lundi 18 septembre 2017

Du timbre ou du récit : premières liaisons aériennes régulières britanniques et australiennes

À partir des archives de la poste britannique, Richard West a proposé aux lecteurs du numéro daté août 2017 de Stamp Magazine de découvrir à quoi auraient pu ressemblé les timbres de poste aérienne du Royaume-Uni.

En novembre 1921, le magazine du Royal Aero Club regrettant le manque de promotion affirmée du service aérien postal suggérait l'idée d'un timbre spécifique.
Les projets britanniques de 1922 (via Stamp Magazine).
Finalement, l'imprimerie Bradbury, Wilkinson and Co. proposa sept maquettes légendés "British Air Mail" : certaines cadrant un pilote dans le cockpit grand ouvert des premiers avions, d'autres un avion au-dessus des falaises de la Manche ou de paysages survolés. Les visiteurs de l'Exposition philatélique britannique de 1984 purent voir les deux illustrés ci-dessus sur un souvenir.

Néanmoins, les premiers arguments du Greater Post Office perdurèrent, principalement : le coût de fournir tous les bureaux de ces timbres, l'impossibilité d'empêcher leur usage sur courrier terrestre et l'usage des autres timbres sur courrier aérien.

Dans les années 1930, les ministres des postes et de l'air allèrent jusqu'à accuser les postes étrangères émettant des timbres de poste aérienne d'avoir trouvé une nouvelle occasion d'émettre quelque chose pour le vendre aux collectionneurs...

Resteront quelques timbres de transporteurs aériens privés.

Il faut donc se rendre dans les colonies et dominions pour retrouver des timbres de service aérien, comme l'illustrent deux enveloppes d'un long article-récit de Raymond Todd et Brian Pope sur l'établissement de la route aérienne entre Perth et Adelaide, publié dans le numéro d'octobre 2016 du London Philatelist.

Un récit prenant et détaillé , inspiré d'une recherche dans les archives du gouvernement australien et de la presse de l'époque, raconte comment les obstacles administratifs (besoin d'accord entre ministères différents) et techniques furent surmontés en 1927 et 1928, mais comment les météorologiques ont gêné lors du premier aller-retour début juin 1929.

L'idée rappelle la course du courrier britannique à travers l'Europe en diligence, puis en train de Londres pour rattraper les navires pour les Indes et gagner quelques jours de décision, rédaction et expédition.

Ici, le but était que le courrier européen parvienne aux métropoles australiennes de la côté orientale bien avant le paquebot faisant escale à Perth en Australie-Occidentale. Ou l'y rejoigne lors de cette dernière escale avant la grande traversée.

Pour les collectionneurs et les historiens postaux, savant calculateur de tarifs postaux, l'étape aérienne australienne optionnelle s'ajoute au tarif pour l'Australie, avant qu'un tarif simplifié soit établi en 1935.

Le trois septembre 2016, Jérome Castanet a présenté à l'Académie de philatélie une carte postale française pour Sydney demandant un passage par les Indes néerlandaises et la voie Perth-Adelaide. Une collection illustre cette étape du développement du transport aérien du courrier du point de vue néo-zélandais sur le site New Zealand Stamp Images.

dimanche 10 septembre 2017

Initiation à repérer les faux dans Gibbons Stamp Monthly

Dans le numéro daté septembre 2017, le mensuel britannique Gibbons Stamp Monthly propose deux articles complets sur les falsifications philatéliques, en plus des remarques ponctuelles dans les articles spécialisés.

Dickon Pollard du marchand Murray Payne rappelle l'ancienneté des fraudes concernant les timbres du règne du Roi George VI et leur extension géographique à tout l'Empire. Un texte entre conseils de prudence (méfiance face au bas prix, fuite devant le vendeur refusant une expertise, vérification des marques postales de Madame Joseph,...) et anecdotes effarantes sur les pratiques d'une minorité de marchands et de vendeurs.

Plus près de notre époque, Edward Klempka présente quelques-uns des nombreux et multiples faux du type Machin avec ses actuels éléments de sécurité... et propose des raisons pour lesquelles ils finissent sur du courrier qui parvient aux destinataires : la dilution du système de vente des timbres-poste et les manquements de Royal Mail sur les oblitérations notamment.

Heureusement, pour les falsifications les plus ressemblantes, il semble rester une preuve ultime : Klempka n'a trouvé aucun timbre faux dont les barres phosphorescentes brillent encore après arrêt de l'exposition à une lumière ultra-violette.

Et le lendemain, lundi onze, avec la fin de la lecture...

Le numéro remonte même à un des pionniers de la philatélie scientifique ou analytique et de la description des faux : Michael Peach raconte l'histoire de la dynastie des Pemberton.

Le patriarche, Edward Loines Pemberton (1844-1878), s'illustra ainsi dès l'âge de dix-sept ans comme un philatéliste accompli et un marchand de timbres de Birmingham. En 1863, Thornton Lewes et lui rédigèrent des articles compilés dans l'ouvrage Forged Stamps: How to Detect Them, alors un des premiers sur ce thème.

Son rôle précurseur lui vaut d'être considéré comme un des « Pères de la philatélie » sur les piliers encadrant la première page du Roll of Distinguished Philatelists en 1921.

La lutte contre les faux, une vieille histoire.

Sur BBC One, le jeudi vingt-et-un septembre 2017 :
L'émission d'avertissement des consommateurs contre la contre-façon Fake Britain a diffusé un reportage (quatrième épisode de sa huitième saison) sur l'ampleur colossale de la vente de faux timbres d'usage courant au Royaume-Uni. Y est notamment interrogé Hugh Jefferies, le rédacteur en chef du catalogue Stanley Gibbons, qui effectue la démonstration de Edward Klempka avec une lampe à ultra-violet.

Petit problème, la qualité générale de réalisation rend cette démonstration difficile à effectuer par le consommateur chez un buraliste ou une épicerie, même s'il ne souhaite pas aider les délinquants que ce trafic enrichit.

samedi 2 septembre 2017

Payer plus pour avoir le vrai timbre de France

Billet d'humeur

Lors des émissions spéciales de Paris-Philex en mai 2016, j'ai été choqué de la réémission avec fortes valeurs ajoutées faciales des timbres du championnat d'Europe de football et de Saint-Valentin dans des versions plus complètes (pour les gadgets du premier) voire plus belles et adaptées (en couleurs au lieu de gris pour le second).

L'excuse que j'imaginai : un moyen de rentabiliser la location et le montage d'un immense espace de vente qui assure l'équilibre financier d'un salon-exposition philatélique.

