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dimanche 16 août 2026

Police recherche propriétaire d'une collection d'or quasi-neuve, peu servie

 Mardi onze août 2026, un jeune ouvrier et ses collègues, effectuant des travaux de terrassements en Belgique, ont découvert une immense collection de pièces et lingots en or, enterrée sur une frise industrielle rachetée et reconvertie en bureaux et logement par le Centre d'action sociale flamand (CAW).

Suite à une communication de la police locale, des autorités belges et aux témoignages de l'ouvrier, les médias belges et européens se sont emparés de l'histoire à partir de vendredi quatorze août, avec de magnifiques photographies des objets par ladite police de Termonde (Dendermonde en néerlandais), dans la province de Flandre-Orientale.

Le trésor rangé et exposé par la police de Termonde (photographie par la police, reprise par The Guardian, le quatorze août 2026).

Dans la commune de Saint-Gilles-lez-Termonde, section de Termonde, a existé une brasserie entre 1899 et 1970. Elle a été fondée par Theophilus Van Assche et est restée propriété gérée par ses descendants.

Le trésor a été découvert dans une cavité sous la villa de maître, construite peu après le bâtiment de production. Un représentant du CAW explique que les murs de celle-ci sont conservés, mais que tout le reste devait être rénové ; les ouvriers creusaient pour l'installation de tuyaux.

Les lingots d'or trouvés, apparemment photographiés sur le site du chantier (source : police de Termonde via The Guardian).

Face à l'immensité de la découverte, l'équipe a appelé la police et le propriétaire actuel, le CAW. L'estimation des services fédéraux belges est de neuf millions d'euro.

Les lingots sont marqués des marques et numéros de séries des fondeurs et des banques d'achat, dont la banque NM Rothschild & Sons, la branche britannique du groupe Rothschild & Co., le raffineur britannique Johnson Matthey.

Nul doute que l'identification de ces lingots auprès de leur fondeur et des banques pourra dater leur dernière vente connue dans les circuits officiels et déclarés.

Un seau en parti rempli de plusieurs centaines de pièces d'or (source : police de Termonde via The Guardian).

Les pièces d'or sont en excellent état, brillantes, comme passée de la frappe à la cave murée...

Apparemment, il n'y aurait que des Souverains frappés par la Monnaie royale britannique depuis Victoria (régnant de 1837 à 1901) jusqu'à la jeune Elizabeth II dans sa première effigie par Mary Gillick, La première apparaît sous deux effigies, suivie par son fils Edward VII et petit-fils George V.

Une grande partie des monnaies visibles sur la photographie portent Saint Georges terrassant le dragon des pièces britanniques.


Évidemment, ouvriers, policiers et médias se demandent à qui revient la propriété de cette trouvaille oubliée dans une propriété privée vendue.

Pour la police et sûrement le fisc belge, il s'agit de distinguer s'il s'agit d'un ancien trésor familial des Van Assche - une sécurité légalement acquise et déclarée, ou une fraude fiscale. Ou s'assurer qu'il ne s'agit pas d'une cache de criminalité plus récente, datant d'après la fermeture de la brasserie.

Dans tous les cas, la loi belge impose aux découvreurs d'attendre cinq années avant de se voir accorder des droits. Cela va laisser le temps aux descendants des derniers propriétaires de la brasserie de se signaler et de justifier cette cache visiblement oubliée...

La presse fait état d'une complexe procédure judiciaire civile croisant les ouvriers découvreurs, leur employeur, l'institution propriétaire actuel, et les descendants potentiels.


Les frappes de Souverains britanniques ont lieu de manière intermittente jusqu'à l'époque de l'effigie Gillick, selon les besoins en pièces circulantes d'une livre sterling, puis comme valeurs de placement. Le Souverain Gillick est frappée pour la dernière fois en 1968 ; les Souverains suivant portent l'effigie Machin au diadème qu'il ne semble pas apparaître dans le seau - sauf à considérer l'autre face des pièces.

Il est fort probable que cette cache a fini d'être emplie dans les années 1950 ou 1960 par un membre de la famille. Était-il ou elle trop âgé, ou un décès accidentel, pour transmettre le secret à ses descendants - secret conservé pour éviter que les jeunes, le personnel, ou des malfrats, veuillent s'approprier le magot.

Les généalogistes belges reconstitueront sûrement l'arbre familial et le confronteront à l'histoire immobilière du lieu : qui vivait là dans les années 1950 et 1960 ? Qui était encore présent lors de la fermeture de la brasserie, puis quand la famille quitta la villa ? Enfin les dates de cession des bâtiments et terrains jusqu'à l'achat par le CAW.


... oubliant en chemin des kilogrammes de métaux précieux dans une cave ...

mercredi 4 février 2026

Un nouveau Spirou de la correspondance écrite ce mercredi 4 février 2026

 En kiosque aujourd'hui, mercredi quatre février 2026, le Spirou numéro 4582 poursuit l'utilisation du courrier papier, de la poste aux lettres, et de l'importance de la correspondance par les auteurs des albums publiés par épisode, et des gags.

La journaliste Seccotine, rivale de Fantasio, a désormais ses propres aventures chez Dupuis (couverture de Spirou numéro 4582, quatre février 2026).

Dans une des histoires publiées par épisode, les premières planches du premier album dans lequel Seccotine est l'héroïne, une histoire de Sophie Guerrive dessinée par Elric, qui va inaugurer une série spécifique au personnage.

Amie de Spirou et rivale de Fantasio, la reportrice emménage à la campagne, près du village de Champignac connu pour son extravagant spécialiste en champignon, le comte de Champignac.

Une des premières interactions entre l'héroïne et les villageois au café-bar, désormais tous services (extrait d'un album à paraître au printemps 2026).

Les auteurs ont décidé de la confronter aux enjeux actuels des campagnes belges et françaises. L'intrigue principale va confronter les points de vue divergents, mais aussi la complémentarité, de jeunes environnentalistes (producteurs de grains) d'une part, et des agriculteurs et des chasseurs d'autre part, dans le contexte de disparition d'animaux d'élevage.

Le village est dépeint de manière traditionnel dans ce premier épisode : le clocher de l'église, le marché hebdomadaire, la boulangerie, et, très vingt-et-unième siècle : le bar-café qui sert aussi de relais postal où Seccotine achète un carnet de timbres-poste.

Pour le moment, pas de boîte aux lettres en vue.

Marge du courrier des lecteurs de Spirou numéro 4582.

