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vendredi 6 mars 2026

Compresseur, lave-linge, chat : qu'est-il arrivé à cette pièce de monnaie ?

 La semaine dernière, j'ai reçue sans faire attention cette pièce de deux euros, Le Bleuet de France, de 2018. La face commémorative est sale et m'a fait rater l'aspect face commune...

Une pièce commémorative française de deux euros particulièrement endommagée.

Une belle percussion avec compression a bien amochée le coin sud-est du cercle extérieur, au point que le cercle intérieur coulisse de plusieurs degrés à l'intérieur - sans toutefois être détachable de la pièce.

Sur la photographie, on remarque que le 2 n'est plus d'aplomb et que les lignes verticales ne sont plus alignées.


Qu'en faire ?

La conserver en musée des horreurs du quotidien.

Tenter de la refourguer au petit jeu auquel j'ai déjà perdu... Bof, malhonnête.

Surprise a été ma recherche de que faire de ce genre de pièces de monnaie maltraitée : la Banque de France ne parle que de l'échange des billets de banque usés en euro.

Absolument rien sur les pièces de monnaie... Cela vaut-il la peine de tenter de la déposer à l'automate de mon agence bancaire ? Est-ce même possible en dehors des professionnels déposant la monnaie de leurs commerces ?

jeudi 30 octobre 2025

Petit plaisir du rendu de monnaie : 1 euro de Saint-Marin 2015

 Petit bonheur ce jeudi trente octobre 2025, au rendu de monnaie chez le marchand de journaux : une pièce d'un euro de Saint-Marin de 2015.

La face nationale aux armoiries de Saint-Marin type 2002-2016, créée par František Chochola, avec traces d'usage.

Même loin de l'Italie du Nord et malgré les articles marronniers de la presse sur « la valeur de cette pièce de votre porte-monnaie va vous étonner », il y a donc possibilité de trouver des pièces des pays invités de la monnaie commune européenne au quotidien, loin des achats spéculatifs lors des lancements,...

Monaco, Vatican sont connus pour cela. Le prince Albert II s'en souvient. Pour Andorre, j'ai appris que la Monnaie espagnole diffuse les exemplaires andorrans parmi les rouleaux de pièces espagnoles... Donc, certains vont changer leurs billets pour des rouleaux dans les banques et bureaux de post, et revendent à prix fort les pièces à face andorrane.

Pour la pièce d'usage que je viens de recevoir, le site Argus2euro.fr donne une cote de dix euros pour un exemplaire neuf sorti d'un rouleau. Le Comptoir philatélique & numismatique de Monaco propose cette description pour quatre euros cinquante.

Une pièce accessible donc : dans l'article dédié sur la Wikipédia en anglais sont compilés les tirages de circulation. La un euro 2015 est déclaré à 1 675 600 pièces. Le plus important des cinq millésimes de circulation, avant le changement de face nationale en 2017. Donc, il faudrait plutôt tomber par hasard sur des exemplaires sortis uniquement pour constituer les sets annuels.

lundi 30 juin 2025

Numismatique au brevet des collèges français 2025

 Le matin du vendredi vingt-sept juin 2025, les élèves de classe de troisième des collèges de France métropolitaine ont composé sur l'épreuve d'histoire, géographie et éducation civique et morale.

La page d'exercice des repères historiques du sujet métropolitain 2025.

Parmi les exercices attendus, les candidats devaient montrer leur capacités à retenir et utiliser des repères historiques, c'est-à-dire des événements et périodes majeures depuis 1945, en utilisant des modes de restitution variés.

Cette année, l'exercice a utilisé trois pièces de monnaie commémoratives françaises :

- la cinq francs du cinquantenaire de l'Organisation des nations unies, mise en circulation en 1995 ;

- la deux euros de 2007 des cinquante ans de la signature des traités de Rome, en 1957, fondateur des communautés européennes dont l'Union européenne est l'héritière ;

-  et la deux euros des trente ans de la chute du Mur de Berlin, de 2019.


Certes, l'événement était clairement indiqué en-dessous des pièces : rappelons que le ministère de l'Éducation nationale diffuse les sujets en couleurs à la presse et au public, bien que les élèves composent avec des reproductions en noir et blanc... de qualité, mais en nuances de gris.

Aux élèves de réaliser leur maîtriser mémorielle en rappelant l'année des trois événements, leur capacité à les placer sur une frise chronologique - outil commode de prise de notes et de révisions -, puis d'ajouter une période avec le figuré approprié : la Guerre froide.


Cet exercice des repères chronologiques pose toujours le souci de l'école de Jules Ferry : faire brailler des ânes ? Tel mon oncle par alliance m'emmerdant avec "1515 ?" à c-h-a-q-u-e-d-é-b-u-t-d-e-r-e-p-a-s-d-e-N-o-ë-l... alors qu'il était incapable de dire ce que le roi François Ier faisait en Italie.

Il y a encore une dizaine d'années, les collégiens devaient apprendre et retenir quelques dizaines de repères de l'Antiquité à nos jours pour l'exercice du brevet, avec un même nombre de lieux français et mondiaux... et donc une déconnection entre les cours de sixième, cinquième et quatrième et l'appris par cœur brevet.

Les concepteurs des programmes et examens d'alors avaient prévus que l'exercice comprendrait des mini-documents et des questions encourageant à comprendre le rôle des événements et lieux appris en quatre ans de collège.

Par exemple, en 2004, plusieurs académies avaient choisi l'exercice reprenant des timbres de la série Portraits de région avec question de sens et placement sur une carte.


Désormais, l'institution se contente de s'assurer des repères historiques de 1945 à nos jours, mais rappelons que sans maîtrise des lieux, les sujets de géographie et d'histoire ne seront pas approfondis par tous les candidats. Cela n'aura que peu d'incidence sur l'obtention de cet examen des bases, mais permettra de trier les élèves, curieux ou conscient que les connaissances se complètent sans trop s'oublier, en classe de seconde générale et technologique à l'année scolaire suivante.

Là, les repères progressivement acquis de l'école primaire à la troisième serviront tous, et avec du sens à trouver et à exprimer avec nuance. La Joconde, peinture française, est plus pertinente à retenir du règne de François Ier qu'une année mnémotechnique isolée, pour retenir qu'il y eut des guerres en Italie du Nord, malgré le passage fantasmé d'un moyen âge sombre à une renaissance lumineuse.

Alors pourquoi, en effet, ne pas utiliser timbres-poste et pièces de monnaie. Un des sujets des lycées français à l'étranger a utilisé quelques affiches d'époque.

samedi 19 septembre 2020

Cartographie monétaire dans Carto

 Pendant l'été, le magazine bimestriel Carto proposait un article de J.-P. Gury au sujet des cartes sur pièces de monnaie, analysant leur rôle dans la communication des États-émetteurs.

