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lundi 21 septembre 2026

La Poste Suisse : « la meilleure du monde » qui « dans dix ans aura disparu »

 Le titre de cet article de blog est ironique et résume les deux titres proposés par Le Matin Dimanche du treize septembre 2026 en une puis en ouverture de l'entretien avec le président de La Poste Suisse, Christian Levrat par le journaliste Arthur Grosjean.

Un refrain connu des clients postaux en Europe (ouverture de l'entretien du président de La Poste pour Le Matin Dimanche, treize septembre 2026 - photographie : Raphael Moser).

Depuis 2021, le politicien fribourgeois, parlementaire confédéral, est le président de La Poste, et, comme ses équivalents européens, fait face aux questions du public, des élus locaux, et de la presse sur les évolutions inflationnistes des tarifs, du service postal, des services bancaires, de la réussite de la conversion vers le courrier et stockage numérique, etc.

Et le journaliste suisse n'a pas peur de relancer et secouer. Mais le politicien reste sur son cheminement : La Poste doit s'adapter si les Suisses espèrent en avoir encore une existante et financièrement accessible... contrairement aux Danois.

La une du Matin Dimanche du treize septembre 2026.

En cinq ans, sous sa direction, La Poste a connu des scandales syndicaux qui sont évoqués en début d'entretien.

Le facteur vaudois, avec quatre décennies de service, licencié pour avoir livré des colis dans les étages d'immeuble et éviter des vols, a été muté à un autre poste... car la livraison à la porte et non à la boîte est désormais facturée trois francs au destinataire. Malgré les nombreux dialogues et avertissements, il réalise gratuitement un service payant.

Au siège de Berne, deux vagues de licenciements agacent quant elles sont annoncées comme conséquences d'échecs industriels, dont quarante liés au Dossier électronique du patient... car, rappelle le président postal, la loi n'impose pas aux professionnels de santé de le remplir alors que la filiale numérique y travaille depuis 2004.

Numérique encore, le journaliste n'est pas convaincu par l'application Boîte aux lettres : sept cent mille utilisateurs revendiqués, mais pour une boîte presque vide pour celle du journaliste. Réponse : aux résidents suisses, aux administrations et entreprises du pays, de s'en saisir pour les courriers trop importants ou privés pour être laissés aux grandes messageries états-uniennes.


Les autres questions et réponses sont le quotidien des dirigeants postaux : encore des milliards de lettres et colis à distribuer, mais la lettre est en chute libre, et les colis en forte concurrence et à faible marge... même si La Poste Suisse a une part de marché des trois quarts.

Ne sont pas évoqués les alliances avec d'autres groupes postaux historiques, telle avec La Poste française sur le courrier international à partir de pays tiers : tapez Asendia sur le moteur de recherche Google de ce blog.

Pour les tarifs courrier, La Poste et l'autorité de la concurrence ont conclu un accord sur ces prix aux clients privés jusque fin 2027... Le journaliste aurait préféré 2030. Le président, comme La Poste en France, rappelle la petitesse du budget lettres postales des ménages, donc le faible impact de l'augmentation...


Autre sujet de friction ciblé par les personnes âgées selon le journaliste : la fermeture des bureaux de poste et leur remplacement par des points postaux au sein de commerces divers et variés. 

La réponse est connue et donc répétée : les mille quatre cents « partenaires » peuvent réaliser les opérations postales et bancaires les plus courantes avec une large plage horaire et en permettant des achats et des services du quotidien au même lieu.

Les six cents « offices de poste traditionnel » restants en 2028, eux seuls proposent des services plus complexes. Après l'exemple danois, il convoque l'exemple allemand : Deutsche Post ferme tous ses bureaux au profit de ses comptoirs postaux en commerces privés.


En conclusion si le journaliste s'interroge sur le passé révolu de dirigeant syndical et membre du Parti socialiste de Christian Levrat, ce dernier se défend comme ses homologues qui ont choisi ce modèle complexe mixte : moins de tournées, de bureaux, mais encore une poste active, se diversifiant vers poste, banque et stockage numérique...

... ou alors que les citoyens réclament les solutions allemandes (distribution seulement), britanniques (privatisation totale) et danoises (plus de service universel, payer le prix réel).

lundi 22 décembre 2025

Un marronnier suisse : les apparences des pièces de 5 francs

 Hier, dimanche vingt-et-un décembre 2025, Ivan Radja du quotidien Le Matin a réexpliqué pourquoi une nouvelle angoisse saisie les commerçants suisses face à certaines pièces de cinq francs (environ cinq euros).

Titre et photographies d'un des problèmes causés par la pièce de cinq francs suisses (Le Matin, vingt-et-un décembre 2025).

L'apparence fortement évolutive de cette pièce de monnaie explique la surprise principale des employés de commerce.

Le berger alpin par Paul Burkhard (1888-1964) est frappé en cupro-nickel en 1968 et depuis 1970.

Seulement, jusqu'en 1981, la frappe du revers est inversée à celle de l'avers : « frappe monnaie » ou « française ». Depuis 1982, les deux faces sont sur le même plan, au profit des collectionneurs de set de la Monnaie suisse : « frappe médaille » ou « allemande ».

Mais ce n'est pas le problème principal des commerçants.

Une première crainte de perte de temps provient de la démonétisation en 2004 des pièces de 1985 à 1990 et 1992, dont la devise Dominus providebit en creux sur la tranche a été bien trop facilement imitée par les faussaires. Si une de ces pièces atterrit en caisse, il faut alors aller échanger auprès de la Banque nationale suisse...

Ah, des fausses pièces... avec des tranches en creux et des frappes de moindre qualité.

En plus, il n'y a pas eu de tirage de circulation en 1991 et 1993... sauf pour les sets de collection dont une partie a pu être ouvert pour servir par des particuliers bien qu'ayant perdu leur usage commercial.

En faisant attention que les pièces de 1969 et d'avant 1968, en frappe monnaie, sont en argent... Il ne faudrait pas les refuser tout de même si on a le temps de recompter la caisse.

Bref, le journaliste a consulté banque privée, police cantonale, banque centrale et la Monnaie : il n'y a pas de recrudescence de fausse monnaie en ce moment.

Mais, employés et patrons n'étant pas numismates et n'ayant pas le temps face aux clients, la prudence  l'emporte chez quelques-uns face à des pièces différentes de celles d'après 1994.

lundi 4 août 2025

Solidarité avec Blatten en Suisse

 Par courriel, hier dimanche trois août 2025, La Poste Suisse annonce la mise en vente d'un bloc de dix timbres de bienfaisance pour l'aide aux habitants victimes de l'effondrement du glacier du Birch, en mai 2025.

