jeudi 31 décembre 2015

Bilan pluridécennal de la φl@télie φrançaise fin 2015

Oui, un bilan de la φl@télie φrançaise (φ = l'organisation institutionnelle et les accumulateurs de timbres déçus) par quelqu'un qui a acheté pour cinquante euros de quatre types de timbres de France en 2015 (dont 99% pour des cartes Postcrossing), n'est membre d'aucune association française et donc pas cotisant à la φφ@π,... Encore un donneur de leçons pessimistes, roumègueront certains.

Ils auront raison, mais n'est-il pas possible pour les grenouilles et crapauds de la mare φl@télique φrançaise de se demander quels sont leurs réels problèmes et solutions potentielles à partir de ce que je vois de loin ?

Comment immobiliser quarante euros sur son compte client φl@poste ? Faire confiance à φl@poste et aux collectionneurs français... soupir... (Phil-ouest.com).
Débutons par le nombre ahurissant de produits timbrés. Visiblement, peu importe qui est le directeur du service philatélique, Timbres magazine est sûr d'économiser huit pages de frais de rédacteurs à chaque numéro de janvier avec la rétrospective des émissions de l'année écoulée, sans compter une page et demi de Nouveautés et les timbro-fiches thématiques chaque mois.

Deux émissions originales sortent du lot à mes yeux : le poste aérienne Gaston Caudron grâce à une impression de vitesse de l'avion en vol qui fait oublier la lettre grecque scotchée aux timbres de France depuis l'inénarrable - d'ailleurs plus personne n'ose en parler - épisode des états généraux de la φl@télie ? Et, goût des paysages urbains, Mâcon au crépuscule (ou à l'aube, je ne connais pas la ville... mais c'est fort nuageux, M. Albuisson).

Certes, une paire d'autres méritent un regard selon les goûts : les roses, une église bien gravée. Le reste, même en forçant le thème, suscite une réaction surprise de ma part quand certains collectionnent les années complètes de France. Chacun ses goûts - et c'est tant mieux : voir le palmarès de Pierre Jullien, ami des artistes - mais , apparemment, heureux ceux qui les ont multiples et répétitifs...

Donc, les cinquante euros de timbres évoqués plus haut étaient constitués de Mâcon (dont un enfoui dans ma collection), de deux blocs de timbres au tarif européen et de deux timbres au tarif ou presque de la lettre mondiale. Moins la beauté, c'était la recherche d'une facilité pour entrer les tarifs actuels sur un coin de carte postale Postcrossing, l'accumulation timbres pré-φ et Marianne des Français d'appoint demandant une bonne organisation de l'espace.

Mais j'aurais dû dépenser quatre-vingt-dix euros grâce à deux blocs 1945 La Libération trouvant agréable la réimpression en un bon bleu des Mariannes de Dulac et de Gandon... Un pour collectionner, un pour le courrier.

Hélas, c'était sans compter sur la politique du désir chez φl@poste et l'appât du gain des marchands et collectionneurs qui avaient snobé le bloc Un franc Cérès l'année dernière, comme jadis le Rouge-gorge dont je possède un exemplaire commandé à Philaposte avec le code fourni alors par Timbres magazine. Une fois encore, la deuxième itération est toujours difficile : même nombre ou presque d'exemplaires émis ; l'année dernière, j'avais pu en commander à l'avance deux. Cette année : va te faire foutre et tu as quarante euros bloqués chez φl@poste... Charmant.

Évidemment, de bonnes âmes - pas cupides du tout... non... - se sont arrachées ce bloc pour l'oblitérer de complaisance au bureau de poste de leur domicile, l'émietter et le vendre avec une belle marge. J'en reste coi et grandement déçu.

Courant 2016, il y aura une commande de ma part chez φl@poste pour une valeur aussi proche que possible de quarante euros pour affranchir ma correspondance - voire ma collection, je peux encore être épaté. Ce sera la dernière : si je trouvais à l'avenir quelque chose à mon goût, soit ce sera disponible au bureau de Montpellier-Préfecture, soit je garderai mon argent.

La collection 2016 débute mal avec rouge sur rouge de rouge contemporain de Mark Rothko, une banque d'images des minéraux, le douzième signe zodiacal chinois (joli, mais va-t-on repartir pour douze nouvelles années ?) et Cœur gris de Courr...

... gris ?...

Dissertation (ou collection thématique si vous préférez) : Gris et Saint-Valentin. Vous avez deux heures !


Lisez la présentation de la collection Trésors de la philatélie par φl@poste : prix d'honneur de l'humour philatélique 2014 (phil-ouest.com)
Deuxième thème : les associés de φl@poste que sont devenus les dirigeants de la Fédération française des associations philatéliques. Oui, car comment appeler la représentation des collectionneurs en associations quand celle-ci participe à l'exécution et la promotion d'une série pluti-annuelle de blocs coûteux, Les Trésors de la philatélie ?

Avec le troisième larron qui débarque avec les albums de rangement... Heureusement que leur site de vente propose de solides livres de philatélie.

Pourtant, la question du grand nombre d'émissions, de leur coût ajouté à celui des prestigieuses émissions du désir chargées de financer les salons et expositions revient fréquemment lors des congrès fédéraux...

Rien de grave, pensais-je : suffit de ne pas les acheter et la Fédération comprendra que si elle doit fabriquer quelque chose et le vendre, ce n'est pas des timbres au tarif de la lettre recommandée en plus des souvenirs de la Fête du timbre... Ceux-ci, objets annuels de reproche des trésoriers fédéraux contre les mauvaises associations qui vendent mal (sous-entendu à la fin de l'éditorial de La Philatélie française n°666).

En effet, malgré une absence de vidéo cette année, il est possible de savoir ce qui a pu se dire au congrès fédéral à Mâcon grâce à la lecture gratuite de l'éditorial du président-directeur-général Désarménien, mais pas de lien direct, vous devrez fureter par numéro. C'est ainsi que le problème est résumé ainsi en septembre dernier : « suite à cette fin de congrès un peu surprenante », et relancé au numéro suivant (667) d'une liste de reproches sur la manière dont des dirigeants associatifs s'opposent à sa proposition d'augmenter d'un coup la cotisation fédérale d'un euro par membre d'association.

Initiateur d'une Compagnie de guides volontaires permettant à un public large de comprendre mieux les collections exposées lors des salons, je crois Claude Désarménien sincère dans ces actions et ses éditoriaux : volontaire et finances sont nécessaires à la vie des associations, et que ces dernières se trouvent dans le cœur des visiteurs...

...ou sur leur cœur... dans leur poche de poitrine de chemise, à l'intérieur de leur veste...- relisez le texte introductif des Trésors de la philatélie ci-dessus pour comprendre l'image.

Bref, l'actuel président est très sûrement et très sagement dans son rôle à trouver finance pour organiser les championnats de sa fédération et expédier aux expositions internationales les meilleures collections des membres de ses associations fédérées. Et de rappeler que la Fédération ne travaille qu'avec ce que font les associations, recrutement de membres compris. L'outil Google Actualités vous aidera à trouver que beaucoup d'entre elles disparaissent : président non remplacé, recherche d'un trésorier volontaire,...

Quitte pour cela à s'associer dans leurs affres avec ceux qui ont les fonds ? Visiblement, considérant la transformation du salon biennal parisien pendant dix jours en  juin en exposition standard d'une demi-semaine parce que le partenaire qui a le chéquier avait du mal à retrouver son stylo et dont les directeurs ont probablement les oreilles qui sifflent trop à chaque congrès.

Quitte pour cela à demander toujours plus financièrement aux membres des associations fédérées et à ces associations lors des Fêtes du timbre ? Bref, un président victime précurseur du « théorème du timbre-poste », pensé par les économistes de RTL ?

...

Lus les deux derniers éditoriaux disponibles, les représentants des associations ne sont pas unaniment d'accord... Serait-il temps que les dirigeants fédéraux se demandent ce que veulent l'ensemble des associations, voire même ce que les collectionneurs et philatélistes membres de ces associations attendent et veulent de la Fédération ? Et s'ils veulent d'une fédération des associations finalement ?

Il semble qu'une partie de la base collectionneuse estime qu'elle n'en a pas pour son argent... et le fasse vertement savoir. Deux logiques dangereuses en milieu associatif non lucratif et que le président ferait bien de ne pas prendre à la légère... même si le problème est sûrement ancien.


