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lundi 8 mai 2023

Le 9 mai, Jour de la Libération pour Guernesey

 Le huit mai 1945, dans la nuit, les chefs allemands signent la capitulation au quartier-général allié à Reims avec application pour le soir. L'Armée rouge ayant conquis Berlin, capitale du Reich hitlérien, Staline impose une nouvelle signature à la même heure, au fuseau de Moscou, le lendemain, soit le neuf mai.

De là, la différence de calendrier dans la célébration de la Victoire en Europe contre le nazisme : le huit en Europe de l'Ouest et en Amérique du Nord, le neuf en Russie, les anciennes républiques soviétiques ou libérées par l'Armée rouge.

Timbre des quarante ans de la Paix en Europe, émis par Guernesey, avec oblitération du douze février 1986 et flamme du Bureau philatélique local.

Quelques exceptions sont à ajouter pour les communautés dont le retour des autorités de leur pays et la fin de l'occupation allemande eut lieu après cette capitulation.

C'est le cas de Guernesey, une des possessions de la Couronne britannique dans les îles Anglo-Normandes, sur ce timbre de 1985 célébrant la paix en Europe, avec une colombe ramenant la quiétude bleu sur le continent.

En-dessous, une ligne signale néanmoins : "Liberation Day - 9th May, 1945".


Les scénarios de la libération des îles Anglo-Normandes avait planifiée dès la fin de l'année 1943, qu'elle soit militaire ou après reddition allemande. Elle eut finalement lieu entre le neuf et le seize mai 1945.

À dix heures du matin, le huit mai, l'autorité militaire allemande annonça bien la fin des hostilités aux habitants, confirmée par un message radiodiffusé du Premier Ministre Winston Churchill dans l'après-midi.

Cependant, bien que la population civile étaient plus libres depuis l'annonce du suicide de Hitler et que, le huit, furent libérés tous les prisonniers civils ou de guerre de l'île, les militaires allemands étaient inquiets de leur avenir - la présence de camps de concentration d'Aurigny ou la crainte de la colère des habitants ?

Des représentants britanniques s'approchèrent à bord du navire HMS Bulldog de Guernesey le huit dans l'après-midi. Un sous-officier allemand monta à bord, pour négocier, mais n'avait pas pouvoir de signer de capitulation. Il repartit avec la proposition.

Dans la nuit, les navires se rencontrèrent de nouveau. Le commandant-en-second allemand signa l'acte de reddition. Le Bulldog arriva à St Peter Port au petit matin, dans une ville déjà en fête. L'officier britannique responsable de l'opération Omelette navigua à bord de l'escorte HMS Beagle pour la reddition de Jersey dans l'après-midi.

Les dépendances de Guernesey furent libérées ensuite : le dix après-midi de manière précipitée pour Sercq où un feu de joie fit craindre, de loin, des combats. Vidée de sa population par l'occupant, l'île d'Aurigny vit les troupes allemandes attendre l'arrivée britannique jusqu'au seize mai et la priorité y fut d'enquêter immédiatement sur les camps de concentration.

dimanche 22 janvier 2023

Un hommage gravé à la Reine Elisabeth II par la RPSL

 Avec son mille cinq cent-et-unième numéro de sa revue The London Philatelist, la Société philatélique royale de Londres a offert à ses membres un portrait gravé de la Reine Élisabeth II, patronne de la Société, réalisé par Martin Mörck à l'initiative de plusieurs membres.

L'arrivée du London Philatelist de décembre 2023.

L'éditorial de Tony Bard et un article de Armağan Özdinç explique la genèse et la réalisation artistique du projet, débuté comme un hommage pour son jubilé de platine, et achevé comme une commémoration après sa disparition, le huit septembre 2022.

Tony Bard souhaita ouvrir l'année éditoriale 2022 par une photographie de la Reine ; l'ancien président de la RPSL Frank Walton lui procura une signée aux initiales par Dorothy Wilding qui inspira la première série d'usage courant du règne élisabéthain. Elle est reproduite dans le numéro 1492 daté janvier-février 2022.

Lors de l'exposition internationale London 2022, en février, Bard rencontra Armağan Özdinç, membre états-unien de la Société, grand connaisseur de l'œuvre de Martin Mörck, et l'artiste lui-même - il avait déjà réalisé une vignette érinnophile pour Stockholmia 2019, l'exposition des cent-cinquante ans de la RPSL, et y avait assisté pour l'émission d'un timbre gravé de l'Administration postale des Nations unies à l'effigie de Kofi Annan. Il proposa à Walton, qui accepta immédiatement, de créer un souvenir du jubilé offert aux plus de deux mille deux cents membres.

Le Bureau de la RPSL, Özdinç et Mörck, et les mécènes Karl Louis et Dieter Michelson du groupe Global Philatelic Network ont réalisé les étapes de ce projet.

Début octobre, le bas-relief d'Arnold Machin ornait la couverture du numéro de deuil ; en bas à droite, un petit logotype a marqué chaque numéro de 2022 pour les cent trente années de publication de la revue.

Les amateurs de Martin Mörck connaissent ses timbres, les souvenirs proposés autour par les services philatéliques, et sûrement, le livre-entretien By Mörck de 2016, apprécieront l'article "Martin Mörck: Master Portrait Illustrator and Engraver" de Armağan Özdinç.

Dans celui-ci, l'auteur détaille les différents styles utilisés par Mörck au cours de sa carrière portraitiste - en reprenant les mots anglais : Free, Dot, European Classic, American Banknote - avec des exemples de timbres respectivement des États-Unis (Mary Breckinridge de 1998), de Monaco (Gandhi de 2019), du Danemark (Reine Margrethe II de 2010) et France (Jean-Baptiste Charcot de 2007), et enfin de Jersey (Churchill de 2015).

Deux timbres utilisant deux de ses techniques sont également montrés : Naomi Uemura sur timbre du Groenland de 2011 et la Reine consort de Suède de 2005.