Le feuillet de dix timbres gommés mis en vente le vendredi premier août 2025 (boutique web de La Poste Suisse).

Les glaciers, des Alpes comme ailleurs dans le monde comme en Antarctique, sont victimes du changement climatique global d'origine humaine des dernières décennies. Alors que leur poids leur fond râclés la roche sur laquelle ils s'écoulent lentement, leur fonte suscite des ruisseaux d'eau liquide, pouvant entraîner un glissement plus ou moins brusque d'une partie du glacier.

Ainsi, le vingt-huit mai dernier, la quasi-totalité du village de Blatten et le hameau de Ried, dans le canton du Valais, sont ensevelis sous des tonnes de glaces, de roches et de terres.

Comme pour le timbre pour la lutte contre le coranavirus covid-19, en avril 2020, La Poste Suisse offre le franc et vingt centimes de l'affranchissement postal permis par ces timbres et l'acheteur paie la donation à la Croix-Rouge suisse de cinq francs suisses par timbres, soit quarante francs le bloc (environ 42,80 euro, soit 5,35 par timbre).

Cependant, ces événements géologiques - parfois accompagnés par une météorologie extrême, ici les températures et précipitations alpines - ne s'arrêteront pas avec ces dons et de beaux discours politiciens : en 2021, les fortes pluies ont provoqué un glissement de terrains plats, en Allemagne, d'une ampleur telle que je me demande si les médias d'information pensent encore à financer des reportages de suivi des lieux et des habitants.

Comment terraformer l'éboulement de Erftstadt et repérer d'autres régions menacées ?

Car une des caractéristiques du changement climatique en cours n'est pas s'il va faire chaud ou frais pendant nos congés, mais le passage d'un extrême à l'autre quelque soit le lieu, le temps et les habitants concernés.

Un timbre ne suffira sûrement pas à changer nos comportements.

dimanche 18 mai 2025

C'était l'Eurovision de la chanson 2025 à Bâle

 Le six mars 2025, La Poste Suisse a émis un timbre-poste pour marquer l'organisation du Concours Eurovision de la chanson 2025 à Bâle, la semaine du douze au dix-huit mai.

Le timbre autocollant suisse pour l'Eurovision Song Contest 2025.

La Radio-Télévision Suisse retrouve le concours grâce au chanteur Nemo, le briseur de code aux capacités de voix et d'équilibre qui ont impressionné jurys et public en mai 2024.

L'enveloppe premier jour de La Poste Suisse.

Balthasar Bosshard (Wonky Studio) interprète le rôle des sens et de la mise en scène du concours de ses origines au concours de Bâle : sur le premier jour, l'artiste est simplifiée à la bouche souriante, les yeux, et ses membres dansant. Elle sort d'un téléviseur en noir et blanc des années 1950 pour aller vers un écran plan en couleur.

Et en trois dimensions même sur le timbre comme l'immense scène créée pour les artistes à Bâle : un grand mur en arrière-plan, un portail au premier plan et une scène immense au sol sur laquelle peuvent également diffuser les films d'immersion des chansons.

Cela permet d'attirer les téléspectateurs puisque la performance sur scène peut dépasser la seule écoute, le clip habituel et même les costumes et constructions théâtrales peuvent être encore plus développés. Après, peut-être que les montagnes enflammées de Norvège ou le navigateur autrichien au milieu de la tempête auront laissé une chance à l'utilisation plus traditionnelle d'une scène de concert par Claude, chanteur trilingue des Pays-Bas, voire la modestie de la mise en scène suisse.

Le feuillet de dix timbres autocollants.

Le timbre, à l'unité comme en feuillet illustré de dix, est autocollant. La marge supérieure du feuillet reprend le logotype du concours avec le drapeau suisse et une partition aux yeux. Les lèvres chantant, à droite, entourent le trophée.

Et oui, la bouche d'où sort un œil rappelle le décor du numéro de la Maltaise Miriane Conte.

mercredi 5 mars 2025

Le 50 centimes Jeanne d'Arc de 1929 présenté à la RPSL

 Hier, mardi quatre mars 2025, la Royal Philatelic Society London a organisé une présentation en visio-conférence sur un timbre de France, grandement apprécié pour les marges de ses carnets publicitaires : le cinquante centimes Jeanne d'Arc, émis le onze mars 1929 pour les cinq cents ans de la fin du siège de la ville d'Orléans, un des épisodes principaux de la guerre de Cent Ans entre les dynasties royales françaises et anglaises pour la descendance de la couronne de France.

Le plan de la présentation par Michael Bister (copie d'écran, compte youTube de la RPSL).

Michael Bister a présenté la genèse, l'impression, les carnets publicitaires et les usages postaux d'un de ces premiers timbres commémoratifs de France.

Le projet retenu de Gabriel Barlangue, repris et colorisé par un journal confessionnel, Le Pèlerin (copie d'écran, compte youTube de la RPSL).
 
Dans la première partie, les projets soumis au concours d'artistes et les tirages en couleurs sont montrés et expliqué dans leur contexte de la Troisième République, certes victorieuse de la Première Guerre mondiale, mais où la loi de séparation des Églises et de l'État de 1905 est encore en mémoire.

On peut compléter que la République a fixé, en 1920 dans les semaines qui ont suivi sa canonisation par l'Église catholique, une fête nationale en son honneur au second dimanche du mois de mai. Le trente mai étant sa fête religieuse, jour de son martyre sur le bûcher.

C'est le dessin de Gabriel Barlangue qui fut retenu et gravé par Abel Mignon, gravure qui élimina la seule fleur de lys capétienne complète du drapeau. L'impression fut typographique.

Par la suite, l'artiste Barlangue dessina trente-et-un timbres de France, vingt-sept pour les colonies et des postes étrangères. Multi-support, Mignon a commencé à graver des timbres pour les P.T.T. en 1910, et pour la poste tchécoslovaque en 1927.

Une complète explication des différents type de carnets publicitaires ou de commande de privée, dont voici un exemple de pages par Michael Bister (copie d'écran, compte youTube de la RPSL).

Les collectionneurs traditionnels apprécieront l'abondance des illustrations et explications sur l'origine des couvertures et des marges publicitaires ou à messages, dont a bénéficié cette émission sous forme de carnet de vingt timbres.

