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samedi 30 août 2025

Des panneaux solaires sur les boîtes aux lettres britanniques

 Soucieuse de rentabilité, les opérateurs postaux historiques tentent de rester compétitifs sur le marché de l'expédition, transmission et réception des colis. Depuis avril dernier et avec une accélération en cet été 2025, au Royaume-Uni, Royal Mail modifie ses boîtes-piliers à lettres de rues pour qu'ils acceptent les colis tout en permettant de lancer leur suivi numérique.

Le mode d'emploi du dépôt de colis en boîte aux lettres sur le site de Royal Mail, en 2025 (notez le changement de la couronne royale).

En avril 2025, la presse a fait écho à l'annonce de Royal Mail sur deux nouvelles méthodes d'envoi de colis. Rappelons que la poste historique, déjà séparée des bureaux de poste (Post Office Ltd.), puis totalement privatisée et désormais filiale d'un groupe multinational contrôlé par le capitaliste tchèque Daniel Křetínský depuis les Pays-Bas - oui le même qui, avec d'autres millionnaires, tendent à vouloir posséder des médias.

Sur la capture d'écran ci-dessus, la grosse boîte de gauche a déjà quelques années et était dédiée spécifiquement au dépôt de colis pré-affranchis.

En avril 2025, l'application sur téléphone portable de Royal Mail permet désormais de poster tout courrier suivi ou colis suffisamment plat dans toute boîte aux lettres britannique, majoritairement toutes de forme pilier cylindrique assez mince.

L'envoi porte l'autocollant créé à la commande de l'affranchissement chez soi ou sur le lieu du commerce ou de l'entreprise expéditeurs. Le principe est que, devant la boîte aux lettres, l'expéditeur scanne le code-barres collé, identifie et sélectionne la boîte devant lui, clique et poste. L'application enregistre et fournit la preuve d'envoi... même si, tant qu'un nouveau scan dans un centre de tri, la poste et le destinataire doivent faire confiance que le geste manuel a bien eu lieu.

Une boîte-pilier ancienne modifiée telle que présentée par Royal Mail, en avril 2025 (photographie Royal Mail via The Guardian, le dix avril).

L'expérience visiblement concluante des grosses boîtes à colis, mais la confiance ayant ses limites face aux quelques malhonnêtes, la Royal Mail a eu l'idée de poser un scanner et un mécanisme de repérage sur ses milliers de boîtes aux lettres... petit à petit.

En avril 2025, le modèle mis en service a été une boîte totalement habituelle sur le chapeau de laquelle a été placé un toit noir garni de petits panneaux solaires disposés dans toutes les directions du ciel. Et où l'ouverture a été changée : sous la fente à lettres, un tiroir est apparu.

Sur la face de ce tiroir, un scanner permet d'identifier le code-barres de son colis. Le tiroir, une fois tiré, permet de pousser celui-ci dans la boîte.

Le modèle été 2025 du panneau solaire (photographie Royal Mail via BBC News).

Cette semaine, Royal Mail a annoncé le déploiement progressif, mais déjà visible dans plusieurs régions du pays, de ces boîtes, avec une modification fort logique : le panneau solaire est désormais composé de cellules disposées en rectangle, et avec le chapeau orientable et fixé dans la direction méridionale la plus adaptée.

Une boîte modifiée en Écosse - couronne d'Écosse sans monogramme royal pour éviter les problèmes de numérotation des rois et reines avec l'Angleterre (The Letter Box Study Group sur le réseau BluSky, le vingt-trois août 2025).

Un des principaux membres de The Letter Box Study Group (site officiel ; page sur BluSky), association britannique de passionnés des boîtes aux lettres, a été interrogé au journal de la BBC Radio 4 sur cette innovation.

Il a rappelé le contexte déficitaire et en fin de vie de la correspondance postale, expliqué le fonctionnement du système.

Une question est venu au journaliste sur la capacité des boîtes-piliers. Une poignée de colis apparemment. Le mini-logiciel est-il prévu pour verrouiller le tiroir dès la capacité dépassée ? L'application téléphonique peut-elle, dans ce cas, signalé la boîte ou le point-colis le plus proche ?

Parmi les lecteurs du blog Norvic Philatelics, il y a aussi une inquiétude pour les bureaux de poste et les franchisés de l'entreprise publique Post Office Ltd., qui subissent ainsi une nouvelle concurrence, et qui deviennent petit à petit les points d'envoi de colis de plusieurs groupes logistiques.

La libéralisation postale touche toutes les étapes du colis : le lieu et la méthode de dépôt sont enjeu de coût et de concurrence. Ce qui rappelle la libéralisation du marché de l'électricité, du gaz et du transport ferroviaire (producteurs ≠ transporteurs ou entretien du réseau ≠ livreurs ou vendeurs ≠ gestionnaire public des adresses ou des compteurs).


Cet article est publié dans le cadre du #PostBoxSaturday, en ce qui me concerne sur le réseau social BluSky.

jeudi 1 mai 2025

80 ans de la Victoire par la bravoure britannique

 Ce jeudi premier mai 2025[1], Royal Mail, l'opérateur postal et philatélique historique mais privatisé britannique, émet une série de timbres-poste pour les quatre-vingts ans de la Victoire contre l'Allemagne nazie, signée à Berlin le huit mai 1945.

Les dix timbres principaux de l'émission (boutique web de Royal Mail).

Cette année, le thème est "Valour and Victory" : Bravoure voire Vaillance et Victoire.

