Le mardi vingt-quatre février 2026, lors de vacances alsaciennes, j'ai visité les alentours du pont de l'Europe, entre France et Allemagne.
J'ai traversé le Rhin par le pont Beatus-Rhenanus, construit principalement pour la ligne de tramway strasbourgeoise menant à Kehl, en Allemagne, depuis 2017. Un musée d'histoire locale était fermé pour rénovation, je n'ai donc vu que la grande rue commerciale, sorte d'Andorre-la-Vieille-sur-le-Rhin : bureaux de change et d'achat-vente d'or, débitants de tabac, magasins de vêtements et divers cadeaux.
Les parcs ont mené le retour vers la France : le Jardin des Deux-Rives se trouve des deux côtés du large fleuve, avec une passerelle piétonne et cycles du même nom ouverte en 2004. Côté allemand, c'est la longue rive entre Rhin et quartier résidentiel ; côté français, c'est plus grand et aménagé, sans doute car un remplacement de terrains portuaires, industrielles et de friches.
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| L'église Sainte-Jeanne-d'Arc et un immeuble neuf, récent voisin, place de l'Hippodrome, à Strasbourg, le vingt-quatre février 2026 (droits réservés). |
Le parc français comprend ainsi des animations, dont une reconstitution végétale à l'échelle de notre système solaire. Le promeneur peut aussi rechercher les monuments dédiés au souvenir de la libération définitive de l'Alsace par les troupes du général de Lattre de Tassigny en mai 1945, et des œuvres d'art évoquant la réconciliation franco-allemande.
Pour rejoindre la première station de tramway en territoire français, il faut atteindre un des quartiers de Port du Rhin, comprenant autour de la place de l'Hippodrome deux églises liées à l'histoire conflictuelle avec l'Allemagne : l'église Sainte-Jeanne-d'Arc des années 1930 et, en face, la chapelle de la Rencontre des années 1950. La première, sur la photographie ci-dessus, rappelait la francité de la dernière île strasbourgeoise face à l'Allemagne ; la construction de la seconde fut financée avec les réparations allemandes.
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| Zoom sur le nouveau bureau de poste de Port du Rhin, place de l'Hippodrome, à Strasbourg, le vingt-quatre février 2026 (tous droits réservés). |
La partie centrale de Port du Rhin est en urbanisation relancée ces dernières années. Le service StreetView de Google permet encore de voir l'avant-après les travaux de l'approche routière du pont de l'Europe et de la grande route qui passait devant le parvis des églises sus-citées.
La route a été déviée à l'arrière de l'église dédiée à Jeanne d'Arc, près d'une nouvelle clinique périphérique. Cela a libéré la place de l'Hippodrome (là, je pense qu'il faut remonter le temps pour retrouver des courses de chevaux), devenu un espace minéral et arboré, lieu de rencontre pour les habitants des nombreux immeubles récents autant que des immeubles précédents, plus au nord.
Au pied de l'un de ces immeubles neufs, donnant sur la place, un bureau de poste avec une boîte de rue sur pied.
La Poste le référence comme le bureau Strasbourg 2 Rives, 10-12 rue de l'Abbé François-Xavier Scherer, le clerc (1891-1942) à l'origine de la paroisse Sainte-Jeanne-d'Arc et dont il anima la vie sociale de ce quartier ouvrier pauvre de 1923 à 1936. Son prêche conduit la Gestapo à l'arrêter et le déporter au camp de concentration de Dachau, où il meurt en septembre 1942.
Les Strasbourgeois et historiens postaux du Bas-Rhin sauront s'il a remplacé un ancien bureau du quartier Pont du Rhin, en le rapprochant de la nouvelle station de tramway ou en bénéficiant d'un espace plus grand pour la fonction bancaire et le stockage de colis.
Cet article est publié dans le cadre du #PostBoxSaturday, en ce qui me concerne sur le réseau social BluSky.


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