Même si sa couverture annonce un numéro sur les timbres fiscaux, The American Philatelist d'octobre 2026 développe des curiosités en de multiples et inattendues directions.
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| La une de The American Philatelist d'octobre 2026 met en exergue la taxation des véhicules à moteur pendant la Seconde Guerre mondiale (via le site web de l'American Philatelic Society). |
Provocatrice, la rédactrice en chef Susanna Mills annonce en titre d'éditorial : "Paying Taxes Has Never Been So Fun". Certes, mais il n'est pas sûr que les contemporains de ces timbres-là ait eu la même perception.
Don Woodworth étudie la taxe fédérale sur les véhicules motorisées, établies pour financer l'effort de guerre et a été obligatoire du premier février 1942 au trente juin 1946. Le paiement était au prorata de l'année fiscale restante, celle-ci débutant le premier juillet. Une année fiscale complète coûtait cinq dollars, équivalents de cent dollars de nos jours.
Les Français d'un certain âge reconnaissent là le principe de la vignette automobile pour « financer une retraite minimale » de manière nationale de 1956 à 1984, puis avec tarif variant selon les départements (collectivité en charge des aides sociales) jusqu'à la disparition de la taxe entre 2000 et 2006.
De fait, la ressemblance est là : chaque premier jour de l'année fiscale, le timbre états-unien changeait de couleur et de valeur faciale.
Également, un souci de l'usage de ces timbres, et donc de leur collection, est qu'ils devaient être très visibles sur l'automobile concernée, donc collé sur le pare-brise ou, parfois, la face avant du pare-soleil. Décoller le timbre revenait à le détruire, sauf si le soleil n'avait pas anéanti sa lisibilité avant. Des porte-timbres protecteurs ont été créés en forme de blason patriotique.
L'auteur insiste : les timbres usagers de février 1942 avec gomme à l'arrière (!?) sont difficiles à trouver. Les suivants avec gomme à l'avant peuvent selon comment le propriétaire du véhicule l'a apposé : blason protégeant la face avant, décoller pour le conserver. Rarissime reste le formulaire d'enregistrement d'un véhicule pour paiement de la taxe et réception du timbre : Woodworth n'en connaît qu'un, illustré dans l'article. Le reste, détruit ou perdu dans les archives fédérales.
La collection de ces timbres fiscaux présentent un intérêt usager car les propriétaires des véhicules devaient y faire figurer des informations détaillées : leur nom de famille, le modèle, l'immatriculation dans l'État fédéré, etc. Cela donne une collection de surcharges par tampon, manuscrites, à l'avant , au dos... ou, plus efficacement, au dos des protège-timbres qui proposaient assez d'espace pour cela.
Un tour dans les archives familiales ou aux salons de voitures de collection peut alimenter une collection réelle ou de photographies.
Regis Hoffman élargit le cadre en affrontant l'ensemble des timbres fiscaux du Commonwealth, donc après la Seconde Guerre mondiale avec la disparition progressive de la notion d'Empire colonial (pas toujours dans la pratique répressive des mouvements d'indépendance).
Le lecteur y découvre évidemment les timbres, mais surtout toutes les marques indiquant leur usage fiscal : troué, signé, daté, frappé d'un timbre humide rouge, tamponné du service administratif précis ; et sur fragment ou document complet de membre d'association, licence de port d'arme, d'assurance, de passeport, de demande de carte d'identité.
Avec le soin de rappeler que tous les timbres d'inspiration britannique ne sont pas tous postaux-et-fiscaux. Ainsi, l'article se conclut avec une lettre d'Afrique du Sud taxée car le timbre au bon tarif, était indiqué seulement "Revenue".
Cela fait transition au papier fiscal timbré collectionné par Peter Schwartz. À l'origine, le timbre fiscal est une marque sur un papier montrant le pré-paiement d'une taxe à l'État.
