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mercredi 20 août 2025

Les actions des Casques bleus au Mémorial de la paix à Busan

 Au-delà des timbres-poste qui serait surchargés ou des courriers des militaires et civils envoyés pour servir lors d'une mission dans un pays en guerre ou en sortie de conflit, quels objets de collection restent-ils des « Casques bleus » et autres personnels participant aux opérations de maintien de la paix de l'Organisation des Nations unies.

Après le récit de la guerre de Corée et la mémoire des vétérans (anonymes comme connus), la troisième grande partie du Mémorial de la paix, à Busan, est consacré aux actions actuelles des missions de paix des Nations unies dans le monde.

Les différents traits des missions onusiennes, qui dépasse la simple interposition entre forces belligérantes (Mémorial de la paix des Nations unies à Busan, juillet 2024).

En particulier, par des personnels de l'unité Sangnoksu en Afrique et en Asie depuis que la République de Corée a pu adhérer à l'Organisation en 1991. D'où le choix des thématiques et localisation des opérations de l'exposition : Somalie, Angola, Timor oriental, Soudan du Sud.

Cette galerie est didactique : elle vise à éduquer les visiteurs à la réalité des guerres actuelles dans le monde. Cela implique les adultes comme les enfants, en visite scolaire ou avec leurs parents - en effet, le chauffage en hiver et la climatisation en été, font des musées (et même de l'exposition philatélique annuelle) des lieux d'activités en semaine comme le week-end.

Le dernier panneau de l'exposition : 
« L'ONU n'a pas été créé pour amener l'humanité au paradis,
mais pour la sauver de l'enfer
 »
(en anglais, coréen, chinois et japonais ; Mémorial de la paix des Nations unies à Busan, juillet 2024).

Fresque réaliste (paysages) ou symbolique (policiers sous Casques bleus cassant le mur de la haine entre populations), la majorité des représentations sont en grand format et vise à capter l'attention : statues blanches de deux enfants et d'un adulte leur donnant une arme de guerre, aux côtés de photographies de reporters de guerre, pour la partie sur les enfants-soldats et la difficulté de les ramener à la vie civile.

Oui, difficile à ramener à la maison, à ranger dans un album et à exposer sur des panneaux sous vitre... Mais, ce n'est pas le but de cette galerie : le dernier panneau est le message à retenir (ci-dessus). Comprendre que les Nations unies visent à sauver l'humanité de l'enfer, pas à l'amener au paradis... Ce qui permet d'évaluer beaucoup des dirigeants du monde entier.

En reproduction haute qualité, on pourrait imaginer utiliser les photographies de guerre des reporters et des actions des Casques bleus sud-coréens, à partir d'une commande aux agences : patrouille de type police de proximité parmi la population, déminage, reconstruction et fourniture en matériel d'éducation et d'école, aide aux activités sportives, culturelles et professionnalisante (taekwondo, initiation à l'outil informatique,...).

Les objets restant des missions réalisés par la Major Park Soonhyang (donation au Mémorial de la paix des Nations unies à Busan, photographie de juillet 2024).

Plus inspirants pour les collectionneurs : la Major Park Soonhyang a fait donation des objets officiels de ses missions au sein de l'unité Sangnoksu, principalement dans l'administration transitoire du Timor oriental, puis au Soudan du Sud. 

La petite vitrine comprend un badge d'identification, des emblèmes onusiens en tissu ou en épinglette pour uniforme, médaillon et plaque de remerciement reprenant l'emblème global, le drapeau du pays aidé, les drapeaux des autres pays ayant participé à la mission, barrettes des décorations militaires.

Le contenu d'un paquet dédié à la petite enfance lors des opérations de l'Organisation des Nations unies (Mémorial de la paix des Nations unies à Busan, photographie de juillet 2024).

Avec recherche, certains pourraient retrouver des éléments des paquets de l'Unicef accompagnant les missions de paix, tel celui exposé à Busan dédié à l'éveil de la petite enfance, mêlant la santé (sel de réhydratation en cas de diarrhée), jeux éducatifs, jeux créatifs (dessins, collage, écriture), moyen de communiquer et d'amuser (ensemble de dessins, et aussi des peluches-marionnettes à main), ainsi que des manuels pour aider les adultes encadrant.

Dans l'entrée du Mémorial, mascottes et zone pour enfants (Mémorial de la paix des Nations unies à Busan, photographie de juillet 2024).

Alors oui, c'est à la fois un mémorial pour les vétérans, un musée de découverte aussi. Comme d'autres lieux climatisés, c'est visité été comme hiver par des scolaires et des enfants accompagnés de leurs parents... alors qu'il peut être considéré comme un musée sur la guerre, la mort, les souffrances.