Démarrant avec les frontières de l'Union européenne et leur disparition sur les pièces en euro, jusqu'à la revendication des Malouines sur pièce d'Argentine.

En passant par la comparaison des symboliques des pièces de la République populaire de Chine face à celle de la République de Chine à Taïwan.

Le dernier exemple aborde la carte de l'Estonie sur la face nationale des pièces en euro frappée dans ce pays, acceptant la situation née pendant la période soviétique, alors que le respect du traité de Tartu de 1920 est encore demandé côté estonien.

dimanche 16 février 2020

Un nouveau vidéaste philatélique

Si la philatélie consiste principalement à accumuler et ordonner une collection, tout en lisant des articles et des livres pour comprendre le sens originel des timbres émis et des courriers postés, quelques-uns ont le courage de se lancer dans l'audio-visuel.
Bande-annonce de la deuxième vidéo de Ted Talks Stamps (via Twitter).
Tandis que Graham Beck diffuse sa troisième saison de Exploring Stamps, lancée en janvier 2017 avec les timbres français à la Marianne, TedTyszka débute en ce mois de février 2020 des vidéos titrées Ted Talks Stamps. Tous deux sont hébergés sur la plate-forme youTube.

Sa deuxième vidéo renvoie aux premiers timbres en euros émis par l'Autriche, et comment la poste autrichienne les a fait évoluer : conversion au centime près en 2002, puis nouvelle série arrondie en 2003, et enfin la surcharge artistique des stocks restants en 2005-2006 dont la vache tigrée.


mardi 6 février 2018

Trouvailles après le comptage de kermesse

Le bénévolat a du bon pour aider des causes charitables... jusqu'à ce qu'on plonge dans la gestion de l'effort bénévole quotidien.
Six pièces ayant capté mon regard... après comptage et recomptage de quelques centaines d'autres (oui, mes talents photographiques de monnaies sont à découvrir).
Ainsi, en décembre dernier, je fus chargé de tenir la caisse d'une petite kermesse au profit d'une œuvre trois semaines de suite. Les bénévoles furent bons pâtissiers, les clients fort donateurs de pièces et billets...

Outre que ça pèse lourd, je dus compter et recompter tout en ayant en poche mes propres pièces pour des échanges à la volée pour ma collection : on ne se refait pas, « collectionneur de collections », disait ma mère.

Certes, la vingt centimes et la cinquante centimes de gauche sont courantes, mais pas encore à mon œil : l'autrichienne peut-être à cause du souvenir des monuments lorsque j'avais visité Vienne ; la belge car j'ai encore le père, Albert II, en mémoire davantage que le profil du Roi Philippe.

En haut, le château de Bratislava, version cinquante centimes, est franchement peu courant dans le sud de la France !

En bas, les collectionneurs français reconnaîtront la commémorative Auguste Rodin de deux euros, frappées à dix millions d'exemplaires.

À droite, les courantes deux euros d'Andorre et de Chypre... entre le plein de cigarettes et alcool détaxé dans les Pyrénées et vacances méditerranéennes ?

Un véritable connaisseur de millésimes et de frappes fautées en aurait sûrement repéré bien d'autres. Moi, j'essaie désespérément de payer en monnaies autant de courses et d'achats que possibles avec toutes ces pièces...

dimanche 6 mars 2016

Des baisses de tarifs et une démonétisation générale... pas en France

Repérés à travers quelques forums, l'étrange comportement printanier de trois opérateurs postaux... Étrange aux yeux des Français et de leur opérateur dans tous les cas.

Volontaire, quoique peu agréable, baisse aux États-Unis...
Aux États-Unis, jeudi vingt-cinq février, l'U.S. Postal Service a, non sans une colère perceptible dans la dépêche, annoncé qu'elle devra baisser ses tarifs postaux d'ici le dix avril 2016 suite à son accord avec la Postal Regulatory Commission, lors de l'exceptionnelle augmentation du vingt-six janvier 2014.

L'augmentation de trois cents sur le courrier de première classe était supérieure à l'inflation et avait pour seul but de compenser une perte colossale. Elle devait cesser dès que l'opérateur postal avait accumulé 4,6 milliards de dollars, ce qui serait effectif le dix avril prochain.

Fait rare depuis l'émergence des nouvelles technologies de communication, un opérateur postal occidental va baisser ses tarifs  de deux cents sur la lettre intérieure (49 -> 47 cents), un cent sur la carte postal (35 -> 34) et cinq cents sur la lettre internationale (1,20 -> 1,15 dollar).

Grâce à cette action, les tenants du « théorème du timbre-poste » démontreront prochainement que c'est une action vertueuse à la Rowland Hill dont ont besoin les postes du vingt-et-unième siècle...

... mais des consommateurs spéculateurs perturbés
Le cas états-unien sera intéressant à observer par les commentaires de philatélistes et du grand public car, depuis le douze avril 2007, la majorité des timbres de l'USPS portent la dénomination Forever, équivalent à la valeur de la lettre intérieure de première classe « pour toujours ».

Donc, à chaque annonce d'augmentation tarifaire, certains ont fait des réserves de timbres à validité permanente et donc réaliser des économies au fur et à mesure. Certains journalistes peu inspirés ont même signalé que c'était un petit placement plus rentable que les livrets d'épargne et autres placements boursiers...

Le dix avril prochain, aux États-Unis, la valeur du stock des particuliers va baisser... Le début d'un krach financier mondial ? Après la crise des subprimes sur l'immobilier en 2008, le stamp drop de 2016... Probablement que les ventes de timbres vont stagner pendant un mois et demi, juste avant la fin de l'année fiscale et ça, ça va faire mal à l'USPS avant même la baisse effective.

Involontaire en Suède
Faute de lire le suédois couramment, je ne sais pas quand, ni comment la partie suédoise du groupe PostNord, propriété conjointe des États danois et suédois, a prévu d'appliquer une décision de la Cour européenne de justice de l'Union européenne d'avril 2015.

En effet, la Cour a jugé (résumé en suédois, traduction en anglais) qu'un « service public postal » n'est pas assujetti à la taxe sur la valeur ajoutée.

Bientôt une année a passé, les Suédois seront bientôt fixés si leur système de tarifs à point (comme en Belgique) va connaître une baisse équivalente à la TVA disparue... ou pas. Et si là encore, un effet à la Rowland Hill va être perçue sur le courrier des particuliers.

Démonétisation rappelée en Lituanie
En France, la validité permanente de tout timbre émis depuis 1849 est sacrée et d'essence aussi divine que le pouvoir monarchique des présidents de la République, hérité directement de Louis XIV et Napoléon Ier.

