vendredi 30 septembre 2016

Devoir de mémoire postale de l'occupation des îles Anglo-Normandes

Hier, jeudi vingt-neuf septembre 2016 au siège de la Royal Philatelic Society London, Ron Brown a présenté une conférence pleine d'émotion sur l'histoire philatélique et postale de l'occupation allemande des îles Anglo-Normandes de Guernesey et Jersey.

Prises par les forces allemandes respectivement le trente juin et le premier juillet (le deux pour Alderney), les îles et leurs habitants encore présents sont sous un strict régime d'occupation jusqu'à au neuf mai 1945.
Le projet allemand refusé par les autorités jersiaises de surcharge des timbres à l'effigie du Roi George VI (extrait de la vidéo de la conférence).
Ron Brown a partagé sa présentation. D'abord, l'attendue histoire philatélique : comment les gouvernements locaux ont-ils géré le manque de timbres-poste, en urgence (coupés en deux), en concurrence avec l'occupant (projet de surcharge à la croix gammée), ou avec son accord aveugle (armes royales d'Angleterre ou discret jeu de lettres du Major Norman Rybot), et même l'esquise série illustrée de Edmund Blampied comprenant le monogramme royal interdit.

Projets, pièces survivantes, photographies des acteurs contant ou montrant les gestes de l'époque complètent le propos spécialisé.

La seconde moitié montre l'importance de qui écrit et de qui reçoit le courrier à travers des courriers liés au devenir d'Îliens arrêtés par l'occupant, emprisonnés en France voire déportés dans des camps de concentration... et pour quelques-uns tués dans un camp d'extermination. Certains moururent des mauvais traitements ; d'autres et leur famille restèrent marqués par ces épreuves.

Nous sommes bien loin du roman épistolaire de Mesdames Shaffer et Barrows, qui évoquaient toutefois la résilience des occupés.

Une version en livret de la conférence est consultable sur le site de la Société.

Petite découverte au cours de la préparation de cet article : les sociétés savantes des îles Anglo-Normandes et des volontaires nourrissent le site theislandwiki.

lundi 26 septembre 2016

Nouveau billet, nouvelle génération au Royaume-Uni

Depuis mardi treize septembre dernier, la Banque d'Angleterre a commencé la diffusion du nouveau billet de cinq livres sterling à l'effigie du Premier Ministre Winston Churchill. Elle entame une nouvelle génération de billets en passant au polymère.

Habitude toute britanniques, les banques écossaises suivent avec, dès demain, la Clydesdale Bank émettra son billet de cinq livres en polymère, suivie par la Bank of Scotland le quatre octobre et la Royal Bank of Scotland le vingt-sept octobre.
Le labyrinthe du palais où naquit le grand homme, une citation historique, Big Ben hologramme parmi les mesures de sécurité (compte Flikr de la Bank of England).
L'étape est à réussir dans un pays où j'ai pu voir des commerçants dénués d'appareils de vérification être hautement méfiants envers les billets de cinquante livres d'avant 2011.

Le nouveau billet est plus petit, réputé plus propre grâce à un support impropre aux champignons, résistant à l'eau (bientôt les tests par les youTubeurs) et à durée de vie plus longue...

Tellement de qualités révolutionnaires que les participants australiens de StampBoards.com moquent les métropolitains qui découvrent un matériau bancaire employé dans la Grande Île depuis un billet commémoratif en 1988 et sa série générale depuis 1992.

La Reine Elizabeth II, une couronne en relief,  les blasons des quatre pays unis du Royaume (compte Flikr de la Bank of England). 
À l'âge d'internet, le lancement du billet nouveau fait appel à tous les moyens possibles. Fini est le temps où la pédagogie sécuritaire se limitait aux reportages didactiques des médias et aux prospectus dans les banques et les commerces.

Les images sont rangées dans la banque d'images Flikr. Le billet a même son propre site de présentation : The New Fiver, comprenant un concours de vidéo pour les écoles. Et même trois clips sur youTube : introduction sur une musique digne de l'Angleterre éternelle, sécurités, production.

Par contre, les touristes ont jusqu'au cinq mai 2017 pour utiliser les billets à l'effigie de la réformatrice du dix-neuvième siècle Elizabeth Fry. Ensuite, c'est le guichet de la Bank of England.

Prochain épisode monétaire en mars avec la nouvelle pièce d'une livre de la Royal Mint. Pour les prochains billets plastiques : le dix livres et l'écrivaine Jane Austen est prévu pour l'été 2017 et le vingt livres consacré au peintre Turner d'ici 2020.

samedi 24 septembre 2016

The Witcher, fierté vidéoludique de la Poste polonaise

A translation of this article in English is available on SebPhilately since Monday 26 September 2016.

Depuis vendredi seize septembre 2016, des millions d'adolescents et d'adultes non philatélistes se sont vus rappelés par leurs sites d'information préférés, ici et , que les timbres-postes existent encore : un des grands jeux vidéo du moment a droit à son timbre de six złotys en Pologne.
Le timbre à l'effigie de Geralt de Riv dans son feuillet (Poczta Polska).
Les joueurs de jeu vidéo se voit proposer par la Poste polonaise cent quatre-vingt mille exemplaires d'un feuillet d'un timbre sur la série The Witcher et son héros Geralt de Riv qui a atteint son troisième épisode en mai 2015 sur ordinateurs sous Windows et les consoles de salon actuelles.

Les jeux sont inspirés des nouvelles et romans de fantasy de Andrzej Sapkowski, traduits en France comme le Cycle du Sorceleur aux éditions Bragelonne. Dans un univers mêlant Europe médiévale et magie, le héros combat tous les monstres et dangers menaçant les humains dans un monde grand ouvert à l'exploration par le joueur.