L'illustration de Sylvie Beaujard pour le dernier timbre personnalisé anniversaire du Carré d'encre, la boutique parisienne de φl@poste... Et c'est moi l'inquisiteur lol (page Facebook du Carré d'encre).
Dans une dernière partie, je vais m'inspirer de mes aînés et ceux qui participent vraiment de la Collection et de la Philatélie en France - notez le changement d'orthographe et de typographie.

Ces dernières semaines, les participants les plus actifs du groupe de discussion fr.rec.philatelie - voir ici pour une explication - ont, par deux discussions, réalisé un bilan d'un gros demi-siècle de collection philatélique de masse - d'élevage de pigeons ? - en France.

Entamée le vingt-deux novembre sur la disponibilité du nouveau catalogue Maury 2016, le fil dévie vers l'histoire d'un collectionneur des nouveautés de France qui veut vendre sa collection complète (timbres, premier jour, documents officiels, etc.) dont il a conservé une comptabilité d'achat précise sur six décennies... Les marchands refusent ce qui n'est pas timbres et proposent dans le dix pour cent de faciale ou le dix pour cent de cote en cas de cote intéressante... Déception du collectionneur convaincu d'avoir investi en vain dans une belle œuvre artistique et patrimoniale.

Réactions des correspondants du forum : combien de collectionneurs sans éducation philatélique qui n'achètent que les produits de La Poste ou de la Fédération en croyant faire une collection de valeur. Je souhaite ces complétistes heureux d'admirer ces créations artistiques et techniques, mais combien de blogs et de forums ont certaines pages pleines de question du genre : j'ai hérité de..., combien ça vaut ? Pourtant c'est neuf / oblitéré / premier jour / émis par La Poste elle-même, etc.

Un exemple récent suite à un article qui peut susciter mille questions sur l'impression et la sécurisation des timbres-poste, mais qui correspond aux témoignages sur le thème de l'avenir de la philatélie française entre membres de fr.rec.philatelie sur un fil à partir du vingt décembre dernier : le problème a près d'un demi-siècle et l'ensemble de la mare est responsable de manière systémique, comme à l'échelle de l'environnement terrestre (hop, j'ai placé le développement durable).

Et au mien témoignage : j'ai, pour une fois, visité une bourse multi-collections locale cette année. Quelle déception ! Certes, en cherchant les classeurs, le collectionneur éclairé de monnaies, billets, médailles militaires complètera intelligemment sa collection. Sinon, des pages de classeurs emplis des timbres et blocs neufs de Guernsey des années 2000, un vieux marchand de timbres regrettant d'avoir décollé des timbres d'Afrique des enveloppes des années 1940 à 1970 quand il a compris la valeur de certains lettres selon les époques et les lieux, des collectionneurs de billets de banque commémoratifs (cherchez, vous verrez que Philaposte sont des anges de modération finalement), etc.

Sans bibliothèque philatélique, sans communication avec d'autres, comment comprendre ce qu'on collectionne, apprendre de ce qu'on collectionne et savoir quoi chercher pour le compléter ? Bref, sans définitions créées soi-même et confrontées à celles des autres, comment être sûr de sa collection, si un jour on ne veut plus la conserver.

Évidemment, avec la collection thématique et celle de classe ouverte, le champ des possibles est plus vaste si on apprécie l'entièreté du thème.

La République de Jules Grandjouan : « Homme, règle tous tes actes en vue du bien de la société philatélique », objet d'un article récent de ce blog.
Mon grain de sel : même si j'ai tendance au travail monacal, dans mon petit coin de lecture et d'écriture, j'ai eu la chance de comprendre jeune qu'on apprend que si on va chercher soi-même.

Lire deux romans de Zola pendant un été à douze ans car la lecture d'extraits en classe était insatisfaisant : pourquoi cet extrait ? Et avant, après ? Pourquoi est-ce à l'éditeur du manuel ou au professeur de choisir ce que je vais lire de ce roman ? Pourquoi serait-ce La Poste, Yvert ou le président des marchands de timbres qui me dirait que collectionner et comment ?

Après cinq ans d'abonnement aux nouveautés (fin 1988-début 1994), à quoi ça sert d'accumuler chronologiquement ou par thème des timbres trouvés sans difficulté, alors qu'à l'époque Timbroloisirs révèle les surprises postales des révolutions en Europe de l'Est et qu'aujourd'hui Gibbons Stamp Monthly montre que les bureaux africains et asiatiques surchargent régulièrement leurs stocks pour éviter le coût de nouvelles émissions ? Seul le hasard du courrier, l'entretien de correspondance internationales et les voyages peuvent contenter le collectionneur curieux de postes et philatélies contemporaines.

Observer les officiels et les bénévoles d'un club organiser un match de water-polo tout en suivant la rencontre, en étant par hasard assis juste devant l'ancien entraîneur de l'équipe adverse : M. Désarménien, invitez vos opposants à préparer avec vous les congrès depuis la dactylographie des comptes jusqu'au démontage des panneaux d'exposition. D'ailleurs, pouvons-nous espérer vous voir, et eux aussi, manches retroussées, dans l'arrière-scène de Paris Philex 2016 pendant que les vieux collectionneurs mal éduqués spéculeront en rêve, assis au stand Phil@poste ?

Lire en anglais un livre sur la naissance et la vie des Blue Mauritius ou se coltiner l'allemand du catalogue Michel pour comprendre les émissions coloniales allemandes plutôt que d'essayer d'acheter des timbres si anciens sans trop savoir qu'en faire ensuite, ni si ce sont des faux.

Pouvoir lire dans la bibliothèque de la Royal Philatelic Society London et en suivre les conférences et expositions en ligne pour cent livres sterling par an plutôt que de voir les kilogrammes de souvenirs fédéraux accumulés qu'une association locale écoule au goutte à goutte... sans conviction faute de visiteurs intéressés, même à adhérer pour des cotisations annuelles de vingt à trente euros.

Tenir deux blogs imparfaits et, à l'échelle de la Philatélie, insignifiants, et se demander quoi faire de tout ce que j'apprend que j'ai pas le temps ou le moyen d'écrire : les Wikipédia en plusieurs langues ont besoin de rédacteurs éclairés - peut-être plus joueurs collectifs que moi -, les revues associatives et les magazines recherchent constamment des auteurs. N'hésitez pas à vous proposer et à lire le chapitre vingtième de l'Introduction à l'histoire postale de 1848 à 1878 de Brun et Chauvet !


Demain, premier jour de l'année nouvelle, la vision optimiste de la Philatélie et autodérisoire de moi-même sera publiée sur ce blog en contre-point de ces interrogations pessimistes et négatives. Heureusement :)

mercredi 30 décembre 2015

Un milliard d'exemplaires vendus pour le premier timbre à surtaxe des États-Unis

Le premier timbre des États-Unis vendu avec une surtaxe de bienfaisance a atteint le milliard d'exemplaires vendus depuis sa première émission, le vingt-neuf juillet 1998, rapporte le jour de Noël le Sacramento Bee citant la joie du docteur Ernie Bodai, une des personnes à l'initiative de l'action.

Deuxième joie, le Congrès a voté la prolongation de la vente du timbre, dont la surtaxe finance la recherche contre le cancer du sein, pour quatre ans jusqu'à fin 2019, loi signée par le Président Barack Obama ce mois de décembre.
La première version autocollante du timbre pour la recherche contre le cancer du sein (National Postal Museum).
En 1998, c'était la première fois que le pouvoir législatif autorisait l'émission d'un timbre à surtaxe (semi-postal en anglais) par l'United States Postal Service. Ethel Kessler a organisé une illustration mythologique de Whitney Sherman avec les slogans incitant à financer la lutte, trouver un remède.

L'initiative a été donc prolongée - au plaisir des philatélistes spécialistes des timbres d'usage courant ?

