maestro étant le personnage du vieux sage, conteur dans les séries historiques, se démultipliant dans Il était une fois... la Vie pour former les jeunes neurones du cerveau, les globules rouges du sang.

Oui, Barillé autant que ses dessins animés éducatifs peuvent mériter un timbre... Après tout, il y a trente ans que Canal+ diffusait ... la Vie à partir de janvier 1987 et septembre marquant les trente ans de sa diffusion sur la troisième chaîne publique. Et en avril 2018 ce sera les quarante ans de la diffusion de la première série historique Il était une fois... l'Homme

D'accord pour qu'un objet commercial apparaisse dans le programme de la Nâââtion avec son φ.

On regardera dans le vide si quelqu'un reproche que les timbres de promotion commerciale se multiplient : entreprises pluri-séculaires encore concurrentielles, séries de bandes dessinées vendues en librairie,...

Fi de tout cela ! Répétons ensemble : philatélie, Francophonie, éducation, anniversaire.

...

Sauf que le timbre est moche. Pas graphiquement. Moralement : il promeut le lancement de la publicité timbrifiée du site web avec trois des personnages principaux se coiffant, parfumant et maquillant pour le tournage du spot publicitaire.
Oh ! Les timbres aux personnages historiques avec surtaxe au profit de la trésorerie de La Poste (scan du catalogue de Phil@poste via le fil Twitter d'un de ses destinataires).
Vous restez réellement nostalgiques malgré tout ?

Achetez les coffrets de DVD des séries.

... ? ...

Ah ? Vous voulez votre nostalgie sur timbre tout de même.

Sortez un billet de dix euros et tournez-vous vers le carnet pré-personnalisé - ou Collector en français commercial - de dix personnages d'Il était une fois... la Vie au tarif lettre verte plus deux euros cinquante centimes pour votre plaisir...


... et peu de recherche graphique : les mentions et graphismes de sécurité des timbres personnalisés devant être rentabilisés depuis...

... cherche, cherche...

Tiens donc ! Ce carnet peut même être une excuse pour marquer les dix ans du site Montimbramoi de personnalisation sur le timbre des timbres-poste, et non plus la personnalisation d'une vignette tenant au timbre.

Un collector-surprise le vingt-neuf octobre prochain ?

Note du vendredi huit septembre 2017 :
Sinon pour relativiser, la poste portugaise émet des timbres sur les films Star Wars tandis que la Royal Mail britannique se tourne vers les personnages secondaire en octobre prochain, après avoir timbrifié les personnages principaux en 2015.

vendredi 25 août 2017

Avancée et obstacle sur la démonétisation de la société indienne

Le mardi huit novembre 2016, à vingt heures locales, le Premier Ministre indien Narendra Modi annonçait la démonétisation surprise et massive des deux plus fortes valeurs faciales de billets, les cinq cents et mille roupies. Officiellement pour lutter contre les activités non déclarées/non taxée ou illicites. Avec promesse d'une prompte arrivée de nouveaux billets de deux mille et cinq cents roupies...

Les conséquences sur la vie quotidienne avaient duré de longues semaines pour les Indiens des villes comme ceux de la campagne, heurtant leurs habitudes depuis la gestion du foyer pour les épouses jusqu'au financement des mariages. Les files d'attente et les tourments des agriculteurs avaient alors incité les médias du pays et du monde à s'interroger sur la capacité d'une société à se passer de pièces et de billets.

J'avais arrêté de suivre les conséquences au jour le jour en décembre puisqu'il y avait deux issues possibles : soit le désaveu du Premier Ministre face à des acteurs économiques sociaux paralysés, soit le retour à une forme de normalité. C'est ce qui semble être advenu : le paiement par l'intermédiaire des téléphones portables, transformés en carte bancaire à puces d'une part, l'autorisation des billets démonétisés pour certains achats liés au transport et au paiement des impôts, l'adaptation des autorités aux habitudes abancaires des paysans ont permis le passage de l'obstacle.
Le nouveau billet de deux cents roupies émis fin août 2017 (Reserve Bank of India).
En cette deuxième moitié de mois d'août 2017, les nouveaux billets de cinquante roupies et de deux cents roupies ont été mis en circulation.

