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dimanche 22 janvier 2023

Un hommage gravé à la Reine Elisabeth II par la RPSL

 Avec son mille cinq cent-et-unième numéro de sa revue The London Philatelist, la Société philatélique royale de Londres a offert à ses membres un portrait gravé de la Reine Élisabeth II, patronne de la Société, réalisé par Martin Mörck à l'initiative de plusieurs membres.

L'arrivée du London Philatelist de décembre 2023.

L'éditorial de Tony Bard et un article de Armağan Özdinç explique la genèse et la réalisation artistique du projet, débuté comme un hommage pour son jubilé de platine, et achevé comme une commémoration après sa disparition, le huit septembre 2022.

Tony Bard souhaita ouvrir l'année éditoriale 2022 par une photographie de la Reine ; l'ancien président de la RPSL Frank Walton lui procura une signée aux initiales par Dorothy Wilding qui inspira la première série d'usage courant du règne élisabéthain. Elle est reproduite dans le numéro 1492 daté janvier-février 2022.

Lors de l'exposition internationale London 2022, en février, Bard rencontra Armağan Özdinç, membre états-unien de la Société, grand connaisseur de l'œuvre de Martin Mörck, et l'artiste lui-même - il avait déjà réalisé une vignette érinnophile pour Stockholmia 2019, l'exposition des cent-cinquante ans de la RPSL, et y avait assisté pour l'émission d'un timbre gravé de l'Administration postale des Nations unies à l'effigie de Kofi Annan. Il proposa à Walton, qui accepta immédiatement, de créer un souvenir du jubilé offert aux plus de deux mille deux cents membres.

Le Bureau de la RPSL, Özdinç et Mörck, et les mécènes Karl Louis et Dieter Michelson du groupe Global Philatelic Network ont réalisé les étapes de ce projet.

Début octobre, le bas-relief d'Arnold Machin ornait la couverture du numéro de deuil ; en bas à droite, un petit logotype a marqué chaque numéro de 2022 pour les cent trente années de publication de la revue.

Les amateurs de Martin Mörck connaissent ses timbres, les souvenirs proposés autour par les services philatéliques, et sûrement, le livre-entretien By Mörck de 2016, apprécieront l'article "Martin Mörck: Master Portrait Illustrator and Engraver" de Armağan Özdinç.

Dans celui-ci, l'auteur détaille les différents styles utilisés par Mörck au cours de sa carrière portraitiste - en reprenant les mots anglais : Free, Dot, European Classic, American Banknote - avec des exemples de timbres respectivement des États-Unis (Mary Breckinridge de 1998), de Monaco (Gandhi de 2019), du Danemark (Reine Margrethe II de 2010) et France (Jean-Baptiste Charcot de 2007), et enfin de Jersey (Churchill de 2015).

Deux timbres utilisant deux de ses techniques sont également montrés : Naomi Uemura sur timbre du Groenland de 2011 et la Reine consort de Suède de 2005.

Ensuite, Özdinç détaille les deux projets que Mörck vient de réaliser pour la Royal Philatelic Society London. Lors de Stockholmia 2019, le président Patrick Maselis proposa la réalisation du portrait des quatre-quatre anciens présidents de la Société. L'artiste explique comment il a dû travailler pour maintenir un style commun, surtout pour que le regard considère des portraits gravés alors qu'ils n'ont pas été imprimés en taille-douce ou en céroplastie (? traduction de wax relief printing ?).

L'auteur, avec photographie de l'artiste au travail, approfondit le travail sur le portrait de la Reine Élisabeth II à partir de la photographie de Dorothy Wilding, expliquant les différences entre les deux portraits, l'importance de l'angle des lignes de traits et de points dans l'appréciation du portrait.

Le six septembre 2022, les premiers essais ont été imprimés, deux jours avant l'annonce du décès de la Reine. Deux mille cinq cents portraits ont été imprimés en wax relief et chacun signé au crayon par Martin Mörck, puis glissé dans une enveloppe portant les armoiries du Royaume-Uni au recto et le logotype du mécène au verso.

Au milieu du numéro 1501 du même London Philatelist de décembre 2022, le portrait et les deux faces de l'enveloppe sont reproduites page 563, et un texte des mécènes explique leur démarche, avec leur photographie lors d'une rencontre avec le Roi de Suède lors de Stockholmia 2019 sur la page 532.


Les thématiques élisabéthaine et mörckienne, ainsi que celles liées à la gravure, sont grandement enrichies par de telles réalisations.


The London Philatelist est édité à raison de dix numéros par an à destination des membres de la Société philatélique royale de Londres, qu'ils reçoivent à domicile et dont ils peuvent rechercher et télécharger les anciens numéros et articles à partir du moteur de recherche du site de la Société.

L'American Philatelic Society a interrogé Armağan Özdinç sur sa passion pour l'œuvre de Martin Mörck en juillet 2021.

dimanche 8 décembre 2019

Stockholmia (11) : Des piquets-radars entre Nouvelle-Zélande et Antarctique

L'exposition privée Stockholmia 2019 est terminée depuis début juin, mais ses administrateurs terminent les comptes qu'ils rendront publics lors de London 2020 en mai.

Une des particularités de cette exposition a été d'en assurer l'équilibre immédiat par des dons privés : un mécène ayant permis de réserver très tôt - et donc au meilleur prix - le lieu, quelques dizaines de donateurs et patrons de plus ou moins grande importance et une entrée payante pour le reste du public.

Les mécéne, patrons et soutiens furent remerciés par leur identité indiquée sur le panneau présentant chacune des collections proposées par des membres de la Royal Philatelic Society London. C'est ainsi que - par approche nombriliste - je me suis intéressé à une collection de thématique maritime et polaire.

La première page de la collection de Teresa Harry sur les navires-piquets radar de l'opération Deep Freeze (collection exposée à Stockholmia 2019). Sur la carte, à 60° Sud et 160° Est, est figurée d'un rectangle la zone de déploiement des navires-piquets.

De 1955 à 1968, entre la Nouvelle-Zélande et le détroit McMurdo, en Antarctique, des navires néo-zélandais et états-uniens participèrent aux opérations Deep Freeze, une nécessité avant les moyens très longue distance de communication, notamment satellitaires.

Ces navires jouaient de le rôle de piquets-radar (picket ships) permettant de repérer et d'aider à se repérer les aéronefs circulant entre la métropole néo-zélandaise et sa zone revendiquée en Antarctique, la Dépendance de Ross.

Avec nombre enveloppe aux cachets illustrés des navires, leurs photographies et quelques coupures de presse, la Néo-Zélandaise Teresa Harry raconte la douzaine d'années de missions effectuées. Soulignant tout de même que certaines oblitérations de la base néo-zélandaise Scott sont de complaisance, le navire concerné n'y ayant pas fait passage.

Une autre approche de l'histoire postale polaire.

dimanche 10 novembre 2019

Stockholmia (10) : De la philatélie sociale

Retour à l'exposition des cent cinquante ans de la Société philatélique royale de Londres, qui a eu lieu fin mai - début juin 2019 à Stockholm.

Avec le second moment où j'ai croisé la problématique de la « philatélie sociale », qu'un historien décrirait comme : En quoi les objets de la philatélie et de l'histoire postale sont-ils des documents à part entière de l'étude historique ?

