mardi 31 mai 2016

George VI et la bataille du Jutland

Un de mes grands regrets dans la politique de nouveautés de la Royal Mail est l'absence d'émission-anniversaire consacrée au Roi George VI.

Cette réflexion me revient de nouveau alors qu'est célébré le souvenir de la bataille navale du Jutland qui opposa rapidement, et sans résultat probant, la Marine britannique et la Marine allemande au large du Danemark, dans la nuit du trente-et-un mai au premier juin 1916.

D'une formation navale, le Prince Albert, vingt ans, participa au conflit dans la marine et observa de loin la bataille depuis le HMS Collingwood. Ensuite, il fut envoyé dans la nouvelle armée de l'air dans une position de gestion.
Le Prince Albert au début de la Première Guerre mondiale (Archives royales via la page Facebook de la Famille royale britannique).
Retour aux timbres commémoratifs.

Né en 1895 : rien dans le programme philatélique pour le centenaire en 1995. Mort en 1952 : cette commémoration est oubliée pour les jubilés de règne de sa fille Elizabeth II.

Certes, son évènement en 1936 a donné lieu à une émission en 2006, « l'année des trois rois »... avec un bloc-feuillet très philatélistique : un Machin à trois livres sterling et des fac similés des timbres d'usage courant de George V, Edward VIII et George VI.
Émis le vingt-et-un avril dernier, Albert duc d'York et sa fille par Marcus Adams vers 1930 (boutique de Royal Mail).
Pour l'anniversaire de la Reine, il a fallu attendre cette année pour un timbre la montrant dans les bras de son père.
George VI dans la série des peintures des dynastes anglais et britanniques (février 2012)

Pour le soixantième anniversaire de sa mort, il fut un peu dissimulé dans la série des rois Windsor, dernière émission d'une série sur les familles royales anglaises. Même si je remarquai à l'époque, en février 2012, que la peinture choisie le montrait âgé et mature, ayant connu la Seconde Guerre mondiale avec Churchill... quant son frère abdicateur était le seul représenté jeune, alors qu'il n'était pas encore souverain. Sur le bloc-feuillet, un timbre rappelait le rôle joué par le couple royal pour le maintien du moral des Londoniens victimes des bombardements allemands.

C'est donc en invité inattendu qu'il faut rechercher le grand roi qui ne voulait pas l'être, comme en 1990. Après l'émission pour les quatre-vingt-dix ans de la Reine-Mère, sa veuve, la série suivante sur les médailles militaires en reprennent trois portant George VI en effigie.

Un jour peut-être, aura-t-il droit à une émission pleine et entière.

lundi 30 mai 2016

Autriche dans le catalogue Postcrossing... pas pour la beauté

Samedi vingt-et-un mai, les Postcrossers autrichiens ont célébré l'émission du vingt-quatrième timbre sur le site officiel d'échanges de cartes postales.
Le timbre Postcrossing autrichien... Un mur de briques ? (la poste autrichienne via le blog de Postcrossing).
Robert Sabolovic propose un mur de cartes postales floues... et le nom du site sur trois lignes aux couleurs du drapeau autrichien. L'art contemporain...

N°24 (AUT n°1) : émis le 21 mars 2016 par Österreichische Post (Autriche), d'une valeur de 0,80 euro par Robert Sabolovic. Imprimé en offset par Joh. Enschedé Stamps B.V., tirage de 250 mille exemplaires.

dimanche 29 mai 2016

Semaine n°2016.21 sur le web : de SPM à NY via l'Algérie et la Suisse

Lundi vingt-trois mai : expérimentation de l'oblitération au centre de tri en Suisse.
Le journal germanophone Blick signalait l'inquiétude des collectionneurs de belle oblitération face à une expérimentation de La Poste Suisse dans le canton de Soleure. Afin d'être sûr que tous les plis seront oblitérés, ils le seront tous au centre de tri - méthode employée en France et au Royaume-Uni.

La crainte est, sur le modèle français de disparition des flammes illustrées, que les oblitérations illustrées de certains bureaux ne soient plus disponibles à la demande des expéditeurs.

Lundi encore : un estimateur de Drouot à Toulouse.
Lundi, La Dépêche du Midi signalait la présence ce jour-là d'un spécialiste des timbres et cartes postales de la maison Millon, installé près de la rue Drouot, Daniel Berrous, à Toulouse pour conseiller et estimer les pièces présentées par le public.

Mardi vingt-quatre mai : encore un philatéliste sur Saint-Pierre et Miquelon 1ère !!!
Qui est accroc à l'autre : la philatélie saint-pierraise ou les chaînes de télévision et radio de Saint-Pierre-et-Miquelon ? Mardi dans Brumes de Capelans, Fabrice Fouchard présentait le Club philatélique de Saint-Pierre, dont il est actuellement président, et la participation de cinq membres à l'exposition internationale de New York.
Affiche promouvant la présence de Saint-Pierre-et-Miquelon à New York (Jean-Jacques Oliviéro, Club philatélique de Saint-Pierre).
La présentatrice dialogue avec lui sur le sens communautaire de la philatélie, sur l'engagement collectif qu'elle propose pour l'archipel, de la diversité des approches possibles et un appel aux habitants disposant d'archives familiales prenant la poussière ou d'une boîte à chaussures pleine de timbres...

Idée lancée : une maison du Club philatélique un jour ?

Jeudi vingt-six mai : introduction à une série d'Algérie.
Dans la chronique hebdomadaire d'El Watan, Arslan Selmane poursuit ses évocations des émissions d'Algérie depuis 1962. Cette semaine, il rappelle qu'une collection spécialisée de la série d'usage courant Vues d'Algérie d'avant 1830 de 1982 et 1984 est tout à fait possible et enrichissante.

Jeudi encore : le président fédéral satisfait = le directeur doit être HEU-REUX !!!
Le président de la Fédération française des associations philatéliques a posté un premier résumé illustré de Paris-Philex : « de l'avis de tous, ce fut un succès »... Lui et moi n'avons pas les mêmes lectures sur le web, ni baladé nos oreilles respectives aux mêmes endroits : il y a quelques défauts tout de même et pas que du côté des émissions spéculatives.

Mais, comme le directeur de φl@poste doit avoir les coffres pleins, « ce fut un succès » : il y aura un Paris-Philex 2018 sans avoir besoin de chercher une association provinciale candidate.

Néanmoins, pour en revenir aux questions financières, quand on parcourt les émissions de fin mai-juin 2016, on pourrait croire qu'il y a un salon philatélique de dix jours à Paris... Sinon, les surtaxes des émissions Croix-Rouge de 2015 représentent presque un million huit cent mille euros : aux calculatrices et estimations aux doigts mouillés sur le chiffre d'affaires de φl@poste, banquier-mécène de la φl@télie φrançaise.

Samedi vingt-huit mai : début du World Stamp Show de New York.
Outre les collections, les marchands et les émissions de l'United States Postal Service, y sont proposées des conférences intéressantes que j'espère trouver sur youTube prochainement, please ?

