jeudi 6 août 2026

La guerre des drones et de la logistique des colis

 Dès le plan d'invasion de février 2022 de l'Ukraine par la Russie poutienne, la logistique a été une cible des forces armées russes : le dirigeant de la poste ukrainienne était sur la liste des personnalités à abattre, les véhicules et bureaux postaux publics et aussi un entrepôt postal privé délibérément ciblés,... Et l'Ukraine a répliqué en ciblant particulièrement le pont routier et ferroviaire de Kerch entre Crimée annexée et reste de la Russie, et de plus en plus souvent les raffineries et dépôts d'hydrocarbures : pas de carburant, pas de circulation.

En cet été 2026, le colis devient un des principaux nerfs de cette guerre.

Comme écrit sur ce blog, de nombreux professionnels, institutions publiques ou simples habitants d'Ukraine se sont tournés vers les plateformes de commerce en ligne pour exporter, et ainsi trouver chiffres d'affaires et revenus fiscaux à leur pays.


Pendant la seconde moitié de juillet dernier, les forces armées ukrainiennes ont bombardé une poignée des deux cents entrepôts de Wildberries, décrit par les journalistes comme le « Amazon russe », le fameux supermarché-bazar-place de marché états-unien. Créé en 2004, l'entreprise russe dessert une partie des anciennes républiques soviétiques, des pays d'exportations potentielles en Europe occidentale et aux Émirats arabes unis, et dernièrement, des pays d'Afrique.

L'effet a sidéré de nombreux petits entrepreneurs russes qui ont vu partir en flammes et fumées leurs stocks, représentant leur activité principale ou un revenu complémentaire permettant la survie. Le vingt-quatre juillet, Pjotr Sauer du Guardian rapporte les paroles de colère et de désespoir de deux entrepreneuses devant les entrepôts touchés... sous couvert d'anonymat des noms de famille. L'une a perdu les manteaux qu'elles comptaient vendre tout l'hiver ; l'autre ces deux stocks de cartes postales artisanales qu'elle crée.

Vers qui cette colère est-elle tournée ?

L'Ukraine... Hypocrites ou aveuglés les Russes ? La réponse du président ukrainien a été rapidement donné : ces entrepôts stockent et expédient des pièces détachées et des objets utiles à la guerre des drones et à l'équipement individuel des soldats. Pour l'Ukraine, cela en fait des cibles légitimes.

Leur propre président... Dangereux comme attitude, surtout qu'il n'a pas l'air de vouloir cesser cette guerre, multipliant les bombardements de lieux emplis de civils ukrainiens.

La fondatrice et dirigeante de Wildberries : onze jours avant la première attaque, les conditions contractuelles entre les commerces accueillis et le groupe ont été modifiées pour réduire les dédommagements en cas d'événement de force majeure... Un acte de guerre par exemple ?

Les témoins expliquent qu'elles n'auraient reçu que l'équivalent d'un pour cent de la valeur des productions détruites.


Attention, ce n'est pas la première fois que le secteur logistique est affecté à une échelle continentale (l'immensité russe), même si l'événement précédent a coûté bien peu, mais aurait pu avoir des conséquences catastrophiques.

En juillet 2024, trois colis piégés avait explosé en transit dans les bases logistiques des aéroports de Birmingham (Royaume-Uni), Leipzig (Allemagne) et Varsovie (Pologne) - incendie sans dommage ni blessé. L'enquête avait permis de découvrir au sein de l'appareil étatique russe un complot contre la logistique européenne et nord-américaine, qui aurait pu entraîner des explosions d'aéronefs en vol.

La Russie informée aux niveaux administratifs et ministériels semblait avoir fait cessé ces pratiques après mars 2025. Et, depuis, je trouve que les sites de suivi des colis sont moins loquaces sur la localisation précise des points de passage.


Apparemment, cela reprendrait du côté européen : hier mercredi cinq août 2026, deux drones typiques de la guerre Russie-Ukraine, dont un contenant un explosif de type militaire, ont été découverts dans la partie logistique ou en vol au-dessus de l'aéroport de Leipzig, trois jours après de nouveaux bombardements ukrainiens sur des entrepôts de Wildberries en Russie, dimanche.

Dan Sabbagh, spécialiste des questions défense et sécurité du Guardian, analyse les trouvailles de mercredi à Leipzig, ce jeudi cinq août, rapportées par la presse allemandes et en interrogeant des spécialistes britanniques.