Sont honorés onze Britanniques et sujets de l'Empire colonial britannique ayant participé par une diversité d'activités, pour certaines et certains au-delà du militaire offensif ou défensif, à la résilience britannique isolée après l'armistice entre la France du Président du Conseil Pétain avec l'Allemagne hitlérienne, et l'isolationnisme traditionnel des États-Unis sur ce qui pouvait se passer en Europe - voire l'admiration de certains racistes pour le fascisme et le nazisme.

Les dix timbres principaux sont vendus soit en deux rangées de cinq, soit par feuille de vingt-cinq ou cinquante (cinq ou dix fois la bande concernée), mais les marges de ces feuilles ne sont pas illustrées comme la française Philaposte a pris l'habitude ces dernières années.

Sont présentés en portrait photographique avec en arrière-plan le cadre de leurs activités :

- George Arthur Roberts (1891-1970), natif de Trinitad, volontaire et vétéran de la Première Guerre mondiale, pompier londonien pendant le Blitz.

- Mary Morris (1921-1997), native d'Irlande, infirmière militaire, elle soigna notamment les soldats de l'évacuation de Dunkerque, puis d'un des hôpitaux mobiles du débarquement en Normandie. Elle suit les troupes en Belgique et jusqu'à l'invasion de l'Allemagne.

- Tommy Macpherson (1920-2014), natif d'Écosse, capturé en Libye pendant une reconnaissance pour l'opération Flipper en 1941, il ne cesse les tentatives d'évasion en Italie, en Autriche et même d'un stalag en Pologne d'où il rejoint la Suède puis l'Écosse en 1943. En juin 1944, il est parachuté à Aurillac au sein d'un commando avec deux autres hommes pour guérilla et sabotage en soutien à la Résistance française et au débarquement en Normandie. Avec succès, puisque son autorité convint même les officiers généraux allemands du sud de la France de se rendre à lui à la fin de l'été 1944. Ses dernières opérations ont lieu en Italie du Nord.

Le timbre Violette Szabó avec en arrière-plan sa fausse carte d'identité française, timbre fiscal inclus (boutique web de Royal Mail).

- Violette Szabó (1921-1945), Anglaise née en France, elle travaille comme vendeur textile d'un grand magasin de Brixton, mais est une experte du tir de chasse grâce à son père. En 1940, elle épouse Étienne Szabó, soldat de la Légion étrangère française d'origine hongroise. Volontaire pour la défense intérieure, elle passe d'opératrice téléphonique à artilleuse côtière, avant d'être recruté par le SOE (la Direction des opérations spéciales britannique).

Sa seconde mission en France débute dans les jours suivants le débarquement en Normandie, parachutée à Sussac, près de Limoges, afin d'entraîner et coordonner les maquis locaux. Son officier découvre des résistants peu préparés et envoie Violette Szabó vers la Corrèze et la Dordogne, où les maquis sont plus solides.

Mais, elle est capturée après une fusillade contre des SS de la Division Das Reich, qui avait commencé sa remontée vers le front normand. Interrogé par la Sicherheitsdienst à Limoges, puis la prison parisienne de Fresnes, elle est transférée au camp de concentration de Ravensbrück, en août 1944, puis au camp de Torgau où elle et d'autres agentes perturbent le travail de l'usine d'armement. À Ravensbrück, le commandant du camp la condamne à mort et elle est exécutée le 5 février 1945.

Le timbre la représentant, jeune et vive, a en arrière-plan une de ses fausses cartes d'identité françaises, comprenant un timbre fiscal et des tampons administratifs.

La Collector's Sheet pré-personnalisée : à chaque héros un objet ou une scène de son action. Pour Violette Szabó, une radio (boutique web de Royal Mail). 

- John Harrison, marin sur le HMS Belfast.

- Bhanbhagta Gurung (1921-2008), sujet népalais de l'Empire des Indes. Il sert dans les Gurkahs dans la campagne de Birmanie contre l'armée impériale japonaise.

Il reçoit la prestigieuse Victoria Cross des mains du Roi George VI au palais de Buckingham, pour la prise d'une colline birmane en mars 1945, protégée par un sniper qu'il abat debout, quatre trous dans lesquels il jette des grenades en courant de l'un à l'autre, tuant leurs occupants, et un bunker dont il tue les soldats au couteau ou avec une pierre. Dans la foulée, il commande deux soldats pour tenir la position face à une contre-offensive ennemie.

Gurung quitte l'armée en janvier 1946 pour s'occuper de sa mère et de sa jeune famille, dont ses trois fils et un petits-fils furent des militaires de carrière.

- Thomas Peirson Frank (1881--1951), ingénieur civil, il est l'Ingénieur-en-chef du Conseil du comté de Londres (la collectivité locale londonienne d'alors) depuis 1931 quand les bombardements du Blitz touche la ville. Sa rapidité d'organisation permet d'assurer les réparations ou déblaiements pour la continuité de la vie économique de la capitale, notamment la remise en état des digues de la Tamise et éviter l'inondation des quartiers bas avec leurs installations industrielles, militaires, navales et portuaires.

- Mahinder Singh Pujji (1918-2010), Sikh natif de Simla, la capitale d'été de l'Empire britannique des Indes que sert son père au département de la Santé et de l'Éducation. Pilote d'avion depuis 1936, il se porte volontaire en 1940 auprès de l'Armée indienne de l'air pour servir la Royal Air Force en Europe.

Qualifié en juin 1941, il escorte des bombardiers au-dessus de la France, mène des patrouilles par temps brumeux, etc. principalement à bord de Hurricanes. En septembre, il rejoint le théâtre de la Méditerranée et du Proche-Orient.