Le courrier des lecteurs nouvelle formule poursuit ses appels à courriels (et courrier postal pour une action), tout en illustrant les détournements du courrier en marge supérieure, créée par le duo de l'absurde Fabrice Erre et Fabcaro... et toujours en conséquence de l'éditorial au désespoir du rédacteur-en-chef sur la droite.

Après tout, le numéro Saint-Valentin arrive mercredi prochain.

Premières cases d'une histoire postale, parodique et anachronique sur Attila, de L'Abbé (plus habitué de l'humour Fluide glacial apparemment)

Enfin, de l'histoire des postes et télécommunications !

Pour la cinquième apparition du grand chef Attila parodié (première moitié du cinquième siècle), L'Abbé - l'auteur et dessinateur - voit Onégèse, historiquement diplomate grec au service des rois des Huns, recevoir du courrier aérien cloué à la porte de sa tente... alors qu'il dispose d'une boîte aux lettres états-unienne en conformité avec le code postal.

Qu'est-ce qu'Attila a encore (essayé) d'inventer à l'incompréhension de son ministre quand ce n'est pas celle d'Aetius, son stagiaire romain préféré (ou otage) ?

Le grand chef des Huns a décidé d'adapter les pigeons voyageurs que les Romains utilisaient déjà pour l'envoi de missives... sauf que :
- parmi les cadavres du champ de bataille, point de pigeon,
- et puis, comment maintenir l'oiseau et son message en place à destination...

Il y aura aussi l'invention du morse et de l'éléphant postal...

Parodie et calembours.

mardi 30 décembre 2025

Le courrier des lecteurs toujours vif dans Spirou

 Alors que la poste danoise abandonne, après quatre cents ans, le transport de la lettre, celle-ci survit dans les planches de gags des dessinateurs et auteurs du magazine hebdomadaire francophone Spirou... 

... même si les lecteurs sont invités à envoyer des courriels pour la nouvelle formule du courrier des lecteurs, récemment remaniées graphiquement et, en partie, en contenu éditorial avec le retour de Fantasio comme interlocuteur.

La quarantaine-et-unième planche de Manoir à louer de Lewis Trondheim et Juanungo, paru dans Spirou 4575 du dix-sept décembre 2025.

En plaçant leurs intrigues bien avant l'apparition du téléphone portable et des forfaits internet sans limite, il semble que la génération actuelle de créateurs se souvient de ce courrier demandant écriture, aller à la boîte aux lettres, attendre une réponse, lire et relire ce papier rédigé.

L'objectif est aussi de proposer de l'humour cassant le quatrièm... deuxième (?) mur entre les personnages et les lecteurs, y compris les auteurs et dessinateurs quand ils se dessinent eux-mêmes (lire le numéro 4576).

Ainsi, l'épisode du dix-septembre 2025 de la série Manoir à louer montrent la famille de personnages débattre de l'intérêt d'un courrier des lecteurs dans Spirou, auquelle elle est abonnée et dont on se dispute la première lecture chaque semaine sous le regard étonné de la propriétaire du manoir qui a du mal à comprendre ces histoires bien trop heureuses.

La marge du courrier des lecteurs de Spirou 4575, suite conséquente de l'éditorial par Fabrice Erre et Fabcaro.

Les marges dudit courrier des lecteurs permet, chaque semaine, de poursuivre la mise en scène des véritables membres de la rédaction, sise à Marcinelle en Belgique.

Après des années d'éditoriaux ratés, mais qu'ils poursuivent faute de remplaçants (voir été 2025), les deux Fabiens (Serre et Caro) illustrent la marge supérieure du nouveau courrier des lecteurs, tantôt e manière absurde, tantôt avec du courrier à timbre rouge.

Suite à leur dispute en page trois, ils s'échangent leurs insultes grâce au courrier des lecteurs, toujours dans ce numéro de mi-décembre.

Une enveloppe affranchie se dessine tout de même mieux qu'un e-mail sur un écran.

lundi 24 novembre 2025

Une carte postale oubliée relance une enquête de Mademoiselle J.

 Le dix-sept octobre 2025 en librairie, avec publication par épisodes dans le magazine Spirou à partir du numéro 4570 du douze novembre, l'éditeur Dupuis propose le quatrième tome de Mademoiselle J., écrit par Yves Sente et dessiné par Laurent Verron.

Au terme d'une mystérieuse introduction, la journaliste découvre une bien intrigante carte postale d'Indochine (Spirou 4570, douze novembre 2025).

Ce personnage d'une jeune femme photographe et journaliste, affrontant les années 1930, l'Occupation allemande de Paris, puis les conséquences de la Seconde Guerre mondiale, est apparue dans Il s'appelait Ptirou, en 2017.

Dans le cadre de la diversification du personnage roux habillé de rouge, Sente et Verron imaginèrent un Oncle Paul racontant la véritable histoire de Spirou, ou de celui qui inspira le personnage de fiction. Sur un paquebot transatlantique, pendant la Grande Dépression, un dirigeant de la Compagnie générale transatlantique et sa fille Juliette, doit se rendre à New York négocier avec ses actionnaires. Elle croise le chemin de Ptirou, jeune artiste de cirque, qu'un deuil lance à la recherche du rêve américain.

De là, l'héroïne trouve une fureur de vivre et de montrer la réalité du monde, armée de son appareil photographique et de son courage. Le deuxième tome l'a confronté aux nazis, le troisième aux vastes étendues de l'Union soviétique au-delà de l'Oural.

Zoom sur le timbre dessiné sur la carte postale : 5 centimes verts (Spirou 4570, douze novembre 2025).

Ce nouveau récit a lieu en 1955. Les pays d'Indochine ont pris leur indépendance, mais le Vietnam est divisé entre un régime communiste au nord et une dictature policière au sud.

À Paris, les représentants officiels et civils (notamment religieux) des deux pays agissent pour leurs compatriotes ou espionnent au profit de leur gouvernement.

Fuyant un agent du Vietminh, une religieuse vietnamienne s'engouffre dans la librairie où Mademoiselle J. dédicace ses livres sur la place des femmes ou ses reportages dans les dictatures communistes. Au cours de l'échange avec la journaliste et avant de fuir à l'arrivée des espions, elle a le temps de laisser un message dans le sac de Juliette.

Ce dernier la conduit au siège des Missions étrangères où des sœurs vietnamiennes organisent la recherche de subsides pour leurs orphelinats. La mère supérieure paraît désintéressée et celle qui la guide se met brusquement à chanter des paroles qui touchent l'héroïne au cœur...