L'impression de plusieurs millions de ces billets a entraîné l'arrêt de l'impression des billets de deux mille roupies depuis février, ce qui a entraîné l'idée d'une nouvelle démonétisation visant les billets à forte valeur de la part de Dinesh Unnikrishnan pour le journal First Post, le vingt-six juillet.

D'après lui, pour lutter contre les revenus dissimulés sans gêner l'homme honnête, seuls les billets de faible valeur sont utiles pour les achats du quotidien. Le reste à payer par des moyens électroniques, donc traçables.

Justement, un des plans du gouvernement en novembre-décembre 2016 a été d'annoncer que chaque Indien aurait un compte bancaire, en passant s'il le fallait par l'identifiant unique : le Aadhaar, un numéro de douze chiffres, équivalent du numéro de sécurité sociale en France.

En effet, ce numéro unique permettrait d'être sûr de la personne qui crée un compte bancaire, permettant à la police et à la justice de savoir, en cas d'enquête, quels comptes possèdent cette personne, quels transferts entrants et sortants...

Et là, hier jeudi vingt-quatre août, la Cour suprême indienne a mis le hola : utiliser ce numéro pour permettre l'ensemble de ces échanges monétaires et financiers, est-ce un risque pour la vie privée ? Oui pour les juges qui ont affirmé que ce droit à la vie privée était essentiel quant l'avocat du gouvernement estimait que l'ordre public s'imposait.

À suivre...

mardi 22 août 2017

Oblitération pointilliste lisible en Malaisie

Que ce soit Royal Mail au Royaume-Uni, Postes Canada ou le Postal Service aux États-Unis, les oblitérations jet d'encre à petits points laissent bien souvent à désirer en termes de lisibilité du lieu et de la date d'impression, voire de la possibilité de comprendre le message de la flamme.
Timbre sur la faune de Malaisie et oblitération lisible de loin (ne cliquez pas !) du vingt-neuf juin 2017 (merci Hasbullah et Postcrossing).
Le point commun des trois pays anglo-saxons est de rentrer les informations postales dans un rectangle très allongé, rappelant peu le format traditionnel de l'oblitération.

Début juillet, j'ai reçu un exemple de Malaisie grâce à un échange en aveugle de Postcrossing : à points d'encre et au format cachet rond et flamme ondulée.

À distance normale de lecture, c'est agréable : marque du vingt-neuf juin 2017 à Pusat Mel Nacional, littéralement « centre national du courrier » en malais. Une recherche Google semble indiquer que c'est le nom du - notez le singulier - centre de tri national de la poste malaisienne, situé à Shah Alam, capitale de l'État de Selangor où se situe la capitale fédérale Kulua Lumpur.

Vue de près, c'est un petit peu flou car une des couches de points est décalée vers la gauche, mais la densité de points correctement placés limite les conséquences : une leçon pour les centres de tris des opérateurs cités en début d'article ?

jeudi 17 août 2017

Le programme des jeudis de la RPSL pour 2017-2018

Le programme des conférences et des expositions des jeudis de 2017-2018 a été récemment publié sur le site de la Royal Philatelic Society London.

Royaume-Uni, Empire et Commonwealth bien entendu, mais avec de nombreuses escapades outre-mer, ponctuées de quelques promenades maselisiennes.

Nouveau président belge de la Société, Patrick Maselis proposera, le huit février, une exposition sur l'ensemble de la « fin du catalogue » des timbres de Belgique : fiscaux, aériens, carnets, taxe, roulettes, timbres des postes locales et ferroviaires. Son rôle de président du Club de Monte-Carlo, réunissant des collectionneurs importants et des institutions - et organisateur de Monacophil, se verra avec une sélection des collections du Prince Albert II de Monaco, le dix-sept mai.

Les expositions de groupes seront nombreuses, invitant successivement la Deutscher Altbriefsammlung-Verein le douze octobre, le Belgian Congo Study Circle le vingt-six octobre, l'Académie russe de philatélie le vingt-cinq janvier, l'East Africa Study Circle le quinze février, les membres du Sud-Ouest anglais le dix-neuf avril.

