samedi 27 mai 2017

"Suomi! Finland in my heart... forever!"

Ce long week-end de l'Ascension avait lieu l'exposition européenne Finlandia 2017, à Tampere, siège du musée postal finlandais depuis septembre 2014. Musique !


Suomi, chanson d'Alexander Rybak, vainqueur norvégien du Concours Eurovision de la chanson en 2009 (chaîne officielle sur youTube).

Comme le rappelle la chanson qui sert de titre à cet article et plusieurs billets de ce blog, on peut s'enthousiasmer sur la Finlande, ses paysages, son mythe national : le Kalevala - lu même par les suricates, voire, au son d'un kantele, par les Canards de Disney, adorés dans toute l'Europe nordique.

Plus sobrement, l'exposition était une des nombreux événement de l'année du centenaire de l'indépendance du pays vis-à-vis de l'Empire russe, en décembre 1917.
Le bloc Finlandia 2017 avec la reprise du premier type d'usage courant de la Finlande indépendante (boutique web de Posti, ex-Itella de 2008 à 2015 pendant sa diversification vers les pays Baltes et le marché russe).
Philatéliquement, la poste finlandaise multiplie les émissions sur l'événement (ci-dessus et un timbre très spécial de dix euros mêlant héraldique gaufré, dorure, ADN et photographie dissimulée), la nation avec une carte de dix timbres-mosaïques de photographies, sa culture populaire avec les Moomins,...

Pour les amateurs d'histoire postale, les événements de l'indépendance furent présentés par Jussi Tuori, lors d'une conférence à la Royal Philatelic Society London, le dix-huit avril 2013 (et visible sur Vimeo).
Le timbre en hommage à Mauno Koivisto, président de la République de 1982 à 1994 (communiqué de presse et boutique web de Posti).
Un triste événement a montré la maîtrise technique et la qualité esthétique du service philatélique finlandais : le neuf juin prochain, Posti émettra un timbre sobre en hommage à l'ancien premier ministre et président de la République Mauno Koivisto, mort le douze mai dernier.

Il est vrai que l'indication de la valeur d'usage intérieur par une carte du pays depuis janvier 2017, posée sur la veste sombre, accompagne l'indication de l'importance du personnage que la décoration officielle.
Les Amis finlandais de Postcrossing tenait un stand à Finlandia : acheter des timbres, c'est d'abord pour écrire ! (page Instagram du site de correspondance à l'aveugle par cartes postales). Parmi les grands fans de l'expérience, les membres finlandais se classent cinquième en expédition de cartes pour vingt mille membres
Populairement, le fil Twitter en finnois de la manifestation montre les efforts des organisateurs pour attirer au-delà des collectionneurs, notamment vers les enfants. Comme quatre jeux vidéo inspirés du musée postal pour téléphones portables et tablettes tournant sous Android préparés lors d'un projet étudiant en communication informatique entre l'Université de Tampere et la cité des musées de la ville.


Europe Skies, chanson d'Alexander Rybak (chaîne officielle sur youTube).

Pas de voyage pour moi cette fois-ci : je ne suis hélas pas un organisateur de voyages courts très doués - surtout quand il faut connecter plusieurs vols et trains sur quelques jours - d'où la seconde chanson pour me donner plus d'inspiration pour Stockholmia 2019, même week-end prolongé du vingt-neuf mai au deux juin : exposition compétitive et libre de collections, publications imprimées, périodiques numériques et sites web (!!!) par des membres de la Société philatélique royale de Londres.

Mais, pendant l'été, une semaine finlandaise avec étape à Tampere reste tentante.

lundi 22 mai 2017

De la philatélie laotienne à Luang Prabang

Une carte postale et une photographie via réseau social pour apprendre qu'il y a un comptoir philatélique dans le bureau de poste de Luang Prabang, cinquante-cinq mille habitants, beaucoup de touristes et ancienne capitale du Laos.
Un timbre lao de 2013 si j'en crois une vente sur eBay et un StampBoarder du souvenir comprenant les deux timbres de huit mille kips. Postée le vendredi cinq mai, elle est arrivée à destination en France le mercredi dix-sept. Merci Tomath.
Un ami en voyage dans un des grands lieux touristiques au centre du nord du Laos est parvenu à débusquer le bureau de poste et même le guichet philatélique. Un guichet philatélique pour cinquante-cinq mille habitants... Un rêve pour bien des collectionneurs de nouveautés en France.

Le timbre utilisé sur la carte ferait partie des timbres émis depuis 2012, non listé par la poste lao sur le Système de numérotation de l'Association mondiale de promotion de philatélie (WNS), et de là sur bien des sites-annuaires des émissions. On rappellera les problèmes de coût des nouvelles émissions pour la poste lao qui dut surcharger manuellement de vieux stocks de timbres en mars 2014 pour tenir un changement de tarif.

Avec l'aide d'un fil thématique « ponts » du forum StampBoards.com, ce timbre fait partie d'une émission de deux timbres pour l'inauguration du quatrième pont international du Mékong, reliant le petit pays enclavé au nord de la Thaïlande.

Concernant les ponts, un projet de coopération japonais, puis un de la Banque asiatique de développement pour la vallée du Mékong font du Laos une poste fournisseur des thématistes.
Le guichet philatélique se retrouve très facile pour les francophones... Un petit panneau aide le reste du monde (avec l'autorisation de Tomath).
Quant au guichet philatélique : le voici bilingue en laotien et en français. Un respect de la règle de l'Union postale universelle sur le français langue officielle des postes car, localement, le globish est plus courant pour communiquer avec les étrangers, comme le montre un petit panneau : « Stamp here ».
L'entrée bilingue du bureau : un respect scrupuleux des règles de l'Union postale universelle (Google Street View, janvier 2016).
Le français est aussi présent en façade du bâtiment et sur le petit monument en bois sur la rue.

Quels autres timbres sinon au bureau de Luang Prabang en mai 2017 ?
Quatre autres timbres achetés par Tomath début mai à Luang Prabang (avec autorisation).
Le grand écart de l'amitié soviétique au bouddhisme dans la République démocratique populaire lao !

Bon, un temple de Vientiane sur timbre de 2010 à gauche, une statue de bouddha représentant le mercredi dans une série de 2005 sur les jours de la semaine.