Malgré la transformation de l'administration postale en entreprise publique en 1991 et l'introduction de l'euro entre 1999 et 2002, de brillants juristes ont réussi à suffisamment effrayer les dirigeants postaux et les élus du Parlement pour qu'aucune mesure de démonétisation avec ou sans rachat des timbres en franc (ancien comme nouveau) ne soit jamais évoquée.

À présent, magazines et sites philatéliques, et de plus en plus les médias grand public listent les utilisations illégales de timbres à l'effigie de Philippe Pétain... la colère des destinataires quand les plis comportant des dizaines de timbres en anciens et nouveaux francs sortent du centre de tri raturés au stylo-bille probablement par un postier poussé à la productivité par sa direction et qui n'a pas le temps de recompter les centimes et retrouver un cachet oblitérateur.
Le premier timbre lituanien de 2015, célébrant l'avènement de l'euro, monnaie commune européenne, dans le pays (Lietuvos paštas).
Pendant ce temps, en Lituanie, fin février, Lietuvos paštas a confirmé une décision publiée le cinq novembre 2014 : les timbres libellés en litas seront démonétisés le premier janvier 2017. Point final.

Le pays a adopté l'euro le premier janvier 2015 et sa poste a donc laissé deux ans au public pour épuiser son stock de timbres à valeur faciale uniquement en litas. Les timbres à double faciale litas/euros resteront valides.

Sans drame apparemment puisque les articles à la une du BalticTimes.com, site consulté pour cette nouvelle, portaient davantage sur comment entretenir de bonnes relations avec le voisin russe en disposant des forces armées états-uniennes à portée d'alerte.

La Poste-Géo Trouvetou
Quant à La Poste française, elle est parvenue à obtenir un article élogieux du magazine imprimé Capital sur son site en date du trois mars !!! Oui, le magazine qui bouffe du fonctionnaire, du politicien, du fisc, du syndicaliste et de la norme à tous les repas, complimente l'opérateur historique et sa banque pour leurs innovations technologiques.

À venir : le paiement autorisé par la voix à La Banque postale, le Domino qui transformera votre boîte aux lettres en boîtes mail, avec possibilité d'envoi et de réception de colis joints.

Déjà en cours : La Poste est le coffre-fort numérique avec ses serveurs de la quasi-totalité des fichiers clients des pharmacies de France.

Par contre, lorsque le journaliste évoque le grand nombre de filiales colis de La Poste sans s'interroger sur leur complexité et la maîtrise de leur coût (souvenir), ou du génie de disposer des imprimantes 3D comme il y a des photocopieurs dans les bureaux de poste, sans interrogation sur le coût, la clientèle potentielle, la rentabilité, avec un récent rapport de la Cour des comptes assez critique sur la portée de ces à-côtés...

Je me dis que La Poste embauche d'excellents commerciaux, meilleurs que la personne qui a rédigé l'annonce de l'USPS.

Mise à jour du vendredi onze mars 2016 :
Alors que les dirigeants de l'USPS vont devoir gérer l'année fiscale 2016 avec moins de revenus, voilà que des sénateurs leur demandent de renoncer pour le moment à l'étape suivante de la réduction des coûts (fermeture de bureaux et de centres de tri)...

lundi 23 novembre 2015

Marronnier de zinc saucé au cuivre

... ou d'acier saucé pour la recette britannique qui a influé sur la recette €uropéenne.

Le marronnier journalistique de l'élimination de la plus petite pièce de monnaie en usage dans le pays revient régulièrement comme hier soir, dimanche vingt-deux novembre 2015, contre le centime de dollar des États-Unis dans l'émission humoristico-intelloremuante Last Week Tonight présentée sur HBO par John Oliver.
Capture d'écran : l'émission poste le monologue thématique de l'émission sur youTube (HBO est une chaîne à péage).
Tel un marteau-pilon qui frappe incessamment jusqu'à ce que l'empreinte ait marqué, une émission de plus a expliqué au public pourquoi il faut cesser la frappe courante de la pièce de one cent à l'effigie du président Abraham Lincoln.

Les arguments sont les mêmes que pour les pièces d'un et deux centimes d'euro, jamais émise par la Finlande en 2002, et cessée rapidement par les Pays-Bas et la Belgique, et désormais l'Irlande. Dès l'émission de l'euro fiduciaire, les deux premiers et, ces deux dernières années pour les deux derniers, le montant total payé en billets et monnaie est arrondi au multiple de cinq le plus proche.

Le coût de production de la pièce est supérieure à sa valeur faciale ; certes, mais ça reste de la valeur marchande... Non pour les citoyens remontrés par John Oliver à partir de deux exemples de reportages-marronniers des chaînes locales : le reporter jette des cents par terre dans la rue et... PERSONNE ne les ramasse, voire affirme un refus.

Dans un sondage, en 2002, Gallup se vit répondre par deux pour cents des sondés qu'ils jetaient les pennies à la poubelle... Émission satirique oblige, d'autres exemples d'usage volontaire ou pas sont présentés : [auto-censure, pas si prêt du petit-déjeuner ou du dîner selon votre fuseau horaire], étudiant payant en pennies onze mille dollars d'amende pour mauvais stationnement dans son campus et un toutou qui a englouti une centaine thésaurisés en bocal par son maître.

Après l'annonce irlandaise, le buzz médiatique a repris en France entre interrogation dans le vide (Fortuneo qui rappelle que le Parlement n'a pas été saisi par le gouvernement) et avertissement au lecteur : vos centimes d'euro valent de l'or... C'est connu que les spéculateurs de monnaie monégasque, capable de créer une remuade en pleine principauté, vous ont laissé un centime de Monaco sans trace d'usure dans le porte-monnaie.

Les craintes sont des fantasmes tant que l'unité retirée est minime face aux aléas économiques qui influent sur les prix, comme le rappellent l'histoire du retrait de la pièce d'un demi-penny au Royaume-Uni en 1984. En un an, le taux d'inflation de cinq pour cent monte à six puis revient à la situation antérieure.

Aux États-Unis, reste deux points que les €uropéens n'auront pas avec les centimes d'euro : le premier est la crainte d'effacer la mémoire d'Abraham Lincoln, la figure de l'abolition de l'esclavage dans l'esprit collectif. Oliver de conclure : mais Lincoln est partout ! Sur une montagne et le billet de cinq dollars, cinq cents fois plus que le penny!

Le second est le lobbying d'une entreprise de zinc qui fournit les disques de base... Oliver liste l'ensemble des filiales du groupe, prouvant qu'elle peut développer d'autres secteurs zingueux dont les bijoux-fantaisie.

Je n'ai rien trouvé sur l'envie de retrait du penny britannique, sauf une banque qui propose gracieusement un service fort utile : la Magic Money Machine de Metro Bank compte votre monnaie et vous repartez avec de légers billets de banque.