En 1942 et 1943, il rejoint la Royal Indian Air Force  où il atteint le grade tactique de commandant d’escadron. En 1944, il participe à la campagne de Birmanie, notamment dans le repérage de trois cents soldats états-uniens perdus dans la jungle, proche des lignes ennemies. En 1945, il est envoyé à l'École de commandement (Command and Staff College) de Quetta.

Bien que mis en retraite en 1946 à cause des conséquences d'une tuberculose, il ne perd pas son sens de l'aventure avec la moto et le planeur. Il fut le pilote de baptême de vol en planneur de Nehru, Edwina Mountbatten, du président Eisenhower. Il émigre plus tard en Angleterre comme contrôleur aérien.

- William Tutte (1917-2002), mathématicien canadien, il est connu pour son rôle de cryptanalyste, « casseur de codes », de la machine allemande Lorenz, utilisé par l'état-major de la Wehrmacht allemande, au sein des équipes de Bletchley Park.

Il est reconnu pour ses apports en théorie des graphes (même si sa terminologie est refusée par ses pairs) et des matroïdes. [2]

- Lilian Bader née Bailey (1918-2015), née à Liverpool d'un père marin originaire de la Barbade et d'une mère liverpuldienne d'origine irlandaise, elle dut vivre dans un couvent jusqu'à 20 ans après la mort de son père et la discrimination envers une métis pour trouver un emploi.

Malgré son volontariat, les Institutes des forces armées (visant à organiser les loisirs des soldats et vétérans après la Grande Guerre) la renvoie car son père n'est pas né au Royaume-Uni (À quoi cela sert-il d'avoir un Empire ?). Par contre, en 1941, la Royal Air Force est moins regardante pour ses auxiliaires féminines ; elle est formée à la réparation des instruments d'avion. Elle sert jusqu'à sa grossesse en février 1944, mariée à un artilleur, Ramsay Bader en 1943.

Dans les années 1960, en suivant des cours du soir, elle passe les diplômes du secondaire et universitaire pour devenir enseignante.

Le feuillet de quatre timbres différents sur le soutien au moral des troupes par la chanteuse Vera Lynn, ici dans son tirage spécial Europhilex 2025 (boutique web de Royal Mail).

Ces parcours héroïques, communs à des milliers et des milliers de soldats et civils de la Seconde Guerre mondiale et des conflits liés (Japon en Chine, Allemagne et ses annexions, etc.) permettent de montrer la globalité de la guerre quelque soit l'origine sociale, culturelle, nationale des individus.

Cependant, les médias et les partis conservateurs et d'extrême-droite étant ce qu'ils sont, il faut un sujet grand public immédiatement connue pour attirer vers les timbres-poste les journaux et les émissions matinales.

Un bloc-feuillet de quatre timbres de photographies d'époque honore la chanteuse Vera Lynn (1917-2020), surnommée "Forces' Sweetheart", le cœur tendre des Forces (armées), pour ses chansons, ses concerts en Égypte, en Inde et en Birmanie, dans le cadre de l'Entertainments National Service Association des Forces armées britanniques.

Elle resta ouverte au soutien des vétérans, parmi d'autres causes caritatives, y compris par un de ses derniers singles : la reprise de la chanson "My Son, My Son", qu'elle avait chantée en 1954, cette fois pour marquer la fin de la guerre des Falklands.


La commande minimale du collectionneur peut être lourde au porte-monnaie, même s'il n'y a que des timbres du service intérieur première classe (1,70 GBP depuis le sept avril dernier).

Cela fait partie de la promesse de Royal Mail par un communiqué de fin février 2025 que les émissions spéciales ne comprendraient plus que des timbres de première et seconde classes intérieures, et plus de tarifs pour l'étranger, ni de valeur ronde (une ou deux livres sterling).

1,70 x 14... Même si cela permet d'honorer des parcours dans lesquels d'identifier en ces temps géopolitiquement difficiles.


Notes :

1 : Au Royaume-Uni, les jours fériés « laïcs » sont placés le lundi le plus proche par rapport à d'autres pays européens afin de créer, pour ce jour des travailleurs, un Early May bank holiday : un week-end de trois jours sans banque du samedi trois au lundi cinq mai.

2 : Pour les thématistes qui cherchaient des sujets intellectuellement stimulants.

Compléments du lundi cinq mai - férié au Royaume-Uni :

Visiblement qui sert aujourd'hui essentiellement aux célébrations avec le public de la Victoire et des vétérans de la Seconde Guerre mondiale. À Londres de midi à quatorze heures, la cérémonie d'ouverture (discours de Churchill et permission des cadets de l'armée demandée un vétéran à démarrer un défilé) a été suivie par la marche de militaires britanniques, ukrainiens et d'alliés sous pavillon de l'Organisation du Traité de l'Atlantique Nord.

Ensuite, la tribune royale s'est vidée pour laisser le Mall au public, le salut du Roi Charles III et sa famille au défilé aérien, avant une réception de vétérans au palais de Buckingham. 

Compléments du jeudi huit mai 2025 :

Ce jour de fête et souvenir en Europe, Gary Younge propose un billet d'opinion dans The Guardian sur la capacité de la société britannique - et par ses exemples, les sociétés dont les États ont conquis et exploité des empires coloniaux - a « honoré tous ceux qui se sont battus » ?

