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samedi 22 novembre 2025

Les services postaux des collectivités françaises du Pacifique sur le blog Postcrossing

 Par épisode sur le blog, deux participants du site Postcrossing d'échanges de cartes postales en aveugle racontent leur voyage dans les pays d'outre-mer français de l'océan Pacifique pendant l'automne 2024.

Accompagnés d'un couple de postiers Playmobil, ils ont été très bien reçus par les employées aux escales au bureau de poste dans l'aéroport d'Istanbul, à celui de Johor Bahru (côté malaisien de la frontière avec Singapour), comme à ceux de Nouméa en Nouvelle-Calédonie et de Mata Utu à Uvéa, dont la visite en randonnée pédestre était l'objectif du voyage.

Le bureau de Mata Utu photographié par les postcrosseurs Cerres et andry1961 (tous droits réservés, repris pour illustration et renvoi vers leur récit).
 

Le reportage inclut intérieur des bureaux, oblitération de cartes postales et de carnets-souvenirs, boîtes aux lettres et la façade du bureau de Mata utu, avec l'emblème en bois du Service des postes et communications de Wallis et Futuna.

Comme information postale, le courrier de Nouvelle-Calédonie a trois routes directes vers la France hexagonale, l'Australie et les États-Unis... Mais les historiens postaux ne doivent pas avoir beaucoup d'indices du trajet sur les enveloppes (des barres noires ou saumons de codage ?).

Le département philatélique de Wallis et Futuna est voisin du bureau de Mata Utu, avec espace prêté pour rédiger des correspondances, collections d'exposition imprimées, etc.

Comme à Saint-Pierre et Miquelon, « si le temps le permet »... et il ne permit pas : un orage suspendit le vol entre Wallis et l'aéroport de Futuna. Les deux autres royaumes de la collectivité française polynésienne attendront un prochain voyage.

La fin du récit à Wallis semble indiquer un prochain épisode polynésien.


Sur le blog du site Postcrossing, le mot-clé The Little Mail Carriers (surnom du duo de Playmobil) regroupe tous les récits de voyage et les photographies postales, philatéliques et touristiques transmis à l'équipe gérant le projet depuis 2005 au Portugal. Il permet de découvrir le monde postal actuel, régulièrement loin des sentiers battus d'Europe et d'Amérique du Nord.

jeudi 7 août 2025

La mémoire des vétérans des Nations unies au Mémorial de la Paix de Busan (2 sur 3)

 Aux côtés des souvenirs militaires, évoqués dimanche dernier, le courrier et les timbres-poste participent des vitrines de la galerie, au Mémorial de la paix à Busan, en République de Corée, en hommage aux troupes des pays ayant participé à l'expédition des Nations unies de soutien à la Corée du Sud, entre 1950 et 1953.

Ces objets sont variés tout autant qu'ils jouent des rôles divers dans la reconstitution de la vie quotidienne de ces soldats et du souvenir que les événements ont laissé en Corée et au-delà.

Note : oui, les objets ici décrits ont été photographiés au smartphone à travers une vitre et l'éclairage du musée... On peut faire mieux en prise de clichés et en trouvailles collectionneuses.

Un entier postal recommandé utilisé par un militaire australien en 1956 pour jouer à la loterie, un quasi -monopole de Tattersall's, fondé par George Adams (Mémorial de la paix des Nations unies à Busan, juillet 2024 - merci à Ian Billings pour l'identification de la destination du pli). 

Ainsi, plusieurs objets sont similaires à ceux employés pendant l'expédition en Corée, mais pas forcément utilisés aux bonnes dates. Telle cette enveloppe-entier recommandé australien, utilisé par un soldat de ce pays pour une correspondance vers l'État de Victoria, en 1956, et transmise par la poste militaire.

Il faudra consulter des ressources spécialisées pour savoir si des troupes et l'APO 215 (Army Post Office) étaient encore en Corée cette année-là, ou si ce bureau gérait une zone d'Asie de l'Est plus stable, telle l'occupation du Japon.