Le premier drone, avec explosifs mais un détonateur défectueux, a été découvert au sol, en extérieur, dans la zone aéroportuaire, à proximité des avions gros porteurs ukrainiens, présent en Allemagne depuis la destruction de la base Hostomel en 2022. Ces derniers sont entretenus à Leipzig. Le second a heurté en vol un avion de DHL, sans dommage majeur.

L'origine russe et étatique est fort probable, même si les précédents de l'été 2024 et mars 2025 interrogent sur le niveau de décision : agents infiltrés autonomes, initiative d'un service ou d'un ministre, du sommet même ? Le plastic trouvé est employé par les armées et les groupes terroristes d'importance, et ni ce plastic, ni la quantité d'explosifs (huit cents grammes) ne sont à la portée de pilotes de drones amateurs russophiles.

Les cibles sont nombreuses. Certes, la destruction d'avions et de possibles entrepôts liés à l'Ukraine et ses forces armées seraient une réponse aux entrepôts de Wildberries... Mais avec quelle intensité puisqu'une telle attaque sur le sol allemand aurait des répercussions géopolitiques et militaires aussi graves qu'imprévisibles (en tout cas pour le simple citoyen que je suis) ?

Ou, avec le deuxième drone et l'avion DHL, est-ce un avertissement ferme aux pays européens et aux États membres de l'Organisation du traité de l'Atlantique Nord. Leipzig est par DHL un hub continental du transport logistique civil donc, mais aussi militaire pour l'OTAN et les armées allemandes.

Un des experts interrogés par Dan Sabbagh doute de l'hypothèse du seul avertissement ; pour lui, ainsi que le ministre fédéral de l'Intérieur, le drone trouvé au sol était fait pour exploser.

S'ajoutant aux missiles et drones endommagés tombant sur les territoires des membres de l'Union européenne, aux trajectoires de vol et de navigation provocatrices de l'armée de l'air et de la marine russe tout autour du continent européen.


Compléments du vendredi sept août 2026 :

Publié sur le site web mercredi cinq et présent dans la version imprimée ce vendredi, un article du Figaro, quotidien français, permet de compléter mon résumé, notamment sur le drone qui a heurté un avion-cargo DHL en vol. Quelques incises ont été ajoutées dans le texte ci-dessus.

Le vol DHL se trouvait à plusieurs centaines de mètres d'altitude au moment de la collision et alors que l'aéroport de Leipzig était interdit d'accès avec la découverte du drone explosif. Il a atterri à l'aéroport de Hanovre au nord-ouest.

Le lien entre les deux drones est en cours d'investigation.


dimanche 2 août 2026

Inflation des prix, déclin des cotes

 Une des deux cartes postales présentées cette semaine est arrivée dans une enveloppe affranchie de deux timbres-poste de 1989, de ce qui fut le premier produit philatélique coûteux de ma jeune collection démarrée au printemps 1988.

Cinquante francs ! Pour vingt francs de timbres ! À réserver d'avance, donc en plus de la réservation des timbres émis normalement... et sans pouvoir profiter de l'entrée à trente francs à l'exposition parisienne. Une somme pour mes modestes parents.

En 2026, la moitié de ce bloc événement sert d'affranchissement à bas coût pour une banale lettre verte... loin de la lettre très pesante de 1989.

Le bas du bloc Déclaration des droits de l'Homme et du Citoyen, émis à l'occasion de l'exposition PhilexFrance 89, oblitéré manuellement le vingt-quatre juillet 2026.

Côté conversion monétaire, les Français de l'an 2000 savent qu'un euro vaut 6,559 57 francs, donc que dix francs valent 1.52449... euro. Presqu'un demi-centime de trop pour la lettre verte actuelle à 1,52 euro pile.

Côté cote catalogue, le Dallay 2007-2008 affiche chaque timbre 4,50 euro neuf ou oblitéré, et 20 euro sur lettre - même  trente-sept ans après ?

Oui, j'ai quand même plus récent avec l'Yvert et Tellier 2024 : 3,50 euro neuf ou oblitéré chaque timbre, et 15 en bloc entier...

Il y a bien une plus-value l'exemplaire toujours dans ma collection, mais des actions d'une compagnie pétrolière auraient plus dynamiques.

Donc, ce bloc et sûrement des années entières de timbres de France servent donc d'économies de frais postaux aux marchands de timbres et cartes postales.