Ceux de gauche célèbrent les quarante ans de la fête nationale : le deux décembre 1975, le Pathet Lao communiste prenait Vientiane et le pouvoir, abolissant monarchie et libertés.

Une émission de 2015 rappelant le communisme du régime : il y a toujours une philatélie et des guichets philatéliques au Laos...

... En France en cours de transition thatchéro-reaganienne, après avoir tenté une rationalisation centralisée à la hache de ses ventes, La Poste et ses directions désormais alliées célèbrent la réapparition de la philatélie dans trois cents bureaux, non sans quelques soucis techniques d'après l'intervention de Joëlle Amalfitano lors du quatre-vingt-dixième congrès de la Fédération.

Note : évidemment, les membres de l'Association internationale des collectionneurs de timbres-poste du Laos n'ont rien appris qu'ils ne savaient déjà grâce à leur forum et au journal Philao.

mercredi 17 mai 2017

Finlandia 2017 : 4 jeux vidéos philatéliques sous Android

À temps pour l'exposition européenne Finlandia 2017, du vingt-quatre au vingt-huit mai prochain, quatre jeux vidéo philatéliques et postaux sont proposés par cent étudiants de l'université de Tampere, parmi vingt-cinq jeux créés dans le cadre d'un partenariat avec Vapriikki, le centre muséal de la ville, dans lequel se trouve le Musée postal finlandais.
La page d'entrée du projet à l'adresse : http://16tiko.projects.tamk.fi/en/
Les étudiants d'informatique commerciale ou de commerce informatisée de l'Université des sciences appliquées se sont inspirés de leurs visites du musée pour trouver des histoires transformables en expérience de jeux pour téléphone portable et tablette. Ils sont téléchargeables sur Google Play, la boutique d'applications pour les appareils fonctionnant sous le système Android.

Chaque page de présentation de ces jeux comprend un résumé, une vidéo introductive aux principes du jeu et l'équipe étudiante de développement du jeu.
Les icones des quatre jeux (site du projet).
Attention : repérez sur le site les icônes carrés de chacun des jeux ; ils sont noyés sous leurs homonymes lors d'une recherche dans le catalogue de Google Play.

Castaway par l'équipe North Star.
Castaway : le joueur guide dans les courants de la mer Baltique des tonneaux de courrier, excellent moyen étanche pour protéger les lettres en cas de naufrage.

Le tonneau est dirigé de façon à récupérer les lettres, éviter les obstacles et atteindre le rivage pour distribution.
World of Stamps par l'équipe Team Vasama.
World of Stamps : quiz et puzzle permettent de découvrir les timbres du monde.

Avec le quiz devinez le pays d'émission des timbres. Avec le puzzle, découvrez des timbres par thème grâce aux points acquis pendant le questionnaire.
Postal History par l'équipe NoClue Games.
Postal History : avec son icône de postier, le jeu est un scroller. Le décor avance donc sans arrêt et le joueur doit éviter les obstacles, sans perdre les lettres.

Au fur et à mesure, les moyens de déplacement suivent l'histoire postale : à pied, à cheval, en bateau, en automobile.
Stampedu de l'équipe Placeholdr Software.
Stampedu : pas stamp education, mais stamp stampede. Il faut affranchir au bon tarif les lettres tombant du haut de l'écran de plus en plus vite.

Une collection virtuelle de timbres récompense progressivement le joueur adroit.


Les jeux restent simples dans leurs principes et leurs graphismes - format 16-bits pour les nostalgiques de l'époque d'avant X-Box et PlayStation -, mais montrent ce qui peut être réalisé rapidement avec les bonnes compétences (un étudiant-codeur volontaire pour m'expliquer les coulisses numériques de ce blog, haluta ?)

Comment réintroduire de timbres et courrier dans les loisirs des jeunes (et des autres) : trouvé ?

Nouvelle découverte grâce aux fils Tweeter de la Royal Philatelic Society London et du PostiMuseo de Tampere.

samedi 13 mai 2017

Des Français Libres de 40 au Cameroun actuel chez le Rossiter Fund

Le mois d'avril 2017 dernier, le Stuart Rossiter Trust, fondation britannique encourageant les chercheurs en histoire postale, a publié The Free French in London 1940-1945 de Peter A. Baker.

En soixante-quatre pages illustrées en couleurs, les courriers étudiés couvrent les marques et bandes adhésives des censures, les cachets et services postaux des Forces françaises libres et de l'institution politique établie par Charles de Gaulle : la France Libre, devenue le Comité français de Libération nationale à partir du trois juin 1943 (qui forme le Gouvernement provisoire de la République française du trois juin 1944 à Alger).

Le prix est de neuf livres sterling cinquante pence (soit onze euros et quelques plus les frais de change) avec un port de cinq livres trente-cinq pour l'Europe. Adresse mail pour les commandes sur le site du Stuart Rossiter Trust.

D'après la liste des ouvrages disponibles, ce n'est pas le premier ouvrage d'histoire postale militaire de France publié avec le soutien et par la fondation établie par la donation de l'ensemble de ses biens par Stuart Rossiter, après sa mort en 1982 à cinquante-neuf ans. Rossiter a été rédacteur en chef des Blue Guides touristiques de 1963 à 1973, du London Philatelist de 1975 à 1982 et de Postscript, le journal de la Society of Postal Historians.

En 2014, par exemple, Ashley Lawrence a proposé Besieged in Paris. An Englishman's Account of the Franco-German War, 1870-1871. La correspondance entre William Brown, dans Paris assiégé, avec son épouse outre-Manche par tous les moyens possibles.

Mais, si les historiens postaux militaires apprécieront la longue liste d'ouvrages, les plus classiques apprécieront The Postal History of the Type Sage Issue of France (1876-1900), édité par l'auteur Peter Kelly, avec le soutien du Trust.
La couverture des marques et histoire postales du Cameroun indépendant de 2014 (via le blog de l'American Philatelic Research Library).
Côté Afrique francophone post-coloniale - si difficile à connaître, le soutien a permis la publication nord-américaine en 2014 de The Postmarks and Postal History of Independent Cameroun, 1960 to date de Marty Bratzel, Michael Wright et Marc Parren, cinquante-neuf pages imprimées allongées de cinq cents soixante-dix sur un dvd-rom.