Le vendredi trente-et-un mai, en fin d'après-midi, alors que l'essentiel des participants se trouvaient de l'autre côté du port de Stockholm pour la signature de quatre nouveaux « philatélistes distingués », trois négociants philatéliques présentaient "Current Trends in Social Philately", titre qui avait suscité ma curiosité historienne.

Qu'est-ce donc d'abord ?

La proposition de Andre Schneider était de faire d'abord un point sur cette façon de collectionner et d'exposer. À leurs yeux, elle doit permettre d'intéresser un nouveau public vers la philatélie et l'histoire postale, en abordant notamment le contenu et l'histoire des correspondants, plus motivants à étudier que les types de timbres, de marques ou les tarifs postaux.

Une chronologie montrait comment la philatélie sociale se plaçait dans l'évolution de la collection : collection des timbres dans les années 1860, philatélie traditionnelle dans les années 1910, décollage de l'histoire postale dans les années 1960... Et, à partir de l'Océanie dans les années 1980, apparition de la philatélie sociale qui touche le Royaume-Uni dans les années 2000.

Même si quelques exemples montrent que la tendance est toujours proche du collectionneur : quel courrier méritait donc les risques pris par les pilotes des ballons montés du siège de Paris en 1870 ? Qui osait encore envoyer du courrier en Allemagne pendant l'hyper-inflation de 1923 ? Ou la recherche particulière des courriers ayant survécu, avec traces, aux accidents aériens.

Cela permet donc de connecter cette façon de collectionner à un public large : contexte autant politique qu'économique ; à l'échelle d'une ville, d'une entreprise comme de la vie quotidienne d'un individu ; ouvert à beaucoup de souvenirs : courrier, coupures de journaux, tickets de voyage, prospectus, photographies privées, etc.

Quelques exemples approfondis.

Pourquoi trois marchands philatéliques pour cette présentation ?

Tout d'abord, parce qu'ils peuvent être collectionneurs eux-même comme Karl Louis de Corinphila, qui exposait à Stockholm. Il proposait ce vendredi-là une collection sur les opposants aux Corn Laws britanniques.

À partir de lettres qu'un historien postal trouverait des plus banales, il parvient à un exposé riche d'un quart d'heure sur certains meneurs, des associations et des lieux de cette lutte anti-protectionniste du dix-neuvième siècle.

Contenu du courrier, notamment prospectus de propagande, gravure des lieux de manifestations, etc. Une véritable recherche historienne.


Andre Schneider proposa une étude similaire sur « l'année sans un été » : 1816 connut des famines en Europe alors que les guerres napoléoniennes avaient enfin pris fin.

En partant d'articles scientifiques sur comment, dans les années 1920, on comprit l'origine lointaine (les conséquences d'une éruption volcanique en Indonésie en 1815) de la situation européenne, le philatéliste social relit les correspondances de 1816 dans sa collection pour retrouver les traces de ces manques et privations en France et en Saxe par exemple.

Croisant ainsi deux passions.


Premier intervenant chronologiquement, Charles Epting est venu présenté la fameuse enveloppe au Blue Boy d'Alexandria, dont son employeur organisait alors la vente aux enchères.

La question que se posa Epting quand il fallut préparer le catalogue de ventes pour attirer les acquéreurs - autant les historiens postaux qu'un public plus large en quête de belles choses de valeur à la revente - fut : parmi toutes les raretés que constituent les timbres des maîtres de postes des États-Unis des années 1845-1847, pourquoi ce Blue Boy attire-t-il autant les collectionneurs ?

Retrouvez le catalogue de cette récente vente : l'histoire des deux correspondants et d'un Burn as usual non appliqué expliquent pourquoi d'après le vendeur.


Car, finalement, pourquoi rechercher de nouvelles informations et connaissances par le biais de la philatélie sociale ? Pour donner une valeur intellectuelle, affective, et peut-être monétaire à nos collections.


Et la compétition dans tout ça ?

La force de l'habitude est qu'en philatélie, quelque chose se collectionne car soit ça a de la valeur monétairement parlant, soit car ça permet d'illustrer une collection à médaille d'or.

Je me satisfait grandement de la réponse de Karl Louis : je me fais plaisir, je me fiche des règles.

Plus réglementairement, il y a problème...

Les classes d'exposition philatélique portent sur l'étude des objets philatéliques et postaux, notamment ce qui montre le fonctionnement de l'acheminement postal... alors que la philatélie sociale s'intéresse également au contenu de l'objet postal... ce que, au-delà de l'adresse du destinataire et de l'expéditeur, les postes ne considèrent pas dans l'acheminement.

La classe ouverte ? Il faut tout de même que la moitié des pièces soient philatéliques. Ce qui est tout de même mieux qu'en philatélie thématique où le non-philatélique n'est pas permis - même pas le destinataire.

Le Britannique Chris King fut cité pour illustrer ces deux (im-)possibilités - le résumé qui suit est le mien, donc une source très indirecte de Mr. King : en bons historiens, retournez lire ou écouter la source. Si une exposition est une histoire racontée au lecteur, alors :

- dans les classes philatéliques, la philatélie sociale et ses objets viennent soutenir, confirmer l'histoire écrite par l'exposant. Elle sert donc à s'assurer de la validité du discours, mais ne peut l'illustrer.

- En classe ouverte, par contre, elle peut faire partie de l'histoire racontée.

Questions du public.

Parmi les questions de la douzaine de personnes présentes, il fut remarqué que dans les clubs allemands, la philatélie sociale concerne autant des personnalités importantes ou des célébrités que l'histoire d'un individu anonyme, tel un soldat. Aux États-Unis, le parcours d'un soldat plongé dans la Guerre de Sécession. J'ajouterai que cela correspond aux recherches sur le vécu des déportés et des morts dans les camps de concentration et d'extermination nazis, évoqué par d'autres conférences.

Les liens avec la généalogie sont claires et combien d'« historiens des familles » auraient besoin d'apprendre comment fonctionnait la correspondance et son transport aux siècles passés ?

Une dernière statistique confirme qu'il y a une tendance vers la philatélie sociale : d'après Andre Schneider, un quart des articles d'American Philatelist, la revue de l'American Philatelic Society étudient le contenu du courrier autant que la philatélie ou l'histoire postale traditionnellement définies.



Cet article pensé en juin, rédigé en novembre, l'auteur s'excuse auprès des personnes citées s'il résume très mal leurs propos ; il les remercie pour leurs histoires passionnantes suscitées par des courriers.



Complément du jeudi six août 2026 :

Accidentellement, je découvre que l'exposition ORAPEX 2027 (premier et deux mai) aura pour thème la philatélie sociale, en particulier l'idée de la faire découvrir aux visiteurs, en particulier les philatélistes de la région d'Ottawa, en Ontario, et de l'Outaouis, au Québec.

Et, surprise, parmi les huit liens guidant vers des ressources de définitions ou d'exemples de philatélie sociale, cet article de blog.

Merci aux organisateurs d'ORAPEX d'avoir lu et jugé pertinent mon résumé des travaux de Andre Schneider, Karl Louis et Charles Epting, complétant leurs activités philatéliques professionnelles. Cela permet aussi la présence d'une source francophone, toujours pertinente au Québec et en Ontario.