Ne suivant que de très loin les nouvelles émissions de φl@πoste, m'effarant de temps en temps de la longueur des listes dans Timbres magazine ou du nombre de pages nécessaires au catalogue du service φl@télique, je ne sais pas si cette technique de vente a été employée de nouveau hors-Salon de l'été 2016 à l'été 2017.
« La vie, la vie, la vie... »... Ah, bé non : ce sera la thématique Maquillage de plateau de cinéma (via Phil-Ouest.com).
Mais, là, une émission suscite à la fois mon intérêt d'enfant et ma suspicion φl@télique : Hello Maestro !.

Tel quel, sans recherche : inconnu au bataillon.

Avec Google, vous trouvez que c'est la marque commerciale sur internet d'un bien culturel francophone bien plus célèbre : les séries animées Il était une fois... d'Albert Barillé (1920-2009) et de sa société de production Procidis.

Maestro étant le personnage du vieux sage, conteur dans les séries historiques, se démultipliant dans Il était une fois... la Vie pour former les jeunes neurones du cerveau, les globules rouges du sang.

Oui, Barillé autant que ses dessins animés éducatifs peuvent mériter un timbre... Après tout, il y a trente ans que Canal+ diffusait ... la Vie à partir de janvier 1987 et septembre marquant les trente ans de sa diffusion sur la troisième chaîne publique. Et en avril 2018 ce sera les quarante ans de la diffusion de la première série historique Il était une fois... l'Homme

D'accord pour qu'un objet commercial apparaisse dans le programme de la Nâââtion avec son φ.

On regardera dans le vide si quelqu'un reproche que les timbres de promotion commerciale se multiplient : entreprises pluri-séculaires encore concurrentielles, séries de bandes dessinées vendues en librairie,...

Fi de tout cela ! Répétons ensemble : philatélie, Francophonie, éducation, anniversaire.

...

Sauf que le timbre est moche. Pas graphiquement. Moralement : il promeut le lancement de la publicité timbrifiée du site web avec trois des personnages principaux se coiffant, parfumant et maquillant pour le tournage du spot publicitaire.
Oh ! Les timbres aux personnages historiques avec surtaxe au profit de la trésorerie de La Poste (scan du catalogue de Phil@poste via le fil Twitter d'un de ses destinataires).
Vous restez réellement nostalgiques malgré tout ?

Achetez les coffrets de DVD des séries.

... ? ...

Ah ? Vous voulez votre nostalgie sur timbre tout de même.

Sortez un billet de dix euros et tournez-vous vers le carnet pré-personnalisé - ou Collector en français commercial - de dix personnages d'Il était une fois... la Vie au tarif lettre verte plus deux euros cinquante centimes pour votre plaisir...


... et peu de recherche graphique : les mentions et graphismes de sécurité des timbres personnalisés devant être rentabilisés depuis...

... cherche, cherche...

Tiens donc ! Ce carnet peut même être une excuse pour marquer les dix ans du site Montimbramoi de personnalisation sur le timbre des timbres-poste, et non plus la personnalisation d'une vignette tenant au timbre.

Un collector-surprise le vingt-neuf octobre prochain ?

Note du vendredi huit septembre 2017 :
Sinon pour relativiser, la poste portugaise émet des timbres sur les films Star Wars tandis que la Royal Mail britannique se tourne vers les personnages secondaire en octobre prochain, après avoir timbrifié les personnages principaux en 2015.

vendredi 25 août 2017

Avancée et obstacle sur la démonétisation de la société indienne

Le mardi huit novembre 2016, à vingt heures locales, le Premier Ministre indien Narendra Modi annonçait la démonétisation surprise et massive des deux plus fortes valeurs faciales de billets, les cinq cents et mille roupies. Officiellement pour lutter contre les activités non déclarées/non taxée ou illicites. Avec promesse d'une prompte arrivée de nouveaux billets de deux mille et cinq cents roupies...

Les conséquences sur la vie quotidienne avaient duré de longues semaines pour les Indiens des villes comme ceux de la campagne, heurtant leurs habitudes depuis la gestion du foyer pour les épouses jusqu'au financement des mariages. Les files d'attente et les tourments des agriculteurs avaient alors incité les médias du pays et du monde à s'interroger sur la capacité d'une société à se passer de pièces et de billets.

J'avais arrêté de suivre les conséquences au jour le jour en décembre puisqu'il y avait deux issues possibles : soit le désaveu du Premier Ministre face à des acteurs économiques sociaux paralysés, soit le retour à une forme de normalité. C'est ce qui semble être advenu : le paiement par l'intermédiaire des téléphones portables, transformés en carte bancaire à puces d'une part, l'autorisation des billets démonétisés pour certains achats liés au transport et au paiement des impôts, l'adaptation des autorités aux habitudes abancaires des paysans ont permis le passage de l'obstacle.
Le nouveau billet de deux cents roupies émis fin août 2017 (Reserve Bank of India).
En cette deuxième moitié de mois d'août 2017, les nouveaux billets de cinquante roupies et de deux cents roupies ont été mis en circulation.

L'impression de plusieurs millions de ces billets a entraîné l'arrêt de l'impression des billets de deux mille roupies depuis février, ce qui a entraîné l'idée d'une nouvelle démonétisation visant les billets à forte valeur de la part de Dinesh Unnikrishnan pour le journal First Post, le vingt-six juillet.

D'après lui, pour lutter contre les revenus dissimulés sans gêner l'homme honnête, seuls les billets de faible valeur sont utiles pour les achats du quotidien. Le reste à payer par des moyens électroniques, donc traçables.

Justement, un des plans du gouvernement en novembre-décembre 2016 a été d'annoncer que chaque Indien aurait un compte bancaire, en passant s'il le fallait par l'identifiant unique : le Aadhaar, un numéro de douze chiffres, équivalent du numéro de sécurité sociale en France.

En effet, ce numéro unique permettrait d'être sûr de la personne qui crée un compte bancaire, permettant à la police et à la justice de savoir, en cas d'enquête, quels comptes possèdent cette personne, quels transferts entrants et sortants...

Et là, hier jeudi vingt-quatre août, la Cour suprême indienne a mis le hola : utiliser ce numéro pour permettre l'ensemble de ces échanges monétaires et financiers, est-ce un risque pour la vie privée ? Oui pour les juges qui ont affirmé que ce droit à la vie privée était essentiel quant l'avocat du gouvernement estimait que l'ordre public s'imposait.

À suivre...

mardi 22 août 2017

Oblitération pointilliste lisible en Malaisie

Que ce soit Royal Mail au Royaume-Uni, Postes Canada ou le Postal Service aux États-Unis, les oblitérations jet d'encre à petits points laissent bien souvent à désirer en termes de lisibilité du lieu et de la date d'impression, voire de la possibilité de comprendre le message de la flamme.
Timbre sur la faune de Malaisie et oblitération lisible de loin (ne cliquez pas !) du vingt-neuf juin 2017 (merci Hasbullah et Postcrossing).
Le point commun des trois pays anglo-saxons est de rentrer les informations postales dans un rectangle très allongé, rappelant peu le format traditionnel de l'oblitération.

