lundi 5 janvier 2026

La destination du courrier publicitaire : le tri sélectif !

 Le fabricant de jouets en briques à monter Lego ne manque ni de capacités éducatives, ni d'humour avec le set 60495 Le Camion de recyclage, mis en vente en ce mois de janvier 2026.

Zoom sur la partie conteneurs de tri sélectif du set Lego 60495 (via la boutique web)  

Le recyclage des matières premières supposant le tri sélectif, le gros camion d'éboueurs est accompagné par deux conteneurs spécialisés verre et papier. En France, on aurait préféré un conteneur vert distinct des conteneurs jaunes pour les emballages.

L'humour apparaît avec une des briques fournis comme exemple de déchets : un courrier publicitaire de concours auxquels le destinataire n'a jamais demandé à participer, et explicitement désigné comme "junk mail", courrier-poubelle.

D'après le site BrickLink, d'échange et revente de sets et pièces détachées Lego, ce serait la troisième apparition dans un set de cette brique postale après le bureau de poste du Père Noël en 2024 et le village de Pré-au-Lard inspiré de la série littérature et cinématographique Harry Potter en 2025.

Le premier comprend plusieurs briques-enveloppes reçus par les Lutins. Parmi les magasins du second, un bureau de la poste aux chouettes et une boîte aux lettres de rue.

samedi 3 janvier 2026

De la fin profitable mais à l'avenir inquiétant des "one cent" aux États-Unis

 Suite à quelques recherches, la date de la révélation des pièces de monnaie des deux cent cinquante ans de l'indépendance des États-Unis fait partie de grandes journées numismatiques pour l'United States Mint et les collectionneurs (riches) : la veille, mardi onze décembre 2025, la Monnaie confiait l'ensemble des derniers pennies à l'effigie d'Abraham Lincoln à la maison d'enchères californienne Stack’s Bowers Galleries.

Cependant, à côté de ces festivités profitables, des pénuries de pièces et l'absence de gestion de l'avenir monétaire rendent difficiles le quotidien des commerçants.

Couverture du catalogue de la vente des derniers cents Lincoln marqués de la lettre grecque omega, publié par Stack's Bowers Galleries (via la bibliothèque de leurs catalogues).

Le douze novembre précédent, dans ses ateliers de Philadelphie et de Denver (marque D), l'U.S. Mint a appliqué la décision du Secrétaire au Trésor de ne plus commander de pièces de one cent de circulation, en raison du coût des métaux et de la fabrication, du manque de réutilisation des pièces par les habitants qui les récupèrent principalement en retour de monnaie.

Les pièces au millésime 2025 seront donc les dernières de circulation ; à partir de 2026, seules des médailles de collection seront frappées pour les collectionneurs.

Les dernières frappes étaient prévues pour être mises aux enchères le mois suivant en deux cent trente-deux trios : deux en zinc plaqué de cuivre - une pour chaque atelier, accompagné d'une pièce de six grammes en or 24 carats.

Ces pièces portent la marque Ω : la lettre grecque de l'expression biblique qu'utilise Dieu pour se décrire comme « l'alpha et l'oméga », la Création et sa Fin.

Le dernier lot, 232, comprenait les coins annulés de ces frappes oméga (catalogue de la vente).


Indiquée dans le catalogue, la qualité de chaque pièce a été évaluée (grade, qui, avec la mise sous capsule hermétique, est une habitude états-unienne), les collectionneurs connaissaient donc dans quels lots étaient les meilleurs frappes et les moins bonnes. L'ordre du lot dans les frappes et la vente est indiqué sur la légende accompagnant l'emballage de chaque pièce.

Le site d'information numismatique CoinWeek a ainsi pu résumer les résultats de la vente d'après ces évaluations.

Le lot n°1 a eu un effet bonifié par qualité des premières frappes validées par les employés de l'U.S. Mint et le numéro d'ordre : adjugé deux cent mille dollars.

Selon CoinWeek, le moins lot (n°64) est parti à seulement quarante-huit mille dollars. La majorité des lots se situe entre cinquante et quatre-vingt-sept mille.

Le haut du panier des évaluations, huit lots, ont dépassé les cent mille juqu'à cent soixante mille dollars pour le lot 69, suivi du 231 à cent cinquante.

Trois lots seulement comprenaient des pièces évaluées à MS-67, frappées à Denver. C'est pour cela que le lot 157 a atteint cent trente mille dollars, en troisième position avant le dernier lot.