Certes, ma visite et mes photographies ne montrent pas les accompagnements proposés par le Mémorial, les activités adaptés préparés par les enseignants dès la salle de classe, et les capacités des parents.

Pour ces articles du blog sur ce Mémorial, montrer comment la volonté de transmettre la mémoire requiert des moyens variés et des logiques évolutives, c'est déjà éveillé le visiteur du lieu autant que le lecteur du blog de voyage (et leurs lycéens français d'adolescents en spécialité HGGSP : thèmes 2 et 3 si vous cherchez des thématiques de visites familiales).

Dès l'entrée, comme partout-partout-partout en Corée, de mignonnes figurines accueillent les jeunes visiteurs : deux personnages de bandes dessinées (un enfant déguisé et un soldat de la paix et la mascotte de la conférence ministérielle des missions de paix des Nations unies, tenue à Séoul en décembre 2021 (site des Nations unies d'une part ; analyse des décisions d'autre part).

La mignonnerie des messages publics est omniprésente en Corée : avertissement sur le comportement dans les transports publics, indication du cheminement en lieu commercial ou touristique, guide imaginaire de musée, mini-publicité en magasins... Entre rendre l'espace accessible aux enfants, aider leurs parents à leur expliquer le monde autour d'eux, autant que rappeler d'abord gentiment les règles aux adultes.

Ici, les mascottes accueillent bien mieux que des images de guerre, et, en plus, elles servent de séparation entre le hall d'accueil et la Kids Zone où les enfants, restés sages un temps infini pendant les activités au musée, peuvent se défouler ou faire ce qu'ils veulent avec livres, jeux collectifs, etc.

Y compris les familles puisqu'à l'arrière-plan de la photographie de gauche ci-dessus, c'est bien le café-snack du Mémorial avec des publicités pour les glaces bien en vue. Vous ai-je déjà dit qu'il fait tropical en juillet en Corée ?

jeudi 14 juillet 2011

Premiers timbres du Sud-Soudan

Ça y est, le Sud-Soudan est lancé dans l'arène philatélique !

Le site du gouvernement du nouvel État annonce hier, 13 juillet, que les trois premiers timbres du pays ont été émis, le jour de l'indépendance, le 9 juillet 2011, d'après le timbre à date à flamme ondulée multicolore reproduite avec la dépêche.


Le drapeau, les armoiries et l'ancien leader John Garang sur de simples fonds blancs sont repris sur un tirage de cent mille timbres, remis aux États fédérés (le Sud-Soudan est une fédération) et distribué principalement dans les campagnes. La poste devant être le principal moyen de communication des 80% de sud-soudanais vivant en zone rurale.

Le même jour, le ministre des Communications et Services postaux, Madut Biar Yel, annonçait que le pays disposait désormais de son propre indicatif téléphonique : le 211. Ne manque plus que le domaine internet.

Urgent : pays sans banque émettrice cherche monnaie

Preuve que créer un État indépendant est un dur labeur, le gouvernement du Sud-Soudan cherche à mettre le plus rapidement possible en circulation les pièces et billets de sa nouvelle monnaie alors que la loi créant la Banque centrale n'a pas encore été votée !

Le futur gouverneur de cette institution, Elijah Majok, a présenté avant-hier, le 12 juillet 2011, les futurs billets en cours d'impression qui pourraient être diffusés à partir du lundi 18.

Billet de cent livres sud-soudanaise, la plus grosse des six coupures
(photographie de Matata Safi).

Parmi les traditionnelles marques de sécurité : gravures esthétiquement complexes, barres métalliques, etc., un côté figure le portrait de John Garang, feu chef de l'Armée de libération du peuple du Soudan qui mena la guerre civile contre le gouvernement central soudanais. De l'autre, une scène animalière.

Six mois depuis le référendum furent donc à peine suffisant pour préparer les billets (tous au portrait de Garang), insuffisant pour les pièces. Le souci est que le Soudan refuse de céder des livres soudanaises au nouveau pays, en sachant que cette devise fut créée pour remplacer le dinar et mieux représenter la diversité du pays après la fin du conflit sud-soudanais...

Deux milliards de livres soudanaises circuleraient au Sud-Soudan. Les banques vont être mises à contribution pour échanger le plus de billets possibles au taux d'une livre du Sud-Soudan pour chaque livre du Soudan, et comptent les revendre à Khartoum (très optimistes ?).

Le mystère : comment va évoluer la valeur de cette monnaie par rapport à ses voisines, notamment les shillings kenyans et ougandais ?

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À titre indicatif (puisqu'il faudrait tenir compte des différences de niveaux de vie), d'après le site de conversion monétaire XE.com, une livre soudanaise (SDG) vaut 0,37432 dollar des États-Unis ou 0,26291 euro.