Cela m'a permis de corriger quelques coquilles qui avaient survécu à plusieurs relectures en 2019.

mardi 27 août 2019

Stockholmia (9) : quand un courrier est la dernière trace connue d'un individu

Reprenons le cheminement suédois de ma pensée sur le lien que certains collectionneurs souhaiteraient encore plus fort entre philatélie et histoire - et pas seulement qu'en classe d'exposition.

En suivant l'actualité des expositions étrangères et mes visites aux Stampex de Londres et de Stockholmia en mai dernier, apparaît le caractère systématique des conférences et des séminaires au Royaume-Uni et aux États-Unis. Une habitude qui commence à apparaître en France, mais encore modestement en comparaison.

Ainsi, à Stockholm, une poignée de réunions autour d'un sujet ou d'un philatéliste avait lieu en simultané, de dix à dix-huit heures, chaque journée de l'exposition des cent cinquante ans de la Société philatélique royale de Londres. L'exemple de la collection Estonie 1918 a été évoqué ici : son auteur a expliqué le cheminement de sa collection exposée pendant une quarantaine de minutes, acceptant les questions et commentaires, puis en descendant montrer quelques autres pièces directement sur les panneaux.

Le temps passant, les générations souhaitant établir la mémoire familiale pour la transmettre aux suivantes, et l'outil postal étant omniprésent à l'époque, les moments troublés de la « guerre civile européenne » motive les chercheurs en philatélie et en histoire postale.

Notamment, le moment le plus tragique : la Shoah. Ainsi, pour plusieurs pays, nous disposons du travail et du volontariat de partager les connaissances acquises de Birthe King pour le cas du Danemark, Ron Brown pour les îles Anglo-Normandes, Kees Adema et Jeffrey Groeneveld pour les Pays-Bas, etc.

Et ce n'est pas qu'une forme de thématique, comme l'a montré Heinz Wewer à Stockholm avec une conférence intitulée Social Philately - a mere paraphrase of History or a new source of Historiography? On the relationship between Philately and History, le jeudi trente mai à onze heures.

On en revient à cette notion de « philatélie sociale » que je retraduis d'après mes études : les traces philatéliques (timbres) et postales (marques, courrier, cheminement) ne peuvent-elles qu'illustrer une histoire déjà établie par les historiens - et c'est déjà un énorme travail de faire correspondre connaissance établie avec suffisamment d'objets de collection !!! - ou ces traces peuvent-elles constituer un réservoir de documents supplémentaires, voire uniques, pour les historiens ?

Heinz Wewer démontre le second point en trois moments progressifs... didactiques et tragiques ; le sujet étant le régime nazi de janvier 1933 à sa chute en mai 1945.

Tout d'abord, illustrer que le matériel postal a lui aussi été « un instrument de l'action politique » : - les entiers postaux dont l'illustration porte le message du nouveau régime ;
- les marques antisémites ajoutés en plus de l'oblitération, par des postiers zélés, puis, comme souvent dans le régime nazi, pratique institutionnaliser sous forme de flammes par celui-ci alors que la montée des slogans dans la violence s'accroît.

Certes, ce ne sont pas les discours filmés, retranscrits dans la presse, les affiches qui manquent aux historiens. Néanmoins, autant que la vitrine dégradée ou brisée du magasin voisin, le courrier reçu et envoyé est un moment quotidien de la plupart dans les années 1930 : les messages sous-entendus par les timbres et les marques postales deviennent terriblement habituels...

Dans un second temps, les objets postaux sont également « les témoins de l'actions politique » sur des sujets connus, mais, encore, peut-être pas dans le quotidien des victimes du régime hitlérien.

Ainsi, dès le vingt-huit février 1933, sur ordre présidentiel, le courrier des partis et associations démocratiques est censuré, une étiquette l'indiquant... avant que ces traces disparaissent au profit du décollage/recollage des enveloppes.

Les correspondances des personnes de confession juive indique le traitement subi :
- les cartes des intellectuels et scientifiques emprisonné en camp de concentration , tel Carl von Ossietzky, prix Nobel de la paix mort en détention ;
- les détails : „Konsulent“ au lieu d'avocat ou médecin, métiers désormais interdits... et c'est un tampon professionnel à refaire pour marquer sa correspondance. L'ajout des prénom „Israel“ et „Sarah“ pour ceux dont le prénom ne serait « pas assez juif », tel dans l'exemple de „Siegfreied Israel Mode“ ;
- enfin, l'aryanisation des entreprises se remarque entre les tampons d'entreprise retamponner de la nouvelle identité, les affranchissements à la machine pas encore mise à jour ;
- ou le courrier de ceux « partis sans laisser d'adresse »... que la Gestapo récupérait systématiquement...

Tout s'analyse sur un courrier dans cette approche historique : tout détail faisait baigner les juifs dans la stigmatisation, les autres dans l'acceptation du fait établi.

Et, pour Heinz Wewer, on passe la ligne qui permet aux traces postales de devenir des sources indispensables à l'historien académique comme à l'historien des familles (le généalogiste) : certains courriers par leur existence sont les toute dernières preuves qu'un individu a bien vécu.

...

Les dernières lettres envoyées à l'étranger décrivant aussi positivement que possible le quotidien ou la demande des autorités de se préparer à être déplacé vers un ghetto ou un camp. Et si, après recherche des dates, l'historien découvre un camp d'extermination au débouché du possible convoi, ce sera bel et bien la seule trace prouvant la déportation et l'assassinat dans une chambre à gaz.

Wewer évoque aussi des parcours pour lesquels ces courriers sont les rares traces d'événements dépassant l'entendement :
- un Polonais juif racontant à sa famille émigré en Palestine comment la Polenaktion entraîna la déportation d'au moins dix-sept mille Polonais juifs d'Allemagne vers la frontière que la Pologne, stupéfaite, ferma dans un second temps... certains réfugiés restant dans ce no man's land jusqu'à l'invasion de septembre 1939... [note personnelle : ça fait profondément réfléchir sur la problématique des réfugiés de nos jours]
- Et parfois, la définition de censure laisse dubitatif - ou est angoissante, telle cette carte d'un grand-père à sa petite-fille en septembre 1942 : le texte prouve qu'il sait que sa convocation à Berlin pour partir vers Theresienstadt est la fin. Correspondance laissée passer pour laisser un message à une réfugiée en Suède ?

Heinz Wever a rencontré cette femme qui a conservé toute sa correspondance de l'époque, qui permet de reconstituer le parcours des Kindertransport, leur intégration dans le pays de refuge, comment les adultes restés en Allemagne leur décrivent la vie quotidienne par parabole, détour d'écriture...

Pour l'historien « philatélique social » , disposer des archives familiales permet de suivre l'histoire d'une famille, dont certains individus pour lesquels ces quelques lignes sont les seules preuves qu'ils ont vécu en Allemagne, le régime nazi ayant tout fait pour en faire disparaître toute trace.

Et Wewer d'insister : il y a eu jusqu'à cinq centaines de « camps » dans Berlin pour le travail industriel forcé, cinq cents lieux d'emprisonnement, combien de milliers de personnes. Les combats du printemps 1945 et les destructions de leurs archives par les nazis font qu'il n'y a pas assez d'archives restantes pour tous les connaître - les lieux autant que les individus...

... sauf quelques noms sur des cartes postales.

...