Ensuite, Özdinç détaille les deux projets que Mörck vient de réaliser pour la Royal Philatelic Society London. Lors de Stockholmia 2019, le président Patrick Maselis proposa la réalisation du portrait des quatre-quatre anciens présidents de la Société. L'artiste explique comment il a dû travailler pour maintenir un style commun, surtout pour que le regard considère des portraits gravés alors qu'ils n'ont pas été imprimés en taille-douce ou en céroplastie (? traduction de wax relief printing ?).

L'auteur, avec photographie de l'artiste au travail, approfondit le travail sur le portrait de la Reine Élisabeth II à partir de la photographie de Dorothy Wilding, expliquant les différences entre les deux portraits, l'importance de l'angle des lignes de traits et de points dans l'appréciation du portrait.

Le six septembre 2022, les premiers essais ont été imprimés, deux jours avant l'annonce du décès de la Reine. Deux mille cinq cents portraits ont été imprimés en wax relief et chacun signé au crayon par Martin Mörck, puis glissé dans une enveloppe portant les armoiries du Royaume-Uni au recto et le logotype du mécène au verso.

Au milieu du numéro 1501 du même London Philatelist de décembre 2022, le portrait et les deux faces de l'enveloppe sont reproduites page 563, et un texte des mécènes explique leur démarche, avec leur photographie lors d'une rencontre avec le Roi de Suède lors de Stockholmia 2019 sur la page 532.


Les thématiques élisabéthaine et mörckienne, ainsi que celles liées à la gravure, sont grandement enrichies par de telles réalisations.


The London Philatelist est édité à raison de dix numéros par an à destination des membres de la Société philatélique royale de Londres, qu'ils reçoivent à domicile et dont ils peuvent rechercher et télécharger les anciens numéros et articles à partir du moteur de recherche du site de la Société.

L'American Philatelic Society a interrogé Armağan Özdinç sur sa passion pour l'œuvre de Martin Mörck en juillet 2021.

mercredi 28 décembre 2022

De QE2 à KC3 : passage de relais philatélique

 Après quelques jours de deuil respectueux, médias et collectionneurs se sont interrogés sur l'arrivée du Roi Charles III sur les timbres-poste du Royaume-Uni, les territoires britanniques d'outre-mer et des royaumes du Commonwealth.


Quelle sera la dernière émission britannique au caméo élisabéthain ?

Du côté de Royal Mail au Royaume-Uni, la réponse fut rapide : le roi ne souhaitait aucun gaspillage. L'effigie de la Reine Elizabeth II, morte le huit septembre dernier, apparaîtra sur les timbres déjà imprimés.

Cela soulève un souci : quelle sera la dernière émission spéciale à porter son caméo ?

Memento mori façon 2023 ?

Craint par beaucoup vu l'aspect commercial du programme philatélique britannique, les couvertures d'album du groupe de rock Iron Maiden... porteront le profil d'Elizabeth II, le douze janvier 2023.

Sur le timbre choisi ci-dessus au soldat britannique squelettique, il y aurait beaucoup à écrire sur cette couverture d'album : l'histoire militaire, coloniale britannique, ce lourd héritage face au monde, ces rappels utiles en temps de Brexit...

Mais, l'objet d'un timbre avec l'effigie d'une souveraine disparue ? Un rappel que nous sommes tous mortels, y compris les empires ?


Au Royaume-Uni, Charles attendra.

Ainsi, s'il faut vider les stocks de timbres au type Machin, il faudra attendre pour voir apparaître son successeur, en dehors d'une émission du couronnement.

Cela pourrait cependant aller vite puisque la Royal Mail est en pleine opération d'échanger des anciens timbres d'usage courant avec de nouveaux Machin à code data matrix.

Le monogramme du Roi Charles III avec la couronne Tudor (communiqué de presse du palais de Buckingham, repris par The Guardian, vingt-sept septembre 2022).

Le grand remplacement des symboles est donc modestement lancé le vingt-six septembre 2022 au terme de la période de deuil lorsque le monogramme royal est publié : C III R - Carolus III Rex en latin. En deux modèles selon la couronne portée afin de respecter l'identité écossaise.

Le monogramme est le choix du roi parmi dix projets proposés par Tim Noad du College of Arms de Londres, l'autorité héraldique du Royaume-Uni.

L'une des premières enveloppes timbrées au nouveau monogramme, le vingt-sept septembre 2022 (capture d'une vidéo diffusée par les médias britanniques, ici le Daily Mail).

Ainsi put apparaître la seule exception précipitée britannique. EIIR disparut des timbres humides produits par la machine à affranchir du palais de Buckingham, qui sert à l'ensemble du courrier de la Cour et des membres de la famille royale qui bénéficient de la franchise postale.

C'est ainsi que ceux qui ont pu écrire leurs condoléances à divers membres de la famille royale ont pu recevoir le nouveau monogramme sur courrier contenant des cartes de remerciement.


Les territoires à la course aux imprimeurs.

Par contre, ou que l'impression ne fut pas lancée, ou qu'ils voulurent être parmi les premiers à..., plusieurs territoires britanniques semblent s'être précipités à arborer le monogramme royal.

Le mensuel Stamp Magazine daté janvier 2023 (en kiosque début décembre 2022) a sorti la photo-finish pour départager deux services philatéliques bien pressés.

Deux exemples des quatorze timbres de Noël de Guernesey et Aurigny, émis le seize novembre 2022.

Ainsi, le service de Guernesey et Aurigny a annoncé son émission de Noël avec monogramme carolin dès mi-octobre avec pré-commande ouverte le deux novembre et émission le seize novembre. Le thème est le pantonime, une forme populaire de théâtre apprécié lors des fêtes de fin d'année dans les pays anglo-saxons : La Belle aux bois dormants pour les sept timbres de Guernesey, Robin des bois pour ceux d'Aurigny.

Las !  À Gibraltar, on annonçait peu, mais on imprimait vite.

Le feuillet des septième au douzième jour de Noël, émis par Gibraltar le deux novembre 2022.

