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vendredi 7 avril 2017

Armes chimiques... La thématique guerrière s'étend

Entre hier, la réflexion de cet article, et ce matin, les événements de la nuit montrent que les tensions actuelles dans le monde sont vives... et que la philatélie permet de les évoquer. Après le fusil-mitrailleur et le lance-roquettes, les gaz de combat :(

D'après mes recherches avec le moteur de recherches Google ne semblent pas montrer d'administration postale ayant osé émettre des timbres commémorant l'importance des armes chimiques. Dieu merci !
Pour le dixième anniversaire de l'entrée en vigueur de la Convention sur l'interdiction des armes chimiques, en 2007, l'Iran va au cœur du sujet : les effets des produits militarisés sur les victimes survivantes (via un site philatélique marchand états-unien).
Difficile échiquier géopolitique qu'est devenue la Syrie depuis six ans : une dictature héréditaire et clanique (une vidéo pédagogique sur comment les dictateurs et dictatures vivent longtemps), des rebelles aux projets futurs variés. Pimenté des conséquences de l'aventure bushienne en Irak : Daesh, un groupe djihadiste sans état d'âme (et frappeur de monnaies pour numismates complices).

À faire mijoter dans le chaudron d'une Russie revendiquant - brutalement ? - une place mondiale que la manière - ultralibéralement brutale ? - dont fut gérée la fin de la Guerre froide ne lui avait pas accordée. N'oublier pas d'ouvrir ou fermer le feu selon les intérêts régionaux multiples : Turquie sultane contre Kurdes, l'Iran protecteur des chiites, les monarchies conservatrices de la péninsule arabe marchant sur des œufs,...
Les timbres-chocs de l'Iran furent un moyen d'accuser l'Irak de Saddam Hussein après le bombardement chimique à Halabja, pendant la rébellion de Kurdes irakiens en  1988... contre lequel les puissances occidentales avaient peu réagi sur le moment (via une vente sur Delcampe)
Au milieu, les civils, hommes, femmes, enfants, veuves, orphelins, etc. Dernièrement, les Nations unies estiment à cinq millions les Syriens réfugiés hors de leur pays : un quart de la population ! Quelle fraction des habitants, encore dans le pays, ont fui les zones de combat ou de contrôle djihadiste ?

Et à cela, chaque année, l'emploi d'armes chimiques - chlore, gaz moutarde, gaz sarin - à plusieurs reprises depuis le début du conflit. Soupçonné systématiquement le Président Assad, souvent Daesh... Quelle vérité dans l'accusation contre des rebelles anti-Assad après l'attaque de ce mardi quatre avril à Khan Cheikhoun ?

Philatéliquement, le sujet est rare.
Un des six timbres de l'Administration postale des Nations unies annonçant la signature de la Convention sur l'interdiction des armes chimiques. Cette illustration de Michel Granger pour le bureau de Genève est sûrement la plus évocatrice des six.. (via le site de Michel Granger).
L'émission de l'Administration postale des Nations unies en 1991 appelait tous les États membres à signer et appliquer l'interdiction de l'emploi et de la recherche sur ses armes, et leur destruction... Un échec. Quels États ont encore des stocks ? Ou un manque tel de conscience qu'ils reprendraient - s'ils les avaient interrompues - leurs recherches ?
Discrète pièce thématique : une enveloppe adressée à un officier de l'École de guerre chimique des États-Unis... Glaçant (collection de l'Australien Maurice Mishkel, sur son site auspostalhistory.com)
Pour finir sur les timbres, il reste les États victimes directement ou indirectement de l'usage de ses armes. En début d'article, l'Iran n'oublie pas de montrer, par les timbres, à sa population et au monde les crimes du régime de Saddam Hussein contre les Kurdes et les chiites d'Irak,... que l'Iran appelait à la révolte contre le dictateur.
Timbre du royaume mutawakélite du Yémen surchargés en 1967 pour dénoncer l'emploi d'armes chimiques pendant la guerre civile du Yémen du Nord (via middle-east-info.org).
Le Royaume du Yémen surchargea des timbres au secours des victimes de bombardements chimiques pendant la guerre civile entre la monarchie, qui avait dû accepter puis rompu une union avec l'Égypte de Nasser et la Syrie d'avant-Hafez el Assad, et les rebelles républicains d'inspiration nassériste. Le Royaume accusa l'Égypte de ces crimes.