Trois autres causes ont eu droit à un timbre à surtaxe de bienfaisance et porte un signe « + » pour l'indiquer, résume le Musée postal national du Smithonian :
- Heroes en 2001, émis le sept juin 2002, pour aider les policiers, pompiers et urgentistes, et leurs familles, victimes lors de l'attentat du onze septembre 2001 contre le World Trade Center ;
- Stop Family Violence, à partir du onze octobre 2003, soutint le département de la Santé à lutter contre la violence au sein des familles ;
- enfin, et seul toujours en vente de ces trois, émis le vingt septembre 2011, Save Vanishing Species pour la protection des espèces animales menacées.

mardi 29 décembre 2015

Des colis de Noël à Saint-Pierre-et-Miquelon, archipel philatélique

Ma page semestrielle sur Saint-Pierre-et-Miquelon :)

J'aime bien explorer, de temps en temps, la vie philatélique et postale de Saint-Pierre-et-Miquelon, la collectivité d'outre-mer française d'Amérique du Nord...Déjà parce que je suis presque sûr de trouver quelque chose.

L'archipel donne l'impression que chacun des six mille habitants participe à cette vie : le maître de poste qui attire, en costume d'époque, les frégates historiquesle gendarme qui rejoint les nombreux artistes locaux dans la création des timbres (voir les sanguines de Patrick Derible), l'expert médaillé organisateur d'exposition internationale, etc.

Le président de la République avait passé les deux jours précédents Noël l'année dernière sur l'archipel, justifiant l'émission d'un timbre... un peu patchwork d'images d'archives, mais au moins sur un thème local.


Cette année, la chaîne publique La 1ère revient à La Poste pour le marronnier des colis de Noël. Hier, lundi vingt-huit décembre 2015, Alain Rebmann et Laura Philippon ont passé quelques heures dans le garage du bureau de Saint-Pierre où douaniers et postiers ont réceptionné une tonne et demi de colis, le lundi vingt-et-un décembre.


Dans les coulisses de La Poste de Saint-Pierre... par spm1ere

Les douaniers préparent la taxation d'une bonne partie d'entre eux, les postiers les avis de réception déposés dans les boîtes postales des destinataires... car, particularité de l'archipel, il n'y a pas de distribution à domicile - tiens, Postes Canada a un concurrent ?
Jean Ketterlin a retrouvé chemise et cravate dans un bureau très philatélique (capture d'écran du reportage de La 1ère, vingt-huit décembre 2015).
Chaque habitant dispose d'une case postale dans le bureau de Saint-Pierre - et j'imagine celui de Miquelon. Dans le reportage, le maître des postes Ketterlin rappelle l'importance de donner le numéro de sa boîte à ses correspondants et de bien prévoir l'ensemble des documents nécessaires au passage des colis en douane pour être sûr de disposer des cadeaux pour Noël.

Ce qui n'empêchera pas certains jouets électriques en panne de refaire un voyage postal vers le fournisseur, selon le reportage-jumeau du même jour.


Pour rappel sur Saint-Pierre-et-Miquelon :

La Poste locale dispose d'un site web bien complet, notamment avec les grilles tarifaires. Le bureau philatélique a fermé au premier semestre 2015, laissant les collectionneurs face à la boutique de La Poste métropolitaine.

Le Club philatélique est par ici. Son président Jean-Jacques Tillard, expert, philatéliste et marchand, tient toujours un site intéressant. Après un timbre consacré à sa collection médaillée, il espère un troisième grand or en trois ans lors de l'exposition de New York, fin mai-début juin 2016.

Enfin, sur le plan institutionnel, un rapport vient d'être rendu par Laurent Olléon, expert du droit des collectivités locales et de la fiscalité, au ministre de l'Outre-Mer. Face aux aléas électoraux, aux fluctuations des relations entre personnes et quelques aléas récents, la question posée est la possible constitution d'une collectivité unique dans l'archipel. Le rapport préconise que les deux conseils municipaux et le conseil territorial fusionneraient pour une meilleure gestion, tout en laissant un conseil de Miquelon gérer des questions locales ou urgentes en cas d'isolement.

lundi 28 décembre 2015

Postes Canada tenue en respect par le nouveau gouvernement fédéral

Cadeau de Noël pour les particuliers canadiens, menace de charbon pour les dirigeants de Postes Canada : avec la victoire du Parti libéral du Canada aux élections législatives du lundi dix-neuf octobre 2015, l'opérateur public suspend deux de ses décisions acceptées par la précédente mandature.

Le cadeau : une partie des augmentations de tarifs du onze janvier 2016 ne seront pas appliqués, le temps que soit audité l'entreprise. Sont concernées les lettres de première classe quelque soit leur destination. Cependant, tous les services concurrentiels, comme les colis, verront leur prix croître.

La perte va être vive pour un opérateur qui avait osé, de début décembre 2013 au trente-et-un mars 2014, suspendre toute vente de timbres à validité permanente lorsqu'il annonça une augmentation de douze cents de la lettre intérieure si le timbre était acheté en carnet, vingt-sept cents à l'unité !

C'est dire la tension qui doit se sentir au siège de Postes Canada depuis les élections... car que faire des timbres imprimés aux nouveaux tarifs vers les États-Unis et le reste du monde ? 
Tiens, il n'y a pas que mes voisins de mon immeuble qui trie mal leur courrier publicitaire devant le mur de boîtes dans le hall d'entrée (Toronto Star de décembre 2013, repris par La Presse, janvier 2014).
Rien d'étonnant puisque l'actuel Premier Ministre Justin Trudeau avait dans ses promesses de campagne la suspension d'une autre des cinq solutions (fichier pdf) trouvées par Postes Canada pour se sauver de la chute du courrier : elle a suspendu la conversion des livraisons à domicile vers des « boîtes postales communautaires » (community mailboxes), organisation qui visait à diminuer les distances motorisées à sa charge.

Le débat sur l'avenir de Postes Canada est donc relancé, ce qui contente deux groupes de pression. Les municipalités d'une part, tel le maire de Montréal, Denis Coderre, qui attaqua au marteau-piqueur la dalle de béton d'une boîte communautaire en août, et tous les exemples de boîtes jugées mal situées ou aux serrures gelées au petit matin.

Les syndicats de postiers d'autre part, qui estiment leur entreprise suffisamment rentable alors que leur nombre et l'organisation de leurs tâches étaient deux des solutions de leur direction. Ils pointent vers les opérateurs publics postaux qui ont développé des services bancaires et diversifié leurs manières de distribuer les colis - cough... cough...

Quant aux boîtes communautaires, trois quarts des foyers canadiens y étaient soumis avant le plan de 2013, elles resteront donc dans le paysage, même si certaines municipalités vont réussir à virer quelques-unes, et seront toujours une idée d'étude postale, sociale et - puisqu'il y a conflit - géopolitique dans la vision d'Yves Lacoste.

Pour mémoire, voici les trois tarifs dont l'augmentation suspendue des tarifs postaux pour la lettre jusqu'à trente grammes :
- pour le Canada : 0,85 dollar canadien -> 0,90 (0,59 euro selon xe.com du jour)
- pour les États-Unis : 1,20 -> 1,25 (0,82 euro)
- pour le reste du monde : 2,50 -> 2,60 (1,70 euro)

samedi 26 décembre 2015

Les soutiens du Dalai Lama bousculent la Deutsche Post

Le mercredi quatre décembre 2015, Sonja Gillert raconte pour Die Welt comment les commandes de timbres-poste personnalisés de l'association allemande International Campaign for Tibet empoisonnent Deutsche Post DHL depuis le printemps dernier.
Un des timbres personnalisés commandés à Deutsche Post (International Campaign for Tibet, reproduit par Die Welt)
Après l'annulation d'une émission du programme philatélique par la poste autrichienne en 2005 - dont des essais ont fini sur le marché, on aurait pu penser que les opérateurs postaux de pays souhaitant entretenir de bonnes relations économiques avec la République populaire de Chine saurait faire attention, surtout quand l'opérateur est, depuis 2001, le cœur d'un groupe transnational de transport et de logistique, DHL.

L'article reprend la chronique de cette commande d'un timbre personnalisé pour les quatre-vingts ans de Tenzin Gyatso, actuel dalaï lama et chef moral et spirituel des Tibétains en exil depuis l'établissement du contrôle militaire du Tibet par la République populaire de Chine.