Les historiens postaux profiteront des usages dans la quatrième partie. La valeur faciale de cinquante centimes permettait d'envoyer une lettre de moins de vingt grammes en France  (merci au site Phil-Ouest.com de se praticité) et en multiples pour l'étranger.

Particularité de sa carrière, les postes françaises firent la promotion de la poste aérienne régulière à ce moment-là, mais à un tarif supérieur. Des lettres aériennes sous-affranchies existent donc sans taxation au destinataire : avec un cachet sur les lettres intérieures, les P.T.T. faisaient connaître le cheminement exceptionnel comme forme de réclame.Sur les courriers vers l'Europe, le service aérien repostait le courrier, ce qui peut aussi donner des courriers avec affranchissement complémentaire en timbre de destination ; Bister propose un exemple suisse.

Autre aventure précurseure pour le Jeanne d'Arc fut les essais de faire passer les sacs postaux d'un paquebot à un avion au large des côtes des États-Unis. Plus les pneumatiques parisiens. Une quatrième partie non négligeable.

L'orateur termine sa présentation par un film des dernières fêtes johanniques, proposé sur le site de la Ville d'Orléans, et organisée une dizaine de jours et se concluant le huit mai, jour-anniversaire de la délivrance face aux Anglais.

dimanche 2 février 2025

Annuelle poste en ballon en Suisse

 Mercredi vingt-neuf janvier 2025, lors du Festival international de ballons de Château-d’Œx, le club philatélique du Pays-d’Enhaut a fait transporter un sac postal de cent soixante enveloppes par un des aérostiers.

Ce samedi premier et dimanche deux février, derniers jours du Festival, les éditions week-end des journaux suisses s'en font écho entre photographies aériennes, promotion de la philatélie et rappel historique du siège de Paris de 1870-1871.

Les trois-quarts d'une double page du Matin Dimanche de ce deux février 2025 sont consacrés au courrier en ballon.

Par exemple, dans Le Matin Dimanche en ligne - avec article consultable sur abonnement avec la plate-forme 24heures.ch, le journaliste David Genillard et la photographe Chantal Dervey ont suivi ce sac de courrier commémoratif et le président du club Roland Oguey, collectionneur de quelques-uns des deux millions de « ballons montés », ces courriers que le Gouvernement provisoire parisien parvint à faire quitter la capitale française assiégée par les armées prussiennes et allemandes alliées en 1870-1871.

Les enveloppes illustrées du festival, timbré, comprendront des signatures des pilotes et informations réelles sur le vol (Chantal Dervey, Le Matin Dimanche).

Mais, comme au dix-neuvième siècle, la poste en ballon connaît des aléas : les vents et l'art du pilotage font que si le point de départ est connu, celui d'arrivée ne l'est pas. Le vingt-neuf janvier, de Château-d'Œx dans le canton de Vaud, l'atterrissage eut lieu près de Ruswil, village du canton de Lucerne.

Une belle traversée ensoleillée du centre de la Suisse, mais avec un tracas tout vingt-et-unième siècle : trouver un « office postal » encore existant dans un espace rural.

Certes, Ruswil en a un, encore ouvert, mais la gestion des oblitérations est commune à nombre de postes européennes désormais : la postière peut prendre en charge le courrier qui sera amené au centre de tri, mais elle ne peut les oblitérer manuellement, surtout autant.

Le président du club philatélique du Pays-d’Enhaut a une solution depuis quelques années :

- une seule enveloppe est oblitérée manuellement au bureau le plus proche pour attester du lieu de l'atterrissage,

- les autres enveloppes sont transmises au service philatélique de La Poste Suisse qui assure oblitération commémorative et transmissions vers les collectionneurs.

mercredi 14 août 2024

La carte postale d'été 2024 dans Spirou

 Comme chaque été, la carte postale de vacances fait une apparition dans le magazine hebdomadaire de bandes dessinées Spirou, et ce sera le numéro 4505 de ce mercredi quatorze août 2024.

Bertschy, Nelson, comic strip 5275, paru dans Spirou n°4505, quatorze août 2024.

Un des personnages de la série du diablotin Nelson du Suisse Christophe Bertschy pense à son ami Floyd depuis la plage, et envoie une carte très spécifiquement canine.

Humour à retrouver parmi d'autres gags (dont Titan Inc. sur notre aveuglement collectif face au changement climatique) et des extraits d'albums par épisodes dont la seconde partie de La Mémoire du futur, le prochain album des Aventures de Spirou et Fantasio par Abitan et Guerrive au scénario et Schwatrz au dessin.

Facteur en vacances, donc abonnez-vous quand il fera moins chaud.

Une fois comme de temps à autre, c'est un facteur qui illustre le gag du bon d'abonnement au magazine par Thiriet et Cromheeke.

lundi 6 avril 2020

Nous sommes (bien) en guerre !

Si le champ lexical guerrier des politiciens et les souvenirs de la résistance britannique par la Reine, hier soir dimanche cinq avril 2020, ne suffisaient pas à marquer les esprits face à l'épidémie du covid-19, voilà une émission philatélique qui rappellera les années 1930 et 1940 aux collectionneurs.
Un franc suisse de faciale pour cinq francs de don !!! (La Poste Suisse).

Annoncé cet après-midi par La Poste Suisse pour émission immédiate, ce timbre de bienfaisance est vendu cinquante francs (environ quarante-sept euros) uniquement en feuillet de dix, dessiné par Alexandra Steiner de l'agence nulleins.

Oui, vous lisez bien : cinq francs de don pour un franc de faciale ! Avec une telle proportion, nous voilà revenu au temps des timbres français pour soutenir les intellectuels sous la Troisième République ou les mauvaises œuvres du maréchal Pétain pendant l'Occupation.
Le feuillet (boutique web de La Poste Suisse).
C'est tout de même pour la bonne cause. L'ensemble du produit de la vente sera reversé à deux associations : La Suisse Solidaire et la Croix-Rouge suisse dans le but d'aider ceux qui en ont immédiatement besoin pendant l'épidémie.

La Poste Suisse fait également un geste : l'affranchissement permis par chaque timbre est offert aux acheteurs. Un franc est le tarif intérieur prioritaire (y compris le Liechtenstein).

lundi 2 octobre 2017

Genève, point de départ de l'unification postale helvétique

Jeudi dernier, le vingt-huit septembre 2017, la Royal Philatelic Society London a proposé une conférence de Jean Voruz, l'actuel président du Consilium Philateliæ Helveticæ. Son objet est une spécialité, sans cesse approfondie par son chercheur ces dernières années, du passage de la poste cantonale de Genève à la poste fédérale suisse.