Un coup de pub ?

Pas forcément : un seul timbre polonais qui honore un écrivain polonais, pour une partie de son œuvre connue dans le monde, et des jeux vidéo liés créés par un studio polonais, CD Projekt RED.

Où ai-je mis ce bloc de timbres vidéo-ludiques ramené par un ami après un voyage au Japon ?

vendredi 23 septembre 2016

Même la Centrafrique est étudiée dans Gibbons Stamp Monthly

Mercredi matin, l'encre numérique avait à peine eu le temps de sécher sur l'article des coins et recoins que le lendemain matin, le numéro daté octobre 2016 de Gibbons Stamp Monthly dévoilait la philatélie contemporaine d'un pays d'Afrique francophone, peu explorée par la presse philatélique francophone.

Après le Bénin en novembre et décembre 2015 avec Nicholas Pertwee, Michael Round affronte en six pages [des sels pour ranimer les lecteurs évanouis de fatigue de la nouvelle petite formule de Timbres magazine, s'il vous plaît] la République centrafricaine : son histoire coloniale, ses timbres gravés de l'indépendance, ses oblitérés sur commande pour le marché des pochettes de débutants, ses dirigeants et empereur Bokassa, ses multiples imprimeurs.

Et surtout, comment les différents catalogues de timbres traitent les timbres de ce pays depuis les oblitérés des colonies jusqu'aux émissions illégales. L'éditeur Michel liste tout, Yvert surcote les neufs des colonies alors que les oblitérés sont difficiles à trouver.

Mais aussi, quelques preuves qu'avec persévérance le collectionneur et l'historien postal peut explorer ce pays indépendant par les oblitérés et les courriers : l'essentiel des illustrations proposées par Round sont dans cet état ! Dont deux flammes postales à la française des années 1970.

Évidemment, les aléas politiques et militaires depuis 2004, aggravés fin 2012, et le très faible développement humain limite une collection actuelle.

jeudi 22 septembre 2016

Disparition de Jacques Renollaud, spécialiste des relations franco-britanniques

Par un triste mail, le président du Club philatélique franco-britannique, Robert Marion, annonce la disparition de Jacques Renollaud, samedi dix-sept septembre dernier, à l'âge de quatre-vingt-dix ans.

Ancien président du Club et de l'Irish Philatelic Circle, l'académicien européen vendéen s'est illustré dans l'étude des relations postales franco-britanniques jusqu'en 1855 et irlando-britanniques avant les années 1920. Dans Britannica, la revue du Club franco-britannique, il tenait une chronique des nouveautés de la saga Machin.

Un des doyens de la philatélie, il participait encore à Europhilex 2015 à Londres et au World Stamp Show de New York le printemps dernier grâce à son catalogue des lettres prisonniers de guerre français en Angleterre entre 1744 et 1815, auto-édité et disponible via le Club. Vous pouvez lire, sur le site du Club philatélique brainois, le résumé de la collection proposée par M. Renollaud au sein d'une exposition d'académiciens européens pour Braphil'15, lors du bicentenaire de la bataille de Waterloo.

mardi 20 septembre 2016

Coins et recoins à explorer dans la presse britannique

En 2017, ce fera une décennie que deux magazines philatéliques britanniques me surprennent fréquemment malgré leurs styles fort différents. L'été 2016 n'a pas fait exception.

Inattendue série de guerre d'Afrique du Sud...
Si Adrian Keppel fait le tour du monde des grands classiques dans ses chroniques d'une page, Stamp Magazine explore des séries d'usage courant plus modernes avec l'aide de ses auteurs réguliers et de quelques spécialistes invités. On se souviendra de la Nature du Japon (1992-1998-années 2010) par Nicholas Pertwee dans le numéro daté mars 2016.
Un joli bloc de timbres d'un penny et demi à l'effigie de Bob Kershaw. Notez les séparations entre les timbres (emprunt au site marchand africastamps.co.uk, apparemment un bon point de départ d'une collection).
Dans le numéro paru en août (daté septembre), pendant que ses confrères français roupillaient sous le soleil, le rédacteur-en-chef Guy Thomas lançait avec enthousiasme l'article de Daniel Scheepers sur la série d'Afrique du Sud pour « l'effort de guerre ».

L'auteur évoque la genèse et l'évolution de la série de 1941, au format diminué entre 1942 et 1944, économie de papier oblige, en six pages illustrées de grandes images (évanouissement de la rédaction du nouveau petit Timbres magazine au format plus petit, aux images microscopiques et aux articles très courts).

Les anecdotes pullulent rendant la série attrayante à étudier : comment l'imprimerie gouvernementale s'y est-elle pris pour créer les "bantams", les versions petit format ? Certes, recalibrer les illustrations, mais aussi faire face à l'impossibilité de denteler chaque timbre. L'auteur le rappelle : en neufs, ces timbres se collectionne par paire bilingue (un timbre en anglais se-tenant à un autre en afrikaan) voire en triple pour certains bantams séparés par des tirets à l'emporte-pièce.

Les marges de propagande en faveur des emprunts d'État voisinent avec le choix des personnages : divers corps d'armée, des femmes sous uniforme et pas qu'infirmière, un ouvrier, mais... Malgré le choix de Maître général des Postes et du Ministre des Postes et Télégraphes, le Premier Ministre Jan Smuts refusait l'apparition d'un soldat noir sur un des timbres que le capitaine Neville Lewis devait dessiner. L'Apartheid se rapprochait.

Trois des portraits représentaient des Sud-Africains réels : l'infirmière Barbara Palmer, l'aviateur Bob Kershaw (décoré pour un acte héroïque l'année précédent le timbre de 1942) et le marin Clive Edward Peter, immortalisés par Lewis.