Dès le deux novembre 2022, douze timbres sont émis pour illustrer le chant traditionnel Les Douze Jours de Noël, du nom de la période entre Noël et l'Épiphanie.

Je trouve dommage cet empressement : la foi d'Elizabeth paraissait sincère et une dernière émission à son monogramme célébrant Noël aurait été un bel hommage avant de fermer le dernier album de son règne.


En suivant le blog Commonwealth Stamps Opinion, décembre et janvier voit plus tranquillement les premières émissions du règne graphique de Charles III : 

Un des quatre timbres de l'émission du centenaire de l'administration civile d'Ascension, émis le dix-neuf décembre 2022 (via Commonwealth Stamps Opinion).

- le dix-neuf décembre pour Ascension, cela marque le centenaire de l'administration civile de l'île atlantique sous l'autorité de la Eastern Telegraph Company et comme dépendance de Sainte-Hélène ;

Un des timbres montrant le RRS Sir David Attenborough, émis le vingt-et-un décembre 2022 (boutique web de Falkland Stamps). 

- le vingt-et-un décembre pour le Territoire britannique antarctique, avec quatre timbres pour le voyage inaugural du RRS Sir David Attenborough, un navire de recherche qui est arrivé en Antarctique fin 2021 et affronta ses premières glaces à l'été austral 2022, non sans difficulté d'après l'article de la Wikipedia anglophone.

Les premiers timbres de l'île de Man au monogramme de Charles III (service philatélique mannois).

Enfin, pour cet article de blog, le cinq janvier 2023, l'île de Man émettra quatre timbres sur le Triskelion au nouveau monogramme, quatre illustrations déjà vues sur timbres de distributeur en 2017.


La représentation des Îles Vierges britanniques à Londres, sur un timbre à venir.

Preuve, néanmoins, de la difficulté de réadapter une émission philatélique, Pobjoy Mint annonce que leur client, les Îles Vierges britanniques, vont émettre un timbre pour les vingt ans de leur bureau londonien à une date indéterminée... [Finalement annoncé pour le dix janvier 2023]

Autre date de décembre indéterminée pour les anniversaires de visites royales à Sainte-Hélène en six timbres et un feuillet de trois.


Une nouvelle thématique ?

Dernière curiosité philatélique de cette transition monarchique : le six février 2023, jour anniversaire de son avènement, Guernesey émettra quatre timbres en hommage à la reine défunte, à travers quatre visites qu'elle réalisa sur ce domaine de la Couronne.

Visite royale de 1978 de la reine à Guernesey avec monogramme de Charles III, à émettre le six février 2023.

Seront-ils les premiers timbres-poste représentant Elisabeth II au monogramme du nouveau roi ?



Complément du mardi vingt-huit février 2023 :

L'émission du centenaire de la locomotive Flying Scotman comprend huit timbres et un feuillet de quatre. Ce sont les derniers timbres britanniques à porter le caméo de feue la Reine Elisabeth II d'après les articles de presse du jour (exemple : la BBC).

dimanche 19 septembre 2021

Un magazine britannique via Jersey

 Dans la continuité de mon petit hobby de suivre comment les magazines s'affranchissent (voir « timbrage presse »), j'ai été peut-être trop optimiste, le trois août dernier, concernant la disparition du plastique postal dans l'Union européenne et au Royaume-Uni : quelques magazines s'acheminent postalement encore sous cette apparence.

Étiquette d'affranchissement de Jersey Post sur poche apparemment plastique du magazine Stamp Collector daté septembre 2021, reçu mi-août.

Ainsi du mensuel Stamp Collector, à l'affranchissement illustré ci-dessus. Pour les philatélistes qui lisent l'anglais, ce mensuel commercial parmi les trois en vente outre-Manche comprend quelques pages et rubriques sur la constitution d'une collection exposable.

Dans les années précédentes, j'ai déjà montré comment les deux concurrents emploient la libéralisation postale pour trouver l'opérateur le moins cher, donnant des routes par à-coups. Ici, ce magazine imprimé en Angleterre est arrivé par voie prioritaire en France par Jersey Post... par l'île de Jersey ou par un entrepôt de Jersey Post près d'un aéroport anglais ?

L'emballage plastique est aux normes britanniques, indiquant ce que le destinataire doit en faire après usage par le rectangle expliquant qu'il faut le rapporter dans un point de collecte à un supermarché  ("Recycle with carrier bags at larger stores"), et non pas dans la poubelle du domicile, que l'on sort dans la rue avant le passage des éboueurs ("not at kerbside").

Dans la Métropole de Montpellier, ce sera dans le conteneur jaune « tous emballages », en sachant qu'une partie d'entre eux finiront dans les incinérateurs d'autres intercommunalités... Il paraît difficile de réduire la consommation jetable, d'en assurer la réutilisation ou le recyclage à grande échelle, sans que cela finisse en fumée ou en micro-particules dans l'environnement.

P.S.: merci aux deux philatélistes pour leur aide par l'entre-mise de Twitter.

mardi 16 février 2021

Il y a 50 ans la décimalisation britannique

 Hier, lundi quinze février 2021, cinquante ans après, les Britanniques ont été invités à se remémorer le Jour décimal en 1971, lorsque leur devise, la livre sterling, est passé du système £sd à cent pence pour une livre.

De nombreuses institutions ont participé à travers leurs comptes de réseaux sociaux : la Royal Mint bien évidemment qui eut la charge de l'introduction progressive des nouvelles pièces à partir de 1968. Elle a créé une mallette pédagogique à destination des maisons de retraite afin de proposer des activités de discussion et de mémoire entre les personnes âgées, leurs visiteurs et le personnel.

La fille du dessinateur des premières pièces en nouveaux pence a raconté comment son père, Christopher Ironside, a remporté les deux concours successifs. Les documents préparatoires furent ensuite stockés sous le lit parental jusqu'à ce que sa veuve - décrite comme le modèle de Britannia de la pièce de cinquante pence - les confie au British Museum.