En introduction, l'orateur rappelle qu'il faut unifier dix-sept postes cantonales jalouses de leurs revenus, une grande variété d'unités monétaires (plus de quatre cents !), de mesures et de poids, les douanes intercantonales. Système postal où il est plus simple et moins cher d'envoyer du courrier pour l'étranger lointain ou via la France qu'à travers la Suisse.
Le cœur de la simplification d'une histoire arithmétiquement audacieuse - oui, les pdf proposent également des timbres, des lettres et des marques postales à foison (copie d'écran du diaporama de Jean Voruz pour la conférence du vingt-huit septembre 2017 à la Royal Philatelic Society London).
À l'aide d'un tableau décomposé à chaque étape du plan chronologique et tarifaire, Jean Voruz explique comment, mi-dix-neuvième siècle, les autorités de la Confédération et Collignon-Faure, directeur de l'arrondissement postal fédéral n°1 [Genève et Nyon] ont établi une poste - et même une monnaie - fédérale à partir de celle du canton de Genève, déjà très liée à la France par les flux postaux et la parité monétaire.

La difficulté que les tableaux aident à saisir, est constitué des étapes monétaires, philatéliques et postales progressivement mises en place entre le premier octobre 1849 et le premier janvier 1852. Notamment les conversions arrondies plus ou moins logiques entre les rappen et les centimes de franc de Genève, futur franc suisse.

À partir de là, les courriers présentés au diaporama ou dans les cadres d'exposition illustrent les différents cas possibles au départ ou à l'arrivée de Genève... Et, probablement, la circonspection des usagers d'alors quand deux timbres de cinq ne forment plus un affranchissement de dix...

Ou encore que jusqu'en 1854, grâce au choix de l'extension du modèle genevois à l'ensemble de la Confédération, l'ensemble des timbres du canton de Genève et de Suisse sont valables sur le courrier au départ de ce canton puisque portant des valeurs faciales dans l'unité monétaire finalement choisie.

Et ainsi, par cette simplification, la poste participa à la consolidation d'une Confédération en un État bien plus solidaire qu'au cours des siècles précédents.

Les visiteurs du site de la RPSL trouveront un fascicule illustré tout aussi passionnant que la conférence dont l'adresse youTube est accessible aux membres ou sur demande au secrétariat de la Société.

Pour les lecteurs francophones peu versés dans la langue anglaise, un court article de Jean Voruz sur la question monétaire du franc de Genève, publié dans The London Philatelist en octobre 2012, est lisible en français.

lundi 31 juillet 2017

Deuxième moitié de juillet 2017 en Philatélie

Quelques nouvelles variées.

Lundi dix-sept juillet : quarante ans pour l'académie hispanique de philatélie.
L'Académie royale hispanique de philatélie et d'histoire postale annonce la publication d'un recueil spécial d'articles pour marquer ses quarante années.

Son président Jesús Sitjà Prats propose un résumé du contenu très étendu dans le temps et l'espace.

Jeudi vingt-sept juillet : célébration de ses volontaires à la Royale.
Pour son exposition d'été, la Société philatélique royale de Londres a proposé aux participants du Monday Club et aux employés de sa bibliothèque de montrer une de leur collection de timbres ou d'histoire postale.

Le Club du lundi fut établi en 2001 quand le Bibliothécaire Philip Lindley-Sought requit l'aide des membres pour gérer les collections de livres et de périodiques de la Société - visitez-la !

L'exposition part de la collection thématique sur les chiens de la documentaliste professionnelle, Nicola Davies, modeste mais qui s'accroît régulièrement de tous les dons déposés sur son bureau par les membres.

En études de timbres : les timbres de Belgique par Ron Wood, la série courante héraldique de Finlande de 1954-1974 par Eric Keefe, les effigies royales de Roumanie par Philip Feakin, les timbres de Suisse imprimés par Karl Durheim de Berne en 1850 par Jonathan Cartwright. Mon petit plaisir six-georgien : la série d'usage courant de 1938 de Nouvelle-Zélande par Brian Stonestreet.

Plus exotique, géographiquement autant que philatéliquement, D. Gwynne Harris explique l'intérêt des empreintes de machines à affranchir du Soudan de 1951 à 1970.

En histoire postale, le Bibliothécaire Brian Palmer explique les marques sur les courriers britanniques à destination de l'Allemagne, de l'Autriche et de la Suisse avant l'Union postale universelle - je vais arriver à comprendre une collection de ce type d'ici... quelques années. Gregory Wynn se tournant vers la Scandinavie à partir du nœud postal de Hambourg.
Le passage du courrier de l'Allemagne à la Russie, illustration du Petit Journal du dix-sept décembre 1905 proposée par Marcus Sherwood-Jenkins pour le livret de l'exposition. On appréciera la condescendance de la légende : comme il y a cent ans... Un indice pour la Grande Guerre à venir ? (base Gallica de la Bibliothèque nationale de France)
Plus surprenants, dans l'ordre croissant de ma surprise : Prue Henderson présente les publicités françaises imprimées sur le courrier (avec les entreprises primées lors des expositions universelles parisiennes dans le livret de l'exposition). Eddie Spicer observe le catapultage d'hydravions chargés de courriers depuis des navires allemands dans l'Atlantique-Nord pendant l'entre-deux-guerres.

Enfin, histoire socio-postale - et prix SébPhilatélie du piquage de curiosité -, Marcus A. Sherwood-Jenkins plonge dans l'histoire des postiers russes et de leur travail de 1698 à 1917.

Vendredi ving-huit juillet : ouverture du Postal Museum à Londres.
Ça y est : après le dévoilement de son identité commerciale en février 2016, puis de sa date d'ouverture en juin dernier, Londres et le Royaume-Uni ont retrouvé un musée postal depuis vendredi dernier matin.

Trois tickets sont proposés pour visiter The Postal Museum. Le musée seul coûte dix livres sterling par adulte et est gratuit pour les moins de quinze ans ; les moins de huit ans peuvent être confié pour cinq livres à Sorted!, une crèche en forme de ville où le service postal est au cœur des activités.