Un rappel pertinent aux collectionneurs complétistes : c'est une passion, pas un investissement, donc étymologiquement une souffrance si on cherche la plus-value réelle.

Oblitération mécanique de centre de tri au dos et en diagonale : non, aucun courrier n'y échappera dans la France de 2026 !

Usages postaux : l'expéditeur a-t-il de bonnes relations avec les employés de son bureau de poste pour obtenir des oblitérations manuelles rondes, datées, même sans lieu ? Probable.

Cela n'a pas empêché les machines à oblitérer actuelles en centres de tri régionaux de passer au dos de ce courrier, le même jour avec le code 37845A-02, qui correspond à une des machines de la plate-forme industrielle courrier de Saint-Priest, gérant le trafic postal des départements du Rhône et de l'Ain - ce qui concorde avec l'adresse du vendeur.

Joie ! Les vagues jet d'encre ne sont pas sur les timbres au recto, mais ça n'aura d'intérêt qu'en cas de revente (en carton de brocante) pour un acheteur ayant ce critère de sélection.

vendredi 31 juillet 2026

La vie de Lattes en 1983 grâce à une flamme postale

 Point de généalogie quand je recherche l'histoire postale de Lattes, en banlieue de Montpellier, mais un lien de vie sur place pour le résident des plaines littorales que je suis. Par contre, en 1983, je vis encore à Montpellier et je n'arrive sur cette commune qu'un an plus tard... bien trop jeune pour penser timbre-poste et aller au collège.

Lors de mon épluchage de stocks de cartes et flammes en ligne, j'ai eu la surprise de cette flamme dans le stock d'un vendeurs sur eBay, et qui permet aussi de retrouver de vieilles habitudes des collectionneurs de flammes et d'oblitérations.

Flamme postale temporaire de Lattes avec timbre de 1974 adapté au message : un championnat scolaire de jeu d'échecs au collège de Lattes en mai 1983.

J'ai déjà évoqué les deux flammes du bureau de Lattes-Centre (la commune comprend trois agglomérations : Lattes, Maurin et Boirargues).

Avant les deux flammes touristiques (l'église puis le port), il y a eu cette flamme à message rédigé sur cinq lignes, sûrement de commande liant plusieurs acteurs autour d'un événement : le baptême du nouveau collège d'enseignement scolaire au nom du chanteur sétois Georges Brassens.

Apparemment, cet événement a lieu du trois au cinq juin 1983 est associé avec deux manifestations pouvant attirer la population de la commune et de Montpellier : la finale du championnat de France scolaire de jeu d'échecs et une exposition philatélique départementale.

Le recto de l'enveloppe envoyé au bureau de poste de Lattes par un philatéliste qui a choisi le timbre des Jeux olympiques échiquéens de Nice en 1974.

La disparition des flammes postales en France en raison de l'oblitération du courrier dans les seuls centres de tri régionaux de La Poste a entraîné également la diminution en surface dans les magazines philatéliques de la partie actualité des oblitérations temporaires, limitées désormais aux premiers jours d'émission de La Poste et aux manifestations des associations philatéliques.

Un des mensuels d'alors donnera les dates d'utilisation de cette flamme. Cela permettait à des collectionneurs de pratiquer cette « correspondance philatélique » comme le petit coup de tampon l'indique sur cette enveloppe : envoyer sous grande enveloppe un courrier et des enveloppes affranchies au directeur du bureau de poste utilisant la flamme. Celui-ci faisait passer ces demandes dans le flux de son bureau pour oblitération et trajet postal (le code-barres saumon sur cette enveloppe).

Le collectionneur devait pratiquer cette collection de manière régulière puisque son adresse est sur un autocollant. Le timbre de 1974rejoint une des thématiques du message, la compétition de jeu d'échecs, dessiné par Pierrette Lambert et gravé par Michel Monvoisin.


Pour une collection thématique visant une médaille dorée, pourquoi cette flamme de Lattes se distinguerait-elle d'autres flammes de compétitions locales des écoles et localités ailleurs en France ?

À son ouverture, le collège de Lattes eut parmi ses enseignants Jean-Claude Loubatières (1944-2004), un des dirigeants nationaux de ce sport et qui devient président de la Fédération française en 1989. Nul doute qu'il a dû mettre en place un atelier de jeu d'échecs, permettant d'accueillir la finale du championnat de France scolaire au moment-clé du nouvel établissement.

Et non, je n'ai pas conservé mon diplôme (rose foncé de mémoire visuelle) de participation grâce à lui à une compétition départementale scolaire, qui eut lieu au lycée Mermoz, à Montpellier, dans les années 1990.