Du côté du Post Office, ce fut l'émission décimale des timbres de la série Machin qui marqua ce jour. Cependant, le pays connaissait alors une grève des postiers, de janvier à mars. Le marchand Norvic Philatelics rappelle donc que les courriers premier jour d'émission sont à chercher du côté des bureaux des postes militaires et des petits bureaux.

Pour une collection ouverte, de nombreux objets, prospectus, outils ludique pour apprendre les conversions furent publiés par les institutions officielles, les journaux, etc. Certains furent rappelés, tel ce Snip Snap par les musées de Wakefield : un jeu de cartes à appairer selon leur unité monétaire, voire mieux une en £sd et une en nouveaux pence.

Le Decimal Currency Board expliqua le changement également aux enfants par des publicités dans les comics. Ici, en 1968, avec l'arrivée des pièces de cinq et dix pence pour commencer à faire disparaître le shilling.

Plus difficile à retrouver : les tickets du quotidien rapidement jetés, tel ces tickets de péage du pont suspendu de Clifton, à Bristol, sur lesquels des autocollants permirent le double affichage du prix.

Cette décimalisation concerna également la République d'Irlande et les territoires de la Couronne britannique alentours. Desservie par la poste de Guernesey, l'île d'Aurigny dispose de ses propres timbres et c'est sous son nom que sont célébrés les cinquante ans des nouvelles pièces du Bailliage.


Article complété le dimanche vingt-et-un février 2021 (publicité dans un comics).

jeudi 11 juin 2020

Liberté B taxée à Jersey et débats de crayon

Une pièce française contemporaine pour changer.
Enveloppe premier jour du premier août 1987 taxée à l'arrivée à Jersey le dix.

En France, l'usage d'une lettre pour faire face aux augmentations de tarif débute le premier août 1986 avec une Liberté de Delacroix gravé par Pierre Gandon, de couleur verte. Cela permet de pouvoir imprimer les timbres d'usages les plus courants même sans connaître le nouveau tarif.

Ici, le B vert est oblitéré premier jour du premier août 1987, à destination de Jersey et d'une boîte postale.

Sauf qu'une fois en transit, l'enveloppe est frappée d'un T et à l'arrivée à Jersey la taxe à percevoir calculée à seize pence.

On appréciera les usages abandonnés depuis d'indiquer les calculs, de coller des timbres-taxe, etc.

Par contre, que faire de tout le crayon léger porté au centre et à droite ?

Ah ! Ces marchands qui écrivent le prix de vente sur les objets !!! Surtout quand ils baissent les prix à la volée quand les objets ne se vendent pas pendant des années...

Au centre, est inscrit l'explication de la taxe : « le B ne doit pas servir à l'étranger »...

Cependant, la couleur verte indique le service intérieur économique : deux francs au premier août 1987. Alors que le tarif pour le Royaume-Uni (et ses nombreuses dépendances aux statuts variés) est de deux francs vingt centimes.

Ce que la fraction inscrite par le postier français confirme : c'est la différence entre la valeur postale nécessaire d'avec la faciale du timbre qui a posé problème et pas un manque portant sur la totalité de l'affranchissement.

Ah ! Ces collectionneurs qui écrivent leur opinion sur les objets de leur future ancienne collection...

Ou alors c'est le postier qui a écrit ce motif, mais alors pourquoi ne pas appliquer strictement celui-ci ? Le fait que le timbre est déjà oblitéré premier jour avant d'arriver au centre de tri ?

dimanche 18 août 2019

80 ans de la Seconde Guerre mondiale dans Stamp Collector

Le numéro daté septembre 2019, en vente ce mois d'août, du mensuel britannique Stamp Collector comprend plusieurs articles sur la Seconde Guerre mondiale en Europe à l'occasion des quatre-vingts ans de son déclenchement, le premier septembre 1939 quand l'Allemagne nazie attaque la Pologne pour prendre possession de la ville de Danzig/Gdańsk.
La couverture du numéro septembre 2019 de Stamp Collector (à retrouver sur son site All About Stamps).
L'origine nazie est présentée par David Bailey à travers les timbres-poste du Troisième Reich, de 1933 à 1939. En juillet, six mois après l'arrivée au pouvoir de Hitler, les timbres allemands sont désormais imprimés sur un papier avec la croix gammée en filigrane.

Ensuite, les grands thèmes de l'idéologie nazie sont déclinés : le culte militariste (jour du Héros, Jeunesse hitlérienne), la fidélité au parti, et, enfin, les timbres célébrant le retour de territoires (Sarre, Autriche, Sudètes, Danzig).

À l'opposé chronologique, le souvenir des sacrifices de la guerre et de la victoire est l'objet d'un article thématique, sous la forme de pistes d'approfondissement : anniversaires, dirigeants et officiers, la chose militaire, honorer les morts au combat, ou préparer un nouvel avenir.

Chose militaire justement. Nick Colley de The Forces Postal History Society et Colin Tabeart proposent deux initiations au courrier militaire britannique. Les grands principes, toutes armes confondues pour le premier, la Marine royale spécifiquement pour le second. Cela permet d'expliquer le fonctionnement de la censure et des numéros postaux codés : le « code postal » - A.P.O. - pour envoyer à un soldat étant, par sécurité, différent du « bureau de poste du champ de bataille » - F.P.O.

Après un détour sur la carrière de Philippe Pétain (et le premier timbre à son effigie) par Chris West, le courrier des prisonniers de guerre est introduit par Dane Garrod à partir de la correspondance, scrupuleusement conservée, du couple Ron et Eileen Harris, dont la lune de miel à Guernesey de juin 1940, dura cinq années dont trois dans un camp d'internement dans le sud de l'Allemagne.

Depuis le télégramme annonçant le report de leur départ à cause de la panique dans le port de l'île anglo-normande jusqu'à l'article du Daily Herald du dix-neuf juin 1945, évoquant leur lune de miel.

