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samedi 9 juin 2018

Il n'y a pas que les philatélistes qui le savent

À force de lire et chercher sur des pays et colonies disparues, des étrangetés géopolitiques actuelles et autres amusements du philatéliste et de l'historien postal, on en oublierait que d'autres curieux ou professions maîtrisent des connaissances peu communes.

Le dollar des Détroits

Spirou est décidément un magazine hebdomadaire de bandes dessinées plein de surprises : dans les récents albums publiés par épisodes, un a plongé le lecteur dans la Malaisie britannique des années 1930.
Couverture de la treizième aventure de Théodore Poussin (site de l'éditeur Dupuis).
Dans Le Dernier Voyage de l'Amok, publié par Dupuis, l'aventurier Théodore Poussin prépare silencieusement sa vengeance depuis Singapour, « l'île du [mer]lion ». Sous la plume de Frank Le Gall, le parcours - mystérieux pour ses compagnons et le lecteur - le conduira de nouveau vers les îles Riau, situées entre la péninsule malaise et Sumatra (et partie de l'Indonésie actuelle).

Dès les premières rencontres de l'album, sont évoqués les « dollars du Détroit », la devise coloniale des Établissements des détroits, les Straits Settlements, qui permettaient au Royaume-Uni de régenter les royaumes de la future Malaisie et de veiller à la sécurité d'un point de passage stratégique entre l'extrême-orient et l'Empire des Indes.
Vu après l'écriture de cet article : ce billet d'un dollar des Détroits de 1940 a été vendu près de sept mille neuf cents dollars des États-Unis en juin 2018 (trouvé via MegaMiniStore.com). Ajout du jeudi cinq juillet 2018.
Ce dollar fut remplacé par le dollar malais en 1939.

Au-delà du Dniestr, le pays qui n'existe pas

Le samedi dix-neuf mai 2018, sur la chaîne culturelle Arte, le numéro du Dessous des cartes fut consacré à la Transnitrie, la république indépendantiste pro-russe, qui s'est séparé de la Moldavie.

Situé sur la rive gauche du fleuve Dniestr, la fine bande de territoire fait partie des républiques auto-proclamées protégées par la Russie et qui permet de gérer les anciennes républiques soviétiques quand elles se tournent trop vers l'Occident. Pour la Moldavie : le cas d'une unification avec la Roumanie.

On se souviendra que les timbres des deux républiques du Donbass ukrainien a fait l'objet de plusieurs articles philatéliques en France entre septembre et novembre 2017.

L'émission est disponible au visionnage gratuitement jusqu'au mercredi dix-huit juillet 2018.

Trouvé début juillet, une carte en français de la Moldavie avec la Transnistrie mise en valeur, grâce au site de conseils aux voyageurs du ministère français des Affaires étrangères :
La Moldavie (en jaune clair) et la Transistrie (en orange) sur une carte de France Diplomatie. Un peu de Paint.NET et la légende est faite. Licence d'utilisation Creative Commons en plus ! By-nc-nd... Aïe, on a le droit de réutiliser cette image, mais sans la modifier, sans usage commercial... Nos impôts...
Enfin, à Cuba

Après une période d'essai technique suite à la reprise des contacts diplomatiques entre les États-Unis d'Amérique et Cuba, la poste cubaine a annoncé, dans un communiqué du premier juin, que les services postaux entre les deux pays ont désormais pleinement repris.

dimanche 15 octobre 2017

Hasta la victoria sempre. Amen.

En une semaine d'octobre, An Post a réussi une audacieuse figure φl@télico-politico-religieuse qui a placé le timbre-poste dans les médias de très nombreux pays tout en satisfaisant les plus modestes des Irlandais. Et, trèfle à quatre feuilles sur le leprechaun, parvenir à respecter la logique des anniversaires commémoratifs.
Centenaire des révolutions russes... centenaire de l'insurrection de Pâques 1916... et un photographe irlandais (boutique d'An Post : épuisé).
Le jeudi cinq octobre, est émis un timbre d'un euro pour le cinquantenaire de l'assassinat du révolutionnaire communiste argentin - ou de la libération du monde d'un terroriste criminel de guerre cubain pour le lecteur bourgeois - Ernesto « Che » Guevara.

Effigie noire au visage blanc et étoile jaune, l'agence Red & Grey a mis en rouge la réinterprétation noir et blanc de 1968 par l'Irlandais Jim Fitzpatrick de la photographie icônique du Guerrier héroïque prise en 1960 par le Cubain Alberto Korda.

Pourquoi le Che commémoré sur un timbre d'Irlande se demandent journaux et participants de réseaux sociaux ?