Comment intéresser les collectionneurs français ?

Après l'entrée en guerre du Dominion d'Afrique du Sud le quatre septembre 1939 - à une petite majorité de son Congrès, l'armée sud-africaine a principalement servi sur des théâtres africains : Éthiopie, Afrique du Nord, et de là Italie, mais aussi l'invasion et l'occupation de Madagascar, colonie fidèle au régime de Vichy... donc une menace navale si le Japon l'atteignait.

Quels timbres utilisaient les services militaires postaux sud-africains à Madagascar et en Afrique du Nord ?

... à la surprenante série australienne « Vivre ensemble ».
Le mois suivant - numéro actuel daté octobre 2016, c'est Alaistair Gunn qui se plonge dans une série très contemporaine aux dessins peu conventionnels : Living Together en Australie émise en 1988.

Vingt-sept valeurs du cent - la diversité religieuse - au dollar - sur les services de secours, qui apparaissent pour le bicentenaire du premier établissement européen permanent... Et les thématistes et historiens lèvent et chassent le lièvre à la suite de Gunn : une série pleine de bons sentiments, adorables par les différents styles de dessins, mais maladroites par moment.

Aucun lien avec les Aborigènes. Rarissimes les personnages non-Européens, voire même l'évocation des multiples cultures présentes dans cette terre d'immigration, à part les différents types de lieux de culte sur le un cent justement.

Pour revenir à l'étude philatélique en troisième page (c'est un article court oui...), certaines valeurs émises correspondent à des changements de tarifs entre les trois émissions échelonnées pendant l'année 1988. À partir d'octobre 1989, les réimpressions sont indiquées par des koalas dans la marge des feuilles - un par réimpression.

Contemporaine et avant la généralisation de l'e-mail et du sms, on pourrait croire à la facilité d'une collection d'histoire postale (... mais avec de grandes images). Et non, outre le changement de tarif de 1988, dès 1989, une nouvelle série est lancée sur les sports qui a affecté les Living Together de manière inégale de 1989 jusqu'à 1997 ! Alistair Gunn signale la difficulté des utilisations seules sur lettre de quatre valeurs.

Sus aux boîtes d'enveloppes des marchands au prochain salon !

Et même pour les historiens postaux classiques.
Certains ne continueront de jurer que par les lettres du dix-neuvième siècle. Soit : Gibbons Stamp Monthly daté septembre propose un article fort pédagogique de John L. Kimbrough (son site web) sur comment juger de la rareté des premiers courriers des États confédérés aux premières semaines de la Sécession de 1861-1863.

Sans jamais donner de sommes en dollars, Kimbrough explique quelles dates recherchées avec un texte historique et postal dense de quatre pages (un aussi grand nombre de caractères, quel plaisir de lecture).

En effet, il faut différencier la date officielle de la Sécession de chacun des onze États, de la date de fondation des ou de ralliement aux États confédérés d'Amérique des treize États au final, de la date de fin des services postaux des États-Unis et de la mise en place de ceux du nouveau pays...

Ouf !

Un tableau résume le tout et permet de suivre l'article, complété d'un tableau des tarifs postaux de cette courte histoire postale.

À suivre pour les ventes aux enchères, quelques exemples montrant comment à quelques jours près comment deux enveloppes peuvent avoir une valeur historique très différente.

Le summum étant un courrier ayant circulé à partir d'un de ces États en sécession mais avant qu'il ne se joigne aux États confédérés : une fenêtre allant de quarante-six jours pour la Caroline du Sud à une semaine seulement pour la Caroline du Nord. Sortez calendrier perpétuel et atlas routier des États sudistes !

dimanche 18 septembre 2016

L'exposition nationale à Montpellier en juin 2019

Mercredi quatorze septembre 2016, l'Association philatélique montpelliéraine a annoncé sur son site que la Fédération française des associations philatéliques avait retenu sa candidature à l'organisation de l'exposition nationale et du congrès fédéral du samedi huit au lundi dix juin 2019, profitant de toute la longueur du week-end de Pentecôte.
Affichage mettant en valeur le soutien de la Métropole de Montpellier et le gestionnaire du site choisi, Montpellier Events (site de l'Association philatélique montpelliéraine).
Le site sera une des halles du Parc des expositions, sur la commune de Pérols, au sud-est de Montpellier. Il est facilement accessible depuis le centre de cette dernière avec la troisième ligne de tramway, le long de laquelle se trouve plusieurs zones commerciales et restauratives, et au bout de laquelle bus, vélos et pieds mènent aux plages.

Pour les arrivées aériennes, il y a l'espoir d'atteindre en bus-navette une des stations précédant celle du Parc des expositions d'ici 2019. Les deux intercommunalités concernés et le Conseil départemental ayant découvert cet été - Alléluia ! - l'utilité d'une navette connectée immédiatement au tramway ; baisse de prix et augmentation de la fréquence en vue ? Certains pourraient même débarquer dans la toute nouvelle gare à grande vitesse d'Odysseum si... Paris pouvait être mis en bouteille.

Enfin, ceux qui n'apprécièrent pas les randonnées pédestres entre Vincennes et le Parc floral lors des défunts Salons du timbre... apprécieront-ils les tiers-de-randonnées entre la station Parc Expo et l'entrée de la halle louée ? Depuis 2013, l'Écusson médiéval de Montpellier dispose de services privés de triporteurs cyclistes qui auront intérêt à délocaliser leurs activités à Pérols ce week-end-là.

mercredi 14 septembre 2016

Ancien et nouveau scandales politiques dans Stamp Magazine d'octobre

Certains collectionneurs de timbres n'aiment pas que la politique entre dans leur loisir... Ils ont pu le faire savoir quand j'ai moqué le choix de la Marianne de Nicolas (d'Yves Beaujard en philatélie) ou quand Pierre Jullien signala la reprise d'une Marianne par un mouvement social.