Au-delà, des Pays-Bas au seizième siècle à l'Irak de l'entre-deux-guerres, des agents transitaires britanniques d'avant la réforme postale à l'émission illustrée de 1898 en Nouvelle-Zélande, les recherches soutenues par le Stuart Rossiter Fund sont vastes.

Le site propose également, en haut du menu à gauche, des conseils d'écriture aux chercheurs, et comment entamer une recherche historienne pour les auteurs débutants.

jeudi 11 mai 2017

Timbres micro-philippin et giga-russe

Entre vacances de proches et Postcrossing, ce début du printemps a permis une rencontre philatélique du plus petit et du plus grand dans ma boîte aux lettres.
Timbre des Philippines fait de bric et de brac avec oblitération allant à l'essentiel. Merci à Pascale.
Ainsi, une amie de ma mère a passé des vacances méritées sur l'île de Bohol, aux Philippines. Outre les primates tarsiers (illustration de la carte), elle a découvert comment poster du courrier à l'office du tourisme qui lui a vendu un timbre de 2015 représentant la poste centrale de Manille.

Et point de gaspillage : deux centimètres et demi sur deux virgule deux, informations répartis sur six étages pour promouvoir la marque et les services de PHLPost, nom depuis 2012 de l'opérateur postal historique.

L'oblitération est du même style : trois lignes horizontales pour le lieu du bureau, la province, et la mention de poste aérienne... Pas de date. Est-ce l'oblitération habituelle aux Philippines ?
Grande peinture de 1997 du monastère russe au Mont Athos, enclave autonome orthodoxe du nord de la Grèce. Merci à Olga.
Tout l'opposé de l'affranchissement de la carte envoyée, le vingt-huit mars dernier, par la Postcrosseuse Olga de Novgorod : un carré de cinq centimètres de côté, multicolore dans un cadre façon bronze, émis en 2016 pour le millénaire de la présence russe au Mont Athos.

Entièrement en cyrillique, sauf un Russia en bas à droite, la peinture de Dmitri Anatolyevich Belyukin représente Saint-Panteleimon, le monastère « russe » du Mont Athos, une entité politico-religieuse autonome au sein de la République hellénique. Il fut fondée par des moines d'origine russe - au sens du onzième siècle, même si, de nos jours, il est peuplé de moines de nationalité grecque et relevant de Constantinople.

Sur le peintre, il est un Peintre du peuple de la Fédération de Russie, titre honorifique créé en 1995, et ses œuvres ont déjà connu le programme philatélique russe. Un grand timbre à l'échelle des détails et des couleurs lumineuses : les bleus du ciel et de la mer auraient fait excellente impression sur le timbre un peu terne Vue de village de Frédéric Bazille, émis en France en février.

Je remercie vraiment Olga d'avoir pris la peine de trouver un thème monuments historiques à sa carte, en sachant que le timbre d'usage courant de quatre roubles assure l'essentiel du port, avec sa dimension plus raisonnable.

lundi 8 mai 2017

L'Afrique francophone, un triangle des Bermudes philatélique ?

Qu'il est difficile de suivre les timbres émis - et utilisés réellement - dans plusieurs pays d'Afrique. Certes, ne nous plaignons pas : la complainte est habituellement contre les timbres émis pour ne pas servir par des opérateurs philatéliques très bons communic@nts.

En un week-end, ce sont trois exemples de plus qui me sont apparus. Si vous avez des informations sur les deux premiers, n'hésitez à vous inscrire sur les forums anglophones de discussion StampBoards.com ; pour le troisième, écrire au secrétariat de la RPSL.

Mystérieux petit timbre du Niger
Le premier sujet est causé par la confusion d'un collectionneur canadien confrontant deux éditions du même catalogue à un timbre oblitéré de cent vingt-cinq francs CFA, émis par le Niger en 1997.
Le timbre en hommage au Professeur Abdou Moumouni Dioffo, neuf tel qu'il peut être trouvé sur des sites de ventes aux enchères (ici via Hipstamp).
Le sujet est un scientifique nigérien, Abdou Moumouni Diasso, formé à l'université française et qui a professé et étudié ensuite dans plusieurs universités d'Afrique francophone. Son héritage est le développement de l'énergie solaire au Mali et au Niger, après un passage où il l'étudia en Union soviétique. Un parcours intéressant entre fin de l'époque coloniale et non alignement dans la Guerre froide.

L'effigie est signée du graveur français André Lavergne et imprimé par Cartor [probablement pas en taille-douce].

Dans son édition datée 2009, le catalogue mondial Scott le cotait, rapporte le forumeur, soixante cents (USD) neuf et trente cents oblitéré. En 2016, c'est cent vingt-cinq dollars neuf ! Alors que plusieurs ventes sur des sites d'amateurs d'enchères débutent à dix cents...

Et une prudence à ne pas le coter du tout un oblitéré tel que possédait par le collectionneur. Le coup de tampon a donné une marque incomplète, mais un modèle à la française se distingue bien.

Une rareté méconnue ? Un tarif peu usité ? Ouvrez vos classeurs de timbres et vos boîtes d'enveloppes aux bois dormants !

Un membre rapporte la réponse d'un rédacteur adjoint du catalogue états-unien : les listes des pays d'Afrique francophone dépendent énormément des diplomates philatélistes des États-Unis qui visitent les bureaux de poste et transmettent informations et timbres à l'éditeur.

Les voyages forment le philatéliste.

La Tunisie a-t-elle eu des distributeurs de timbres ?
Le même jour, c'est une série de quatre timbres de distributeur, avec valeur à la demande, qui suscite le questionnement d'un collectionneur états-unien.
Un des quatre timbres proposés dans une vente sur le site Delcampe.
Ces timbres reprennent des illustrations de timbres du programme de 1999 et 2000 : une production agricole (l'oranger), deux vestiges archéologiques romains (les thermes de Bulla Regia et l'acqueduc de Zaghouan) et le Catharge, ferry reliant Tunis à Marseille et Gênes.

La machine qui les a débitées doit être de type Klussendorf, tel les timbres de distributeur allemand.