Vu le contexte français, nulle abolition à venir : allez disperser vos centimes là où ils sont bienvenus, comme le marché du village et du quartier, le pharmacien, etc. ou dévisser les vis de blocage de certains appareils électro-ménagers, garder à l'heure les pendules d'antan.

samedi 3 octobre 2015

Choc : un collectionneur de billets neufs arrêtés par la Douane française !

Le vendredi deux octobre 2015, la journaliste Laure Moysset de L'Indépendant signale un fait divers que nous reprenons ici avec une très grande liberté d'imagination.
La Douane française a pu organiser une fantastique exposition de billets neufs en euro (source : Douane française, reprise par L'Indépendant).
Ainsi, un malheureux collectionneur de billets neufs en euros a été arrêté par la Douane française, dans les Pyrénées-Orientales, dans l'après-midi du samedi vingt-six septembre. Il fut surpris de l'intervention alors qu'il revenait tranquillement de l'Exposition internationale des numismates chefs d'entreprise, Ibelletix 2015, qui se tenait en Espagne, il y a dix jours, et se dirigeant vers son domicile dans le pays que nul n'a jamais et n'aura jamais besoin de fuir1.

Grand collectionneur passionné, il avait présenté quarante mille billets d'un état immaculé et avait complété sa collection de quelques centaines d'autres auprès des autres visiteurs, concurrents dans l'économie réelle, mais tous unis dans la collection.

Alors qu'il repensait au Grand Prix remporté par sa collection, au surnom amusant de Mauvida, composée de soixante-huit billets de cinq cents euros présentant tous une particularité admirable : lettres rappelant le Luxembourg, la Suisse ou une de ses exquises îles anglaises, nombres d'identification plein de zéro, et des variétés que les commerçants et vulgaires consommateurs refusent alors que le collectionneur les chérit par leur manque de signatures, d'une nuance de mauve légèrement fraîchie voire sans un de ces coûteux éléments de sécurité négligemment oublié...

Perdu dans ses pensées, il ne comprit pas pourquoi les fonctionnaires de la Douane française froncèrent les sourcils quand ils sortirent sa précieuse collection sur le bitume du parking de leur office. Par sécurité contre les voleurs, il avait placé sa collection Mauvida dans les recoins techniques du coffre de la voiture ; voilà à présent que la Douane accuse le prudent d'avoir voulu dissimuler des fonds clandestins et de frauder les fiscs espagnols et hongrois, ainsi que ceux des pays traversés !

Tandis que les douaniers, inconscients de leur acte, transmettent à la presse les images d'un si admirable regroupement, le Président de la Fédération européenne des collectionneurs de lingots et billets de banque neufs, lui-même exportateur de bas en laine spécialisé dans le marché caraïbe - le réchauffement climatique provoquera, nous a-t-il démontré, un refroidissement du climat tropical antillais, a bien voulu témoigner du désarroi de ses membres depuis sa villa de vacances aux îles Vierges, où il prépare une collection novatrice bithématique : présenter le billet de la plus forte valeur d'une des monnaies actuelles en face de la boîte aux lettres caraïbe dans lequel il l'aura reçu d'un ami installé à l'étranger - imaginer un Postcrossing du billet de banque !!!

Soucieux de discrétion, nous ne pouvons révéler le nom de ce grand numismate, par ailleurs collectionneur de tampons douaniers qu'il conserve précieusement dans ses passeports de tous pays, il nous apprend que les collectionneurs de billets neufs se sentent victimes de l'incompréhension des autorités européennes et nord-américaines face à leur innocent loisirs.

En effet, cette loi française qui oblige à signaler aux douanes de franchir une frontière avec plus de dix mille euros oblige les exposants des salons de la FECLBBN à prévoir de nombreux mois à l'avance leur venue afin de remplir toutes les formalités requises. Certains, ayant négligé cette paperasserie, doivent même voyager séparément de leurs épouse et enfants afin que chacun franchisse les frontières avec moins que la somme obligeant le signalement. Il raconte le désespoir d'un participant qatari disqualifié lors de l'Exposition spéciale football, organisée à Paris, le trente-et-un janvier 2013, car son fils, voyageant avec sa remarquable collection de cinquante sterling, approprié à l'événement, s'était égaré autour de la place du Casino, dans la Principauté, autre grand lieu d'exposition billeto-sportive où le jeune homme pensait que son père exposait une collection de cinq mille roubles.

Notre interlocuteur évoque aussi les nouvelles lois limitant les achats en liquide et les retraits aux distributeurs, pourtant principale source de billets neufs, et la méfiance créée ainsi chez les commerçants européens envers les billets de cinq cents et deux cents euros, moyen obligatoire aux collectionneurs experts pour dégoter des petites coupures à peine utilisées avant leur dégradation malheureuse par des inconscients qui oublient qu'ils disposent de carte bancaire. Il compare la situation avec la philatélie où les collectionneurs complétistes doivent lutter contre ceux qui osent coller de bons timbres neufs, propres et beaux à l'œil sur des courriers où ils ressortiront... Je sentis des sanglots dans sa voix à ce moment de conversation téléphonique transmise par une dizaine de serveurs web anonymes après qu'il m'a envoyé un logiciel de cryptage « qu'un ami informaticien de la NSA m'a garanti inviolable ».

Ce nouveau fait divers dans le sud de la France l'encourage à poursuivre avec ses collègues un projet audacieux. Au prochain congrès de la Fédération mondiale de la collection de valeurs (WVCF) qui aura lieu dans une des Grenadines - bien connues des sérieux et complets collectionneurs de timbres neufs du monde - en 2016, il compte proposer de moderniser le principe de l'exposition : ce seraient les juges fédéraux qui iraient évaluer les collections exposées chez les collectionneurs ou chez les banquiers où elles seront protégées. L'exposition serait alors l'occasion d'un grand repas à l'occasion du palmarès, sans tous ces désagréments administratifs.

Nous lui souhaitons de convaincre ses confrères et que l'innocent collectionneur puissent rentrer avec sa modeste - « excellente, mais modeste en comparaison d'autres » pour le Président interrogé - collection.

Notes :
1 : oui, je sais, les blagues sur « la droite la plus bête du monde » ou n'importe quel propos d'un politicien français, c'est facile. Notez que si on reprenait certains propos raciaux récents, la réémission des timbres de l'exposition coloniale de 1931 serait envisageable dans la coûteuse série des Trésors de la φ.l@télie... Imaginez le nombre de journalistes pour couvrir Paris-Philex 2016 si Nadine recevait une Marianne de cristal pour avoir aidé à cette réémission<placez ici le smiley qui vous arrange>.

Pour ceux qui veulent rire de l'actualité non-stop qui ne veut jamais s'arrêter et de ses acteurs politiques, experts et stars qui ne veulent jamais s'y taire, voici quelques sites parodiques qui, parfois, sont repris par des médias sérieux et visiblement peu professionnels :
- Le Gorafi en France,
- El Manchar en Algérie qui a réussi à avoir un article piquant repris, sans esprit critique, par de nombreux médias.