Ici, l'auteur montre un grand nombre de chèques émis aux États-Unis de la seconde moitié du dix-neuvième siècle, de banques variées, aux timbres imprimés avant l'impression des éléments du chèque et l'écriture des informations de paiement (Combien ? À qui ? Signé de qui ?).
Ces timbres sont listés par le catalogue Scott sous le titre "Revenue Stamped Paper", comprend plusieurs types, couleurs, et formes d'annulation selon la législation du moment. Par simplicité administrative, il fut considéré que le timbre fiscal était l'ensemble du chèque et qu'écrire dessus la date et apposer une signature recevait à écrire dates et initiales sur un timbre fiscal mobile.
Les illustrations proposées par Schwartz et le rappel du chapitre de fin de catalogue peut aider à reconnaître ces timbres, une fois découpés et mêlés à un lot difficile à identifier pour un philatéliste postal.
Deux autres articles restent sur les à-côtés de la collection, mais peut permettre de développer des objets philatéliques, méprisés, sauf des exposants thématiques, des historiens de la philatélie organisée, ou des amateurs de l'illustration.
Rick Barrett plonge dans la biographie de John Coulthard, dont le métier fut illustrateur pour les journaux, les publicités, des livres, au style bien illustré dans l'article.
Mais, collectionneur de timbres, le Californien est aussi connu aux États-Unis pour l'illustration d'enveloppes ("cachet" en anglais philatélique). Barrett évoque des centaines de modèles différents, pour son courrier personnel comme des manifestations quasi-philatéliques tel un meeting aérien avec entier postal par avion illustré par Coulthard.
La deuxième partie de l'article développe les illustrations fort postales : centenaire du timbre-poste en 1940, lot d'enveloppes-entiers aériens illustrés.
Enfin, l'appréciation de l'art, notamment les gravures anciennes, est soulignée par un coup de chance. En 1960, John Coulthard acquiert chez un antiquaire deux volumes de gravures publiés en 1803. À la lecture en tombent une douzaine de gravures signées Rembrandt... Sûrement des réimpressions des plaques d'origine, sûrement pas des reproductions de 1803 !
Enfin, Wayne Youngblood s'intéresse à un invité discret du service postal des États-Unis : la manicule, ce dessin d'une main fermée avec l'index pointé, invitant le regard vers...
Des origines dans les marges des manuscrits médiévaux d'Europe, aux affiches et panneaux commerciaux, l'auteur arrive à son usage postal dès 1796. Le tampon "PAID" comprend en avant une manicule insistant sur le paiement par l'expéditeur.
Dès lors, la main se retrouve dans d'autres lieux pour cette mention de port payé, mais aussi vers l'identité de l'expéditeur en cas de renvoi à celui-ci. Il est fort possible que les postiers du dix-neuvième siècle n'était pas tous capables de lire au-delà de quelques mots-clés : la main était un signe rapide -> retour au bureau de poste principal -> retour vers la ville ou l'État fédéré indiqué.
Les exemples montrent un usage régulier, avec des manicules de dimension variable, souvent des enveloppes issues d'entreprises ayant utilisé le courrier publicitaire, ou d'administrations qui récupéraient ainsi le motif d'absence du contribuable.
Il reste encore d'autres articles courts, mais aussi variés dans ce numéro, dont une critique du livre de Hal Vogel (1943-2025) et le Français Serge Kahn sur la Guerre froide : du courrier des conflits militaires polaires. Les deux auteurs présentent le courrier lié aux nombreuses guerres qui eurent lieu dans les zones polaires depuis la guerre de Sept Ans (1756-1763) à celle des Falkland (1982).
Hal Vogel et Serge Kahn, Cold War: Polar Military Conflict Mail, American Society of Polar Philatelists, 2026 ; ISBN 978-0-9776449-1-9.
Ce livre peut être commandé au prix de 50 USD plus frais de port sur le site web de l'American Philatelic Society.

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