... cœur fragile de son mentor qui, en étendant les détails de cette histoire, défaillit, avant de demander à Juliette de descendre d'une bibliothèque une vieille boîte contenant une carte postale, envoyée du Tonkin en 1918...

Qu'est-ce qui relie ces religieuses espionnées, l'Indochine et Juliette ?


À l'échelle du petit magazine (mais serait-ce plus clair dans l'album), le timbre vert sûrement d'Indochine porte une valeur  de cinq centimes. Les éléments graphiques permettent de retrouver une allégorie de Grasset, émis en 1904 : une République au bonnet phrygien portant un rameau d'olivier (?) et à l'épée vers le sol ; une ancre marine en haut à gauche.

La série à illustration unique fut remplacée en 1907 par une série représentant des femmes des cinq pays rassemblés sous la tutelle française en Indochine.


Les adolescents curieux d'histoire du vingtième siècle et les adultes auront intérêt à se tourner vers une librairie spécialisée en bandes dessinées. Depuis quelques années, Dupuis laisse ses auteurs et dessinateurs replacer dans le contexte des années 1930 à 1950 ses personnages principaux ou son jeune public d'alors.

Le Petit Groom et son ami journaliste ont été vraiment confronté à l'occupant allemand, à la résistance par les petits gestes, à la déportation des juifs. Le comte Champignac, loufoque dans la série principale, devient un des grands scientifiques face au mépris subis par les femmes scientifiques ou les implications du projet Manhattan. Jusqu'à Ptirou et Juliette, deux jeunes gens, face aux tsunamis de l'histoire.

samedi 27 septembre 2025

D'une famille de postiers montpelliérains sont issus une dynastie d'artistes japonais

Des activités ayant bénéficié de la numérisation des documents et leur accessibilité par le vaste monde grâce à la toile internétique, la généalogie ou la recherche familiale au sens large est de celle qui a été des plus bouleversée dans le bon sens.

Ici, point de membres vieillissant en nombre décroissant. Les reproches sont généralement des réactualisations d'anciennes pratiques : s'approprier sans référence à un autre chercheur, copier des données d'archives ou de recherches d'autrui sans vérification critique.

Rien de grave : le chercheur suivant vérifiera bien, et, je rappelle que les auteurs, biographes et historiens des Grecs anciens au dix-neuvième siècle ont rédigé le passé ainsi : recopier dans forcément citer les passages qui leur semblaient les plus pertinents des auteurs passés.

L'entrée nord-ouest de la rue de l'Ancien Courrier, à Montpellier (capture d'écran de la première vidéo Legendre de Ketella Généalogie, publiée sur youTube le dix-huit juillet 2025).

Que l'on travaille sur ses ancêtres, cousins, ou d'autres familles, les découvertes inattendues et les connaissances thématiques à acquérir sont nombreuses.

Un exemple a été donné par le généalogiste Gab Ketella qui résume sa recherche des ascendants et descendants du sculpteur Jean-François Legendre-Héral (1796-1851) en trois vidéos publiées en juillet et août, et l'ayant encouragé un voyage au Japon et en Corée au printemps 2025.

Comment d'un postier montpelliérain en est-il à découvrir le kabuki, genre du théâtre japonais, et l'art lyrique féminin japonais ?

La famille étendue des Legendre en France entre le dix-huitième et le dix-neuvième siècle : des postiers héraultais... et deux artistes (capture d'écran de la première vidéo Legendre de Ketella Généalogie, publiée sur youTube le dix-huit juillet 2025).

Installé à Montpellier, Ketella échange en direct sur la plate-forme vidéo des moments de recherche-enquête sur Twitch, puis des petits tutoriaux et des résultats finaux sur Instagram et, surtout, youTube.

Récemment, il a exploré le passé de bouchers de la ville et de la création et l'évolution du quartier des Abattoirs, actuellement les Beaux-Arts, retrouver l'identité d'un soldat français à partir d'une photographie découvert en chinant, et là, la généalogie d'un sculpteur né à Montpellier : Legendre-Héral.

La première vidéo, publiée le dix-huit juillet dernier, démarre rue de l'Ancien Courrier, dans une partie restée médiévale du centre historique de Montpellier. C'est là qu'était installé, depuis le quatorzième siècle, un bureau de la poste aux lettres pour la remise aux destinataires. Un article du dix-sept mars 2023 de Midi libre rappelle les noms précédents et probants de la rue : rue des Messagers, rue du Courrier ou rue du Bureau des Lettres en 1760, puis de l'Ancien Courrier en 1852.

C'es probablement dans cette rue qu'Étienne Louis Legendre, le père du sculpteur, a travaillé quand il devient postier à Montpellier en 1792, où il se marie avec Jeanne Falque, fille d'un postier montpelliérain ; ils ont deux fils : Louis Étienne Jean qui sera postier, et le futur artiste Jean-François.

Aléa de la vie, il meurt jeune et sa veuve se remarie avec un peintre, Pierre Héral, qui semble avoir orienté la vocation de son beau-fils vers la sculpture qui l'oriente vers des études à Lyon dans la première décennie du dix-neuvième siècle.

De ce second mariage, les généalogistes postaux aperçoivent sur la capture ci-dessus trois postiers de plus : Jeanne, la fille du couple Héral-Falque, sera postière jusqu'à être directrice et finir sa carrière à la tête du bureau de poste de Clermont-l'Hérault, au centre du département dont Montpellier est la préfecture. Elle épouse un cousin, Jean Georges Dusiquet, fils de la sœur de sa mère et d'un postier né dans le département de la Manche.

Il faudra que je me penche comment consulter en ligne les dossiers des personnels des postes aussi anciens et pendant la période de l'Administration des Postes pour justement une descendant de frères et sœurs d'un aïeul devenue postière partie du Gard vers le département de la Seine.

La descendance états-uniano-japonaise (?!!) du scupteur Legendre-Héral du dix-neuvième siècle à la première moitié du vingtième siècle : un général imprévu et plein d'artistes (capture d'écran de la deuxième vidéo Legendre de Ketella Généalogie, publiée sur youTube le dix août 2025).

J'irai plus vite sur les deux vidéos suivantes qui suivent un des fils de Jean-François Legendre-Héral : Charles Legendre (1830-1899), mais elle est à regarder pour ceux qui se demandent s'ils peuvent se découvrir un « oncle d'Amérique » ou un cousin au Japon. Oui, c'est possible grâce aux hasards de la vie, et qui se demandent comment lire des journaux et livres anciens, numérisés par des archives et bibliothèques privées ou publiques dans plusieurs pays (The New York Times pour le cas de Charles Legendre).

