dimanche 1 novembre 2026

Dix ans après la démonétisation surprise, la méfiance envers les nouveaux billets en Inde

 Il y a presque dix ans, le huit novembre 2016, le Premier Ministre indien, Narendra Modi - toujours au pouvoir - annonçait la démonétisation surprise des billets de cinq cents et mille roupies. Plusieurs semaines durant, les Indiens ont dû jongler avec une pénurie de plus petits billets, une conversion au compte bancaire et au paiement électronique par téléphone portable.

Plus traumatisés ont été les paysans et agriculteurs, et certains riches fraudeurs. Les premiers avaient l'habitude de thésauriser ces grosses coupures pour assurer leurs achats de matériels, d'engrais et de semences chaque année. Les seconds ont dû amener des paquets entiers de billets à une agence bancaire au risque d'une enquête du fisc sur l'origine de cet accumulation.

L'en-tête de l'article de Michal Alexander sur les nouveaux billets en polymères d'Inde (Coin News, Token Publishing).

Dans le numéro de novembre 2026 du magazine britannique Coin News, Michael Alexander propose un résumé de ce moment et de ses conséquences jusqu'à une annonce récente : la Banque de réserve d'Inde (RBI) a annoncé cet été travailler sur l'introduction à titre expérimental de millions de billets en polymères de dix et vingt roupies.

L'objectif est de tester comment le public réagit au nouveau matériau et si la Banque économise sur la durée de vie des billets mis en circulation. En sachant que ces deux faciales sont également émises en pièces bimétalliques par les quatre ateliers monétaires nationaux.


Néanmoins, l'auteur signale la prudence de la communication de la banque centrale : aucun des billets en papier de dix et vingt roupies ne seront retirés, démonétisés, etc.

Prudence car la monnaie fiduciaire suppose la confiance des acteurs qui s'en servent comme entre-deux entre la production et la consommation, leur travail payé et la dépense en nourriture. Et, fin 2016, le coup fut rude.

D'où le rappel historique et le bilan que dresse l'auteur grâce aux statistiques de la Banque de réserve :

- 99,3 pour cent des billets de cinq cents et mille roupies démonétisés ont été récupérés ;

- l'assiette fiscale a augmenté avec de nombreux comptes bancaires approvisionnés brusquement, donc vérifiés.

Cependant, l'absence de fortes valeurs faciales avait entraîné l'émission d'un billet de deux mille roupies, autorisée par le Premier Ministre. Les objectifs étaient de remplacer 86 % de la masse monétaire physique invalidée, sans avoir à imprimer l'équivalent en petites coupures.

Le billet de deux mille roupies ne fut pas populaires. Les vendeurs de toutes sortes avaient du mal à rendre la monnaie dessus. Si le but de la démonétisation était la lutte contre la fraude et la corruption, pourquoi émettre un billet qui réduisait encore plus le volume de celles-ci à dissimuler en centimètres cube ? Tout se rétablit avec l'impression en hâte de billets de deux cents et cinq cents roupies.


Les collectionneurs seront ainsi intéressés de savoir que la Banque de réserve a cessé l'impression de ce billet dès 2018, retirés à partir de mai 2023 par les dépôts bancaires, démonétisés pour le commerce en octobre de la même année. Désormais échangeable uniquement aux bureaux de la RBI.

Seuls 1,6 pour cent des plus de vingt-sept millions de billets de deux mille roupies n'ont pas été encore rendus. Actuellement, la cote de ces billets serait de vingt-et-un dollars des États-Unis (l'auteur ne précise pas en quel état de conservation) pour une faciale de moins d'un dollar !!!


Coin News est publié par Token Publishing, au Royaume-Uni, avec un abonnement numérique à douze livres sterling par an ; plus cher en version imprimée en raison des frais postaux.

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