Et ceci ne constitue qu'environ la moitié des articles proposées dans ce numéro de Stamp Collector, dont comment exposer en compétition une (trop courte, selon les règlements) collection aérienne de Brunei.

vendredi 15 juin 2018

Une tourte de pelures épistolaires devenue film guernesiais

Sorti ce mercredi treize juin 2018 en France, Le Cercle littéraire de Guernesey n'est certes pas prêt d'entrer au panthéon du cinéma, mais en période pré-estivale, peut concilier un temps mémoire de l'Occupation, besoin de douceur dans un monde de brutes et pré-réservation d'un séjour dans les îles Anglo-Normandes.
L'affiche française du film reprenant l'illustration façon histoire postale des couvertures du roman, et insistant sur l'aspect choral du film : vous retrouverez bien une actrice ou un acteur britannique qui vous est connu (via le site web de Première).
Juste après la fin de la Seconde Guerre mondiale, en 1946, la fiction suit Juliet Ashton, une jeune auteure londonienne, qui a fait fortune par l'écriture de chroniques patriotiques sous un pseudonyme masculin. Tout lui réussit, même l'amour d'un officier états-unien.

Jusqu'à l'arrivée surprenante d'une enveloppe portant les timbres du baillage de Guernesey, laquelle contient la lettre d'un éleveur de l'île. Ayant trouvé l'adresse dans un livre d'occasion et la lecture ayant permis à son groupe et lui de tenir sous l'Occupation allemande, il demande le service de l'adresse d'un libraire de la capitale pour trouver un livre en particulier.

Curieuse du nom de ce groupe, la fameuse Société de littérature et de tourtes d'épluchures de patates de Guernesey, mensonge initialement créée pour justifier une violation du couvre-feu au cours duquel un cochon rôti échappa à l'armée allemande.
Les couvertures britannique et française du roman (via les sites Amazon).
Comme le roman, de Mary Ann Schaffer et sa nièce Annie Barrows, dont il est inspiré, le film insiste sur la relation épistolaire, ce qui réjouira les philatélistes. Cependant, le film suit directement l'héroïne à Guernesey et ses passages au bureau de poste pour les coûteux appels à son impatient agent londonien.

Le roman, dont le film peut servir d'introduction - là, je suis d'accord avec M. Sotinel du Monde, point de « j'ai déjà vu le film », est la relation épistolaire quasiment quotidienne entre les protagonistes londoniens et guernesiais au fur et à mesure que Juliet enquête sur l'Occupation allemande... forçant les mémoires à s'ouvrir difficilement - c'est un des reproches adressés au film d'ailleurs : lui-même montre difficilement ses souvenirs malgré de nombreux flashbacks.
L'émission du 28 juillet 2011 consacrée au roman par Guernsey Stamps.
Avec le tournage de ce film - dont l'office du tourisme de l'île est un partenaire - et sa sortie britannique en avril dernier, The Guernsey Literary and Potato Peel Pie Society peut devenir une collection thématique en lui-même : couverture timbrée et oblitérée, émission d'une série à Guernesey en 2011, d'un souvenir avec ces timbres et une oblitération spéciale en avril 2018,...
Le souvenir émis pour la sortie du film en avril dernier (fil Twitter du service philatélique de Guernesey).
... et les amateurs de porc rôti, d'élevage porcin, de l'histoire de la Seconde Guerre mondiale, de l'île de Guernesey et ses paysages, des longues et continues correspondances d'antan complèteront les nombreux panneaux d'exposition.

mardi 17 avril 2018

Quinze premiers jours d'avril en Philatélie

L'avantage d'un réseau social aux participants mi-professionnels, mi-amateurs comme Twitter est de continuer à suivre l'actualité ou de découvrir des connaissances nouvelles alors que je n'ai en ce moment peu de temps pour écrire sur ce blog.

Questionnement métaphysique autour de l'oblitération au feutre :
À force de recenser les annulations de timbres britanniques au stylo ou au feutre par les postiers et facteurs de Royal Mail, Ian Billings se demande le samedi trente-et-un mars si les timbres d'entraînement du Post Office vendus comme tels par les marchands, ne seraient pas de banales oblitérations au feutre - quoique réalisées d'une ligne bien droites verticalement ou horizontalement au milieu du timbre.



Film épistolaire à Guernsey :
À l'occasion de la sortie de l'adaptation cinématographique du roman de Mary Ann Shaffer et Annie Barrows le vingt avril prochain outre-Manche, le service philatélique de Guernsey met en vente des souvenirs avec oblitération spéciale de sa série de timbres de 2011.


À travers un échange épistolaire entre deux amies, The Guernsey Literary and Potato Peel Pie Society raconte comment un groupe d'Îliens parvient à berner l'occupant allemand sous couvert d'une société litéraire où ils partagent lectures et tarte d'épluchures de patates.

Pour un rappel des tragédies de l'occupation nazie des îles Anglo-Normandes, revoir la conférence de Ron Brown à la Royal Philatelic Society London en septembre 2016.

Histoire postale française de part le vaste monde :
Le mercredi quatre avril, l'Indien Mani Muthukrishnan signale une enveloppe, pièce pionnière des tout premiers vols de poste aérienne. En 1911, le pilote français Henri Péquet la transporte, avec quelques milliers d'autres, sur treize kilomètres en treize minutes entre Allahabad et la gare de Naini, dans le cadre de l'exposition universelle, avant qu'elle ne parte rejoindre Zürich par les moyens plus habituels de l'époque.



Nouvelle illustrée entre curiosité, inquiétude et Blair Witch Project :
On découvre aussi, hors philatélie, de petites pépites d'inventivité utilisant tous les atouts de l'outil twittant : le vendredi treize avril, Gawanmac raconte une courte randonnée dans une forêt grand-bretonne dans le but de découvrir quel lieu de culte se trouverait au milieu de la campagne.


Simple marche en forêt vers une chaleureuse petit église rurale ou errance au risque de croiser les sorcières d'Hamlet ? Labyrinthe sylvestre sans conséquence du dernier Legend of Zelda ou plonger dans l'effroi du Projet Blair Witch ?