Les puissances mondiales sont-elles aveugles car l'emploi de ces armes a lieu sur des théâtres de conflit loin des préoccupations de leurs populations ? Faudra-t-il attendre que les scènes du métro de Tokyo de 1995 surviennent plus près des grandes villes occidentales ou russes ?

Pour être complet, il faut évoquer le bombardement d'une base militaire syrienne par les États-Unis, lieu lié à ces armes interdites, cette nuit. Mais, là, il faudrait évoquer l'actualité du Président Donald Trump... Des décennies de biographes suffiront-elles pour expliquer comment, en une seule semaine d'avril, cet isolationniste a-t-il pu renvoyer son âme damnée du Conseil national de sécurité, être choqué d'un épisode de la guerre civile syrienne (après avoir refusé d'en recevoir les réfugiés) et décidé d'une opération militaire aussi lourde de conséquences dans le Grand Jeu mondial actuel...

La thématique Armes de guerre - alimentée seulement en cas de nécessité - compte désormais trois articles... Pour combien de jours ?

jeudi 23 juin 2016

Paris-Philex (5) : de l'exotisme hors les murs

« Paris-Philex hors les murs ».

Je rassure tout de suite les collectionneurs et spéculateurs de nouveautés hors-programme : n'écrivez pas à Timbropresse, ni à la Fédération. Inutile que leurs chefs aillent envahir de nouveau le bureau de Gil@poste Livchitz, ni que Socrate et Gauthier Toulemonde nous répandent des pages entières sur leur rôle intermittent de défenseurs du collectionneur de nouveautés, comme dans le numéro de ce juin 2016 : c'est quoi ce trou d'actions de 2007 à 2015 pendant l'application délétère des états eslingériens de la φl@télie ?

Dans ce « hors les murs », aucune action secrète de Gil@poste pour émettre des timbres spéculatifs ou des entiers en douce en avertissant uniquement quelques happy fews franciliens.
La façade du palais de la porte Dorée par Alfred Janniot - 1929-1931 - en hommage à un empire exploité que nous fantasmions « libre » et en « paix », selon les grands principes entourant l'allégorie centrale (photographie sous licence Creative Commons cc by-nc-nd 3.0 fr - rappel : Janniot est mort en 1969).
« Paris-Philex hors les murs » est ma façon de profiter de trois jours parisiens - alléluia, une marée basse professionnelle, dommage qu'elle fut haute pour Monacophil 2015 - entre philatélie et découverte de Paris.

Car il suffisait de prendre le tramway devant le parc des expositions de la porte de Versailles, siège de l'exposition philatélique nationale pour rallier la porte Dorée et une scénographie colonialiste évoquant l'époque de naissance d'une grande partie des visiteurs de Paris-Philex et du volailler φl@postal.

Le monument ouvrant la zone honore les anciens combattants d'Indochine, fontaine-rivière minérale entouré de pelouse et de palmiers par l'architecte Louis Madeline, provenant d'une statue d'Athéna par Louis-Ernest Drivier. Il est suivi d'un bas-relief de l'expédition de 1898 du colonel Marchand du Congo à Djibouti, via un arrêt dangereusement imprévu à Fachoda, sur lequel tous les officiers français sont nommés et les tirailleurs sénégalais évoqués par leur nombre...

Face à cela, le palais-musée-aquarium de la porte Dorée et sa façade exploitons les richesses des colonies... Nous savons depuis 2005 qu'il n'est toujours pas possible de faire l'histoire de l'empire colonial français par les historiens, de montrer comment l'empire raciste bénévole de Jules Ferry est devenu un empire raciste et parasite, oublieux des valeurs de la République. Que dans les colonies le bon est mêlé au mal dans la manière dont la France, les colons et les métropolitains ont géré ces territoires et ces peuples.