Une de mes réflexions pendant cette dernière partie est une que j'ai régulièrement face à la recherche de « la belle marque » par les collectionneurs, une réflexion d'historien : combien d'archives dispersées entre de multiples collectionneurs au lieu de conserver unis des ensembles permettant l'étude de vie individuelle, de relations familiales, de leur quotidien face au contexte politique.

Savoir philatélique ou savoir historique ?

Tel est un de mes dilemmes face à l'acte de collectionner.



Note :
Heinz Wever est l'auteur de deux ouvrages en allemand, édité chez Hentrich & Hentrich :
- „Abgereist, ohne Angabe der Adresse“, Postalische Zeugnisse zu Verfolgung und Terror im Nationalsozialismus, 2017, ISBN 978-3-95565-241-8 ;
- Postalische Zeugnisse zur deutschen Besatzungsherrschaft im Protektorat Böhmen une Mähren, 2018, ISBN 978-3-95565-245-6.

dimanche 25 août 2019

Philatélie, généalogie : une question d'histoires ?

Un sujet qu'il faut que j'évoque dans ma série de souvenirs de l'exposition Stockholmia 2019, a rebondi deux fois début août de deux origines différentes alors que mon esprit n'a pas encore complètement envisagé l'article suédois...

Pour répéter le résumé général, la « philatélie sociale » a été une variante de l'histoire postale à la mode dans les années 1980 et qui connaît un revival depuis le milieu des années 2000.

Personnellement, ma formation historienne ne me l'a pas faite remarquer avant qu'elle soit explicitement évoqué. Après tout, je suis formé pour penser que toute trace humaine peut devenir, après étude critique, un document dans une étude historique.

Apparemment, au fil d'expériences remémorées rétrospectivement après Stockholmia, je me rends compte que ce n'est pas l'évidence pour les collectionneurs passionnés exclusivement par les marques, routes et tarifs postaux*...
Couverture du deuxième numéro de SocialPhilately, publié en Allemagne.
Alors que mon esprit analyse les implications - lentement -, voici qu'arrive le premier numéro de mon abonnement au mensuel allemand Briefmarken Spiegel (oh ! que mon allemand scolaire est rouillé) avec en compagnon le deuxième numéro de la revue SocialPhilately.

Sous le nom de « philatélie sociale » se cache, dans cette revue au premier numéro de 2017, ce que j'appellerai « histoire postale » en historien : étudier et retrouver l'histoire humaine à travers le courrier ou les outils philatéliques et postaux.

Histoire postale étant déjà pris par l'étude philatélique du courrier*, j'imagine qu'il a fallu ruser ou que la linguistique ou le vocabulaire disciplinaire d'autres pays ont joué.

Néanmoins, cette incitation à rechercher derrière les enveloppes, les correspondances, les timbres et les marques de passage, l'histoire des expéditeurs, des destinataires ou des faits que leurs écrits évoquent, a remonté jusqu'à la Fédération internationale de philatélie. Les acteurs de la philatélie organisée y voyant un moyen d'attirer un public plus large à la philatélie et l'histoire postale.
Couverture du numéro d'août-septembre 2019 de La Revue française de Généalogie, disponible chez les marchands de presse.
Apparemment, ce besoin d'« histoire sociale » pour étendre le public existe également en généalogie. Là, c'est l'exploitation d'archives au-delà des registres paroissiaux et des actes d'état civil qui anime le mouvement.

Comment continuer une généalogie quand l'arbre familial et la cousinade sont jugés « finis » en l'état des archives existantes et des mystères irrésolubles ? Comment attirer des gens peu intéressés par l'accumulation de dates de naissances-mariages-décès à partir de vieux papiers répétitifs ?

Plonger dans le quotidien et le contexte historique des familles d'antan à travers de nouvelles archives à explorer : les détails variés des photographies de famille, le succès des registres-matricules lors du centenaire de la Grande Guerre, celles liées aux étrangers, à la religion pratiquée, aux corps de métier, recensements montrant la composition et l'évolution des foyers, donnant également les adresses intermédiaires qui peuvent permettre de décoincer la généalogie au sens strict,...

Pour un historien de formation, rien de nouveau, mais toujours très passionnant puisque cela concerne un très-proche affectif : passer de la trace familiale au document pour constituer une connaissance intime sur ses origines.

Là où mon raisonnement actuel sur la « philatélie sociale » a tiqué est une expression, déjà vue, mais répétée avec insistance dans les articles sur la généalogie organisée dans le numéro août-septembre 2019 du bimestriel La Revue française de généalogie.

Le pratiquant généalogiste devient un « historien des familles », d'après l'expression employée par Valérie Arnold-Gautier, la nouvelle présidente de la Fédération française de généalogie, et sous la forme d'« histoire familiale » sous la plume d'un généalogiste expliquant sa méthode pour « reprendre tout à zéro » sur les sept premières générations, celles où il y a eu le plus de mobilités géographiques et sociales, mais aussi le plus d'archives variées et accessibles au chercheur.

Du sommet de ma houle, je prends à peine conscience des courants marins plus profonds. Ça éclaire mes prochains écrits et recherches divers et variés.

À suivre dans un des articles sur Stockholmia 2019.

jeudi 15 août 2019

Stockholmia (8) : les enfants bienvenus au musée postal

Dernier article sur le musée postal suédois, dans le quartier de Gamla Stan à Stockholm : la galerie des activités dédiées aux enfants accompagnés. Et elle est magistralement réalisée pour plaire autant aux enfants impatients de faire quelque chose et aux parents soucieux de faire savoir. Cette galerie parvient, à mon avis, le double objectif de faire savoir et savoir-faire.
L'entrée de Hej!, la galerie d'activités dédiée aux jeunes visiteurs du musée postal de Stockholm.
Grosses lettres tenant des bureaux d'enfants. Au mur, lettres d'alphabets et d'écritures du monde entier. Et, lors de ma visite, deux petits-enfants galopent vers les tables bien plus rapidement que leur grand-mère.
La première table est consacrée à l'écriture manuscrite, avec explications courte et longue selon la capacité de concentration du visiteur (ou l'impatience du parent...).
Le parcours est traditionnel : comment envoyer un souvenir du musée à quelqu'un ?

D'abord, il faut écrire à la main. Ceci est en débat dans plusieurs systèmes scolaires en Europe du Nord : faut-il passer à une écriture manuscrite imitant les caractères d'imprimerie (déchiffrable par tous, facilitant l'apprentissage de la lecture imprimée et de l'écriture informatique) ou maintenir l'apprentissage de l'écriture à la main (capacités d'adaptation en écriture et en lecture, et surtout, un des éléments intimes de l'identité) ?

Ardoise, craie et chiffons sur la table, avec consigne sur un panneau. Quelques textes plus long rappellent au-delà aux adultes accompagnateurs l'intérêt de l'activité, ou un aspect philatélique ou postal, comme dans le reste du musée donc.

Et, ainsi, de table en table, d'étape en étape de la correspondance : brouillon de message, puis dessin de la carte postale (offerte). Une machine à écrire (tic, tic, tic, Ding !) évoque les différentes formes d'écriture selon à qui on écrit, ce qu'on écrit, etc.