Ainsi, chaque jour sont répétées deux séries conférences successives : d'une part des initiations au hobby de la collection (Stamp Collecing 101), d'autre part des conférences s'adressent aux « adultes débutants », le nouveau cœur de cible des fédérations et postes (sur un conseil de l'UPU ?).

Ajout anecdotique du lendemain : dix mille passionnées au Parc floral de Paris
Samedi vingt-huit, Morgane Tual du Monde a suivi dix mille fillettes et adolescentes qui se sont précipitées au Parc floral de Paris, lieu maudit de la biennalle de la φl@télie φrançaise (RIP 2004-2012). Pour collectionner des timbres ?

Non, pour rencontrer les youTubeuses prodiguant les conseils de mode et de beauté à longueur de vidéos en ligne. Apparemment, la marche depuis le métro ou la gare RER, puis à travers les pelouses et jardins, ne les a pas dérangés, elles.

vendredi 27 mai 2016

Demain New York expose

Dans vingt-sept heures, l'exposition internationale World Stamp Show New York 2016 sera ouverte dans la métropole états-unienne, jusqu'au samedi quatre juin.
Avers et revers de la médaille pour les primés de la compétition internationale de New York, créée par Niko Courtelis (site du World Stamp Show NY 2016).
Pour ceux qui s'interrogent sur quelle longueur pour un salon philatélique optimal, observons la fréquence au Royaume-Uni : huit jours tous les dix ans à Londres mais avec changement des expositions à mi-parcours en 2010, seulement quatre pour l'exposition intermédiaire en 2015 ; la prochaine exposition internationale états-unienne est déjà prévue pour 2026 à Boston...

Dix jours tous les deux ans pour le Salon du timbre à Paris semblaient donc très optimiste, même si la Fédération nationale a dû mal à trouver chaque année une association volontaire en province. D'ailleurs, le programme de Paris-Philex 2016 a révélé que Phila-France 2017 aura finalement lieu à Cholet du vendredi vingt-huit avril au lundi premier mai.

Évidemment, avec ma focalisation depuis un an sur l'exposition philatélique, je me suis plongé dans la liste des collections en cour d'honneur, celles des invitées et celles des compétiteurs, ici classées par ces trois thèmes et par pays, ou par là en pdf selon un critère principal, dont celui du pays concerné par la collection.

Quatre-vingt-douze pays selon la liste des commissaires nationaux (plus quelques-uns pour un pays à triple représentation, le Mexique). Soixante-dix-huit seulement d'après la liste des collections en compétition, y compris les cinq du Club philatélique de Saint-Pierre-et-Miquelon dont Jean-Jacques Tillard en quête d'une troisième médaille grand or internationale avec Les Surcharges de Saint-Pierre et Miquelin au XIXe siècle.
Émis le neuf janvier 1982, le timbre de France consacré à l'archipel, sûrement présent dans la collection d'Éric Rességuier à New York (phil-ouest.com).
Parmi les Saint-Pierrais-et-Miquelonais, le gendarme philatéliste et auteur de timbres (souvenirs de décembre 2014 ici ou en images animées), Éric Rességuier, présente la collectivité d'outre-mer vue par la France dans sa philatélie en 1982. Tandis que Fabrice Fouchard et Jean-Louis Desdouets se consacre chacun à une émission, respectivement le Pêcheur et le Frigorifique.

Titillant ma curiosité, Éric Detchevery étudie les oblitérations de Nouvelle-Écosse sur le courrier de l'archipel... « Un jour, j'irai à New York avec toi... »

Au-delà, quelles collections remarquées par leur titre parmi les plus de quatre mille cadres proposés ?

Par leur thème ? Celle qui décevra les « ringards, masculins, vieillots » (aucune carte postale explicite) de Benedict Termini sur les timbres-fiscaux municipaux de prostitution de Rosario de Santa Fe en Argentine (en pdf par ici). Un safari photo dans le Masai Mara (Kenya) avec le Français Maxence Muller.

Par leur collectionneur ? Rien que la cour d'honneur en impose : le richissime philanthrope philatéliste William H. Gross propose les grandes raretés des États-Unis tandis que le one cent magenta de Guyane britannique a-t-il vraiment besoin de Stuart Weizman pour emplir ses deux cadres ? Oui car le dessinateur de chaussures est le propriétaire du timbre le plus cher du monde.

Par mes souvenirs de lecture ? Steven Walske présente trois collections ! Deux en cour d'honneur sur le Pony Express - souvenir de son livre cosigné - et les timbres des États-Unis de 1869 sur timbres de paquebot (packet mail) pour la France... Mieux en compétition : il a étendu ses courriers de blocus des guerres états-uniennes jusqu'en 1865 et la Guerre de Sécession, un demi-siècle au-delà de son article du London Philatelist de janvier 2015.

La liste des pays représentés par un collectionneur montre néanmoins de nombreux angles vides, notamment en Afrique : j'espère vraiment le succès d'initiative telle que celle du Conseil de promotion de la philatélie au Nigeria.
Logotype de l'exposition internationale de Boston 2026 (site officiel).
À défaut d'être à New York pour la semaine qui vient, imaginons Boston dans dix ans, ou à Tampere en Finlande en mai 2017 ?


Complément du dimanche vingt-neuf mai 2016 :
Trouvé en farfouillant le web, un philatéliste de Saint-Pierre-et-Miquelon est encore sur une des deux chaînes publiques de la collectivité française d'outre-mer : Fabrice Fouchard, président du Club philatélique de Saint-Pierre, a évoqué la philatélie dans Brumes de Capelans de mardi vingt-quatre mai.

En une vingtaine de minutes, il présente toutes les échelles des dernières années depuis l'envie de diffuser cette passion le plus largement possible dans la communauté îlienne jusqu'à l'exposition internationale de New York : des archives familiales à la boîte à chaussures pleine de timbres sur fragment; Mais aussi des projets possibles : depuis acheter (enfin) des panneaux d'exposition jusqu'à acquérir et ouvrir une maison de la philatélie à Saint-Pierre.

Encore un passage début juin avec des médailles ? ;)

mercredi 25 mai 2016

Paris Philex (1) : j'ai tort...

... et les lecteurs habitués se demandent d'où vont partir les coups d'ironie et vers qui ? :)

Aux lecteurs furieux de l'énième rupture de stock de φl@poste pour la saison 2015-2016, dite « campagne du Désir livchitzien » - une version moins chère mais très répétitive du Désir fondateur : bienvenue et je suis désolé que vous partiez en claquant la porte d'ici quelques paragraphes :)
Le bloc Courrèges tel qu'il aurait dû être émis : en couleurs ! Mais, l'illustration est juste là pour attirer des lecteurs (boutique web de φl@poste : remarquez ma gentille publicité gratuite).
Vendredi vingt mai dernier, j'arrivai à la gare de Lyon par le premier train à grande vitesse et arpentai Paris vers une boulangerie-pâtisserie de renom qui me servit de cantine pendant ce week-end philatélico-muséo-touristique.

