jeudi 28 août 2025

Porte-clés et épinglette philatéliques de l'Exposition de Corée 2024

 Quel a été le cadeau commercial offert par l'équipe tenant le stand de Korea Post à l'Exposition philatélique de Corée, quand je l'ai visité le mardi vingt-trois juillet 2024, à Séoul ?

Le porte-clés mi-philatélique, mi-choupinou vendu au stand de Korea Post en 2024.

Un porte-clés qui faisait partie des produits du stand, probablement à destination du public non philatéliste souhaitant un souvenir plus utile que les timbres ou l'enveloppe premier jour.

Tout en métal pour l'étoile, et une maison en plastique contenant la reproduction de l'affiche de l'exposition nationale 2024.

Côté face, un timbre sud-coréen de 2023 inclus.

Et, au dos, un véritable timbre-poste de Corée du Sud : ici, le lancement d'un satellite, émis en 2023.

Plusieurs timbres différents étaient proposés, selon des thématiques variés.

Merci à la (les) jeune mais dynamique équipe commerciale que Korea Post emploie sur les salons et expositions. Souriants, très aimables, solidaires entre eux pour trouver réponses aux questions, et spontanément capable de gestes commerciaux.

Un membre de la Fédération philatélique de Corée animait un atelier de création d'épinglette personnalisée avec des... (Exposition philatélique de Corée, vingt-trois juillet 2024)

Dans la grande salle où se trouvaient les panneaux de l'exposition nationale compétitive, la Fédération philatélique de Corée proposait des activités manuelles et créatives, telle l'écriture traditionnelle au pinceau et à l'encre de Chine.

Ou de créer soi-même son propre souvenir philatélique : une épinglette avec le timbre-poste de son choix.

La machine à sertir pour fusionner épinglette, timbre et protection plastique (Exposition philatélique de Corée, vingt-trois juillet 2024).

Les enfants étaient invités à choisir un timbre-poste et écouter le mode d'emploi de la machine à sertir [mes connaissances industrielles étaient fort limitées, je n'ai pas le nom de l'objet].

Ensuite, bien aligner la capsule au dos de laquelle est soudée l'épingle, le timbre, et la protection plastique et.... appuyer fort sur le levier de l'appareil.

Et hop, un petit objet personnel à accrocher à sa veste d'uniforme scolaire ou son sac à dos.

dimanche 24 août 2025

La déception de ma carte postée à l'Exposition philatélique de Corée de 2024

 Hier, au bout d'un an, j'ai évoqué l'expérience artistique et postale d'envoyer un courrier à un an d'avance... alors que j'aurai déjà pu montrer le timbre de l'Exposition philatélique de Corée 2024.

Certes, l'année professionnelle n'a pas été de tout repos et, donc, trier les centaines de photographies et scanner quelques dizaines d'items... Oulala !

Mais, c'est aussi car la carte postale que j'avais posté au stand du service philatélique de la poste... et bien...

Deux timbres personnalisés de l'Exposition philatélique de Corée 2024, multi-oblitérés le vingt-six juillet 2024.

Le vendeur de cartes postales toute choupinou à base de chats était aimable. Le jeune personnel du stand philatélique de Korea Post également. Ce sont parmi les généreux commerçants que j'ai évoqués dans un articulet en avril 2025 : offerts une planche d'autocollants félins pour l'un, un porté-clé philatélique pour les autres.

Un pot de stylos et de feutres fins mis à disposition des clients. Et une petite boîte rouge posée sur le comptoir. L'expérience a été réussie.

Sauf que le neuf août suivant, en 2024, la carte arriva dans ma boîte aux lettres...

... au centre de tri, au moins quatre passages sous la machine oblitérante. Aucun horizontal ?


Pour la valeur d'usage de ces timbres personnalisés, en noir : 영원 (yeongweon / prononcé yɔngouɔn, avec, approximativement en français, un "ou" et deux o ouvert = ɔ).