Les timbres d'Inde surchargées pour servir au Corps expéditionnaires en Corée (Mémorial de la paix des Nations unies à Busan, juillet 2024).

Encore plus générique, la vitrine consacrée à l'Inde présente la série neuve de timbres-poste indien, surchargés pour servir à la poste militaire en Corée.

Trois enveloppes et trois lettres de courrier militaire grec de la guerre de Corée (Mémorial de la paix des Nations unies à Busan, juillet 2024).

Plus marquantes sont donc ces trois enveloppes en franchise militaire et trois lettres manuscrites liées à des soldats grecs en Corée, en 1952 d'après les cachets oblitérants.

Les hellénistes liront les numéros des bureaux de poste militaire et déchiffreront le contenu de ces courriers, s'ils vont de la Corée vers la mère-patrie, à peine sortie de l'occupation nazie et de la guerre civile avec les communistes.

Affiche dans l'entrée du Mémorial appelant aux dons des souvenirs des vétérans de la guerre de Corée.

Ce manque d'objets postaux directement lié à des individus et leur petite histoire, ainsi que la disparition progressive des vétérans, est illustré par le lancement en 2023 d'un appel aux dons de leurs souvenirs par les vétérans de la guerre de Corée, ou leurs familles.

L'affiche dans l'entrée du Mémorial montre un ensemble de memorabilia qui rappellera aux Français la Grande Collecte du centenaire de la Première Guerre mondiale, juste avant 2014.


Ensuite la pure philatélie vient à la rescousse de la mémoire.

Carte postale de l'arrivée des troupes belges en Corée, oblitérée lors d'une exposition philatélique, le quatorze avril 1951 (Mémorial de la paix des Nations unies à Busan, juillet 2024).

Des soldats belges, tout juste débarqués en Corée, illustrent une carte postale utilisée comme souvenir lors d'une exposition philatélique à Woluwe (soit dans Bruxelles, soit en Brabant flamand).

L'item montre le lien entre les troupes et la population au pays si un collectionneur belge a des informations sur cette exposition.

Enveloppe premier jour de l'émission Volontaires de Corée du vingt-cinq septembre 1952 (Mémorial de la paix des Nations unies à Busan, juillet 2024). 

C'est par l'émission de 1952 que les soldats tucs volontaires sont, entre autres, honorés dans la vitrine de la Turquie : quatre timbres sur une enveloppe premier jour.

L'illustration de celle-ci est claire : autour d'une carte de la péninsule coréenne, des soldats mitraillent et mettent ainsi en fuite des soldats vers la République populaire de Chine, pendant que le drapeau turc est levé à la frontière entre la Corée et la Chine au nord.

Ceci était fort optimiste alors que le front s'était stabilisé depuis 1951 à la frontière actuelle.

Timbres de Colombie de 1954 célébrant les forces armées colombiennes... pour un coup d'État (Mémorial de la paix des Nations unies à Busan, juillet 2024).

Cependant, tout ce qui brille n'étant pas d'or, il y a quelques surprises à utiliser les si commodes timbres-poste.

En Colombie d'abord, ces deux blocs de timbres colombiens, nation participant à la Force des Nations unies en Corée, honorent les Forces armées colombiennes pour l'anniversaire du treize juin 1953, un an après l'armistice de Panm...

...

Euh, l'anniversaire d'un coup d'État militaire à Bogota, un mois avant l'armistice inter-coréen.

J'imagine qu'un Coréen, un Chinois, un Cambodgien aurait aussi des choses à redire sur les expositions d'arts asiatiques en Europe.

Le drapeau de l'empire d'Éthiopie et les timbres coréens de 1951 remerciant les pays venus à son secours (Mémorial de la paix des Nations unies à Busan, juillet 2024).

Deuxième surprise : l'Éthiopie, un peu comme le badge dans la vitrine de la Turquie ou de la Colombie, fait partie des pays où j'imagine que la vitrine a été difficile à créer : quelle mémoire des vétérans de la Corée dans ces pays depuis bousculés par les événements politiques, économiques et sociaux ?