Généralement, ces épisodes d'opinion n'arrivent pas dans la presse philatélique, soucieuse de ne pas heurter un lectorat limité aux passionnés et prêts à payer quelques euros chaque mois.
La couverture - à débattre ? - du numéro d'octobre 2016 de Stamp Magazine.
D'où ma surprise, hier soir mardi treize septembre, en feuilletant le numéro daté octobre 2016 de Stamp Magazine. Déjà, pourquoi pas une thématique d'histoire militaire sur le rôle des chars dans les victoires alliées pendant les deux Guerres mondiales.

Par contre, en couverture, est-ce bien raisonnable d'annoncer l'article de John Winchester par un timbre de 1939 glorifiant l'armement de l'Allemagne nazie ??? Certes, le timbre français de 1994 en « Hommage aux libérateurs » est un peu trop joyeux pour des armes. Et s'il faut une illustration presque carrée, le timbre canadien de 1942 en taille-douce ou le photographique britannique de 1994 sur le débarquement en Normandie pouvaient, il me semble, mieux convenir.

Cela ne provoquera tout de même pas un scandale à venir, mais deux autres scandales british apparaissent dans le mensuel.
Un modèle réduit d'une boîte aux lettres du règne d'Edward VIII (Royal Mail, 2011 ; photographie sous licence creative commons by-nc-sa 3.0 fr).
 Dans les nouvelles, est annoncé la commémoration des quatre-vingts ans de l'émission des timbres de l'avènement du Roi Edward VIII par le Postal Museum de Londres (ouverture 2017). Le distributeur Post & Go de timbres installé dans l'entrée des archives postales, à Londres, délivrera ces vignettes surchargées avec un monogramme carré et la mention « King Edward VIII 1936 ».

Le « roi non couronné », comme est titré le presentation pack, ne fait apparemment plus scandale au début de notre siècle, alors qu'à l'époque, ses choix de vie et d'épouse avaient fait trembler son père autant que les Premiers Ministres des Dominions et de Grande-Bretagne.
La boîte du modèle réduit, avec l'autocollant de promotion du magasin-braderie The Works (Royal Mail, 2011 ; photographie sous licence creative commons by-nc-sa 3.0 fr).
Sera-ce une émission spéciale à succès ? Pas sûr : j'ai acquis ce modèle réduit en métal d'une boîte aux lettres au monogramme d'Edward VIII en août 2014 dans un magasin-braderie de Worthing, au sud de l'Angleterre pour cinq livres sterling. Et c'était le seul modèle écoulé.

Mais, cette célébration édouardienne n'est rien à côté du coup d'ironie grinçante de John Crace dans la chronique « L'avocat du diable ».
Certaines agences philatéliques n'ont peur de rien : oui, la République centrafricaine est censée avoir officiellement émis deux feuillets sur le Brexit... (trouvé grâce à White Knight et son salutaire quoique fastidieux travail de recension de toutes les émissions du Commonwealth).
À partir d'un timbre à trois cent cinquante millions de livres sterling illustré du fameux bus de la campagne en faveur de la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne, il fait plusieurs propositions philatéliques pour que Royal Mail se finance à partir du grand événement de juin dernier.

Et ça grince fort.

Le slogan qui décorait le bus promettait de sauver le système de santé britannique à partir de la cotisation européenne du Royaume-Uni... Promesse contre-dite par les tenants du Brexit dès les jours suivants leur victoire. Mais, il faudra bien payer les aléas économiques de la décision et Crace propose donc de récupérer cet argent auprès des boucheurs de cases :))

Pour le timbre régional gallois, un panneau « En faillite » pour la région brexitienne qui recevait le plus de subventions des fonds structurels européens, avec se-tenant avec un portrait de la nouvelle Secrétaire à l'Environnement qui signala que le gouvernement de Londres ne donnera jamais autant que l'U.E... Ce qu'écrivait un journal régional de Liverpool sur l'intérêt de la ville à rester européenne : un gouvernement de Londres aurait-il donné autant de subventions aux régions industrielles et rurales anglaises si les projets européens ne l'avaient pas imposé ?

Pour l'Écosse, le remplacement de l'effigie Machin d'Elizabeth II par celle de la Première Ministre indépendantiste Nicola Sturgeon. Je vous laisse trouver le numéro du mensuel pour savoir comment l'auteur illustrerait le parti UKIP, désormais sans chef au moment où il atteint le but nécessaire à l'indépendance britannique.

Je sens plusieurs mois de courriers des lecteurs...

mardi 13 septembre 2016

Le jeu du premier timbre de Gibraltar

La question : Quel est le premier timbre d'un pays ? n'est pas une question simple.

Déjà pour la France pour Yvert et Tellier, ce n'est pas le vingt centimes noir... Donc les catalogues ne seront pas d'une grande aide si leurs auteurs s'acharnent à regrouper les séries d'usage courant par valeur et non date d'émission.

Pour la colonie britannique de Gibraltar, le facétieux promoteur de la philatélie du Rocher, Richard Garcia (souvenir), propose ce concours du premier à quatre compétiteurs en contant l'origine, le besoin qu'ils ont chacun contenté et les maîtres de postes qui ont géré leur vente et usage sur place. À lire dans le numéro daté août 2016 (en kiosque mi-juillet) de Gibbons Stamp Monthly.

Chronologiquement, le vainqueur est le 4 cuartos espagnol à l'effigie d'Isabel II quand le Royaume d'Espagne accepta le courrier de Gibraltar en régime intérieur de 1850 au trente-et-un décembre 1875. Politiquement, l'arrivée des timbres britanniques à l'effigie victorienne place le premier timbre souverain au trois septembre 1857 sur le courrier vers la métropole et le reste du monde...