Partant des manifestations indépendantistes en Algérie française ayant fini en massacre par les forces de l'ordre, il rappelle que des colonies britanniques d'Afrique ont connu de tels mouvements pour obtenir après tout seulement ce que les Métropoles prétendraient s'être battues pour elles-mêmes : libertés, démocraties, respect de l'autre, etc. Quitte en Indochine et en Indonésie à profiter du vide de pouvoir en septembre 1945 à la capitulation du Japon.

Pour la société britannique, il s'agit des combattants et civils volontaires de l'Empire des Indes et des  futures Malaisie et Singapour, des colonies africaines, et celles des Caraïbes. Le choix de Lilian Bader pour un des timbres montre pourquoi : le racisme de la bonne société anglaise et de ses élites accueillait volontiers l'effort de guerre au risque de leur vie  des colonisés, pourvu qu'ils retournent dans leurs pays... sauf que Lilian était née en Angleterre d'une mère britannique.

Et la question se pose encore outre-Manche : la Windrush Generation, profitant de nouveaux droits en 1948 et venue en Métropole travailler, a subi la discrimination anti-migrants à partir de 2012. Les fonctionnaires du Home Office - aidés par l'absence de carte nationale d'identité obligatoire et de la difficulté de ses retraités et leurs enfants de prouver par paperasse la légalité de leur arrivée - ne distinguant pas les migrants récents, des immigrants caribéens longuement installés de droit et devenus Britanniques.

Gary Younge, "On VE Day, remember the war – but can we resolve to honour all who fought in it?", 'The Guardian', 8 mai 2025.

samedi 6 mai 2023

Boîtes aux lettres au Royaume-Désuni : le Pays de Galles

 Cette semaine, avec publicité le mercredi trois mai, Royal Mail a décoré quatre de ses boîtes aux lettres de rue aux couleurs britanniques verticales : bleu, blanc et rouge, pour marquer le couronnement du Roi Charles III, ce samedi six mai 2023.

Le Lieutenant-adjoint et le Lord-Maire de Westminster inaugure la boîte aux lettres du Couronnement pour l'Angleterre (via le compte Twitter de Royal Mail).

Quatre : une par Nation constitutive du Royaume-Uni.

La Royal Mail a l'habitude de ces boîtes redécorées pour marquer des événements... et sûrement vendre timbres et souvenirs : localités d'origine des médaillés d'or olympiques par exemple.

Pour l'Angleterre, la boîte se situe entre l'abbaye de Westminster et le Parlement, dans la capitale du pays. Elle a été inauguré par les autorités d'État et municipales du quartier de Westminster.

Celle de Belfast, en Irlande du Nord, semble peu faire parler d'elle.

À Édimbourg, en Écosse, plus d'articles de presse et un peu de politique d'après cette image prise par le photographe Iain Masterton et publié le lendemain de l'installation.

"Not my king!" à la craie au pied de la boîte aux couleurs du couronnement, dans une artère principale d'Édimbourg (Iain Masterton, publiée sur Twitter le quatre mai 2023).

Le quatre mai, un rappel que tous les Britanniques ne sont pas monarchistes a été écrit à la craie sur le bord du trottoir : « Pas mon roi ! ».

La boîte de Cardiff recouverte d'autocollants indépendantistes (BBC Wales, le six mai 2023).

Par contre, la boîte de Cardiff, au Pays de Galles, déplaît énormément aux indépendantistes à tendance républicaine : le journaliste de l'antenne galloise de la BBC, Peter Gillibrand, signale, ce samedi, que c'est la deuxième fois que la boîte est recouverte d'autocollants et a servi de cibles à des jets d'œufs.

Autocollants de l'organisation Yes Cymru notamment, dont le dirigeant interviewé explique le désintérêt pour le couronnement : roi par la naissance, coût de la cérémonie, plus de touristes à Versailles, sentiment d'abandon du Pays de Galles par le centre politicien londonien, etc. Mais sans appeler à manifester contre.


La localisation de la boîte décorée, St John’s Street, pourrait-elle être aussi en cause ?

C'est ce que pense le scénariste et réalisateur Rich Williams. Elle se situe devant un pub nommé Owain Glyndwr, du nom du dernier Prince de Galles souverain et gallois au début du quinzième siècle... avant de devenir, un siècle après, le titre honorifique des fils aînés des rois d'Angleterre.

Les boîtes aux lettres de la poste royale ne sont donc pas qu'une affaire de tricot.

mardi 15 août 2017

Occupations française et communiste au Royaume-Uni

Apprendre les langues par les timbres.
StampIT (littéralement, timbre-le) est l'atelier jeunesse de L'Association des sociétés philatéliques écossaises (ASPS).

Parmi les nombreuses activités et sessions que ses volontaires proposent aux écoles et autres organisations, figurent des jeux de plateau et cartes pour découvrir le vocabulaire des langues étrangères.
Le plateau du jeu de découverte du français, créé par StampIT de The Association of Scottish Philatelic Societies.
Après l'espagnol et le japonais, ce mois d'août 2017 voit la sortie de la version avec timbres de France. Chaque jeu peut se télécharger gratuitement sur le site de l'ASPS sous la forme d'un fichier compressé .zip ; il contient une notice explicative (rappelant qu'une version manufacturée peut être commandée), le plateau et les cartes-timbres.

Comprendre l'iconographie communiste par le billet de banque.
À partir du dix-sept octobre et jusqu'au dix-huit mars 2018, rapporte The Guardian hier lundi quatorze août, le British Museum de Londres va exposer une collection de billets de banque de pays communistes pour marquer le centenaire de la Révolution d'Octobre 1917 en Russie.