D'où un effort pédagogique de rappeler déjà que c'est l'Empire d'Éthiopie qui a répondu à l'appel du Conseil de sécurité des Nations unies : rappel du drapeau de l'époque imprimé sur carton et avec les timbres de 1951 que la poste coréenne a émis pour chaque pays participant à l'expédition.

Timbre de Corée du Sud de 1968 : visite de l'empereur Haïlé Sélassié auprès du président Park Chung-hee (Mémorial de la paix des Nations unies à Busan, juillet 2024).  

Un timbre-feuillet de 1968 rappelle ce lien entre Corée et Éthiopie : la visite de l'empereur Haïlé Sélassié en Corée du Sud, alors présidée par Park Chung-hee.

Le planisphère choisi est éloquent : centré sur l'océan Indien, il relit la péninsule coréenne à l'Éthiopie par une branche des lauriers de la paix, de couleur verte (ni bleu, ni rouge... en ces temps de guerre Froide).

Lors de cette visite, l'empereur est ainsi le huitième non coréen et le premier africain à recevoir le grand ordre de Mugunghwa, remis de 1949 à 2008 aux présidents sud-coréens en début d'exercice, qui peuvent en décorer les chefs d'État alliés du pays.


Grand ordre dont le premier étranger à le recevoir fut le président de la République fédérale d'Allemagne en 1964... 

Ah ? Pas Truman, ni Eisenhower, présidents des États-Unis d'Amérique pendant le conflit ?

L'Allemagne, l'ancien allié du Japon impérialiste ?

...

Pourquoi ? Réponse partielle au prochain épisode sur le Mémorial de la paix des Nations unies, à Busan.

dimanche 3 août 2025

La mémoire des vétérans des Nations unies au Mémorial de la Paix de Busan (1 sur 3)

 Le samedi vingt juillet 2024, j'ai visité le Mémorial de la paix des Nations unies à Busan, en République de Corée. L'institution a été inaugurée en 2014 par le ministère des Affaires concernant les patriotes et les vétérans, dans la ville qui fut la capitale temporaire et le refuge des sud-Coréens entre 1950 et 1953.

Le bâtiment et ses activités sont établis dans le même quartier que le cimetière-mémorial des membres de la force des Nations unies envoyés pour sauver le sud de la Corée de l'attaque du gouvernement communiste du nord.

Note du sept août 2025 : mon inattention a inscrit la date du 20072025 dans le nom des fichiers photographiques ci-dessous. Il faut bien lire 20072024, date de leur prise, et au cas où la muséographie changerait.

La façade du Mémorial de la paix, à Busan, en juillet 2024 (photographie sous licence Creative Commons BY-NC-ND 4.0, avec limite pour les droits architecturaux).

Outre des manifestations et outils de recherche sur la guerre de Corée, l'intervention d'une coalition d'États-membres des Nations unies sous la direction des États-Unis d'Amérique, et les missions de l'Organisations des Nations unies, le lieu comprend un musée (alors gratuit) avec trois expositions.

La première raconte le déclenchement et le déroulement des opérations militaires jusqu'à la signature de l'armistice à Panmunjeom, le vingt-sept juillet 1953. La troisième montre les activités de l'Organisations des Nations unies et de ses organisations dans le cadre de la paix et du développement dans le monde actuel.

Une vue complète de la vitrine consacrée aux soldats des États-Unis, similaire aux autres : uniformes avec médailles liés à la Corée, photographies militaires, etc. (photographie sous licence Creative Commons BY-NC-ND 4.0, avec limite pour la muséographie).

La seconde est un ensemble de vitrines et de vidéos honorant les hommes et les femmes des seize pays ayant participé à la Force des Nations unies pour la Corée, à travers des objets-souvenirs publics (uniformes, médailles, presse,...) ou privés (courrier par exemple).

Finalement, des ensembles d'objets liés à des collections qui, conservés ou remis ensemble, permet de raconter la vie quotidienne des soldats et personnels médicaux pendant ce conflit.