L'exposition est bilingue suédois-anglais.
Arrive enfin la dernière salle : comment faire découvrir simultanément aux enfants et aux adultes la création du timbre-poste ?
Un espace entre la galerie enfants et les expositions pour adultes : la création du timbre-poste.
Dans cet espace intermédiaire, le visiteur est invité à partir de l'objet à représenter (ici, une armure importante dans l'histoire de la Suède) et à aboutir à l'impression rotative du timbre, reproduite par un ensemble de cylindres-luminaires reliés de toiles de projection au plafond.

Au niveau du regard de tous, du touche-à-tout : des timbres avec une loupe pour repérer des détails dans la création ou le mode d'impression. Une plaque de métal gravé sous un microscope peut être touchée, retouchée pour découvrir la gravure. Un cylindre d'impression éclairée voit la maquette du timbre projetée en ombre chinoise à l'endroit sur le mur.

Il y a de tout pour tous les publics. Jusqu'aux philatélistes aguerris ou amateurs avec le panneau du programme philatélique de l'année en cours.
Retour chez les grands !
Et, en ressortant de ces deux galeries, on remarque mieux le rappel de respect, au début de la visite de l'exposition temporaire d'art contemporain, aux bonnes pointures.



Rappel : si le philatéliste en herbe que vous accompagnez connaît déjà les pays du monde, ne pas oublier le jeu dans la galerie philatélique.

vendredi 9 août 2019

Stockholmia (7) : une histoire de bibliothèques

Dans les étages du Musée postal de Stockholm, se trouve une bibliothèque philatélique de bois clair et foncé, teinté de rouge orangeoyant ici et là. L'accueil signale bien la destination du lieu :
Timbres sur taies de coussins (je ne sais pas si ça se trouve à la boutique souvenir).
Après l'accueil, deux salles de travail peuvent accueillir les chercheurs, chacune donnant sur des ouvrages.
La première, donnant sur le un sud ensoleillé.

L'autre donne sur les rayonnages de littérature philatélique du monde entier, dont la France.


En dehors des portes ouvertes, organisées pendant Stockholmia, l'ouverture est assez limitée : les mardis et mercredis de midi à seize heures - ils n'ont pas oublié les actifs du centre-ville pouvant se jeter sur ces connaissances pendant le repas. De septembre à avril, la bibliothèque est ouverte jusqu'à dix-neuf heures néanmoins.

Cet excellent outil était, dans l'émotion, concurrencé par la bibliothèque en cours de déménagement de la Royal Philatelic Society London.

Elle ne fut pas amenée jusqu'en Suède, mais la reproduction photographique de la Large Library jouait le rôle de café-point de rencontre qu'était celui de cette salle des revues et périodiques au 41 Devonshire Place.
La Grande Bibliothèque de la Royale reconstituée pendant l'exposition Stockholmia 2019 du cent cinquantenaire de la Société londonienne.
Depuis le milieu du printemps, la bibliothèque de la Royal attend patiemment dans ses cartons la fin des travaux de réaménagement du nouveau siège, 15 Abchurch Lane. Ce qui sera progressivement réalisé à partir de la fin de cet été, d'après les nouvelles.

vendredi 2 août 2019

Tjokholmia (6) : le secret du Président est cristallisé

Le beurre de cacao a cuit ! Le contrebandier du chocolat entre la Belgique et Londres n'est plus Président de la Société philatélique royale de Londres, et donc le secret de sa popularité est évent... s'est cristallisé.

Mais, trêve de mes insipides plaisanteries : le chocolat et le cacao sont des choses sérieuses sur ce blog.
La vraie ? Celle en chocolat ? « Le loisirs des rois » est désormais un surnom véritablement mérité ! (photographie de Dane Garrod pour Stockhlmia 2019)
De l'été 2017 au printemps 2019, Patrick Maselis a été le premier président non britannique de la RPSL, mais aussi un animateur inventif lors des événements sociaux de la Société. 

Outre son humour, il a ainsi laissé nombre de souvenirs philatéliques sous forme de timbres personnalisés et oblitérations privées de Belgique, aux philatélistes exposants au 41 Devonshire Place, aux membres venant assister aux conférences et aux membres recevant par courrier les dernières actualités concernant l'avenir de l'organisation commune.

Surtout, il y a eu la certitude pour les stars des jeudis, que ce soit à 1 pm (les expositions) ou à 5 pm (les conférences), ou aux convives des grands dîners présidentiels, de repartir avec du chocolat artisanal de grande qualité. Depuis Rococo Chocolates à Chester (boutique fermée : se reporter à celles de Londres), je comprend mieux la différence avec les marques industrielles (bio ou pas) des commerces à ma portée.

Et donc, agréable surprise ce vendredi deux août, dans le troisième numéro spécial du London Philatelist consacré à l'exposition Stockholmia 2019 des cent cinquante ans de la RPSL : le secret chocolaté du Président !
Une enseigne à connaître à Bruges.
... Ou plutôt, le chocolatier secret : quatre pages de photographies succulentes des pièces uniques qu'Oliver Van Nueten a réalisé pendant deux ans pour Patrick Maselis. Âgé de vingt ans, l'artisan est Maître Chocolatier de Belgique depuis trois ans et, avec l'aide de sa famille, à la tête de sa propre entreprise depuis deux à Bruges.

Trois timbres ont eu droit à leur reproduction en chocolat : le Penny Black et le type Machin en 2018, et la variété unique, le Tre Skilling jaune pour Stockholmia, qui permet à Maselis de s'amuser de la réaction de Van Nueten face à la photographie : N'a-t-il pas le scan d'un exemplaire en meilleur état ?

Vingt kilogrammes de chocolat moulé et sculpté en surface chacun !

Le Vasa, navire autour duquel s'est déroulé le repas du palmarès de Stockholmia, est montré en pleine reconstitution au chocolat blanc sur noir, avec dessin détaillé à portée du regard de l'artisan.

Au-delà des tablettes épaisses (au marteau la découpe !), le Roi de Suède est reparti, très surpris, avec sa couronne fidèlement reproduit en chocolat (et joyaux en sucre transparent), avec un bonnet saupoudré de cacao rouge : quarante-quatre heures de travail !
L'emblématique porte, stylisée par Maria Gadh, pour l'exposition Stockholmia 2019.

Découverte par les membres présents lors d'une des réunions du printemps, la dernière sculpture en date est également présentée : dans un volume approximativement cubique : le porche d'entrée du 41 Devonshire Place, siège de la RPSL de 1925 jusqu'au trente juin dernier, avec ses deux piliers, sa porte et les vitrages l'entourant.

Je conseille la lecture de ce numéro hors-série aux philatélistes, aux amateurs de chocolat, mais aussi à ceux qui essaient de prolonger le hobby : comment ces gestes non philatéliques d'une part, et la manière d'organiser et de faire vivre l'exposition de Stockholm, permettent de prolonger la collection de timbres et de courrier.

Pour les non-philatélistes, trompés par le mot-clé chocolat : outre ses chocolats plus petits et habituels, Oliver Van Nueten propose de travailler sur commande. Un portfolio moins timbré est visible sur son site.


...

Sinon, j'ai besoin d'un conseil : MM. Maselis et Van Nueten, quand on vit dans le sud de la France avec du 30°C quasi toutes les après-midis en été, comment peut-on éviter la cristallisation du chocolat dans le placard de la cuisine ?

vendredi 26 juillet 2019

Stockholmia (5) : La salle du trésor au Musée postal de Stockholm

Suite de la visite au musée de la poste suédoise, à Stockholm, dans une ambiance toute en bois.