Des parodies parfois très sérieuses tellement certains médias et politiciens le deviennent, comme l'a remarqué Nicolas Martin dans sa revue de presse du premier octobre, diffusée sur France Culture.

jeudi 18 juin 2015

Juin 2015 : nouvelles défaites françaises face à Waterloo

Pour une question d'egos mal placés, trois États de la zone euro entraînent la France dans le déshonneur une fois de plus, deux cents ans après la défaite militaire de Waterloo et la libération de l'Europe des progrès de la Révolution française imposée par la force des armes, de l'occupation et de l'esprit de pure conquête napoléonienne.

Il n'y a qu'à voir le petit bandeau de la Maison de la Monnaie belge, sous la médaille commémorative présentée par le président du comité de commémoration :

Tirez les premiers, Messieurs les Français et subissaient les moqueries (page d'entrée du site de la Maison de la Monnaie belge, en juin 2015).

« Les 2€ défendus par la France maintenant disponible ! » La Royal Mint britannique titre d'un polysémique « Egos, Enemies and Empire ». Depuis le début de l'année 2015, les forums numismates européens bruissent d'une querelle d'un ménage à trois, dont la Belgique fut la troisième victime (comme en 14 ?).

La France voulut frapper une pièce de deux euros pour les cinq cents ans de la bataille de Marignan : date facile à retenir (1515), supposée ouverture de la France à la Renaissance par la grâce de François Ier, les vieux écoliers français ayant oublié depuis longtemps qu'est-ce que les rois de France d'alors voulait en Italie du Nord. Évidemment, une pièce pour les cinq cents ans de l'avènement du roi qui avait recruté Leonardo ne pouvait nous suffire - même avec La Joconde ?

Les pièces commémoratives de deux euros ayant valeur fiduciaire partout en zone euro, il faut l'accord de ses membres : l'Italie ne voulut point... et la rumeur soupçonne le soutien d'un petit pays.

La Belgique demanda ensuite l'autorisation d'une deux euros pour le bicentenaire de la bataille de Waterloo, près de Bruxelles. Bam ! L'interdit français tomba.

Les Belges et les Néerlandais usèrent alors des pièces à valeur nationale : deux euros et demi en Belgique et cinq aux Pays-Bas. Bravo la France : la Belgique émet sa première pièce de collection d'une valeur fractionnaire. Clap, clap, clap ! Vous ne pouviez pas laisser ça à la Monnaie de Paris,ses Astérix et son vaste programme numismatique ?

La pièce de 2,5 euros, légale en Belgique, reprend l'illustration prévue pour la deux euros qui aurait eu une circulation dans toute la zone euro (Maison de la Monnaie belge).
Certes, comme ce lecteur du Monde, on peut avoir une lecture attristée de cette commémoration d'une victoire des États conservateurs qui clôt l'épisode révolutionnaire et ses avancées en Europe... Laissant à d'autres mouvements secrets, tantôt révolutionnaires (1830, 1848), tantôt terroristes, tantôt utopiques comme les socialismes de reprendre la lutte pour les libertés, l'égalité et la fraternité. Comme cause lointaine, on peut y voir les causes de la guerre civile européenne (1914-1945), mais bon, rien n'était obligé.

On peut y lire aussi la honte de la France : par les conquêtes de la Première République, puis de Napoléon, elle a pu imposer les valeurs de la Révolution à toute l'Europe : abolition des privilèges, Code civil. Mais avec les vexations et duretés liées à l'occupation militaire ou la vassalisation d'empereur... Et, au lieu de consolider son empire européen, cette folie de tenter la conquête de l'immense Russie... Oups, un oubli chez les anciens écoliers nationalistes ?
Importante pour l'histoire et l'économie touristique belges, la bataille orne la couverture du Catalogue officiel de Belgique daté 2015... qui provoqua des interrogations sur la liste de diffusion fr.rec.philatelie : quel lien entre Waterloo et la Belgique ?
N'est-il pas naturel que les États conservateurs à l'époque et ceux ressuscités dans cette bataille (Pays-Bas et Belgique : pour cette dernière, commençons par nous débarrasser des Français...) la célèbrent comme la reprise du chemin du progrès politique et social à un rythme moins meurtrier, et plus profitable pour la bourgeoisie, que celui d'une révolution ?

Niet pour la France qui a célébré les victoires napoléoniennes avec timbres et monnaies commémoratives nationales (Austerlitz en exemple), sans rappeler les pièces courantes sur des événements de la Seconde Guerre mondiale : en ce dix-huit juin, l'Appel, Jean Moulin.

Là, rien pour Waterloo, boudons entre nous dans notre hexagone. Allez pourtant voir les émissions de timbres de nos voisins : Napoléon est présent en Belgique malgré la défaite.

Et oui, Napoléon aussi : La Poste française va-t-elle renvoyer en Belgique les courriers affranchis avec ces timbres, comme la poste algérienne face à certains timbres français ? (La Poste belge)
Restent les perfides anglais : évidemment que Wellington a droit à sa pièce de cinq livres en argent et en or, évidemment que leur leadership est marqué philatéliquement par un bloc de peintures historiques et un carnet philatélique de prestige.
Émis le deux juin, ce timbre des huit cents ans de la Magna Carta anglaise commémorant la Déclaration des droits de 1689... un siècle avant quoi ?
Perfidissime : le deux juin, la Royal Mail a célébré les huit cents de la Grande Charte de 1215 en citant plusieurs textes qui ont marqué le chemin vers le parlementarisme, les droits et égalités au Royaume-Uni, puis dans le monde. Certes, c'est aussi maladroit que quand les Français affirment avoir libéré les peuples d'Europe entre 1792 et 1815...

L'esprit reste magnifique et, surtout, moins francophobe, dites-vous ? Mais êtes-vous aveugle ! Il faut interdire que ces timbres entrent sur notre territoire aux frontières hexagonales naturelles (encore une création qui demanderait beaucoup plus de débats historiens, notamment en Flandre tout autant que sur l'ancienne frontière impériale du Rhône, que ce que les anciens écoliers français peuvent imaginer).

Car les quatre premiers timbres affirment ce que les nouvelles générations d'historiens depuis un demi-siècle et d'écoliers français apprend depuis deux décennies : la Révolution française n'a d'exceptionnel que son exceptionnelle violence populaire. Politiquement, elle n'est qu'inspiration de mouvements révolutionnaires et intellectuels occidentaux qui se sont concrétisés au Royaume-Uni et aux États-Unis bien avant qu'en France...