Sauf que les catalogues et sites spécialisés dans ces timbres ne connaissent pour la Tunisie que les Frama de 1992 à 2012 (période selon The Meter Stamp Society ; un autre site intéressant par ici). Les tomes Afrique du Nord et timbres de distributeur de l'éditeur Michel ne liste pas ces quatre-là.

Essais commandés lors d'une recherche de nouveaux automates ?

Premières réponses en mai 2017 :
Sur StampBoards, un membre a contacté l'Association tunisienne de philatélie (adresse : Maison de la culture Ibn Khaldoun, Tunis) qui a répondu qu'il y a bien eu une machine de ce type à Tunis. Mais, tombée en panne, elle ne put être réparée et fut abandonnée. En tout, les collectionneurs ont ces quatre illustrations existant en cinq valeurs différentes.

La Côte d'Ivoire et son congrès UPU
Enfin, avec l'arrivée du numéro de mai 2017 du London Philatelist, Marc Parren propose un article d'histoire postale africaine, française et ivoirienne.
La plus forte des trois valeurs du feuillet à surtaxe pour l'annonce du vingt-troisième congrès de l'UPU à Abidjan, prévu en 2004, émis en décembre 2001 (via Colnect).
Le congrès de l'Union postale universelle de 2020 en Côte d'Ivoire compte déjà deux émissions de timbres, dont une de 2001 !

Initialement, le pays aurait dû accueillir l'institution internationale des postes nationales en 2004 à Abidjan. Cependant, la division du pays et les violences après l'élection présidentielle de 2000, elle-même concluant une période de dictature militaire de 1999, empêchent l'événement jusqu'en 2015 quand le pays obtient de ses partenaires de l'Union postale panafricaine d'être le seul candidat au congrès de l'UPU de 2020. Au congrès d'Istanbul en 2016, un congrès extraordinaire est programmé à Addid-Abbeba en 2018 et le vingt-septième congrès en Côte d'Ivoire en 2020 donc.
Un timbre sur un site classé de l'Unesco émis quatre mois après la conférence qu'il signale (Système de numérotation de l'Association mondiale pour le développement de la philatélique... le WNS).
L'histoire de l'émission de 2001 et celle de lobbying de 2005 (bureau de poste de Grand Bassam au moment de la conférence stratégique de l'UPU en avril à Genève) est détaillée sous le clavier de Marc Parren.

L'histoire postale militaire est expliquée : Opération Licorne française (2002-2015) et son Bureau postal interarmées 627 à Port-Bouet, puis Opération des Nations unies en Côte d'Ivoire (toujours en cours, effectifs par pays participants, et illustrée d'un aérogramme onusien par Parren).

La longueur des opérations, le nombre de pays engagés, les changements récents dans l'organisation des postes militaires françaises font que cet article met le pied à l'étrier pour une recherche de courrier ivoirien ou militaire.

Par exemple, en explorant le blog La Poste aux armées, un article illustré sur le Service postal à l'international pour la défense (SPID) et l'Opération Licorne en 2014.

La note du soir-même:
Le SPID est exercé par un partenariat entre La Poste et Sodexo, le groupe de services aux entreprises, de restauration collective et de logistique. Le contrat avec le ministère de la Défense a débuté en 2012, mis en place progressivement (explorer La Poste aux armées), et renouvelé pour quatre années comme un communiqué l'annonçait le vingt-deux février dernier (attention fichier pdf).

Conclusion :
En philatélie comme dans l'histoire des Européens dans le monde, les historiens Bertrand Hirsch et Yann Potin ont bien raison de dire que l'Afrique fut « le continent détourné » du quinzième au dix-neuvième siècle : évité, contourné, ignoré, méprisé des Européens qui n'en aborde les côtes que pour les achats d'esclaves.

Les collectionneurs de timbres, nouveaux explorateurs du continent comme au dix-neuvième ou navigateurs contournant du quinzième vers les vignettes thématiques des agences philatéliques ?

Référence : Bertrand Hirsch et Yann Potin, « Le continent détourné. Frontières et mobilité des mondes africains », dans Patrick Boucheron (direction), Histoire du monde au XVe siècle, 2009. Plusieurs éditions existent (grand format luxueux, deux tomes en poche, etc.).

jeudi 4 mai 2017

Que la Force soit dans le timbre

Ce jeudi quatre mai 2017 ou May the Fourth en anglais a été une journée chargée outre-Manche. Depuis 2008, tout d'abord, les fans de Star Wars célèbrent leur saga et sa philosophie Jedi avec le jeu de mot entre la date et la devise May the Force be with you. Prévisible, quoique non datée, l'annonce que le Prince Philip, duc d'Édimbourg, prenait sa retraite des manifestations publiques, a occupé les journalistes dès la découverte de la convocation du personnel du palais royal hier soir.
Le logotype du mouvement organisé par la PTS et la RPSL (site de la PTS).
Côté philatélie organisée, la Société philatélique royale de Londres (RPSL) en association avec la Société des marchands philatéliques (PTS) parvenait au summum d'un mouvement de redécouverte des timbres-poste par le public le plus large, et de là, attirer de nouveaux collectionneurs :

The National Stamp Day Celebration

que les organisateurs espèrent rendre annuel.

Depuis plusieurs semaines maintenant, les sites web et les fils sur les réseaux sociaux des associations philatéliques, des marchands, et, progressivement, de particuliers, d'écoles et d'autres institutions, ont relayé l'objectif de coller un vrai timbre sur du courrier avec les mots-clés #stickastamp (colle un timbre) et #celebratestamps17 (célébrer les timbres 2017).

Le quatre mai a été choisi, au plus près du jour anniversaire de l'émission du Penny Black, le premier timbre-poste émis par une administration postale nationale en 1840.

Celle-ci proposait d'accueillir quelques collectionneurs souhaitant un avis éclairé sur les qualités de leur « collection au grenier » afin de les inciter à reprendre le loisir. La boutique londonienne de Stanley Gibbons au 399 Strand propose jusqu'à samedi un rabais sur les livres et le matériel...

... et même de poster gratuitement votre courrier !