Puis, de dix heures et demi passées à treize heures, j'effectuai mon premier des trois séjours dans la halle 2.2 du Parc des expositions de Paris, à la porte de Versailles. Le second fut le samedi de treize à dix-sept heures et le dernier, le dimanche de l'ouverture à treize heures.

Quel premier bilan tiré ?

À mes yeux, ce qui a marqué les commentateurs à ce jour sont à l'inverse de ce qui m'a occupé pendant ces trois moments philatéliques.
L'enclos φl@poste : remarquez le volailler veillant à ce que les gallinacées ne souffrent point pendant que les vendeurs les plument - note : je n'avais pas remarqué sa présence lors de la prise de vue (licence Creative Commons nc-by-sa 3.0 fr).
J'ai rapidement passé le stand du créateur de vignettes et grand financier du salon, stand qui a sur le champ pris la forme dans mon esprit d'un enclos à volailles devant l'abattoir : barrières isolant les chaises (faudrait pas que des non-clients puissent s'asseoir tout de même !), sonnerie incessante de l'appel vers le boucher (le couinage égrénant les numéros appelés), plumage en règle par chèque, carte bancaire ou en liquide, puis tamponnage des achats pour être sûr qu'ils ne pourront jamais servir sur du courrier...

...
BLAM!!!
...

J'avais prévenu que les nouveaux lecteurs allaient claquer la porte :)

Oui, je sais, j'ai tort : collectionner les nouveautés est un choix honorable, même quand votre fournisseur émet son cinquième bloc hors-programme de l'année, dont le troisième complètement vendu dès le premier jour... et tout aussi rapidement épuisé sur sa boutique web.

Ce qui me dégoûte dans la politique actuelle est que le cher bloc Courrèges épuisé et désormais spéculé a toute l'apparence qu'aurait dû avoir LE bloc Saint-Valentin 2016 : en couleurs !

Quant à imaginer le marchand en face de l'enclos vendant le bloc Libération à cinquante euros et les trois timbres différents qu'il contient vingt-cinq... Oui, je sais, j'ai tort : pas d'émissions du Désir, pas de négoce, pas de collection, plus de salon...

Ce qui m'intrigue est que le bloc Paris doré et la deuxième version Euro (en 3D) ont survécu à l'afflux... Bientôt la philatélie spéculative française dans les pages économie du Monde - entre les fluctuations des cotations du blé chinois et du poulet brésilien - pour m'expliquer ce genre de choses ?

Restons-en là : la question du système économique de la φl@télie φr@nçaise demanderait des pages entières et des relations sociales en coulisses. J'ai donc tort : pas de Phil@poste, pas de salon...
Au premier plan, ce que personne ne commente longuement alors que c'est le but du salon : l'exposition-championnat national (licence Creative Commons nc-by-sa 3.0 fr).
À l'heure crépusculaire où j'écris ce mercredi soir, j'ai vu deux sources sur Paris Philex. Une seule évoque le point essentiel, à mon sens, de ce salon : les collections exposées et encore uniquement pour une pièce, et quelle pièce !

Le journaliste-blogueur Pierre Jullien a publié six articles tout au long des quatre jours sur ses domaines habituels de reportage : les artistes et c'est très bien, l'équipe de Timbres magazine et c'est très bien aussi (vu l'excellence du numéro de mai et la rigueur de celui de juin), les officiels (c'est nécessaire) et les émissions de φl@poste (pourquoi pas).

Mais rien de rien sur l'exposition philatélique... Pardon, à part l'immense collection de marque de retour à l'envoyeur d'Henri Aurousseau, invitée hors-concours et un peu isolée dans un coin où elle bénéficiait néanmoins d'une bien meilleure lumière naturelle qu'une partie de la compétition.

Et là, je m'interroge, non sur les choix de Pierre Jullien : il écrit sur ce qu'il lui plaît ou qui intéresse ses lecteurs, c'est son blog et c'est le seul à informer en direct. Mais sur l'immense vide commentatif, bien au-delà, concernant la cause même de l'existence de ce salon national annuel : le championnat de France de philatélie pourtant immanquablement placé entre les stands marchands et le pôle toilettes/café/restauration.

Oui, le nom des philatélistes et le titre des meilleures collections seront imprimés, avec peut-être une ou deux pièces décrites, dans les trois mensuels philatéliques datés juillet/août et la revue de la φφ@π... et le palmarès complet sur son site.

Mais, où seront les descriptions en direct des collections dans l'odeur de gazon du stade ? L'avis du consultant, médaillé d'or en retraite (M. Tillard : une idée de reconversion ?), ou d'un juré sur pourquoi ce minuscule point de différence au terme de ce contre-la-montre entre le grand prix et la collection suivante ? Pourquoi la collection préférée de tel ou tel n'a obtenu que le vermeil et pas l'or ? L'arbitre est-il vendu d'avoir rétrogradé d'une couleur de médaille cette collection longuement retravaillée ? À quand l'arbitrage vidéo en philatélie ! Platini président fédéral vite - il est disponible en plus :p

Bien sûr, les juges ont motivé, dimanche matin, leurs notes auprès des exposants ou des représentants de leurs associations, mais pour le public, les philatélistes, les gallinacées parquées chez φl@poste, ceux ne faisant jamais le voyage annuel : qui leur expliquera largement ce qu'il s'est passé, les incitera à ne pas manquer la prochaine saison dès les compétitions locales, voire les inspirera à se lancer dans cette activité philatélique ?

Bref, qui sera le BeInSport ou le Canal+ de la philatélie ? Qui créera la Légende de la Compétition philatélique ? Ou alors, j'ai tort : pas d'expositions, pas de légende, toujours autant de ventes...

Modestement, avec toutes les erreurs et mauvais jugements que j'écrirai, quelques articles aborderont mon vécu de cet aspect finalement fort occulté (et un peu mes achats britanniques).

lundi 23 mai 2016

Frank Walton présente... le Sierra Leone

Jeudi dernier, le dix-neuf mai 2016, Frank Walton, président de la Royal Philatelic Society London, a exposé son exhaustive (?) collection de Sierra Leone, cinquante-deux panneaux depuis les timbres de la Reine Victoria jusqu'à l'indépendance de 1961, puis l'histoire postale pré-philatélique à Elisabeth II, suivi de divers domaines (ambulant ferroviaire et poste aérienne compris) et marques postales, pour conclure sur l'illustration par un timbre oblitéré ou une enveloppe du plus grand nombre de bureaux de poste ayant existé dans l'ancienne colonie britannique d'Afrique de l'Ouest.
Trois timbres de la série George VI de 1938 sur une lettre envoyée par voie aérienne, le trente octobre 1954 (collection Frank Walton, page 248).
Pour les membres en ligne, une longue lecture admirative du livre immatériel : cinq cents soixante-dix-huit pages... qui donne de multiples idées de collections variées sur ce pays ou pour n'importe quel pays.

