Affichage des articles dont le libellé est cinéma. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est cinéma. Afficher tous les articles

dimanche 8 mars 2026

Papier ou numérique : "Aucun autre choix" ?

 Attention au divulgâchage pour ceux qui n'ont ni lu le roman Le couperet de Donald Westlake (1997), ni vu les adaptations cinématographiques de Costa-Gavras (2005) et de Park Chan-wook (2025).


Depuis maintenant un quart de siècle, la démocratisation de l'accès aux réseaux de télécommunication et la capacité de ceux-ci à transporter des données de plus en plus volumineuses et rapidement a lancé ce grand débat de ce qui doit rester sur papier de ce qui peut être relégué à des fichiers numériques.

De là, des conséquences nombreuses ont jailli : effondrement du courrier individuel, développement de la vente individuelle par correspondance...

Mais, comme le rappelle la date de publication du roman The Ax de l'États-Unien Donald Westlake (1933-2008), cela arrive au terme d'une évolution industrielle qui recherche le remplacement de l'ouvrier par la machine... depuis les lourdes charges désormais déplacées par la force de la vapeur jusqu'à l'automatisation avec des robots rendus de plus en plus autonomes par leurs capteurs et les logiciels d'interprétation.

C'est dans ce cadre donc que se place Le Couperet, titre français du roman de Westlake et du film de Costa-Gavras. Pour résumer : un ingénieur papetier, passionné par son métier, le perd dans une des inspirations dont le capitalisme a le secret. Plusieurs mois plus tard, toujours au chômage, le héros décide de rechercher et d'éliminer les concurrents pour cet emploi très spécialisé.

En 1997, la fusion d'entreprises motive le licenciement ; en 2005, c'est la délocalisation de l'usine française vers la Roumanie. En 2025, en Corée, Yoo Man-soo refuse de licencier les membres de son équipe que les actionnaires états-uniens veulent remplacer par l'intelligence artificielle.

Note sur la suite : je n'ai vu en février 2026 que le film franco-coréen... La médiathèque va permettre de mettre les yeux sur le film franco-européen de 2005. Le roman original ou traduit, cela va être plus coton.

Affiche française du film Aucun autre choix de Park Chan-wook, adaptation du roman de Westlake (2025).

Quel rapport entre ce film critique du capitalisme, de la société des apparences et de la consommation, devenant une forme de comédie noire (on ne s'improvise pas assassin) et la philatélie ?

L'expression explicite et répétée de cette passion pour le papier, bien fabriqué, aux qualités choisies selon l'usage,... à l'incompréhension des épouses des chômeurs papetiers qui encouragent vainement leur reconversion professionnelle.

Dès la première scène, le héros apprécie en famille le lot d'anguilles fraîches offert par son entreprise... mais pas le papier utilisé pour écrire le mot de remerciement. Le spectateur comprend rapidement qu'anguilles et papier sont deux indices du drame à venir : il va devoir choisir entre la loyauté envers ses collègues ou rester seule tête humaine à la tête d'une usine intelligente.

La scène de sortie du bureau de poste au tiers du film de Park Chan-wook (2025).

Une fois au chômage et découvrant que les autres entreprises papetières de la région ont des places limitées pour un cadre brillant... Yoo Man-soo décide de retrouver tous les ingénieurs comme lui, identifier ceux meilleurs que lui, et les tuer.

La glorification du papier et de son rôle atteint à ce moment du film son apogée : publication d'une fausse annonce d'embauche pour une nouvelle entreprise papetière, insistant sur le choix de la correspondance écrite, du choix du papier pour celles-ci afin de sélectionner ceux qui maîtrisent véritablement cette production et son importance sociale.

Des enveloppes sans timbres-poste... L'amour du papier a des limites.

Un court moment, le film quitte les villas isolées dans la forêt des papetiers chômeurs... pour le bureau de poste. Le héros en sort avec une débordante masse d'enveloppes arrivées dans une boîte postale. Il déverse le contenu dans les bras de sa fille (personnage étonnant) qui attendait dans la voiture.

Hélas pour les amateurs de timbres-poste : étiquettes à code-barres, timbre préoblitéré de machine à affranchir,...

Le soir, dans sa serre, commence le tri... notamment le dossier du plus grand concurrent avec lettre de motivation tapée sur une vieille machine à écrire après une sélection du papier à lettre le plus approprié à cette mission de retour à l'emploi rêvé.

J'arrête là le récit puisque la suite du film sera les péripéties de trois papetiers, leurs épouses, leurs enfants, un inspecteur de police, de nombreux retournements de situation...