Cette exposition relaiera celle de la British Library qui se termine le mardi vingt-neuf août. Elle a présenté l'abondante littérature et iconographie de l'époque des deux révolutions russes et de la guerre civile qui s'ensuivit.
Billet de cent shillings somaliens de 1975, consacré exclusivement au travail des femmes : de l'allégorie multi-tâches à l'usine agro-alimentaire (image fournie par le British Museum via The Guardian).
Les billets yougoslave de 1955, somalien de 1975 et chinois de 1980 permettent déjà de voir ce que l'État veut montrer du communisme et ce qu'il souhaite de son peuple - jusqu'à susciter l'ironie du conservateur Tom Hockenhull. En effet, la femme somalienne doit tout à l'État : le défendre au fusil-mitrailleur, nourrir avec une bêche, produire avec la pelle, le tout avec le bébé en bandouillère !

Espérons que les notices seront plus factuelles et que la lecture ne sera pas que la critique capitaliste ultralibérale du communisme.

Une grande partie des billets exposés appartiennent aux collections du British Museum qui compte également une collection de cartes postales, elles aussi étudiées avec la distance critique de ce que veut montrer son créateur, son éditeur et finalement son expéditeur.

Les collectionneurs de timbres, de billets et de monnaie, ou intéressés par les graveurs ont intérêt à visiter le musée londonien - malgré les masses touristiques des voyages organisés, quelques noms connus de nos disciplines y ont leur place.

dimanche 2 avril 2017

Disparition de l'Écossais Iain Stevenson

Au croisement de mes intérêts pour le monde britannique, la lecture en anglais et mon attachement personnel pour Montpellier, l'universitaire et philatéliste britannique et francophone Iain Stevenson est mort le mercredi premier mars dernier, à un mois de son soixantième-septième anniversaire.
Iain Stevenson (University College London).
Universitaire spécialiste de l'édition à partir de 1999, il exerça jusqu'à sa retraite en 2005 à la City University of London, puis à l'University College London, en enseignant les nombreuses facettes de ce domaine professionnel après une longue carrière d'éditeur. En 2010, son Book Makers: British Publishing in the 20th Century est publié par la British Library dont le site propose un entretien sur la censure.

L'édition qu'il pratiqua aussi dans sa passion philatélique, par exemple au sein du comité des publications de la Société philatélique royale de Londres. Un rôle de consultant déjà effectué pour plusieurs entreprises et institutions au Royaume-Uni et dans le monde.

Sa fiche de membre associé de l'Académie de philatélie signale des spécialisations dans les timbres-télégraphes, les entiers postaux (pour lesquels il fut juré international), mais aussi le protectorat devenue colonie britannique de Bornéo du Nord et plusieurs collections canadiennes. Ainsi, il présenta l'histoire postale de la compagnie ferroviaire Canadian Pacific en février 2014 à la Aylesbury & District Philatelic Society.

Et l'histoire postale de Montpellier. C'est cette dernière qu'il présenta lors de l'exposition de l'Académie au siège de la Royale, en novembre dernier.
Le Collège des Écossais dans les années 1930, avant l'urbanisation de la garrigue montpelliéraine (via Institut Patrick Geddes de Yamaguchi au Japon)
Pourquoi Montpellier ? Michel Soulié, le marcophile président de l'Association philatélique de Montpellier, lui avait écrit en décembre et Iain Stevenson avait expliqué qu'il y avait étudié la géographie à l'époque où les facultés se délocalisaient au pied des collines du nord de la ville...

Là où un autre Écossais, Patrick Geddes, avait bâti en 1924 un Collège des Écossais. Stevenson écrivit d'abord sur les relations entre Geddes et la géographie en 1975, puis sur le Collège avec Hugh Clout en 2007-2008, alors qu'il y avait mobilisation sur sa protection. Il est classé Monument historique depuis 2013.

C'est ainsi que sa liste d'articles comprend autant des réflexions sur l'avenir de l'édition que l'étude de la diffusion médiatique de l'épidémie du phylloxera dans l'Hérault à partir de 1862.

Un éloge a été publié le treize mars dernier sur le site de l'University College London, suivi de témoignages de ses collègues, étudiants et lecteurs.

Compléments bibliographiques du vendredi sept avril 2017 :
- un article sur l'importance encore actuelle du Copyright ;
- un entretien de l'été 2015 sur l'histoire du livre et de l'édition pour le Centre pour l'histoire du livre de l'Université d'Édimbourg.

samedi 3 décembre 2016

L'Académie de philatélie exposait à Londres

Jeudi dernier, le vingt-quatre novembre, des membres titulaires et correspondants français ou associés étrangers de l'Académie de philatélie étaient invités à exposer au siège de la Royal Philatelic Society London.

La majorité des collections furent consacrées à la France, métropolitaine comme d'outre-mer. Quelques-unes à des correspondances étrangères arrivées ou parties de ce pays, ou françaises passées par l'étranger. Quelques-unes développaient d'autres pays francophones - Haïti par Guy Dutau, l'enclave du Lado par Patrick Maselis - ou sur lequel l'expertise française (du graveur, de l'imprimeur et du collectionneur) s'exerçait - Louis Fanchini et les timbres de Grèce.

Le menu est disponible sur le site de l'Académie et les résumés des présentations au format pdf sur celui de la Société.

Esprit de contradiction oblige, mon résumé trop succinct s'attache à ce que mon regard à trouver inhabituel, mais la lecture n'a pas négligé les autres collections proposées.