Six mille quatre cents sont commandés, imprimés et livrés au printemps à la section allemande de l'organisation états-unienne savetibet.org qui s'empresse de montrer sur le réseau social Twitter son premier usage du timbre : un courrier à l'ambassadeur de Chine populaire à Berlin, sûrement heureux s'il a des amis collectionneurs de timbres.
Une association pro-tibétaine écrit à l'ambassadeur de la Chine populaire à Berlin avec un timbre représentant le Dalaï Lama... Étincelles ? (International Campaign for Tibet, reprise par le blog Rainbow Stamp Club le quatre juillet 2015).
Est-ce la médiatisation de leur courrier adressé à l'ambassadeur de Chine populaire à Berlin ? Ou une brutale relation téléphonique entre ledit ambassadeur et le ministère fédéral des Affaires étrangères ? Ou le directeur de DHL en Chine qui a alerté la maison-mère que le dragon lui soufflait dans ses bronches déjà noircies par la dense pollution pékinoise ?

En tout cas, l'association a désormais un mal fou à faire rentrer une nouvelle commande, passée en novembre, dans le règlement du service PostIndividuell de Deutsche Post, modifié depuis... Ce qui a motivé le sérieux quotidien berlinois à revenir sur ce timbre.

Désormais, en Allemagne, vous pouvez commander des timbres personnalisés Star Wars - quoi, comment ça, il n'y a pas que La Poste et Royal Mail à le faire ?!!, mais pas des timbres représentant des personnalités politiques étrangères à l'Allemagne.

La journaliste de Die Welt explique donc que le président de l'État libre de Bavière a pu recevoir de tels timbres à son effigie pour son anniversaire, mais que personne ne pourra honorer une visite du président des États-Unis avec de telles productions...

Tandis que l'association pro-tibétaine tente de dompter ce règlement modifié sans aucun rapport avec toute menace chinoise, ses dirigeants promettent d'observer les prochaines commandes réalisées par Deutsche Post afin de prendre l'entreprise en défaut.


Hasard de l'actualité, début décembre, c'est un parti flamand qui est furieux à l'égard de bpost, la poste belge : alors qu'il a pu commander des timbres personnalisés les années précédentes, la photographie choisie cette année (entre armoiries flamandes indépendantistes et drapeau catalan) ou la présence du logotype et du slogan du parti auraient heurté le nouveau règlement sur la neutralité politique des productions permises.

Sûrement que les députés fédéraux sauront obtenir de bpost la motivation précise lors de prochaines commissions parlementaires.

jeudi 24 décembre 2015

Médiatisation d'une saisie de faux timbres Marianne

Continuons à suivre les affaires philatéliques et postales dans les médias généralistes.

Mardi vingt-deux décembre 2015, les douaniers de l'aéroport de Lyon - Saint-Exupéry ont révélé avoir saisi un colis de faux carnets de timbres-poste au type Marianne de la jeunesse au tarif de la lettre prioritaire jusqu'à vingt grammes, comme le rapporte l'édition locale de 20 Minutes.
Capture d'écran de la vidéo diffusée par les Douanes françaises sur youTube.
Après les malheureux collectionneurs de billets neufs, voilà que les Douanes s'en prennent aux collectionneurs de faux timbres pour tromper La Poste : ceux-ci ne pourront compter dans leur honorable collection ces falsifications - imaginer la cote sur lettre, mieux qu'une étiquette de banane - et devront donc continuer à spéculer les timbres émiettés du bloc Libération émis lors du Salon d'automne, en novembre dernier.

Repéré dès son expédition en République populaire de Chine, le colis express en provenance de Hong Kong contenait quatre postes à souder emplis de liasse de cent carnets de douze contrefaits, dans un contexte de fortes augmentations successives des tarifs postaux.

Espérons qu'un juge autorise l'archivage d'un exemplaire au Musée de La Poste pour la connaissance commune et les besoins en expertise, puis diffusion de la vidéo de crémation du reste.

mercredi 23 décembre 2015

Urgent : groupe postal recherche joueur de pipeau, spécialités rats et philatélistes requises

... et, une fois n'est pas coutume, pas pour son service national du timbre-poste.
Le Joueur de flûte de Hamelin, conte des frères Grimm, sur un timbre d'Allemagne fédérale de 1978  (commons.wikimedia.org).
L'Agence France Presse diffuse aux médias abonnés un fait divers postal : en région parisienne, un entrepôt de tri de Nanterre est envahi par les rats. Avant d'avoir recours à de nouvelles marques de courrier bien endommagé, les postiers ont décidé d'exercer leur droit de retrait hier mardi vingt-deux décembre 2015 et, peut-être, aujourd'hui, s'estimant en danger entre les maladies portées par les rongeurs et une suspicion sur les méthodes de la dératisation de mercredi dernier, le seize.

Après une décennie deux mille à présenter une réorganisation en super méga plate-formes industrielles du courrier (PIC) et des centres de distribution, une représentante des postiers révèle que ce hangar sert de centre de tri depuis cet été, suite à une réorganisation du service...

L'endroit est situé près de la Seine et attire les rats qui ronge courrier, défèque partout - notamment sur le courrier et sous le pas des chaussures postales, inquiètent le personnel qui a du mal à se faire entendre.

Évidemment, parmi les lecteurs de LeFigaro.fr, un des premiers journaux français à reprendre l'histoire, nombre ont une solution simple : un chat...

... sauf que...

... Royal Mail signalera que cet animal risque de créer un potentiel de soucis conséquent. Non porteur de pièce d'identité pour retirer ses lettres recommandés et colis - cliquez, allez ! :) -, que faire si aucun postier ne veut devenir son maître et aller au bureau de poste convaincre ses collègues qu'un animal peut recevoir du courrier ?

mardi 22 décembre 2015

Les banques françaises et le "théorème du timbre-poste" sur RTL

Dans la chronique économique de la matinale de RTl, ce mardi vingt-deux décembre 2015, le journaliste Martial You explique pourquoi les grands groupes bancaires français vont appliquer le « théorème du timbre-poste » à leurs clients particuliers à compter du premier janvier prochain.
RTL.fr
Le principe est connu désormais : moins de courrier posté entraîne une augmentation des tarifs postaux qui permet au journaliste de rappeler le marronnier en cours avec l'approche des nouveaux tarifs proportionnels du Nouvel An. Si l'augmentation permet de maintenir de quoi maintenir l'appareil industriel de collecte et distribution - et les salaires et primes des dirigeants ? - elle entraîne une désaffection en faveur de la correspondance électroniques.

Il semblerait donc que les détenteurs de compte bancaire soient de plus en plus prudents... ou de moins en moins confortables financièrement. Donc, des frais vont être à payer pour la tenue des comptes sans problème !


Un à deux euros par mois, même si vous n'êtes victime d'aucun incident : solde débiteur, virement exceptionnel, paiement à annuler, etc. Là où nous pourrions croire que ces comptes aident à la banque à rester dans les clous de la réglementation européenne. Conséquences à prévoir : une fuite vers les comptes des banques en ligne, souvent tenue gratuitement avec carte bancaire offerte.

Pour Martial You et Loïc Farge, le fait est exprès pour les banques à plusieurs échelles. Bassement en terme de profit : les clients riches payent des services pour être mieux conseillés de suite, les clients pauvres payent à chaque incident de compte... Quid de la majorité prudente mais pas assez avide de placements rémunérateurs quoique risqués ?

Deuxièmement, tenter de diriger le flux créé vers la banque en ligne de la banque en dur ; des petites sœurs web qui ont du mal à décoller en comparaison des pionnières indépendantes. L'économiste, de loin, imagine donc un phénomène générationnel : les jeunes et les moins aisés se dirigeant d'emblée vers la légèreté des tarifs et donc des services des banques en ligne, puis rejoignant les banques avec services compris quand les besoins en conseil se feront sentir...

Et, comme pour les services postaux, une population entre-deux par besoin ponctuel, par habitude ou par manque d'information va assumer ce coût nouveau dont You rappelle qu'il s'agit aussi de la population qui assume tous les coûts croissants depuis quelques temps... Le thème électoral n'est pas loin.


Sujet non abordé pour vérifier la validité du « théorème du timbre-poste » dans ce contexte bancaire, comment se portent les services web de La Poste ? Chaque année, à grand renfort de bandeaux et de rectangles jaunes dans la presse quotidienne nationale et régionale, de tracts publicitaires et d'employés vous dirigeant vers les automates dans les bureaux, l'opérateur public français dirige ses clients expéditeurs comme destinataires vers de nouvelles formes d'accès aux services.