Un oncle et de nombreux demi-cousins postiers, néanmoins Charles est excellent élève, notamment en langue anglaise, mais dépensier... Après la mort de son père sculpteur désargenté (par les dettes de son fils prodigue), Charles se réfugie à Bruxelles où il fait la rencontre d'une jeune états-unienne et sa mère en voyage...

Le mariage est conclu, un premier enfant naït. Mais le père meurt accidentellement outre-Atlantique et Charles émigre à New York et s'y ennuie.

Il s'engage dans l'armée de l'Union contre les sécessionnistes entre 1860 et 1865. Il est promu sur le champ de bataille, gravement blessé deux fois au point que, soigné par des paysans, l'armée et sa famille l'a cru mort. Il termine général de brigade en 1865.

Dès l'année suivante, le gouvernement fédéral le nomme consul en charge des intérêts dans les Ports ouverts chinois. Non étudié par Ketella : le voyage intéressera les historiens postaux habitués à éplucher les calendriers maritimes. Legendre part de New York pour le port central du monde d'alors : Liverpool... et traverse les continents européens et asiatiques jusqu'à Xiamen.

En poste, il devient populaire lorsque les autorités chinoises de Formose l'autorisent à négocier avec les indigènes taïwanais en conflit sur le devenir de l'équipage d'un bateau états-unien échoué, sans effusion de sang malgré une petite armée privée qu'il a extorquée à son supérieur. Cette action et une étape au Japon lors d'un voyage aux États-Unis conduisent à une désertion : l'empire du Japon l'engage comme conseiller, notamment pour leurs relations avec les autorités chinoises et les habitants (pas faciles) de Formose. Néanmoins, il échoue à accomplir le même succès pour un équipe japonais en 1874.

Enfin, de 1890 à 1899, il rejoint le service de l'empereur Gojong de Corée.

C'est là que les recherches dans les archives du New York Times sont intéressantes pour retracer les grandes actions de Legendre sur les champs de bataille de la guerre de Sécession, ses principaux accomplissements en Asie de l'Est, et surtout découvrir que tous les souvenirs de sa vie française, new-yorkaise et asiatique ont sûrement tous disparus dans l'incendie de la maison coloniale.

Le témoignage de son fils parle de sculptures de son père, de lettres originales de présidents des États-Unis, d'œuvres littéraires, artistiques et artisanales des trois pays d'Asie où il a vécu, etc.

La descendance artistique japonais du général unioniste Legendre du dix-neuvième siècle à nos jours : patronymie kabuki et cantatrices japonaises (capture d'écran de la troisième vidéo Legendre de Ketella Généalogie, publiée sur youTube le vingt-sept août 2025).

D'un postier de 1792, ayant certainement obtenu sa place par l'entregent de son père, aboutir à un des généraux de l'Union en 1865, c'est peu habituel. Personnellement, de paysans du Languedoc, j'atteins des ouvriers textiles nîmois, des plâtriers montpelliérains et manutentionnaires du chemin de fer descendus avec l'exode rural ; et un Guyennais montpelliérain d'adoption suite sûrement à son service militaire. Un dossier d'un cousin très lointain trouverait peut-être un anobli médiéval lointain dans le temps et l'espace... dont il faut que je retrace par les sources.

Cependant, le parcours n'est pas terminé et Ketella a dû étudier les arts du spectacle japonais, ce qui a motivé un nouveau voyage au Japon, avec une étape à Séoul où Charles Legendre est enterré (à partir de la minute 14 de la deuxième vidéo).

Car le diplomate-conseiller privé épouse une Japonaise... loin de son épouse new-yorkaise. La fille illégitime d'un descendant de shogun... Les généalogistes qui recherchent des ancêtres dignes de Charlemagne et d'Huguet Capet frétillent.

Ichimura Uzaemon XV (1874-1945), le premier garçon est adopté, très jeune, par un acteur kabuki dont il va être l'héritier et l'élève. Bien que cet homme a été l'amant de nombreuses femmes, Ketella parvient à distinguer des enfants issus d'une longue liaison, plusieurs devenant des acteurs kabuki ou des chanteuses, certains et certaines très connues du public et donc documentées des journaux japonais des années 1930... jusqu'à la visite de Ketella au printemps 2025.

Comment réaliser cette généalogie quand on ne maîtrise pas les outils archivistiques japonais ?, admet notre généalogiste-vidéaste.

En comprenant que les artistes kabuki reprennent le nom de leur « père », qu'il soit biologique ou adoptif tant qu'il est le maître-formateur, et un surnom lié à leur rôle dans le kabuki, avec numéro pour distinguer les homo(sur)nymes.

Un surnom qui peut évoluer jusqu'à l'apogée de leur carrière. Le suivi des noms de famille adoptés et la numérotation de ces surnoms de maître en disciple, la recherche de programmes anciens et de critiques de pièces, le ramassage de publicités pendant son voyage permettent au généalogiste de dresser l'arbre ci-dessus jusqu'en 2025, comprenant les descendants et conjoints issus d'Ichimura et sa concubine, et, au milieu sur la gauche, trois de ses élèves portant son nom de famille car ils ont été ses élèves.

Ainsi, quand Gab Ketella filme la façade d'un théâtre kabuki, il explique que le descendant le plus récent d'Ichimura Uzaemon XV y joue à ce moment-là... et en retravaillant son arbre et le programme, qu'il y joue avec un de ses cousins.

La trilogie vidéo illustre une certaine homogamie dans les milieux des arts de la scène au Japon, comme finalement d'autres milieux sociaux en France : ici, les postiers, entre fréquentation de lieux communs et envie de mutation commune.

Le tout est de trouver les bonnes archives et de bien les interpréter.


Pour aider Ketella : sa cagnotte est par ici ; son sponsor est le logiciel Généatique ; et tentez de ne pas zapper les publicités youTube (c'est dur...).