Pour les non-membres, un livret de vingt-quatre pages (format pdf) introduit tout de même comment Walton plongea dans cette spécialisation, donne le plan de l'exposition, permet de voir quelques documents-clés.

Et surtout se conclut sur une bibliographie !

Ce qui permet d'aller plus loin, d'apprendre et de comprendre par soi-même.

Une occasion également de visiter la bibliothèque de la Société royale, à Londres, ou à défaut son catalogue en ligne. Une partie des ouvrages sont des publications du West Africa Study Circle.
Capture d'écran de la vidéo de présentation de la collection par Frank Walton (page youTube de la RPSL : écrivez-leur, je suis sûr qu'ils vous donneront l'adresse).
Une nouveauté dans cette collection dite du Jeudi 13 heures, car exposée un jeudi après-midi durant, entre deux conférences de 17 heures : Frank Walton a décidé de filmer une court exposé du contenu de la collection.

Ici, une introduction au pays et aux timbres émis pendant la période coloniale, avec quelques conseils et connaissances particulières. Sur l'image choisie ci-dessus, il signale que les archives de l'imprimeur De La Rue sont encore accessibles sur le marché et n'ont pas encore été prises dans « de grosses collections fermées ».

Une expérience à reproduire, comme toute présentation de collection par le collectionneur lui-même : conférences vidéodiffusées de la RPSL et du Collectors Club de New York, aux Rencontres rennaises, au milieu des panneaux d'une compétition philatélique (bientôt les épisodes de Paris Philex) et partout où cela est possible.

jeudi 19 mai 2016

Du type Blanc à l'Euro, la France en avant dans Stamp Magazine

Les timbres français sont en vedette du numéro daté juin 2016 du mensuel britannique Stamp Magazine, autant que les anciens petits classiques que les hyper-surchargés de technologie.
La couverture du numéro de juin.
En une, le Néerlandais-Écossais d'adoption, spécialiste des émissions d'usage courant de tous les pays et époques, et webmestre d'un blog-répertoire des graveurs de timbres, Adrian Keppel propose une introduction en six pages richement illustrées sur les timbres au type Blanc en usage pendant le premier tiers du vingtième siècle.

Beaucoup y passe sur ces petites valeurs faciales : portrait de Paul-Joseph Blanc, les types, des usages, les surcharges pendant la Grande Guerre depuis une commémoration (prématurée) de la libération de l'Alsace et de la Moselle en 1915 aux œuvres de bienfaisance en passant par les essais pour le gouvernement en exil du Monténégro (« S.P. du M. -.- Bordeaux »), en poursuivant avec celle pour le demi-centime (tiens, tiens), ou créer des préoblitérés ou pour servir à l'instruction des postiers (« SPÉCIMEN »).

Pour clore sur deux petites phrases rappelant qu'il faut également aller les servir hors de France.


Deux pages en avant, c'est John Grace, ce mois-ci, qui endosse la robe et la perruque de l'avocat du diable (c'est le nom de la page mensuelle-poil à gratter) dans laquelle la Royal Mail est appelée à s'inspirer de Phil@poste pour attirer les non-collectionneurs vers les bureaux de poste, excités à l'idée d'acheter des timbres...

C'est le timbre à sniffer Euro 2016 qui l'inspire (pourvu que ce timbre reste l'exception)... En particulier le fait de gratter pour sniffer le gazon dans un royaume où les jeux à gratter sont partout : que la Royal Mail tente le timbre-loterie !

Potentiellement gagnant, il attirera les foules. Perdant, il finira sur du courrier.

John, venez lire mon compte-rendu de la « proclamation du Désir φl@télique », please. Et sait-on si les timbres-loterie à gratter pré-personnalisés français de l'année dernière ont eu le succès attendu ?

mardi 17 mai 2016

Salade de fruits d'origines variées

Quelques actualités philatéliques, postales ou historiques.

L'USPS aurait pu devenir un géant du net
Hier, lundi seize mai 2016, le site d'information Bloomberg propose un long article de son journaliste Devin Leonard racontant comment, depuis les années 1970, l'opérateur postal historique états-unien a échoué à devenir un grand du net et du web...

Une liste d'échec, mais, l'intérêt est de montrer que ce ne fut pas vraiment par sa faute. Avec toutes les entraves posées à l'USPS dans ce domaine devenu pressant, on peut se demander pourquoi l'entreprise n'est toujours pas privatisée au pays du capitalisme... et la chance qu'a La Poste française de se diversifier.
La couverture de l'histoire de l'USPS par Devin Leonard (amazon.com ou .co.uk)
Et, historien des entreprises pour Bloomberg, Leonard sait de quoi il parle puisque, le mois dernier, est paru son « histoire de l'United States Postal Service » au titre reprenant les premiers mots de la devise de l'institution : grossièrement résumé que l'ensemble des éléments n'empêcheront pas ses courriers d'accomplir leur devoir.

Un futur achat et lecture pour compléter le fascicule sur son histoire que l'USPS avait offert en 2007 à ceux qui en firent la demande.

Norfolk sera-t-elle toujours un pays philatélique le premier juillet ?
Signalé par un participant du forum basé en Australie (mais ouvert à tous) StampBoards.com, la fin de l'autonomie du territoire extérieur de l'île Norfolk surviendra le vendredi premier juillet prochain et Australia Post s'est tenu à la disposition des habitants du trois au cinq mai pour connaître leurs désirs et questions sur les changements à venir en matière postale.

Si vous parcourez les articles de presse récents, vous découvrirez rapidement les deux points de vue opposés sur la fin de l'autonomie de cette communauté originaire de Pitcairn, établie là sous la Reine Victoria en 1856 - vide qu'elle était après avoir servi deux fois de colonie pénitentiaire isolées dans l'océan Pacifique. Et son service postal employait ses propres timbres depuis 1947.

Deux scénarios sur la crise actuelle. Soit vous croyez le gouvernement conservateur qui estime que les îliens coûtent cher à l'Australie, ne savent pas se gérer et sont en retard de deux prêts à rembourser... Soit vous croyez les îliens qui accusent le gouvernement australien d'avoir encaissé les droits de pêche de la zone économique exclusive de Norfolk, affirment qu'ils ont financé par eux-mêmes leurs droits sociaux, qu'ils n'ont pas vraiment été aidé depuis la crise financière de 2008 (qui a entraîné une baisse de l'activité touristique) et qu'ils ne sont pas australiens...

Dans tous les cas, de la même manière que le Président Hollande et le Premier Valls gèrent les débats sociaux et parlementaires en France, le gouvernement et le parlement fédéraux australiens ont réglé rapidement le problème en 2015 : au premier juillet prochain, Norfolk deviendra une commune de Nouvelle-Galles du Sud.