Ristourne si vous imprimez vous-même votre affranchissement, possibilité d'expédier un colis depuis la boîte aux lettres de son domicile, choix du bureau de retrait d'un colis ou d'un recommandé, voire par l'intermédiaire d'une application sur téléphone connecté... Cette évolution théorique prend-t-elle, à la grande frayeur des collectionneurs complétistes de timbres-poste ?

lundi 21 décembre 2015

Envoyé spécial et les colis du Père Fouettard

Entre jeudi dix-sept et dimanche vingt décembre 2015, les filiales de livraison de colis du groupe français La Poste sont passées du Père Noël sonnant opportunément avec le colis tant attendu au Père Fouettard que les journalistes de la chaîne de télévision publique France 2 sont allés cherchés au petit matin.
Logotype de l'émission de reportages du jeudi soir de la chaîne publique France 2.
Hier, vingt décembre, La Poste et ses facteurs volontaires ont profité d'une publicité gratuite avec les trois heures de livraison dominicale dans une poignée de villes de France : facteur livrant un colis, particulier étonné mais content de recevoir un colis un dimanche, syndicaliste exprimant un point de vue opposé, fermer le rideau, passons aux résultats de la dernière journée de football...

Joli coup, bien tourné : c'est juste un essai pour voir si c'est rentable et voulu par les destinataires, mais qui s'inscrit dans une logique libérale que l'ancien président du groupe, Jean-Paul Bailly, voyait aux États-Unis et au sein d'une commission sur le travail du dimanche.

Avec les images tweetées officiellement par La Poste de facteurs entourés de comédiens déguisés et portant leurs commandes de produits Star Wars à d'heureux clients, quel beau mois de communication.


Hélas, trois soirs plus tôt, Envoyé spécial de France 2 plongeait « dans les coulisses des livraisons » que vous pouvez encore regarder en rediffusion sur le site jusqu'à jeudi après-midi.

Les journalistes ont suivi, en Île-de-France, les patrons et les employés des entreprises de sous-traitance en contrat avec Coliposte (La Poste bleu et jaune) ou avec Chronopost (pas exactement La Poste mais une partie quand même, c'est compliqué les firmes capitalistes...) : des compatriotes de « La France qui se lève tôt », qui veulent bien travailler dur et que l'ancien omniprésident l@téliste promit vainement de ne rencontrer qu'avec un jet d'eau sous pression en main, se précipitant au dépôt postal pour six heures pétantes, triant eux-mêmex les colis, se jetant dans les rues et avenues des arrondissements parisiens et de sa banlieue.

Au fur et à mesure, les règles du contrat avec La Poste et ses filiales apparaît dans les témoignages : respecter les horaires limites (le treize heures sacré par exemple) pour une somme dérisoire par colis ou c'est l'amende équivalente au forfait dérisoire ! Et, fliqués par les tablettes-scanners, désespérés d'être payé, ils innovent dans les trucs pour gagner du temps... Le spectateur comprend mieux pourquoi le facteur ne sonne plus avant de laisser un bon de passage ou que les colis aient pas toujours leur forme parallélépipède rectangle.

Enfin, les patrons sous-traitants se retrouvent obligés de promettre une paie coupée en deux, entre un salaire déclaré et une part non, sûrement soumise au nombre d'amendes du mois, aux coûts des véhicules de location et au manque de chiffre d'affaires que provoque ce système. Le livreur cumulant trop de livraison en retard ne verra pas son contrat renouvelé.

Si tout ce qui est montré dans le reportage est réel, il est fort dommage qu'un procureur en mal de notoriété ou un parlementaire en addiction à la notoriété ne plongent pas leur regard à caméras assistées sur ces contrats de sous-traitance... C'est tout de même digne de l'usine du dix-neuvième siècle de voir des amendes de retard équivalentes au revenu à la pièce.


Certes, le reportage aborde un autre problème de la livraison en visitant un concurrent, mais il aurait été appréciable de voir si les concurrents de La Poste usent des mêmes ficelles avec le même argument ultralibéral : si les sous-traitants ont signé ce contrat, c'est qu'il leur convient, dit le cadre postal sans cravate depuis le coin de son bureau...

Et qu'il faut confronter au témoignage d'un client, dirigeant une petite entreprise de design : les trois colis reçus lui ont coûté soixante euros de port... quant le sous-traitant touchera quelques piécettes pour sa peine, alors que « le dernier kilomètre » menant du dépôt au destinataire constituerait le tiers du coût du transport d'un colis...


Si Coliposte - et donc ses sous-traitants visiblement - assure un service visiblement convenable depuis que je vis à Montpellier, j'avais vécu quelques aléas à Paris (retards peu graves, mais une livraison posée contre ma porte dans le couloir de l'immeuble ?!!). C'est alors que j'avais émis l'idée que le client d'une entreprise de vente par correspondance devrait avoir le choix du prestataire de la livraison de ses biens commandés.

Car, pour ne pas être hypocrite quand nous cliquons pour une commande, il serait intéressant de prendre pleinement conscience du coût social de l'ensemble des choix de livraison : express avec stress des livreurs sur-amendés ? Livraison à domicile ou en points-relais : mon confort au détriment de ceux des livreurs parcourant toutes les rues de la villes, une à une, ou délivrance collective dans des points précis largement ouverts ?


Aller plus loin :
le même lundi vingt-et-un, Olivier Razemon, dans L'interconnexion n'est plus assurée, son blog sur les transports et les déplacements hébergé par LeMonde.fr, propose un rappel que les frais de port ne sont jamais gratuits quoiqu'en disent nos factures d'achats par correspondance... ni économiquement, ni socialement, ni environnementalement.

samedi 19 décembre 2015

Émission commune pour la Communauté d'Afrique de l'Ouest

Jeudi dix-sept décembre 2015, les chefs d'État de la Communauté économique des États d'Afrique de l'Ouest (CÉDÉAO ou ECOWAS en anglais) ont pris des décisions en faveur des échanges et circulations au sein de leur association régionale, lors d'un sommet à Abuja, la capitale du Nigeria.
Deux dirigeants ouest-africains dévoilent le motif commun des timbres-postes du quarantième anniversaire de la Communauté (@bidj@n.net, 18 décembre 2015).
Plusieurs projets communautaires ont atteint l'état physique qui ont été présentés aux présidents : passeport biométrique avec nom de la Communauté sur la couverture, sur le modèle de l'Union européenne, et modèle commun de carte d'identité.

Dans le contexte du quarantième anniversaire, ils ont pu se satisfaire d'une croissance économique forte à l'échelle du continent africain, notamment grâce au Tarif extérieur commun et des élections démocratiques (oui, quelques éléments critiques ne feraient pas de mal). Une discussion est parvenu jusqu'aux médias français : la possibilité d'interdire le voile intégral dans le contexte du terrorisme djihadiste au sud du Sahara.

Il fut donc normal d'émettre un timbre-anniversaire reprenant le logotype de l'anniversaire dont le zéro du quarante est l'emblème de la CÉDÉAO. Une émission commune qui rappelle l'existence d'une philatélie et une histoire postale dans tous les pays du monde, même si Timbres magazine, Théodore Champion et leurs concurrents ne les proposent pas vendues clef en main aux complétistes, ni à l'étude contrairement à Gibbons Stamp Monthly (oblitérations contemporaines du Bénin pour l'exemple le plus récent).

vendredi 18 décembre 2015

Du pliage des lettres huguenotes au Musée de la communication de La Haye

Une actualité de la recherche historienne repérée par le journal quotidien français La Croix le jeudi douze novembre et le lundi quatorze décembre 2015, a donné lieu à un entretien dans l'émission La Fabrique de l'histoire sur France Culture, ce vendredi dix-huit décembre (à partir de trente-trois minutes et vingt secondes sur le fichier audio). Elle devrait intéresser les historiens postaux, ceux qui s'intéressent à l'ensemble du système postal et de la lettre, et pas qu'à sa valeur vénale selon ses marques postales, son auteur ou son destinataire.
Le coffre en question et ses deux mille six cents lettres (© Signed, Sealed & Undelivered Team, 2015. Avec l'aimable autorisation du Museum voor Communicatie, La Haye).
Sur la radio publique français, Emmanuel Laurentin s'est entrenu une petite vingtaine de minutes avec l'historien néerlandais David Van der Linden de l'université de Groningen. Au sein de l'équipe Signed, Sealed & Undelivered, il s'est lancé dans l'étude d'une pièce très particulière du Musée de la communication de La Haye, aux Pays-Bas.