La chambre du trésor est consacrée au premier siècle du timbre-poste. Des textes expliquent son apparition et son évolution en Suède, depuis les causes de la réforme de 1840 au Royaume-Uni. Les vitrines exposent les objets les plus rares possédés par le musée : timbres, lettres, oblitérations.

Une partie consacrée aux émissions de Suède permet d'expliquer les méthodes d'impression, avec les schémas habituels.
Distributeur de timbres au mécanisme apparent au Musée postal, à Stockholm (photographie du vingt-neuf mai 2019).
Sur un côté, le visiteur peut découvrir le mécanisme d'un distributeur de timbres, ses cloisons d'origine ayant été remplacées par des plaques transparentes.
Plus anciens vestiges de la collection de timbres au Musée postal, à Stockholm (photographie du vingt-neuf mai 2019).
Progressivement, l'exposition passe à la collection de timbres. Dans une vitrine, un des premiers albums encore existant, ayant appartenu à Olof Arborelius et qu'il remplit, dans sa jeunesse, vers 1858. Il devint ensuite un célèbre peintre suédois.

Cependant, les vitrines font deux mètres de haut, les textes sont de l'histoire... Comment occuper les enfants qui vous accompagnent. Les abandonner dans la section pour enfants (objet d'un prochain article) ? Tout leur raconter et les porter pour que leur regard soit à la hauteur des objets en hauteur ?
Jouer au collectionneur-trieur au Musée postal, à Stockholm (photographie du vingt-neuf mai 2019).
Pourquoi ne pas leur faire découvrir la grande table au centre de la pièce ?

Une boîte de timbres décollés entourés de casier à feutrines, dont chaque case porte le nom d'un pays (en suédois). Les règles du jeu sont simples.

vendredi 12 juillet 2019

Stockholmia (4) : dîner dans un timbre-poste !

Pour mon séjour à Stockholm, fin mai dernier, mes contraintes alimentaires ont conduit mes recherches des collections et conférences à voir à l'exposition Stockholmia de la Royal Philatelic Society London jusqu'aux restaurants où manger convenablement.

Par son statut touristique, l'île centrale de Gamla Stan propose masse de restaurants, façon quartier Saint-Michel à Paris - ce n'est pas un compliment. Dans la partie basse au sud-est, quelques perles de qualité existent, tel le pub/brasserie Movitz.
Le logotype du restaurant Under Kastajen (site web).
Plus intéressant pour ceux souhaitant une cuisine plus suédoise - ils ont un burger ;) -, Under Kastanjen au sommet de la vieille ville propose un menu succulent et des desserts magnifiques. Le nom du restaurant peut se traduire du suédois : « Sous la châtaigne » ou « Sous le châtaignier », celui qui orne la place Brända Tomten ; ce triangle tire son nom du pâté de maison disparu lors d'un incendie en 1728 et jamais rebâti.

En dînant le vendredi trente-et-un, je profitai de mon apéritif en rêvassant tandis que mon regard philatéliste m'indiquait un problème à résoudre... dans un restaurant ? La fatigue sûrement.

Sauf que...
Même hors d'une exposition philatélique ou d'une boîte aux lettres, le collectionneur de timbres a toujours l'esprit aux aguets (tous droits réservés).
... sur un mur de la salle : un cadre blanc contenant de petits rectangles rappelant des timbres !

En effet, cinq timbres sur deux lignes, surmonté de l'un d'entre eux imprimé en grand format décoratif et représentant la place Brända Tomten, la façade et la terrasse du restaurant Under Kastanjen !
Le carnet autocollant Gamla Stan de 2016.
Ainsi, le quatre mai 2016, la poste suédoise a émis cinq timbres sur le centre historique de Stockholm, l'île de Gamla Stan - la vieille ville en suédois.
Manger dans un timbre, un timbre sur un restaurant.

Le timbre dessiné par J. Windström est très détaillé, ce que la gravure de Martin Mörck confirme. Ainsi, en observant la droite du timbre :
Détail du timbre, avec les signatures.
Outre les touristes (pousette, enfants, sac à dos), l'artiste n'a pas oublié le drapeau du restaurant, ni les éléments sur la façade de l'immeuble voisin.
La rue Kindsugatan, sur la droite du restaurant Under Kastanjen (photographie du trente-et-un mai 2019, sous licence Creative Commons by-nc-sa 4.0).
Plissez encore les yeux sur le haut de la porte :
Au 4 Kindsugatan, à Stockholm, une intéressante inscription pour la petite histoire des habitants de la ville (https://creativecommons.org/licenses/by-nc-sa/4.0/).
En sortant, de mon dîner, sans connaître les détails du timbre - dont j'ai commandé le carnet à un vendeur sur Delcampe et que j'ai reçu hier -, j'ai admiré cette place dont l'histoire et le confort ombrager lui a accordé le droit à un timbre.

Et, j'ai remarqué cette inscription au-dessus de la porte de l'immeuble voisin - dont le cadre général est reproduit sur le timbre. Avec mon allemand scolaire, j'avais compris que l'identité d'un couple marié entouré un message central.

La Wikipédia en anglais, à partir de sources historiennes (auquel peut s'ajouter celle-ci), explique qu'il s'agit de la maison occupée par un marchand de la fin du dix-septième siècle qui devint maire de Stockholm, puis fut anobli. La devise : « Ceux que Dieu aide ne peuvent plus avoir de problèmes » en traduction très littérale et peu poétique.

Par contre, admirez bien ces timbres.

En effet, PostNord, l'entreprise chapeautant désormais les postes suédoises et danoises, a renoncé à la gravure et la taille-douce peu après. Pour preuve, à Stockholmia, les timbres proposés par PostNord pour ces deux pays à son stand.

Mais, la RPSL a aidé les graveurs à... Pour un prochain article.



Note : Sur son site, dans les actualités, le restaurant évoque ce timbre par deux fois : à son émission, et en bilan de fin d'année.

mardi 2 juillet 2019

Stockholmia (3) : art contemporain au Musée postal

À Stockhlom, pendant l'exposition du cent cinquantenaire de la Royal Philatelic Society London, du vingt-neuf mai au deux juin 2019, le Musée postal était un autre lieu de philatélie possible dans la capitale suédoise.

Les horaires d'ouverture de ce musée sont serrés : de onze heures à seize heures du mardi au dimanche... Heureusement que le trajet est court entre la gare et le centre de congrès de Stockholmia d'une part et le Musée installé dans l'île centrale de Gamla Stan.

Avant de décrire les expositions permanentes du musée dans un autre article, consacrons un peu de temps à l'exposition temporaire Postal Art, d'art contemporain, de novembre 2018 à août 2019.
Une bannière annonce l'exposition temporaire au Musée postal, Lilla Nygatan 6, 111 28 Stockholm, en Suède (photographie sous licence Creative Commons by-nc 4.0, prise le jeudi trente mai 2019).
Le site web - et j'imagine le catalogue en suédois... - décrit comment les œuvres ont été conçues selon trois cheminements différents que je vais décrire selon mes impressions.