Dans la vitrine consacrée aux Français, à côté d'un numéro ouvert de Paris Match de 1953, trois médailles militaires françaises liées à la participation au conflit coréen (photographie sous licence Creative Commons BY-NC-ND 4.0, avec limite pour la muséographie).

Les objets militaires sont majoritaires - expliquant qu'un article abordera les objets liés aux personnels de santé. Par exemple, les médailles commémoratives de la participation du militaire à l'expédition en Corée apparaisseent dans la vitrine consacrée à la France :

- deux médailles des Nations unies pour la Corée,

- une médaille à ruban bicolore intérieur et tricolore français en extérieur et armoirie de la Corée : la médaille commémorative française des opérations de l'Organisation des Nations unies en Corée.

Dans la vitrine consacrée à la Brigade turque, une épinglette mêlant armes de la Turquie et emblème des Nations unies, avec sa boîte (photographie sous licence Creative Commons BY-NC-ND 4.0, avec limite pour la muséographie).

Un des soucis est la légèreté de certaines légendes, telle ce « commemorative badge » mêlant emblèmes de la Turquie et des Nations unies - et exposé en travers.

Il est accompagné de sa boîte à la légende en anglais (special badge) et idéogrammes - en sachant qu'une partie du lexique coréen comprend encore des notions ou noms propres écrits en idéogrammes et non en alphabet hangeul.

Est-ce un souvenir coréen local datant de la guerre ou de sa suite produit à titre privé ou public par les Coréens ? Y a-t-il eu une création pour chaque nation participante ?


Pas de photographies à montrer, mais le visiteur verra aussi des cartes d'identité militaires, des journaux de marche tenus par des sous-officiers.

À venir, les souvenirs postaux exposés dans cette galerie.

dimanche 14 mars 2021

Turbulences diplomatiques autour du pape au Kurdistan irakien

Placer un profil cartographique sur un timbre ou n'importe quelle production graphique publique crée une opportunité de tensions géopolitiques, accidentelles si l'illustrateur se trompe, volontaires dans les conflits territoriaux entre États.

Cette semaine, mercredi dix mars 2021, la Turquie, puis l'Iran, ont réagi vivement contre un « timbre » de la région autonome du Kurdistan irakien, « émis » pour marquer la visite du pape François à Erbil, le dimanche sept mars précédent, une des quatre villes irakiennes prévues durant ce voyage.
Un des six projets de timbre du Kurdistan irakien pour la visite pontificale du sept mars 2021, objet du mécontentement des États turc et iranien (via le fil Twitter de Israel Stamp Review).

Le problème est donc le profil cartographique à l'arrière-plan du profil du pape : l'ensemble des territoires que les mouvements autonomistes et indépendantistes kurdes revendiquent, et pas seulement la région irakienne reconnue par la Constitution du pays.

La réponse du gouvernement kurde irakien fut que le timbre en cause était un projet philatélique refusé début mars. Il indique également que le timbre qui sera finalement émis respectera la constitution et la loi (sous-entendant les frontières internes et externes de l'Irak ?).
Les six projets pour le timbre kurde irakien (via Church Militant, un média catholique du Michigan).

Avec un peu de recul, temporel, géographique et spécialisé, le média philatélique de l'éditeur italien Vaccari publie, vendredi douze, un article synthétique du déroulement. À Erbil, la poste locale kurde irakienne a montré au pape six maquettes envisagées d'artistes et de styles très différents, dont le cinq cents dinars. Présentation jugée officielle par les autorités des États riverains.

Note : la poste kurde irakienne est une poste locale, non reconnue par l'Union postale universelle. Ses timbres servent-ils sur le courrier régional ? Atteint-il le marché international des collectionneurs ?

samedi 12 décembre 2020

Victoire militaire en timbres au Caucase

 Jeudi dix décembre 2020, a eu lieu un défilé de la victoire à Bakou, la capitale de l'Azerbaïdjan, pour marquer la fin de la guerre du Haut-Karabakh (27 septembre au 10 novembre). Avec les forces armées azéries, étaient présentes les forces turques qui ont aidé à la reconquête de l'ouest du pays, sous contrôle arménien et de l'Artsakh depuis un précédent conflit dans les années 1990.