Deux logiciels de traduction en ligne propose « éternité » ou « permanent ». On doit être donc sur un timbre pour la lettre nationale standard au premier échelon de poids, d'où la consigne d'en coller deux pour le tarif pour la France, faute d'autres timbres que ceux émis lors de l'Exposition.

samedi 23 août 2025

Des courriers reçus un an après et leur mise en scène à Séoul en 2024

 Après une semaine à Jeju puis Busan, j'arrivai le mardi vingt-trois juillet 2024 à Séoul, la capitale sud-coréenne, et après un parcours en bus depuis le quartier de la gare principale, je rejoignis l'île de Nodeul, où se tenait l'Exposition philatélique de Corée, du dix-huit au vingt-quatre.

L'affiche de l'Exposition philatélique de Corée 2024, au dos du papier à lettre de l'animation de correspondance.

Nodeul est une petite île au milieu du large fleuve Han qui coupe la métropole en deux. Elle accueille un héliport, une salle de concert, de nombreuses halles pour exposition et salons, quelques restaurants et cafés, et une pelouse de concert en plein air.

C'est dans ce lieu que la Fédération philatélique de Corée et Korea Post ont organisé l'exposition compétitive nationale 2024, et diverses animations philatéliques, ludiques, officielles tout autant que d'initiation à la philatélique et à la correspondance écrite et postée - en août 2024, j'évoquai la présence de la poste chaleureuse.

L'enveloppe que je me suis envoyée de l'exposition, le vingt-trois juillet 2024, et arrivé hier, le vingt-deux août 2025.

Pour encourager à la correspondance, il était proposé de s'écrire une lettre, de la poster, et le service postal se chargerait de l'envoyer un après. Une capsule temporelle de papier, déjà proposée au sommet de Gamcheon, à Busan, et dans d'autres lieux touristiques ou religieux du pays.

L'en-tête du papier à lettre, rappelant que 2024 marque le cent quarantième anniversaire de l'émission du premier timbre-poste coréen.

Ainsi, des hôtes et hôtesses expliquaient aux visiteurs le principe, indiquait l'espace de petits bureaux avec stylo et une feuille A4 de papier à lettre, reproduisant l'affiche de l'Exposition 2024.

Ça paraît simple, il faut juste aller acheter un timbre (tarif national), deux (tarif international) au stand de Korea Post.

Ça aurait été décembre, je me serai cru à envoyer une lettre au Père Noël : l'animation de l'envoi de la correspondance à soi un an après (personnage de Hong Yerim et installation multi-supports de Lee Jaehyung, Exposition philatélique de Corée 2024, à Séoul, en juillet 2024).

Mais, à l'exposition nationale, c'est la mise en scène qui visait à convaincre les visiteurs de se lancer dans l'exercice, acheter un timbre pré-personnalisé avec l'affiche de l'Exposition... et attendre un an.

La boîte aux lettres spéciale avec le facteur Ours Bleu à diodes luminescentes (personnage de Hong Yerim et installation multi-supports de Lee Jaehyung, Exposition philatélique de Corée 2024, à Séoul, en juillet 2024).

Une des salles du salon était une installation artistique d'écran, de vidéoprojecteur et de statues tapissées de diodes bleues. C'était une des deux parties haute-technologie et futur des activités proposées (avec se photographier avec un timbre personnalisé en réalité augmentée).

Lee Jaehyung utilise les diodes en réseau pour jouer avec leur éclairage et leurs couleurs lorsqu'il transmet des paquets d'informations, si possibles provenant de réactions humaines, des visiteurs par exemple.

Montage de photographies résumant le principe de la vidéo de base : Ours Bleu mène sa tournée en passant devant des timbres de Corée des origines à nos jours (personnage de Hong Yerim et installation multi-supports de Lee Jaehyung, Exposition philatélique de Corée 2024, à Séoul, en juillet 2024).

À patte gauche de l'ours-facteur, est projeté sur le long mur un film animé mettant en scène sa tournée à vélo, en passant devant des timbres de Corée, des classiques aux récents, des thématiques historiques aux réalisations technologiques du pays... jusqu'à passer derrière un mur de pierre servant de générique à ce film BlueBear.