Le film, titré en coréen 어쩔수가없다 (approximativement Je ne peux pas m'en empêcher) et No Other Choice / Aucun autre choix en Europe, a été montré au festival italien de la Mostra de Venise 2025, sorti en Corée du Sud en septembre 2025, et en France le onze février 2026.

mercredi 26 novembre 2025

La France et ses colonies dans The American Philatelist de novembre 2025

  Les timbres et le courrier de France et de son empire colonial sont à la une du journal mensuel de l'American Philatelic Society, The American Philatelist de novembre 2025.

Couverture du numéro de novembre 2025 de The American Philatelist - par contre, pas de Semeuse dans les articles.

Quatre articles géographiquement et de classes variés.

Spécialiste de l'Algérie des origines à la conquête française, Kenneth Nilsestuen propose le récit des dangers posés par les corsaires des côtes algériennes en Méditerranée occidentale du seizième siècle à l'invasion française de 1830, à travers des lettres d'Européens.


Pré-philatélie, philatélie, marques postales : Jere Dutt raconte, avec des courriers puis des émissions de timbre, l'incursion des Européens, puis la colonisation française du Dahomey (actuel Bénin). La flotte de guerre britannique veilla à l'abolition de la traite esclavagiste à partir de 1834, le Parlement de Londres promettant récompenses pécuniaires à ceux qui empêcheraient les navires négriers de quitter l'Afrique de l'Ouest.

Ensuite, dans les années 1880, arrivèrent les forces françaises pour tenter de disposer d'un accès à la région déjà bien occupée par les Britanniques, d'où l'usage de routes maritimes postales de ces derniers.

Suit ensuite les timbres et des exemples de courrier affranchis avec les séries générales des colonies françaises, au nom du Bénin, puis du Dahomey.


Côté poste aérienne, Dan Gribbin se plonge dans l'histoire des vols Air France de l'année 1935, lui permettant d'expliquer le développement de l'aviation civile pendant les années 1930 malgré la Grande Dépression, au début des années 1940.

L'article, richement illustré d'enveloppes circulant entre trois continents, est captivant en rappelant donc les étapes qui ont mené à l'aviation connue dans la seconde moitié du vingtième siècle, notamment le développement des aérodromes, diminuant de manière importante le recours aux hydravions.

Néanmoins, il signale que ceux qui tenteraient d'assembler un courrier par vol de la compagnie française dans l'Atlantique Sud entre 1931 et 1940 - 511 d'après Pierre Labrousse en 1974 - se fâcheraient avec leur banquier, leur ophtalmologiste et leur conjoint, et pas forcément dans cet ordre.

Les héros vont-ils réussir à prendre cet avion avant un drame ? (capture d'écran du film Casablanac)

Il termine son récit par une anecdote dans la réalisation du film Casablanca (1942) dont la fin montre un avion à destination de Lisbonne, escale pour les héros, vers l'Amérique avec la compagnie PanAm. Comment cet avion a-t-il pu être filmé dans un studio devenu trop petit pour faire entrer ce genre d'appareil dans les années 1940. Autre signe des rapides progrès des objets plus lourds que l'air.

Cette ouverture cinématographique sert de bande-annonce à la collection d'accessoires hollywoodiens, imitant timbres-poste et courrier, assemblée par Thomas Richards.


Vous remarquerez que les auteurs assemblés par la rédactrice-en-chef explorent l'espace philatélique et postal français loin des sentiers convenus.

Ainsi, l'étude de Bruce Arlen Wasserman se concentre sur l'enveloppe circulant entre des Virginiens et un soldat de l'Armée des États-Unis, alors inaccessible puisque parti à l'offensive dans la seconde bataille de la Marne, entre le printemps et l'été 1918.

L'objectif allié était de repousser vivement les troupes allemandes renforcées par les contingents orientaux libérés par la paix de Brest-Litovsk avec la Russie, signée le trois mars, en profitant des renforts états-uniens arrivant progressivement depuis une année.

Récit des opérations, photographies retrouvées dans les archives numérisées du gouvernement des États-Unis, journaux d'époque également numérisés, permettent d'expliquer la tardive remise de cette lettre au soldat au début de l'automne.


En dehors de l'espace français, deux articles évoquent les droits de douane autant des premières années d'indépendance d'une nation en quête de finances, puis en tentant d'interpréter les règlements de l'Administration Trump sur la circulation commerciale de timbres-poste et de biens de collection philatélique.