Pour ma part, j'utilise depuis 1994 (quand on faisait encore tourner les bobines de films des Mormons aux Archives départementales) le logiciel Heredis de l'entreprise coopérative montpelliéraine BSD Concept (pas un sponsor) ; et un abonnement au site Geneanet pour m'aider dans mes recherches à travers les archives publiques ou professionnelles, et débloquer des sauts géographiques de certains ancêtres : avec trente-six mille communes et les aléas de leur vie passée, je remercie les autres généalogistes qui photographient les tombes, indexent des recensements ou des fiches militaires et de professions.

jeudi 7 août 2025

La mémoire des vétérans des Nations unies au Mémorial de la Paix de Busan (2 sur 3)

 Aux côtés des souvenirs militaires, évoqués dimanche dernier, le courrier et les timbres-poste participent des vitrines de la galerie, au Mémorial de la paix à Busan, en République de Corée, en hommage aux troupes des pays ayant participé à l'expédition des Nations unies de soutien à la Corée du Sud, entre 1950 et 1953.

Ces objets sont variés tout autant qu'ils jouent des rôles divers dans la reconstitution de la vie quotidienne de ces soldats et du souvenir que les événements ont laissé en Corée et au-delà.

Note : oui, les objets ici décrits ont été photographiés au smartphone à travers une vitre et l'éclairage du musée... On peut faire mieux en prise de clichés et en trouvailles collectionneuses.

Un entier postal recommandé utilisé par un militaire australien en 1956 pour jouer à la loterie, un quasi -monopole de Tattersall's, fondé par George Adams (Mémorial de la paix des Nations unies à Busan, juillet 2024 - merci à Ian Billings pour l'identification de la destination du pli). 

Ainsi, plusieurs objets sont similaires à ceux employés pendant l'expédition en Corée, mais pas forcément utilisés aux bonnes dates. Telle cette enveloppe-entier recommandé australien, utilisé par un soldat de ce pays pour une correspondance vers l'État de Victoria, en 1956, et transmise par la poste militaire.

Il faudra consulter des ressources spécialisées pour savoir si des troupes et l'APO 215 (Army Post Office) étaient encore en Corée cette année-là, ou si ce bureau gérait une zone d'Asie de l'Est plus stable, telle l'occupation du Japon.

Les timbres d'Inde surchargées pour servir au Corps expéditionnaires en Corée (Mémorial de la paix des Nations unies à Busan, juillet 2024).

Encore plus générique, la vitrine consacrée à l'Inde présente la série neuve de timbres-poste indien, surchargés pour servir à la poste militaire en Corée.

Trois enveloppes et trois lettres de courrier militaire grec de la guerre de Corée (Mémorial de la paix des Nations unies à Busan, juillet 2024).

Plus marquantes sont donc ces trois enveloppes en franchise militaire et trois lettres manuscrites liées à des soldats grecs en Corée, en 1952 d'après les cachets oblitérants.

Les hellénistes liront les numéros des bureaux de poste militaire et déchiffreront le contenu de ces courriers, s'ils vont de la Corée vers la mère-patrie, à peine sortie de l'occupation nazie et de la guerre civile avec les communistes.

Affiche dans l'entrée du Mémorial appelant aux dons des souvenirs des vétérans de la guerre de Corée.

Ce manque d'objets postaux directement lié à des individus et leur petite histoire, ainsi que la disparition progressive des vétérans, est illustré par le lancement en 2023 d'un appel aux dons de leurs souvenirs par les vétérans de la guerre de Corée, ou leurs familles.

L'affiche dans l'entrée du Mémorial montre un ensemble de memorabilia qui rappellera aux Français la Grande Collecte du centenaire de la Première Guerre mondiale, juste avant 2014.


Ensuite la pure philatélie vient à la rescousse de la mémoire.

Carte postale de l'arrivée des troupes belges en Corée, oblitérée lors d'une exposition philatélique, le quatorze avril 1951 (Mémorial de la paix des Nations unies à Busan, juillet 2024).

Des soldats belges, tout juste débarqués en Corée, illustrent une carte postale utilisée comme souvenir lors d'une exposition philatélique à Woluwe (soit dans Bruxelles, soit en Brabant flamand).

L'item montre le lien entre les troupes et la population au pays si un collectionneur belge a des informations sur cette exposition.

Enveloppe premier jour de l'émission Volontaires de Corée du vingt-cinq septembre 1952 (Mémorial de la paix des Nations unies à Busan, juillet 2024). 

C'est par l'émission de 1952 que les soldats tucs volontaires sont, entre autres, honorés dans la vitrine de la Turquie : quatre timbres sur une enveloppe premier jour.

L'illustration de celle-ci est claire : autour d'une carte de la péninsule coréenne, des soldats mitraillent et mettent ainsi en fuite des soldats vers la République populaire de Chine, pendant que le drapeau turc est levé à la frontière entre la Corée et la Chine au nord.

Ceci était fort optimiste alors que le front s'était stabilisé depuis 1951 à la frontière actuelle.

Timbres de Colombie de 1954 célébrant les forces armées colombiennes... pour un coup d'État (Mémorial de la paix des Nations unies à Busan, juillet 2024).

Cependant, tout ce qui brille n'étant pas d'or, il y a quelques surprises à utiliser les si commodes timbres-poste.

En Colombie d'abord, ces deux blocs de timbres colombiens, nation participant à la Force des Nations unies en Corée, honorent les Forces armées colombiennes pour l'anniversaire du treize juin 1953, un an après l'armistice de Panm...

...

Euh, l'anniversaire d'un coup d'État militaire à Bogota, un mois avant l'armistice inter-coréen.

J'imagine qu'un Coréen, un Chinois, un Cambodgien aurait aussi des choses à redire sur les expositions d'arts asiatiques en Europe.

Le drapeau de l'empire d'Éthiopie et les timbres coréens de 1951 remerciant les pays venus à son secours (Mémorial de la paix des Nations unies à Busan, juillet 2024).

Deuxième surprise : l'Éthiopie, un peu comme le badge dans la vitrine de la Turquie ou de la Colombie, fait partie des pays où j'imagine que la vitrine a été difficile à créer : quelle mémoire des vétérans de la Corée dans ces pays depuis bousculés par les événements politiques, économiques et sociaux ?

D'où un effort pédagogique de rappeler déjà que c'est l'Empire d'Éthiopie qui a répondu à l'appel du Conseil de sécurité des Nations unies : rappel du drapeau de l'époque imprimé sur carton et avec les timbres de 1951 que la poste coréenne a émis pour chaque pays participant à l'expédition.

Timbre de Corée du Sud de 1968 : visite de l'empereur Haïlé Sélassié auprès du président Park Chung-hee (Mémorial de la paix des Nations unies à Busan, juillet 2024).  

Un timbre-feuillet de 1968 rappelle ce lien entre Corée et Éthiopie : la visite de l'empereur Haïlé Sélassié en Corée du Sud, alors présidée par Park Chung-hee.