Si les modèles de Christmas Island en 1993 et de Cocos (Keeling) Islands en 1994 sont suivis, Australia Post devrait gérer l'ensemble des opérations postales de Norfolk, y compris l'émission de timbres-poste à thématique locale, mais qui seront désormais valables partout en Australie... avec les timbres d'Australie et des autres territoires valides depuis Norfolk.

À suivre...

Le blogueur Jean-François continue son œuvre pédagogique
L'expert français a publié deux nouvelles fiches mi-éducatives, mi-avertissement, le vendredi treize mai dernier : une sur les variétés de couleurs, une sur les types Pasteur surchargés pour la Caisse d'amortissement... et, d'après lui, la falsification du timbre-support est à vérifier autant que celle de la surcharge.

lundi 16 mai 2016

Mikhail Bulgakov en Ukraine, Postcrossing II en Russie

Tandis que je veille pour voir si la poste ukrainienne va émettre un timbre pour la victoire de Jamala au Concours Eurovision de la chanson après qu'une majorité des jurys nationaux et, pour une chanson triste, une part étonnante du public ait choisi de commémorer la mémoire de la déportation en 1944 et du maintien forcé loin de la Crimée des Tatars.

J'ai trouvé quelque chose et, par équilibre dans cette continuation de la Guerre froide, découvert une émission que j'ai ratée sur le site de la poste russe.

125 ans de la mort de l'écrivain Mikhail Bulgakov
Le timbre de 2,40 hryvnia (site de Ukrposhta).
Pourquoi m'intéresser à ce timbre sur Mikhail Bulgakov ?

D'abord, le timbre a été émis le vendredi treize mai dernier, en plein semaine de l'Eurovision. Ensuite parce qu'il rappelle la complexité de la région : écrivain de langue russe, né à Kiev où ses parents enseignants se sont installés, quittant l'oblast de Bryansk, aujourd'hui russe et frontalier de l'Ukraine.

Diplômé de médecine, il sert sur le front oriental de la Grande Guerre, y est blessé deux fois et jusqu'en 1918 est victime d'une addiction à la morphine. L'épreuve suivante dure deux ans à partir de 1916 comme médecin de campagne près de Smolensk...
L'édition britannique de la série inspirée des nouvelles de Bulgakov, d'après ses deux ans de médecin de campagne morphinomane (amazon.co.uk).
Et là, je me souviens d'où je connaissais son nom - n'étant pas proche de la littérature d'Europe de l'Est : son recueil de nouvelles, en particulier celle titrée Morphine, inspirées de cette mission de médecin de campagne, a été adaptée en 2012 en une série télévisée britannique d'humour noir, A Young Doctor's Notebook.
Daniel Radcliffe bien avant sa carrière théâtrale et cinématrographique adulte (phil-ouest.com)
La série amène une nouveauté : au début des années 1930, dans le contexte policier du stalinisme, le médecin (Jon Hamm) encore soumis à l'addiction se remémore, à la lecture de ses carnets, le début de sa carrière (Daniel « Harry Potter » Radcliffe) dans une campagne isolée...

À partir de 1919, la carrière littéraire prend le pas sur celle de médecin, jusqu'à sa mort de maladie en 1940, après une décennie de censure de ses pièces de théâtre. Son dernier roman, posthume, Le Maître et Margarita - où le Diable visite Moscou... sous Staline - a inspiré Salman Rushdie et trois groupes de rock.
La poste soviétique a consacré un entier postal à Mikhail Bulgakov en 1991 (wikimedia.commons.org).
Enfin, pourquoi cent vingt-cinq ans de sa mort ? Et le centenaire ?

L'article de la Wikipedia en anglais signale l'entier postal de 1991 - encore sous l'Union soviétique. Je m'interroge : est-ce une carte postale complètement sur Bulgakov (l'illustration à gauche) et ses pièces (le timbre) ? Ou un entier sur le théâtre repiqué selon les nécessités commémoratives ?

Mission : lire tout Bulgakov et trouver un chat. Forcément noir ?

Deuxième timbre annuel Postcrossing en Russie
Le deuxième timbre Postcrossing pour la Russie (rusmarka.ru).
Côté russe, le vendredi vingt-cinq mars, c'est le site d'échange de correspondances par cartes postales Postcrossing qui bénéficie d'un deuxième timbre de la part de Pochta Rossii.

Le choix est logique : les Russes constituent le groupe national le plus important sur le site avec 76 mille membres, devant Taiwan, la Chine populaire et les États-Unis ; et le deuxième nombre de cartes expédiés à bientôt quatre millions depuis le quatorze juillet 2005, vers les cinq millions pour les postcrossers allemands.

Continuons donc le catalogue thématique :

N°23 : 25 mars 2016 par Pochta Rossii en Russie en une feuille de neuf timbres autocollants identiques par I. Sidenko. 31 roubles. Illustration : un paquebot et un avion de ligne circulent entre des maisons de styles différents ; surimposée, une lettre inscrite en russe « J'aime Postcrossing ».

Note : le tirage passe de 297 mille pour le premier timbre (n°9) à 414 mille.

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Rappel :
RUS n°1 (#9) : 27 janvier 2015 par Pochta Rossii, Russie, 23 roubles. Créé par O. Shushlebina : une enveloppe sur un globe décoré des principaux monuments historiques européens et le Taj Mahal.

RUS n°2 (#23) donc.

dimanche 15 mai 2016

Les postes du futur : moins de postiers, plus de colis

Le courrier papier est mort ! La Cour des comptes fait la peau aux postiers : ne ratez pas le second épisode ! Modernisons les guichets postaux ! Toujours plus de livraisons ! Demandez la dernière édition !

Après les facteurs en février, c'est au tour des guichetiers de sentir le vent libéral dérégulateur de la Cour des comptes. Ses membres devraient se pencher sur les problèmes subis par les commerçants-postiers franchisés au Royaume-Uni quand Post Office Ltd revoit leur contrat...

La direction du groupe La Poste, elle, cherche tout revenu complémentaire : dans le mensuel économique Capital daté avril 2016, ce sont des publicités déjà vues qui rappellent que La Poste peut gérer le parc automobile de l'entreprise du lecteur - avec établissement d'un plan de déplacement conforme au développement durable tout de même ? Et que La Poste Solution Business gère les données de quatre-vingts pour cent des entreprises de l'indice boursier CAC 40.

À se demander pourquoi le groupe La Poste s'acharne à vendre des timbres... Ou, peut-être Phil@poste en émet autant pour atteindre une marge bénéficiaire équivalente aux services aux entreprises qui n'ont rien à voir avec les métiers historiques de l'opérateur.

Sinon, le transport du courrier et des colis passionne toujours et cela s'entraperçoit un peu partout dans le même numéro 295 du périodique de Prisma Media.