Le courrier justement : l'opération Stick A Stamp a été préparée par Buckingham Covers, marchand spécialisé dans les enveloppes premier jour, par la diffusion d'autocollant au logotype du Stamp Day pour attirer le regard des destinataires.

Les collectionneurs ou correspondants étaient ainsi encouragés à de nombreuses actions individuelles, proposées par le mensuel Stamp & Coin Mart : écrire à quelqu'un, affranchir joliment, signaler ses timbres préférés sur son réseau social, créer de l'art postal, donner du temps ou des timbres à un club local ou aux projets jeunesse de Stamp Active.

Ou simplement, visiter une foire philatélique, explorer les stocks des marchands et découvrir un nouveau sujet de collection.

mardi 2 mai 2017

Lecture diagonale du palmarès de Phila-France 2017

N'ayant pas visité l'exposition Phila-France à Cholet, entre le vendredi vingt-huit avril et le lundi premier mai, mes commentaires seront amateurs, superficiels,... sûrement fort inutiles aux connaisseurs. Loin donc des grandes naïvetés de la série d'articles sur Paris-Philex 2016.

Pourvu qu'ils vous incitent à aller lire ce palmarès à partir du site de la manifestation ou, dans quelques temps, sur le site de la Fédération française des associations philatéliques... et à ne pas rater la prochaine exposition la plus proche.

Avec le type Groupe de Saint-Pierre-et-Miquelon, Jean-Jacques Tillard continue son chemin vers les deux cents médailles d'or. Cela accompagne bien la parution de son catalogue de cotation des classiques de l'archipel français et la prochaine exposition internationale saint-pierraise au tout début du mois de juin à venir.

Après une médaille vermeil à Paris-Philex 2016, la collection sur la luminescence sur timbres de France d'Olivier Gervais est proposée pour le Grand Prix, avec une médaille d'or à quatre-vingt-treize points. Séances de rattrapage en lisant son site spécialisé et, pour l'actualité « pho » et ses récentes trouvailles à la lumière noire, son blog Les News du phospho. Une discipline qui a ses définitions depuis avril 2016.

Ensuite, les titres qui suscitent ma curiosité en début de palmarès : La taxation des vélocipèdes du public en un cadre (fiscal, j'imagine) de Jean-Pierre Fosse, Le dimanche, phénomène de société en cartes postales par Félix Albe.

Il n'y a pas que de la thématique en jeunesse : Hector Logette-Berthier est parti À la découverte de la Cérès de Mazelin. Mais cela ne diminue en rien l'attractivité - et le travail - des autres compétiteurs telle Anastasia Toti et La musique est le langage des émotions selon Emmanuel Kant : une présentation qui me fera enfin comprendre l'hermétique philosophe de mes études jadis ?

En classe ouverte, le mélange des disciplines collectionnables attire l'œil : quels documents non philatéliques dans La Généalogie par Maurice Vitel ? Les amateurs de faune et de flore, ou de sciences, sont bien servis par cette catégorie, assez populaire en France.

Tout autant que l'histoire postale dont les participants emplissent une page et demi du palmarès. En diagonale, je voudrais bien découvrir : À la conquête des oasis de Laurent Baudin - Le Sahara bientôt français ?

Dans la même classe, très contemporaines sont les études des Machines à oblitérer et préparatrices du courrier utilisées en France depuis 1991 d'Yvon Coquin et Inflation et affranchissements en Ukraine (1992-1996) de Lionel Delarue. Contemporéanité continuée en littérature avec la somme d'Olivier Bergossi sur Comores indépendantes - Mayotte. Histoire postale et philatélie (1975-2015), publié en mai 2016 par Col.Fra (auteur des riches pages philatéliques du site Comores-Online.com), et Jean-Paul Rortrait s'attaquant aux marques postales à imprimer soi-même Mon timbre en ligne.

Bien entendu, mes oreilles se dressent haut devant Le roi Édouard VIII sur lettre de Philippe Kaminski : timbres britanniques, courrier du Palais, cartes postales pendant voire après le règne ???

Que n'ai-je raté à ne pouvoir aller à Cholet !

dimanche 30 avril 2017

Les petits drames des complétistes outre-Manche

Ces dernières semaines, les collectionneurs complétistes des émissions de Royal Mail, des Dépendances de la Couronne ou du territoire d'outre-mer de Gibraltar sont au cœur de choix difficiles pour leurs relations maritales et bancaires.

Surcharge de croisière
Avec l'arrivée du paquebot de croisière Caribbean Princess (cliquez pour voir les timbres sur le blog Commonwealth Stamp Opinion), vendredi vingt-et-un avril, Guernsey Post a débuté une série d'inscriptions spéciales sur ses timbres de distributeurs Post & Go : le nom de chaque paquebot faisant escale sur l'île pour attirer ses passagers au bureau de poste.

Faudra-t-il aux collectionneurs de l'île Anglo-Normande, de ses timbres de distributeurs, aux thématistes nautiques avoir chaque bande de collection de chaque visite d'un paquebot à Saint Peter Port ?

Heureusement, rapporte Ian Bilings, Guernsey Stamps a initialement refusé de proposer un abonnement pour ces produits... estimés à cinquante/soixante-dix séries de six supplémentaires d'avril à septembre 2017 (selon que vous repreniez la surcharge d'un navire refaisant escale). Avant de répondre à la demande : les clients volontaires doivent eux-mêmes contacter le service philatélique, seront livrés en septembre et se verront facturer cinquante pence par série de frais.

La rumeur indique que la poste de Gibraltar envisagerait... et là, il est question d'au moins deux cents paquebots par an !

Reste à savoir si les croisiéristes visiteront le bureau de poste et se procureront ces timbres.

Les blocs : avant ou sans les marges ?
Le timbre Machin grand format de cinq livres sterling pour les soixante-cinq ans de l'accession de la Reine Elisabeth II faisait déjà grincer des dents : coût, intérêt du millésime, absence de nouveauté du timbre, etc.
Cinquante livres sterling en un rectangle de papier (via Norvic Philatelics blog).
Dans le billet d'humeur de Stamp Magazine daté mai 2017, Richard West signale la coûteuse lubie du service philatélique par correspondance de Royal Mail : le feuillet de dix n'entrant pas dans les cartes d'envoi du service, les collectionneurs l'ont reçu...