... Cependant, la monnaie espagnole était davantage employée à Gibraltar que la livre sterling, jusqu'à adopter officiellement la peseta en 1872 ! C'est ainsi que le troisième concurrent est un timbre fiscal ressemblant aux timbres-poste britanniques, mais libellé « Gibraltar » et comportant un cadre supplémentaire avec une valeur faciale en peseta et centimos.

L'errinophilie étant à la mode à Londres cette semaine, il serait dommage d'oublier ces timbres. Facétieux : le titre de l'article ne précisait pas « -poste »

Enfin, Garcia touche les premiers au catalogue : les timbres du Royaume-Uni surchargé « Gibraltar » émis le premier janvier 1886. Le récit signale que le transfert de la responsabilité postale au gouvernement local était davantage lié aux besoins financiers de la colonie pour entretenir ou construire des ouvrages publics (hôpitaux, pompage d'eau,...).

Dommage qu'il n'est pas considéré un cinquième concurrent : le premier timbre-poste de Gibraltar qui ne soit pas un copier-graver d'une effigie royale britannique, éliminant les séries de 1889 et 1912. Je considérerais l'émission illustrée du onze avril 1930.

Un excellent article de quatre pages denses en informations philatéliques, historiques et postales.

dimanche 11 septembre 2016

La Belgique dans la Biblioteca Sebastiana

Grâce à un cadeau-surprise reçu cette semaine, la partie belge de ma bibliothèque a cru immensément... Certes, elle est si loin de l'exhaustivité et de l'immensité de la Biblioteca Lindesiana du comte de Crawford (désormais en ligne).
La couverture sur couverture de la cinquantième édition du COB (site de la CPBNTP).
Le premier est la cinquantième édition du Catalogue officiel de Belgique, un catalogue de cotation des timbres de Belgique (y compris du service postal ferroviaire) et de ses anciennes colonies, y compris après leur indépendance. Il est édité par la Chambre professionnelle belge des négociants en timbres-poste depuis 1956. Je l'ai acquis lors d'un séjour à Bruxelles en 2005, trouvant commode de disposer d'un catalogue approfondi de Belgique et de ses colonies sans avoir à disposer de l'intégrale d'Yvert et Tellier (B... C... R... Z...).

La même année 2005, un industriel céréalier publiait un beau livre d'histoire coloniale et postale sur les treize tentatives d'implantations de Belges dans le monde. Ce coffee table book, je le trouvai au Salon du timbre de Paris en 2008 bien après sa critique dans La Libre Belgique.
La couverture du premier ouvrage de Patrick Maselis (base de données bilbiophile Documents philatéliques)
Le titre est déjà une surprise pour qui ne connaît que le quatuor belgo-congolo-rwando-burundais : Des Açores à la Nouvelle-Zélande. Toutes les colonies belges sur les six continents (1451-1916) aux éditions Roularta Books. Avec l'aide de plusieurs historiens et collectionneurs, Patrick Maselis rappelle comment des Flamands, des Wallons, des Néerlandais catholiques, des Belges se sont installés - au sens grec du mot colonie - aux Açores et aux Canaries aux quinzième et seizième siècles, dans la région de la future New York au dix-septième (les Britanniques ayant rapidement repris territoire et colons), au Rio Nunez en Guinée, à Santo Tomás au Guatemala, Santa Catarina au Brésil et Villaguay en Argentine au dix-neuvième siècle. La population de cette dernière vivant encore pleinement sa belgicité.

Les grandes compagnies des Indes ont existé en Belgique... alors Pays-Bas espagnols puis autrichiens, espérant s'implanter en Inde et l'une d'entre elles avec une base à Tristan Da Cunha. Maselis s'amuse du peu de mémoire autour de la Compagnie asiatique à cause probablement de sa participation à la traite.

La colonisation léopoldienne d'une Afrique belge est contenue, mais permet de découvrir la région de Lado-Méridi louée en 1897 par le roi Léopold et rendue aux Britanniques en 1910, entre Soudan et Ouganda. Une région aux aléas géopolitiques tels que Maselis a pu en faire un autre ouvrage lui aussi abondamment illustré en histoire postale : Histoire postale de l'enclave Lado (2009).

Les expéditions antarctiques belges, l'aventurier-roi baron de Thierry qui précipita contre son gré l'emprise britannique en Nouvelle-Zélande et une réflexion sur d'autres lieux (du Wisconsin aux timbres non émis de Tientsin) que l'auteur ne considère pas comme des essais de colonies de peuplement, achèvent le tour du monde.

Le style est celui de l'historien amateur-philatéliste avec humour, mais sans excès, surtout que la page de remerciements et celles des notes en fin de livre (oïe, la sitographie en adresses copiées-collées...) ouvrent un immense horizon d'exploration géographique, historique et philatélique au lecteur curieux.

L'ouvrage a été publié en français et néerlandais, anglais, espagnol et portugais. Quand l'Académie européenne de philatélie demande de l'activité européenne à ses membres, nulle surprise que Patrick Maselis en soit une des chevilles ouvrières.

Dernière note : les évolutions religieuses et politiques des plats pays incitent à aller chercher dans l'histoire coloniale des Pays-Bas (tendance protestants) pour retrouver certaines des colonies belges.
Couverture de l'édition anglais/français du livre de Vincent Schouberechts (site de l'éditeur).
Qu'ai-je reçu cette semaine pour rouvrir la minuscule Belgique dans ma bibliothèque et critiquer un livre de la décennie précédente ? Celui sorti en juin dernier de Vincent Schouberechts : La Poste. 500 ans d'histoire en Europe.