Il semble que les hauts fonctionnaires ont constaté l'absurdité des taxes par pays d'arrivée, imposée du Bureau ovale, sur des objets qui ont une transmission qui les éloigne progressivement du pays de fabrication ou d'émissions. En plus de causer des sueurs froides aux organisateurs de l'exposition mondiale de Boston 2026 sur l'entrée des collections et des marchandises aux États-Un

jeudi 8 mai 2025

Les Farmerettes de l'Ontario : la Victoire par la discrète insouciance

 Autre pays qui honore ses habitants pour l'effort de guerre et à la victoire contre le nazisme et l'impérialisme japonais entre 1939 et 1945, le Canada a rappelé le rôle des agriculteurs lors de Première Guerre mondiale et de jeunes femmes volontaires pendant la Seconde.

L'enveloppe premier jour éditée par Postes Canada pour le timbre Farmerettes de 2024.

En Ontario, à partir de 1941 et encore plusieurs années après-guerre, une organisation provinciale a encouragé les jeunes femmes de plus de seize ans a se porter volontaire dans les fermes de fruits et légumes du sud-ouest et de la région du Niagara, manquant de main d'œuvre masculine partie soutenir les autres membres du Commonwealth.

Les Farmerettes, souriantes en tenue sportive sous le soleil sur la photographie choisie pour le timbre émis le vingt-huit octobre 1914, sont une redécouverte régulière depuis les années 1990 pour les journaux et médias locaux de l'Ontario, grâce au souhait d'une ancienne Farmerette devenue journaliste, Shirleyan English.

En 1995, elle a écrit un article sur ses souvenirs de cette jeunesse insouciante, plus heureuse de sécher les évaluations du lycée que consciente des enjeux du conflit global, qui lui ramena trois cents courriers d'anciennes volontaires.

Désormais, ce ne sera plus une découverte puisque Shirlevan English a contacté Bonnie Sitter dans les années 2010. Cette dernière, écrivaine, rangeait les souvenirs de son défunt mari quand elle retrouva la photographie de jeunes femmes assises sur le marche-pied d'un véhicule, dans la ferme familiale, près de London et du lac Huron.

Sitter écrivit à un journal du secteur pour savoir qui étaient ces « Farmerettes 1946 » et c'est English qui lui répondit.

En 2019, elles ont publié Onion Skins and Peach Fuzz: Memories of Ontario Farmerettes (« Pelures d'oignons et velours d'abricot: Mémoires des Farmerettes de l'Ontario », images de la peau de ces jeunes femmes et des conséquences des coups de soleil).

La photographie de 1946 retrouvée par Bonnie Sitter (capture de We Lend A Hand, 2025) : photographies aussi anciennes... admissible en classe ouverte ?

En 2024, lorsque l'article de CBC News est publié le onze novembre 2023, une pièce de théâtre par Alison Lawrence était en préparation sur cette expérience pour être jouée à l'été 2024, ainsi qu'un documentaire présenté au Festival du film documentaire Junction North, en Ontario, début avril 2025 : We Lend a Hand (« Nous avons donné un coup de main »). Dans celui-ci, le réalisateur Colin Field a interroger vingt anciennes Farmerettes, désormais âgées de plus de quatre-vingt-dix ans.

Le livre semble pouvoir être commandé auprès de Bonnie Sitter par ici. Le documentaire est proposé en festival et, sur demande, des projections sont organisables en Ontario.

vendredi 28 mars 2025

"Flow, le chat qui n'avait plus peur de l'eau" célébré sur timbre en Lettonie

 Un phénomène à fantasme de comptable hollywoodien : 3,5 millions d'euros de budget, plus de 33 millions de revenus en vente de tickets en Europe, toutes les Amériques et jusqu'en Inde et au Vietnam !!! 

L'énième épisode des Marvel Studios qui pense vendre de l'audio-visuel comme on vend des comics multi univers ? Non. Un film comique français avec des gags répétitifs qui ne font plus rire que ceux qui n'ont pas évolué depuis leur adolescence délinquante et machiste des années 1960 ? Pitié.

Le timbre oblitéré premier jour le vingt-sept février 2025 à Riga, en Lettonie.

Non, il s'agit de Flow, Straume en letton.

Un film d'animation, sans personnage ni parole humaine, aux personnages animaux non authropomorphiques, subissant une crue aussi destructrice que mystérieuse pour eux que pour le spectateur, au milieu de constructions vidées d'une civilisation humaine (?).

Une partie d'entre eux se retrouvent sur une arche - un banal voilier - à l'équipage éclectique : un capybara en mode optimal d'économie d'énergie, le chat-héros perdu et méfiant, un maki-catta cleptomane et égocentré, un labrador un peu con... un chien quoi.

Et un oiseau : un messager sagittaire blessé... qui paraît en savoir plus que ses compagnons de mésaventure, vouloir les aider, mais hautain dans les deux sens du terme.