Le bloc-feuillet présenté lors du journal télévisé d'ARB, reproduit par la poste azérie sur son compte Twitter le vendredi onze décembre 2020.

Hier, vendredi onze, la poste azérie a posté sur son fil Twitter deux extraits de journaux télévisés sur l'émission, jeudi, d'un feuillet de six timbres célébrant ce défilé binational.

Tout d'abord, un clip de l'Agence de presse d'État d'Azerbaïdjan (Azertac) montre la cérémonie premier jour au cours de laquelle les présidents des deux pays ont oblitéré et signé plusieurs enveloppes-souvenirs.

En présence d'officiels et de la presse, les chefs d'État azéri et turc achevant la confection d'enveloppes premier jour pour le défilé de la victoire, copie d'écran (Azertac, dix décembre 2020, via le fil Twitter d'Azermarka).

Ensuite, un extrait du journal de la chaîne privée ARB expliquant l'émission philatélique et son contexte.

Pour certains pays, le timbre-poste reste donc un moyen de communication politique nationale et internationale, en temps de guerre comme de crise nécessitant l'unité nationale.

jeudi 22 octobre 2020

Tensions philatéliques et réseaux sociaux autour de l'Arménie

Les réseaux sociaux internétiques permettent de rassembler une communauté de pensée et de diffuser rapidement les informations nouvelles. Cela est un outil très intéressant pour suivre l'actualité d'un domaine...

...ou, pour un État ou un mouvement structuré, s'assurer que ses soutiens sachent se mobiliser contre un ennemi commun.

Deux exemples récents sont liés à la reprise des combats entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan, avec la Turquie en soutien de la seconde. Et, outre la reprise de la propagande de chacun des États par des particuliers et les échanges de politesse entre lesdits particuliers, la philatélie peut servir de théâtre d'opérations à ce conflit.

Ainsi, un record de trente-huit mille personnes (+53%) ont participé au vote du plus beau timbre Europa de 2020. Le podium est : 1. Turquie, 2. Arménie, 3. Azerbaïdjan... suivis par le Belarus et la Pologne.

...

Les marchands philatéliques occidentaux devraient se tourner vers le sud-est de l'Europe ! Quelle passion pour le timbre-poste et la correspondance écrite !

Ou quelles mobilisations nationalistes de peuples connectés aux réseaux sociaux ?

Cela signifierait que les pays en conflit depuis fin septembre mobilisent constamment leurs opinions publiques autour de réussites communes, y compris un concours de beauté philatélique.

...

Ou pire, et toujours avec des timbres.

Un marchand californien spécialisé dans les timbres récents d'Arménie, Stamps of Armenia, publie régulièrement un timbre ou une série sur Twitter avec un lien vers son site de vente. Pratique assez commune chez les vendeurs disposant de comptes sur les réseaux sociaux.

Depuis le début des combats de septembre, ses publications sont désormais centrées sur les timbres évoquant la défense du pays et le génocide arménien, ordonné par le gouvernement des « Jeunes Turcs » et commis de 1915 à 1923.

Un rappel peu apprécié par une entité administrative turque, le deux octobre dernier quand Stamps of Armenia a reproduit le feuillet commémorant les participants de l'opération Nemesis, émis en 2015. Au sortir de la Grande Guerre, des Arméniens décident d'exécuter eux-mêmes les condamnations à mort par contumace prononcées par les cours martiales ottomanes en 1919-1920, avec les massacres des Arméniens et des Grecs entre autres chefs d'accusations.

Un terrain moralement équivoque donc... surtout quand les autorités républicaines turques refusent de reconnaître ce génocide en tant qu'action volontaire et délibéré.

Le deux octobre 2020 sur le compte Twitter @KKTC_Posta.