Tant de débats historiens et de réflexions invisibles quand sont évoqués les timbres créés pour les colonies.
Carte postale utilisée en 1907 : des bûcherons immigrés belges et leur... hutte... (collection Musée de l'histoire de l'immigration, Paris).
Quelle ironie d'y avoir installé le Musée de l'histoire de l'immigration depuis 2007, avec dans les premières pièces une carte postale du début du vingtième siècle, dans une mise en scène digne d'un timbre colonial de l'indigène exploitant l'hévéa grâce au Français civilisateur : une équipe de bûcherons belges œuvrant dans la forêt de Marchenoir, en Loir-et-Cher où la carte fut postée avec une Semeuse en 1907.

Le détail qui montre que le point de vue français est autant un problème que les migrants : « et leur hutte »... Habitat temporaire pour une taille d'accord, mais rudesse du confort : une cause du refus des bons Français de réaliser ce travail ?
Cartes postales (!) françaises sur l'expulsion de « romanichels » par les gendarmes, vers 1900 (collection Musée de l'histoire de l'immigration, Paris).
Une exposition temporaires sur les frontières sur deux siècles, « sur les limites et leurs limites », se tient juqu'au dimanche trois juillet prochain.

Pour le sens des frontières françaises au début du vingtième siècle, un lot de cinq cartes postales est présenté : des photographies prises, clairement mises en scène, imprimées, vendues, utilisées sur un sujet qui provoquerait un scandale médiatique aujourd'hui, quoique vu le débat britannique sur les frontières (exemple par UKIP)...

... des photographies d'opérations de gendarmerie expulsant des « Romanichels » du territoire, voire sur une autre carte « Nos campagnes. Voyageurs indésirables »... Pfiou.

Illustrées ci-dessous, deux affranchies sur l'image.

À gauche, une carte française mais avec une légende sommairement traduite en allemand. Sur la route entre Arracourt (Meurthe-et-Moselle) et Vic-sur-Seille (Moselle), au poste-frontière, une ligne bien rangée de gendarmes soldats allemands - et d'habitants endimanchés - posent barrant le chemin à des « romanichels serbes » qui posent avec leurs ours, après leur expulsion par les gendarmes français. Le montreur d'ours pyrénéen contre la loi de séparation des Églises et de l'État a été plus populaire...

La carte est utilisée côté allemand à « Vic (Seille) » le vingt-cinq mars 1916. L'oblitération sur timbre allemand m'étonne car elle conserve le nom français de la commune, allemande depuis l'annexion de l'Alsace-Lorraine, régions qui appraît beaucoup dans le premier tiers de l'exposition Frontières.

La carte de droite est encore plus révoltante. Les gendarmes posent avec les riverains lors d'une expulsion de « Bohêmiens », enfants bien placés dont le bébé voit sa joue pincer affectueusement par l'officier...
Barthélémy Toguo ( exposition temporaire Frontière, Musée de l'histoire de l'immigration, Paris).
Coincés entre les postes-frontières est le message que je retiens de nombreux documents et œuvres d'art de cette exposition. L'artiste camerounais Barthélémy Toguo résume cette situation humaine en 2010 : des sculptures en bois représentent des êtres humains tandis que le dessous est gravé comme des tampons douaniers, dont un porte un prénom.

Envie de jouer le douanier comme sur ces cartes postales : testez ce jeu vidéo.
Philatélie fiscale : un visa temporaire de réfugié célèbre (France) en haut et un passeport soviétique de1935 en bas ( collection Musée de l'histoire de l'immigration, Paris).
À entrer ainsi dans les vies individuelles, l'exposition temporaire, comme l'exposition permanente, oblige le visiteur à se souvenir que les migrants sont des êtres humains au-delà des timbres fiscaux, visas et passeports présentés.

