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jeudi 27 juillet 2023

Une semaine en Philatélie : découverte, partage et entraide en juillet 2023

 Si périodiques imprimés et associations sont utiles aux échelles géographiques de leur public respectif, le partage sur les réseaux sociaux permet des échanges philatéliques internationaux. Découvertes, partages de documents et entraide à travers quelques exemples vus sur Twitter pendant la seconde moitié du mois de juillet 2023.

Timbres gravés thématique oiseaux sur le fil Twitter de @EngravedStamps.

Amoureux des timbres gravés et imprimés en taille-douce ? Besoin d'une image quotidienne pour votre plaisir ?

Abonnez-vous au fil Engraved Beauties de @EngravedStamps qui publie un timbre gravé par jour, avec un petit suivi par thème ou pays ou artiste sur quelques jours.

D'ailleurs, éditeurs de catalogues ayant consciencieusement notés dans leur base de données la méthode de création et d'impression de chaque timbre, à quand la publication d'un catalogue mondial des timbres gravés (suivi d'une impression taille-douce ou d'une plate impression) ou la possibilité de commander un catalogue personnalisé à partir de ce motif ?

Annonce de publication d'un article sur son blog par Rajnish Joshi sur Twitter.

Présent sur Facebook et Twitter, Rajnish Joshi de Bhopal collectionne les timbres de la thématique santé et publie un blog titré Health and Medicine in Postal Stamps.

Il a entamé une série d'articles sur l'histoire de la Croix-Rouge par les timbres. Le deuxième porte sur « La philatélie de la Croix-Rouge et les deux Guerres mondiales », hier vingt-six juillet 2023.

Les timbres présentés sont liés aux activités de l'organisation de secours, à leur financement par des surtaxes sur les timbres-poste en temps de guerre, puis en temps de paix... jusqu'aux années 1960 à partir desquelles les programmes philatéliques connaissent une inflation, incluant la thématique de la Croix-Rouge.

Un exemple des multiples publications didactiques de la Korea Stamp Society sur Twitter.

La Korea Stamp Society propose sur Twitter de nombreux exemples de timbres-poste, fiscaux, sociaux de la Corée, de l'occupation japonaise, de la libération par les États-Unis et l'Union soviétique, des deux États coréens depuis.

Une partie renvoie vers des articles plus approfondis sur son site web, réservé aux membres, mais pour lesquels l'adhésion est gratuite pour la première année, avec ensuite des années offertes si vous proposez des articles. La société vivant des dons et de la vente de publications imprimées.

Hier, mercredi vingt-six juillet 2023, est ainsi proposé ce qui pourrait apparaître comme une empreinte de machine à affranchir noire à valeur de 450 wons, oblitérée en rouge en février 1985.

Que nenni ! Il s'agit d'un billet pour magasin militaire : voir l'emblème au centre supérieur, et dont la marque rouge signale la période d'utilisation possible.

Bande de journal de l'État libre d'Orange vers l'Allemagne de 1882... RRRare ?

Plus pointues sont certaines pièces commentées et les échanges qu'elles suscitent entre collectionneurs spécialistes. Le vingt-et-un juillet dernier, Yannis Lazarides a partagé une bande du journal Friend of the Free State, publié à Bloemfontein au dix-neuvième siècle. Elle est affranchie d'un bloc de quatre timbres de l'État libre d'Orange, probablement oblitérés en 1882. Destination : la Bavière, membre de l'Empire allemand.

Une accumulation de chances pour l'historien postal : une bande de journal qui a survécu à la poubelle ou au décollage des timbres, d'un pays postal qui allait disparaître avec l'unification sud-africaine suite aux guerres des Boers. Et vers un pays lointain, certes voisins et rival de l'Empire britannique qui allait annexer cet État libre.

Dans son fil de trois messages, Yannis Lazarides montre un autre exemplaire pour le même journal, avec timbre surchargé par les forces britanniques, et comment il faut remonter la provenance et retrouver les sources bibliographiques pour composer un récit d'histoire postale ou socio-postale pour intéresser un lecteur ou le public d'une exposition.

...

La seconde pièce de Lazarides approfondie par l'historien social-postal Peter @stampden.

Et de là, partage social aidant, un autre philatéliste rebondit avec sa spécialité et sur son blog The Philatelist as Social Historian. Peter @stampden pratique de manière très approfondie l'histoire sociale-postale : étudier la société, des personnalités, des faits à partir d'objets postaux, en s'appuyant sur les archives de plus en plus numérisées.

Sur son fil Twitter et son blog, il montre comment cela peut aller de manière assez simple à partir de la correspondance. Ici, la biographie et la généalogie du destinataire de la seconde bande montrée par Lazarides : Charles Wyndham (1871-1953), le correspondant du Daily Mail auprès du général Gatacre pendant la première Guerre des Boers. Le journal lui est d'ailleurs envoyé où se trouve le général à ce moment-là.