Son arbre généalogique ayant des racines irlandaises ? Le fait qu'alors ministre cubain, il a passé une longue escale due au mauvais temps à l'aéroport de Dublin en 1964 ? La nationalité de l'artiste toujours aussi engagé et moderne (sur Twitter et Instagram) ? Souhait de participer à la thématique centenaire de la Révolution d'Octobre ? Neutralité politique d'An Post qui avait besoin d'un quota d'extrême-gauche ?

La citation attribuée au père d'Ernesto m'amuse davantage : « Dans les veines de mon fils coule le sang des rebelles irlandais ». Ce timbre serait donc une provocation envers l'envahisseur anglais :)

Le résultat fut immédiat : articles et débats donc publicité gratuite, d'où vente très rapides du tirage de cent vingt-deux mille timbres, avec nécessité d'un nouveau tirage pour servir les abonnés.

Mais alors quel timbre à message fort reste-t-il disponible pour les malheureux Irlandais arrivant trop tard dans leurs bureaux de poste ?
Une autre icône sous la forme d'une statue : photographie par un archevêque, mise en forme par un diacre (boutique d'An Post).
Le timbre Postcrossing bien sûr !

Ou depuis le jeudi douze, celui du centenaire des apparitions de la Vierge Marie à Fátima, au Portugal... La poste irlandaise est ouverte au monde ce mois-ci.

Marie, mère d'un autre révolutionnaire des relations entre Dieu et ses fidèles par la réinterprétation fort débattue alors de ses règles et dont le sacrifice a marqué des générations - ou une affabulatrice adultère dont le récit accaparé par l'Église permet de vendre de l'opium aux prolétaires depuis deux mille ans pour le lecteur « bouffeur de curé ».

C'est sûr que ce timbre permet davantage une réflexion lentement mûrie, la méditation, l'inspiration de simples et invisibles actions bénévoles de celles qui soulagent un peu le quotidien des autres...


... Reste à trouver comment, dans notre monde de corporations déshumanisantes poussant à la sur-consommation et aux dirigeants politiques susceptibles de causer des conflits meurtriers, parvenir à trouver comment le Che et la Vierge peuvent nous inspirer une durable réforme ni trop hâtive, mais ni trop lente des comportements de notre espèce sur la seule planète qui lui est disponible.

dimanche 17 juillet 2016

D'une tragédie nationale, nos politiciens font des farces...

Billet d'humeur
Encore une fois le malheur frappe la France et tous ses habitants.

Encore une fois un de nos politiciens ouvre sa grande gueule, non pour proposer une solution possiblement efficace à court et long terme. En effet, ce genre de solution a l'inconvénient médiatique de devoir être pensée en système de solutions, longues à mettre à place, comprenant atouts et contraintes simultanément, fastidieux à expliquer à une opinion publique dont on s'efforce par ailleurs de détruire l'esprit critique depuis la casse du système scolaire jusqu'à l'organisation de référendums sans éducation préalable...

Donc, après l'établissement d'un bagne aux Kerguelen par Dupont-Aignan, voilà l'emploi de lance-roquettes en théâtre urbain par Henri Guaino, avec une deuxième couche hier... Une idée qui doit pouvoir tenir en cent quarante caractères : le nouveau jeu à côté des mots croisés dans votre journal, résumer en un tweet la proposition politicienne du jour.
Timbre récompensant les joueurs tueurs de chars dans Battlefield 1943 (studio suédois DICE, distribué par Electronic Arts via le Wikia du jeu).
Visiblement, quant Valérie Pécresse et d'autres critiquent les effets fantasmés des jeux vidéo, Guaino doit y jouer en cachette et confond jeu vidéo de tir à la première personne (FPS) et réalité.

Certes, avec son action, il mériterait ce timbre du jeu multijoueur en ligne Battlefield 1943 de 2009 où une vingtaine de joueurs peuvent s'affronter en incarnant soit des soldats états-uniens, soit des soldats japonais dans différents scénarios inspirés de batailles de la guerre du Pacifique.

Pour les collectionneurs errinophiles, il y a toute une panoplie de ces vignettes immatérielles, et pour les plus grandes actions réalisées dans le jeu : des cartes postales de propagande.
L'idée de l'élu de droite incarné par le seul timbre trouvé : Cuba, 1965 dans une série sur les armements exposés au Musée de la Révolution... (colnet.com).
Pour les simples citoyens comme moi qui s'interrogent sur les règles d'engagement des forces de l'ordre dans ces situations... Glacial... Non seulement, je m'interroge déjà sur que faire quand je traverse à pied ou en transport en commun certaines zones très foules... que je suis dans l'effroi en imaginant être cloîtré dans un lieu tenu par un terroriste et où une libération se fera par une intervention policière fournie en balles perdues...

Londres, juin 2005 et les policiers ne furent - légitimement - pas condamnés un an après. Mais quelle bouillie intellectuelle déblatérera Guaino aux familles des promeneurs tués et grièvement blessés si jamais son idée est adoptée ?