Le planisphère choisi est éloquent : centré sur l'océan Indien, il relit la péninsule coréenne à l'Éthiopie par une branche des lauriers de la paix, de couleur verte (ni bleu, ni rouge... en ces temps de guerre Froide).

Lors de cette visite, l'empereur est ainsi le huitième non coréen et le premier africain à recevoir le grand ordre de Mugunghwa, remis de 1949 à 2008 aux présidents sud-coréens en début d'exercice, qui peuvent en décorer les chefs d'État alliés du pays.


Grand ordre dont le premier étranger à le recevoir fut le président de la République fédérale d'Allemagne en 1964... 

Ah ? Pas Truman, ni Eisenhower, présidents des États-Unis d'Amérique pendant le conflit ?

L'Allemagne, l'ancien allié du Japon impérialiste ?

...

Pourquoi ? Réponse partielle au prochain épisode sur le Mémorial de la paix des Nations unies, à Busan.

jeudi 31 juillet 2025

Humour philatélistique absurde dans Spirou - #JesuisFabrice

 Dans son numéro 4554 du mercredi vingt-trois juillet 2025, la rédaction de Spirou, magazine de bandes dessinées, publie la deuxième page du Journal des fans des Fabrice... entretenant la forme d'humour absurde... aux chutes (volontairement) manquées... des deux Languedociens : Fabrice Erre et Fabcaro.

Depuis la rentrée 2019, les deux Fabrice se sont vus confiés la préparation du gag de l'édito du magazine hebdomadaire...

... Leur employeur - qui renouvelle leur contrat ?!! - s'attend à une interprétation des personnages mis à l'honneur de la couverture en espérant de l'humour de qualité.

À gauche, une partie de l'épisode des Fabrice en tournée revu par Evemarie. À droite, la passion philatélique de Fabcaro (extrait de Spirou 4554, page 16, librement consultable sur le site du magazine).

Calembours hors sujet, mauvaise foi face à leurs collègues, la rédaction a été heureuse de découvrir au début de l'été qu'ils démissionnaient pour se lancer dans une carrière musicale où on saurait reconnaître leur talent !

Ainsi, chaque grand festival français ou européen a l'honneur de les recevoir - les organisateurs le savent-ils ? - et les péripéties de cette tournée (mal) financée par la rédaction donne une série estivale par épisode.

Et donc un journal de fan aussi absurde que l'édito des Fabrice.

Rédigé par Jorge Bernstein (gage rock de la qualité des Fabrice) et illustré par divers dessinateurs habituels, le deuxième journal des fans des Fabrice annoncent une grande nouvelle philatélique, digne de la présidence de Sarkozy-le-président-de-la-taille-douce : 

Fabcaro collectionne les timbres !!!

De la caricature (pas le faux timbre Marianne assez réaliste par Ben Lamarre) de la trouvaille aventureuse de la pièce unique un lundi de novembre en Meurthe-et-Moselle ; on relira pour comprendre l'enjeu d'aller se perdre si loin du Midi leur aventure fabricesque dans la jungle amazoinienne dans À la poursuite du trésor de Décalécatán.

...

Décalécatan ? Oui, ils ont osé.


Néanmoins, en temps que chanteur, c'est une autre pièce essentielle de sa collection thématique qui lui manque, mais depuis quelques épisodes de la tournée des Fabrice, on avait compris :)


Deux notes finales.

L'adresse mail indiquée pour ceux qui ont ce timbre rare est fonctionnelle : c'est l'adresse du courrier des lecteurs.

Le logotype de l'éditeur Bandes dessinées à poster.

Enfin, Ben Lamarre est le bon choix pour ce Fabrice-Marianne, à la fois car portraitiste et auteur d'une des histoires proposées par l'éditeur Bandes dessinées à poster (BDàP) , mais ça, c'est pour un autre article.

dimanche 16 mars 2025

Europa 2025 : un "raté" pour le timbre français ?

 Le thème 2025 de l'émission commune Europa des opérateurs postaux historiques européens est « Les découvertes archéologiques nationales », mais la diffusion des premiers visuels des timbres à venir semble indiquer une confusion entre « archéologie », « paléontologie », voire « patrimoine » ou « récit » historique à l'Île de Man.

Un dinosaure sur le timbre Europa français, dessiné par Ségolène Derudder (Philaposte via Phil-Ouest.com).

Comme San Marino, le service philatélique de La Poste française a choisi de représenter le squelette d'un gigantesque animal - à coup sûr un dinosaure qui n'a jamais cotoyé le genre Homo.

Les collectionneurs thématistes de la paléontologie et des fossiles d'animaux anciens seront ravis et n'auront pas à attendre le prochain bloc Nature de France sur les animaux de la très ancienne préhistoire, comptée en millions d'années avant le présent.


Cependant, les archéologues peuvent trouver ce choix erroné.

Malgré (ou grâce aux) critiques d'Elon Musk et du magazine Le Point, l'encyclopédie en perpétuelle construction Wikipédia propose, en français, cette définition d'archéologie : « une discipline scientifique dont l'objectif est d'étudier l'être humain à travers l'ensemble des vestiges matériels (artéfacts et faits archéologiques) ayant subsisté au cours des siècles, provenant de fouilles ou non. » (j'ai remanié la fin de la phrase).

S'ensuit la longue liste de traces matérielles possibles : ossements et postures de ceux-ci dans les tombes, monnaies, bijoux, objets du quotidien, caca fossilisé des fosses du château de Versailles avec leurs bactéries fossilisés de maladies diverses, etc.). Il y a de quoi combler les thématistes et la culture des collectionneurs.

L'actualité fournit constamment des exemples de découvertes et d'hypothèses vérifiées sur les découvertes archéologiques en France et ses cinq départements d'outre-mer : depuis le sarcophage de Joachim du Bellay sous le sol de Notre-Dame de Paris jusqu'aux fouilles avant construction d'immeubles ou de voiries par l'Institut national de recherches archéologiques préventives (INRAP). Ce dernier vient d'ouvrir un site public avec tous les rapports de ces fouilles : avis aux passionnés de leur localité, il y a plein de lieux et activités préhistoriques, antiques et médiévaux sous nos pieds.

Certes, Ségolène Derudder a travaillé selon un cahier des charges (Quel était-il ?) et les contraintes chronologiques de Philaposte. Sa page sur Behance et ses timbres de France depuis 2022 prouvent que, si elle maîtrise magnifiquement la représentation des animaux, elle sait travailler les bâtiments et les portraits. Et, peut-être, s'il y a eu plusieurs artistes au travail, a-t-elle produit l'illustration qui a le plus convaincu l'agent-comptable selon les critères prévus, parmi eux la capacité à attirer le public et à faire vendre.