Et ce Charles eut pour fils Leonard Athol Wyndham (1899-1947), un philatéliste et historien postal sud-africain notamment de la poste aérienne de son pays. D'où le grand nombre d'artefacts postaux intacts liés aux activités de son père, journaliste de guerre puis fonctionnaire et élu au parlement du Cap, et aux siennes au même parlement.

L'article permet de retrouver le parcours de plusieurs familles de migrants britanniques circulant au sein de l'empire, et si une enveloppe ou une carte postale le permet d'affiner ce parcours.

Je vous conseille d'éplucher les twitts de Peter @stampden sur une thématique oviparité ultra-précisée autour de l'oologie, (#oology sur Twitter) la partie de la zoologie spécialisée sur les comportements des oiseaux autour de l'œuf, du nid, de cette stratégie de reproduction sous coquille.

Ce n'est pas qu'une collection d'œufs ou de nids sur timbres, ce sont aussi de nombreuses enveloppes et correspondances de zoologues et d'ornithologues, de musées et laboratoires, avec biographie professionnelle voire reconstitution des voyages de recherche des scientifiques expéditeurs ou destinataires de ces courriers.

Initiation à la philatélie ou à la recherche ? Identifier un timbre-poste correctement.

Plus simple... ou en première étape de toutes les recherches partagées, on peut débuter par identifier correctement un timbre postal.

C'est ce que la Scouts on Stamps Society International (SOSSI, présente sur Facebook et Twitter) a proposé au Jamboree national états-unien, qui a lieu en Virginie-Occidentale cet été.

Pour obtenir un badge d'identification philatélique, les scouts sont invités à apprendre à identifier des timbres-poste : observation des indices, recherche en catalogue depuis l'index jusqu'au numéro du timbre grâce à sa valeur faciale, sa couleur, etc.

On peut imaginer, comme nombre de collectionneurs l'ont fait au fil de leur accumulation ou dans le cadre de la collection un timbre / un pays (définir pays postal ?), des niveaux de badges selon les difficultés linguistiques, les abréviations, les pièges des faux-amis les vignettes, et quel changement provoque cette surcharge, etc.

En plus, une activité-jeu qui peut animer une manifestation philatélique avec pédagogie et mérite pour les visiteurs venant découvrir le loisir lors d'une journée du timbre. Mais beaucoup ont dû y penser avant moi : la preuve avec Donald Duck, collectionneur de timbres dès 1952, spécialiste en monnaies rares puis en timbre avec avion à l'envers en 1990.

mercredi 12 avril 2017

Exigeantes et plaisantes conférences vers les confins méridionaux de l'Empire

Période classique : entiers postaux, premières cartes postales, histoire postale, routes maritimes... Des sujets exigeants pour mes modestes connaissances... Heureusement que des collectionneurs savent exposer, écrire ou parler de ses sujets.

Côté exposition, espérer revoir la collection que Brigitte Abensur présenta à Paris-Philex, en mai 2016, en mai 2016. Avec les mêmes timbres de Napoléon III, côté écriture, relire les articles de Laurent Veglio dans Timbres magazine depuis septembre 2015...

Côté conférences, après les entiers-enveloppes de Saxe par Armin Knapp en mai 2016, une nouvelle intervention sur les entiers m'a, avec surprise, intéressé un jeudi soir de février grâce à la Royal Philatelic Society London, suivie deux mois après par une autre enchaînant, avec une facilité d'écoute, les enveloppes les plus exigeantes à étudier pour l'historienne postale.

Cartes-entiers de l'État libre d'Orange.
Ainsi, le jeudi vingt-trois février dernier, Mike Smith exposa les principes des entiers postaux d'une des républiques boers, l'État libre d'Orange, enclavé dans la future Afrique du Sud.
Une des nombreuses variantes des cartes postales imprimées par Carl Borckenhagen... Mais celle-ci oblitérée le deux mars 1895 a une histoire très particulière (copie d'écran de la conférence de Mike Smith, au siège de la RPSL, le jeudi vingt-trois février 2017).
Une part non négligeable de son propos fut de l'ordre de l'étude-catalogue des différences entre les tirages londoniens commandés à De La Rue dès 1884 et ceux réalisés localement par Carl Borckenhagen à partir de 1889... Sans oublier les quelques-uns utilisés par la république boer du Stellaland pendant sa courte indépendance (1882-1885) avant une invasion britannique.