Ce coffre contenant environ deux mille six cents lettres datant de 1676 à 1707 a appartenu au maître de poste Simon Veillaume, dit de Brienne, huguenot français, émigré dans les Provinces-Unies où il exerce sa fonction à La Haye pour le courrier provenant de ou se dirigeant vers le royaume de France à une époque où une partie des protestants partent se réfugier à l'étranger. L'homme est important, il fut quelques années un proche de Guillaume d'Orange, futur roi d'Angleterre.

L'entretien permet de présenter les bases des systèmes postaux de l'époque : lettre pliée et cachetée, dont le parcours est principalement à la charge du destinataire, mais dans une ville sans numéro d'habitation, ni nom de rues, et encore moins annuaire.

Dans les archives retrouvées par Van der Linden, le coffre fut surnommé « la tirelire » car Van der Linden et ses successeurs eurent toujours l'espoit de les délivrer et être enfin payés : destinataires curieux finalement acceptant le port, héritiers,... Le plan ne fonctionna visiblement pas.

Le coffre au trésor prend alors trois directions aux yeux de l'équipe d'historiens néerlandais et britanniques (de l'Université Queen Mary de Londres).

Tout d'abord, un aspect technique lié à une comparaison avec l'archéologie : six cents de ces lettres n'ont jamais été décachetées. Faut-il les ouvrir, ainsi détruire l'objet postal non livré qu'elles constituent, pour connaître leur contenu ? Non grâce à un scanner à rayons X et un projet collaboratif qui sera proposé d'ici fin 2016, début 2017 aux amateurs de transcrire le texte des lettres scannées.

Car, deuxième approche, ces lettres passionnent David Van der Linden, spécialiste de l'histoire des huguenots français exilés aux Provinces-Unies après la révocation de l'édit de Nantes par Louis XIV, une des âmes noires de l'histoire de France (guerres, taxes, guerres, Versailles, guerres), en 1685. En effet, avec deux mille six cents lettres conservées par le hasard provoqué de la rencontre entre le système postal moderne et saurons-nous-un-jour-quelle-idée de Simon de Brienne, l'historien va pouvoir étudier comment toutes les classes sociales ont vécu le départ de leur famille, époux, épouse, fils ou fille vers le plat pays protestant alors que d'habitude, les lettres connues le sont dans des archives familiales ou d'État, généralement dans les couches élevées de la société. Les premières lettres étudiées montrent un exil vers le refuge aussi difficile que celui que vivent actuellement les Syriens fuyant leur pays.

Si le contenu passionne autant l'historien, pourquoi ne pas les décacheter ? Car des historiens britanniques et néerlandais s'intéressent désormais au letter locking : comment l'expéditeur verrouille sa lettre en pliant la feuille d'une façon totalement personnelle malgré une apparence finale fort commune. Une véritable signature abstraite qui devait garantir l'identité de l'expéditeur au destinataire... surtout si dans l'exil chaque pièce nécessaire à la délivrance du courrier signifiait le peu de confort des destinataires.

Quand l'historien-chercheur se fait aussi fétichiste que le collectionneur d'histoire postale :p

De la manière simple dont David Van der Linden parle du système postal de jadis, j'espère que la prochaine émission sur courrier, timbre et philatélie de Franck Ferrand pour Europe 1 ne réitèrera pas une réchauffée de l'invention de la poste aux chevaux en France...

Complément du samedi dix-huit mars 2017 :
Les relations entre les réformés français et le roi Louis XIV ont été l'objet de l'émission Concordance des temps sur France Culture ce samedi. L'historienne Naïma Ghermani est interrogée par Jean-Noël Jeanneney, dans le contexte des débats européens sur l'immigration et sur l'accueil des réfugiés syriens.

dimanche 13 décembre 2015

L'année mail art de Don Rosa

Le vingt-deux mai 2014, je publiai une classe ouverte sur Don Rosa, dessinateur et scénariste de l'univers de Donald Duck et Scrooge McDuck/Picsou de 1987 à 2005, que j'évoqua un timbre finlandais, un kantele et une des aventures finlandaises du canard le plus riche du monde.

Don Rosa est l'un des quelques dessinateurs des univers de Disney au style immédiat distinguable et, de surcroît, qui donne envie d'y revenir, à tel point que les éditions intégrales se multiplient depuis le début de la décennie. S'il a toujours passionné de créer ses bandes dessinées, il fut d'abord un ingénieur de formation afin d'hériter de l'entreprise familiale dans le Kentucky.

Dans le troisième tome de celle de l'éditeur états-unien Fantagraphic Books, publié en juin dernier - déjà présente dans les éditions nordiques depuis 2011, est racontée l'année étudiante 1970-1971 de Don Rosa à travers le mail art.
Le Président Eisenhower fait la classe à six petits Jefferson sur leurs devoirs de timbres-poste (Don Rosa avec permission du webmestre de sa page officielle sur Facebook).
Dans I Like Ike!, Don Rosa raconte comment il garda contact avec son meilleur ami pendant une année d'éloignement pour ses études. Déjà dessinateur et conteur dans l'âme, il illustra l'ensemble de la quarantaine d'enveloppes, une par semaine.

D'abord, une simple caricature de son ami qui prenait peu de place avant que l'illustration occupe tout le recto... et que le timbre devienne partie de la scène.

Avec l'aimable autorisation du représentant de Don Rosa en Europe, j'ai reproduit ici trois enveloppes qui parleront le plus aux philatélistes, comme ci-dessus un six cents Eisenhower sans valeur faisant la classe à six one cent Jefferson de 1968. Sans valeur car le professeur a été découpé de la couverture d'un carnet de timbres.
Humour autour de ce mystérieux « Eisenhower, U.S.A. », triple prénom d'un timbre recherché « oblitéré ou vivant » :)  (Don Rosa avec permission du webmestre de sa page officielle sur Facebook).
L'artiste respectait beaucoup les règles postales et fut étonné que tous ses courriers parviennent à destination : même quand l'adresse faisait partie d'une affiche de recherche de ce mystérieux Ulysses Sydney Anderson Eisenhower. Il réussit à l'inclure sur le dessin d'une boîte de céréales, ou façon couverture de roman ou du Reader's Disgust.

L'avant-dernière lettre de Don Rosa avant la fin de son année universitaire : le postier fut prévenu (Don Rosa avec permission du webmestre de sa page officielle sur Facebook).
L'humour alla jusqu'à prévenir le postier d'un examen à la fin de l'année universitaire : l'avant-dernière enveloppe lui rappelait qu'il avait lu l'adresse souhaitée suffisamment de fois pour s'en souvenir pour le dernier envoi de la semaine suivante.

...

Et patatras ! La dernière adressée à « same place as usual » fut renvoyée vers la cité universitaire, où elle fut dirigée vers l'adresse familiale de Don Rosa. Non, les postiers n'avaient pas été aussi attentifs.

Les textes de légende rappellent aux plus jeunes des lecteurs comment fonctionne le système postal et son système d'adresse sans arobase.

Les tomes des aventures Disney par Don Rosa étant empilés sans ordre à la Fnac de Montpellier, je n'ai pu vérifier si ces enveloppes ont été reproduites dans l'édition française. Mais, lire en version originale est un plaisir des accents anglophones.

mardi 8 décembre 2015

Le mensuel Gibbons veut-il relancer la taille-douce au Royaume-Uni ?

Avec son numéro daté décembre 2015, Gibbons Stamp Monthly est-il en train de lancer un moment digne de l'Art du timbre gravé, initié, entre autres, par Timbres magazine en France ?

Ce qui permet aussi d'en apprendre petit à petit plus sur l'émission-surprise du mercredi neuf septembre dernier, dont l'impression espagnole est supposée.
Le feuillet Long to Reign Over Us, une très rare émission britannique imprimée en taille-douce, émise le neuf septembre dernier (boutique web de Royal Mail, plus grand format par ici).

Certes, les timbres d'avant l'héliogravure de l'ensemble du Commonwealth sont omniprésents dans les magazines britanniques, avec parfois le récit tiré des archives du travail des graveurs... mais pas au niveau de la série d'articles qu'entament Glenn Morgan sur la carrière de Chris Matthews, graveur du bloc-feuillet marquant le plus long règne de l'histoire de l'Angleterre et du Royaume-Uni.