... [cri de colère]

plié...

[sanglot]... et même, dans le cas de Richard West...

... [cri strident d'effroi]

... avec deux marges retirées !!!

Dire que, avec le programme 2017, même Phil@poste fait des progrès avec les feuillets sous plastique pour ne plus imprimer le code-barres dessus.

Une série Moulins trop dispersée ?
Enfin, les auteurs des deux blogs d'information et d'opinion des nouveautés britanniques (Norvic Philatelics et Commonwealth Stamp Opinion) expriment leur déception partielle face à une série touristique - pas une tradition ancrée outre-Manche - de Royal Mail sur les moulins historiques du Royaume-Uni, à émettre le vingt juin prochain.

Tout d'abord, six timbres dont trois pour l'Angleterre, dont deux pour le sud-est autour de Londres... laissant de larges régions anglaises ignorées malgré leurs moulins, telle la plaine de l'East Anglia. Trop centrée sur le sud-est la Royal Mail... en pleine campagne électorale inattendue...

Mais, The White Knight sur le second blog dispose d'une solution très commerciale, près de Birmingham, qui aurait permis d'attirer un public très large vers cette série : Sarehole Mill, encore en activité et visitable.

Surtout, l'auteur J.R.R. Tolkien a vécu, enfant, tout près de ce moulin et s'en est inspiré pour un moulin situé dans la Comté, la région d'origine des héros Hobbits dans son univers de la Terre du Milieu.

Ne jetons pas trop de pierres aux équipes de Royal Mail : lisez dans Nord Littoral, le vingt-et-un avril, comment les rencontres-anniversaire de l'Amicale philatélique de Calais ont obtenu un timbre et pourquoi sur le commandant Charcot. Je comprend mieux le timbre montpelliérain Bazille en fin d'exposition parisienne... sûrement aussi décidé à la fin du ministériat Macron.

Merci les manchots d'affronter les moulins à vent.

mardi 25 avril 2017

Un philatéliste à Matignon

Maintenant que les électeurs français ont réduit de onze à deux les prétendants à la Présidence de la République, qui pourrait être le prochain Premier Ministre, installé dans l'Hôtel Matignon, à Paris ?
L'hôtel Matignon sur la carte Turgot de Paris, publié dans les années 1730 (image de l'exemplaire de l'Université de Kyoto, repris sur la base de documents libres Commons de Wikimedia).


Aucune idée.



C'est l'avantage de disposer d'une petite poignée de partis et mouvements en concurrence. Même si le remuement au siège d'un parti de droite semble indiquer des positionnements pour l'avenir... ?

Mais, dans le numéro daté mai 2017 de Stamp Magazine, Jeremy Havardi nous rappelle en un récit prenant qu'un insatiable collectionneur de timbres est né le onze janvier 1850 et a vécu dans ce lieu acquis par son père au duc de Montpensier, alors en difficulté financière après la chute de son père, le Roi Louis-Philippe en 1848 :

Timbre de 1968 du Liechtenstein (Colnect.com)

dont le centenaire de la mort aura lieu le vingt mai prochain.

Fils de l'homme d'affaires Raffaele de Ferrari, prince de Lucedio, duc de Galliera, il refusa à la fois d'hériter de la fortune paternelle, mais aussi de ses titres de noblesse. Sa mère, Maria Brignole Sale, lui laissa une petite fortune, avant de consacrer le reste à acquérir nombre d'œuvres d'art pour les placer dans l'hôtel Matignon dans l'idée d'une donation à la France.

Dans le cas de la mère comme du fils, la géopolitique française bouleversa leur plan. Fâchée que la République chasse son hôte, le comte de Paris, en 1886, elle donna ses collections à la Ville de Gênes et l'hôtel Matignon à l'Autriche qui en fit son ambassade.

Son fils, toujours résident d'une aile de l'hôtel, accumula les timbres rares... voire faux, préférant, d'après une citation acheter mille faux plutôt que de rater une variété qu'il ne retrouverait jamais. Les philatélistes le savent : les plus rarissimes timbres furent en sa possession... Sinon lire l'article de Harvardi.

Si sa famille douta de ce coûteux passe-temps, Philippe contenta sa mère en la conservant précieusement dans l'hôtel, ne la montrant pas, ne l'exposant jamais.

Adopté par un Autrichien du nom de La Renotière von Kriegsfeld, il reprit son premier patronyme sous le titre de comte et la nationalité autrichienne. Enfin, il souhaita que sa collection finit au musée postal de Berlin... La Grande Guerre brisa ce vœu : il se réfugia en Autriche, habitué depuis 1890 du village de Steinbach am Attersee. Après sa mort, la France saisit et vendit aux enchères son accumulation fabuleuse comme réparations de guerre de l'Allemagne.

L'hôtel eut un traitement plus respectueux... La vengeance de la République française ne s'étant pas étendue à la nouvelle république autrichienne : il fut acheté en 1922 pour servir de résidence officielle du chef du gouvernement français.

Mais peut-on déjà entendre crisser sur le parquet les dents de son prochain locataire ?

dimanche 23 avril 2017

Quelques nouvelles d'ici et de là

Dans le suspense du premier tour de l'élection présidentielle française, quelques éléments nouveaux trouvés en surfant sur la vaste toile numérique.
Copie d'écran de la page Twitter de la FFAP, le dimanche vingt-quatre avril 2017.
Le mercredi vingt-deux mars, les codes d'accès au compte Twitter de la Fédération française des associations philatéliques ont dû être retrouvés : un message annonce son retour sur le réseau social après trois ans sans message.

D'ailleurs, depuis, le logotype de la FFAP a changé pendant l'hiver 2016-2017.
George James, le spécialiste philatélique de Spink présente la vente de la Collection Arthur Gray d'Australie élisabethaine, le dix-huit avril sur youTube.
Une fois n'est pas coutume, une vente philatélique de la maison londonienne Spink a fait l'objet d'une vidéo de présententation cette semaine, deux jours avant les enchères : celle de la collection pré-décimale élisabethaine d'Australie d'Arthur Gray, avec beaucoup d'esquisses et d'essais, d'après ce que montre George James sur youTube.

Un beau catalogue.

samedi 22 avril 2017

Votons ! Et timbrifions.