Début juillet, j'ai reçu un exemple de Malaisie grâce à un échange en aveugle de Postcrossing : à points d'encre et au format cachet rond et flamme ondulée.

À distance normale de lecture, c'est agréable : marque du vingt-neuf juin 2017 à Pusat Mel Nacional, littéralement « centre national du courrier » en malais. Une recherche Google semble indiquer que c'est le nom du - notez le singulier - centre de tri national de la poste malaisienne, situé à Shah Alam, capitale de l'État de Selangor où se situe la capitale fédérale Kulua Lumpur.

Vue de près, c'est un petit peu flou car une des couches de points est décalée vers la gauche, mais la densité de points correctement placés limite les conséquences : une leçon pour les centres de tris des opérateurs cités en début d'article ?

jeudi 17 août 2017

Le programme des jeudis de la RPSL pour 2017-2018

Le programme des conférences et des expositions des jeudis de 2017-2018 a été récemment publié sur le site de la Royal Philatelic Society London.

Royaume-Uni, Empire et Commonwealth bien entendu, mais avec de nombreuses escapades outre-mer, ponctuées de quelques promenades maselisiennes.

Nouveau président belge de la Société, Patrick Maselis proposera, le huit février, une exposition sur l'ensemble de la « fin du catalogue » des timbres de Belgique : fiscaux, aériens, carnets, taxe, roulettes, timbres des postes locales et ferroviaires. Son rôle de président du Club de Monte-Carlo, réunissant des collectionneurs importants et des institutions - et organisateur de Monacophil, se verra avec une sélection des collections du Prince Albert II de Monaco, le dix-sept mai.

Les expositions de groupes seront nombreuses, invitant successivement la Deutscher Altbriefsammlung-Verein le douze octobre, le Belgian Congo Study Circle le vingt-six octobre, l'Académie russe de philatélie le vingt-cinq janvier, l'East Africa Study Circle le quinze février, les membres du Sud-Ouest anglais le dix-neuf avril.

L'Afrique ne sera donc pas contournée ; d'autant plus que, le onze janvier, le Français Maurice Haddida exposera l'histoire postale du Maroc de 1852 à 1925, faisant suite à ses articles conjoints avec le Gibraltarien Richard Garcia dans les récents numéros du London Philatelist.

L'Europe continentale sera complétée par un tour extérieur des Alpes avec une conférence le vingt-huit septembre de Jean Voruz sur le système postal du canton de Genève, une autre le vingt-deux février de Harald Lang sur l'émission d'Autriche-Hongrie de 1867, issu du compromis austro-hongrois, et une exposition le vingt-deux mars de Vittorio Morani sur l'histoire postale de Toscane.

L'Amérique centrale et caraïbe sera évoquée par l'histoire pré-philatélique du Salvador, une allocution de Guillermo Gallegos le neuf novembre, et une chronologie complète des îles Cayman par James Podger le trois mai.
La couverture de l'ouvrage de Bryan Kearsley (site de la Great Britain Philatelic Society).
Côté Royaume-Uni, deux grandes traditions seront étudiées : les entiers gaufrés de 1841 à 1973 exposées par Alan Huggins le vingt-trois novembre et les Seahorses, les fortes valeurs faciales de George V, par une conférence de Bryan Kearsley le cinq avril - douze ans après son livre Discovering Seahorses publié par la Great Britain Philatelic Society.

Que reste-t-il encore du programme ?

Avec les beaux jours, l'ensemble des membres va apparemment être invité à présenter sur le thème de la philatélie polaire le trente-et-un mai, puis pour une compétition « un cadre » estivale le douze juillet.

Et, apparaissent deux titres peu communs de conférences.

Pour la dernière de l'année 2017, Dane Garrod titre son discours du sept décembre de la célèbre citation, devenue expression courante : "Your Very Loving Madeline" (guillemets compris). Une thématique sur Proust ? Sur les souvenirs philatéliques de jeunesse ? Sur les desserts ?
Marcel Proust sur timbre de France de 1966 (via Phil-Ouest.com).
Pour la dernière du programme, Tim O'Connor propose « Le Docteur Franklin s'adressera aux Lords sur l'état de la Poste de Sa Majesté ». Une étude des activités à Londres du Maître des postes colonial nord-américain Benjamin Franklin ?

Les fascicules de présentation des expositions et des conférences sont publiés sur le site de la Royal Philatelic Society London (page Recent displays) ; les vidéos des conférences, diffusées en direct puis à la demande sur youTube, sont accessibles aux membres (à demander au secrétariat pour les non-membres).

mardi 15 août 2017

Occupations française et communiste au Royaume-Uni

Apprendre les langues par les timbres.
StampIT (littéralement, timbre-le) est l'atelier jeunesse de L'Association des sociétés philatéliques écossaises (ASPS).

Parmi les nombreuses activités et sessions que ses volontaires proposent aux écoles et autres organisations, figurent des jeux de plateau et cartes pour découvrir le vocabulaire des langues étrangères.
Le plateau du jeu de découverte du français, créé par StampIT de The Association of Scottish Philatelic Societies.
Après l'espagnol et le japonais, ce mois d'août 2017 voit la sortie de la version avec timbres de France. Chaque jeu peut se télécharger gratuitement sur le site de l'ASPS sous la forme d'un fichier compressé .zip ; il contient une notice explicative (rappelant qu'une version manufacturée peut être commandée), le plateau et les cartes-timbres.

Comprendre l'iconographie communiste par le billet de banque.
À partir du dix-sept octobre et jusqu'au dix-huit mars 2018, rapporte The Guardian hier lundi quatorze août, le British Museum de Londres va exposer une collection de billets de banque de pays communistes pour marquer le centenaire de la Révolution d'Octobre 1917 en Russie.

Cette exposition relaiera celle de la British Library qui se termine le mardi vingt-neuf août. Elle a présenté l'abondante littérature et iconographie de l'époque des deux révolutions russes et de la guerre civile qui s'ensuivit.
Billet de cent shillings somaliens de 1975, consacré exclusivement au travail des femmes : de l'allégorie multi-tâches à l'usine agro-alimentaire (image fournie par le British Museum via The Guardian).
Les billets yougoslave de 1955, somalien de 1975 et chinois de 1980 permettent déjà de voir ce que l'État veut montrer du communisme et ce qu'il souhaite de son peuple - jusqu'à susciter l'ironie du conservateur Tom Hockenhull. En effet, la femme somalienne doit tout à l'État : le défendre au fusil-mitrailleur, nourrir avec une bêche, produire avec la pelle, le tout avec le bébé en bandouillère !