Par contre, des articles de presse locale du printemps 1983 seraient fort pertinents pour une page montrant cette enveloppe ou, placée dans la pochette au dos, pour convaincre les jurés.

Au dos de l'enveloppe non cachetée, un timbre Marianne de soixante centimes complète l'affranchissement.

Autre nécessité de cette pratique de collectionner les empreintes commémoratives, le respect du tarif postal. Le timbre d'un franc fort opportun ne suffit plus en mai 1983.

Même si ce franc à son émission tend à être une valeur de complément pour les lettres de second échelon et les colis, l'inflation des années 1970 et 1980 le limite au tarif économique au premier juin 1982. D'où l'ajout au dos de cette enveloppe non cachetée d'une Marianne de soixante centimes, oblitérée avec le cachet à date du bureau de Lattes.


De nos jours, cette pratique se limite à commander les souvenirs créés par les associations philatéliques, sauf à se tourner vers Monaco qui par sa souveraineté postale dispose encore de flammes illustrées.


Source des tarifs : les Tables of French Postal Rates 1849 to 2011 de Derek Richardson (The France and Colonies Philatelic Society of Great Britain, 2011) se révèle fort pratique. Il est encore disponible sous forme de fichier pdf auprès de cette association au prix de dix livres sterling.


jeudi 30 juillet 2026

Flamme postale de Cocumont et jeu-concours d'alors

 L'été et le ralentissement professionnel permettent l'allongement des plages de loisirs, telle la généalogie et, de là, la recherche d'images des lieux croisés pendant ces recherches familiales.

Flamme postale illustrée de Cocumont, dans le Lot-et-Garonne, mettant en valeur son église, oblitérée le premier février 1995.

Des quatre grandes branches dont je suis issu, une provient du Lot-et-Garonne, en particulier les villages ruraux de la rive gauche de la Garonne, au sud-ouest de la sous-préfecture Marmande.

Pendant plusieurs décennies, le village de Cocumont a fixé plusieurs ancêtres et collatéraux avant que les mouvements sociaux et économiques remettent en mouvement mes aïeuls directs à partir de la fin du dix-neuvième siècle, de village en village, et encore davantage au vingtième siècle industriel et urbain.

Les derniers grands aléas militaires du milieu du vingtième siècle explique comment un d'entre eux est parvenu à Montpellier, bien loin du foyer ancestral et y est finalement resté.


Pour sortir des archives, le logiciel de saisie et de création d'arbres propose de reporter des lieux précis sur un fond de carte libre de droits et complétables par ses utilisateurs (OpenStreetMap). Les articles de la Wikipédia francophone associés à l'observation des cartes proposées par Google Maps et le service cartographique national (cartes.gouv.fr qui prend le relais de GéoPortail) permettent de localiser des hameaux, des toponymes qui ont survécu dans les noms de fermes ou de routes.

Si la photographie tous azimuts des rues et routes du monde occidental par Google pour son service StreetView peut être pertinent si jamais les édifices anciens sont encore debout, il faut se tourner vers les cartes postales pour remonter le temps et avoir une idée des lieux quand les ancêtres y vivaient alors - ou à quelques décennies près.

La carte postale touristique avec vue de Baumes-les-Mimosas a servi à un habitant de Cocumont à participer à un jeu-concours d'un magazine de programmes télévisés en lien avec un film Disney.

Pour Cocumont, sur la plate-forme de ventes eBay, j'ai pu trouver quelques cartes photographiques en noir et blanc du village, réputé donc pour son église du douzième siècle. Les vignes sont davantage montrées sur les cartes photographiques en couleurs plus récentes.

Mais, ce vendeur sur eBay, comme quelques autres, a l'intelligence de décrire la carte ci-dessus par sa flamme postale de Cocumont, et non par la vue de Baumes-les-Mimosas, sur la lointaine Côte d'Azur.

Et en ces temps où messages surtaxés par smartphone ou reprise et like de posts publicitaires sur les réseaux sociaux servent à participer à des concours, cette carte rappelle que jusqu'à récemment c'est par cartes postales que les lecteurs, auditeurs et téléspectateurs communiquaient avec les médias, notamment pour les jeux-concours, en raison des tarifs téléphoniques au-delà du voisinage.

Ici, le premier février 1995, la réponse à un jeu du magazine imprimé de programmes Télé 7 Jours est envoyée par un habitant de la route de l'Église, à Cocumont, avec la flamme du bureau.