Comment traiter cette élection présidentielle française de 2017 ?

Reprendre les timbres-poste déjà émis sur les deux derniers présidents ? Il y a de quoi faire pour les amateurs de timbres personnalisés (rapportés en leur temps sur Blog philatélie : en Israël et via une peinture aux Pays-Bas), même s'il y a énormément de papiers-peints imprimés par des agences, bien loin des besoins en timbres des administrations postales concernées (Google Images pour une recherche Sarkozy ou Hollande).

Certains iront collectionner électroniquement les nombreuses vignettes parodiques sur ce dernier - d'autres retrouveront, pour une classe ouverte, la poupée vaudou qui heurta le premier. En cherchant bien, quelques émissions pourront paraître mieux liées au pays émetteur, tel le bloc de l'Autorité palestinienne remerciant Jacques Chirac. Les plus courageux exploreront le site Les Présidents de la République par les timbres.

Le carnet porte-timbre de l'élection présidentielle de 2012 créé et vendu par HistoriaPhil.com, le site des Éditions philatéliques européennes.
L'inventivité des marchands de plis premier jour et commémoratifs, hors programme philatélique, aidera le collectionneur, tel les Éditions philatéliques européennes (site marchand : HistoriaPhil.com).

Elles sont très inventives pour les élections les plus récentes : carnets de timbres fictifs, vignettes porte-timbres, timbres personnalisés encourageant à voter,...

Donc, alors que mon rêve germanique semble possible - selon qui remporte la prochaine élection présidentielle - d'une Assemblée nationale française suffisamment divisée en quatre ou cinq partis, contraints à constituer des coalitions négociées et, par là, à expliquer leurs programmes aux Français : votons !

jeudi 20 avril 2017

À quand oblitération proportionnelle aux tarifs proportionnels ?

Depuis le premier janvier 2016, les tarifs postaux français sont simplifiés afin que les expéditeurs puissent toujours avoir les timbres-poste nécessaires à disposition avec les carnets autocollants : un timbre pour le premier échelon de poids, deux pour le deuxième, etc.

Coin d'une très grande enveloppe pesant de deux cents cinquante à cinq cents grammes, oblitérée partiellement le trente-et-un janvier 2017.
Petit souci avec l'exemple ci-dessus : quatrième échelon de poids en lettre verte = quatre timbres de carnet illustré... mais seulement deux annulés au centre de tri et malgré la longueur des flammes ondulées.

Sur le forum anglophone StampBoards.com, une solution fut montrée récemment avec une grande enveloppe postée aux États-Unis, au coin couvert de timbres, tous oblitérés par une oblitération habituelle des centres de tri de ce pays, mais étendu sur un grand rectangle.

Pas de réutilisation possible.

mardi 18 avril 2017

Errinophilie musicale avec Arthur's Landing et FIP

Comme je suis un mélomane médiocre, l'écoute de la chaîne de radio publique FIP est un plaisir de la découverte renouvelée toutes les trois-quatre minutes.

Aux lecteurs non francophones, FIP comme France Inter Paris originellement en 1971 : une radio musicale continue diffusant des morceaux d'une grande variété, ponctuée de discrets flashs d'information et informations culturelles.

Et non la Fédération internationale de philatélie (F.I.P.) dont une association d'Amis (Friends of the FIP), lancée en ce début d'avril, regrette que Google fournisse plus rapidement la « radio musicale éclectique » que l'organisme commun des fédérations nationales de philatélistes, historiens postaux, exposants et collectionneurs de timbres de tout niveau. Au-delà, l'association s'interroge sur le rôle actuel et futur de la Fédération : prochain congrès en décembre 2018.

Aux lecteurs francophones : c'est bon, aucune confusion avec une association des amis de FIP la radio.
La couverture de l'album Arthur's Landing inspire d'une certaine époque philatélique (site du Band Camp du label Strut).
De temps en temps, à l'oreille, et même au regard sur l'écran de repos du smartphone montrant, grâce à FIP, la couverture de l'album dont est extrait le morceau en cours. Ainsi, en sortant mon appareil pour répondre à un message, la chanson It's a Boy m'a fait découvrir cette pépite errinophile.

Arthur's Landing, paru sous le label Strut, fut un regroupement de musiciens new-yorkais qui ont travaillé et joué, en 2010-2011, des concerts et un album-hommage à Arthur Russell (1951-1992) avec qui ils avaient tous travaillé.

Le choix de la couverture a la forme d'un timbre carré posé sur la pointe, illustré d'une scène de gratte-ciel devant les rayons d'un soleil levant et survolé par un dirigeable. Très années trente et cinquante.

Une devise latine sur chaque côté : Per ardua ad astra, « À travers l'adversité, jusqu'aux étoiles » d'après la Wikipédia en français. Une devise choisie en 1912 pour les premières forces aériennes britanniques et reprise par plusieurs forces aériennes du Commonwealth. Les connaisseurs d'Arthur Russell sauront trouver le lien entre l'artiste et cette devise.

Sur la musique et l'album, je vous laisse juge. Le projet et sa réalisation est expliqué dans une vidéo du label avec les membres du collectif.

lundi 17 avril 2017

Timbres et monnaies de Nouvelle-Calédonie et Bermudes aujourd'hui

Tandis que les Guyanais s'interrogent sur le développement de leur région d'outre-mer et que la surtaxe aérienne du courrier outre-mer disparaît entre vingt et cent grammes depuis le premier avril dernier, la Nouvelle-Calédonie devrait se diriger vers une consultation d'auto-détermination en 2018 : pays autonome au sein de la République française - déjà le cas actuel - ou indépendance ?

Cela suppose des signes de souveraineté ou d'autonomie : drapeau, hymne, timbres, pièces, etC.. Les médias offrent des rappels pour ces deux derniers.
Le timbre de 75 francs pacifiques, émis le 7 juin 2013 pour annoncer l'ouverture de la boutique Caledoscope (site de l'agence philatélique OPT NC).
Le numéro daté quinze avril 2017 d'Atout timbres comprend un entretien avec la directrice de Caledoscope, l'agence philatélique néo-calédonien, dont le nom est apparu avec l'ouverture d'une boutique à Nouméa, pendant l'été 2013 et devenu la marque philatélique néo-calédonienne en 2014.