Enfin, à partir du quatre septembre - pensez à réserver, pour quatorze livres cinquante pence par adulte et sept vingt-cinq par enfant, l'entrée du musée est complétée par Mail Rail : vingt minutes à bord d'un train parcourant et contant l'histoire de ce réseau de métro postal sous Londres, utilisé de décembre 1927 à mai 2003. Cela comprend l'accès à une exposition supplémentaire sur celui-ci.

Dommage cependant que, bien que la majeure partie de la communication du musée se concentre sur Mail Rail, cette attraction ne sera disponible au public qu'à partir du quatre septembre... sauf pour quelques familles ayant réservé très rapidement à l'ouverture des réservations qui ont pu en profiter le week-end passé et le week-end prochain.

N'hésitez pas à explorer les réseaux sociaux : de nombreuses photographies du musée circulent depuis une soirée spéciale à laquelle étaient conviés nombre journalistes et chroniqueurs internautiques.

Dimanche trente juillet : fin des timbres de bienfaisance néo-zélandais.
Lancé en 1929, la série des Children's Health stamps aura connu sa dernière émission en septembre 2016, a annoncé la poste noé-zélandaise dans une communication citée par le blog Commonwealth Stamp Opinion.
La statue londonienne de Peter Pan, le héros de l'enfance, sur un des deux timbres de 1945.
Raison invoquée - qui va rire jaune de nombreux collectionneurs de nouveautés - et que je résume lapidairement : moins de courrier posté = moins de timbres achetés = moins de timbres de bienfaisance achetés = une émission trop coûteuse à produire.

New Zealand Post annonce qu'elle continuera à soutenir Stand, l'association carétative qui employait les fonds levés pour des activités destinées aux enfants de cinq à douze ans.

Tels les émissions Croix-Rouge en France, Pro Juvente en Suisse, les timbres néo-zélandais pour la Santé des enfants peuvent faire l'objet d'une collection en eux-mêmes et accompagnent de nombreuses thématiques : les enfants de la famille royale, Peter Pan, les sports, l'alimentation, les animaux, etc.

Le site StampsNZ en propose la liste illustrée.

Jeudi sept septembre : trois timbres Postcrossing en Suisse.
Le jeudi sept septembre prochain, La Poste suisse émettra trois timbres sur le site d'échange de correspondance en aveugle par cartes postales, un par service (intérieur, Europe et monde).
Les trois timbres (blog de Postcrossing, vingt-huit juillet 2017).
Les illustrations amusantes de Max Spring résument bien le principe de Postcrossing, correspondent chacune au tarif et assureront la promotion de la Suisse dans le monde.

Par contre, un premier jour en milieu de semaine... Verra-t-on des voyages de postcrosseurs vers la confédération pour des emplois en masse de ces timbres sur les prochains échanges ? 

samedi 8 avril 2017

Rien n'arrêtera l'effigie Machin !

Le cinq juin prochain, le type Machin aura cinquante ans d'usage sur les timbres d'usage courant du Royaume-Uni et, même si The Guardian a déjà raconté, le dix-sept mars, le protocole entourant la disparition de la Reine, rien ne semble pouvoir l'empêcher de rester sur les timbres de Royal Mail jusqu'à la fin des temps.

Quelques preuves de 2017 grâce à Ian et John Billings, du commerce Norvic Philatelics, dont le blog, le site et la boutique constituent des références permanentes, aux côtés des chroniques mensuelles « Machin Watch » d'un autre marchand, John M. Deering, dans Gibbons Stamp Monthly.

Passons sur le suivi annuel des millésimes et codes-produits cachés dans l'encre iridiscente depuis les dernières mesures de sécurité de février 2009. Et aussi sur la stabilisation des étiquettes de port payé portant l'effigie dorée dans leur coin supérieur droit.

Cinq livres par cinq livres, le bilan financier sera bien ivre.
Essorons d'abord les porte-feuilles avec un cinq livres sterling bleu saphir grand format pour les soixante-cinq ans de l'accession au trône d'Elisabeth II, le six février dernier... Soixante-cinq ?!! Quelle est cette passion pour les anniversaires arithmétiquement exotiques ?
Image d'ordinateur du cinq livres (boutique de Royal Mail).
Certes, ce jour de deuil pour la Reine, est régulièrement jour d'émission jubilaire pour Royal Mail, mais à cinq livres sterling (à l'unité gommée ou en feuillet de dix cough... cough...), plusieurs machinistes britanniques ont soupçonné que les timbres seraient introuvables dans les bureaux de poste qui stockent uniquement l'essentiel en termes de timbres : les tarifs les plus demandés et un tout petit nombre de presentation packs en cas de collectionneurs vivant dans leur secteur.

Amusant : la mention iridescente de sécurité reprend le nom de l'évenement à l'infini, dont un ACCESSION est transformé en ACCE17ION  pour inclure le millésime.

Et une augmentation colorée des tarifs internationaux, une !
Comme chaque année, les tarifs postaux de l'opérateur privé britannique soumis au service universel du courrier ont augmenté le vingt-sept mars, les lettres intérieures les plus lourdes et les services spéciaux d'une part, mais surtout le courrier aérien international. Davantage le courrier pour l'Europe que le reste du monde aussi.
Un joli arc-en-ciel pour neuf livres sterling (via le blog de Norvic Philatelics).
Au bilan, il a fallu réémettre cinq timbres avec leur valeur faciale à jour et les dents des collectionneurs ont grincé... Le blogueur machiniste Andrew Hill calcule à peine moins de neuf livres sterling pour les cinq Machins de £1.17 à £2.55. Presque vingt livres si vous collectionnez aussi les huit usage courant aux symboles des quatre nations nécessaires.

Il s'en amuse en rappelant que le £1.57 permet d'envoyer une correspondance jusqu'à soixante-dix grammes au Kazakhstan, mais pouvoir suivre son arrivée. Vu les ports que je supporte pour mes récentes commandes britanniques de livres... Attendre le colis à l'ancienne devient un jeu de hasard plaisant au compte en banque.

Dernier débat marronnier : du nom de ces nouvelles couleurs chatoyantes. Jeffery Matthews est à la retraite, Royal Mail a toutefois besoin de nouvelles teintes qu'elle dénomme (traduction personnelle sûrement pas assez littéraire) : £1.17 rouge soleil levant [le soleil levant est très orange en Angleterre], £1.40 pin vert foncé [à confronter aux divers pins et sapins de nos régions et du Commanwealth], £1.57 vert de Tarragone [pour les amateurs de spiritueux], £2.27 moisson doré [trop de victoires britanniques au Tour de France au milieu des champs de blé] et £2.55 rouge grenat...