Spécialiste de la Belgique et un des trois auteurs du livre sur Lado cité auparavant, Schouberechts s'essaye dans ce petit livre à l'histoire postale de l'Europe à partir de l'étude historique de cinquante documents du seizième siècle à la réforme postale (et philatélique) du dix-neuvième.

Avec des incursions introductives dans l'Antiquité et le Moyen Âge, et une excursion vers les stations spatiales internationales. Surprenant, mais comme il indique en avant-propos que l'objectif est de toucher le public le plus large à l'histoire d'un moyen de communiquer fort bousculé en notre début de vingt-et-unième siècle numérique.

L'approche rappellera l'exposition proposée par le Club de Monte-Carlo (présidé par Patrick Maselis depuis 2009) lors d'Europhilex à Londres en mai 2015 : vingt documents pour vingt événements qui ont changé le monde. Autant des courriers avec ou sans timbres-poste que des documents prétés par des archives nationales. Un document pdf est encore disponible sur le site de l'exposition.

Un fil rouge permet d'unir le récit et d'expliquer les ruptures principales de cette histoire du système postal à l'échelle du continent : le monopole de la famille Thurn und Taxis (de La Tour et Tassis pour les francophones) accordé par Charles Quint en 1520 et définitivement perdu avec l'unification allemande par la Prusse au dix-neuvième siècle.

Autour de ce fil rouge, le traité de 1516 entre l'empereur et la famille accorde à celles-ci tant de routes qu'elle devient indispensable au transport du courrier continental, mais aussi des documents montrant comment chaque État d'Europe aménage son système postal et, entre eux, leurs relations postales jusqu'à l'établissement d'une Union générale des postes en 1874.

« Petit livre », ai-je écrit plus tôt. Rien de péjoratif. Les textes sont finalement courts, surtout avec l'édition bilingue reçue : ce qui le rend très accessible, même si, certains chapitres laissent sur sa faim (mais qu'est-il advenu du comte de Lavelette et de sa femme enceinte après son audacieuse évasion ? D'où provient la tablette cunéiforme des archives Bolaffi ?).

Merci à l'expéditeur de ce cadeau inattendu, en espérant qu'il attire à l'histoire postale les historiens et les collectionneurs de documents anciens, et aux documents anciens et aux archives les collectionneurs de timbres et marques postales.

samedi 10 septembre 2016

Tenue philatélique "À la Maison Blanche"

Il y a dix ans en mai dernier était diffusé le dernier épisode de la série états-unienne The West Wing - simplement traduit À la Maison Blanche dans les pays francophones. Créée par Aaron Sorkin, elle racontait le travail quotidien d'une partie de l'équipe d'un président démocrate imaginaire. Elle fut une œuvre pédagogique sur les théories et les pratiques politiques de la fédération des États-Unis... surtout en étant diffusé en pleine présidence aventurière et teapartiste de George Walker Bush.
La secrétaire générale de la Maison Blanche alertée par son Blackberry au début de l'épisode 365 Days de la sixième saison de The West Wing (2005, capture d'écran de l'édition DVD française).
Côté philatélie, en mars 2007, j'ai déjà évoqué l'épisode Galileo de la seconde saison au cours de laquelle Josh Lyman, le secrétaire général adjoint en charge des relations avec le Congrès, découvre le processus de sélection des sujets du programme philatélique des États-Unis, sur fond des inégalités juridiques entre les cinquante États et les territoires comme Puerto Rico.

Hier soir, mon regard fut intrigué par l'aspect « déjà vu » de la tenue de C.J. Cregg, l'ancienne porte-parole de la Maison Blanche, dans le douzième épisode de la sixième saison, 365 Days consacré au blues de la dernière année du double mandat présidentiel.

En plissant les yeux lors de la deuxième séquence où le personnage apparaît (voir la capture d'écran ci-dessus), tout s'éclaira : ce qui doit être un t-shirt noir à col en V sur lequel sont imprimés des timbres-poste classiques du Royaume-Uni, peut-être d'autres pays.

À coup sûr des effigies de la Reine Victoria, peut-être d'Edward VII et George V. Et je me demande sur d'autres effigies royales et armes de monarchies européennes du début de la philatélie.

Onze ans et demi après évidemment, retrouvez ce vêtement avec l'aide de Google demande de grands efforts : quelles archives de forums explorées ? Un magazine philatélique l'a-t-il repéré à l'époque ? Comment retrouver un créateur textile à partir d'un seul vêtement ?

Help!!!

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mercredi 7 septembre 2016

La Convention postale anglo-française de 1836 par Geoffrey Lewis

Un beau livre, très didactique, est The 1836 Anglo-French Postal Convention de l'Australien Geoffrey Lewis, Compagnon de la Royal Philatelic Society London qui a publié l'ouvrage en 2015 (vers la boutique). Et au départ il est un spécialiste de l'histoire postale des colonies espagnoles.
Couverture de l'ouvrage (Books on philately. The philatelic bilbiopole).
À partir de ses collections et de celles d'historiens postaux majeurs, Lewis a étudié les étapes qui ont mené la France et le Royaume-Uni à adopter un nouveau système d'échange du courrier et de compensation des coûts postaux, dans le contexte de réforme postale dans le second tiers du dix-neuvième siècle. Les marcophiles manuscrits sont aux anges puisque cela passe par des inscriptions à la plume des sommes dûs ou à devoir selon la couleur de l'encre, une pour chacune des deux parties.

L'approche de Lewis est exhaustive et même répétitive pour celui qui lirait l'ensemble chapitre après chapitre. Elle permet plutôt de se consacrer à un thème ou un parcours particulier illustré de quelques lettres. Ainsi quelques-unes d'entre elles se retrouvent dans plusieurs chapitres car elles peuvent illustrer un parcours dont la liaison franco-britannique est au cœur, mais également certains comportements postaux de la première moitié du dix-neuvième siècle.