Si la collection de photographies de « voitures-cathédrales » des travailleurs immigrés retournant en vacances au Maghreb avec des achats pour toute la famille étendue provoquera à coup sûr des blagues racistes - et peut-être un gentil rappel à la sécurité routière, le retour sur terre a lieu peu après avec la carte temporaire de séjour de janvier 1962 avec timbre fiscal de cinq francs - photographie retirée - au nom du réfugié soviétique :
Conférence de presse aux Champs-Élysées six jours après sa demande d'asile à la France (SIPA / initialement Paris-Jour).

« Saleté de réfugiés, refoulons-les », « S'ils restaient pour combattre, ils sauveraient leur pays », etc., etc. Entre un président fils d'exilé hongrois et un premier ministre né espagnol d'un couple espagnol et italien...
Document de voyage visé à l'ambassade britannique de Paris en 1949.
Bref, ce musée est une œuvre de salut public pour éclairer bien des débats avec le recul de l'histoire, tout en œillades à destination des philatélistes postaux autant que fiscaux. Quelques dernières pièces que vous pouvez découvrir dans leur contexte individuel au musée de la porte Dorée.

Visa portant trois timbres fiscaux consulaires britanniques à l'effigie du Roi George VI pour seize shillings, déjà une belle dépense en septembre 1949, oblitérés à l'ambassade du Royaume-Uni à Paris.
Timbre fiscal belge sur un coin d'une affiche de cinéma de l'exposition temporaire Frontières (Musée de l'histoire de l'immigration, Paris, 2016).
Une partie de l'exposition temporaire est également consacrée au travail des douaniers, notamment leur matériel au fil des décennies - ce qui me rappelle l'exposition sur les douanes britanniques (Seized - Saisi) au Musée maritime du Merseyside de Liverpool : un grand musée qui rassemble de nombreux aspects du voyage maritime depuis le Titanic à la traite atlantique, en passant par la marine marchande, les peintures marines et l'exploitation humaine de nos jours.

Aspect culturel de ce métier avec l'affiche du film franco-italien La loi c'est la loi de Christian-Jacque avec les comédiens Fernandel et Totò, de 1958 - en pleine genèse du Marché commun européen.

Dans le coin inférieur droit, le philatéliste remarque un timbre fiscal belge oblitéré le vingt-cinq mai 1961... Une taxe sur l'affichage public ?
Facture italienne pour un accordéon commandé en France (Collection Musée de l'histoire de l'immigration, Paris).
Dans la collection générale, une galerie rappelle tout ce que les immigrés ont apporté à la culture française depuis Offenbach... Un immigré célèbre encore.

Une facture y est présentée pour la commande d'un accordéon (ou un harmonica, mes souvenirs musicaux sont vagues comparés à la philatélie) avec dans le coin un timbre fiscal italien d'une lire oblitéré le huit mars 1932, et donc conservé par la famille pour finir au musée. La fenêtre d'exposition évoquant la vie des immigrés arrivant en France avec quelques talents musicaux.

Un samedi matin enrichissant culturellement, politiquement et... philatéliquement.


Notes de l'après-midi :
Il suffit d'un tour en ville après avoir écrit pour enrichir un article déjà rassasiant.

Ainsi, actuellement dans les salles, l'histoire d'un jeune médecin zaïrois, seul volontaire pour s'installer avec sa famille à Marly-Gomont, dans l'Aisne, dans les années soixante-dix. D'après la jeunesse de l'humoriste Kamini qu'il avait évoquée dans un rap.

Bande-annonce de Bienvenue à Marly-Gomont (youTube).

Années soixante-dix oblige, le bureau des PTT et le courrier jouent de petits rôles secondaires dans l'intrigue.

À la librairie, dans ce thème, on peut toujours encourager à lire les essais de Gaston Kelman, né Camerounais, mais qui n'aime pas le manioc, comme le rappelle le titre d'un ouvrage de 2003 où il démonte les idées reçues sur les personnes noires. Pour les plus jeunes, Niourk, le roman de Stefan Wul ou sa récente adaptation en bande dessinée par Olivier Vatine.