Évidemment, quelle dépense intellectuelle pour proposer et débattre - au sens noble du terme - des idées sur le renseignement, l'éducation, la relation État/musulmans de France, le rôle des forces de l'ordre dès le quotidien des faits divers, le rôle de réinsertion des peines de justice, la fermeture des grandes gueules politiciennes donc la critique des chaînes d'information permanente : peut-on vraiment gérer la Nation en cent quarante caractères, etc., etc.

Si, en plus, je rappelle qu'un problème national peut devoir être réfléchi à des échelles internationales... Employer nos impôts, nos diplomates voire nos soldats, dans certaines régions, cela éviterait-il les situations extrêmes subies par les Français ?

Juste un article qui m'a marqué quelques heures avant Nice, publié par The Guardian le matin du quatorze juillet : la famine au nord-est du Nigeria en conséquence des massacres perpétrés par Boko Haram ces dernières années... Pourquoi seule l'Organisation des Nations unies est-elle accusée dans cet article ? Et les cinq Grands ? Et les puissances pétrolières de l'Union africaine ?

dimanche 15 novembre 2015

Autour de l'Espagne, de Gibraltar à Cuba via la Grande Guerre, en novembre à la RPSL

Les à-côtés de l'Espagne font de ce pays un discret invité fil rouge de la Royal Philatelic Society London en ce mois de novembre 2015... dans mon raisonnement en tout cas.


Dans London Philatelist, Stephen Viñales et Richard Garcia propose la genèse administrative et artistique de l'émission d'usage courant de 1953. Réalisée à partir des photographies de Norman Cunning, employé du gouvernement colonial, la série aurait dû compter deux timbres à part : le £1 bicolore aux armes de Gibraltar et un 1/2d annulé.

Ce demi-pence était illustré d'une carte replaçant Gibraltar dans la baie que le territoire britannique partage avec la ville espagnole d'Algésiras ; le portrait d'Elizabeth II par Dorothy Wilding imprimé en Espagne... Abandonné pour éviter un incident diplomatique.


Au-delà de l'océan, Yamil Kouri, natif de Cuba et résidant aux États-Unis, a présenté une conférence du jeudi 5pm, ce douze novembre, consacrée aux premiers timbres-poste des Antilles espagnoles de 1855 à 1865. Un type colonial à l'effigie de la Reine Isabelle II et sans le nom des deux colonies d'usage : Cuba et Puerto Rico.

Trois valeurs, mais plusieurs filigranes, et des usages connus seulement pour une île et pas l'autre, plus les usages depuis l'étranger (?!). Un long fichier pdf attend le visiteur de la Société, l'adresse de la vidéo pour les membres au cours de laquelle Kouri évoque abondamment les surcharges Y1/4 de Cuba, celle de 1855 puis celle provisoire de fin 1859-début 1860.

Une conférence exigeante, mais enrichissante.


Par-delà le temps, l'Espagne fut une partie de l'immense empire de Charles Quint, puis des rois de la famille Habsburg. Dans la salle de conférence et d'exposition au 41 Devonshire Place, siège de la RPSL, la collection exposée ce mois-ci est offerte à la curiosité des visiteurs par Lubor Kunc.

Cent-huit panneaux sur la poste militaire de l'Empire d'Autriche-Hongrie au cours des opérations de la Grande Guerre, de 1914 à 1918. Internet et l'informatique permettent de consulter aisément la collection sous forme d'un livre en ligne (non téléchargeable).


Sur le site de la Royal Philatelic Society London, les collections exposées depuis 2011 sont consultables par ici ; les conférences des douze derniers mois par là ; et les numéros de l'année de The London Philatelist achetables en pdf vers là. Les membres disposent des liens vers les vidéos des conférences et un accès plus étendu aux ressources du catalogue.

samedi 18 août 2012

Water-polo à Cuba en 1991

Ces derniers mois (oui, j'ai beaucoup de retard en philatélie), j'ai enfin trouvé une utilité aux catalogues de vendeurs philatéliques par correspondance... Si, vous savez bien : ceux qui permettent à nos mensuels de paraître grâce à l'ajout de gros cahiers plein de « timbres anciens, authentiques et officiels »,  « timbre rares offerts à 90% de la cote », d'« euros rarissimes du Vatican » ou d'autres issus d'homériques empoignades à Port-Hercule.


 Et là, dans les pages sans slogan de pochettes au kilo de vrac par pays... Oh, surprise ! Du water-polo.

Timbre émis en 1989 pour préparer les Jeux panaméricains de 1991, accueillis par La Havane... et dont l'équipe cubaine remporta la médaille d'or en finale contre les États-Unis.