Rouge grenat ?!

Quelle banalité pour une si forte valeur faciale :)

Cinquante ans de vidange de porte-feuilles. Et l'art dans tout ça ?
L'attente des émissions du cinquantenaire du type Machin a pris fin, cette semaine, avec l'arrivée des bulletins d'information de Royal Mail chez les marchands et les collectionneur abonnés au Philatelic Bulletin.

À la fois enthousiasmant et décevant.
Le premier et ravissant feuillet du cinquantenaire du Machin, les différentes étapes de la réflexion artistique d'Arnold Machin (Royal Mail Philatelic Bulletin via le blog de Norvic Philatelics).
Deux blocs-feuillets seront proposés. Pas un, deux.

Pour le feuillet que je ne reproduis pas ici, allez voir sur le blog de Norvic Philatelics : il est moche et heurtera la mémoire d'Arnold Machin qui n'avait pas apprécié de son vivant les quelques essais de faire varier la forme du type dans les années 1980 sans son accord. Résultat : un alignement de réémission des différents formes du type depuis le quatre pence noir jusqu'à un nouveau £1 grand format gaufré.

Nouveau pour être sûr de faire dépenser ?

Cinq pi plus vingt pi plus quatre fois soixante-cinq pi de First Class plus une grosse livre égalent trois livres quatre-vingt-cinq pas très bien agencées... Le carnet de prestige de 1999 avait plus de classe... coûteuse certes, mais la version taille-douce par Czesław Słania tout de même.
La couverture de A Timeless Classic de Douglas Muir. Parmi les bas-reliefs d'Arnold Machin, un doit être au musée postal londonien, un dans la salle d'exposition de la Royal Philatelic Society London, et, sauf erreur, deux ont connu des ventes aux enchères cette dernière décennie.
L'autre feuillet, illustré ci-dessus, est bien plus digne, accessible et utilisable sur courrier avec ses six timbres de première classe (soixante-cinq pence chacun donc). À admirer en relisant les mémoires d'Arnold Machin, ou la genèse de l'effigie Machin avec A Timeless Classic de Douglas Muir, le conservateur du Postal Museum de Londres (ouverture en juillet !).

Mais aussi des Post & Go !
Pour toucher un public plus large, six timbres de distributeurs Post & Go (les LISA d'Outre-Manche) sont aussi prévus. Rappelons que, si Royal Mail ne s'est mis qu'en 2008 aux automates de vente de timbres à valeur à la demande, elle et son prestatire Intelligent AR n'en finissent plus d'émettre de nouvelles illustrations, de proposer lors des salons philatéliques ou de laisser des musées proposées des mentions spéciales...

Le cinquantenaire Machin ira plus loin encore !
La version rouge du Post & Go du cinquantenaire de l'effigie Machin, cette fois-ci celle qui a servi en coin des timbres commémoratifs de la fin des années 1960 pour remplacer l'envahissante photographie de trois quart de Dorothy Wilding (Royal Mail Philatelic Bulletin via le blog de Norvic Philatelics).
Oui, oui, c'est bien une effigie royale par Arnold Machin. La première réflexion philatélique fut, pour le sculpteur, de réadapter le profil qu'il avait créé pour la Monnaie britannique, allégeant le diadème. L'objectif était alors de pallier les plaintes des artistes de devoir consacrer un tiers de la surface des timbres commémoratifs à l'effigie photographique de Dorothy Wilding... Associées au désir républicain du ministre Tony Benn et à l'élan artistique de David Gentleman (récit repris dans un documentaire philatélique récent de la BBC), ces plaintes et le côté un poil remuant du duo Benn-Gentleman incitèrent la recherche de solutions d'usage courant et de commémoratives qui aboutirent aux effigies Machin.

Vraiment, il faut lire A Timeless Classic. Et les livres illustrés par Gentleman.

À la fois hommage à l'œuvre d'Arnold Machin et au règne démarré bien jeune par Elisabeth Windsor, la déclinaison en six couleurs avec un effigie inhabituelle permettra de faire prendre conscience au grand public de l'histoire du timbre qu'il manipule le plus depuis cinq décennies.

Néanmoins, la Royal Mail ayant tendance à imprimer des mentions spéciales sur ces timbres de distributeur, évitez de passer au nouveau musée postal en juillet ou à Stampex en automne si vous tenez à votre petite monnaie.

Pour collectionneurs exigeants.
Hélas, les plus aguerris d'entre les collectionneurs sont à la recherche de la note parfaite en exposition internationale, du cent pour cent. Il est dur de les convaincre - Ou sont-ce les juges ? - qu'il est possible de collectionner et étudier un type d'usage courant sans rester lover au chaud dans son fauteuil.

Heureusement qu'il y a toujours des archives perdues pour retrouver la lumière au meilleur moment !
Presque vingt ans après leur impression (octobre 1997), les feuilles d'essais de Courvoisier arrivent dans les musées et sur le marché philatélique (Kelleher Auctions, dont je conseille la lecture du magazine créé en 2015).
En janvier, la maison états-unienne Kelleher Auctions a fait sensation en annonçant qu'elle présenterait au salon Stampex de Londres en février des essais inconnus du type Machin. Réalisés par l'imprimeur suisse Courvoisier en 1997, avant sa fermeture en 2001 avec dispersion de ses archives philatéliques. Alors, Royal Mail se fournissait auprès de l'imprimeur britannique House of Questa en offset, mais souhaitait pendant les années 1990 de passer en héliogravure ; l'opérateur postal autorisa Questa à commander des essais à Courvoisier qui disposait des machines et de l'expérience.

En janvier, Ian Billings pouvait montrer trois exemplaires en vert, gris et orange, sans indicateur de valeur. Il expliquait que le nombre de feuilles était encore inconnu, donc qu'il était difficile d'estimer une première valeur de vente. Et que le Musée postal londonien a réussi à en obtenir une feuille de chaque couleur.

Ce mercredi cinq avril, il a pu mettre à jour les informations marchandes : deux jeux de trois feuilles (soit deux cents séries de vignettes détachées au maximum) seront écoulés sur le marché britannique, un propriétaire privé conservant le reste aux États-Unis. D'après les discussions avec Kelleher, ce propriétaire espérait cinquante mille dollars pour les trois feuilles exposées à Stampex, soit quelques centaines de livres sterling le jeu de vignettes différentes !