Ainsi, les pêcheurs français sur les grands bancs de l'Atlantique Nord de 1896 à 1939, travaillant sur leurs navires toute la saison de pêche durant, sans escale. Leur courrier était confié aux navires ravitailleurs ou croisés à l'occasion, ainsi qu'aux navires-hôpitaux de la Société des œuvres de mer. Le livret-souvenir reproduit deux éléments proposés par Hendrik Schlabbink une carte déposée par un tel navire en Islande pour Cannes ; et une lettre taxée en France déposée non affranchie en Nouvelle-Écosse.

En cartophilie innovante, Michèle Chauvet évoque le quart de siècle d'existence des cartes porcelaine, à l'aspect lithographique particulier permis par la céruse, un des carbonates de plomb, dangereux pour l'utilisateur...

Plus éphémère encore, Jean-Christophe Jacquot se concentre sur la liaison maritime de la Compagnie générale transatlantique entre Panamá et Valparaíso, au Chili, de mars 1872 à février 1874, dans le contexte de la concurrence impériale avec le Royaume-Uni.
La lettre entre Réunion et Saint-Pierre-et-Miquelon de 1875 présentée par Peter Kelly (copie d'écran du livret de l'exposition RPSL-Académie de philatélie du jeudi vingt-quatre novembre 2016).
Lignes de la C.G.T. poursuivies par Peter Kelly dans l'océan Indian de 1864 à 1882, avec, entre autres, une lettre entre négociants, partis de la Réunion - affranchie par cinq timbres de trois séries différentes - à Saint-Pierre-et-Miquelon via Aden, Marseille et la Grande-Bretagne. Je suis très curieux de savoir qui avait acheté (ou avait besoin de) quoi entre ces deux extrêmes coloniaux.

Spécialiste des duchés et villes entre Allemagne et Danemark, Chris King propose des lettres de soldats danois envoyés depuis le nord de la France qu'ils occupent de janvier 1816 à l'automne 1818, conformément au traité de Paris (celui de novembre 1815 probablement, faisant suite à celui de 1814 et de l'aventure des Cent-Jours).

Prix du modernisme avec Jean-Jacques Rabineau qui atteint l'année 1977 et la genèse du type Sabine de David par Gandon, suivi de près par Jean-Pierre Magne et le service express de Maurice entre 1903 et 1966. Ce dernier explique que moins de soixante-dix lettres sont connues avec les timbres surchargés spécifiques jusqu'à 1910, et qu'au-delà, les courriers sont rares.

Presqu'à la fin du cheminement, l'histoire postale de Montpellier jusqu'à 1849 apparaît, non sous les cadres de Michel Soulié, président de l'Association postale de Montpellier, mais de Iain Stevenson qui a étudié l'histoire du Collège des Écossais, lieu d'études fondé par l'Écossais Patrick Geddes en 1924 sur les hauteurs nord de Montpellier.

Merci pour cette diverse-tissante et inspirante lecture.

mercredi 5 octobre 2016

Décalage philatélique chinois dans London Philatelist d'octobre

Dans le numéro d'octobre 2016 du London Philatelist, Huadong Zhang propose des définitions et usage du mot "stamp" en anglais et en Grande-Bretagne, puis ses équivalents en chinois. Une intéressante mise en perspective du gouvernement d'une culture à une autre.

Dans la partie britannique de l'article, le parcours commence avec le timbre à date du Maître des postes Henry Bishop en 1661, avant de découvrir le papier fiscal timbré au monogramme de Guillaume d'Orange de 1694.

Un petit tour vers les postes privées de Londres de 1680 à 1682 et Édimbourg de 1774 à 1793, avant d'aller vers les coups de tampon d'un penny et quatre pennies de 1839 pour aboutir au Penny Black, le premier timbre-poste adhésif.

Côté chinois, l'auteur repart de la base : stamp c'est la marque laissée par un tampon en bois. Il suffit de taper le mot sur Google ou en recherche de sites commerciaux pour le voir.

Alors quand il fallut dénommer en Chine les premiers timbres-poste adhésifs, le mot chinois pour la Tête fut employée puisque les effigies de monarques et de présidents furent le signe distinctif de l'objet. Et par extension la Tête de Dragon pour la première émission chinoise.

Le mandarin "you piao" et les caractères correspondants apparaissent sur les premiers timbres de Taiwan en 1888, puis, la même année, surchargés sur timbre au dragon pour les usagers chinois de Taiwan - surchargés « Formosa » pour les expéditeurs étrangers.

Ensuite, il s'intéresse à cette mention sur les timbres chinois. "you piao" apparait sur les côtés des timbres de la République de Chine en décembre 1912.

Mais, dans le sud-est, sont employés le cantonais "shidan" et les caractères correspondants : ils se retrouvent sur les timbres de Taiwan de 1895, et aussi les timbres de la colonie britannique de Hong Kong.

Une intéressante étude linguistique et, finalement, thématique, qui rappelle, avec la liste annuelle des membres de la Royal Philatelic Society London que les philatélistes chinois, au sens large, comptent raisonnablement à travers leur nombre (une soixantaine avec les trois « pays chinois » représentés).

Et les rencontres régionales réalisées comme celle du vingt-et-un août dernier à Ürümqi, au Xinjiang, avec des études sur les postes et la numismatique de la région turcophone, objet de la publication d'un livre d'histoire postale. La prochaine est annoncée pour le sept novembre 2017 à Hangzhou, dans l'Est, avec une thématique russe.