Le lot final a atteint huit cent mille dollars, comprenant les six coins ayant servi à ces frappes, mutilés d'une croix pour ne plus resservir.


Au final, la vente au nom de l'U.S. Mint atteint 16,76 millions de dollars pour une valeur de deux cent dix mille dollars d'or contenu dans les pièces les plus précieuses. Joli profit pour l'United States Mint et pour la maison d'enchères.


Parmi les réactions du public connaisseur, sur le site de CoinWeek, de nombreuses déceptions. Un rappelle que ce ne sont pas les derniers cents puisque des exemplaires de collection seront encore frappés pour les sets annuels à venir.

D'autres regrettent ce choix de viser les collectionneurs les plus riches avec cette rareté tout en faisant la promotion de la fin d'une histoire populaire de la monnaie états-unienne, créée en 1793. Intéressante la question d'un intervenant : à ce prix-là, les pièces en zinc saucé de cuivre auraient pu être en cuivre.


Côté grand public, je ne peux que constater, avec nombre de numismates, de curieux, de contribuables précautionneux et la journaliste Caity Weaver, que le président Trump et son ancien meilleur conseiller Elon ont eu raison de contraindre le Secrétariat au Trésor de trouver une solution légale pour suspendre la fort coûteuse frappe de pennies inutiles : trois fois leur valeur faciale en coût, des milliards de ces pièces dans la nature, des citoyens qui ne les utilisent pas alors que les commerces doivent leur rendre la monnaie eu cent près.

Ainsi, dans un long article pour The Atlantic du seize novembre 2025, Caity Weaver a fort raison de dire que les pièces d'un cent sont des détritus sans aucune valeur autre que de nuisance, faute d'avoir su interpréter la section 5111 et 5112, titre 31 du Code des lois des États-Unis d'Amérique, qui semble pouvoir autoriser les quantités de pièces que le Secrétaire au Trésor peut commander.

Sauf que, depuis l'annonce de la non commande de cette valeur, la réalité légale se rappelle à beaucoup : dans la plupart des cinquante États, le District de Columbia et les Territoires (Porto-Rico, Guam,...), voire dans les règlements urbains, les commerces sont toujours dans l'obligation de rendre la monnaie au cent près en cas de paiement en espèces... mais, désormais, la Réserve fédérale ne distribue que les stocks restants de pièces d'un cent qui atteignent déjà la pénurie régionale par endroits.

Weaver de constater qu'en fait, l'Administration Trump par son Secrétaire au Trésor n'a rien prévu en lien avec la fin des frappes de ces pièces !

L'article de la Wikipédia en anglais signale cet amateurisme en listant des articles de médias à partir de novembre, et des - enfin - premières réactions d'élus des chambres législatives fédérées mi-décembre. Des commerces arrondissent ou tronquent la somme à régler par les clients, mais juridiquement sans droit, et, le faisant sûrement à l'avantage du client, en perdant de l'argent (un cent fois combien de millions de transactions ?).

Weaver raconte comment le gouvernement fédéral canadien a stoppé la fabrique de pièce d'un cent en 2012, et lancer la lente procédure de leur disparition sans heurts pour les consommateurs : large communication, règle officielle d'arrondi en l'absence de ces pièces, droit de recyclage des métaux par la Monnaie royale canadienne, etc. En conséquence, au Canada, la récupération du cuivre et de l'acier a permis de compenser le coût du transport des pièces, de les reprendre à leur valeur monétaire d'un cent, et de limiter le désastre environnemental de leur dispersion comme déchets domestiques.

L'environnement... La journaliste, qui a vraiment travaillé son sujet, a découvert le problème dramatique du choix du zinc dans la pièce états-unienne : très peu de valeur en recyclage faute d'offre, hautement difficile à séparer du cuivre, mais au moins le zinc des pièces est bien moins toxique à récupérer que de produire du zinc depuis une mine.

En 2019, l'United States Government Accountability Office, agence indépendante de conseils et d'audit du Congrès fédéral, avait publié un rapport d'alerte, avec les banques témoignant, sur ces questions d'éducation du public, de gestion des conséquences de la fin de la frappe,... ni - je rajouterai - comment rendre populaire l'usage des pièces de monnaie dans une population accroc aux billets de banque et à la carte de paiement différé.


Même non frappé, les pennies vont rester un coûteux problème américain très longtemps.

vendredi 2 janvier 2026

Point de Trump, mais un anniversaire très... WASP.