Correspondre tu t'obligeras, une réponse viendra :
Plusieurs exemples de correspondances parviennent dans la presse ou les réseaux sociaux, à la surprise des destinataires et même des expéditeurs : écrire une lettre sur du vrai papier authentique à un magazine de jeux vidéos, remercier un auteur de bande dessinée pour les émotions qu'il offre et recevoir un dessin dédicacé (lire aussi dans Ouest France).

dimanche 10 décembre 2017

Vers où se dirige Stanley Gibbons ?

Dans les épisodes précédents de la chute vertigineuse du cours en bourse de l'auguste compagnie philatélique londonienne Stanley Gibbons : d'hasardeux et coûteux tournants e-commerce et diversifications, un nouveau directeur philatéliste au cœur du métier initial, la fin de l'aventure à Guernsey. La reprise après les montagnes russes...

Si seulement !

Pourtant, dans les derniers jours de novembre 2017, le siège social londonien a annoncé la mise en faillite de l'ancienne, éphémère et catastrophique maison-mère anglo-normandes. Tout pour rassurer les investisseurs, les consommateurs et le public philatélique que Stanley Gibbons, c'est le leader du catalogue, du magazine et de la vente de matériels et de timbres du Royaume-Uni et du Commonwealth !
Le cours de l'action Stanley Gibbons ces trois dernières années (capture d'écran du dimanche dix décembre 2017 sur le site du London Stock Exchange).
Même avec l'échelle à trois ans, il est visible que le titre chute encore : de sept pence sterling quand Harry Wilson a repris la main en juillet 2016 à trois pence et quelques ces derniers jours, en décembre 2017...

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Le marchand Ian Billings a magnifiquement rédigé un résumé historique, le mercredi vingt-neuf novembre dernier, toute cette pitoyable aventure du capitalisme actuel en insistant que ce n'est pas la première fois que des Golden Boys tente en vain de faire grossir en vain la grenouille pour lui tirer le profit d'une vache à lait.

À la lecture de son texte, des deux fils de discussion du forum anglophone StampBoards (un sur le cours de bourse, l'autre sur l'avenir du catalogue), j'en déduis que les investisseurs ont temporairement compris qu'une compagnie qui vend ses plus récentes acquisitions à perte n'est actuellement pas rentable et ne versera pas de dividendes avant longtemps. Les gros investisseurs aiment le cash immédiat, les petits bons pères de famille qu'on leur donne peu mais régulièrement.
Le cours à un mois, vraiment pour ceux qui ne cliquent pas sur les liens pour vérifier (capture d'écran du dimanche dix décembre 2017 sur le site du London Stock Exchange).
De là, le problème de la faillite guerniaise - oui, un jeu de mots pourri - est qu'elle marque apparemment la fin du système de placement en timbres luxueux au profit garanti par la revente à des enchères incroyables de timbres bien cotés. Certains parlent de pyramide de Ponzi, où les nouveaux convertis financent les revenus des anciens ; les suppléments finance/épargne des grands quotidiens nationaux rappelant simplement l'aspect irrationnel du marché des biens de collection.

Si la faillite de SG Guernsey entraîne celle du fond de placement en timbres, que vont devenir les dits timbres et leurs « propriétaires investisseurs » ?... La réputation du marchand va en prendre un coup si ça tourne à l'Afinsa ou l'Aristophil...

S'ajoute à cela la rumeur que le loyer de la boutique emblématique du Strand, au cœur de Londres, pèse lourd et est menacé d'augmentation par le bailleur. Comme d'autres, Stanley Gibbons accueillera-t-elle bientôt les commandes et les clients uniquement à la campagne et sur les salons ?

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La communauté des collectionneurs s'inquiète davantage de ce qui fait la valeur à leurs yeux de la compagnie plus que sesquicentenaire : le magazine Gibbons Stamp Monthly et les différents tomes du catalogue.

Les seconds sont loin de la numérisation et de l'impression par pays à la demande, entamée par la concurrence des autres références : Michel, Scott et Yvert. Alors qu'actuellement, des très spécialisés catalogues par règne britannique aux spécialisés par anciennes colonies de l'Empire, les ouvrages de Stanley Gibbons sont d'une haute qualité et mis à jour régulièrement. Même avec quelques erreurs et interprétations de cotes - qui n'en fait pas ? -, son French Colonies de 2016 soutient la comparaison face au maître Yvert et les tomes suspendus de Dallay-Maury, d'après l'étude rédigée par Michael Round parue dans le cent-unième numéro de Cameo, le journal du West Africa Study Circle, daté juin 2017.

Malgré la qualité du travail de sa rédaction et des philatélistes participants, le premier en est, par nécessité, réduit à l'expédition en seconde classe et à inciter l'abonné à prendre en sus ou à la place l'abonnement numérique.

Sur ce plan-là, Gibbons Stamp Monthly est user-friendly - « facile d'usage » pour les lecteurs attristés de Jean d'Ormesson : l'abonné en ligne a accès à l'ensemble des numéros au format pdf depuis 2010, en entier ou article par article. Ne pas oublier les sauvegardes de sécurité sur un disque dur externe ou le « nuage » quand vous ne renouvelerez plus votre abonnement.

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La disparition du pôle publication avec une faillite générale de Stanley Gibbons serait tragique... même s'il y aura toujours des concurrents ou des ambitieux - voir les réincarnations d'Arthur Maury - pour racheter la marque, les droits d'auteur des catalogues, le magazine ?

Ou pas si la réputation de loisirs à pyramide des âges inversée est dans les croyances financières.

Faut-il investir dans quelques milliers d'actions Stanley Gibbons à trois pence et devenir actionnaire majoritaire d'une compagnie de renom ?