Les philatélistes de France intéressés par la Société royale et le Club philatélique franco-britannique peuvent contacter Robert Marion pour assister à la réunion du samedi cinq novembre prochain, au Salon d'automne de Paris.

mercredi 13 janvier 2016

Ce 13 janvier, c'est le Nouvel An à Foula, au bout du monde

Une autre bizarrerie à l'intérieur d'un État qui suit le calendrier grégorien depuis 1752 - même si l'État en question est un Royaume-(dés ?)Uni de deux royaumes, une principauté, un territoire autonome divisé socialementdans une île coupée en deux, comptant des fédérations suivants (ou pas) ces frontières intérieures ; ensemble qui sert de parapluie à une flopée de territoires très autonomes... Mais ce n'est pas l'histoire de ce jour.

Dans sa première édition de 2014, le lundi quatre janvier, le quotidien gratuit Direct Matin et ses éditions locales ont publié une petit article sur l'île d'Europe de l'Ouest qui n'a pas fêté Noël, ni le Nouvel An : Foula, au large de l'Écosse et des îles Shetland, suit toujours le calendrier julien.

C'est ainsi qu'aujourd'hui, c'est le Nouvel An à Foula : bonne année à ses trente-huit habitants !
Le bureau de poste de Foula en août 1964, peu de temps après l'arrivée du téléphone (photographie du Dr. Julian Paren, geograph.co.uk, licence cc by-sa 2.0)
L'île est si isolée qu'un film baptisé The Edge of the world y fut tourné dans les années 1930 pour représenter l'histoire du dépeuplement de l'île Saint Kilda, en plein Atlantique.

Néanmoins, le journaliste Jon Henley du Guardian raconta, le jeudi vingt-et-un février 2008, son séjour sur l'île et le fait que ses habitants ne trouvent pas leur situation géographique étrange : « Tout le monde doit avoir un toit au-dessus de la tête, le nôtre est ici, c'est tout » explique une habitante.

Il suffit juste d'espérer que le bateau puisse accoster deux fois par semaine ou que le vent soit bien dans l'axe de la piste pour permettre de faire décoller le petit avion à la belle saison.
Carte du concours de l'île britannique la plus isolée (Google Maps légendée avec le logiciel libre Paint.NET).
Malgré une menace de couper les services publics - école, infirmière, poste - dans les années 1950 si la population passait sous les trente habitants, l'école est toujours ouverte et la seule activité indiquée par Google Maps, le bureau de poste toujours tenu à tiers-temps en 2008 par une habitante également officier d'état civil et guide touristique : l'île attire des amateurs d'oiseaux sauvages en été.

Qui dit bureau de poste signifie pas de timbres privés qui caractérisent de nombreuses petites îles isolées autour de la Grande-Bretagne.

Quant au calendrier, c'est un calendrier julien sans jour supplémentaire en 1900... donc un jour d'avance sur le calendrier julien orthodoxe russe par exemple qui célèbre le Nouvel An demain. Et je n'ai pas encore évoqué les fuseaux horaires à l'intérieur de certains pays.


Attention aux collectionneurs multilingues, Foula est également le nom en anglais et plusieurs langues européens du peuple que les francophones appellent peul, qui ont été l'objet de plusieurs timbres au temps des colonies françaises puis des républiques indépendantes.

vendredi 30 octobre 2015

Débuts comparés des histoires postales anglaise et écossaise

Hier après-midi, vingt-neuf octobre 2015, a eu lieu la seconde conférence du jeudi 5pm de l'année au siège de la Royal Philatelic Society London.

A. Malcolm Fenning a conté, ponctué de quelques lettres ayant survécu, les cent vingt années de services postaux de l'Écosse indépendante, jusqu'à l'intégration des Post Office anglais et écossais en une entité nouvelle en 1711, après l'Acte d'Union de 1707 et la fondation du Royaume-Uni de Grande-Bretagne.

Exceptionnellement libre de mes obligations professionnelles, j'ai pu visionner la conférence en direct sur youTube - rappel : la vidéo reste un droit des membres de la Société, mais tous les visiteurs du site de la Société royale peuvent lire le texte au format pdf dans la liste des recent displays.


Ce fut donc l'occasion, dans les heures précédentes, d'entamer la lecture trop reportée de Masters of the Post, l'histoire autorisée de la Royal Mail, publiée en 2011.
Masters of the Post présenté sur le blog du British Postal Museum & Archive, où Duncan Campbell-Smith a trouvé nombre archives et illustrations nécessaires à son œuvre de recherche.
Le journaliste Duncan Campbell-Smith s'y concentre sur le vingtième siècle, mais la problématique qui, d'après lui, anime le service postal britannique nécessite de retrouver la Poste du Roi (the King's Post) depuis le seizième siècle : est-elle un service public progressivement compris avec son coût nécessaire ? Ou est-ce un service marchand capable de profit pour la Couronne, mais alors pourquoi ne sont-ce pas les acteurs privés qui la gèrent ?

Campbell-Smith veut montrer que ce débat est ancien et incarné la plupart des Postmasters General depuis 1512. Dans le contexte de sa sortie, en plein débat sur la privatisation de la Royal Mail, le livre épais intéressa même la presse générale.

Dans l'après-midi, j'eus le temps d'aller des stratégies privées d'acheminement jusqu'à ce que le cardinal Wolsey trouve un homme capable de répondre aux besoins postaux d'Henry VIII à partir de 1512, jusqu'en 1635 et la réforme et recréation de la Poste du Roi  par le Principal Secrétaire d'État John Coke et le Postmaster d'Angleterre pour l'étranger Thomas Witherings, qui poursuivait l'entreprise de son ancien patron Matthew De Quester sur la route de Douvres et au-delà, entamée à partir de 1603.