L'enveloppe premier jour créée par la poste lettonne, avec quatre des compagnons de voyage du chat noir.

Aidé par le financement de producteurs belges, français et lettons, l'animateur et scénariste Gints Zilbalodis atteint la célébrité avec ce film indépendant en tout : l'intrigue, les personnages, le ou les sens de l'histoire... Tout peut être compris comme il le souhaite par le spectateur.

Indépendant : Zilbalodis et son équipe ont utilisé un logiciel libre d'animation, Blender ; libre au sens d'une grande liberté de droit d'utilisation du programme et de ses possibilités. Certes, des aplats de couleurs peu habituels en 2024, mais un film neuf.

Face aux grosses productions Disney-Marvel, devenues répétitives et répétées pour les classiques de Walt, la lente émergence de Flow parmi le public depuis une des sélections du Festival de Cannes en mai 2024, des prix des professionnels et du public en festivals d'animation, une sortie en cinémas français d'auteurs Utopia pendant l'été, puis à partir de fin août les successions de sorties nationales en Lettonie, France,...

La poste lettone, Latvijas Pasts, émet sur timbre de 2,54 euro un des visuels promotionnels du film sur timbre : le chat noir sur fond des paysages de cette mystérieuse forêt et de ces ruines culminant en pointe vers le ciel.

La date n'est pas par hasard : le vingt-sept février 2025 ouvre la période de cinq cérémonies de récompenses connues internationalement et pour lequel le film est sélectionné comme meilleur film d'animation et meilleur film étranger !!!

Les cinq prix sont obtenus en animation depuis le César en France jusqu'à l'Oscar aux États-Unis.

Avec l'ensemble des nominations et des prix obtenus en festival spécialisé et récompense nationale, la Wikipédia en anglais a pu en détacher une liste de l'article sur le film.

Timbre allemand de 2017 pour les cinq cents ans de la Réforme, lancée par Martin Luther.

Les critiques de cinéma, les éditorialistes des différents journaux ont donné les idées principales qu'offriraient le film aux spectateurs...

Après l'avoir vu et [pas de divulgâchage] m'être interrogé sur certains aspects précis, j'ai eu une interprétation personnelle en découvrant que l'auteur était letton, donc d'un pays de tradition luthérienne.

Au début du seizième siècle, en opposition du message de l'Église catholique que les actions personnelles permettent sur constat des clercs le pardon des fautes (notamment en monnaie sonnante et trébuchante offerte directement à l'Église de la Renaissance riche de peintures et d'architecture monumentale dans les palais de Rome), Luther repart du texte biblique : seul Dieu décidera des bons et des mauvais au Jugement dernier.

Les différents courants issus de la Réforme étant plus ou moins optimiste sur la volonté de Dieu, le rôle des actions, quand la décision de Dieu est prise, etc.

De là, certaines actions des animaux du film prendraient une tournure religieuse : la foi, la cruauté de ceux qui pensent être supérieurs par ... , la nécessité de la confiance en ... pour ceux qui n'ont que cette foi de l'action pour espérer sauver les autres et se sauver soi-même, etc. Les points de suspension sont à compléter selon les réflexions de chacun.

Ceux qui ont vu une dernière et pitoyable scène du film comprendront que le personnage le plus fidèle... Et on revient alors à la scène d'une des rares espèces encore en groupe... Et ce chat noir qui se croyait satisfait isolé et ... dans ce groupe bigarré...

...

Revoir Flow, le chat qui n'avait plus peur de l'eau.


Compléments du mardi vingt-deux avril 2025 :

Les récompenses printanières nord-américaines et européennes du film ont rendu un peu fou les entreprises qui se promeuvent avec Flow / Straume : sculpture du chat sur un mur en plein centre touristique de Riga, ballon gonflable géant chez un pays voisin, etc.

Un point de retrait-dépose colis automatique à Riga, vu le réseau social X.

En mars 2025, Latvijas Pasts, la poste lettone, a même décoré un de ces grands blocs automatisés de retrait de colis mi-noir, mi-affiche du film.

Annonce de la diffusion gratuite et massive du film sur Zócalo, à Mexico, le trente avril 2025 (capture d'écran d'un message temporaire du créateur du film sur Instagram).

L'engouement est tel que le mercredi trente avril prochain, jusqu'à deux cent mille personnes pourront voir le film projeté sur la place de la Constitution ou Zócalo, au centre de Mexico.