I don't know, je relis les articles sur la philatélie du Roi George VI qui ont animé le millésime 2017 de Gibbons Stamp Monthly.

samedi 22 juillet 2017

Du goût, de la nature et des sculptures

À chacun selon ses goûts certes, mais, côté sculpture, ce sera difficile de détrôner mon coup de cœur de 2000 avec La Valse de Camille Claudel, photographiée sous un angle mise en page par Aurélie Baras.
La Valse de Camille Claudel, créé entre 1883 et 1901, timbre de France de 2000 (via Phil-Ouest.com).
Ce ne sera pas Le Baiser d'Auguste Rodin qui me conquerra en septembre prochain alors qu'il est déjà l'objet d'annonce sur les réseaux sociaux.
Le Baiser d'Auguste Rodin (vue réelle du timbre ou de la gravure numérique ?) présentée en 1889, timbre à venir (via Phil-Ouest.com - informations d'émission dans Phil'infos).
À part le bloc de pierre, j'ai du mal à apprécier la sculpture sur cette gravure. Comme quoi, le copier-coller photographique peut avoir du bon, contrairement à ce que je pense souvent.

Autre face-à-face des nouveautés, comment représenter plusieurs espèces naturelles sur un seul timbre ?
Les arbres méditerranéens, timbre émis le mardi onze juillet dernier (via Phil-Ouest.com).
Plus agréable à mon regard, le méli-mélo de branches et de fruits d'arbres méditerranéens proposés par Sandrine Chimbaud. Bien mieux que l'impression de bouillabaisse en attente de l'émission Euromed postal des poissons de 2016 - ce rouge à cuire.
Les insectes en kaléidoscope sur un des six timbres de Jersey, émis le dix juillet dernier (site marchand de Jersey Stamps).
L'approche de Chimbaud aurait-elle gagné à être gravée ensuite et imprimée en taille-douce ? En tout cas, elle convient bien au randonneur méditerranéen que je suis...

L'entomologiste, les zoologues et les botanistes préfèreront peut-être la nature rangée comme à la parade des six timbres de Jersey pour le bicentenaire du kaléidoscope - 1817 étant l'année où son inventeur David Brewster a créé le mot d'après la Wikipédia en anglais.

Et là, au second regard, à l'approche du repas sur fond de cymbalisation de cigales, avec le rappel de la bouillabaisse tout en regardant le contre-la-montre du Tour de France cycliste dans les rues de Marseille... Le timbre français EuroMed postal 2017 serait-il encore un timbre gastronomique : un bouquet garni ?

Après cette excursion en beaux arts et dans la nature, je vais peut-être en revenir à l'histoire et la géopolitique.

Note : L'initiative régionale EuroMed postal a un site web.

lundi 26 juin 2017

George VI et la thématique Guerre des ondes

Dans leur excellent Timbres en guerre (Presses universitaires de Rennes, 2016), les deux historiens Alain Croix et Didier Guyvarc'h analysent le traitement des deux Guerres mondiales par les autorités politiques et postales depuis 1914.

Après des chapitres chronologiques, ils essaient des synthèses par thème, qui peuvent éveiller des questionnements auprès des thématistes. Ainsi, des médias, ils constatent que la radio, le nouveau moyen d'information, de propagande et de lutte contre les idées de l'ennemi, n'est quasiment pas représentée sur les timbres évoquant la Seconde Guerre mondiale (chapitre 6, page 157) - sauf de manière discrète au Pays-Bas et au Royaume-Uni.

Une nuance personnelle, conséquence de leur enseignement : les timbres sur une personnalité, quand ils sont très dépouillés, demandent à connaître la personne pour savoir si elle a un lien avec le conflit.

Une exception fameuse, signalent-ils cependant : l'Appel du dix-huit juin 1940 du général de Gaulle repris régulièrement par La Poste française, ses filiales ou consœurs des collectivités d'outre-mer, jusqu'aux anciennes colonies... Et, bien évidemment, les agences de papiers-peints dentelés, pudiquement évoquées par les deux historiens comme « le marché philatélique ».
Le feuillet complétant une série de six timbres, principalement consacré au Roi de guerre.
L'anniversaire des quatre-vingts ans du couronnement du Roi George VI permet de compléter la thématique de la radio en guerre grâce au service philatélique de Jersey, dans les îles Anglo-Normandes.

Le douze mai dernier, Jersey Stamps a émis six timbres et un feuillet sur ce souverain, dans le cadre de sa série L'Héritage royal de la Reine Victoria, alors que le bicentenaire de sa naissance sera célébré en 2019.

Beaucoup de portraits en uniforme, un en collectionneur de timbres et un seul en civil avec un de ses chers corgis, passion canine que sa fille Elizabeth a perpétuée.


Le discours du trois septembre 1939 tel qu'enregistré par la BBC.

Le feuillet de deux livres sterling reproduit la photographie officielle du discours du dimanche trois septembre 1939, au cours duquel le Roi annonça l'entrée en guerre du Royaume-Uni contre l'Allemagne nazie après l'invasion de la Pologne, deux jours auparavant.
Le timbre de soixante-quatre pence - le roi orateur - sous-entend la diffusion radiophonique des discours du Roi.
Grâce au film The King's Speech, l'histoire ayant mené à ce cliché et ce discours est désormais bien connue : le deuxième fils de George V était affecté de bégaiement tout autant que son frère aîné semblait incapable d'assumer ses obligations royales. Il combattit ce handicap avec l'aide de l'orthophoniste peu orthodoxe Lionel Logue à partir de 1926.

Le film romance beaucoup sûrement, mais le discours du trois septembre 1939 ne fut pas tenu au bureau du roi. Mais, dans une pièce transformé en studio, debout.

Pour aller plus loin sur George VI :
- évidemment : Robert Rhodes-James, A Spirit Undaunted, 1998, avec une analyse des relations entre les souverains britanniques et leurs gouvernements en une longue introduction.
- Le pavé : Sarah Bradford, George VI, 1989 ; plus de six cents pages en édition poche de 2011.
- Mark Logue et Peter Conradi, The King's Speech, Quercus, 2010. Rédigé à partir du journal de Lionel Logue et des archives familiales.