Par exemple, les forwarding agents qui se chargeaient de l'expédition et de la réexpédition des courriers au noms de l'expéditeur se rencontrent avant la Convention sur les liaisons transtlantiques vers la France via les ports anglais. Lewis montre comment les nouvelles pratiques des deux administrations postales diminuent leur recours, sans l'abolir néanmoins selon le coût total pour le destinataire et l'expéditeur, ou les pays et colonies d'origine des plis.

Donc, on lira à profit la préface dont les remerciements aux confrères et consœurs collectionneurs et le premier chapitre qui présente les bases de travail : quelques scans de lettres voient leurs marques postales entourées de couleurs vives pour apprendre au lecteur à reconnaîtres les marques françaises et britanniques liées à l'application des conventions postales.

Quant aux destinations, toutes celles connues sont envisagées : des Amériques vers la France via  Londres donc, mais également du Royaume-Uni vers les Indes par le port de Marseille, et comment les colonies espagnoles sont connectées à l'Europe grâce au barreau anglo-français. Lewis avait proposé, le premier mars 2012 au siège de la RPSL, une exposition sur les courriers des colonies espagnoles des Philippines et de Cuba vers l'Espagne par l'intermédiaire de la Convention postale anglo-française.

Pour ceux qui veulent voir à quoi cela peur ressembler, le résumé au format pdf de la conférence de Geoffrey Lewis lors du neuvième Symposium d'histoire postale au World Stamp Show de New York, le deux juin dernier, est disponible sur le site de l'American Philatelic Society.

dimanche 4 septembre 2016

La Grande Guerre de l'expertise continuent sur ses deux fronts

L'anniversaire du certificat d'expertise numérique et de l'index consultable en ligne s'approche en octobre prochain, et les experts philatéliques français ne laissent aucun répit aux bandits marchands, spéculateurs et même collectionneurs naïfs.

Christian Calves et Alain Jacquart continue leur stratégie tous azimuts : être partout, tout le temps, ne rien lâcher. Leur terrain s'étend désormais aux mensuels grand public de la philatélie. D'abord, dès ce numéro de septembre de Timbres magazine, ils avertissent les lecteurs des falsifications qui leur ont été soumises à l'expertise.

Ensuite, dans le quatrième numéro de Delcampe magazine*, le spécialiste des variétés de phosphorescence Dominique Sellier aide les curieux à découvrir les principaux timbres concernés, ce qui permet de rappeler la définition des termes de cette spécialité par lui, Olivier Gervais et les deux généraux.

Sur l'autre front, plus discret quoique maniant toujours une plume affûtée, Jean-François Brun continue de publier ses articles (Trois pages, trop long!, dira un membre de la rédaction de Timbres magazine nouvelle formule réaffirmée) avec les nombreux trafiqués chimiquement du soixante-dix centimes Paquebot Pasteur sans surcharge de 1939-1940. Il explique comment l'utilisation régulière de ses yeux, d'une lampe à ultraviolet, d'un scanner et d'un logiciel de traitement d'images entraîneront le collectionneur devenu ainsi philatéliste éclairé.

Dans un style clair et efficace, Jean-François Brun n'hésite pas à revenir à la genèse de l'impression du timbre et de sa surcharge avant de plonger dans l'enquête, se permettant - je pense - deux tirs de sniper digne d'un ado excellant à un jeu vidéo de guerre à la première personne.

Le premier contre les catalogues de cotations qui parviennent à signaler que tous les timbres sans surcharge vendus sur internet sont truqués, mais accordent une cote mirobolante tout de même... Pan !

Seconde cible en ouverture de conclusion de la fiche : un bon certificat d'expertise est établi par un expert du domaine pour un bien qu'il ne vend pas lui-même, afin d'éviter les conflits d'intérêt. Mais qui vise-t-il ?


* Miracle ! Merci sainte Thérèse de Calcutta ! Aucune photographie du grand timonier fondateur du site d'enchères dans le magazine qui porte son nom ! Alléluia !

samedi 3 septembre 2016

Timbres de Hong Kong oblitérés à Copenhague

Amusante lettre aquise auprès du marchand danois JF-Stamps, lors de Paris Philex en mai dernier.
L'oblitération danoise sur les deux timbres de Hong Kong (collection personnelle).
Il s'agit d'une enveloppe postée le six avril 1951 dans la colonie britannique de Hong Kong par la compagnie John Manners and Co., Ltd (tampon à l'encre bleu-violet au verso). L'affranchissement est constitué de deux timbres à l'effigie du Roi George VI de cinquante cents et un dollar.

La surprise vient du cachet d'arrivée de Copenhague frappé sur les timbres étrangers le dix avril.

Une autre enveloppe quasi-identique, à part la date, était proposée par le même marchand, mais avec le cachet d'arrivée apposait bien plus bas.


jeudi 1 septembre 2016

Un début d'automne royal-londonien dynamique

Avec le numéro juillet-août 2016, la Royal Philatelic Society London a publié ses programmes de conférences, d'expositions et d'activités hébergées au siège de la Société - et auxquels participent nombre de ses membres - pour la saison 2016-2017, dont une fin d'été en feu d'artifice.

La première grande semaine philatélique de l'année londonienne... une semaine de rêve
La semaine du mercredi quatorze au dimanche dix-huit sera chargée pour les philatélistes. J'ai déjà évoqué le salon d'automne des marchands britanniques Stampex avec expositions de collections de membres de la King George VI Collectors Society et d'errinophilie. Cette dernière spécialité faisant l'objet du premier congrès mondial d'errinophilie par le Cinderella Stamp Club, la Revenue Society et l'association suédoise Bältespännaren, dans les locaux de la RPSL.