Intéressant propos avec le fonctionnement de la Commission philatélique de l'Office des postes et télécommunications de Nouvelle-Calédonie, son choix actuel d'un programme restreint et la problématique de la taille-douce rappelée comme un coût, donc adaptée aux fortes valeurs faciales - imprimerie de sécurité.

Les noms des artistes habituels néo-calédoniens sont rappelés : Jean-Richard Lisiak, Jean-Jacques Mahuteau, Paula Boi Gony.

Suivi d'un article sur les principales thématiques des timbres de l'archipel... Avec une question : trois timbres pour le phare Amédée ?!

Côté monnaie à présent.
Les matrices des faces des pièces de cent francs pacifiques : Marianne commune (ici sans millésime) et les faces néo-calédoniennes et polynésiennes. Wallis-et-Futuna (photographie par Alain Jeannin, La 1ère, mars 2017).
Le jeudi trente mars 2017, La 1ère, le réseau des chaînes publiques d'outre-mer, a proposé un reportage télévisé sur la gravure et la frappe des pièces en franc pacifique à l'usine de la Monnaie de Paris, à Pessac, dans l'agglomération de Bordeaux, diffusé également dans le journal régional de France 3 Nouvelle-Aquitaine.

Métaux stockés, composition antibactérienne mais peu de nickel calédonien, graveur ajoutant le nouveau millésime sous Marianne, frappes à grande vitesse.

Côté outre-mer britannique sur le même thème de se faire connaître : l'entreprise de communication BermudaMedia a réalisé un entretien avec le directeur du Bureau philatélique des Bermudes, mis en ligne le jeudi six avril sur youTube.
Le bureau de poste de Perot, de 1812, ouvre le publi-reportage. Il fut le maître de poste qui émit les premiers timbres de Bermudes (copie d'écran du reportage de BermudaMedia.bm).
Stanley Taylor insiste sur le petit nombre d'émissions (quatre séries) nécessaire pour le service postal dans le territoire britannique au large des États-Unis. En savoir plus sur la partie philatélique du site du Post Office bermudéen.

Le court reportage promotionnel rappelle le reportage sur les Bermudes, comprenant une rencontre avec le même directeur, réalisés par Basil Herwald et publiés dans les numéros datés mai et juillet 2015 de Gibbons Stamp Monthly.

dimanche 16 avril 2017

Classe ouverte : un chocolat équitable en voilier

This article is available in English on SebPhilately's.

Poursuivons ce grand week-end chocolatier, toujours avec Rococo Chocolates (non, je n'y gagne rien).
La face avant d'une des tablettes de la Grenada Chocolate Company, distribuée par Rococo Chocolates au Royaume-Uni.
Donc, comme raconté hier, j'avais moins de contraintes côté bagage pour le voyage annuel vers Liverpool et Chester en janvier dernier. Je me suis laissé convaincre par le responsable de la boutique chestérienne de Rococo d'aller voir plus grand que les Bee Bars florales.

Certes, plusieurs Artisan Bars y sont passés, qui sont aux Bee Bars ce que les feuillets commémoratifs sont aux timbres isolés d'une émission. Voilà, la philatélie, c'est fait.
L'emballage complet... Non, pas de photo de la tablette, elle n'a pas survécu bien longtemps à son ouverture pendant un repas de fin de semaine au travail. Quel délicieux souvenir...
Et c'est là que j'ai été intrigué par des tablettes emballées de manière fort différentes que les tons pastels et fleurs de Rococo : paysage maritime, bord de plage avec arbre portant des cabosses de cacao.

Du chocolat qualifié de tree-to-bar, directement de l'arbre à la tablette puisque la coopérative de fermiers et de chocolatiers The Grenada Chocolate Company exploite vingt hectares de cacaoyers en agriculture biologique et dans une logique de commerce équitable envers les fermiers membres.
Cabosses de cacao sur leur arbre sur timbre de 1966 (via Colnect.com)
Initiée par trois associés, elle réalise toutes les étapes nécessaires à la production et l'emballage de sa production sur place, à Hermitage, dans la paroisse Saint Patrick de Grenade, dans les Antilles, afin d'être totalement autonome (lire comment cette autonomie électrique et ses contacts équitables avec ses diffuseurs permit à l'entreprise de survivre aux ouragans Ivan et Émilie sur le site de Rococo).

Dernier détail pour l'autocollant en haut à droite, qui jure sur l'illustration, mais fait une excellente anecdote pour le vendeur britannique : si son usine utilise logiquement l'énergie solaire stockée en batteries, la coopérative a réussi à trouver un navire à émission nulle de carbone... Le Tres Hombres.
Le Tres Hombres en 2013 : trente-deux mètres, trente-cinq tonnes, équipage de cinq marins professionnels et dix stagiaires dont vous pouvez faire partie (Fairtransport.eu).
En effet, depuis 2007, la compagnie Fairtransport de trois Néerlandais proposent des routes commerciales en bateau à voiles, façon clipper avant la machine à vapeur ! D'ailleurs, ce sont des navires restaurés du dix-neuvième siècle. De quoi lire la thèse de Seija-Riitta Laakso sur vitesse et communication au temps de la concurrence voiles contre vapeur de manière très différente un siècle après le triomphe des motorisations à essence.
La carte des dessertes actuelles des trois navires de Fairtransport. Par contre : oublier les conteneurs, chargement à l'ancienne. Mais tout doit-il être pressé ?
Fairtransport dispose de ses trois bateaux à voile rénovés, d'un projet de bateau à voile moderne (en cours de financement) et d'une alliance avec deux autres entreprises-navires à voiles. Le label autocollant suppose tout de même jusqu'à dix pour cent de transport carboné : le problème des premiers/derniers kilomètres à terre.

Un chocolat au goût prononcé, peu sucré, aux producteurs de matières premières grenadiens respectés, dont la valeur ajoutée issue de la transformation en tablettes est majoritairement diffusée dans l'économie du pays d'origine, et dont le transport transocéanique ne pollue pas.

Cela justifie son prix et une réflexion pascale : faut-il toujours se goinfrer de chocolat pour être heureux ?