Espérons que les notices seront plus factuelles et que la lecture ne sera pas que la critique capitaliste ultralibérale du communisme.

Une grande partie des billets exposés appartiennent aux collections du British Museum qui compte également une collection de cartes postales, elles aussi étudiées avec la distance critique de ce que veut montrer son créateur, son éditeur et finalement son expéditeur.

Les collectionneurs de timbres, de billets et de monnaie, ou intéressés par les graveurs ont intérêt à visiter le musée londonien - malgré les masses touristiques des voyages organisés, quelques noms connus de nos disciplines y ont leur place.

samedi 12 août 2017

Aucune trêve aoûtienne en Philatélie française

Tandis qu'en Europe de l'Ouest, la météo change constamment, passant d'un épisode Lucifer à de grands vents frais, voire des pluies traditionnelles chez les Britanniques - pas une critique négative, j'adore ce temps pour me reposer du climat méditerranéen l'été, les collectionneurs de timbres, les philatélistes et les services philatéliques et postaux continuent leur activité sans trêve.

Du trois au sept août : des médailles indonésiennes pour les jeunes philatélistes français.
À l'exposition internationale de Bandung, en Indonésie, la délégation française est repartie avec des médailles de belles couleurs : deux d'argent, trois de grand argent et quatre de vermeil en classes thématique et ouverte avec de la faune, des sports, mais aussi de grands repères historique (la Grande Guerre), géographique (New York), civique (le président de la République) ou familiaux (les jeux de société).

Et jusqu'au Grand Vermeil, prix spécial et meilleure collection jeunesse pour Tanguy Pron avec, en philatélie traditionnelle, la série des Coqs de Decaris.

À Bandung, a eu également lieu le congrès de la Fédération inter-asiatique de philatélie qui a choisi le lieu de son exposition de mars 2020 : Auckland en Nouvelle-Zélande d'après la nouvelle délivrée par un membre des forums StampBoards.com.

Le palmarès complet par ici avec beaucoup d'idées de collections sur des thèmes indonésiens et asiatiques, le palmarès français sur le site fédéral.

Quatre et cinq août : Oh, φl@πoste ! Et la trêve du mois d'août ?!!
Déjà que le programme des émissions de timbres-poste de France est long comme le bras d'une grue télécospique capable de poser le parafoudre d'un gratte-ciel émirati, et qu'il s'allonge au gré des demandes tardives ou macronistes : timbres Bazille pour une exposition de peinture presque finie ou Charcot pour aider l'animation d'une réunion philatélique, voilà que le service φl@télique français empiète sur la sacralité du mois d'août où rien ne doit se passer en France.
L'« intensité douce amère du chocolat », un des timbres de Cécile Gambini du carnet Le Goût, émis le samedi cinq août dernier (via Phil-Ouest.com).
Oh, un timbre sur le chocolat, magnifiquement décrit par l'illustratrice de livres jeunesse Cécile Gambini, dans sa version crue ou chocolat noir... Hmmm...

Et sans φ en plus !

...

Où est le piège ?

!!!

Non, mais non !!!

C'est quoi ces façons de faire ?! M'amadouer avec la « boisson des dieux » amérindiens - l'éléphant africain se marie néanmoins avec les médailles jeunesse évoquées à Bandung et Paris-Philex - pour me faire écrire des choses agréables sur les timbres actuels de France...

Aucun respect pour la trêve sans émission du mois d'août donc : Le Goût, un carnet de douze timbres autocollants à valeur d'usage Lettre verte (délivrance théorique en deux jours) émis le samedi cinq et un premier jour le vendredi jeudi trente-et-un pour les cinq cents ans du port et de la ville du Havre.

De toute façon, acheter des timbres de collection en août à Montpellier...

Lundi sept août : réouverture du bureau Préfecture à Montpellier.
Après quatre mois de travaux, le bureau historique à côté de la préfecture de l'Hérault a ouvert dans l'aménagement actuel des bureaux de L'Enseigne (le nom de la direction des bureaux à La Poste) : ouste et basta l'alignement de guichets polyvalent postaux et bancaires.

Désormais deux espaces carrés à chacune des entrées s'occupent exclusivement de l'un ou de l'autre, reliés par un couloir longeant les bureaux des conseillers financiers en rendez-vous. Côté postal, l'usager se dirige vers les machines à affranchir, la file des colis et recommandés à poster ou retirer, ou le guichet entreprise s'il est un professionnel inscrit.

Avantage vu dans mon bureau de quartier : si un des postiers en charge d'une de ces spécialisations est libre d'activité, il peut venir aider ses collègues. Inconvénient pour ceux qui ne connaissent pas ce système : ils ont une impression d'attendre longuement dans une seule file sans fin.

Petit inconvénient dont témoigne un membre de l'Association philatélique de Montpellier : si le bureau Préfecture, historiquement le guichet philatélique de la ville, a bien reçu le nouveau cachet oblitérant « Bureau philatélique », il semble qu'au milieu des travaux de reconditionnement de l'espace d'accueil, la relance des ventes philatéliques n'a pas encore été adressée.

Félicitons encore les postiers de Montpellier Préfecture, réels amis de la Philatélie, et qui respectent la quiétude φl@télique du mois d'août. Je promets : aucune ironie dans cette phrase.

Note : les collectionneurs de nouveautés doivent pouvoir encore se fournir aux deux bureaux qui ont relayé Préfecture pendant les travaux.

Mercredi huit et jeudi neuf : Séb à Perpignan.
Un jour et demi de pause venteuse dans la capitale de la Catalogne française et des éphémères rois de Majorque - et sans philatélie, donc je ne sais si le bureau principal de Perpignan est déjà équipé « Bureau philatélique ».
L'oblitération ROC, le point culminant de la promotion touristique depuis la disparition des flammes il y a dix ans... sauf à Monaco, Andorre et, parfois, en Corse.
L'histoire de la ville-frontière géopolitique rend la visite urbaine du centre passionnante : outre la maquette de Perpignan en ses remparts sous la porte Notre-Dame au Castillet, ne pas hésiter à visiter tous les musées et maisons ouvertes pour découvrir comment Perpignan a été embastionné jusqu'à sa véritable libération début vingtième.

Habitué au Montpellier très français : immeubles de pierre et béton clairs, Perpignan m'a évoqué une version Art déco des vieilles façades colorées de la Côte d'Azur anciennement italienne.