Bande-annonce de l'exposition Déluge (Ville de Montpellier via youTube).
Une fois n'est absolument pas coutume, j'ai parlé d'art contemporain avec Barthélémy Toguo. Une exposition de l'artiste a lieu à Montpellier depuis hier ! D'hier mercredi vingt-deux juin au six novembre prochain, Toguo a créé une exposition inédite sur le thème du Déluge, au Carré Sainte-Anne, au cœur du centre historique (et gratuite).

Mon vendredi après-midi est prêt.

dimanche 6 septembre 2015

Réfugiés et philatélie : entre humeur et thématique

En ces temps troublés, qui peuvent évoquer à certains les années trente, de l'autre côté de la mer Méditerranée, des régimes autocratiques du Moyen-Orient à l'Érythrée oppressent les peuples qu'ils sont censés protéger, des aspirants au génocide se moquent autant des frontières d'inspiration occidentale que de la dignité humaine, féminine et religieuse, un membre de l'Organisation du traité de l'Atlantique nord paraît jouer double jeu dès que la question kurde apparaît.
Le timbre de la poste algérienne pour la Journée mondiale des réfugiés, émis en juin 2015 : certains n'y voient qu'une nouvelle gaffe plagiaire d'un opérateur incompétente quant le mélange de photographies de l'Espagne des années 1930 et des Libyens des années 2010 rappellent - involontairement ? - la permanence des problèmes d'un vingtième siècle qui n'en finit plus... (site d'Algérie Poste).
De ce côté-ci, les années trente paraissent inspirer autant une masse d'indifférence, entre de généreux citoyens d'un côté et des sérieusement fascisants de l'autre lorsque, après quatre ans et demi, des milliers de Syriens renoncent à survivre dans la pire des guerres civiles, celle qui divise une nation en trois parties opposées pendant que la communauté internationale tourne en rond incapable de choisir quel camp ou duo de camps aider, coincée entre droit international des Nations unies, jeu des puissances grandes et moyennes dans une recréation meurtrière de la guerre civile espagnole depuis les volontaires exaltés jusqu'aux voisins participant.

Points auxquels, depuis plusieurs mois, d'après la direction occidentale prise par les réfugiés, il faut rajouter les interrogations des membres de l'Union européenne sur leurs valeurs supposées communes et un espace de circulation commun quand ça arrange.
Larry Wilmore, du Nightly Show de la chaîne Comedy Central, sur comment Jed Bush tente de faire oublier les aventures militaires de son frère (page Facebook de l'émission, cinq septembre 2015).
Finissons aux États-Unis cette liste à la Prévert, avec un candidat floridien à la primaire républicaine qui, en traduisant l'humoriste Larry Wilmore, admet qu'il aurait fait la même chose, entre Afghanistan et Irak, que son frère quand celui-ci « démoula un gros bronze bien puant, sans tirer la chasse d'eau, tout en cassant la cuvette » tout en reprochant maintenant à celle qui eut à en gérer les conséquences d'avoir effacé des mails.

Soyons tristement optimiste : après des flux de réfugiés, les guerres du Vietnam, de Yougoslavie et du Rwanda ont bien fini par être stoppées entre efforts des bonnes volontés locales là-bas et ici, et coups de poing plus ou moins tardifs et inspirés des puissances occidentales - avec ou sans l'aide des deux puissances orientales.



Revenons aux timbres et courriers sur le thème des réfugiés.



Évidemment, tous les timbres sur le Haut-Commissariat des Nations unies aux réfugiés et marquant ses manifestations de prise de conscience peuvent s'accumuler depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, tout comme ceux célébrant les organisations non gouvernementales qui apportent aide et soin d'urgence, tels Médecins sans frontières ou la Croix-Rouge française.
Au lieu des Trésors de la philatélie à forte valeur faciales, voilà un des timbres à réemettre pour la lettre de moins de vingt grammes (Phil-Ouest.com). Si vous préférez la chanson : Goldman peut être utile de nos jours.
Les États d'Europe ont émis des timbres sur ce thème, avec surtaxe de bienfaisance, avant. Phil-Ouest.com permet de retrouver ceux de France : l'aide aux réfugiés de 1936 au timbre d'usage courant surchargé en novembre 1939 pour permettre aux réfugiés espagnols d'écrire en franchise postale.