L'Afrique ne sera donc pas contournée ; d'autant plus que, le onze janvier, le Français Maurice Haddida exposera l'histoire postale du Maroc de 1852 à 1925, faisant suite à ses articles conjoints avec le Gibraltarien Richard Garcia dans les récents numéros du London Philatelist.

L'Europe continentale sera complétée par un tour extérieur des Alpes avec une conférence le vingt-huit septembre de Jean Voruz sur le système postal du canton de Genève, une autre le vingt-deux février de Harald Lang sur l'émission d'Autriche-Hongrie de 1867, issu du compromis austro-hongrois, et une exposition le vingt-deux mars de Vittorio Morani sur l'histoire postale de Toscane.

L'Amérique centrale et caraïbe sera évoquée par l'histoire pré-philatélique du Salvador, une allocution de Guillermo Gallegos le neuf novembre, et une chronologie complète des îles Cayman par James Podger le trois mai.
La couverture de l'ouvrage de Bryan Kearsley (site de la Great Britain Philatelic Society).
Côté Royaume-Uni, deux grandes traditions seront étudiées : les entiers gaufrés de 1841 à 1973 exposées par Alan Huggins le vingt-trois novembre et les Seahorses, les fortes valeurs faciales de George V, par une conférence de Bryan Kearsley le cinq avril - douze ans après son livre Discovering Seahorses publié par la Great Britain Philatelic Society.

Que reste-t-il encore du programme ?

Avec les beaux jours, l'ensemble des membres va apparemment être invité à présenter sur le thème de la philatélie polaire le trente-et-un mai, puis pour une compétition « un cadre » estivale le douze juillet.

Et, apparaissent deux titres peu communs de conférences.

Pour la dernière de l'année 2017, Dane Garrod titre son discours du sept décembre de la célèbre citation, devenue expression courante : "Your Very Loving Madeline" (guillemets compris). Une thématique sur Proust ? Sur les souvenirs philatéliques de jeunesse ? Sur les desserts ?
Marcel Proust sur timbre de France de 1966 (via Phil-Ouest.com).
Pour la dernière du programme, Tim O'Connor propose « Le Docteur Franklin s'adressera aux Lords sur l'état de la Poste de Sa Majesté ». Une étude des activités à Londres du Maître des postes colonial nord-américain Benjamin Franklin ?

Les fascicules de présentation des expositions et des conférences sont publiés sur le site de la Royal Philatelic Society London (page Recent displays) ; les vidéos des conférences, diffusées en direct puis à la demande sur youTube, sont accessibles aux membres (à demander au secrétariat pour les non-membres).

mardi 15 août 2017

Occupations française et communiste au Royaume-Uni

Apprendre les langues par les timbres.
StampIT (littéralement, timbre-le) est l'atelier jeunesse de L'Association des sociétés philatéliques écossaises (ASPS).

Parmi les nombreuses activités et sessions que ses volontaires proposent aux écoles et autres organisations, figurent des jeux de plateau et cartes pour découvrir le vocabulaire des langues étrangères.
Le plateau du jeu de découverte du français, créé par StampIT de The Association of Scottish Philatelic Societies.
Après l'espagnol et le japonais, ce mois d'août 2017 voit la sortie de la version avec timbres de France. Chaque jeu peut se télécharger gratuitement sur le site de l'ASPS sous la forme d'un fichier compressé .zip ; il contient une notice explicative (rappelant qu'une version manufacturée peut être commandée), le plateau et les cartes-timbres.

Comprendre l'iconographie communiste par le billet de banque.
À partir du dix-sept octobre et jusqu'au dix-huit mars 2018, rapporte The Guardian hier lundi quatorze août, le British Museum de Londres va exposer une collection de billets de banque de pays communistes pour marquer le centenaire de la Révolution d'Octobre 1917 en Russie.