Finalement, Norvic Philatelics propose le jeu de trois pour cent cinquante livres sterling. Entrez par mail sur la liste d'attente.

Conclusion du premier semestre 2017 : 
ne parlez pas de philatélie à votre banquier,
encore moins à votre conjoint.

Sinon, Royal Mail vous propose aussi son programme commémoratif.

lundi 11 juillet 2016

L'Europe philatélique et postale : du goéland proBrexit à la généreuse Suisse

Parce que, même avec Google Actualités, il reste difficile de recevoir toutes les nouvelles philatéliques et postales du monde, il est fort utile de consulter nombre blogs et forums, notamment la revue de presse du samedi neuf juillet par MargoZ sur StampBoards.com.
Brexit : la Home Guard prête à repousser l'invasion européenne ! (Lonely Planet via The Daily Mail). Explication en fin d'article.
France : Les enveloppes d'expédition gratuites britanniques sont-elles valides depuis la France ?
La version française de The Local, site d'information pour les expatriés britanniques, rapporte le mardi sept juin (trouvé grâce à MargoZ) que plusieurs Britanniques se sont heurtés au refus de postiers locaux d'accepter leur enveloppe de vote par correspondance en « réponse payée » comme indiquée sur l'enveloppe, les forçant à affranchir d'un euro l'envoi.
L'enveloppe fournie aux électeurs britanniques par correspondance (The local.fr).
 Comme dans le cas breton, un cadre de La Poste a dû rappeler qu'il y a bien un accord entre le gouvernement britannique et les postes européennes sur ces envois. Décidément, ce référendum sur l'Union européenne au Royaume-Uni a stressé et stressera bien du monde.

Oh là là...

Jersey : crime de lèse-Premier Ministre ?
L'auteur du blog Commonwealth Stamp Opinion s'interroge, hier dimanche dix juillet, si le graphiste d'une feuille de timbres-vignettes commémoratives n'a pas exprimé un point de vue politique dans sa création pour Jersey.
L'objet du crime se trouve entre les deux blocs de dix timbres et leurs vignettes (jerseystamps.com).
Le service philatélique de l'île Anglo-Normande marque ainsi, depuis le lundi vingt-sept juin, le centenaire de la bataille de la Somme avec ce collector (comme le nommerait La Poste française) de deux blocs de dix timbres avec en vignettes des photographies d'époque.

En arrière-plan, une photographie des tombes des soldats britanniques au mémorial de Thiepval, notamment en gros plan, entre les deux blocs, du soldat T. Blair, tué le quinze juillet 1916...

Comme dans Tony Blair, ancien Premier Ministre qui doit actuellement répondre aux conclusions d'un rapport - par John Chilcot rendu mercredi dernier - sur les causes de l'invasion de l'Irak en 2003 ?

Guernsey : plus léger, plus commercial avec Postcrossing.
Le même auteur de blog signale également la deuxième émission, après celle de mai 2014, que consacre l'autre Anglo-Normande au site d'échanges de cartes postales à l'aveugle, Postcrossing. Ce qui me permet de compléter le catalogue thématique hébergé sur SebPhilately.
Les deux timbres, tarif européen et reste du monde : Guernsey stylisée (guernseystamps.com).
N°25 (GGY n°2 et 3) : 14 juillet 2016, par Guernsey Post, deux timbres à valeur d'usage (Europe et Reste du monde) créés par Sue Harmon. Europe : profils d'îles du Bailliage (dont Sercq/Sark et Herm) entourés de vagues, de poissons et d'un oiseau, sous les rayons solaire. Reste du monde (ROW) : mêmes éléments vus depuis une prairie sur l'île, avec insecte et papillon. Et l'exclamation : « Happy Postcrossing ». Imprimés chacun en feuille de dix, en offset par Lowe-Martin.

Note : la numérotation du catalogue sur Sebphilately a été corrigée pour les émissions de mars 2016, découvertes à la volée. Les articles correspondant sur SébPhilatélie n'ont pas été modifiés.

Suisse : encore une poste qui baisse ses tarifs !!!
Certes, l'United States Postal Service a baissé ses tarifs intérieurs en avril dernier, mais sous la contrainte d'un accord de trésorerie avec le Congrès des États-Unis.

En Suisse, c'est le volontariat de La Poste Suisse et de son autorité de régulation depuis 2014 qui étonnera au premier janvier 2017 : les clients particuliers suisses vont profiter des évolutions négociées au-dessus de leurs têtes.

Trouvée par MargoZ et retrouvable sur le site de la Confédération helvétique en date du cinq juillet, l'information continent des choses ahurissantes pour des Français et bien d'autres :

Les lettres épaisses hors gabarit seront considérés comme des lettres avec un surcoût et plus comme des colis, ce dont les entreprises profitaient déjà. Les expéditeurs de petits livres, de disques numériques apprécieront.

Le timbre commandé par sms va baisser de vingt centimes et être au même prix que l'affranchissement habituel (un franc suisse, soit un peu moins d'un euro), ce qui peut bousculer l'histoire postale contemporaine suisse avec plus de codes écrits au stylo au lieu de timbres ou de marques de port payé.

Enfin, comme en 2014, chaque ménage suisse recevra deux timbres d'un franc !

Dans un résumé du treize juin sur la desserte postale, le gouvernement communique également un bilan des négociations variées sur les économies et réformes réalisables en ce domaine : boîtes collectives, horaires ou fermeture de bureaux... Le consensus entre La Poste et les autorités locales paraît être LA priorité, d'où des changements à la marge ce qui peut expliquer la chèreté du tarif A.

Portugal : Mundifil, la renaissance du catalogue Afinsa.
Disparu dans les affres d'un scandale de placements financiers fondés sur des lots de timbres-poste, le catalogue Afinsa est réapparu il y a quelques mois, signale un StampBoarder attentif. L'éditeur Mundifil a repris l'activité.
Couverture du phénix portugais (Mundifil via Théodore Champion).
Ainsi, en 2015, il y a eu la septième édition du catalogue des colonies portugaises et un trentième catalogue du Portugal qui me semble - vu le prix bas - avoir seulement listé les émissions entre 2000 et 2014, pendant la période d'éclipse.

Cette année, c'est le trente-et-unième catalogue complet du Portugal, des Açores et de Madère qui est apparu chez Théodore Champion en France, Nordfrim au Danemark, etc.