À l'exception de ponctuelles émissions simultanées à des expositions philatéliques, Royal Mail ne pratique plus l'impression en taille-douce, contrairement aux services philatéliques français (un peu forcé par l'opinion publique) ou scandinaves : voir les magnifiques offset/taille-douce du Danemark comme les voitures de courses.

Dans ce premier article, c'est la carrière d'un jeune graveur - né en 1960 d'un père artiste pour Bradbury, Wilkinson - qui est présenté, allant d'un imprimeur de sécurité à un autre, au gré des changements techniques et de ce que les plus anciens graveurs estiment comme noble ou pas : voilà Matthews pratiquant la gravure pour des billets de banque en polymère, ou dessinant de la gravure sur ordinateur...

Révélant que cette dernière dure de six à huit semaines au lieu de cinq pour la méthode traditionnelle car le graveur doit apporter sa touche et éviter une image homogénéisée.

L'article est illustré d'une création inédite de Matthews qui a gravé quelques exemples de textures pour légender les méthodes de travail du métal. Morgan complète avec un lexique de burin à vignette, et de dry point à Kobex moulding... Déjà que j'ai dû mal avec l'impression expliquée en français.

La popularité d'un tel article peut-il inciter Royal Mail a tenté quelques aventures gravées ou mixte dans les années à venir au-delà des émissions pour salons philatéliques ?


Précision du jeudi vingt-quatre décembre 2015 :
Ce mois-ci, Stanley Gibbons a pris conscience du fatras qu'était devenu son site depuis quelques mois avec la création de son Market Place dans lequel les produits et informations de l'entreprise se confondait parmi les boutiques, la sienne et celles des internautes-marchands.

C'est ainsi qu'un blog me semble être apparu dans lequel l'éditeur essaie d'attirer de potentiels lecteurs avec les résumés des articles de Gibbons Stamp Monthly : par ici pour celui sur Chris Matthews par Claudia Cadete.

dimanche 6 décembre 2015

La semaine n°2015-49 sur SebPhilately

Après trois articles publiés simultanément en français et en anglais depuis mi-novembre, j'ai publié une traduction inédite sur la version anglophone de ce blog et une surprise arrive.

Vendredi quatre décembre : le catalogue des timbres Postcrossing en un seul article.
Désormais, les douze timbres émis par huit opérateurs postaux européens, depuis les Pays-Bas en 2011, font l'objet d'une liste unique en anglais tandis que ce catalogue reste dispersé sur SébPhilatélie : voir la catégorie Postcrossing.
Dernier timbre de cette thématique, émis en octobre dernier et en provenance d'Ukraine (et que j'ai reçu récemment sur une carte Postcrossing).
Rappelons que le site web Postcrossing, ouvert depuis le quatorze juillet 2005, vise à provoquer l'envoi et la réception de carte postale au hasard entre les membres. Un forum permet de trouver des correspondants selon les pays et les thématiques recherchés.

Dimanche six décembre : retour sur un kantele et des canards.
Au cours de cette journée de dimanche, en bande-annonce d'un second épisode à venir très prochainement sur les deux blogs, la traduction de l'article francophone publié le jeudi vingt-deux mai 2014.
Comme vécu par Picsou dans La Quête du Kalevala, la musique du kantele est d'une beauté telle que les plus des plus beaux souvenirs sont eux-mêmes éclipsés...
Intitulé « Finnophilie anatide à partir d'un kantele », j'y développai une collection classe ouverte à partir du timbre Europa finlandais de 2014 qui réveilla ma passion pour les bandes dessinées écrites et dessinées par Don Rosa de 1987 à 2006, digne successeur de Carl Barks, créateur d'une grande partie des personnages de l'univers de Donald Duck.

Surveillez : le second épisode de cette classe ouverte arrive.

jeudi 3 décembre 2015

Francophonies dans la presse british de décembre 2015

Pendant que le douzième Doctor incarné par Peter Capaldi affronte un mystérieux ennemi dans un mystérieux château - et sûrement un mystérieux temps - pour clore sa seconde saison dans ce rôle, tout en n'ayant toujours pas été timbrifié par Royal Mail, la presse philatélique britannique reçue fin novembre et datée décembre 2015 est partie à l'exploration des espaces francophones.


Dans The London Philatelist, James R. Taylor étudie les surcharges diagonales « ST - PIERRE  M - on » apposées sur les émissions générales des colonies en 1891. À Saint-Pierre-et-Miquelon, furent concernées le type Alphée Dubois et le stock restant des timbres non dentelés au type Paix et Commerce de Jules Auguste Sage.

Cette action initiée dans l'ensemble de l'empire colonial français pour lutter contre la spéculation monétaire entre colonies, est étudiée depuis leur étude dans les catalogues de cotation au long de l'histoire philatélique jusqu'aux falsifications et variétés.


Changement de continent vers des pays moins visités dans la presse philatélique français, mais que les auteurs de Gibbons Stamp Monthly étudient attentivement : les émissions effectivement émises en Afrique occidentale, leurs surcharges et, en décembre 2015, les oblitérations qu'elles reçoivent.

Nicholas Pertwee décrit et liste les cachets d'oblitération en cercle unique utilisés ces deux dernières décennies et demi au Bénin. De quoi relancer l'intérêt pour des pays négligés, soit par des émissions pléthoriques d'agences philatéliques privées, soit par un modeste programme trop discret pour les collectionneurs occidentaux.

L'article complète une première partie publiée dans le numéro datée de novembre sur les marques d'oblitération à double cercle des années 1970 à la fin des années 1990 environ.


Enfin, toujours dans le mensuel Gibbons, David Horry démarre une nouvelle chronique de détournement humoristique. Après avoir publié des parodies de timbres non émis du règne de George VI (intégrale en vente chez l'éditeur Murray Payne, le spécialiste KG6), il s'attaque aux projets non émis du Political Warfare Executive.

Cette section du ministère des Affaires étrangères eut pour mission à partir d'août 1941 des opérations de propagande afin de décourager les populations et forces ennemies.

La première création de Horry concerne un des timbres du protectorat français au Maroc surchargé « Deutsche Reichspost in Marokko », que, d'après la légende, le PWE créa en mai 1942 et fit passer par l'ambassade des États-Unis qui les présenta au ministre vichyste Pierre Laval que l'Allemagne voulait contrôler le Maroc... afin d'éloigner l'État français du Reich.

David Horry ne manquant pas d'humour : il vous avertit de vous méfier des falsifications des falsifications de son PWE en montrant un autre timbre du Maroc surchargé à l'imprimante contemporaine :)

mercredi 2 décembre 2015

Neopost, autre victime d'un secteur postal en déclin ?

D'habitude quand les médias évoquent chute et perte dans la même phrase que courrier et affranchir, nous pensons entendre parler des opérateurs postaux historiques en pleine reconversion d'un modèle monopolitisque plein de lettres à un modèle hautement concurrentiel plein de colis et de publicités plus ou moins souhaitées.

Ce soir, le flash boursier de France Info et, à peu près, tous les médias généralistes et financiers de France commentent la forte baisse du jour de la valeur de l'action de Neopost,  proposant des solutions de préparation et d'affranchissement de courrier et de publipostage physique et internet.

L'entreprise est connue des philatélistes et marcophiles français comme européens pour ses machines de préparation, d'oblitération et de tri du courrier qui laissent des marques bleues sur nos courriers reçus ces dernières années.

Apparemment, 2015 sera moins bonne que prévue pour Neopost, il semble. La plupart des médias web cite de nombreux nombres et statistiques à même d'inquiéter le spéculateur-boursicoteur, mais il faut aller chercher sur le site du mensuel Capital en mars 2014 - quand ça allait mieux dans les prévisions - pour avoir du contexte sur les évolutions récentes à venir de Neopost et du secteur qu'elle se partage largement avec l'États-Unien Pitney Bowes.

Même avec cela, dur de deviner si les résultats moins qu'espérés pour 2015 sont dus aux mêmes causes que La Poste ou au fait que le marasme économique n'incite pas les entreprises à investir dans une gestion différente du courrier.

Normalement, la période à venir devrait néanmoins rendre un peu de sourire : les sites français des deux concurrents rappellent avec force couleurs vives la prochaine augmentation des tarifs postaux. De nombreux clients des machines à affranchir vont recevoir - gratuitement ? - de nouvelles puces ou mises à jour.