Le douze décembre 2025, l'United States Mint a annoncé les faces des différentes pièces de circulation ou commémoratives commandées par une loi du Congrès pour le deux cent cinquantenaire anniversaire de la Déclaration d'indépendance de treize colonies britanniques en Amérique du Nord, le quatre juillet 1776, formant dès lors la république des États-Unis d'Amérique.

La description complète des pièces, artistes inclus, se retrouve actuellement sur la partie communication du site web de la monnaie états-unienne.

La pièce de dix cents (en haut à gauche) et les cinq pièces de vingt-cinq cents de circulation de l'émission des deux cent cinquante ans de la déclaration d'indépendance (site web de l'U.S. Mint).

Comme je le pensais, l'annonce en octobre du portrait de l'actuel président sur une de ces monnaies par un des officiels du Secrétariat au Trésor était bien de la brosse à reluire... enfin, espérons, tellement peut se produire en ces temps étranges.

Par contre, le choix des personnages et des événements sont très coloniaux, blancs anglo-saxons protestants (WASP).

Les cinq quarters parcourent une partie du « roman national » : en démarrant avec le Mayflower Compact de 1620 signé par une partie des colons fondateurs de la colonie de Plymouth, devenu le Massachusetts, les fameux passagers du Mayflower. Suivent George Washington et la Guerre révolutionnaire, Thomas Jefferson et la Cloche de la liberté pour la déclaration d'indépendance, James Madison et l'Independence Hall de Philadelphie pour la Constitution.

Si la population originelle du continent se retrouve sur les autres pièces du programme numismatique officielle, les anciens esclaves et leurs descendants peuvent se retrouver dans la cinquième pièce à l'effigie du président Abraham Lincoln... mais pour le discours de Gettysburg de 1863, lors de l'ouverture du premier cimetière militaire de l'Union. Celui sur la nécessité de poursuivre la guerre pour concerner une union fondée sur la liberté et la démocratie décrite comme « le pouvoir du peuple, par le peuple, pour le peuple ».

La pièce de circulation de cinq cents et les deux pièces de collection de cinquante cents et d'un cent (site web de l'U.S. Mint).

Le nickel de cinq cents suscite aussi le débat sur ce que cette émission commémore de deux cent cinquante ans de république états-unienne. Thomas Jefferson est bien un des Pères fondateurs de l'indépendance et des premières décennies du pays neuf et les deux faces de la pièce sont celles utilisées, repensées, regravées depuis 1938.

Cependant, représenter Monticello, le bâtiment principal du maître d'une plantation esclavagiste en 2026... Certes, il semblerait que Jefferson ne fut pas le plus mauvais, que l'existence même de l'esclavage dans les États du sud rendait sa prolongation nécessaire à la survie de la nouvelle Union,... et je ne suis pas citoyen des États-Unis.

Même de circulation, les images de la pièce de cinq cents et sa description cryptique sur le rôle de Jefferson et le lieu Monticello semblent indiquer un souci chez les communicants de l'U.S. Mint.


Le dime de circulation et le half-dollar de collection sont allégoriques.

Pour la première, une Liberté guerrière au bonnet phrygien aux étoiles et rayures du drapeau des États-Unis est accompagnée de l'Aigle portant des flèches.

Pour la seconde, le cadeau de la France pour le centenaire de l'indépendance fait une apparition fort vivante sur une face, puis tend la flamme de la liberté à une main enfantine, la génération suivante.


Pour clore ce programme-anniversaire, le cent revient malgré la suspension de sa frappe en 2025 en raison du coût du métal et du manque d'appétence des habitants pour les pièces de monnaie.

Seulement, les collectionneurs étant un marché : les derniers cents frappés le douze novembre 2025 à Philadelphie et Denver portent une marque spéciale, et les sets à venir devraient comprendre le cent, même s'ils n'auront plus valeur d'usage.

Pour 2026, la pièce au président Lincoln et au blason de l'union fédérale revient avec, comme toutes ces pièces, le millésime « 1776 - 2026 ».


Selon le calendrier de l'United States Mint, les pièces anniversaires vont être mises progressivement en circulation à partir de février 2026.

Pour les autres citoyens du pays, il faut se tourner vers le dollar de la série Native American en janvier (Polly Cooper, une Oneida, qui nourrit une troupe rebelle en 1778)... et c'est tout. Entre les monnaies en argent et en or, et celles consacrées à la coupe du monde de football, plus de place au-delà de la série des présidents.

jeudi 1 janvier 2026

Abolie, la poste aux lettres danoise existe encore...