Toujours par une publicité, maquillée en communiqué « Capital Club », c'est la filiale Asendia France - fouillé ce blog pour sa cousine britannique - qui promet aux e-commerçants de booster leurs ventes à l'étranger : du colis code-barrés, du suivi de colis international, du retour de colis facile, et à prix bas (mais pas révélé) : Delivengo (cohesio, indigo, deliveo, féduvélo,...) est le moyen-miracle proposé par la co-entreprise des parties internationales des La Poste française et suisse.

Après une cérémonie publicitaire du thé à l'aide d'une machine Cha Dao de Riviera&Bar, les « 100 idées de nouveaux business » vous proposent de concurrencer La Poste et ses concurrents/filiales colis.

Ainsi, dépoussiérant la livraison express, l'entreprise lilloise Colisweb et la parisienne Deliver.ee assurent des livraisons à la demande très rapides. Leur secret est de se limiter à un cercle local de deux-trois kilomètres. Petit souci au détour de la présentation d'un troisième acteur londonien-parisien : « des livreurs indépendants à pied, en vélo ou motorisés »... Souvenir. Une fois ceci dit, il n'est pas étonnant que La Poste a participé à la levée de fonds.
Un concierge à vélo, c'est à vous démoder votre facteur (logotype de SoyezBCBG.com)
Ou alors, il faut compléter un service en y ajoutant la livraison dans un emballage smart : SoyezBCBG ou MIBclean viennent chercher et ramènent vos costumes ou vêtements recousus à domicile ou au bureau. L'application mobile et le véhicule du livreur sont neufs, le pressing reste fait par... un pressing déjà existant.

Pour les plus entrepreneurs et innovateurs d'entre vous, vous préférez employer ces entreprises de livraison. Mais avec quoi remplir les colis. Capital a trouvé plein d'idées : lingerie fine, lunettes de vue ou produits cosmétiques artisanaux, eau de cologne dopée aux agrumes, pourvu que tout cela soit Made in France pour l'international : il faut bien que Delivengo gagne sa vie. Ou alors importer des masses de petits objets faits ailleurs pour créer une mode.

Après une assiette de nouilles, pardon, un reportage photographique dans l'usine de Nanterre de Panzani, c'est un ingénieur de Google, Jussi Myllymaki, qui a déposé un brevet en février dernier pour la livraison de colis en camion sans conducteur. Un bureau de boîte postale à code secret qui viendra jusqu'au destinataire pour le livrer. En concurrence future avec les drones d'Amazon (domaine où une des multiples filiales colis de La Poste a une aile) et un poids lourd automatisé de Mercedes-Benz.

Les historiens des entreprises postales ne manqueront pas de travail avec le vingt-et-unième siècle, même si tous ces reports vers sites internet et applications mobiles interrogent sur la nature des archives qui resteront.

Avec tout cela, on voit que la croissance des déplacements va se poursuivre. La nouvelle économie ne devait-elle pas dématérialiser durablement nos vies ?

samedi 14 mai 2016

Finale de l'Eurovision 2016 : Oh Happy Day!

Le jour le plus motivant de l'année : le samedi de la finale du Concours Eurovision de la chanson, snobé par la majorité des Français, adulé dans toute l'Europe, en Australie et, enfin, par une chaîne payante états-unienne.

Et qui clôt une semaine où les Européens peuvent se rassembler et se connaître avant que la partie peu inspirée des politiciens reprennent la main dès le lendemain.
Slogan, image-clé et logotype du Concours Eurovision de la chanson 2016 (via la Wikipédia en anglais).
Pour preuve, les postes qui émettent des timbres du programme à l'effigie de leurs anciens vainqueurs : quatre timbres pour la Norvège en 2010 par exemple.
Alexander Rybak, vainqueur norvégien du concours 2009, sur un timbre de la série du dix-huit mai 2010, sur une carte reçue via Postcrossing (merci Jörg, oblitération du trois juin 2010).
Le vainqueur de l'année dernière, le Suédois Måns Zelmerlöw a eu droit à une feuille de vingt timbres personnalisés par la poste autrichienne (vendue donc avec presque six euros de bonus... par un opérateur qui vend aussi des aspirateurs de luxe)... Lors de la première demi-finale, il a proposé la nouvelle version scénique de sa chanson Heroes interprétée désormais avec des enfants en chair et en os, même si l'animation avait marqué sa prestation l'année dernière.
La feuille collector - dirait-on en France - prépersonnalisée par Austria Post, opérateur postal aussi anglophone que les chanteurs du concours (la page d'achat).
Pas de timbre Eurovision pour la moitié suédoise de PostNord puisque, contrairement à la poste autrichienne, elle ne semble pas être un partenaire officiel du Concours. En plus, le programme suédois a l'air léger et équilibré : voir les émissions 2015 et 2016. Avec un défaut : il semble que la vente en carnet et en bande de dix issus de roulette soient la norme sur la boutique de l'opérateur et même sur celle de l'agence WOPA.

Évidemment, le timbre en faveur de l'égalité des lesbiennes, bisexuels, homosexuels et transgenres, émis le quatre mai une semaine avant les demi-finales, a pu attirer une partie du public de l'Eurovision vers les bureaux de poste de Stockholm.
Émis une semaine avant les demi-finales du Concours Eurovision et au début de la saison des Prides dans le monde (PostNord.se)
Néanmoins, une série musicale a été émise le quinze janvier 2015 pour reconnaître la célébrité et le succès mondial de six artistes pop suédois dans le monde : la soprano/popstar Robyn, le disc jockey Avicii, Seinabo Sey côté soul pop, le chanteur et producteur Max Martin et le duo folk First Aid Kit.
Deux des timbres de 2015 célébrant la pop suédoise (bulletin philatélique de PostNord).
La série est agréable à regarder : dessinée au stylo par Jenny Mörtsell. D'après elle, c'est un outil assez fréquent chez les illustrateurs ; à voir sur timbres émis (et moi de retrouver quelle illustratrice française avait proposé un projet de timbre de Monaco pour son entretien dans L'Écho de la timbrologie il y a plusieurs années de cela).

Quant aux chansons, ont marqué des oreilles ou ma réflexion : toutes celles pop ou rock... Ben oui, sinon je ne suivrai pas le Concours !

La candidate autrichienne, Zoë, chante son conte de fée façon Classique des Studios Disney et en français. Il y a un intrus dans cette proposition ;) Élève du lycée français de Vienne, elle n'est pas à son coup d'essai : tout son premier album est en français. Et ça plaît en Autriche puisqu'elle est issue du télé-crochet national.


Dans la série, c'est la fête, mais n'oublions pas : la candidate ukrainienne, Jamala, rappelle la déportation des Tatars de Crimée en 1944... Née au Kirghizistan d'un père tatar de Crimée et d'une mère arménienne, elle chante cette mémoire. Comme la France l'année dernière avec le centenaire de la Grande Guerre : l'objectif n'est pas de gagner, mais de faire passer un message... L'entendra-t-il ?