Cette exposition relaiera celle de la British Library qui se termine le mardi vingt-neuf août. Elle a présenté l'abondante littérature et iconographie de l'époque des deux révolutions russes et de la guerre civile qui s'ensuivit.
Billet de cent shillings somaliens de 1975, consacré exclusivement au travail des femmes : de l'allégorie multi-tâches à l'usine agro-alimentaire (image fournie par le British Museum via The Guardian).
Les billets yougoslave de 1955, somalien de 1975 et chinois de 1980 permettent déjà de voir ce que l'État veut montrer du communisme et ce qu'il souhaite de son peuple - jusqu'à susciter l'ironie du conservateur Tom Hockenhull. En effet, la femme somalienne doit tout à l'État : le défendre au fusil-mitrailleur, nourrir avec une bêche, produire avec la pelle, le tout avec le bébé en bandouillère !

Espérons que les notices seront plus factuelles et que la lecture ne sera pas que la critique capitaliste ultralibérale du communisme.

Une grande partie des billets exposés appartiennent aux collections du British Museum qui compte également une collection de cartes postales, elles aussi étudiées avec la distance critique de ce que veut montrer son créateur, son éditeur et finalement son expéditeur.

Les collectionneurs de timbres, de billets et de monnaie, ou intéressés par les graveurs ont intérêt à visiter le musée londonien - malgré les masses touristiques des voyages organisés, quelques noms connus de nos disciplines y ont leur place.

samedi 12 août 2017

Aucune trêve aoûtienne en Philatélie française

Tandis qu'en Europe de l'Ouest, la météo change constamment, passant d'un épisode Lucifer à de grands vents frais, voire des pluies traditionnelles chez les Britanniques - pas une critique négative, j'adore ce temps pour me reposer du climat méditerranéen l'été, les collectionneurs de timbres, les philatélistes et les services philatéliques et postaux continuent leur activité sans trêve.

Du trois au sept août : des médailles indonésiennes pour les jeunes philatélistes français.
À l'exposition internationale de Bandung, en Indonésie, la délégation française est repartie avec des médailles de belles couleurs : deux d'argent, trois de grand argent et quatre de vermeil en classes thématique et ouverte avec de la faune, des sports, mais aussi de grands repères historique (la Grande Guerre), géographique (New York), civique (le président de la République) ou familiaux (les jeux de société).

Et jusqu'au Grand Vermeil, prix spécial et meilleure collection jeunesse pour Tanguy Pron avec, en philatélie traditionnelle, la série des Coqs de Decaris.

À Bandung, a eu également lieu le congrès de la Fédération inter-asiatique de philatélie qui a choisi le lieu de son exposition de mars 2020 : Auckland en Nouvelle-Zélande d'après la nouvelle délivrée par un membre des forums StampBoards.com.

Le palmarès complet par ici avec beaucoup d'idées de collections sur des thèmes indonésiens et asiatiques, le palmarès français sur le site fédéral.

Quatre et cinq août : Oh, φl@πoste ! Et la trêve du mois d'août ?!!
Déjà que le programme des émissions de timbres-poste de France est long comme le bras d'une grue télécospique capable de poser le parafoudre d'un gratte-ciel émirati, et qu'il s'allonge au gré des demandes tardives ou macronistes : timbres Bazille pour une exposition de peinture presque finie ou Charcot pour aider l'animation d'une réunion philatélique, voilà que le service φl@télique français empiète sur la sacralité du mois d'août où rien ne doit se passer en France.
L'« intensité douce amère du chocolat », un des timbres de Cécile Gambini du carnet Le Goût, émis le samedi cinq août dernier (via Phil-Ouest.com).
Oh, un timbre sur le chocolat, magnifiquement décrit par l'illustratrice de livres jeunesse Cécile Gambini, dans sa version crue ou chocolat noir... Hmmm...

Et sans φ en plus !

...

Où est le piège ?

!!!

Non, mais non !!!

C'est quoi ces façons de faire ?! M'amadouer avec la « boisson des dieux » amérindiens - l'éléphant africain se marie néanmoins avec les médailles jeunesse évoquées à Bandung et Paris-Philex - pour me faire écrire des choses agréables sur les timbres actuels de France...