Célébrer notre défaite : propagande !
Nous rappeler que les Anglais ont lutté contre l'absolutisme bien avant nous : blasphème !
Que l'histoire n'appartient pas qu'à nous : au bûcher ! :)

Sinon, pensez à lire des livres écrits par des historiens, remplis de notes infra-paginales ou à écoutez des émissions historiques sérieuses sur France Culture par exemple. Vous lirez et écouterez de l'histoire telle que les historiens la recherchent, et pas les mémoires telles que nos contemporains médiatiques les manipulent.

dimanche 29 mars 2015

Felipe VI et Moneda gaffeuse

Cette semaine passée, Felipe VI, roi d'Espagne, devait effectuer la première visite d'État de son règne en France, du mardi vingt-quatre au jeudi vingt-six mars 2015. Une catastrophe aérienne a forcé à écourter rapidement l'occasion et exagérément monopoliser l'attention médiatique tandis que le nombre d'États faillis (Yémen, Libye) augmentait, les dictatures en action (Russie) perduraient et les groupes de terreur (Syrie, Irak, Nigeria, Tunisie) perpétuaient, cette semaine, les précédentes, les suivantes.

L'exposition Velázquez au Grand Palais s'ouvrit moins royalement. Néanmoins, l'article de Sandrine Morel, publié dans Le Monde daté mardi vingt-quatre, reste un bilan des trois premiers trimestres du règne au cours desquels le nouveau souverain a jeté les bases d'une nouvelle confiance entre la Maison royale et le peuple espagnol : transparence et parcimonie financière, être physiquement plus présent en Catalogne et, par le discours, des ballotés des tourments économiques.
Revers et avers de la pièce de deux cents euros en or, vendue six cents soixante-quinze euros à deux mille cinq cents exemplaires (site de la RCM-FNMT).
Seule ombre au tableau : deux pièces de monnaie commémoratives en métaux précieux de la Real Casa de la Moneda.

Participant aux commémorations de la fin de la Seconde Guerre mondiale, la Monnaie espagnole a tiré dix mille pièces de dix euros en argent et de deux cents en or, vendues très cher. Une colombe porteuse de rameaux annonce « 70 años de paz », soixante-dix ans de paix.

Le mardi dix-sept mars, El Pais se fait écho des premiers commentaires outrés : pour beaucoup d'Espagnols, les trois premières décennies de la période célébrée appartiennent au régime fasciste et dictatorial du général Franco...

Comme l'Occupation et la collaboration jusqu'aux années 1970-1990 en France, comme encore la guerre d'indépendance algérienne jusqu'à nos jours mêmes, les mémoires de la période franquiste ne sont toujours pas apaisées et la Moneda aurait pu se souvenir :
- soit que l'Espagne fut neutre et se passer des revenus de cette frappe... inimaginable pour n'importe quel service philatélique ou numismatique actuel,
- soit avoir le courage de représenter nommément ou en allégorie l'ensemble des Espagnols qui ont combattu l'Allemagne nazie et ses satellites ou qui ont contribué à rendre la frontière pyrénéenne poreuse après la débâcle française.

À suivre : Waterloo et France gaffeuse.

samedi 3 janvier 2015

Contre un moustique plus petit qu'un centime

Message numismatique d'utilité générale

Depuis une décennie, le moustique-tigre s'est implanté en France métropolitaine, espèce invasive originaire d'Asie du Sud-Est, un des charmes écologiques de la mondialisation des échanges.

L'inquiétude est que ce moustique peut transmettre des maladies tropicales s'il croise un porteur, revenant de voyage par exemple. Comme ce fut le cas à Montpellier, en octobre dernier, avec une mini-épidémie de chikungunya.

Comment limiter son installation alors que le développement durable a remis en cause certaines politiques chimiques de démoustication à grande échelle ? Autour de Montpellier, cet été, le courrier des lecteurs de La Gazette de Montpellier montra un ras-le-bol face à une présence plus massive des moustiques habituels.

Une comparaison entomologico-numismatique
Depuis quelques saisons, le message des autorités est donc : « Soyez secs avec les moutisques », le slogan sur les prospectus largement distribués dans les boîtes aux lettres des résidences des départements du Languedoc-Roussillon, pendant l'été 2014. S'assurer qu'aucune eau stagnante ne permettent la ponte et la croissance des larves de cette espèce et donner les trucs pour gérer celles que les habitants ont besoin : couvrir la piscine, entretenir son bassin d'agrément et y implanter des poissons gourmands de larves.

Ayant passé une bonne partie de l'été en Angleterre, tout en passant mon temps montpelliérain en étage élevé dans un quartier assez sec, je n'ai croisé le petit rayé qu'une fois, à neuf heures du matin, en allant faire des courses... Ce spécimen a confirmé la réputation que des connaissances m'avaient laissée, un an auparavant : il s'accroche au sombre et est très collant.

La dernière de couverture du prospectus distribué dans les boîtes aux lettres des résidents de l'Hérault, pendant l'été 2014 (Agence régionale de santé Languedoc-Roussillon).
Fin août, quand il est venu le temps de trier le courrier non urgent de l'été, ce n'est pas la propagande sanitaire qui m'a marqué - la télévision a largement réalisé sa mission depuis que la Côte d'Azur est touchée, c'est l'image permettant de distinguer le tigre à rayures des espèces locales : sachez lequel vous empêche de dormir ou de profiter de votre terrasse le soir ou le matin.

Pour donner une échelle, le montage le présente à côté d'une pièce d'un centime d'euro, d'utilisation courante vu l'assombrissement de la face commune et une saleté qui a dû protéger la zone plus luisante en haut à droite.

Ce n'est pas de la grande collection lol

samedi 27 décembre 2014

Plongée dans l'univers des argentistes

Hier matin vendredi, une occasion se présenta devant la caisse de la supérette du quartier. La cliente précédente avait soit une pièce de cinq euros pour payer, soit devait utiliser sa carte bancaire. Hésitation du caissier qui approche la main du micro pour appeler le directeur.

Là, je demande à voir la pièce. Reconnaissant la Semeuse euro de la décennie précédente (voir les archives du Blog philatélie de Dominique Stéphan dont une des spécialités était une collection ouverte de la Semeuse), je propose à la jeune femme de l'échanger contre un billet de cinq euros.

Ce ne serait pas la première fois que la curiosité brûlera le chat.

Un peu crasseuse le long des lignes, la pièce est bien la cinq euros de 2008, dix grammes à cinquante millièmes d'argent, d'une série allant jusqu'à cinq cents euros en or lancée par la Monnaie de Paris avec la complicité du réseau de bureaux de La Poste.

Que vaut-elle ? Oh pas pour la revendre (en tout cas pas après l'avoir décrassé), juste la curiosité de savoir comment les collectionneurs de pièces sont aussi abusés que les collectionneurs de timbres.

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À ses deux questions : que vaut-elle ? Comment la lustrer ? Un forum revient dans les recherches Google : Argent Métal.