Surprise ! Un cœur apparaît sur le facteur Ours Bleu !
(personnage de Hong Yerim et installation multi-supports de Lee Jaehyung, Exposition philatélique de Corée 2024, à Séoul, en juillet 2024) 

Vous ai-je dit qu'il faisait tropical en Corée l'été ?

Oui... Ah.

Donc, même l'avant-dernier jour, en semaine, il y avait quelques visiteurs dont des parents avec enfants et des Coréens, en recherche d'occupation climatisée.

Imaginez la réaction des enfants quand il glisse leur enveloppe dans la boîte aux lettres spéciale : leur message chaleureux (consigne de l'activité) suscite l'apparition d'un cœur rouge sur la statue bleutée du facteur... Et une lettre scellée d'un petit cœur rejoindre le film d'animation.

Sûrement la plus simple des créations Bending Matrix de Lee Jaehyung sur la relation diodes - émotions, mais la plus efficace pour le faire connaître et provoquer l'acte postal d'écriture manuscrite.


À part vendre des timbres supplémentaires (moins le coût des feuilles et des enveloppes), quel est l'intérêt des organisateurs philatéliques comme postaux de cette animation-là ?

Le dos de l'enveloppe : un autocollant annonce l'exposition internationale PhilaKorea 2025, un mois et demi après l'envoi des courriers.

Il faut retourner l'enveloppe qui s'est alourdit depuis que je l'ai postée : un autocollant a été collée annonçant l'exposition internationale PhilKorea 2025, à Séoul, du dix-sept au vingt-et-un septembre 2025...

... Soit un mois et demi après l'envoi des courriers, le premier août 2025.

Et, en plus, le visiteur qui s'écrit à lui-même, a financé par le timbre, son temps et son attente, la publicité pour l'événement philatélique suivant, sans que la Fédération et la Poste n'aient eu à établir un fichier et un envoi massif à ce public potentiellement non-philatéliste.

Idée économique à creuser !


Cet article est publié dans le cadre du #PostBoxSaturday, en ce qui me concerne sur le réseau social BluSky.

mercredi 20 août 2025

Les actions des Casques bleus au Mémorial de la paix à Busan

 Au-delà des timbres-poste qui serait surchargés ou des courriers des militaires et civils envoyés pour servir lors d'une mission dans un pays en guerre ou en sortie de conflit, quels objets de collection restent-ils des « Casques bleus » et autres personnels participant aux opérations de maintien de la paix de l'Organisation des Nations unies.

Après le récit de la guerre de Corée et la mémoire des vétérans (anonymes comme connus), la troisième grande partie du Mémorial de la paix, à Busan, est consacré aux actions actuelles des missions de paix des Nations unies dans le monde.

Les différents traits des missions onusiennes, qui dépasse la simple interposition entre forces belligérantes (Mémorial de la paix des Nations unies à Busan, juillet 2024).

En particulier, par des personnels de l'unité Sangnoksu en Afrique et en Asie depuis que la République de Corée a pu adhérer à l'Organisation en 1991. D'où le choix des thématiques et localisation des opérations de l'exposition : Somalie, Angola, Timor oriental, Soudan du Sud.

Cette galerie est didactique : elle vise à éduquer les visiteurs à la réalité des guerres actuelles dans le monde. Cela implique les adultes comme les enfants, en visite scolaire ou avec leurs parents - en effet, le chauffage en hiver et la climatisation en été, font des musées (et même de l'exposition philatélique annuelle) des lieux d'activités en semaine comme le week-end.

Le dernier panneau de l'exposition : 
« L'ONU n'a pas été créé pour amener l'humanité au paradis,
mais pour la sauver de l'enfer
 »
(en anglais, coréen, chinois et japonais ; Mémorial de la paix des Nations unies à Busan, juillet 2024).