D'abord, le plus étrange au premier abord - pour quelqu'un n'ayant qu'une exposition annuelle à l'art contemporain (dans tous les sens du mot « exposition ») - fut tous les broderies exposés sur beaucoup de murs. En 2018, un club de broderie de Stockholm a visité le musée tous les mercredis pour les préparer, y trouvant inspiration autour des timbres, réels ou imaginés, et de leur illustration, de la correspondance, y compris un meuble de tri postal composé de poches en tissus pastels et brodés. Décoratif et apportant des couleurs distrayantes dans cette exposition.

Ensuite, une œuvre encombrante autant que morcelée de Linn Lindström et Kristine Lund amenait l'observateur à réfléchir. Simultaneous Souvenirs (a record of a wordless correspondence) est l'assemblage d'objets hétéroclites, autant quotidiens qu'exceptionnels, que les deux artistes s'envoient depuis trois ans selon un rituel artistique : à une date et une heure définie, chacune s'empare d'un objet et l'envoie à l'autre par la poste.

Penser à l'autre ? Sens de l'amitié ? Critique de la société de consommation ? Du sens de la communication ?

Une vision de l'œuvre clouée à un mur est visible sur le site de Linn Lindstöm ; au musée postal, les objets sont assemblées sur des tables et tablettes, ce qui prend l'essentiel de l'espace d'une des salles.

Enfin, le reste des œuvres pouvant susciter la réflexion autant que la perplexité du visiteur proviennent du travail d'étudiants d'une école d'art, la Gerlesborgsskolan. Le catalogue de l'exposition indique que ce partenariat provient de la visite d'une collection d'art postal conservée par le Musée postal canadien, à Ottawa (fermé depuis et inclus désormais dans le Musée canadien de l'histoire).

Les étudiants ont visité le musée et travaillé pendant l'automne 2018 autour des thèmes de la poste, les lettres, les colis, la communication.

Et là, je garderai une seule œuvre qui a résonné immédiatement et rebondi mi-juin dans ma vie quotidienne.

L'installation est simple : posée contre une fenêtre, elle imite le perron d'une maison. Juste devant, vers le visiteur donc, le paillasson sur lequel est posé un immense parallélépipède rectangle aux parois transparentes...

... empli de...
En entrée d'exposition : simple, efficace, marquant (auteur et titre honteusement oubliés, en cours de recherche).
... prospectus publicitaires, bien sûr !

Ce paquet que beaucoup retrouve en rentrant chez eux après le travail.

Alors que dirigeants postaux, personnes de lettres et collectionneurs de timbres pleurent le triomphe du sms et de l'e-mail - pardon, du texto et du courriel - sur la correspondance écrite, les particuliers reçoivent toujours et encore du courrier...

... publicitaire !

Qu'il soit déposé par le facteur, diversification nécessaires des postes (Destineo en France) ou par des travailleurs de la nécessité.

Ce sera l'œuvre marquante de mon année d'art contemporain.

Quinze jours plus tard, ayant repris le rythme normal - comprenant donc deux paquets concurrents de publicité par semaine -, voilà qu'un petit couvercle en plastique a fait son apparition avec un petit mot est apparu au coin du mur de boîtes de lettres de mon immeuble : « Servez-vous. »

Dedans, des autocollants verts « Pas de pub ».

Le résultat est digne d'une œuvre contemporaine : en deux jours, le bol était vide et les trois-quart de la façade des boîtes pleines :
Sans titre, œuvre d'un voisin anonyme, Montpellier, juin 2019 (droits réservés).
Souci d'éviter le gaspillage de papier et d'encres ? Souci de ne pas voir de paquets de pub abandonnés dans le hall ? Ou œuvre vivante et collective d'art contemporain ?

dimanche 16 juin 2019

Stockholmia (2) : 1918, année complexe en Estonie

Pendant une exposition, le visiteur chanceux peut rencontrer le collectionneur qui décrit les enjeux de son sujet et les pièces principales. Mieux, à Stockholmia, fin mai-début juin 2019, le visiteur pouvait voir et entendre la même chose, confortablement assis dans une salle équipée d'un vidéo-projecteur.

Ainsi, les cinq journées de l'exposition des cent cinquante ans de la Royal Philatelic Society London ont permis de loger de nombreuses rencontres dans les salles de réunion du centre de congrès.
Le panneau de titre de la collection de Jaan Roots, 92 points, médaille d'or.
Jeudi trente mai, après-midi, Jaan Roots, Norvégien d'origine estonienne, a présenté sa collection Estonia 1918 d'abord en salle, puis a proposé de montrer comment son propos général permettait de relire la collection exposée.

Le centenaire de la Grande Guerre et la complexité des découpages territoriaux qui en sont issus entre 1917 et 1923 ouvrent aux philatélistes et aux historiens postaux de vastes espaces de règles militaires et d'exceptions postales. Les États baltes ne font pas exception, même si la recréation de la Pologne et l'établissement d'une Ukraine, pour ne citer que ces exemples, sont de gros morceaux déjà évoqués dans la presse philatélique récente.

Le sujet estonien est intéressant car il illustre le problème de la création à partir de peu de choses d'États en Europe centrale et orientale avec la disparition successive des empires russes, austro-hongrois, ottoman et allemand. Peu de choses : sentiment anti-impérial, identité nationale culturelle mise en avant. Mais, pas de frontière administrative existante, ni même d'indépendance effective sur le terrain.

Jaan Roots introduit son propos avec ces problèmes de 1918 dans l'étude postale d'un pays aux frontières depuis établies. Il n'expliqua pas comment deux gouvernorats russes concernés (Estonie et nord de celui de Livonie) ont pu donner l'État estonien... et celui de Lettonie.

Néanmoins, pour les besoins de l'étude, les événements-clés menant à l'indépendance de 1918 sont précis et leurs effets apparaissent progressivement sur les courriers de soldats et de civils :
- 12 avril 1917 : le nouveau gouvernement russe (révolution de Février) accorde une autonomie aux Estoniens ;
- début 1918 : le gouvernement bolchevique (révolution d'Octobre) autorise la constitution d'unités militaires par les minorités nationales ;
- 1er février 1918 : passage de l'Estonie au calendrier grégorien, donc directement au 14 février 1918 ;
- 18 février : reprise de l'offensive allemande contre la Russie ;
- 24 février: déclaration d'indépendance ;
- 3 mars: le traité de Brest-Litovsk impose l'occupation allemande de la Livonie et l'Estonie, au-delà de l'Ober-Ost ;
- du printemps au 29 novembre: ouverture de la poste allemande aux civils, avec censure centralisée dans quelques villes ;
- après le 11 novembre, le 19 : indépendance effective de l'Estonie ;
- semaine suivante : ouverture de la poste estonienne avec premiers timbres le 24 novembre ;
- 28 novembre : attaque de la Russie bolchevique, puis intervention d'une flotte britannique en mer Baltique.

Une année tumultueuse géopolitiquement pour des Estoniens coincés entre deux puissances négociant leur sortie de conflits afin de libérer des troupes pour le front occidental côté allemand, consolider la Révolution pour la Russie de Lénine.

Le collectionneur parvient à illustrer les trois périodes de l'Estonie grâce aux cheminements suivis et aléas subis par cartes postales et enveloppes, principalement des courriers de soldats estoniens des régiments estoniens ou se trouvant dans l'armée russe, ou encore de soldats allemands. Les obstacles furent nombreux (moins pour le courrier proche des civils).