La personne responsable du compte Twitter de ce qui ressemble à la poste de République turque de Chypre du Nord (qui possède le plus utilisé @KKTCPosta, le lien vers la page philatélique de la poste,...) n'y est pas allé par quatre chemins, quitte à oublier la notion de neutralité d'un compte d'entreprise* : « Un pays qui est fier de son histoire de terreur et d'assassins ! »

Onze assassinats illégaux d'un côté, dont huit « justifiés » par la décision des cours martiales ottomanes mis en face du plus d'un million de victimes du génocide arménien à venger...

Le même qui en appelle directement aux comptes des postes turque et azérie (qui n'ont pas répondu - l'avantage ou l'inconvénient de représenter un État reconnu ?) : souhait d'un soutien ou appel à émettre un timbre célébrant le génocide ?

Toujours le deux octobre 2020.

... En vérifiant : le twitt de colère contre le timbre sur l'opération Nemesis a été néanmoins apprécié par le compte de la poste azérie... À la guerre comme à la guerre : la poste participe à la nécessaire propagande contre l'ennemi.

Mais, de là à interpeller un simple collectionneur... Et oui ! L'entreprise chypriote septentrional est allé interpeller un simple collectionneur : comment peut-on aimer ce genre de timbres sur des terroristes et des assassins ! Et de la limite des notions de reprise (ici retwit) et d'appréciation (like).

Qu'on se rassure : cette guerre philatélique s'est limitée à ces tirs de semonce sans conséquence humaine. Au contraire des tirs de canons dans l'ouest de l'Azerbaïdjan, des attentats et violences policières dans plusieurs pays de la région.


* Tiens, il y a eu une mise à jour à Chypre...
Cet article de blog était en tête depuis début octobre et je pense que les échanges rapportés ont peut-être eu un effet entre l'internaute qui tient ce compte Twitter et la poste de Chypre Nord puisqu'est apparue cette phrase dans la présentation du compte :
Copie d'écran du vingt-deux octobre 2020.

Je serai la KKTC Posta Daiseri - la Direction des Postes de la RTCN, je demanderais à cet internaute de revoir beaucoup de choses, surtout le nom du compte : KKTC Posta est hautement trompeur...

* Tiens, il y a une évolution du compte Twitter chypriote septentrional :
En voyant passer l'annonce de l'émission de Chypre du Nord pour les Jeux olympiques et paralympiques, ce dimanche cinq septembre 2021, le compte Twitter @KKTC_Posta, évoqué ci-dessus, présente désormais des atours plus officiels.
En septembre 2021. On remarquera la nécessité pour le courrier international d'indiquer un code postal de Turquie pour joindre la boîte aux lettres du service philatélique demi-insulaire.

Il annonce uniquement les émissions de timbres et animations philatéliques de la poste de la République turque de Chypre Nord. Le message anti-Arménie d'octobre 2020 n'est plus accessible.

Transfert du compte d'un particulier à la poste du pays ? Choix d'un webmestre davantage conscient des enjeux d'une vitrine du pays ?

mardi 7 avril 2009

Timbre turc oblitéré par machine à affranchir

Reçue cette lettre de Turquie avec un timbre sur İzmir de soixante kuruş. Par-dessus, une empreinte de machine à affranchir oblitère, le 24 mars 2009, le timbre en ajoutant vingt-cinq kuruş à l'affranchissement.

Rappelons que depuis le premier janvier 2009, seule la nouvelle lire et ses yeni kuruş (« yeni » pour « nouveaux ») circulent en Turquie, après une transition du premier janvier 2005 au 31 décembre 2008 avec l'ancienne lire. La conversion a consisté à diviser par un million, donc enlever six zéros. Auparavant, l'affranchissement aurait été de 850 000 lires.

Sur le site en anglais des PTT de Turquie, la grille des tarifs signale bien 85 kuruş pour la lettre de moins de vingt grammes pour l'étranger, environ 0,40 euro.

Maintenant, a-t-elle postée à Çorlu ou à Tekirdağ ? Cette dernière donnant également le nom à leur province commune, le timbre à date doit signifier « Çorlu, dans la province de Tekirdağ ».