Et une lecture récente : King's Counsellor. Abdication and War, édition par Duff Hart-Davis, 2006, du journal personnel d'Alan "Tommy" Lascelles (1887-1981), secrétaire particulier du roi. Troisième tome des écrits privés et de quelques correspondances de Lascelles, il permet de découvrir la société britannique à travers le journal d'un membre de la cour et descendant de bonne famille. Attention : le journal de guerre lui-même ne débute qu'en 1942 quand, sur le conseil de son épouse, Lascelles pose sur le papier le fardeau de sa mission qui doit rester discrète.

Complément du samedi vingt-deux juillet 2017 :
En rédigeant cet article, j'avais oublié que la Reine avait devancé son père sur les timbres de la radio pendant la Seconde Guerre mondiale.

Suite au film Dunkerque de Christopher Nolan (un excellent exercice d'école de cinéma sur les émotions et terreurs vécues par les soldats, mais absolument pas fini... un réalisateur trop coûteux pour le budget du film ? - attention : ne cliquer sur le lien que si l'on accepte la liberté de parole), j'ai retrouvé, sur le site du marchand Norvic Philatelics, le feuillet de quatre timbres plus une citation du discours de Winston Churchill après l'évacuation de l'armée britannique et de troupes françaises entre le vingt-six mai et le quatre juin 1940.

Émis le treize mai 2010 - pendant l'exposition de Londres, il accompagnait une série de huit timbres intitulée Britain Alone. Un des timbres montrait les Princesses Elizabeth et Margaret s'adressant aux Britanniques et aux peuples de l'Empire par l'entre-mise de la radio.

mercredi 14 juin 2017

Lions Club : Jersey contre la φacilité

Mais pourquoi ai-je jeté un nez dans les nouveautés de France du printemps sur Twitter et dans ma boîte aux lettres ?
Je prie intensément pour que cette φ-connerie soit une tentative de même nature que celles d'artistes britanniques de faire retirer ou remplacer l'effigie photographique Wilding qui gênait la création philatélique britannique des années 1960 (via Phil-Ouest.com).
Évidemment, il y a ce φ qui traîne encore et toujours, parfois à des endroits graphiquement inadéquats : Anne de France, dame de Beaujeu, priant la lettre grecque entre les doigts sur le timbre à venir à la fin de ce mois... Qui faut-il en remercier : le Meilleur Ouvrier de France 2011 ou son employeur obstiné à maintenir ce symbole ?

Pire car plus habituel depuis l'apparition des timbres commémoratifs est le manque d'imagination graphique sur certains thèmes à la mode : pourquoi faire un effort puisqu'on est sûr de vendre aux complétistes français, aux thématistes étrangers, et le stock restant aux marchands pour des pochettes ?


Ainsi en est-il du centenaire du Lions Clubs International, institution multitimbrifiée dans le monde entier : voir Colnect et relire Timbroscopie.

Le sept juin 1917, Melvin Jones et des membres de clubs et de cercles de Chicago créèrent le Lions Club afin d'organiser des actions philanthropiques. Cet événement de l'histoire de la générosité privée mérite la commémoration philatélique bien entendu.
Espérons la curiosité de l'expéditeur ou du destinataire d'un courrier (boutique web de La Poste).
Le vingt-neuf mai dernier, φl@l@poste a pris énormément de risque : le logotype du centenaire fourni clé en main par l'organisation... et au tarif du premier échelon de la lettre prioritaire alors que La Poste encourage la lettre verte.

Interrogation écrite (c'est la saison) : à partir de ce seul document, à quoi sert un Lions Club ?  Protéger la faune d'Afrique ? Rénover les statues gardant Nelson à Trafalgar Square ? Organiser des chorales du Roi Lion ?


Tournons quelques pages d'un des multiples catalogues de φl@l@poste pour tomber sur un crime de lèse-majesté.

Vu le grand nombre de ses résidents ayant capitalistement réussi, la Principauté de Monaco est une habituée des actions du Lions Club et de le timbrifier : au moins quatre fois. De nouveau, peu de choses sur ce que sont ces associations, mais emblème et paysage monégasque.

Jusqu'au tim...
Melvin Jones (1879-1961) version psychédélique à Monaco... (site de l'Office des émissions de timbres-poste de Monaco).
...bre du jeudi premier juin 2017, illustré ci-dessus, et son étonnant effet Pot de peinture sous logiciel de retouches...

Les goûts et les couleurs, pourquoi pas. Mais en coupant les lunettes en deux ?


Finalement, il faut se rendre vers une des postes souvent accusées d'émettre pour vendre aux collectionneurs plus qu'à ses usagers îliens en nombre limité.
Et à Jersey, enfin, l'idée d'expliquer à quoi sert un Lions Club (boutique web de Jersey Stamps).
Le sept juin, le service philatélique de l'île anglo-normande de Jersey a émis six timbres et laissé So Design Consultants réaliser un travail simple, mais pédagogique auprès du public.

Chaque timbre représente une étape ou une action des Lions Clubs depuis la manifestation sportive de collecte à l'assistance à différents groupes proches comme lointains, au quotidien comme dans l'urgence après une catastrophe.

Pour une vision plus positive des nouveaux timbres de France : lire cet autre article en anglais sur SebPhilately, grâce aux efforts techniques du webmestre du Blog philatélie.

Note du jeudi vingt-quatre août 2017 :
Face à l'article en anglais plus positif sur les émissions françaises (pour une fois sur ce blog), lire l'éditorial d'été de L'Écho de la timbrologie dans lequel la pratique de l'embargo est sévèrement critiquée. Lancer la médiatisation publique d'un timbre à un moment choisi et en interdisant les médias habituels de la spécialité semblent inacceptable...

Au Royaume-Uni, ce sont quelques marchands qui s'en plaignent. La pratique les empêche de préparer des enveloppes illustrées pour les premier jours quand même le sujet de l'émission reste secret. Ils grincent plus sévèrement des dents quand ils ont interdiction de montrer les futurs timbres à leurs clients tandis que les vendeurs semi-amateurs propagent déjà les images sur les sites de ventes aux enchères.