La notice de l'ancien évêché (et auparavant académie militaire) et le musée Hyacinthe-Rigaud - rouvert avec une passionnante exposition temporaire sur Pablo Picasso à Perpignan dans le contexte de ses mariages - racontent comment les nouvelles autorités françaises ont intégré les notables catalans à la société française dans les décennies suivant le traité des Pyrénées. Et comment un peintre perpignanais a posé sur la toile l'image du roi absolu pour la postérité.

Côté histoire postale, le petit bureau de la place de la République m'a dépanné de timbres de distributeur, ayant oublié mes vieux timbres, mais l'oblitération comme prévue est d'une tristesse ROCienne : 42618A-01...

lundi 7 août 2017

Faut-il altérer le timbre pour lui donner de la valeur ?

Voilà un possible sujet de l'épreuve de philosophie du baccalauréat français dès que la philatélie aura été ajoutée au programme scolaire de terminale.

Faut-il altérer le timbre pour lui donner de la valeur ?


L'introduction interrogera les définitions des termes altérer et valeur, et de là, retrouver des exemples probants des diverses situations trouvées.

À un extrême qui est le point de départ du sujet, conserver la feuille de timbres neuves, gomme d'origine, sans aucune trace de charnière possède une forte valeur sentimentale, esthétique et patrimoniale à son propriétaire - sauf si c'est un marchand pour lequel cette feuille pèse financièrement dans son stock, jusqu'à ce que d'autres collectionneurs signalent qu'ils souhaitent reconnaître les deux premières, mais pour acheter la dite feuille considérerons une plus modeste valeur chiffrée...
La couverture du livre de James Barron sur le One Cent magenta (via amazon.fr).
À l'autre extrême, il y a le cas légendaire de l'industriel états-unien Arthur Hind qui aurait brûlé un second exemplaire du One Cent magenta du Guyana britannique afin de posséder un exemplaire unique et dont inestimable - comprendre un chiffre fois dix puissance incroyable de dollars à chaque vente aux enchères. La source du brûlement est rappelée par James Barron dans son livre The Once-Cent Magenta, récemment publié - et cité dans le numéro daté août 2017 de Stamp Magazine : le récit du seul autre acteur de la scène, devenu depuis quelques instants l'ancien propriétaire de l'exemplaire brûlé, et qu'il envoya à une publication philatélique de Virginie en 1938.

Entre les deux, le débat commun est les intérêts de collectionner les timbres neufs ou oblitérés, de l'aspect de cette oblitération : du killer cancel au cachet à date bien rond. De là, oblitéré certes, mais décollé ou sur pli ? Sur pièce de correspondance : quelle valeur accorder à l'histoire de l'expéditeur et du destinataire ? À celle des entreprises et pays traversés pendant le cheminement postal ?

Et arrive, en dernière partie, les aléas des service postal et philatélique. Service postal : quelle valeur accordée au choix de l'expéditeur belge de laisser ou de détacher la vignette « Ne pas livrer le dimanche » sous le timbre-poste ? Un bon catholique ? Un courrier suffisamment urgent pour détacher la vignette ? Cela nuit à sa valeur quand le service philatélique plie ou découpe les marges des feuillets commémoratifs pour les faire rentrer dans leur matériel d'expédition.

Que le commerce philatélique démultiplie sous prétexte de prouesses de design ou d'imprimerie - et souci de valoriser les revenus philatéliques au sein du budget de groupes postaux en manque de courrier à délivrer.

Quelle valeur - autre que le revenu du service philatélique - ces timbres en matières variées ont ? Promotion d'un artisanat, d'une filière nationale. Promotion des timbres du pays dans la presse philatélique. Promotion du pays entier si les journaux internationaux sont attirés.

Revenons à l'échelle individuelle des acheteurs de ces timbres. Souvenez-vous des timbres néerlandais de 2007 sur lesquels avaient été emprisonnés des graines de fleurs : faut-il les conserver, stériles, dans un album ? Ou les planter pour réaliser un de leurs buts non postaux ? Ou, conservés par le collectionneur, celui-ci a-t-il eu l'idée de se procurer d'autres graines et les planter, ayant eu une prise de conscience par cette émission ?
Le premier timbre-origami du monde d'après la poste espagnole.
Revenons au pliage : quelles quantités d'encre a coulé sur les timbres ayant subi de malheureuses pliures... Le lundi dix-sept juillet 2017, Correos, la poste espagnole, a émis un feuillet d'un timbre de quatre euros trente-cinq centimes, avec comme légende un plan d'origami pour transformer le timbre en cocotte.

Nouveau dilemme du collectionneur : combien d'exemplaires conserver ? Deux : un tel quel, un plié. Trois ou quatre : avec plié et oblitéré sur demande, et plié et oblitéré sur pli... Au centre de tri et dans les catalogues de cotation : combien d'illustrations a ce timbre ? Une seule ou deux avec la version pliée ? Et le destinataire du feuillet collé oblitéré : appréciera-t-il l'oblitération sur sa cocotte ?

Est-ce du service postal ? Un encouragement aux activités créatives ? Aux débats philosophiques sur l'intérêt du timbre-poste au début du vingt-et-unième siècle ? Y aura-t-il une conclusion heureuse ?

dimanche 6 août 2017

175 trucs pour réussir l'exposition d'une collection

Encore une lecture estivale, mais incomplète car l'ouvrage se feuillette au gré des envies et des besoins du lecteur.

En 2016, l'American Association of Philatelic Exhibitors a publié The Path to Gold, le recueil des chroniques de conseils d'exposition que Steven Zwillinger a rédigé pour The Stamp Dealer & Collector de septembre 2009 à 2016, en plus de quelques articles parus dans le journal Philatelic Exhibitor de l'AAPE et son équivalent féminin WE Impressions.
La couverture du Chemin vers l'or (site de l'Association américaine des exposants philatéliques).
Abondamment illustré de pages de collections de toutes les classes d'exposition, sa lecture est passionnante, rappelant l'importance de l'esprit de recherche autant que celle de la présentation formelle, démontrant comment elle peut être innovante et utile au lecteur - jusqu'à l'exposition en trois dimensions.


Un point essentiel apparaît dès le cinquième point : « les pages les plus importantes de votre exposition ne sont pas montées dans les cadres ».

Et, en effet, les quelques discussions que j'ai pu avoir avec des collectionneurs est ce souci du synopsis, résumant la collection présentée au jury. L'exemple choisi est idéal et démontre l'intérêt de ne pas oublier les acquis de la rédaction scolaire et universitaire : le synopsis de deux pages d'Andrew McFarlane pour sa collection d'étude d'un timbre états-unien de poste aérienne de 1928 - oui, il y a même un site web accessible avec un code datamatrix - comprend quasiment toute l'étude, dans une forme permettant au jury de comprendre à la fois le cheminement de l'auteur, pourquoi étudier ce timbre de la manière choisie, quelles sont ses sources et comment il les emploie ou critique, ce qu'il y a, et même sans nuance, ce qu'il manque à cette collection.