Le timbre Euromed Postal de 2022 sur l'archéologie sous-marine (via Phil-Ouest.com)

En reprenant l'idée que les concepteurs du programme ϕl@télique [oui, je reviens encore sur ce φ] souhaitent éviter les répétitions, il est vrai que l'émission à thème commun Euromed Postal de 2022 a montré des archéologues sous-marins du Département des recherches archéologiques subaquatiques et sous-marines (DRASSM) en action sur des contenants de vin d'un navire échoué au large de la Corse à l'époque romaine.

Si on y ajoute les blocs annuels sur la reconstruction de Notre-Dame de Paris, avec illustration d'une forme d'archéologie de reconstitution... cela faisait-il beaucoup de vestiges archéologiques jugés « traditionnels » aux yeux du public et déjà timbrifiés pour certaines œuvres sculptées ou peintes : amphores, monuments, objets et statues réputées... ?

Si ce sont ces représentations mentales-là qui ont mal inspiré le commanditaire (ou l'artiste qui aurait pu être redirigée en cours de projet), la liste des traces étudiées, la représentation d'un chantier de fouilles au laboratoires d'analyses, ou la célébration de l'Inrap ou d'un autre institut national archéologique auraient été plus adaptées à l'émission Europa.

Mais, cela aurait-il été en porte-à-faux avec l'actualité politique française : coupe budgétaire des institutions publiques, débat autour des grands projets de voirie (autoroute A69 dernièrement)

Si vraiment, la préhistoire était considérée comme pas assez récemment représentée sur timbre de France, en évitant les lieux déjà sur-médiatisés telles que les grottes de Chauvet ou de Tautavel, les études récentes de paléoanthropologie doivent permettre de montrer autre chose des Homos d'Europe de l'Ouest tout de même ! Le timbre du cinquantenaire de la découverte du squelette australopithèque Lucy l'année dernière n'a tout de même pas interdit l'humanité préhistorique, recadrée vers Neandertal et Sapiens, pour plusieurs programmes annuels ? 

Il vient de sortir sous licence d'une série de films hollywoodiens, il est aussi stéréotypé... D'accord, il coûte plus cher que la feuille de timbres Europa : le T-Rex en Lego (set 76968).

Je n'en sais rien (yaka, fokon) : ce temps de recherche sur un thème Europa débattu et annoncé à l'avance est-il à préparer par le commanditaire ou l'artiste ? Et donc, qui en supporte le coût temps/revenu ?



Enfin, et là, c'est mon point de vue personnel : le programme philatélique de France est celui de l'Hexagone continental, de la Corse (timbre de 2022 donc) et aussi de cinq départements et deux collectivités d'outre-mer dans les Caraïbes aux peuples primitifs disparus avec l'arrivée européenne, au nord de l'Amazonie avec nos compatriotes Indiens natifs, majoritairement de tradition musulmane au large de l'Afrique ou inhabitée initialement dans l'océan Indien...

Vraiment vraiment vraiment, aucune « découverte archéologique nationale » :

- côté Antilles et Guyane sur les Arawaks, les Kalinago/Carib, d'autres ? C'est bien la peine que le président Jacques Chirac a initié un musée entier sur ces peuples. Plusieurs postes européennes ont prévu un timbre sur des objets simples anciens.

- côté Mayotte, rien sur les chantiers en cours ?

- et, évidemment, plus dérangeant, rien sur l'archéologie de l'esclavage et des plantations ?

Enveloppe premier jour de l'émission Ancient Britain de 2017 : un vestige photographié et, au crayon noir, la réalité de son époque d'usage.

Et, opinion personnelle qui n'accuse pas La Poste française bien entendu : du côté des caves du Musée de l'Homme, à Paris, n'y a-t-il pas quelques dix-huit mille vestiges paléoanthropologiques pour incarner les milliers d'anciens habitants du pays retrouvés au cours de fouilles archéologiques... en s'inspirant de l'inventive et vivante émission britannique de 2017.

Ah, non : cela risque de rappeler les quelques centaines autres crânes d'Africains, qui ont osé se rebeller face à la France de Charles X à la Troisième République apportant la civilisation en Afrique, et comment ces victimes ont servi aux thèses racistes de scientistes du dix-neuvième siècle ayant conduit aux génocides coloniaux et européens du vingtième.


L'archéologie est une science très intéressante en notre vingt-et-unième siècle ; il est dommage que La Poste française ne la présente pas de manière à attirer le public vers les petits musées et chantiers archéologiques régionaux.

Carte postale : cheval en coquilles de tellines, 100 avant notre ère, retrouvé à Lattes (Hérault), vendue à la boutique du musée Lattara. Idée à mettre en art d'un beau timbre. Tant pis.

Si vous passez par Montpellier, le musée Lattara - Henri Prades retrace l'histoire du port étrusque et des circulations maritimes et commerciales tout autour de la Méditerranée et avec l'intérieur des terres celtes ; et la description des quelques nécropoles trouvées dans le sud montpelliérain. Des panneaux légers signalent une découverte fort inattendue due aux fouilles préventives sur les collines dominant Lattes, pour cause d'urbanisation galopante (soupir) : un bourg gaulois dominant, mais à distance, le port.


Le blog Europa Stamps liste les émissions Europa 2025 à cette adresse web-là au fur et à mesure de leurs annonces par les postes émettrices.


Compléments du mardi vingt-deux avril 2025 :

Hop, disparu, le dinosaure laisse place à un vase antique d'après une annonce du trois avril 2025.

La nouvelle mouture du timbre Europa français de 2025 (compte X @toutsurletimbre, 3 avril 2025).

Le dinosaure est encore visible dans le catalogue 106 daté mars-mai 2025 de Philaposte, reçu la semaine dernière, avec un papillon volant annonçant le changement de visuel et l'arrivée tardive du timbre Eric Schwab.

Désormais, un pichet à vin antique richement décoré, une céramique attique à figures noires qui est -actuellement - la plus septentrionale trouvée en Europe, et correspond à une définition de « découvertes archéologiques nationales » sur des sites funéraires découverts avec des objets de banquet intacts lors de fouilles préventives de l'Inrap, à Lavau et alentours, dans le département de l'Aube.