Et enfin, la surprise : France Télévision a-t-elle provisionné quelques économies pour accueillir le Concours 2017 pour faire oublier l'élection présidentielle des dimanches vingt-trois avril et sept mai ? Une chanson bilingue, rythmée, accessible à une grande partie du public européen et une finale diffusée sur sa chaîne principale.


Espérons, car un artiste seul sur scène, même avec les écrans magiques, ça manque de show. Mais, depuis 2010, l'entraînant Jessy Matador et ses danseurs, nous savons que les Européens centraux et orientaux ont du mal avec la réalité de l'Europe occidentale multiculturelle.

Bref :

We are the heroes of our time...

But we dance with the demons in our mind...

We are the heroes...

vendredi 13 mai 2016

Les premier jouristes britanniques en deuil de Tony Buckingham

Hier, jeudi douze mai 2016, le marchand britannique Tony Buckingham est mort et sa mémoire honorée sur le forum StampBoards.com. Triste moment pour les amateurs de nouveautés et des cérémonies accompagnant leur émission.
Le joli logotype de Buckingham Covers (site web du marchand).
Spécialiste de la création et du commerce des enveloppes premier jour ou commémoratives, il avait fondé Benham avant de la revendre à Stanley Gibbons en 1997. Depuis 2000 à Folkestone dans le Kent, il dirigeait Buckingham Covers avec son épouse et sa fille.

En 2007, quand je me suis abonné à deux magazines philatéliques britanniques, j'ai été étonné du commerce existant outre-Manche autour des enveloppes premier jour d'émission, illustrées par des négociants... L'humour de certains dessins... Leur débat sur le coût ou la difficulté d'illustrer des enveloppes premier jour privées lors des émissions sur des sujets couverts par les droits d'auteur et d'exploitation : héros de films ou de bandes dessinées, série de films de space opera,...

En tout cas, sûrement une personne optimiste sur les programmes philatéliques de la Royal Mail.
Couverture de la réédition de l'autobiographie de Tony Buckingham (amazon.co.uk).
Il avait transcrit cette passion en 1997 dans une autobiographie, The Gravedigger's Apprentice, rééditée en 2015, évoquant notamment ses débuts comme apprenti fossoyeur.

Sur StampBoards, de décembre 2015 à février dernier, il avait raconté quelques épisodes de sa carrière philatélique.

dimanche 8 mai 2016

Uchronie ? Non histoire contrefactuelle !

Passionné d'uchronie et de quelles Histoires auraient pu avoir lieu SI notre Histoire n'avait pas suivi le cours que nous lui connaissons, mon regard tomba récemment sur la couverture d'une édition récente du livre de l'historien britannique Niall Ferguson.
Copie d'écran de la couverture du livre électronique dans son édition de 2011 (amazon.co.uk).
Le sujet a été évoqué pendant une semaine sur la chaîne publique française France Culture, début février dernier : des historiens anglo-saxons, et désormais quelques-uns français, pratiquent l'histoire contre-factuelle.

L'idée est à partir du déroulement réel, d'essayer pour l'historien de montrer dans quelle mesure et pour quels facteurs les autres chemins possibles n'ont pas existé - voire chez Ian Kershaw, en 2007, à démontrer comment les gouvernements de l'Axe se sont retrouvés face à des « choix fatidiques » (version poche française) quand ils ont déclaré la guerre à telle ou telle puissance, apparemment contre toute prudence.

Dès 1997, Niall Ferguson s'essayait à une « Virtual History » à travers une poignée d'études de cas professionnellement analysées à travers les alternatives, et suite à une introduction méthodologique sur l'intérêt intellectuel de cette approche.

Pour l'éditeur Penguin, il faut vendre... Comme souvent avec les choix d'intrigue des auteurs d'uchronie et pour les couvertures d'historiens contre-factuels, le portrait d'Hitler attire le regard. De temps en temps, un graphiste se voit demander de modifier un timbre plus facilement dans le domaine public (entre les soixante-dix ans de la disparition de l'artiste ou le Crown Copyright britannique).

Après un roman de 1978 montré ici, voilà le un penny rouge du Congrès postal universel de Londres, émis sous George V en 1929, repris pour un imaginaire nouveau congrès londonien en 1949 sous l'égide du Führer.

vendredi 6 mai 2016

Excellente introduction aux entiers de Saxe

Hier, jeudi cinq mai 2016 au 41 Devonshire Place, l'Allemand Arnim Knapp a animé une conférence sur les enveloppes pré-affranchies du Royaume de Saxe, émises de 1859 à 1965.

Et, en une demi-heure, a réussi une présentation philatélique de haut niveau (médaille d'or à Belgica 2001 d'après les archives de la Fédération internationale) tout en convaincant l'auditoire sur place et via youTube à s'intéresser aux entiers postaux.

Même les non-membres de la Royal Philatelic Society London peuvent profiter du talent d'Arnom Knapp à travers le très complet livret pdf consultable sur le site de la Société et d'imaginer quelle judicieuse sélection des documents il a réalisée pour la conférence : des entiers utilisés bien sûr, des impressions et archives préparatoires...

... et des schémas simples et efficaces pour expliquer comment ces enveloppes furent imprimées avec gaufrage, gommées (pour la fermeture) et fourbies en moyens de sécurité anti-fraude.

Avec les questions des Britanniques présents, versés dans les enveloppes Mulready, la réflexion alla jusqu'à se demander quels brevets protégeaient les machines britanniques mentionnées dans la présentation.

Je craignais le combo entier + non-Commonwealth : j'ai passé une magnifique heure sur la genèse d'une émission, d'histoire postale et d'histoire des technologies.

Prochain rendez-vous le jeudi dix-neuf mai : Frank Walton proposera une vidéo d'introduction à sa collection exposée du Sierra Leone jusqu'à 1961.

Pour ceux qui préfèrent la combinaison « prêt-à-poster », voir le site qu'André Hurtré a tenu de janvier 2001 à janvier 2012.

jeudi 5 mai 2016

Navires sur timbres chinois : une question de puissance

La montée en puissance de la République populaire de Chine obnubile les lycéens français à quelques semaines de leur examen final, autant que les intellectuels et politiciens européens depuis le dix-neuvième siècle, et encore plus depuis l'ouverture économique du pays depuis la direction de Deng Xiaoping.

Récemment, cela se traduit par un besoin insatiable de matières premières et de contrôler les routes maritimes pour produire, exporter et livrer tout ce que les entreprises et consommateurs du monde entier commandent aux entreprises chinoises : de revendiquer des récifs et îlots en mer de Chine du Sud à une distance exagérée de ses côtes jusqu'à ouvrir un port à Djibouti, découvrait Gauthier Toulemonde pendant la rédaction de son deuxième hors-série géopolitique.

Un suivi de la presse annonce pourtant cette expansion thalassocratique depuis quelques temps déjà.