Fresque réaliste (paysages) ou symbolique (policiers sous Casques bleus cassant le mur de la haine entre populations), la majorité des représentations sont en grand format et vise à capter l'attention : statues blanches de deux enfants et d'un adulte leur donnant une arme de guerre, aux côtés de photographies de reporters de guerre, pour la partie sur les enfants-soldats et la difficulté de les ramener à la vie civile.

Oui, difficile à ramener à la maison, à ranger dans un album et à exposer sur des panneaux sous vitre... Mais, ce n'est pas le but de cette galerie : le dernier panneau est le message à retenir (ci-dessus). Comprendre que les Nations unies visent à sauver l'humanité de l'enfer, pas à l'amener au paradis... Ce qui permet d'évaluer beaucoup des dirigeants du monde entier.

En reproduction haute qualité, on pourrait imaginer utiliser les photographies de guerre des reporters et des actions des Casques bleus sud-coréens, à partir d'une commande aux agences : patrouille de type police de proximité parmi la population, déminage, reconstruction et fourniture en matériel d'éducation et d'école, aide aux activités sportives, culturelles et professionnalisante (taekwondo, initiation à l'outil informatique,...).

Les objets restant des missions réalisés par la Major Park Soonhyang (donation au Mémorial de la paix des Nations unies à Busan, photographie de juillet 2024).

Plus inspirants pour les collectionneurs : la Major Park Soonhyang a fait donation des objets officiels de ses missions au sein de l'unité Sangnoksu, principalement dans l'administration transitoire du Timor oriental, puis au Soudan du Sud. 

La petite vitrine comprend un badge d'identification, des emblèmes onusiens en tissu ou en épinglette pour uniforme, médaillon et plaque de remerciement reprenant l'emblème global, le drapeau du pays aidé, les drapeaux des autres pays ayant participé à la mission, barrettes des décorations militaires.

Le contenu d'un paquet dédié à la petite enfance lors des opérations de l'Organisation des Nations unies (Mémorial de la paix des Nations unies à Busan, photographie de juillet 2024).

Avec recherche, certains pourraient retrouver des éléments des paquets de l'Unicef accompagnant les missions de paix, tel celui exposé à Busan dédié à l'éveil de la petite enfance, mêlant la santé (sel de réhydratation en cas de diarrhée), jeux éducatifs, jeux créatifs (dessins, collage, écriture), moyen de communiquer et d'amuser (ensemble de dessins, et aussi des peluches-marionnettes à main), ainsi que des manuels pour aider les adultes encadrant.

Dans l'entrée du Mémorial, mascottes et zone pour enfants (Mémorial de la paix des Nations unies à Busan, photographie de juillet 2024).

Alors oui, c'est à la fois un mémorial pour les vétérans, un musée de découverte aussi. Comme d'autres lieux climatisés, c'est visité été comme hiver par des scolaires et des enfants accompagnés de leurs parents... alors qu'il peut être considéré comme un musée sur la guerre, la mort, les souffrances.

Certes, ma visite et mes photographies ne montrent pas les accompagnements proposés par le Mémorial, les activités adaptés préparés par les enseignants dès la salle de classe, et les capacités des parents.

Pour ces articles du blog sur ce Mémorial, montrer comment la volonté de transmettre la mémoire requiert des moyens variés et des logiques évolutives, c'est déjà éveillé le visiteur du lieu autant que le lecteur du blog de voyage (et leurs lycéens français d'adolescents en spécialité HGGSP : thèmes 2 et 3 si vous cherchez des thématiques de visites familiales).

Dès l'entrée, comme partout-partout-partout en Corée, de mignonnes figurines accueillent les jeunes visiteurs : deux personnages de bandes dessinées (un enfant déguisé et un soldat de la paix et la mascotte de la conférence ministérielle des missions de paix des Nations unies, tenue à Séoul en décembre 2021 (site des Nations unies d'une part ; analyse des décisions d'autre part).

La mignonnerie des messages publics est omniprésente en Corée : avertissement sur le comportement dans les transports publics, indication du cheminement en lieu commercial ou touristique, guide imaginaire de musée, mini-publicité en magasins... Entre rendre l'espace accessible aux enfants, aider leurs parents à leur expliquer le monde autour d'eux, autant que rappeler d'abord gentiment les règles aux adultes.