Une fois lu, avec les deux pages de commentaires de Zwillinger, on pèsera le fait que, au bout de quelques expositions, le synopsis atteint quatre pages en 2016...
Bloc-feuillet au nom des Îles Cayman qui sert sur le synopsis de Janet Klug.
Pour se rassurer, un autre synopsis, bien plus court, est reproduit au cent quarante cinquième truc sur le code datamatric/QR code : comment Janet Klug présente-t-elle au jury sa collection Elmo loves stamp collecting, à partir du gentil personnage de l'émission jeunesse de télévision Sesame Street.

Adorable et drôle comme le personnage, tout en remplissant son rôle : les juges savent comment est organisée la rédaction de la collection et pour quelle raison. Mieux, une dose de dérision paraphilatélique est introduite en évoquant explicitement les juges et les médailles.


Bien évidemment, ce n'est pas le seul point approfondi par Steven Zwillinger. D'autres me reviennent spontanément : comment mettre en valeur les différences entre des types de timbres ou de surcharge difficilement discernable à l'œil nu, réfléchir à la forme et au fond de toutes les écritures depuis les niveaux de titres jusqu'aux légendes, jouer sur le format des pages selon les pièces à exposer, imprimer en un format plus grand et massicoter ensuite pour avoir une illustration d'arrière-plan pleine page, etc.

Et, surtout, prendre plaisir depuis la collection jusqu'au résultat, et surtout pendant la rédaction de l'exposition... Il y a même des trucs pour abandonner ! Une pièce, une partie entière, voire toute la collection prévue si son départ a été mal entamé.


Pour commander le livre, c'est par ici. L'index des trucs et astuces par là.

Bonne lecture.

Note du jeudi dix-sept août 2017 :
Le quatre août dernier, Steven Zwilinger a été élu président du conseil d'administration de l'American Philatelic Research Library. L'association gère la bibliothèque de l'American Philatelic Society, installée dans de nouveaux locaux depuis octobre 2016 au sein du siège de l'APS à Bellefonte, en Pennsylvanie.

vendredi 4 août 2017

L'aliénation postale par Charles Bukowski

Dans le hasard de l'arrangement des tables de présentation d'une librairie à Liverpool, j'ai découvert Post Office, le premier des romans de l'écrivain états-unien Charles Bukowski, publié en 1971.
La couverture de l'édition britannique de 2009 (Virgin Books via les librairies Waterstones).
Ne connaissant l'auteur, la lecture puis la recherche amènent à découvrir différents niveaux de lecture.

Le plus évident en ce début de vingt-et-unième siècle ultralibéral est comment la machine évaluatrice et menaçante de l'administration d'entreprise menace le travailleur - honnête serait un mot fort pour le héros - qui réussit pourtant sa tâche, même s'il ne suit pas l'ensemble des règlements à la lettre.

Cela semble le cas d'Henry Chinaski, alcoolique, fêtard et parieur hippique, à deux périodes de sa vie dans le roman : quand il devient facteur et, après une parenthèse de vie libre, postier dans un centre de tri. Le travail est fait en dépit de l'absurdité des règles, des éléments météorologiques et des retards matinaux dus aux agapes nocturnes d'Henry.

Racontant une période correspondant aux années 1950 et 1960, celles la mythique American of Life et sa remise en cause, le lecteur peut comprendre à quel point un homme qui parvient à mener sa vie facile tout en assumant son emploi, dérange la société.

Après recherche, Post Office marque un tournant dans la vie de Charles Bukowski : à cinquante ans, ce n'était pas ses premiers écrits, mais c'était la première fois qu'un éditeur prenait le risque de le payer d'avance pour son écriture, libérant l'écrivain du carcan du travail postal ou de dépendre des paris.

Déjà apparu dans un recueil de nouvelles en 1965, Henry Chinaski devint l'alter ego de Bukowski.

Les connaisseurs de l'United States Postal Service des Trente Glorieuses confirmeront le récit de Bukowski, notamment sur l'évaluation régulière des trieurs, fondée sur des critères inégaux... Quoiqu'au dam des supérieurs de Chinaski, celui-ci les réussit avec les meilleurs marges.

Mais tout cela était avant l'automatisation généralisée et le productivisme appliqué aux humains avec outrance.

Littérature contemporaine anglophone pour 2017 : checked!

lundi 31 juillet 2017

Deuxième moitié de juillet 2017 en Philatélie

Quelques nouvelles variées.

Lundi dix-sept juillet : quarante ans pour l'académie hispanique de philatélie.
L'Académie royale hispanique de philatélie et d'histoire postale annonce la publication d'un recueil spécial d'articles pour marquer ses quarante années.

Son président Jesús Sitjà Prats propose un résumé du contenu très étendu dans le temps et l'espace.

Jeudi vingt-sept juillet : célébration de ses volontaires à la Royale.
Pour son exposition d'été, la Société philatélique royale de Londres a proposé aux participants du Monday Club et aux employés de sa bibliothèque de montrer une de leur collection de timbres ou d'histoire postale.

Le Club du lundi fut établi en 2001 quand le Bibliothécaire Philip Lindley-Sought requit l'aide des membres pour gérer les collections de livres et de périodiques de la Société - visitez-la !

L'exposition part de la collection thématique sur les chiens de la documentaliste professionnelle, Nicola Davies, modeste mais qui s'accroît régulièrement de tous les dons déposés sur son bureau par les membres.

En études de timbres : les timbres de Belgique par Ron Wood, la série courante héraldique de Finlande de 1954-1974 par Eric Keefe, les effigies royales de Roumanie par Philip Feakin, les timbres de Suisse imprimés par Karl Durheim de Berne en 1850 par Jonathan Cartwright. Mon petit plaisir six-georgien : la série d'usage courant de 1938 de Nouvelle-Zélande par Brian Stonestreet.

Plus exotique, géographiquement autant que philatéliquement, D. Gwynne Harris explique l'intérêt des empreintes de machines à affranchir du Soudan de 1951 à 1970.