Apparemment, le créateur du film imagine son héros aussi haut que le mat portant le drapeau mexicain et les tours de la cathédrale métropolitaine.

lundi 25 décembre 2023

KLAUS ou l'invention postale du Père Noël

 En novembre 2019, Netflix a sorti dans quelques salles de cinéma et, principalement, sur son site de vidéo à la demande, son premier film d'animation : Klaus, réalisé et inspiré d'une histoire de l'animateur et créateur de personnages espagnol Sergio Pablos.

Un fond d'écran résumant l'intrigue de Klaus avec les deux clans en affrontement, mais leurs enfants découvrant l'intérêt du courrier.

Dans un royaume scandinave imaginaire, Jesper Johansen échoue à l'Académie postale car il pense qu'en tant que fils du maître général des postes royales, il pourra vivre une vie de privilégiée sans travailler. Le ministre décide de le diplômer tout de même et de le nommer à Smeerensburg, une île isolé au nord, sur laquelle se trouve un village de pêcheurs, misérables autant par leur niveau de vie que par la haine ancestrale en deux grands clans familiaux.

S'il veut revenir à son style de vie préféré, Jasper doit parvenir à faire expédier six mille lettres en un an par les habitants... dont l'école a été reconvertie en poissonnerie par Alba, une institutrice désenchantée depuis son arrivée. Seule, vivant sur la banquise, une enfant sámi semble accueillir avec plaisir le nouveau facteur, mais sans savoir ni parler, ni écrire la langue du royaume.

Enfin, dernier espoir de Jasper, un bûcheron-menuisier vit reclus dans les montagnes. Prenant son courage à deux mains et espérant enfin trouver un client pour le service postal, Jasper accomplit le périple et entraîne involontairement de grands bouleversements sur l'île et sa banquise.

Jasper en pleine cogitation dans son misérable bureau de poste : pèse-lettre, cases de tri servant de poulailler.

Pour les amateurs de technique d'animation, Sergio Pablos et Netflix ont eu la volonté de revenir à l'animation traditionnelle tout en la modernisant, notamment à l'aide de petits studios novateurs tel Les films du Poisson Rouge à Angoulême, en Poitou-Charentes.

Pour les petits, c'est un véritable conte de Noël qui se développe progressivement, étape par étape, avec juste ce qu'il faut de magie pour faire avancer Klaus, sans tomber dans le fantastique. Il faut, en effet, toutes les stratégies marketing de Jasper pour que les enfants se lancent dans ce fol espoir de découvrir quelque chose de différent : écrire, payer un service postal, aller à l'école pour les illettrés, apprendre à rendre service dans une société d'adultes immorale.

La scène d'ouverture : un tas de lettres affranchies.

Côté philatélie, peu de choses, les plans permettent seulement de reconnaître des compositions de timbres classiques monochromes ou à deux couleurs, notamment dans la scène d'introduction provocatrice : le manque actuel de correspondance écrite faisant reflet à la lettre annuelle à l'homme au manteau rouge...

La carte du royaume : le sergent-instructeur et le maître des postes au sud, Jasper du côté nord où une île se trouve encore plus au nord.

Côté service postal, les amateurs sont servis. En deuxième partie d'introduction, l'Académie postale montre les différents aspects de la poste historique : le tri, le port précautionneux des colis, l'équitation, la marche d'endurance, etc.

Le modeste bureau de Smeerensburg dispose du nécessaire postier : le comptoir, le pèse-lettre, des timbres-poste, un casier à lettres. Les maisons de nombreuses boîtes aux lettres... toutes trop petites pour les colis destinés aux enfants.

La couverture de la bande originale par Alfonso G. Aguilar (disponible sur YouTube).

Musique et humour. Si la musique est majoritairement instrumentale et adapté à un film d'animation, deux chansons apparaissent, dont un rap Don't Mess With The Postman (« Ne plaisante pas avec le facteur » dans sa traduction la plus soutenue) dont le contexte a pu être capturée pour les plus impatients et ne craignant pas le divulgâchage du fonctionnement du scénario.


Un joli conte postal et optimiste de Noël.

dimanche 5 mars 2023

Le quatre mars 2023 dans le monde la philatélie

Des nouvelles philatéliques et variées du quatre mars 2023.


Où en est le rêve panafricain ?

L'article illustré philatéliquement dans l'édition du quatre mars 2023 de The Continent.

Dans son numéro 118 du samedi quatre mars 2023, l'hebdomadaire panafricain The Continent résume le tumulte provoqué par les propos du président tunisien du vingt-et-un février sur les migrants sub-sahariens ; propos qui ont suscité des émeutes racistes début mars... L'humain différent, le bouc-émissaire idéal alors que les Tunisiens approchent d'un référendum constitutionnel.