Cette lecture m'aida à suivre Malcolm Fenning sur les routes d'Écosse, où les coursiers privés et les postes urbaines existent, mais avec leurs aléas et les risques sécuritaires.

1591 entrouve le sujet d'un service postal royal puisque c'est l'établissement, côté anglais, de la route postale du Nord par le Maître général des postes John Stanhope jusqu'à Berwick, dernière ville anglaise sur la route d'Édimbourg. Ce qui permit d'accélérer le retour des nouvelles militaires écossaises vers Londres tout en aidant la circulation de correspondances privées entre les deux royaumes - alors un moyen pour les maîtres des postes d'arrondir leur salaire royalement ponctionné par Stanhope, puis son fils1.

En 1603, le sujet est complètement ouvert : le roi d'Écosse James VI2 devient également roi d'Angleterre et gouverne depuis Londres grâce à la route étendue par Stanhope jusqu'à Édimbourg.


Pour savoir comment le public put utiliser le service royal écossais, comment les aléas de la relation de couple britannique l'ont perturbé, mais sans empêcher son extension vers les autres villes d'Écosse, je vous encourage à lire et écouter Malcolm Fenning.

Pour savoir ce qu'il se passe, sous le même règne de James Ier, sur la route postale de Douvres et qui va finalement réformer la poste royale en 1635, se tourner vers le premier chapitre de Masters of the Post.


Notes :
1 : Une anecdote du récit conte que Charles Stanhope impose une taxe de resignature de leur commission à l'occasion de la mort de son père et de sa succession...
2 : Jacques pour l'école française.

mardi 4 novembre 2008

En relisant les publicités

La publicité, quoiqu'envahissante et parfois abusive, révèle parfois des perles de création graphique ou de documentation utile au client potentiel.

Ainsi, en relisant le numéro de septembre 2008 de Timbres magazine, page 18, j'ai découvert, grâce à la maison d'enchères Spink, un document d'avril 1840 présentant aux maîtres des postes d'Écosse les nouveaux moyens de paiement du port, utilisables à partir du mois du 6 mai suivant.

Le texte décrit ces nouveaux moyens postaux ainsi : « stamped Covers and Envelopes » et « adhesive Labels », c'est-à-dire les entiers postaux illustrés par William Mulready et les deux premiers timbres-poste à l'effigie de la reine Victoria (1 penny et 2 pence).

L'introduction du cachet oblitérateur est rappelée : la croix rouge doit être frappée sur Britannia pour les entiers et sur chacun des timbres d'une lettre, en plus du cachet à date sur le reste du pli. On note ainsi presque tous les sens du mot stamp en anglais dans cette lettre, nom commun comme verbe.

Pourquoi seulement d'Écosse ? Une recherche Google qui a de fort possibles lacunes permet de retrouver le Secrétaire Edward S. Lees dans une transcription de la liste des témoins appelés à se prononcer sur la réforme postale proposée par Rowland Hill et la fiche de l'almanach des postes de 1841 des postes conservées par la National Library of Australia. Tous deux décrivent Lees comme le Secretary to Post-Office of Scotland. Division administrative habituelle au Royaume-Uni : Angleterre et Pays de Galles ensemble, Écosse et Irlande unis au royaume d'Angleterre, mais avec un traitement spécifique.


Une transcription du document est disponible sur le site Wikisource. N'oubliez pas de citer vos sources.

samedi 19 avril 2008

Cinquantenaire des émissions régionales britanniques

En septembre prochain, les administrations postales des îles Britanniques vont faire dans la reprise de vieux timbres pour le cinquantenaire des émissions régionales.

En 1958, le Post Office émet l'effigie royale d'après une photographie de Dorothy Wilding dans un cadre comportant des éléments symboliques des régions non anglaises du Royaume-Uni (Écosse, Pays de Galles et Irlande du Nord) et des îles possessions de la Couronne (Guernesey, Jersey et Man). Trois timbres pour les premières, deux pour les secondes.

En 1971, le passage au système décimal entraîne une nouvelle émission au type Machin, sauf pour les îles Anglo-Normandes postalement indépendantes désormais, et pour la dernière fois pour l'île de Man. Voici l'exemple du 26 pence du Pays de Galles :

Les symboles (initiaux, puis redessinés) sont l'œuvre de Jeffery Matthews, l'autre « père » du type Machin puisqu'il en a rationalisé les couleurs et les inscriptions. L'absence de la monnaie (« p » pour penny) s'explique par le choix de la Royal Mail en 1997 d'éviter l'application d'une loi galloise imposant son utilisation locale. Or, penny se traduisant ceiniog, il eut fallu soit placer les deux initiales ou risquer la confusion avec le mot cent.

Actuellement, les quatre royaumes (donc, y compris l'Angleterre) bénéficie chacun d'une série illustrée d'usage courant et de blocs glorifiant leur patrimoine, et dont les valeurs et illustrations sont régulièrement renouvelées. Ces timbres sont également repris en feuilles pré-personnalisées par des paysages locaux et dans des les carnets de prestige (avec encaissement par la Royal Mail).

Stamp Magazine, dans sa livraison de mai 2008, révèle qu'un feuillet reproduisant les premiers timbres régionaux est prévu pour cet automne.

Aller plus loin :
* entretien avec Jeffery Matthews par le journal du Great Britain Collectors Club, en 2000.
* Douglas Myall, 40 Years of Machins - A Timeline, chronologie publiée par le British Philatelic Bulletin, 2007. Il est disponible à la vente sur le site de la Royal Mail à 2,95 livres sterling.