Rapidement, ce lieu est fréquenté par des collectionneurs de pièces de monnaie, de lingots et de jetons en argent qui a l'air de les passionner davantage que les mêmes objets en or, même si rien n'interdit d'aborder des comparaisons entre les métaux précieux.

Collectionneurs, écris-je, car il y a une volonté d'accumulation chez soi ou dans un coffre. La solution  du prestataire Bullion Vault paraissant apprécier avec ses services et ses coffres. Même si le chez soi plaît beaucoup.

Prêt à acheter des rouleaux entiers de pièces en argent, voici une clientèle formidable pour Phil@... la Monnaie de Paris et ses concurrents du monde entier.

Numismate car, par la force des choses avant de placer d'aussi fortes sommes, il faut observer l'objet, en étudier l'histoire - notamment si la pièce est démonétisée ou n'est qu'un jeton qui, malgré une valeur faciale, n'a pas eu valeur légale, et que les aspects esthétiques finissent par émerger au détour d'un fil de discussion.

Là, le philatéliste reconnaît de suite son collègue par l'emploi de petits noms : Napoléon ou Nap, Coq, Semeuse, Hercule pour les anciennes pièces françaises, Maple Leaf pour la canadienne, Arche de Noé d'Arménie, etc.

L'historien postal esquisse un sourire face à la confrontation des différences entre monnaies démonétisées, monnaie actuellement valide et refrappe tardive d'une monnaie démonétisée, équivalente à un jeton.

Investisseur aussi, tel certains accumulateurs de timbres, du prince qatari au complétiste français déçu de la prime négative de sa collection neuve de timbres. Ces forumeurs discutent abondamment d'achat et de revente, de prime donc et comment en user à son avantage, de fiscalité et comment la diminuer légalement,...

...et, principalement, de méfiance envers le système économique, bancaire et financier actuel ; que cela soit à l'échelle nationale, européenne ou mondiale. La double conviction que, soit ils préparent leur retraite plus prudemment qu'avec un placement financier ou qu'un jour, le troc de biens de première nécessité contre de petits bouts de métaux précieux redeviendra nécessaire.

Pourquoi l'argent ? L'or coûte cher. La concurrence des publics émergents, notamment par tradition pour les Indiens, suscite des fièvres spéculatives qui inquiètent des personnes qui ont l'air assez raisonnable pour ne pas acheter/revendre en deux clics, trois mouvements. De plus, l'argent paraît avoir un cours historiquement plus bas, donc l'espoir de réaliser quelque chose à long terme plus grand.

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À ceux qui s'interrogent sur la valeur vénale et fiscale de leur collection philatélique ou sur le fait de se recycler dans l'aurisme et l'argentisme, je conseillerais la lecture des différents fils du dossier fiscalité du forum Argent Métal.

La complexité des questions légales et de taxation réalisée par le fisc français à travers les intermédiaires (marchands, opérateurs postaux) nécessite pas mal de réflexion légiste : démonétisée ou pas ? Statut de bijoux ou de monnaie ?

Consciencieuse lecture des textes de lois et connaissance du droit constitutionnel afin de surprendre la douane en flagrance de ne plus savoir comment appliquer les textes, ou de se méfier encore plus de marchands de monnaie ayant tendance à lire les textes fiscaux français dans le sens qui fait toujours payer le client. Là aussi, comme en φl@télie, les boutiquiers...

Dans ces divers rôles, un des sérieux participants de ce forum, Yannick Colleu, publie régulièrement des ouvrages de conseils aux investisseurs métalliques précieux. Le dernier en septembre 2014 est déjà un investissement aux dires de certains.

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Grâce à un rappel aux règlements par Yannick Colleu, la pièce de cinq euros et toutes celles que la Monnaie de Paris frappe aussi nombreuses que Phil@poste ses émissions de Boulazac, ont un ou des statuts fort bâtards.

Lisez vous-mêmes, vous verrez que l'emploi de caissier est difficile entre pièces de la Monnaie de Paris et pièces étrangères ressemblant à des pièces européennes...

Quant à ma pièce mi-argent, mi-cuivre de cinq euros, elle ne paraît pas un bon placement : pas assez d'argent en proportion. Néanmoins, en très bon état, les prix proposés sur les sites de vente affichent dix euros, mais sont-ils réalisés ?

mercredi 27 janvier 2010

Liquidation totale à Monaco : timbres, monnaies et directeur !

Téléscopage d'informations sur mon bureau entre hier soir et ce matin : le flegmatique rédacteur-en-chef de Gibbons Stamp Monthly qui use d'un brin d'agacement (février 2010, page 94), une note finale amusée chez Pierre Jullien et Dominique qui propose un lien numismatique.

Point commun des trois : à côté de Guy-Michel Crozet, récent ancien directeur de l'Office des émissions de timbres-poste de Monaco, madame Eslinger de Phil@poste est un ange de compassion envers ses prodigues philatélistes :)

Autre point commun : comment vendre des coffrets de pièces brillant universel à Monaco et provoquer une des rares scènes de violence dans l'histoire de la principauté depuis le Rusé.

Pour ne pas avoir à courir de train en train pour une seule journée en côte d'Azur et pour compenser des dépenses ludiques automnales, j'ai renoncé à découvrir la grande exposition de prestige de Monaco, MonacoPhil, le samedi 5 décembre.

De toute façon, ce fut l'ouverture au public le vendredi 4 décembre, 10 heures, qui valait son paquet de pop corn : émeutes de clients. Fait assez rare en philatélie française... un peu de pas de course parfois, mais vraiment juste pour ne pas faire la queue trop longtemps à Phil@poste et pouvoir profiter de tout le reste.

Là, la police monégasque a dû intervenir... Diantre ! Moi qui croyait qu'elle était essentiellement occupée à repousser les hordes de voitures pas assez rutilantes et de touristes mal habillés aux cinq kilomètres de frontières.


Différents témoins racontent cette matinée dans Gibbons Stamp Monthly comme dans le Bulletin numismatique du Comptoir général financier, association/commerce (?) qui essaie de satisfaire le plus grand nombre de collectionneurs et de numismates.

Foule matinale devant la salle du Canton, composée de rares collectionneurs, de plusieurs négociants et de nombreux porte-noms de négociants. La salle est l'un des trois lieux de MonacoPhil, celui dédié aux négociants philatéliques, aux administrations postales, etc.

Nombreux car vont être mis en vente les trois mille coffrets brillant universel des pièces de Monaco 2009, enfin mille par jour, avant un retirage de trois mille ce mois de janvier. Pour en acheter trois au maximum (50 euros chaque pour 3,88 de faciale - Montimbramoi à côté, c'est peanuts), il faut auparavant avoir obtenu un à trois bons fournis pour l'achat de quatre-vingt euros de timbres de Monaco (ou 160 ou 240 euros selon).