Pour illustrer l'article et son fil Twitter, The Continent rappelle par les timbres que la République tunisienne a été panafricaine en émettant deux timbres pour la Journée de l'Afrique, le quinze avril 1961, date anniversaire du premier congrès des États africains indépendants au Ghana.


#postboxsaturday

Depuis plusieurs mois, les amateurs de la poste échangent leurs photographies de boîtes aux lettres de rue sur les réseaux sociaux avec le mot-dièse #postboxsaturday.

Boîte aux lettres de la poste du Sri Lanka, au monogramme d'Edward VIII (via Twitter).

Ce samedi quatre mars, The Letter Box Study Group a proposé une boîte rarissime : une boîte srilankaise au monogramme du Roi Edward VIII... Déjà qu'au Royaume-Uni, environ cent cinquante boîtes à ce monogramme ont pu être placées entre septembre 1936 et les premières semaines de 1937,... alors dans une colonie indépendante depuis 1948 et une république depuis 1972.


Imaginaire #postboxsaturday

Extrait du film Shrek 2 repéré par Ken Polsson (via Twitter).

Ken Polsson a observé une boîte imaginaire pour ce samedi quatre : celle de la FFAPS, la Far Far Away Postal Service. Le Service postal [du royaume] Fort Fort Lointain de la série de films d'animation Shrek.

mercredi 23 février 2022

Cartes postales à clef dans Uncharted le film

 Ce blog a plusieurs fois montré comment l'esthétique de la carte postale touristique apparaît régulièrement dans les jeux vidéos - entre mémoire de la génération des créateurs, adaptation à la chronologie de l'histoire ou esquive du téléphone portable ? Relisez les mini-articles sur Just Cause 3, Céleste, The Church in the Darkness, Yakuza 0 et Yakuza Kiwami.

Cette fois-ci, les cartes postales servent l'intrigue d'un film inspiré d'une série de jeux vidéo, un genre d'adaptation qui depuis trois décennies a très mauvaise réputation... Transposer un univers où le joueur est mis en action à une heure trente de spectacle passif... est une tâche ardue surtout quand la production vise davantage à utiliser le médium film pour vendre les deux derniers épisodes ressortis sur PlayStation 5 en janvier et bientôt sous Windows.

Mercredi seize février 2022 est sorti en France et le dix-huit aux États-Unis Uncharted au personnage principal, Nathan Drake, interprété par Tom Holland (Spider-Man dans les films Marvel), et son mentor Sully par le vétéran Mark Wahlberg.

Les jeux et le film ont le même principe : le héros aventurier part à la recherche de trésors mythiques en concurrence avec l'ensemble des mercenaires et milliardaires mafieux du monde. Le film jouant sur les origines du héros : orphelin, il a été élevé dans un orphelinat religieux avant la fugue de son frère. On le retrouve jeune barman pickpocket à New York.

Nathan et Chloe, une complice volatile, relisant les cartes de Sam Drake à la quête d'indice pour leur quête (via ScreenRant.com).

C'est là que Sully l'embauche pour retrouver un trésor mythique : l'or que Magellan ou El Cano dut cacher près de l'endroit où Magellan mourut lors du premier tour du monde, au seizième siècle. Mon « ou » est dû à l'écriture du film supposant des raccourcis scénaristiques qui font passer les Indiana Jones pour l'équivalent des Rougon-Macquart.

Divulgâchages aidant, Sully connaît les atouts généalogiques de Nathan et sa passion des trésors grâce à Sam avec qui il travaillait sur ce trésor. Là où cinq jeux vidéo auront eu le temps de faire découvrir tranquillement l'histoire aux joueurs, le film bâcle en quelques instants : Nathan et Sam seraient les descendants du corsaire et explorateur Francis Drake.

De la découverte de cette relation entre Sully et son frère, Nathan déduit que les cartes postales envoyées par ce dernier retrace ses parcours à travers le globe et pourraient cacher des indices précieux sur les dernières étapes menant au trésor espagnol dans les Philippines (?).

Montrée en introduction du film et retrouvée par le héros avant l'acte final, l'écriture sympathique sur carte postale d'Espagne (via GamesRadar.com).

Soit vous avez le temps et l'argent pour une séance, soit vous attendez le DVD ou la vidéo à la demande, pour voir les détails mis par les accessoiristes dans la création de ces cartes du monde entier : vues touristiques, timbres, oblitérations, surtout pour celles montrées en gros plan d'Espagne, de Jordanie. Une étude à mener dans quelques temps donc.