1. La période de la République soviétique de Russie jusqu'à l'offensive allemande de fin février : poste militaire russe, mais aussi oblitérations des régiments estoniens nouvellement créés. Les différentes armes se retrouvent.

2. L'occupation allemande avec sa poste militaire usant des timbres de l'Ober-Ost, la partie conquise frontalière de la Prusse orientale, puis accessible aux civils avec ces mêmes timbres-poste, mais sans distribution à domicile.

Là, ce sont les marques de censure, donc le parcours des lettres, qui mobilisent la sagacité de l'historien postal : lettre(s) initiale dans un cercle pour la censure. Au début de la période, la censure s'effectue uniquement à Riga, en Lettonie, puis dans quatre autres bureaux à partir de juin : Dorpat, Reval (Re), Wenden. Ce qui, pour une grande partie du courrier intra-estonien, requiert beaucoup de kilomètres pour vérification, alors que le destinataire peut être tout proche.

C'est côté russe que tout se complique davantage : quand ce courrier-ci en provenance ou à destination de la Russie a-t-il circulé ? En effet, du douze juin jusqu'à fin novembre, les échanges postaux avec la Russie sont autorisés, mais pas en recommandé...

3. L'indépendance, dans la vingtaine de novembre, simplifie à peine l'étude.

D'abord, le départ de l'administration allemande (au vingt-neuf novembre dernier délai) et son relais estonien sont très progressifs selon les lieux, et très inventifs dans plusieurs bureaux : réutilisation de cachets d'oblitération en cyrillique, timbres locaux à Rakvere, marques de paiement en espèces.

Ensuite, parce que la menace de la Russie soviétique dès le vingt-huit complique les relations postales avec les villes aux extrémités du lac Peïpouss, les premières coupées du reste de l'Estonie. Et donc, de courriers revenant à l'expéditeur.

Grande Guerre finie, l'Estonie et sa voisine lettone deviennent stratégiques pour l'Entente, ce qui donne un dernier exemple de courrier qui mit des mois à relier l'Estonie à un pays d'Europe occidentale...

À partir de décembre 1918 et jusqu'à mi-février 1919, une flotte britannique établit un blocus des côtes baltes pour empêcher la fuite de navires russes vers le pays des Soviets. C'est ainsi que ces tensions navales coupent la liaison postale entre Tallinn, la capitale estonienne, et Helsinki en Finlande, alors l'un des rares moyens fiables de faire sortir du courrier du pays.

Pour Roots, l'Estonie de 1918 peut servir de cas pour aller découvrir d'autres régions et pays de l'Empire russe entre les révolutions de 1917 et la guerre civile.


Le décentrement de l'exposition-anniversaire vers l'Europe du Nord a permis ainsi à des collectionneurs de faire découvrir aux visiteurs lointains les philatélies et les histoires postales scandinave et baltes.

Outre Estonia 1918, la difficile histoire de l'Estonie était également évoquée par la collection thématique Estonians outside Estonia 1944-1991 par le Suédois Mats Söderberg : comment maintenir l'identité nationale vivante pendant l'occupation soviétique ? Les activités d'associations d'Estoniens, en Europe et en Amérique du Nord, ont fait l'objet de courriers, de vignettes, d'expositions, etc.

Une histoire qu'a vécu le premier collectionneur, Jaan Roots. Aux questions du public sur pourquoi collectionner ce pays-là, il a répondu que ses parents ont fui l'Estonie du début de la Guerre froide après l'emprisonnement d'un membre de la famille, qui fut trop actif au temps de l'Estonie de la Seconde Guerre mondiale.

Merci à Jaan Roots d'avoir accordé une bonne heure de son temps au public.

samedi 8 juin 2019

Stockholmia (1) : souvenirs, souvenirs

Alors que Phila-France 2019 bat son plein à Montpellier, je reviens à mon séjour de l'Ascension dans la capitale suédoise pour Stockholmia, l'exposition des cent cinquante ans de la Royal Philatelic Society London...

Pourquoi ? Un, j'ai envie. Deux : ne plus jamais avoir à écrire un message ou un article ici ou là contenant l'expression « du 7 au 10 juin 2019 ».
L'oblitération spéciale proposée par PostNord le jeudi trente mai 2019, apposée judicieusement sur la vignette émise par la RPSL et dessinée par Martin Mörck.
Les enjeux étaient multiples pour l'auguste association britannique : fêter certes, recruter aussi auprès d'un public lointain se déplaçant spécialement en Europe, et aussi, poursuivre la collecte de dons pour achever l'aménagement du nouveau siège 15 Abchurch Lane, dans la City.
Mon premier souvenir créé : la reine au tarif international, vignette de la RPSL et oblitération spécial Alfred Nobel du mercredi vingt-neuf mai 2019.
Pour le visiteur de Stockholmia, les presque trois cents collections en compétition amicale étaient le lieu à voir, le stand de Post Nord n'était donc jamais trop envahi par la foule, le contraire d'un salon parisien. Il était tout de même présent, à l'entrée, avec les timbres que l'opérateur a récemment émis en Suède et au Danemark, avec possibilité d'oblitération spéciale suédoise ou danoise sur le courrier.

Côté timbres, plus de taille-douce comme les nouvelles l'annonçaient lorsque le groupe scandinave fut constitué... Cependant, en mangeant dans Stockholm, il y avait un moyen surprenant de retrouver des timbres gravés, mais c'est une histoire pour un autre épisode.
Le jour de la croisière-buffet de poisson mariné vers le Château de la Reine, oblitération correspondante au Waterfront Congress Center, le vendredi trente-et-un mai 2019.
Il me manque des oblitérations, n'ayant été présent que trois jours complets et n'ayant été intéressé ni par les marques danoises, ni par le premier jour du Premier Pas sur la Lune, un feuillet de trois timbres qui marqua le mercredi vingt-neuf.

Le choix des sujets d'oblitération fut très pertinent : personnalité de la ville, lien avec le SS Scandinavian, navire-mascotte de l'anniversaire de la RPSL depuis l'automne dernier, événement social avec la visite au Château proposé aux membres de la Société un vendredi ensoleillé.

Quant au service postal, il est aussi admirable qu'il est coûteux.
Une bandelette de type post-it pour protéger les oblitérations philatéliques pendant le parcours du courrier.
Les employées de Post Nord proposaient de protéger les oblitérations philatéliques avec des étiquettes légèrement adhésives. Une de mes trois enveloppes est arrivée avec les siennes encore attachées : elles ont donc survécu aux machines de tri françaises... Peu de cartes postales et de dents de timbres peuvent habituellement en dire autant.

Les tarifs postaux suédois sont lourds : neuf couronnes (quatre-vingt-dix centimes d'euros en 2019) pour le service intérieur, c'est plus raisonnable que vingt-et-une couronnes (deux euros dix centimes) pour toute destination étrangère, Europe comprise... Tousse... Tousse...

Comme dans beaucoup de pays occidentaux, le tarif pour l'étranger monte, monte.


Sinon, l'Association philatélique montpelliéraine et l'ensemble de ses partenaires vous accueillent au Parc des expositions de Montpellier, commune de Pérols, pour le championnat de France de philatélie du 7 au 10 juin 2019 :)