En histoire postale, le Bibliothécaire Brian Palmer explique les marques sur les courriers britanniques à destination de l'Allemagne, de l'Autriche et de la Suisse avant l'Union postale universelle - je vais arriver à comprendre une collection de ce type d'ici... quelques années. Gregory Wynn se tournant vers la Scandinavie à partir du nœud postal de Hambourg.
Le passage du courrier de l'Allemagne à la Russie, illustration du Petit Journal du dix-sept décembre 1905 proposée par Marcus Sherwood-Jenkins pour le livret de l'exposition. On appréciera la condescendance de la légende : comme il y a cent ans... Un indice pour la Grande Guerre à venir ? (base Gallica de la Bibliothèque nationale de France)
Plus surprenants, dans l'ordre croissant de ma surprise : Prue Henderson présente les publicités françaises imprimées sur le courrier (avec les entreprises primées lors des expositions universelles parisiennes dans le livret de l'exposition). Eddie Spicer observe le catapultage d'hydravions chargés de courriers depuis des navires allemands dans l'Atlantique-Nord pendant l'entre-deux-guerres.

Enfin, histoire socio-postale - et prix SébPhilatélie du piquage de curiosité -, Marcus A. Sherwood-Jenkins plonge dans l'histoire des postiers russes et de leur travail de 1698 à 1917.

Vendredi ving-huit juillet : ouverture du Postal Museum à Londres.
Ça y est : après le dévoilement de son identité commerciale en février 2016, puis de sa date d'ouverture en juin dernier, Londres et le Royaume-Uni ont retrouvé un musée postal depuis vendredi dernier matin.

Trois tickets sont proposés pour visiter The Postal Museum. Le musée seul coûte dix livres sterling par adulte et est gratuit pour les moins de quinze ans ; les moins de huit ans peuvent être confié pour cinq livres à Sorted!, une crèche en forme de ville où le service postal est au cœur des activités.

Enfin, à partir du quatre septembre - pensez à réserver, pour quatorze livres cinquante pence par adulte et sept vingt-cinq par enfant, l'entrée du musée est complétée par Mail Rail : vingt minutes à bord d'un train parcourant et contant l'histoire de ce réseau de métro postal sous Londres, utilisé de décembre 1927 à mai 2003. Cela comprend l'accès à une exposition supplémentaire sur celui-ci.

Dommage cependant que, bien que la majeure partie de la communication du musée se concentre sur Mail Rail, cette attraction ne sera disponible au public qu'à partir du quatre septembre... sauf pour quelques familles ayant réservé très rapidement à l'ouverture des réservations qui ont pu en profiter le week-end passé et le week-end prochain.

N'hésitez pas à explorer les réseaux sociaux : de nombreuses photographies du musée circulent depuis une soirée spéciale à laquelle étaient conviés nombre journalistes et chroniqueurs internautiques.

Dimanche trente juillet : fin des timbres de bienfaisance néo-zélandais.
Lancé en 1929, la série des Children's Health stamps aura connu sa dernière émission en septembre 2016, a annoncé la poste noé-zélandaise dans une communication citée par le blog Commonwealth Stamp Opinion.
La statue londonienne de Peter Pan, le héros de l'enfance, sur un des deux timbres de 1945.
Raison invoquée - qui va rire jaune de nombreux collectionneurs de nouveautés - et que je résume lapidairement : moins de courrier posté = moins de timbres achetés = moins de timbres de bienfaisance achetés = une émission trop coûteuse à produire.

New Zealand Post annonce qu'elle continuera à soutenir Stand, l'association carétative qui employait les fonds levés pour des activités destinées aux enfants de cinq à douze ans.

Tels les émissions Croix-Rouge en France, Pro Juvente en Suisse, les timbres néo-zélandais pour la Santé des enfants peuvent faire l'objet d'une collection en eux-mêmes et accompagnent de nombreuses thématiques : les enfants de la famille royale, Peter Pan, les sports, l'alimentation, les animaux, etc.

Le site StampsNZ en propose la liste illustrée.

Jeudi sept septembre : trois timbres Postcrossing en Suisse.
Le jeudi sept septembre prochain, La Poste suisse émettra trois timbres sur le site d'échange de correspondance en aveugle par cartes postales, un par service (intérieur, Europe et monde).
Les trois timbres (blog de Postcrossing, vingt-huit juillet 2017).
Les illustrations amusantes de Max Spring résument bien le principe de Postcrossing, correspondent chacune au tarif et assureront la promotion de la Suisse dans le monde.

Par contre, un premier jour en milieu de semaine... Verra-t-on des voyages de postcrosseurs vers la confédération pour des emplois en masse de ces timbres sur les prochains échanges ? 

jeudi 27 juillet 2017

Du courrier international avant l'UPU avec James Van der Linden

Continuant lentement à découvrir l'histoire postale avant l'Union générale des postes (actuelle Union postale universelle), j'ai mis la main, chez Vaccari, sur Four Important Exchange Offices - Quatre bureaux d'échange importants, le livre-collection du James Van der Linden, publié par La Marque postale en 2016.
Servant d'illustration de couverture au livre de Van der Linden, le planisphère impérial britannique de 1886 présente les principales routes maritimes et terrestres d'alors (Boston Public Library via la base documentaire de Wikimedia).
L'historien postal belge propose d'étudier comment les bureaux de Panama, Alexandrie en Égypte, Aix-la-Chapelle au nord-ouest de l'Allemagne et Trieste, alors ville libre impériale autrichienne et siège de la compagnie maritime Lloyd autrichienne.

Les collectionneurs préphilatéliques, marcophiles et historiens postaux trouvent ainsi quelques dizaines de lettres illustrant les multiples routes internationales du dix-neuvième siècle, le long desquelles ces quatre bureaux jouent un rôle essentiel de transmission, mais aussi de vérification des ports dus et de leurs marques.
Agrandissement du planisphère précédent : de Londres à Suez via Trieste... mais pas tellement Aix-la-Chapelle. Un raccourci continental par le cartographe ? (Boston Public Library via la base documentaire de Wikimedia).
Le curieux dispose de quelques textes explicatifs et de reproductions d'affiches lui contant les évolutions qui ont permis la collaboration des postes concernées. Loin des guerres napoléoniennes et de la guerre civile européenne du vingtième siècle, la collaboration entre les différentes puissances permet l'accélération du transport du courrier jusqu'aux confins des empires coloniaux et du Nouveau Monde.

Cela n'écarte pas une émulation entre elles - mais loin des fureurs de la guerre. Pour prendre un seul exemple de ces textes ou de ces preuves d'émulation, page vingt-neuf, comment le Lieutenant Thomas Fletcher Waghorn, qui avait déjà établi une route postale terrestre entre Alexandrie et Suez en 1835, bouscula en 1845 la ligne express entre Londres et Marseille, donc l'honneur français.

De Bombay en Inde le premier octobre, le courrier qu'il avait pris en charge parvint à Londres à l'aube du trente-et-un, battant le courrier passé par Marseille et la France arrivé le deux novembre... Son initiative : débarqué près de Trieste et foncé grâce aux voies ferrées à travers l'Autriche, les États allemands et la Belgique. Touchée, la voie française fut très rapide avec le courrier de Bombay de décembre.