Sur les adaptations croissantes de jeux vidéo au cinéma et en séries télévisées, le hasard propose, ce mercredi matin vingt-trois février, une chronique Et maintenant ? de Quentin Lafay dans l'émission matinale de France Culture à ce sujet avec l'aide de Bérénice Bonhomme de l'Université Jean jaurès et de l'E.N.S.A.V., École nationale publique de cinéma de Toulouse.

Il ne reste plus qu'à espérer que les prochaines adaptations soient plus convaincantes... Un des reproches au film : le héros emploie une seule fois une arme à feu, un peu accidentellement et mal... ayant la chance de la gravité - deux séquences fort audacieuses - pour tuer les mercenaires à ses trousses. Dans les jeux, c'est une armurerie sur pattes : un film tranquille pour convaincre les parents de laisser leurs enfants jouer à un jeu mature ?

vendredi 15 juin 2018

Une tourte de pelures épistolaires devenue film guernesiais

Sorti ce mercredi treize juin 2018 en France, Le Cercle littéraire de Guernesey n'est certes pas prêt d'entrer au panthéon du cinéma, mais en période pré-estivale, peut concilier un temps mémoire de l'Occupation, besoin de douceur dans un monde de brutes et pré-réservation d'un séjour dans les îles Anglo-Normandes.
L'affiche française du film reprenant l'illustration façon histoire postale des couvertures du roman, et insistant sur l'aspect choral du film : vous retrouverez bien une actrice ou un acteur britannique qui vous est connu (via le site web de Première).
Juste après la fin de la Seconde Guerre mondiale, en 1946, la fiction suit Juliet Ashton, une jeune auteure londonienne, qui a fait fortune par l'écriture de chroniques patriotiques sous un pseudonyme masculin. Tout lui réussit, même l'amour d'un officier états-unien.

Jusqu'à l'arrivée surprenante d'une enveloppe portant les timbres du baillage de Guernesey, laquelle contient la lettre d'un éleveur de l'île. Ayant trouvé l'adresse dans un livre d'occasion et la lecture ayant permis à son groupe et lui de tenir sous l'Occupation allemande, il demande le service de l'adresse d'un libraire de la capitale pour trouver un livre en particulier.

Curieuse du nom de ce groupe, la fameuse Société de littérature et de tourtes d'épluchures de patates de Guernesey, mensonge initialement créée pour justifier une violation du couvre-feu au cours duquel un cochon rôti échappa à l'armée allemande.
Les couvertures britannique et française du roman (via les sites Amazon).
Comme le roman, de Mary Ann Schaffer et sa nièce Annie Barrows, dont il est inspiré, le film insiste sur la relation épistolaire, ce qui réjouira les philatélistes. Cependant, le film suit directement l'héroïne à Guernesey et ses passages au bureau de poste pour les coûteux appels à son impatient agent londonien.

Le roman, dont le film peut servir d'introduction - là, je suis d'accord avec M. Sotinel du Monde, point de « j'ai déjà vu le film », est la relation épistolaire quasiment quotidienne entre les protagonistes londoniens et guernesiais au fur et à mesure que Juliet enquête sur l'Occupation allemande... forçant les mémoires à s'ouvrir difficilement - c'est un des reproches adressés au film d'ailleurs : lui-même montre difficilement ses souvenirs malgré de nombreux flashbacks.
L'émission du 28 juillet 2011 consacrée au roman par Guernsey Stamps.
Avec le tournage de ce film - dont l'office du tourisme de l'île est un partenaire - et sa sortie britannique en avril dernier, The Guernsey Literary and Potato Peel Pie Society peut devenir une collection thématique en lui-même : couverture timbrée et oblitérée, émission d'une série à Guernesey en 2011, d'un souvenir avec ces timbres et une oblitération spéciale en avril 2018,...
Le souvenir émis pour la sortie du film en avril dernier (fil Twitter du service philatélique de Guernesey).
... et les amateurs de porc rôti, d'élevage porcin, de l'histoire de la Seconde Guerre mondiale, de l'île de Guernesey et ses paysages, des longues et continues correspondances d'antan complèteront les nombreux panneaux d'exposition.

mardi 17 avril 2018

Quinze premiers jours d'avril en Philatélie

L'avantage d'un réseau social aux participants mi-professionnels, mi-amateurs comme Twitter est de continuer à suivre l'actualité ou de découvrir des connaissances nouvelles alors que je n'ai en ce moment peu de temps pour écrire sur ce blog.

Questionnement métaphysique autour de l'oblitération au feutre :
À force de recenser les annulations de timbres britanniques au stylo ou au feutre par les postiers et facteurs de Royal Mail, Ian Billings se demande le samedi trente-et-un mars si les timbres d'entraînement du Post Office vendus comme tels par les marchands, ne seraient pas de banales oblitérations au feutre - quoique réalisées d'une ligne bien droites verticalement ou horizontalement au milieu du timbre.