Aucun respect pour la trêve sans émission du mois d'août donc : Le Goût, un carnet de douze timbres autocollants à valeur d'usage Lettre verte (délivrance théorique en deux jours) émis le samedi cinq et un premier jour le vendredi jeudi trente-et-un pour les cinq cents ans du port et de la ville du Havre.

De toute façon, acheter des timbres de collection en août à Montpellier...

Lundi sept août : réouverture du bureau Préfecture à Montpellier.
Après quatre mois de travaux, le bureau historique à côté de la préfecture de l'Hérault a ouvert dans l'aménagement actuel des bureaux de L'Enseigne (le nom de la direction des bureaux à La Poste) : ouste et basta l'alignement de guichets polyvalent postaux et bancaires.

Désormais deux espaces carrés à chacune des entrées s'occupent exclusivement de l'un ou de l'autre, reliés par un couloir longeant les bureaux des conseillers financiers en rendez-vous. Côté postal, l'usager se dirige vers les machines à affranchir, la file des colis et recommandés à poster ou retirer, ou le guichet entreprise s'il est un professionnel inscrit.

Avantage vu dans mon bureau de quartier : si un des postiers en charge d'une de ces spécialisations est libre d'activité, il peut venir aider ses collègues. Inconvénient pour ceux qui ne connaissent pas ce système : ils ont une impression d'attendre longuement dans une seule file sans fin.

Petit inconvénient dont témoigne un membre de l'Association philatélique de Montpellier : si le bureau Préfecture, historiquement le guichet philatélique de la ville, a bien reçu le nouveau cachet oblitérant « Bureau philatélique », il semble qu'au milieu des travaux de reconditionnement de l'espace d'accueil, la relance des ventes philatéliques n'a pas encore été adressée.

Félicitons encore les postiers de Montpellier Préfecture, réels amis de la Philatélie, et qui respectent la quiétude φl@télique du mois d'août. Je promets : aucune ironie dans cette phrase.

Note : les collectionneurs de nouveautés doivent pouvoir encore se fournir aux deux bureaux qui ont relayé Préfecture pendant les travaux.

Mercredi huit et jeudi neuf : Séb à Perpignan.
Un jour et demi de pause venteuse dans la capitale de la Catalogne française et des éphémères rois de Majorque - et sans philatélie, donc je ne sais si le bureau principal de Perpignan est déjà équipé « Bureau philatélique ».
L'oblitération ROC, le point culminant de la promotion touristique depuis la disparition des flammes il y a dix ans... sauf à Monaco, Andorre et, parfois, en Corse.
L'histoire de la ville-frontière géopolitique rend la visite urbaine du centre passionnante : outre la maquette de Perpignan en ses remparts sous la porte Notre-Dame au Castillet, ne pas hésiter à visiter tous les musées et maisons ouvertes pour découvrir comment Perpignan a été embastionné jusqu'à sa véritable libération début vingtième.

Habitué au Montpellier très français : immeubles de pierre et béton clairs, Perpignan m'a évoqué une version Art déco des vieilles façades colorées de la Côte d'Azur anciennement italienne.

La notice de l'ancien évêché (et auparavant académie militaire) et le musée Hyacinthe-Rigaud - rouvert avec une passionnante exposition temporaire sur Pablo Picasso à Perpignan dans le contexte de ses mariages - racontent comment les nouvelles autorités françaises ont intégré les notables catalans à la société française dans les décennies suivant le traité des Pyrénées. Et comment un peintre perpignanais a posé sur la toile l'image du roi absolu pour la postérité.

Côté histoire postale, le petit bureau de la place de la République m'a dépanné de timbres de distributeur, ayant oublié mes vieux timbres, mais l'oblitération comme prévue est d'une tristesse ROCienne : 42618A-01...

lundi 7 août 2017

Faut-il altérer le timbre pour lui donner de la valeur ?

Voilà un possible sujet de l'épreuve de philosophie du baccalauréat français dès que la philatélie aura été ajoutée au programme scolaire de terminale.

Faut-il altérer le timbre pour lui donner de la valeur ?


L'introduction interrogera les définitions des termes altérer et valeur, et de là, retrouver des exemples probants des diverses situations trouvées.