Une philatélie thématique vaste qui peut animer des citoyens, comme au sein de l'association normande Philapaix. C'est bien peu comme geste, mais c'est déjà bien plus sur un chemin menant de Damas à la sécurité où des familles ont affronté les dangers des mers, l'hermétisme des frontières, le tunnel sous la Manche, et depuis cette semaine, les terminus des gares et les autoroutes parcourus à pied.

Sûrement, on y ajoutera l'ensemble des timbres émis pour soutenir les réfugiés et la cause palestinienne dans de nombreux pays à majorité musulmane, même si ces soutiens gouvernementaux seraient à questionner par les historiens pour leur efficacité relative, voire leur hypocrisie : combien de Palestiniens sont maintenus dans le statut de réfugié, sans droit à l'intégration, par les États qui les ont accueillis, dans l'idée qu'ils retourneront en Palestine ? Jetez un œil à la page aide d'Atout timbres du quinze juillet 2015 décrivant la litanie de ces timbres obligatoires dans l'Irak de Saddam Hussein.

Probablement, comme le thème discret des bureaux de poste de l'apartheid sud-africain, peut-on retrouver dans les oblitérations et le contenu de lettres et de cartes postales quelques courriers postés par des réfugiés depuis leurs camps ou la ville voisine soit dans l'urgence de donner quelques nouvelles rassurantes ou dès qu'il est possible de se poser ?

Et ce, depuis le génocide arménien ? Avant ? Et les courriers des prisonniers des camps nazis ?
Après que le régime de Salazar a conduit la famille Sousa Mendes à la ruine ou à l'exil d'une partie de ses enfants, la République du Portugal a pu honorer la mémoire du consul de Bordeaux en 1995 : malgré les ordres, il avait accordé un visa permettant la traversée de l'Espagne vers le Portugal à tous ceux qui en demandaient, signant tous les bouts de papier possibles, même dans sa voiture le long des files de réfugiés jusqu'à la frontière.
Les justes ne manquent pas non plus, même si la thématique sera d'abord centrée sur les consuls ayant œuvré dans l'Europe sous menace nazie - les liens mènent au timbre qui les honore : le diplomate suédois et martyr du stalinisme Raoul Wallenberg, Gilberto Bosques consul mexicain à Marseille, Aristides de Sousa Mendes consul portugais à Bordeaux ou, disparu le premier juillet dernier et qu'une pétition va permettre la timbrification dès 2016, le Britannique Nicholas Winton. Et je dois en oublier...

Le sujet est bien sérieux philatéliquement au point d'avoir inspiré un article de la Revue européenne des migrations internationales, en 1996, rédigé par le chercheur documentaliste Gilles Dubus... et librement consultable sur le site de l'éditeur Persée (ou sur la future version de son site).

Quant à la peur de « l'invasion », du « grand remplacement » ou du « dégât des eaux » - la dernière citation provenant du champion des collectionneurs français de timbres <sigh>-, Indochinois installés en France suite à l'instauration de pouvoirs communistes, Yougoslaves arrivés dans les années 1990 posent-ils problèmes d'intégration ? Pas de ce que je peux témoigner dans mon ancienne vie en Île-de-France. Va-t-on renvoyer le chanteur Corneille au Rwanda ? S'interroger si Stromae est une fuite incommodante dans la maison Europe ? Si grande maison européenne que ses habitants peuvent oublier qu'elle a largement « débordé », à cause d'une démographie incontrôlée, sur tous les continents entre la fin du dix-neuvième et le début du vingtième siècle ?