Film épistolaire à Guernsey :
À l'occasion de la sortie de l'adaptation cinématographique du roman de Mary Ann Shaffer et Annie Barrows le vingt avril prochain outre-Manche, le service philatélique de Guernsey met en vente des souvenirs avec oblitération spéciale de sa série de timbres de 2011.


À travers un échange épistolaire entre deux amies, The Guernsey Literary and Potato Peel Pie Society raconte comment un groupe d'Îliens parvient à berner l'occupant allemand sous couvert d'une société litéraire où ils partagent lectures et tarte d'épluchures de patates.

Pour un rappel des tragédies de l'occupation nazie des îles Anglo-Normandes, revoir la conférence de Ron Brown à la Royal Philatelic Society London en septembre 2016.

Histoire postale française de part le vaste monde :
Le mercredi quatre avril, l'Indien Mani Muthukrishnan signale une enveloppe, pièce pionnière des tout premiers vols de poste aérienne. En 1911, le pilote français Henri Péquet la transporte, avec quelques milliers d'autres, sur treize kilomètres en treize minutes entre Allahabad et la gare de Naini, dans le cadre de l'exposition universelle, avant qu'elle ne parte rejoindre Zürich par les moyens plus habituels de l'époque.



Nouvelle illustrée entre curiosité, inquiétude et Blair Witch Project :
On découvre aussi, hors philatélie, de petites pépites d'inventivité utilisant tous les atouts de l'outil twittant : le vendredi treize avril, Gawanmac raconte une courte randonnée dans une forêt grand-bretonne dans le but de découvrir quel lieu de culte se trouverait au milieu de la campagne.


Simple marche en forêt vers une chaleureuse petit église rurale ou errance au risque de croiser les sorcières d'Hamlet ? Labyrinthe sylvestre sans conséquence du dernier Legend of Zelda ou plonger dans l'effroi du Projet Blair Witch ?

Correspondre tu t'obligeras, une réponse viendra :
Plusieurs exemples de correspondances parviennent dans la presse ou les réseaux sociaux, à la surprise des destinataires et même des expéditeurs : écrire une lettre sur du vrai papier authentique à un magazine de jeux vidéos, remercier un auteur de bande dessinée pour les émotions qu'il offre et recevoir un dessin dédicacé (lire aussi dans Ouest France).

mardi 11 octobre 2016

Des timbres-poste dans le film Miss Peregrine et les Enfants particuliers

Ce n'est hélas pas un des films du siècle, même s'il dépasse très largement la production habituelle hollywoodienne : Miss Peregrine et les Enfants particuliers réalisé par l'excellent Tim Burton, adaptant le premier roman d'une série entamée en 2011 par Ransom Riggs.

Rêves et cauchemars enfantins, jeunes enfants spéciaux (mais ne le sont-ils... Ne le sommes-nous tous pas ? ;), enquête et mystères, et boucles temporelles pour quelques paradoxes entre la Floride actuelle, une île galloise isolée et la station balnéaire de Blackpool en pleine Seconde Guerre mondiale.


Pourquoi ce hors-philatélie ? Parce que le courrier joue un rôle, et même deux enveloppes timbrées sont omniprésentes, chacune sa scène dans la première moitié du film.

L'une entre Miss Peregrine vers le grand-père du héros est ornée d'un magnifique Machin bleu foncé et oblitéré d'un cachet rond (où est le réalisme des impressions jet d'encre pourries de Royal Mail ?!), et c'est fou comme elle tourne et retourne l'enveloppe dans ses mains.

L'autre, victime d'un vol innocent, a voyagé en sens inverse avec ses deux timbres des États-Unis. Moins visibles à l'écran, je pense qu'un d'entre eux représente un oiseau. Peut-être l'élément totémique de Miss Peregrine ?

Il faudra lire - ou, d'après la pyramide des âges des philatélistes, faire lire aux jeunes - le roman pour savoir si le courrier ponctue davantage le roman original.

Roman qui est une ode aux collectionneurs (et coïncidence, à mon guide mexicain des classes ouvertes de samedi), puisque l'écrivain voulait créer un récit organisé autour d'une collection de photographies anciennes, mais existantes... D'où « les enfants particuliers » inspirés des « monstres de foires » d'antan, mais protégés par Miss Peregrine.

Autre coïncidence avec ce blog, l'actrice Allison Janney, co-héroïne de The West Wing évoquée ici en septembre, joue le rôle d'une psychologue qui tient dans ses mains la lettre au Machin.