Le livre paraît court au premier regard - soixante-douze pages, mais le mélange textes clairs/pièces précisément expliqué avec suffisamment de cartes et de documents d'archives pour se repérer, rend sa lecture passionnante.

James Van der Linden a obtenu une médaille vermeil à Finlandia 2017 pour son ouvrage.

lundi 24 juillet 2017

Aux marges économiques de la France

Après que leurs auteurs ont mené des recherches détaillées, deux articles récents de sites web permettent d'aborder deux histoires aux marges économiques de la France au début et à la fin du vingtième siècle : des poissons austraux aux roubles indochinois.


Hier, dimanche vingt-trois juillet 2017, sur le blog La Marcophilie navale, Jean-Michel Bergougniou  raconte par les courriers et les timbres les deux premières campagnes de pêche de 1981 et 1982 dans les eaux des îles Kerguelen, dans les Terres australes et antarctiques françaises.

Dans le contexte des conflits de pêche aux larges de Terre-Neuve et de la Norvège, la campagne expérimentale de l'été austral 1980-1981 permit d'étudier la ressource et aux navires de pêche d'évaluer la rentabilité de son exploitation. La suivante (1981-1982) ramena du poisson et, avec l'exemple du Zélande 2 de la Société nouvelle des pêches lointaines de Bordeaux, de suivre le parcours des navires de la France à l'océan Austral en passant par Suez.

Rafraîchissant... quoique la tramontane soufflant actuellement sur le Sud de la France évoquent les quarantièmes rugissant et les cinquantièmes hurlants affrontés par ces navires de pêche.


Restons dans les climats réputés frais, mais dans une ambiance de guerre civile.

La période entre les révolutions russes de 1917 et la stabilisation des frontières au début des années 1920 est complexe en Europe centrale, orientale et aux confins de la Russie en guerre civile (voir l'exemple des conflits entre Pologne et Ukraine). Mais, en Russie d'Asie, la situation fut tout aussi confuse.

Pierre, un des deux auteurs du site d'actualités Numismag, propose, depuis mercredi dernier le dix-neuf juillet, a un article de recherche sur les billets en rouble de la Banque de l'Indo-Chine en Russie à partir notamment des archives de cette banque conservées désormais par le Crédit agricole après de multiples ventes et fusion bancaire en France.

Début 1918, dans le but de contrôler la Sibérie, les alliés envoient troupes, matériels et aide financière vers les chefs et groupes qui leur paraissent les plus aptes à lutter contre les bolcheviks. Si la confusion entre Russes est grande, il en est de même côté alliés à lire le déroulement de la mission du général français Maurice Janin chargé d'abord de commander l'armée tchécoslovaque se trouvant là...
Un exemple de spécimen non émis de vingt-cinq roubles vendu en 2016 sur le site CGB.fr.
Pour revenir à la numismatique, l'article explique comment le gouvernement français décide de stabiliser la situation monétaire : les roubles impériaux que les bolcheviks impriment encore concurrencent les roubles du gouvernement renversé de Kerenski. Et à Omsk, la principale ville « blanche » de Sibérie, on envisage une émission souveraine de billets.

Pour rassurer les populations de l'Orient russe qui auraient à faire aux militaires français, il est demandé à la Banque de l'Indo-Chine d'ouvrir une agence à Vladivostock et d'émettre des billets bilingues et libellés en rouble, lié  par une parité fixe avec le franc français (un rouble pour soixante centimes). L'auteur signale le même stratagème par les Britanniques à Arkhangelsk.

En 1919, la Banque de l'Indo-Chine confie la création et l'impression à l'American Banknote Company qui comprend une allégorie au bonnet phrygien dans un médaillon entouré d'éléments de sécurité.

Cependant, les aléas militaires et politiques à Omsk empêcheront la mise en circulation de ces billets. Leur destruction a lieu en mai 1920 à New York... qu'ils n'ont jamais quitté. N'en restent que les séries spécimens circulant dans les ventes ou conservées dans les archives de la Banque de l'Indochine.

Un article passionnant. Bonne lecture !

samedi 22 juillet 2017

Du goût, de la nature et des sculptures

À chacun selon ses goûts certes, mais, côté sculpture, ce sera difficile de détrôner mon coup de cœur de 2000 avec La Valse de Camille Claudel, photographiée sous un angle mise en page par Aurélie Baras.
La Valse de Camille Claudel, créé entre 1883 et 1901, timbre de France de 2000 (via Phil-Ouest.com).
Ce ne sera pas Le Baiser d'Auguste Rodin qui me conquerra en septembre prochain alors qu'il est déjà l'objet d'annonce sur les réseaux sociaux.
Le Baiser d'Auguste Rodin (vue réelle du timbre ou de la gravure numérique ?) présentée en 1889, timbre à venir (via Phil-Ouest.com - informations d'émission dans Phil'infos).
À part le bloc de pierre, j'ai du mal à apprécier la sculpture sur cette gravure. Comme quoi, le copier-coller photographique peut avoir du bon, contrairement à ce que je pense souvent.

Autre face-à-face des nouveautés, comment représenter plusieurs espèces naturelles sur un seul timbre ?
Les arbres méditerranéens, timbre émis le mardi onze juillet dernier (via Phil-Ouest.com).
Plus agréable à mon regard, le méli-mélo de branches et de fruits d'arbres méditerranéens proposés par Sandrine Chimbaud. Bien mieux que l'impression de bouillabaisse en attente de l'émission Euromed postal des poissons de 2016 - ce rouge à cuire.
Les insectes en kaléidoscope sur un des six timbres de Jersey, émis le dix juillet dernier (site marchand de Jersey Stamps).
L'approche de Chimbaud aurait-elle gagné à être gravée ensuite et imprimée en taille-douce ? En tout cas, elle convient bien au randonneur méditerranéen que je suis...

L'entomologiste, les zoologues et les botanistes préfèreront peut-être la nature rangée comme à la parade des six timbres de Jersey pour le bicentenaire du kaléidoscope - 1817 étant l'année où son inventeur David Brewster a créé le mot d'après la Wikipédia en anglais.

Et là, au second regard, à l'approche du repas sur fond de cymbalisation de cigales, avec le rappel de la bouillabaisse tout en regardant le contre-la-montre du Tour de France cycliste dans les rues de Marseille... Le timbre français EuroMed postal 2017 serait-il encore un timbre gastronomique : un bouquet garni ?

Après cette excursion en beaux arts et dans la nature, je vais peut-être en revenir à l'histoire et la géopolitique.

Note : L'initiative régionale EuroMed postal a un site web.