Retournons au village de Cacao, en Guyane française à travers les articles de ce blog des trente-et-un juillet et vingt-six décembre 2009 puisqu'on y trouve un bureau de poste. Y vivent, depuis les années 1970 et leur fuite des persécutions liées à une division sociale de bases raciste, coloniale, frigobelliqueuse, des Hmongs, ce qui a permis de faire revivre un hameau potager : une petite communauté permettant d'aider à l'autosuffisance du département d'outre-mer français. Et là continue la vie entre traditions asiatiques, vie dans la forêt guyanaise et valeurs de la République, comme le montrent les activités des élèves de l'école primaire Les Citronniers qui proposent même le cd-rom de présentation de Cacao, expédié par La Poste.

samedi 26 décembre 2009

Auto-rétrospective : Cacao et Hmongs en Guyane

Spontanément, avec plaisir de la connaissance découverte, un billet de ce blog me revient en mémoire en cette fin d'année : celui aux découvertes inattendues du 31 juillet 2009.

Dans les suites du feuillet de timbres de France à la senteur chocolatée de mai, je m'étais pris de curiosité pour une oblitération du bureau de Cacao, en Guyane. De là, une expédition googlemapienne dans les marges septentrionales de la forêt amazonienne et celle d'habitants d'origine hmong accueillis à la fin des années 1970.

Fuyant le Laos, où ils sont victimes de discriminations et persécutions à cause du passé colonialo-frigobelliqueux, quelques familles ont avancé là, tranquillement, un front pionnier agricole.

En ces temps de bilans, l'actualité relance le sujet : la Thaïlande s'apprête, ce lundi 28 décembre, à expulser quatre milliers de réfugiés hmongs qu'elle accuaillait depuis trois décennies et à les renvoyer vers le Laos. Pays en reconstruction politique et économique où la République populaire de Chine entretient des plantations d'hévéa dont les retombées économiques s'écoulent uniquement vers le Nord...

vendredi 31 juillet 2009

En Guyane, à la découverte de Cacao et des Hmongs

Vu sur le blog d'un collectionneur russe : une oblitération française utile pour des cartes maximums lié aux timbres sur les quatre cents ans de l'arrivée du chocolat en France. Mais également, découverte de quelques pages tragiques de l'histoire coloniale française, militaire états-unienne et du sud-est asiatique.

À une quarantaine de kilomètres au sud de Cayenne, en Guyane française, la commune de Roura qui s'étend sur 3685 kilomètres carrés comprend le lieu-dit de Cacao, au commencement de la forêt amazonienne. D'abord habitation Sainte-Marie-des-Cacaos, puis colonie pénitentiaire (1854-1859), le site est confié en 1977 à des réfugiés laotiens de l'ethnie hmong.

Ces montagnards sont victimes de persécutions continues [et ignorées des Occidentaux] depuis les années 1970 parce que certains ont été recrutés de préférence par la France pendant la guerre d'Indochine, puis par les États-Unis pendant la guerre du Việt Nam.

Depuis leur accueil, le hameau pionnier est devenu un des fournisseurs de produits maraîchers dans ce département d'outre-mer qui dépend énormément des importations métropolitaines. Avec du courage, du travail et de l'huile de coude, des entreprises sont donc discrètement accomplies dans un outre-mer français économiquement fragile.

Un reportage du Réseau France Outre-mer (RFO), en février 2009, avec des liens vers des institutions de Cacao est écoutable ici.

Depuis 2002, « BPX » a été ajouté au cachet du bureau de Cacao
(d'après un scan envoyé par Pierre Millien).

Le lieu-dit dispose donc d'un bureau au timbre à date ainsi libellé : « 973 - CACAO - BPX ». BPX pour bureau postal de proximité (merci Pierre pour le renseignement). Reste à trouver le document hiérarchisant les bureaux de La Poste pour savoir où se place un bureau BPX ?

Relativement proche de Cayenne et accessible par la route, la tournée du facteur doit être moins aventurière que celle plus en aval des cours d'eau, rapportée par Gauthier Toulemonde dans le DVD Des courriers très spéciaux.

Note du vendredi sept avril 2017 :
En raison de problèmes de codage signalé par l'hébergeur, les cartes intégrées Google Maps ont été retirées.