Quelle progression en une quinzaine de jours entre les réactions des archéologues et le nouveau timbre ! Évidemment, le vase seul ne montre pas l'ensemble funéraire - notamment le positionnement du défunt et des objets sur et autour de lui -, du travail minutieux sur le terrain, et du hasard d'une zone à aménager suscitant de vérifier son sous-sol.

On peut se référer à l'émission Carbone 14 de France Culture du dix juin 2017 sur ces découvertes de Lavau et leurs études en laboratoires. Au cours de celles-ci, les chercheurs expliquent dépasser le seul « beau » ou la seule « valeur » (vase, certes intact ; monnaies) pour analyser en profondeur le tout.

Actuellement, la volonté politicarde de supprimer ou limiter des normes, dont les fouilles préventives, rend le contexte de ce timbre-ci important dans le débat public, mais il faudrait, lors de l'émission du timbre et de certains chantiers honteusement mené par des élus pressés par les élections de 2026, beaucoup d'articles de presse et de messages sur les réseaux sociaux sur les musées archéologiques et l'intérêt des fouilles pour reconstituer le territoire des populations qui nous ont précédés.


Complément du vendredi vingt-cinq avril 2025 :

Trouvée sur X une caricature animée sur la différence entre paléontologie et archéologie :

Dessin de Céline Piret, 2018.

« Pour la dernière fois... l'archéologue... ne cherche... pas de dinosaures ! »

Céline Piret est une archéologue belge et illustratrice dans cette discipline, notamment reconstitution graphique à partir des traces, os et objets retrouvés. La planche de définitions fait partie de sa série Arkéofacts (avec quelques-unes traduites en anglais et en russe).

samedi 25 janvier 2025

20 ans de Postcrossing fêtés par la Belgique en juin 2025

Le lundi quatorze juillet 2025, le projet Postcrossing d'échanges de cartes postales en aveugle fêtera ses vingt ans.

Grâce au Portugais Paulo Magalhães, le mardi sept janvier 2025 a été reçu et enregistré la quatre-vingt millionième carte postale entre Rotterdam, aux Pays-Bas, et l'Allemagne. Les statistiques des échanges de 2024 ont été mis en ligne sur le blog du projet, le quatorze janvier suivant ; en une année, 5 014 287 cartes ont voyagé la distance qui sépare actuellement la sonde Voyager 1 et la Terre.

Le bloc-feuillet de cinq timbres imitant une carte postale, à émettre le seize juin 2025 par la poste belge (© bpost and artist Geert Wille à  via Postcrossing blog)

Ainsi, le lundi seize juin prochain, bpost, l'entreprise historique postale belge, émettra un magnifique bloc-feuillet en forme de carte postale internationale avec ses chevrons bleu-blanc-rouge, son étiquette bleu clair « A Prior[itaire] » de poste aérienne et la salutation bilingue : "Groeten de België" en néerlandais et « Bonjour de Belgique » en français.

Les cinq timbres dessinés par Geert Wille représente chacun une étape de la carte postale : rédaction avec un timbre à message cœur rouge, le périple postale avec boîte aux lettres rouge, facteur et vol autour du globe, avant d'être enfin reçu et lu par le destinataire.


La valeur d'usage indiqué permet de réviser (dans les deux sens du terme) le système postal belge.

Depuis le premier octobre 2007 avec le régime intérieur, et le deux janvier 2009 pour l'Europe et pour le Monde, chaque timbre belge porte un nombre de points avec, initialement, un indicateur graphique de destination : drapeau européen ou globe terrestre.

 Ainsi, les timbres Postcrossing à venir porte un « 1 EUROPE », avec le chiffre dans un rond rose concordant avec le bleu ciel de fond des illustrations. Déjà, depuis ma dernière plongée belge et sûrement par souci d'accessibilité et compréhension de tous ses usagers, la poste a décidé d'indiquer en toute lettre la destination possible avec le timbre tenu en main.


Deuxième habitude belge depuis le premier janvier 2010, l'achat à l'unité de timbre en bureau de poste coûte plus cher qu'un achat groupé ou par carnet et feuillet.

En 2010, le nombre permettant d'obtenir une ristourne était de dix. Les tarifs 2025 actuels indique une diminution à cinq timbres pour la ristourne pourvu que l'achat porte sur un timbre intérieur « PRIOR », ou « 1 » Europe ou Monde. Dix restent la barre pour les timbres « 1 » intérieur.

Cinq au lieu de dix presque... sauf que cela signifie qu'au tarif intérieur, bpost a réintroduit un tarif économique et un tarif prioritaire qu'elle avait abandonné dans les années 2000 car elle livrait quasiment tout le courrier interne le lendemain...

Les temps changent ou la lettre du service universel coûte cher et les colis sont certes un milieu concurrentiel, mais plus nombreux et leurs circuits de distribution plus rentables que la tournée des facteurs.


Maintenant, arithmétique, combien coûtera ce bloc-feuillet ?

Cinq fois 2,90 euro au tarif postal ou cinq fois 2,78 euro car il s'agit d'acheter cinq timbres « 1 EUROPE » d'un coup, respectant l'achat en nombre.

La consultation de la boutique web de bpost (la eshop... ça va hurler à l'Académie française et au Québec à force) permet de constater les précédentes émissions du programme philatélique sont, habitude belge du vingtième-et-un siècle, essentiellement des blocs-feuillets de formes variées et vendues cinq fois le tarif préférentiel.

Le bloc Postcrossing 2005-2025 devrait donc être vendu à 13,90 euro et non 14,50.


Retour à la philatélie et à l'événementiel du collectionneur.

Un des postcrosseurs belges a ajouté une information à l'annonce de l'émission sur le blog du site d'échanges. Une vente premier jour aura lieu le samedi quatorze juin avec bureau de poste à Kalken, commune de Laarne, dans la province flamande de Flandre-Orientale. Un village à une dizaine de kilomètres à l'est de Gand.

Pourquoi là ? Car le samedi quatorze et le dimanche quinze a lieu SKALAFILA 2025, une exposition compétitive régionale (avec la Flandre-Occidentale) de toutes classes, y compris les cartes postales illustrées. Elle est organisée par le club Themafila-Wetteren.

Le site du club permet d'apprendre que bpost y lancera également deux émissions : un carnet de dix peintures de Bruegel (tarif « 1 » donc vendu par dix) et un feuillet reproduisant cinq billets de banque parmi l'histoire du franc belge (tarif « 1 EUROPE »).


Le programme 2025 de Belgique est disponible en une agréable au format pdf sur la page philatélie du site principal de bpost.