Mais largement illustré d'entiers ayant servi vers la colonie britannique du Cap - ces cartes furent créées pour servir dans le cadre d'une convention postale entre Orange et Le Cap de 1883, Johannesbourg dans l'autre république boer du Transvaal, et bien au-delà. Pimenté aussi de taxation dont une vers l'Autriche et revenu en Afrique du Sud pour cause d'adresse insuffisante, et bien sûr de marques de censure avec la guerre des Boers qui marque la conquête de l'État d'Orange par le Royaume-Uni.

Des récits pimentent les pièces rangées dans l'ordre du catalogue. Comme l'importance du patron de presse d'origine allemande Carl Borckenhagen dont l'imprimerie réalisa les entiers, quitte à ce qu'un tirage fauté vit les timbres préimprimés avec le sceau du journal au lieu de celui de l'État...

Petit récit avec la correspondance d'une carte illustrée ci-dessus : signé Arthur Tolkien en 1895, comme le père banquier, Anglais expatrié à Bloemfontein, du grand philologue, écrivain, inventeur d'un univers complet, de ses langues et de ses mythes. L'écrivain a alors trois ans et est rentré en Angleterre avec sa mère, mais son père meurt en 1896, premier des nombreux obstacles de la jeunesse de J.R.R. Tolkien.

Pour ceux qui auraient besoin d'une carte libre de droits d'auteur de l'Afrique du Sud en 1885, la base Commons de Wikimedia propose celle du Scottish Geographical Magazine.

Premiers courriers, premières routes de et vers l'Australie-Méridionale.
Inconvénient des conférences et expositions d'histoire postale « des origines à... » est qu'elles montrent des pièces dont j'ose à peine évaluer la rareté et la valeur. Avantage : la générosité en temps de leurs propriétaires à les exposer et les commenter par écrit ou oralement.

Ainsi, le six avril dernier, malgré une collection incroyable de premières marques de... ou d'usages de timbres de forte valeur faciale vers des destinations inattendues, Pat Grimwood-Taylor a un incroyable talent d'oratrice. Elle m'a captivé - public facile, suis-je ? - pendant cette demi-heure où les enveloppes se sont enchaînés arithmétiquement vite, mais au rythme le plus juste pour en comprendre le sens philatélique et historique.

L'objet était donc l'histoire postale des premières décennies de l'Australie-Méridionale, South Australia, colonie britannique fondée en 1834 d'hommes libres, au contraire des établissements de Nouvelles-Galles-du-Sud (constituant alors tout l'Ouest du continent : un petit gif wikipédien pour suivre) fondés comme des pénitenciers et le déversoir de la pauvreté anglaise.

La passion sud-australienne qui anime Mme Grimwood lui permet de réaliser un véritable cours sur les routes maritimes suivies par les courriers au départ d'Adelaide, la capitale... en ayant le temps d'expliquer avec clarté - à la Geoffrey Lewis - comment le Post Office britannique et son homologue colonial se répartissait les coûts du trajet, lettre par lettre.
Lettre envoyée en double d'Adelaide pour l'Écosse via Marseille le douze juillet 1855, en recommandé. Le 10 (dcimes) manuscrit est dû à l'administration postale française, le 6 au Post Office britannique (recommandation). Ne m'en demandez pas plus... Si je n'ai pas déjà réussi à faire une erreur dans ce résumé (copie d'écran de la conférence de Par Grimwood-Taylor, au siège de la Royal Philatelic Society London, le jeudi six avril 2017).
L'idée essentielle étant que le chiffre est la part due au Post Office britannique selon la part du service maritime postal qu'il finançait : 1 pence s'il l'était par les Sud-Australiens, 3 pence si à parts égales, 5 pence s'il l'était par les Britanniques.

Le point culminant est atteint avec la dernière enveloppe présentée de Anthonys Lagoon, en plein Territoire du Nord sous administration méridionale, pour Wimbledon en Angleterre, oblitérée du vingt-sept janvier 1891...

Mais une marque « TOO LATE », raconte l'historienne postale, signale qu'elle rata le départ du cavalier postal de nuit à Camooweal pour Borroloola, le quatorze février. Deux semaines ensuite, il reprend son chemin multi-modal assez complexe : par bateau à partir de Burketown jusqu'à Sydney puis Melbourne et en train pour Adelaide. Enfin, par bateau transocéanique, il atteint l'Angleterre via une escale à Naples en mai 1851. Pfiou.
Merci de croire la conférencière quand elle affirme que les péripéties de cette lettre ont eu lieu au milieu de nulle part (Google Maps, la fonction itinéraire sert juste à garder en place les quatre lieux cités).
Pfiou pour le parcours de la lettre. Pfiou pour les recherches nécessaires pour retrouver ce parcours.

Les visiteurs du site de la RPSL peuvent retrouver les très complets fascicules des collections exposées ; ils peuvent aussi écrire au Secrétariat de cette Société pour demander l'adresse de la conférence filmée sur youTube.