Quant au scandale, Google Actualités vous aidera à voir que les épargnants espagnols continuent à manifester pour que justice leur soit rendue.

Royaume-Uni : une envie de phosphorer ?
Norvic Philatelics signale que, depuis l'automne 2015, le fournisseur de produits phosphorescents pour les timbres britanniques a changé, modifiant la luminescence constatée.

En ce début juillet, le marchand britannique fournit une liste des timbres Machin portant un code de sécurité de 2015 qui existe dans les deux versions de phosphorescence, avec la date d'impression des premières versions avec la nouvelle luminescence.

Même si lui-même n'a pas encore étudié son stock pour les proposer séparément à la vente... Les spécialistes du Machin vont pouvoir retravailler cet été une partie de leur collection.

Pour ceux que la collection d'Olivier Gervais à Paris-Philex a attiré vers ce domaine obscur... Oui, éteignez la lumière pour étudier vos timbres avec une lampe à ultra-violet adaptée au pays étudié. Pour rappel, Olivier avec Dominique Sellier ont précisé en avril dernier le vocabulaire de cette spécialité (résumé en anglais sur SebPhilately par ici).

Brexit : le Royaume-Uni et sa défense par le goéland.
Un fait divers dans le nord-ouest de l'Angleterre prouve que les europhobes britanniques disposent déjà d'un moyen d'empêcher la prochaine invasion en provenance d'Europe : le goéland.

Qui a déjà tenté de pique-niquer sur une plage anglaise ou de manger une glace à Brighton le sait : en France, nous avons des pigeons gras, les Anglais des goélands carnassiers.
Le courrier passera ! Euh, enfin... (Royal Mail le mardi cinq juillet repris le huit par The Daily Mail).
Nulle surprise donc que le Daily Mail rapporte qu'un facteur a inscrit "Seagulls" comme danger empêchant de délivrer le courrier d'une rue de Maryport, le mardi cinq juillet dernier.

dimanche 29 mai 2016

Semaine n°2016.21 sur le web : de SPM à NY via l'Algérie et la Suisse

Lundi vingt-trois mai : expérimentation de l'oblitération au centre de tri en Suisse.
Le journal germanophone Blick signalait l'inquiétude des collectionneurs de belle oblitération face à une expérimentation de La Poste Suisse dans le canton de Soleure. Afin d'être sûr que tous les plis seront oblitérés, ils le seront tous au centre de tri - méthode employée en France et au Royaume-Uni.

La crainte est, sur le modèle français de disparition des flammes illustrées, que les oblitérations illustrées de certains bureaux ne soient plus disponibles à la demande des expéditeurs.

Lundi encore : un estimateur de Drouot à Toulouse.
Lundi, La Dépêche du Midi signalait la présence ce jour-là d'un spécialiste des timbres et cartes postales de la maison Millon, installé près de la rue Drouot, Daniel Berrous, à Toulouse pour conseiller et estimer les pièces présentées par le public.

Mardi vingt-quatre mai : encore un philatéliste sur Saint-Pierre et Miquelon 1ère !!!
Qui est accroc à l'autre : la philatélie saint-pierraise ou les chaînes de télévision et radio de Saint-Pierre-et-Miquelon ? Mardi dans Brumes de Capelans, Fabrice Fouchard présentait le Club philatélique de Saint-Pierre, dont il est actuellement président, et la participation de cinq membres à l'exposition internationale de New York.
Affiche promouvant la présence de Saint-Pierre-et-Miquelon à New York (Jean-Jacques Oliviéro, Club philatélique de Saint-Pierre).
La présentatrice dialogue avec lui sur le sens communautaire de la philatélie, sur l'engagement collectif qu'elle propose pour l'archipel, de la diversité des approches possibles et un appel aux habitants disposant d'archives familiales prenant la poussière ou d'une boîte à chaussures pleine de timbres...

Idée lancée : une maison du Club philatélique un jour ?

Jeudi vingt-six mai : introduction à une série d'Algérie.
Dans la chronique hebdomadaire d'El Watan, Arslan Selmane poursuit ses évocations des émissions d'Algérie depuis 1962. Cette semaine, il rappelle qu'une collection spécialisée de la série d'usage courant Vues d'Algérie d'avant 1830 de 1982 et 1984 est tout à fait possible et enrichissante.

Jeudi encore : le président fédéral satisfait = le directeur doit être HEU-REUX !!!
Le président de la Fédération française des associations philatéliques a posté un premier résumé illustré de Paris-Philex : « de l'avis de tous, ce fut un succès »... Lui et moi n'avons pas les mêmes lectures sur le web, ni baladé nos oreilles respectives aux mêmes endroits : il y a quelques défauts tout de même et pas que du côté des émissions spéculatives.

Mais, comme le directeur de φl@poste doit avoir les coffres pleins, « ce fut un succès » : il y aura un Paris-Philex 2018 sans avoir besoin de chercher une association provinciale candidate.

Néanmoins, pour en revenir aux questions financières, quand on parcourt les émissions de fin mai-juin 2016, on pourrait croire qu'il y a un salon philatélique de dix jours à Paris... Sinon, les surtaxes des émissions Croix-Rouge de 2015 représentent presque un million huit cent mille euros : aux calculatrices et estimations aux doigts mouillés sur le chiffre d'affaires de φl@poste, banquier-mécène de la φl@télie φrançaise.

Samedi vingt-huit mai : début du World Stamp Show de New York.
Outre les collections, les marchands et les émissions de l'United States Postal Service, y sont proposées des conférences intéressantes que j'espère trouver sur youTube prochainement, please ?

Ainsi, chaque jour sont répétées deux séries conférences successives : d'une part des initiations au hobby de la collection (Stamp Collecing 101), d'autre part des conférences s'adressent aux « adultes débutants », le nouveau cœur de cible des fédérations et postes (sur un conseil de l'UPU ?).

Ajout anecdotique du lendemain : dix mille passionnées au Parc floral de Paris
Samedi vingt-huit, Morgane Tual du Monde a suivi dix mille fillettes et adolescentes qui se sont précipitées au Parc floral de Paris, lieu maudit de la biennalle de la φl@télie φrançaise (RIP 2004-2012). Pour collectionner des timbres ?

Non, pour rencontrer les youTubeuses prodiguant les conseils de mode et de beauté à longueur de vidéos en ligne. Apparemment, la marche depuis le métro ou la gare RER, puis à travers les pelouses et jardins, ne les a pas dérangés, elles.