Surtout, l'espoir est que de nouvelles entreprises ou associations tentent l'abonnement à ces machines pour mieux tenir leurs frais postaux : ristourne de La Poste et compteur Neopost pour veiller à ne pas dépasser le budget.

Espoir... sinon les spéculateurs iront voir ailleurs.

dimanche 29 novembre 2015

Tout premiers courriers des îles Falkland

Ce jeudi vingt-six novembre, à cinq heures de l'après-midi au siège de la Royal Philatelic Society London, Michael Roberts a présenté sur panneaux et en une conférence sa collection d'histoire postale des îles Falkland des origines à 1945.
La pièce de résistance de la conférence : la plus ancienne lettre connue des îles Falkland (image du catalogue Grosvenor, désormais propriété de Michael Roberts).
Après une présentation générale de la géographie et de l'histoire de la conquête européenne de l'archipel et avant de se plonger dans les premiers courriers, leurs marques et les routes maritimes employées, Michael Roberts a pu présenter sa toute dernière acquisition.

Là où le fichier pdf présente un contenu allant de 1827 à 1945, la conférence diffusée aux membres sur youTube et l'exposition ont montré une lettre du quinze février 1800 adressé par un fils à son père aux États-Unis, et confiée à un navire britannique qui passa d'abord par Le Cap avant de rallier Portsmouth, où la lettre prit le chemin de New York. Un voyage de onze mois !

Roberts l'a acquise lors d'une récente vente de Grosvenor Philatelic Auctions, le lot 5001 de la vente 103 du mercredi onze november 2015. À temps donc.

mercredi 25 novembre 2015

La première saison de The Man in the High Castle continue sur Amazon

Nous le savons depuis quelques semaines : même Amazon peut être postier... Désormais, même Amazon peut devenir producteur de séries télévisées avec la diffusion de la première saison d'une série-feuilleton inspirée du roman uchronique de Philip K. Dick, Le Maître du Haut-Château dans sa traduction française.


Le roman, dont la couverture de la nouvelle traduction française a fait l'objet d'un article ici en 2012, est un chef d'œuvre de l'histoire alternative - l'expression anglophone pour l'uchronie - et de la mise en abyme.

Dans les années 1960, le lecteur suit à San Francisco, occupée par l'Empire du Japon un dignitaire japonais, des Américains et des agents nazis en concurrence dans une énigme entre crainte de l'avenir d'un vainqueur, crise identitaire des occupés, et jeu de trônes entre fanatiques.

Au cours du récit, l'héroïne, ancienne conjointe d'un des Californiens, se lance dans la quête d'un auteur séditieux qui raconte l'histoire si elle avait été remportée par les Alliés, dans une version différente de notre propre Histoire.

La conclusion du récit plonge l'amateur d'histoire du vingtième siècle dans un abîme de perplexité que la lecture de Choix fatidiques de Ian Kershaw confirme : comment les puissances et les mentalités du début du siècle étaient lancées sur de tels cheminements dans l'esprit de tels acteurs que parvenu entre 1940 et 1941, tout semble irréversible même dans l'uchronie.


La série développe cet univers pour permettre plusieurs saisons en cas de succès, transformant, non sans mystère, le roman sédicieux en films uchroniques : comment le Maître du Haut-Château a-t-il pu tourner ces films montrant la victoire des Alliés, le défilé triomphal dans New York,... alors que la guerre a pris fin avec l'explosion d'une bombe atomique allemande à Washington.

Et voilà, 1962, des héros proches de ceux du roman, auxquels s'ajoutent des dignitaires nazis à New Berlin, qui errent dans un San Francisco mal nipponisés (mais je ne retrouve plus le blog évoquant cette limite de la série) et une zone neutre devenu à la fois un refuge et un Far West ; où résistants désespérés et agents doubles jouent une Guerre froide qui n'ose dire son nom.


Côté numismatique, l'épisode pilote, l'an dernier, donnait déjà dans le mark allemand au détour d'une rélique. Un billet à l'effigie d'Hitler apparaît au cours du deuxième épisode dans un échange entre une serveuse et un client de café... Mais les yens américains et le service postal ne semblent pas encore inspirés les créatifs de la série.
Une des rames dans un angle collector avec affiche publicitaire, mais dans l'axe de la rame, l'impression totalitaire est plus gênante (Spencer Platt, repris par The Guardian).
Par contre, les commerciaux d'Amazon sont allés un peu trop loin en imposant la recréation uchronique dans notre réalité, en l'occurence la décoration des sièges d'une courte ligne du métro de New York aux couleurs des drapeaux uchroniques. Bien que la croix gammée a été remplacée par une croix de fer, l'effet fut radical et a atteint le maire de New York : la publicité a duré un jour, mais, au moins, tout le monde sait qu'Amazon fait dans l'uchronie.

mardi 24 novembre 2015

Que reste-t-il des efforts de rentabilité des postes publiques ?

Ces derniers jours, deux opérateurs postaux publics sont sous le feu de la critique alors qu'ils luttent pour leur équilibre financier.


En France, l'association de défense des consommateurs, UFC - Que choisir a publié, hier lundi vingt-trois novembre 2015, son bilan régulier des services rendus par La Poste, très largement repris par les médias français.

Les redites sont nombreuses, mais, aux yeux de l'Union fédérale des consommateurs, rien ne change : - augmentations déraisonnables des tarifs postaux des particuliers alors qu'elles sont bien plus conformes à l'inflation pour les entreprises,
- encouragement à la « lettre verte » donc à accepter un service dégradé avec livraison à deux jours au lieu d'un pour la lettre prioritaire, très coûteuse en termes de coût d'exploitation.

Et spécialité de l'association : le testing colis au cours duquel plusieurs clients-tests se voient proposer trop souvent un service coûteux sans être informé des formules moins chères. Et des délais de livraison très fluctuant pour douze pour cent des essais.

UFC - Que choisir de clore en rappelant le rôle que sont censés jouer l'Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (Arcep) sur la manière d'évaluer les coûts du service universel en associant des représentants des consommateurs d'une part.

Et l'État d'autre part, dont j'ai déjà évoqué le double rôle comme nous, citoyens-actionnaires et clients, à qui il est demandé de garantir que la forte augmentation des tarifs entraînent un gain de qualité de service rendu.

Pas gagné : le site Politis cite la branche postes et télécommunications du syndicat CGT qui signale la disparition du colis économique à compter du quatorze décembre prochain... Juste avant les fêtes de fin d'année et malgré le programme Cohesio, ça jure.


Aux États-Unis, c'est l'hebdomadaire britannique The Economist du vingt-et-un novembre qui taille dans les problèmes financiers et politiques de l'United States Postal Service.

L'USPS a annoncé, le treize novembre, une perte de cinq milliards de dollars au cours de l'année fiscale 2015, dans un contexte de chute du courrier particulier prioritaire avec les communications et les paiements électroniques.

Côté colis, l'opérateur postal - comme La Poste avec ses multiples filiales - états-unien est combattif : livraison pour Amazon le dimanche pendant l'Avent (tiens, tiens), livraison de nourriture : l'article cite l'exemple du marché aux poissons de New York dont les commandes des restaurants sont livrés par USPS... Comme en Alaska après tout.

Cependant, l'hebdomadaire économiquement libéral souligne les défauts du système postal : sa dépendance à des contraintes indépendantes de sa volonté.

Le Congrès des États-Unis impose à l'USPS des règles drastiques : une loi de 2006 lui impose de disposer dans ses finances de soixante-quinze ans de pensions de retraite des postiers... Colossal, semble-t-il. À côté, l'ouverture réduite des bureaux ruraux et la réduction de trois cent mille postes est une goutte d'eau.

Surtout, toute modification de ce que peut faire l'USPS dépend d'une loi du Congrès... Peu commode et peu réactif : la Prohibition interdit le transport postal d'alcool et Dieu sait quelles autres productions, la semaine de six jours pas toujours nécessaires partout vu le peu de courrier,...


Bref, les deux opérateurs publics tentent des stratégies pour contenter financièrement leur actionnaire, tentant de fonctionner comme des entreprises libres de leurs stratégies... mais se heurtent à deux murs de verre : l'État-actionnaire ne prend pas le risque de soutenir ces stratégies et les consommateurs-coactionnaires sont très critiques face à tout changement.

The Economist a la solution préférée de son courant de pensée : privatiser. Observons donc le cas Royal Mail dans les prochaines années.