Mise à jour du 17 juillet 2011 : le 14 juillet, la Banque centrale du Sud-Soudan a reçu sa première livraison de billets de banque. Le 15, la loi créant cette institution a été promulgué par le président Kiir. Le même jour, le premier Conseil des ministres de la jeune république s'est mis d'accord sur le processus d'échange livre soudanaise/livre sud-soudanaise qui devrait durer deux mois.

samedi 9 juillet 2011

À surveiller : le Sud-Soudan

Depuis quelques dizaines de minutes, ce 9 juillet 2011, la République du Sud Soudan est devenue un État indépendant. Les journalistes se demandent depuis le référendum d'auto-détermination du 9 janvier 2011 comment s'établit un nouvel État.

Drapeau du Sud-Soudan
(source : Wikipedia en anglais et sa banque d'images libres Commons).


Parmi les questions : les timbres-poste sont l'objet d'une explication de Geoff Anandappa, un des investisseurs de Stanley Gibbons. Cependant, ses remarques correspondent bien à l'état des sites du ministère de la Télécommunication et des Services postaux et de l'Autorité de régulation correspondante : il y a plus urgent que faire plaisir aux collectionneurs.

Déjà, les télécommunications et les flux de marchandises sont prioritaires, notamment pour se libérer du seul accès soudanais, toujours tendu par les problèmes d'une frontière pas encore bornée et de milices armées toujours dangereuses. Une autre urgence est le domaine internet lié à la norme ISO 3166-1 : .sd est celui du Soudan, .su est celui de feue l'Union soviétique. Le gouvernement souhaiterait l'explicite .ss, mais il semble qu'il y a une inquiétude historique en Europe et aux États-Unis (exemple de groupes néo-nazis achetant une adresse en .ss par exemple, comme avec les chaînes télévisées et le .tv de Tuvalu).

En retour aux timbres (puisque pour certains si pas de bout de papier gommé, dentelé, imprimé, pas de philatélie), Anandappa évoque la possible émission de timbres de fortune, de facture locale et peu médiatisée jusqu'à l'Occident, mais évitant l'usage de ceux du Soudan. Ils joueront toutefois mieux leur office sur courrier que les futurs productions d'imprimeurs lointains vendues directement neuves sous blister aux collectionneurs thématistes.

Cependant, pour le moment, la principale route du courrier paraît restée Khartoum, le temps que le système mondial des postes oriente le flux vers l'Ouganda et le Kenya ?

Une histoire postale à suivre.


Merci le 12 juillet 2011 à Dominique pour un lien illustratif.

jeudi 30 décembre 2010

Nouveaux pays philatéliques : le Sud-Soudan bientôt, les DOM aussi ?

Dans le courrier des lecteurs de Timbres magazine de janvier 2011, une des lettres ouvertes à l'omni-président-φlatéliste demandent la multiplication des programmes philatéliques d'outre-mer : que Mayotte reste malgré le prochain statut départemental, qu'attendent les collectivités de Saint-Barthélemy et de Saint-Martin... tant qu'on y est : et les quatre départements-régions d'outre-mer ?

Pour les quatre derniers, un carnet de France 2011 semble reporter cette idée à quelques temps. Selon les lieux représentés, ce sera peut-être aussi le cas des deux collectivités-îlots.

Ça signifierait pourtant plus de timbres pour les complétistes françaises... dont certains râleraient certainement encore plus face à l'avalanche continue. L'avocat du diable soulignera néanmoins, qu'au moins, ces timbres ultra-marins auraient certainement un rapport avec leur lieu d'émission, voire même des qualités artistiques plus sûres.

Drapeau du Sud-Soudan
(source : Wikipedia en anglais et sa banque d'images libres Commons).

Plus sûrement, le référendum d'autodétermination du 9 janvier 2011 devrait faire entrer, en juillet 2011, un nouveau pays dans les albums, les catalogues coteurs et les catalogues vendeurs : le Sud-Soudan...

si le vote est pour l'indépendance, si tout se passe bien, peut-être sous un autre nom.

En attendant, le gouvernement du Sud-Soudan a un ministère des Communications et des Services postaux dont les objectifs sont nombreux et plus importants pour le développement de la région que la collection d'images autocollantes (ce qui est rassurant pour la population locale).

Mais, certainement, que le besoin de financer une partie de tout cela (un vaste chantier comme le montre le site encore incomplet du ministère) par le timbre-poste n'aura pas échappé aux autorités... sinon aux marchands du temple qui proposeront impression, assistance à la création, etc. Pour n'évoquer que les hypothèses les plus encourageantes pour le plaisir des yeux et la curiosité des collectionneurs.


7 janvier 2011 : un article de Libération sur les difficultés du Sud-Soudan (les relations militaires avec le Nord, la situation économique des vétérans,...).