Un thématiste des films Disney, en particulier Les Aristochats, pourrait même en tirer aussi profit... même si retrouver un tel magazine sur papier si fin et à usage court, relève du défi.

mardi 28 juillet 2026

La France face aux feux de forêts et au changement climatique : du rôle des timbres et du service philatélique

 De nouveau, après l'été 2022, les forêts des Landes de Gascogne connaissent un incendie catastrophique en termes environnementaux et humains depuis le vingt-deux juillet dernier. En 2022, c'était le sud du bassin d'Arcachon ; en 2026, c'est le nord.

Habitants, exploitants forestiers, pompiers, volontaires et militaires font face au refus politicien et médiatique de répondre aux questions : 

- face à des climats qui s'assèchent et se réchauffent en France hexagonale, qu'ont fait les dirigeants pour la prévention et l'équipement à court terme ?

- Face au changement climatique et ses effets sur une forêt artificielle et productive de pins hautement inflammables, qu'ont-ils prévu à long terme ?

« On ne politise pas les feux de forêts ! » est le slogan successif du Premier Ministre, du ministre de l'Intérieur et du président de la République. Comme il ne fallait pas politiser les souffrances et morts des vagues inédites de chaleur de mai et juin 2026 ! L'installation à peu de frais de climatiseurs était alors la solution à court terme, sans envisager qu'en deux mandats, le parti présidentiel n'a pas organisé comment construire l'immobilier neuf et rénover l'ancien pour faire face aux chaleurs estivales aggravées.

Pourtant, en juillet 2024, La Poste faisait son travail d'information du public, probablement sous l'effet de demande politique locale ou nationale d'émissions de timbres-poste du programme philatélique.

Le timbre sur le Canadair de la Sécurité civile, oblitéré premier jour à Paris et, ici, à Nîmes, où se trouve la base de Nîmes-Garons (scan du Document philatélique de Philaposte).

Le cinq juillet 2024, en premier jour, le Canadair était célébré comme outil emblématique de la lutte contre les feux de forêts en France, du nom de l'entreprise canadienne de construction aéronautique qui en a conçu les différentes itérations.

Cet engin capable de voler au ras d'un plan d'eau pour aller en escadrille déposer sa cargaison sur le front du feu pour le ralentir et permettre les interventions des pompiers au sol. Le bruit caractéristique de ses moteurs sont connus de nombreux départements littoraux, particulièrement méditerranéens.

Et, chaque été de grands feux destructeurs, chaque hiver de débat budgétaire au Parlement, son nom synthétise le débat sur l'équipement des pompiers et de la Sécurité civile face à ces incendies. En effet, la flotte des Canadair français est de douze vieillissants, d'une maintenance coûteuse depuis que le modèle n'est plus produit faute de commandes.

Certes, son successeur, une reprise par le canadien De Havilland, est en élaboration, mais pour des livraisons à la fin de la décennie... En attendant, le public tente de comprendre comment les Premiers Ministres, nombreux et successifs du président Macron, en sont arrivés à douze avions dispersés en cas d'été sec.

L'illustration par Mathieu Persan du document philatélique de Philaposte, dont il a aussi créé le timbre (scan).

Comme le climatiseur l'est depuis mai 2026, politiciens, soutenus par les médias économes, jurent que ce n'est pas de leur faute : Canadair a cessé la production, à céder ses plans à d'autres, que le budget de la France est difficile pour dépenser. Mais au pays d'Airbus et de l'industrie aéronautique militaire... ça passe mal, surtout quand les baisses d'impôts et niches fiscales se compte par milliards au bénéfice d'une minorité d'entreprises et leurs dirigeants, sans retour économique apparent pour la majorité des citoyens.

Plus pertinent paraît le discours des états-majors des pompiers et de la Sécurité civile que le Canadair est indispensable, mais pas le seul outil ni stratégie participant de la lutte contre ces feux forestiers. Mais indispensable.

L'illustration que Mathieu Persan a créée pour le document philatélique du timbre Le Canadair de la sécurité civile accompagne bien le propos de Julien Marion, directeur général de la Sécurité civile : d'autres avions, Tracker et Dash, et les hélicoptères Dragon peuvent eux aussi bombarder d'eau ou de produits retardant la végétation enflammée ou menacée par le front.