Les portes s'ouvrent. Et là, c'est le drame : la masse collectionneuse ou massivement spéculatrice traverse... submerge... aurait pu détruire... la salle pour atteindre la boutique de l'OETP-timbres pour s'emparer d'autant de sachets de quatre-vingts euros que possible, avant de retraverser... repousser... bastonner... la foule des retardataires pour revenir à l'entrée où l'OETP-monnaie vend les coffrets.

Trois maximum... en théorie :)

Contre coupon d'OETP-timbres... en théorie :))

Face à tout cela, on sort le deuxième millier de coffrets réservés au lendemain, peut-être le troisième ?

Les choses empirent : parents et enfants innocemment curieux d'obtenir timbres ou coffrets confrontés aux rapaces aux dents aiguisés (et suceurs de sang certainement... je devrais arrêter Twilight), collectionneurs paniqués de voir qu'ils n'étaient pas seuls à y avoir pensé...

Bref, pendant que la folie entoure l'OETP-timbres, la police bloque l'entrée : on n'entre plus (pas même le prince), on n'atteint OETP-monnaie que contre présentation de coupon, etc. Dehors, les transactions commencent : Hugh Jefferies, de Gibbons Stamp Monthly, témoigne de sommes allant jusqu'à 650 euros dans la rue le soir même !


Effroi chez les membres-lecteurs du Bulletin numismatique... ça se comprend, mais bon, quand on accepte de payer presque treize fois plus que la faciale pour parfois spéculer avec...

Contentement chez les grossistes équipés de prête-noms : acquisition et revente au prix fort de plusieurs centaines de coffrets que les inconscients visiteurs du samedi et du dimanche ne verront pas.

Satisfaction très certaine du comptable de l'OETP : vente forcée de plusieurs milliers d'euros de timbres-poste qui encombraient les classeurs et doublement plus de milliers de bons euros contre pièces qui ne seront jamais utilisées... et si elles le sont, ça sera pour se payer une limonade en terrasse.


Problèmes...

Bien qu'il préfère l'exploration polaire à la gestion quotidienne de l'entreprise paternelle, je doute que le prince Albert II (et son gérant-ministre d'État) a apprécié cette publicité.

Ensuite, quand on sait que la majorité des publications philatéliques émette rarement d'opinions gravement négatives, ça choque de voir Hugh Jefferies conclure son reportage d'une suggestion ressemblant à un ordre (le stand Gibbons se trouvait mitoyen de la désormais fameuse vente de pièces) : si les prochains organisateurs d'exposition philatélique veulent pratiquer ce genre de promotion pour attirer des visiteurs, « qu'ils le fassent loin de la principale partie de l'exposition! » Ouch!

Solutions à long terme réclamées par les numismates : plus de coffrets sans timbres-poste !

Solution à court terme : virer l'imprévoyant. Dès le 17 décembre, et suite à une délibération gouvernementale le 9, Guy-Michel Crozet est remplacé par Magali Martini. Ce monsieur aura donc tout le temps d'aller voir In the Air, film avec George Clooney, sorti ce jour sur les aléas de la vie d'un professionnel du licenciement. Sauf s'il a déjà trouvé un poste dans l'administration monégasque où se faire oublier quelque temps.


P.S. : dans des moments comme cela, je regrette que TV timbres n'existe plus.

lundi 14 septembre 2009

Un cent est un cent, cinquante mille cents font un gros billet

Depuis l'introduction de l'euro sous forme de pièces et de billet, le premier janvier 2002, un serpent de mer paraît régulièrement sur l'horizon maronnier de la presse populiste européenne : les pièces d'un et deux cents vont disparaître !

La rumeur trouve probablement son origine dans l'ancienne allergie finlandaise aux petites pièces. Ajoutez la flème méditerranéo-française : compter... beurk. Plus le contentement des commerçants à balance de Roberval de pouvoir arrondir leurs prix à la dizaine supérieure, heureux de faire plaisir à une clientèle qui veut, par flème donc, des prix bien ronds... quitte à râler contre l'inflation. Soupir.

Il existe également son petit frère : la pièce d'un euro va laisser place au billet d'un euro. Soit pour concurrencer le billet vert, autant les authentiques que les faux qui pullulent de par le monde. Soit par flème encore : ça pèse lourd dans les poches...


Depuis jeudi dernier, en France, le serpent a un frère dont on jurerait qu'il n'est pas de la même famille : le billet de cinq cents euros va disparaître ! ! !

Dessin : Robert Kalina pour la Banque centrale européenne (source de l'image).

D'abord, une image pour les Français qui usent de leur carte bancaire dès vingt-cinq euros. L'Allemand le connaît mieux, non par richesse, mais parce que notre concitoyen européen aime peser dans sa main le coût de ses achats d'investissements : voiture, appartement, travaux de la maison. Avant de tendre la liasse au vendeur. Besoin né d'une histoire économique pleine d'inflations et de pénuries de la Première Guerre mondiale à l'avènement du mark fort sous l'égide de la République fédérale de 1949.

Le Journal du dimanche d'hier, 13 septembre 2009, signale le rapport de Didier Migaud, député de l'Isère, déposé à la présidence de l'Assemblée nationale, jeudi 10. Pour les curieux, ce rapport sur les paradis fiscaux et l'évasion fiscale est disponible ici.

Parmi les nombreuses solutions proposées par la Commission parlementaire des finances, la suppression du billet de cinq cents. Il serait bien trop facile de faire sortir du pays plusieurs milliers d'euros grâce à la portabilité du billet de cinq cents. Plus sérieusement, la trouvaille s'accompagnerait de l'obligation d'utiliser des moyens de paiement électronique ou certifiés au-delà d'un certain montant, voire d'obliger toute banque installée en France à signaler tous les transferts d'argent liés à certains pays au secret bancaire aussi impénétrable qu'un coffre-fort.

Que ceux qui préfèrent avoir de la monnaie en poche, même pour payer comptant une voiture, ne s'inquiètent pas trop : avoir l'accord des États dont l'euro est aussi la devise n'est pas pour demain. Les obligations liées aux paiements et transferts électroniques de monnaie sont une toute autre question, notamment en matière de respect de la vie privée. L'histoire du billet de cinq cents risque, à mon avis, de cacher l'importance de cela.


Revenons à la collection : déjà que certains tel Lutèce Diffusion (voir le cachier publicitaire livré avec Timbres magazine de septembre) utilisent le premier serpent pour inciter à l'achat de pièces d'un et deux centimes neuves des différents pays émetteurs... va-t-on voir des billets de cinq cents vendus sept cent cinquante, le double, le triple avec comme argument - non qu'ils sont neufs ou parmi les premiers imprimés mais - qu'ils vont disparaître ?