Ici, les mascottes accueillent bien mieux que des images de guerre, et, en plus, elles servent de séparation entre le hall d'accueil et la Kids Zone où les enfants, restés sages un temps infini pendant les activités au musée, peuvent se défouler ou faire ce qu'ils veulent avec livres, jeux collectifs, etc.

Y compris les familles puisqu'à l'arrière-plan de la photographie de gauche ci-dessus, c'est bien le café-snack du Mémorial avec des publicités pour les glaces bien en vue. Vous ai-je déjà dit qu'il fait tropical en juillet en Corée ?

lundi 18 août 2025

La mémoire des vétérans célèbres de la guerre de Corée à Busan

 À Busan, en République de Corée, la visite du cimetière des Nations unies et du Mémorial de la paix permet de prendre conscience des étapes, depuis la Seconde Guerre mondiale, de la mémoire des acteurs des conflits. Ici, les vétérans de la coalition des Nations unies en Corée, puis ceux envoyés pour participer à la reconstruction du sud de la péninsule.

De l'unité des troupes et du corps médical, avec le carré cérémoniel par pays et les pierres tombales strictement identiques au cimetière de Busan, jusqu'à la construction de « chapelles » avec des photographies des années 1950, et, au plus récent, un long mur sur lequel sont gravés les noms de chaque soldats morts entre 1950 et 1953.

Les derniers objets d'un soldat au sol : casque, plaques d'identification, Nouveau Testament miniature et sa pochette, crucifix de poche (Mémorial de la paix des Nations unies à Busan, juillet 2024).

Le Mémorial de la paix des Nations unies, à proximité du cimetière, tente la synthèse de ces évolutions mémorielles, tout en rappelant que certains vétérans sont mieux connus et célébrés car et officiers et ayant marqué la vie des habitants de Busan.

Dans la même galerie "Remember" (se souvenir) se côtoient photographies de vétérans revenus en groupe aux commémorations en Corée et l'installation ci-dessus sur ceux dont la mort au combat ne permettait plus de vieillir.

Au sol, creusé, sont posés sur des graviers blancs un casque militaire, deux plaques d'identification, un Nouveau Testament miniature et un petit crucifix. Les restes d'un tué au feu, du soldat devenant vétéran ?

 Après les étapes de la guerre de Corée et les vitrines rendant hommage aux soldats et soignants de chaque nation, le Mémorial entraîne le visiteur sur le chemin vers l'avenir... sans eux, sans armes.

Les objets restants des actes du général Whitcomb de l'Armée des États-Unis, exposés au Mémorial de la paix des Nations unies à Busan (juillet 2024) 

Néanmoins, certains vétérans sont bien mieux connus : les officiers... Mais, à Busan, les deux présentés dans cette galerie du souvenir le sont pour leurs actions civiles à Busan.

Tout d'abord, traités comme les soldats des vitrines (relire 1, 2 et 3) et de la tombe ci-dessus, le général Richard Whitcomb (1894-1982) de l'Armée des États-Unis d'Amérique.

Àcôté de son portrait en noir et blanc et le résumé de sa vie, la vitrine montre, comme les autres soldats, son uniforme vide avec ses décorations, le drapeau plié du soldat mort, la médaille hibiscus de l'Ordre du mérite civil de Corée, et trois diplômes coréens.

Bien peu, mais reflets de deux vies.

Militaire de carrière d'abord : officier logistique en Islande, Angleterre et France pendant la Seconde Guerre mondiale, il devient général en charge du port militaire de Manille. Il est envoyé au commandement logistique de Busan en 1953...

... ou sa vie coréenne débute par un acte qui déplut au Congrès à Washington : il utilise des stocks de vêtements et de nourriture de l'U.S. Army pour venir au secours des trente mille sans abri laissés par l'incendie d'un des bidonvilles de réfugiés, dont la « capitale provisoire » s'est empli lors de l'offensive nord-coréenne.