Célébration qui perdureront en septembre avec la continuation de l'exposition de la collection Francis Kiddle sur les souvenirs des Congrès philatéliques britanniques.

Mais aussi avec une exposition résultant d'un travail de la Société royale avec l'Université du Troisième Âge (U3A) sur l'étude et la création de Cendrillons ; une activité encadrée par Alan Huggins, conservateur des Collections philatéliques de la RPSL, l'artiste Nicolas Phillips et deux membres Nathan Cohen et Jean-Pierre Frossard, et une visite aux Collections philatéliques de la British Library sur les vignettes publicitaires (poster stamps).

Cette formation de retraités est relayée dans les associations locales de l'U3A et a donné lieu à des créations de vignettes, imprimées et perforées en Allemagne, exposées au 41 Devonshire Place en septembre, mais également au congrès de l'U3A en août. L'étape suivante serait de disposer de papier gommé et d'une machine à perforer au Royaume-Uni pour des travaux en province.

L'errinophilie, une idée philatélique pour les activités périscolaires des écoles primaires françaises et les clubs d'adultes ?

Mais celle-ci n'est pas en reste puisque le jeudi quinze à dix-sept heures aura lieu la première conférence de l'année proposée par la Reine. Chaque année, son Gardien Michael Sefi propose l'étude d'une partie de la Collection philatélique royale. Pour 2016, la Guyane britannique et Barbade des premiers timbres jusqu'au Jubilé d'argent du Roi George V de 1935.

Désenclaver les îles géographiques et les îles philatéliques
Ensuite, le début de l'automne jusqu'à la Toussaint verra deux conférences et une exposition d'une après-midi.

Le jeudi vingt-neuf septembre, Ron Brown évoquera l'occupation allemande des îles Anglo-Normandes pendant la Seconde Guerre mondiale, de comment les services postaux reprirent aux courriers des îliens déportés dans les durs camps en France et en Allemagne. Le treize octobre, Michael Medlicott les fiscaux des Indes occidentales britanniques du règne de Victoria. Le résultat de quatre décennies de passion.

Deux archipels, deux types de collections très différentes. En deux conférences, des collectionneurs pourront s'intéresser à la zone des Antilles britanniques, couvertes par le British West Indies Study Circle.

Avant la Toussaint, le jeudi vingt-sept octobre, la philatélique thématique sera à l'honneur avec l'exposition « Le Scoutisme autour du monde » par Hallvard Slettebø qui tient un site personnel avec plusieurs pages sur le scoutisme, mais sur les marques postales du Rogaland, à l'ouest de la Norvège. Son exposition constituera une histoire postale du scoutisme jusqu'en 1957, centenaire de Baden-Powell : courrier des camps scouts, courrier thématique britannique et norvégien entre autres.

Après la fête chrétienne, le dix novembre, l'exposition suivante reviendra vers les îles : Barry Burns et les membres du West Africa Study Circle proposeront des collections sur les îles Sainte-Hélène, Ascension et Tristan Da Cunha, constituant ensemble un territoire britannique d'outre-mer au milieu de l'Atlantique Sud.

Compléter par les expositions mensuelles...
Chaque mois, des membres de la Société philatélique royale de Londres peuvent proposer leurs collections, visibles de tous en dehors des jeudis d'activités.

En octobre, Jakob von Uexkull conduira le visiteur vers l'histoire postale de Bahrein, sur le Golfe persique avant qu'en novembre Ian Marshall revienne vers la Grande-Bretagne avec une collection d'enveloppes classiques affranchies de timbres d'un penny, deux pennies et demi-penny.

... et des séminaires sur philatélie et modernité technologique
Deux moments éclaireront d'heureux participants sur comment les différentes formes de la philatélie ont tout à gagner de la technologie.

Le mercredi douze octobre, le Séminaire Crawford de la RPSL éduquera à la « philatélie numérique pour les débutants ». Comment l'outil informatique, autant les machines que les logiciels, enrichissent la pratique, l'étude et la collection philatélique (scanner et étudier l'image) jusqu'à la réalisation d'une exposition et la diffusion de la connaissance acquise (diaporama, édition).

Un exemple récent fut montré l'année dernière par le livre et la conférence du premier octobre 2015 de John Horsey et son étude minutieuse avec l'aide de l'informatique de centaines de cinq livres orange pour comprendre l'évolution des tirages et repérer les réutilisations frauduleuses.

Le vendredi quatre novembre, Chris King, ancien président de la RPSL, donnera la leçon du Stuart Rossiter Memorial. À partir du cas du Danemark à l'époque napoléonienne, il montrera les « défis et opportunités de la recherche en ligne » (Challenges and Opportunities of Researching Online), comment les informations portées par les lettres peuvent devenir de véritables connaissances éclairant le sujet d'histoire postale étudié par le collectionneur et l'amener vers les sciences humaines de l'époque.

Cette approche est encouragée dans les expositions récentes et apparaît autour de la classe 2C de la Fédération internationale de philatélie : comment l'évolution des systèmes postaux participe des évolutions sociales et vice-versa ? Comment un brin de généalogie permet à Guy Dutau de mieux comprendre pourquoi une lettre partit de 1861 de Tahiti pour le Chili (Timbres magazine, mai 2015). Ou de faire découvrir à Robert Marion du Club philatélique franco-britannique que le soldat prisonnier à Maurice et écrivant sa dernière lettre de souffrant à sa famille en Europe, a survécu et connu une descendance en Australie.


Que de journées de travail à attendre avec impatience le soir de découvrir conférences filmées et livres numériques des expositions sur le site de la Royal Philatelic Society London.