Samedi vingt-huit mars 2015, Brice Pedroletti résumait dans Le Monde les aléas de la construction du centre d'affaires/habitat résidentiel/circuit de formule un de Port City à Colombo, la capitale du Sri Lanka. Financé entièrement par des entreprises chinoises, comme le port de Hambantota plus au sud, le chantier était alors suspendu par le nouveau président à cause de soupçon dans les conditions d'attribution du marché et si l'impact environnemental avait été suffisamment pris en compte. Replaçant l'affaire dans un contexte plus large, le journaliste expliquait que l'ancien président évita ainsi de faire appel à des entreprises de pays occidentaux souhaitant enquêter sur la fin de la guerre civile, tout en irritant l'Inde entourée d'alliés économiques de la Chine à force d'équipements offerts. Point final du jeu géopolitique asiatique : un sous-marin chinois faisait escale au port de Colombo (financé par devinez qui) en pleine visite du Premier Ministre japonais...

Les entreprises chinoises et l'État qui les soutient visent dans toutes les directions avec infrastructures en cadeau et matières premières en retour : les pays d'Afrique c'est connu, ou le « collier de perles » qui veille sur la route Chine-Europe ou qui étrangle l'Inde selon le point de vue, et l'Océanie. Dans son numéro du vingt-deux août 2013, Courrier international proposait un dossier composé d'articles japonais, chinois, australiens et fidjiens sur les investissements chinois dans les petits États de l'océan Pacifique, y compris ceux intimement liés aux États-Unis d'Amérique.

Intéressant serait une étude-catalogue des émissions de timbres réalisées et offertes à un pays en développement par l'État chinois ou un de ses affidés, disons une association nationale de philatélie. Je lis, ici et là, parfois avec photographies de cérémonies premier jour en Chine, ce genre de propos...
Coin timbré d'une carte postale en provenance de République populaire de Chine.
Et le pays ne se cache pas des objectifs de ces actions, mais accrocs aux prix bas que nous sommes, consommateurs mondiaux (du portable de base en Afrique au grand écran pour regarder le football en Europe, sans oublier le petit connecté dans la poche), et dans une logique de dissuasion nucléaire, que pourraient faire les autres puissances ?

En illustration, deux timbres maritimes émis par la poste de Chine populaire en 2013 et 2014, dont les lecteurs français remarqueront la finesse de l'oblitération ronde, lisible, permettant avec le bagage linguistique adéquat de savoir où elle a été frappée. Merci au postcrosseur chinois anonyme pour sa carte postale du vingt-six juillet 2015.

À gauche, le timbre de 2014 semble illustrer l'exploration arctique par un navire de la Chinare, l'Administration arctique et antarctique chinoise : pour protéger la zone polaire ou pour savoir quand les armateurs vont enfin pouvoir faire passer des porte-conteneurs en hiver sans l'assistance d'un brise-glaces russe ?

À droite, le timbre de 2013 représente un navire qui dépose un oléoduc ou un navire-raffinerie qui livre ou récupère du pétrole ? En tout cas, une des trois activités de prospection pétrolière off shore illustrées par une série de trois avec le navire-sonar et la plate-forme d'extraction.

Comme témoin de puissance, ces timbres sont-ils plus rassurants que celui sur Les Armes de la victoire émis par la Russie en 2009 ?


Sachez que la puissance chinoise passionne puisque le dernier article de ce blog sur ce thème, daté vendredi douze juin 2015, a attiré plus de deux cents cinquante visites (c'est inouï par ici), une majorité se concentrant au premier trimestre 2016. Si, malgré mon avertissement, les lycéens français cherchent sur ce blog la réponse à leurs tourments de futurs bacheliers : ces deux timbres et les trois articles de presse évoqués peuvent illustrer les chapitres de terminale de géographie sur l'importance stratégique des espaces maritimes, la concurrence entre les puissances chinoises et japonaises, et l'interrogation sur l'état de la puissance états-unienne en ce début de vingt-et-unième siècle.

dimanche 1 mai 2016

Cent médailles d'or célébrées pour Jean-Jacques Tillard

A version in English of this article is available on SebPhilately: click here, please.

Décidément, les chaînes de télévision et de radio publiques Saint-Pierre-et-Miquelon 1ère adorent la philatélie : début avril, chacune a consacré un long moment à Jean-Jacques Tillard dont les cent médailles d'or ont été célébrées par le Lakeshore Stamp Club lors de sa cinquante-troisième exposition, du vendredi premier au dimanche trois avril 2016.
Jean-Jacques Tillard chez lui devant le classeur contenant les deux collections qu'il a présenté au Club de Lakeshore début avril 2016 (Marie-Paule Vidal, Flavie Bry et Séverine Luberry pour SPM 1ère).
Pour le reportage télévisé du lundi quatre avril chez le spécialiste de l'archipel, c'est par ici. Et pour l'émission Brumes de Capelans du mercredi treize avril, voilà.

Par rapport à la précédente émission d'octobre dernier, ces deux moments sont davantage tournés sur le collectionneur compétitif et la personne Jean-Jacques Tillard qui a accumulé donc cent médailles d'or et de grand or en dix ans, tout juste, depuis celle remportée à l'exposition du Club de Lakeshore, à Dorval, sur l'île de Montréal.

Le secret : une impressionnante collection accumulée depuis son enfance, des centaines d'heure de travail depuis une décennie pour mettre en forme... et placer sa carrière professionnelle en suspens pour devenir expert philatélique afin de gagner sa vie et pouvoir étudier et préparer.

Cela a fourni une cheville ouvrière efficace à la collectivité d'outre-mer française pour se faire connaître dans le monde philatélique bien au-delà de la Métropole.

C'est ainsi que c'est un club québécois qui s'est proposé d'inviter le recordman et ancien participant lors de son exposition annuelle. Et que le Club philatélique de l'archipel est membre à part entière de la Fédération inter-américaine de philatélie et arrivera donc en force au Stamp Show de New York fin mai : cinq exposants pour une collectivité de six mille habitants...
En bas et au centre, un timbre de Saint-Pierre-et-Miquelon sur timbre d'Équateur pour l'exposition continentale de Quito, en septembre 2015 (site de la Fédération interaméricaine de philatélie).
Tout en moquant les Cassandre (métropolitaines ?) des années 2000 qui lui promettaient toutes les difficultés à obtenir de bons résultats à partir de la philatélie de Saint-Pierre et Miquelon... L'exact opposé du président du Club de Lakeshore qui l'incita à se lancer en 2005.

Quelles dates retient-il à la demande de la présentatrice ?
2 avril 2006 : première médaille d'or à Lakeshore.
Juin 2007 : première médaille d'or mondiale à Saint-Pétersbourg, en Russie.
2010 : victoire au championnat du Canada.
2012 : première participation à une exposition aux États-Unis.
2013 : premier grand or mondial à Rio de Janeiro.
La collection grand or devenue un livre (site de Jan-Jacques Tillard).
2015 : deuxième grand or mondial à Singapour.
2016 : vers la FIP Championship Class ?

Et, après New York ? De nouveaux projets en vue, révèle-t-il en maintenant un certain mystère.