 Depuis le six mars 2025, les médias et sûrement de nombreux opérateurs postaux historiques observent le Danemark. Ce jour-là, la partie danoise du groupe dano-suédois PostNord, dont la mission fêtait tout juste quatre cents, annonçait abandonner la distribution de la lettre nationale comme internationale !

L'année philatélique danoise 2025 était complexe. Gouvernement et parlement danois ont mis fin au service postal universel en 2023, ce qui imposait la levée de la taxe sur la valeur ajoutée. D'un coup, l'ensemble des timbres danois était démonétisée et les expéditeurs devaient acheter des timbres mentionnant explicitant le service intérieur (donc la perception de la TVA) ou le service international.

Avec l'annonce de mars, PostNord Danmark se débarrasse de l'ensemble des contraintes : émettre des timbres, s'assurer de leur bon usage, reverser la nouvelle TVA, assurer les tournées aux bureaux et aux boîtes de rue, puis leur transmission et distribution à domicile, équilibrer les coûts de l'ensemble avec la décroissance du courrier physique au profit des échanges numériques, etc.

Plus que du colis.

Courrier ayant circulé à l'intérieur du Danemark en 2025 avec l'opérateur privé DAO, proposé par un vendeur sur eBay (qui propose également des objets liés aux hôtels).

Sauf qu'il restait tout de même cent dix millions de lettres postées et ayant circulé par la poste danoise en 2024 et un contexte géopolitique de « guerre hybride » avec une grande puissance de l'est du continent européen, notamment des attaques sur les réseaux de télécommunication.

En théorie, le service universel postal était maintenu pour les îles les plus isolées, aux électeurs peu nombreux mais sûrement facilement médiatisables. En plus des usagers ayant besoin du courrier papier pour rester informés et sûrs d'eux face aux services administratifs et médicaux.

Évolution du nombre de lettres gérées par PostNord au Danemark entre 2000 et 2024, graphique de l'entreprise remis en pour un article de la BBC britannique, le six mars 2025.

Donc, dans une logique libérale capitaliste assez étrange, les autorités politiques danoises ont pris acte de la décision de PostNord et voté une subvention exceptionnelle à DAO pour qu'il devienne le nouveau transporteur de lettres de référence au Danemark à partir de ce premier janvier 2026 !

...

DAO, pour Dansk Avis Omdeling ou Distributeur de journaux danois, a été créé en 1921 par trois grandes entreprises de presse du pays pour assurer la distribution de leurs publications quotidiennes.

Avec la libéralisation du marché du colis en 2010, DAO était devenu une des nouvelles postes privées du pays. Un de ses arguments auprès des clients était la possibilité de livrer les paquets avant le lever du soleil, chaque jour de l'année, grâce au réseau de buralistes et à la remise quotidienne de la presse aux abonnés.

En cette année 2025, l'entreprise a dopée son offre courrier en prenant en charge trente millions de lettres et en prévoyant quatre-vingt millions en 2026.

Faute de boîtes aux lettres, toutes démontées par PostNord, les Danois ont deux solutions d'affranchissement : acheter des « timbres » autocollants (je reviendrai sur les guillemets) ou se connecter au site DAO, remplir sa demande, et recopier un code sur l'enveloppe.

Deux solutions pour poster sa lettre : la déposer affranchie dans un des commerces partenaires (DAO shop) ou demander, pour dix couronnes danoises, qu'elle soit récupérer par un livreur lors de sa tournée - ce qui se pratiquait déjà pour les colis à expédier.

Le vendeur eBay cité ci-dessus montre et explique ce qui arrive ensuite : une étiquette est ajoutée portant le logotype de DAO dans une dentelure illustrative, voisinant avec un long code chiffrée et un code-barres en deux dimensions. Désormais fort classique pour le courrier mondial, voir dernièrement au Laos.

Les tarifs Lettre de DAO en 2025 (copie d'écran du premier janvier 2026).

Le service courrier de DAO est complet, même si philatéliquement ultra-simplifiée :

- deux tranches de poids : jusqu'à cent grammes ou deux cents cinquante ; au-delà, ce sera un colis.
- deux zones géographiques : Danemark, Monde.

Et pour le Danemark, trois services, avec la recommandation apparue en décembre 2025 :
- courrier normal livré en deux à cinq jours ;
- service PLUS en un à deux jours pour treize couronnes de plus ;
- le courrier recommandé en deux à cinq jours pour 210 ou 233 DKK selon la masse.

Pour l'international, un seul mode d'expédition classique au prix double du national.