À un extrême qui est le point de départ du sujet, conserver la feuille de timbres neuves, gomme d'origine, sans aucune trace de charnière possède une forte valeur sentimentale, esthétique et patrimoniale à son propriétaire - sauf si c'est un marchand pour lequel cette feuille pèse financièrement dans son stock, jusqu'à ce que d'autres collectionneurs signalent qu'ils souhaitent reconnaître les deux premières, mais pour acheter la dite feuille considérerons une plus modeste valeur chiffrée...
La couverture du livre de James Barron sur le One Cent magenta (via amazon.fr).
À l'autre extrême, il y a le cas légendaire de l'industriel états-unien Arthur Hind qui aurait brûlé un second exemplaire du One Cent magenta du Guyana britannique afin de posséder un exemplaire unique et dont inestimable - comprendre un chiffre fois dix puissance incroyable de dollars à chaque vente aux enchères. La source du brûlement est rappelée par James Barron dans son livre The Once-Cent Magenta, récemment publié - et cité dans le numéro daté août 2017 de Stamp Magazine : le récit du seul autre acteur de la scène, devenu depuis quelques instants l'ancien propriétaire de l'exemplaire brûlé, et qu'il envoya à une publication philatélique de Virginie en 1938.

Entre les deux, le débat commun est les intérêts de collectionner les timbres neufs ou oblitérés, de l'aspect de cette oblitération : du killer cancel au cachet à date bien rond. De là, oblitéré certes, mais décollé ou sur pli ? Sur pièce de correspondance : quelle valeur accorder à l'histoire de l'expéditeur et du destinataire ? À celle des entreprises et pays traversés pendant le cheminement postal ?

Et arrive, en dernière partie, les aléas des service postal et philatélique. Service postal : quelle valeur accordée au choix de l'expéditeur belge de laisser ou de détacher la vignette « Ne pas livrer le dimanche » sous le timbre-poste ? Un bon catholique ? Un courrier suffisamment urgent pour détacher la vignette ? Cela nuit à sa valeur quand le service philatélique plie ou découpe les marges des feuillets commémoratifs pour les faire rentrer dans leur matériel d'expédition.

Que le commerce philatélique démultiplie sous prétexte de prouesses de design ou d'imprimerie - et souci de valoriser les revenus philatéliques au sein du budget de groupes postaux en manque de courrier à délivrer.

Quelle valeur - autre que le revenu du service philatélique - ces timbres en matières variées ont ? Promotion d'un artisanat, d'une filière nationale. Promotion des timbres du pays dans la presse philatélique. Promotion du pays entier si les journaux internationaux sont attirés.

Revenons à l'échelle individuelle des acheteurs de ces timbres. Souvenez-vous des timbres néerlandais de 2007 sur lesquels avaient été emprisonnés des graines de fleurs : faut-il les conserver, stériles, dans un album ? Ou les planter pour réaliser un de leurs buts non postaux ? Ou, conservés par le collectionneur, celui-ci a-t-il eu l'idée de se procurer d'autres graines et les planter, ayant eu une prise de conscience par cette émission ?
Le premier timbre-origami du monde d'après la poste espagnole.
Revenons au pliage : quelles quantités d'encre a coulé sur les timbres ayant subi de malheureuses pliures... Le lundi dix-sept juillet 2017, Correos, la poste espagnole, a émis un feuillet d'un timbre de quatre euros trente-cinq centimes, avec comme légende un plan d'origami pour transformer le timbre en cocotte.

Nouveau dilemme du collectionneur : combien d'exemplaires conserver ? Deux : un tel quel, un plié. Trois ou quatre : avec plié et oblitéré sur demande, et plié et oblitéré sur pli... Au centre de tri et dans les catalogues de cotation : combien d'illustrations a ce timbre ? Une seule ou deux avec la version pliée ? Et le destinataire du feuillet collé oblitéré : appréciera-t-il l'oblitération sur sa cocotte ?

Est-ce du service postal ? Un encouragement aux activités créatives ? Aux débats philosophiques sur l'intérêt du timbre-poste au début du vingt-et-unième siècle ? Y aura-t-il une conclusion heureuse ?