... Sans aller jusqu'à l'excès inverse des politiciens et des chaînes d'information continue en pamoison devant un avion de transport A400-M, prévu pour un usage militaire, converti en bombardier de retardant cet été. Au moment d'écrire cet article de blog, il a effectué un unique (utile) vol dans les Landes, le deuxième devant avoir lieu prochainement.

Scan du document philatélique de Philaposte pour le timbre sur le Canadair, premier jour de Nîmes du cinq juillet 2024, illustrations de Mathieu Persan et texte de Julien Marion.

Comme tout, la prévention et la lutte contre les feux de forêts sont un système de moyens, d'actions, prévus longtemps à l'avance et revus encore après.

Ce que nos politiciens et principaux médias ont du mal à concevoir, entre incompétence et malhonnêteté électoraliste.


La forêt est elle aussi un système.

Le timbre Forêt des Landes émis mi-juillet 2024, avec premier jour dans trois villes de Gironde et la préfecture des Landes.

Le même mois de juillet 2024, La Poste émettait un timbre sur la forêt des Landes, dont les textes des documents et notices philatéliques insistaient sur l'histoire, mais aussi la fragilité suite aux feux de 2022, en évoquant explicitement le changement climatique comme un des défis visant cette forêt au vingt-et-unième siècle.

L'illustration de Ségolène Derudder, gravée par Line Filhon, montre bien la domination du pin maritime dans les Landes, et même partiellement sur ces alignements à visée productiviste de leurs plantations depuis le grand chambardement écologique provoqué par l'empereur Napoléon III, dans la deuxième moitié du dix-neuvième siècle.

Dans l'émission Le Cours de l'histoire du trente août 2022 (rediffusée dernièrement), l'historien Jacques Sargos et le géographe Paul Arnould racontent et expliquent comment, en 1852, un géomètre en chef du cadastre décrit, puis compare, les Landes des deux départements, constatant leur différence de développement économique... La légende a ajouté le voyage en train vers l'Espagne de l'empereur, désolé d'un tel paysage entraînant la misère.

Scan d'une notice philatélique au timbre de la forêt des Landes, avec texte du directeur de Philaposte, offert aux clients du service philatélique fin 2024.

Comme le remembrement des années 1940 à 1970 (ici, , en BD), l'enforestation des Landes a été un drame social, une opportunité économique pour les grands propriétaires, des industriels liés au bois et à la chimie, et ceux amenant les capitaux. Pas vraiment les bergers sur échasses.

Le pin maritime fut majoritaire en raison des sols et de sa croissance rapide, donc rentable et profitable pour les dits propriétaires fonciers et industriels.

Un siècle et demi plus tard, après une alerte en 1949, cette forêt de résineux d'exploitation suscite ses propres limites.

Un système que politiciens, grands médias et mauvais commentateurs résument à un seul point (juste, mais pas suffisant seul) : la surface à entretenir est énorme, le débroussaillage et la gestion des bois morts (en retirer par sécurité, en laisser par biodiversité) à répéter éternellement même pour de petits propriétaires fiers de leur héritage foncier mais sans assise financière pour les coûts d'exploitation avant coupe et vente. Donc, on accuse les politiciens et associations écologistes d'empêcher cette vidange de végétaux morts dans le but de protéger la biodiversité...

Encore une semaine de feu et d'évacuation et ils accuseront des baigneuses faisant du surf en burkini à Lacanau.


Même le président de la République, l'hypocrite créateur d'une Convention citoyenne pour le climat dont il n'a pas tenu compte (2019-2020), le bullshiteur - digne de Trump - avec son Make the planet great again (juin 2017), n'a pas évoqué le changement climatique lors de sa visite en Gironde hier. Par contre les pronoms l'incluant à la lutte alors que ce sont les habitants et les pompiers qui payent en sueur, larmes, souvenirs d'une vie, et sacrifice mortel.

Comme signalé avec la poste des États-Unis et les timbres qu'elle a émis pour les deux cent cinquante ans de l'Indépendance, la poste française semble tenir une certaine direction honnête et honorable dans son programme philatélique, qui est désormais de la seule signature et responsabilité du Président du Groupe La Poste.

L'actuelle et nouvelle présidente de ce groupe laissera-t-elle Philaposte et sa commission philatélique poursuivre ce travail d'équilibre entre timbre émis, liberté des textes imprimés sur les documents, etc. Ou fait-elle partie des nominations dignes de notre président : n'importe qui de ses alliés pouvant devenir préfet, recteur, etc. ?