Actuellement, 10 DKK valent environ 1,34 euro. 3,10 € la lettre nationale, 6,20 la lettre pour l'étranger... Vingt et quelques le recommandé ! Tousse...


Les limites au-delà des tarifs.

Une est « amusante ». Les « timbres », blanc et rouge pour le service intérieur, blanc et bleu pour le service global, et vendus par dix ou cinquante, ne sont officiellement pas des « timbres-poste »...

Un participant du forum StampBoards.com a lu un article de presse danois indiquant que l'actuelle loi postale du pays limite le droit d'émission de timbres-poste à PostNord Danmark, qui ne veut plus ni des lettres, ni donc des timbres qui vont avec.

Voilà pourquoi DAO a dû se passer de dentelure même simulée, d'illustration autre que fonctionnelle. Les amateurs de design pur sont donc ravis.


L'autre limite est plus sérieuse : se promener sur la carte des commerces proposant les services DAO, dont les boîtes aux lettres, sont nombreux à Copenhague, mais fort inégalement répartis dans de nombreuses régions. Des zones rurales ou péri-urbaines dépendent d'un ou deux commerces dans le bourg d'à-côté ; des îles ont un ou deux points d'accès maximum.

Les dix couronnes de frais de retrait dans sa boîte personnelle seront-elles acceptées ?


Les postes historiques ne veulent plus de la poste aux lettres, voire du service universel, même subventionnées, mais les gouvernements ont besoin de rassurer leurs électeurs avec celle-ci, quitte à la relancer par l'intermédiaire d'un concurrent privé.

Nul doute qu'en France, où les tarifs postaux pour la presse viennent d'augmenter brusquement ce jour de l'an, La Poste et les entreprises de presse observent d'un œil la situation danoise, en se léchant les babines ou en tremblant de crainte, tout en se regardant de l'autre en chiens de faïence.

L'échec de Presstalis montre que les grands quotidiens parisiens n'auront aucune envie de créer un DAO à la française et de se coltiner les livraisons de courrier en zone rurale - oui, je provoque les journaux de droite libérale anti-service public (exemple d'hypocrisie par ici - oui, l'article est payant).

mardi 30 décembre 2025

Le courrier des lecteurs toujours vif dans Spirou

 Alors que la poste danoise abandonne, après quatre cents ans, le transport de la lettre, celle-ci survit dans les planches de gags des dessinateurs et auteurs du magazine hebdomadaire francophone Spirou... 

... même si les lecteurs sont invités à envoyer des courriels pour la nouvelle formule du courrier des lecteurs, récemment remaniées graphiquement et, en partie, en contenu éditorial avec le retour de Fantasio comme interlocuteur.

La quarantaine-et-unième planche de Manoir à louer de Lewis Trondheim et Juanungo, paru dans Spirou 4575 du dix-sept décembre 2025.

En plaçant leurs intrigues bien avant l'apparition du téléphone portable et des forfaits internet sans limite, il semble que la génération actuelle de créateurs se souvient de ce courrier demandant écriture, aller à la boîte aux lettres, attendre une réponse, lire et relire ce papier rédigé.

L'objectif est aussi de proposer de l'humour cassant le quatrièm... deuxième (?) mur entre les personnages et les lecteurs, y compris les auteurs et dessinateurs quand ils se dessinent eux-mêmes (lire le numéro 4576).

Ainsi, l'épisode du dix-septembre 2025 de la série Manoir à louer montrent la famille de personnages débattre de l'intérêt d'un courrier des lecteurs dans Spirou, auquelle elle est abonnée et dont on se dispute la première lecture chaque semaine sous le regard étonné de la propriétaire du manoir qui a du mal à comprendre ces histoires bien trop heureuses.

La marge du courrier des lecteurs de Spirou 4575, suite conséquente de l'éditorial par Fabrice Erre et Fabcaro.

Les marges dudit courrier des lecteurs permet, chaque semaine, de poursuivre la mise en scène des véritables membres de la rédaction, sise à Marcinelle en Belgique.

Après des années d'éditoriaux ratés, mais qu'ils poursuivent faute de remplaçants (voir été 2025), les deux Fabiens (Serre et Caro) illustrent la marge supérieure du nouveau courrier des lecteurs, tantôt e manière absurde, tantôt avec du courrier à timbre rouge.

Suite à leur dispute en page trois, ils s'échangent leurs insultes grâce au courrier des lecteurs, toujours dans ce numéro de mi-décembre.

Une enveloppe affranchie se dessine tout de même mieux qu'un e-mail sur un écran.