En retraite en 1955, il reste en Corée où il travaille à retrouver les restes de soldats de son pays sur deux champs de bataille. Il part en quête de fonds pour financer les hôpitaux de Busan, et obtient que des terrains anciennement possédés par le Japon servent à rebâtir l'université nationale de cette ville.

L'uniforme vide est représentatif que, finalement, si la carrière du soldat a participé du collectif en Europe, les actions durables de l'homme lui sont propres et ses réalisations sont à chercher dans la ville, parmi les descendants des Busanais des années 1950, les étudiants de l'université.

Le colonel William Eber en uniforme de cérémonie à la fin de sa vie (Mémorial de la paix des Nations unies à Busan, juillet 2024).

Le message est plus dramatique encore avec le grand panneau sur le colonel William Eber (1925-2022), dont la partie centrale est ici photographié.

Du drapeau sud-coréen à gauche jusqu'à celui des États-Unis d'Amérique, une citation voisine avec le portait photographique du militaire en uniforme cérémoniel, quasiment au terme de sa vie... Loin dans le temps de ses actions en Corée.

La citation : « Pendant la Seconde Guerre mondiale, nous nous battions pour la défaite de nos opposants , mais dans la guerre de Corée, nous nous battions pour sauver la population. La fierté des soldats provient de ce que l'on a conservé plutôt que de ce que l'on a gagné. »

En effet, la victoire en Corée en fut-elle une ? Retour à une ligne d'armistice coupant un peuple en deux ; état de guerre continu depuis 1953 ; la péninsule devenu une pièce d'un grand jeu entre trois puissances...

Volontaire en 1943, il est formé comme parachutiste pendant la Seconde Guerre mondiale. Soldat de carrière, devenu capitaine, il combat en Corée : débarquement d'Incheon, reconquête de Séoul, occupation de Pyongyang, avant, blessé, d'être évacué en 1951. Il prend sa retraite en 1980.

Anonymes tout en représentant chaque communautés états-uniennes et des supplétifs coréens, le mémorial aux vétérans de la guerre de Corée, à Washington, sur le timbre émis en 2003 par l'United States Postal Service (via Linn's Stamp News, le trente avril 2021).

Retraite qu'il occupe dans diverses fondations dédiées aux vétérans, notamment de Corée.

Les philatélistes connaissent le résultat d'un des projets qu'il a poursuivi : le mémorial de vingt statues pour honorer les vétérans de la guerre de Corée, installé dans la capitale fédérale, Washington. Décidé au milieu des années 1980, le chantier débute en 1992 et l'inauguration a lieu le vingt-sept juillet 1995.

Le cliché sous la neige par le Marine John Ally de la partie statuaire du mémorial sert au timbre-poste émis en 2003... entraînant une plainte du scuplteur Frank Gaylord réclamant un dédommagement pour l'usage de son œuvre. Procédure qu'il remporta en 2013, obtenant près de 685 mille dollars.

Mais, ce mémorial ne se limite pas aux statues organisées dans un parc triangulaire et partiellement arboré. Il comprend aussi un Wall of Remembrance avec le nom de chaque soldat états-unien tué dans ce conflit. En tant que président de la Fondation des vétérans de la guerre de Corée, Eber a participé à convaincre le Congrès, le Service des Parcs nationaux (qui a rappelé le problème des erreurs du mur de la guerre du Vietnam) et encourager l'État coréen à financer ses ajouts et des sponsors de ce pays pour l'entretien. En 2015, le groupe Samsung a inclus le nettoyage du lieu dans les activités possibles pour ses salariés lors de sa journée nationale de service.


Au-delà même de la carrière militaire, les vétérans et soignants des troupes des Nations unies en Corée ont donc servi la mémoire des leurs, morts au combat, mais aussi, les civils coréens à survivre au conflit, puis à le dépasser pour relancer la vie civile... N'est-ce pas le rôle désormais des troupes militaires et des corps civils sous Casques bleus ? Au prochain article donc.