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mardi 6 mai 2025

Des colis piégés de juillet 2024... et mars 2025

 En exclusivité, ce lundi cinq mai 2025, Pjotr Sauer et Shaun Walker, deux journalistes du quotidien britannique The Guardian rapportent les faits et l'enquête menée par les services de renseignements européens contre une opération de placement de colis explosifs dans les flux aériens de l'Union européenne pendant l'été 2024.

Si le titre de l'article attirera des sourires gras, la réalité des complots ourdis côté russe de la guerre froide Europe - Russie semble avoir pris un tour dangereux pendant l'été 2024, avant que divers représentants des États concernés et des États-Unis contactent leurs homologues à Moscou.

Il y a neuf mois, en juillet 2024, trois colis déclenchés par leur explosion des incendies, relativement limités, dans des entrepôts logistiques aériens de DHL à Birmingham en Angleterre, Leipzig en Allemagne et Varsovie en Pologne ; tous avec point de départ la Lituanie.

Si les médias européens en ont fait l'écho, aucun n'a trop insisté ensuite.

Peut-être parce que les services de renseignements des pays d'Europe se lançaient dans la recherche des auteurs et des commanditaires, même si la Russie paraissait le coupable idéal.

La publicité en ce printemps 2025 provient de l'arrestation en cascade d'août à novembre 2024 d'un tout petit groupe de Russes et Ukrainiens, vivant réfugiés en Pologne, principalement là où ils vivaient et le dernier par les agents du renseignement de Bosnie-Herzégovine alors qu'il venait d'entrer illégalement  et se cachait dans une cabane, préférant rejoindre la Russie et une sanction pénale pour ses activités délinquantes à Rostov-sur-le-Don que, savait-il désormais, pour un complot terroriste.

Si ce groupe-ci n'est peut-être pas à l'origine des colis explosés, leur récit aux enquêteurs polonais semble poser le mode de fonctionnement du complot.

Par une chaîne de petits jobs proposés aux réfugiés ukrainiens russophones en Pologne sur le réseau social Telegram, ce petit groupe d'hommes remarque un compte proposant une tâche simple de confection de paquets, mais, payant grassement quelques centaines de dollars des États-Unis, pour l'achat de jouets sexuels, matelas de massage, et produits cosmétiques, puis l'envoi en plusieurs colis de Lituanie vers des destinations en Europe.

D'après les enquêteurs, cela a permis aux comploteurs cachés derrière ce compte Telegram de repérer, minuter et localiser les déplacements des colis dans le réseau logistique - ah, le suivi de colis ouvert à tous, pour peu qu'on est le numéro de suivi.

La salve de mi-juillet comprenait un cosmétique piégé : un gel explosif, un produit instable et le détonateur à compte à rebours dérivé d'un de ces gadgets géolocalisant les objets personnels. Cela fut découvert grâce à un quatrième colis qui n'a pas explosé dans un dépôt à Varsovie.

L'erreur fut quand le commanditaire ordonna à un membre de ce groupe d'acheter des vêtements de sport de marque états-unienne et d'envoyer le colis toujours en express vers une adresse aux États-Unis. Là, le premier août, les logiciels des douanes ont dû sonner l'alerte rouge : pourquoi expédier chèrement des vêtements de marque vers un pays où on les trouve déjà, pour ne pas dire aussi voire moins cher qu'en Europe ?

De là, un premier citoyen polonais est arrêté et les membres de ce petit groupe de connaissances (ou de complices : à la justice de trancher) d'être arrêtés un à un chez eux ou à proximité.

Sauf un qui l'apprenant, fuit vers la Slovaquie se cachant plusieurs semaines de village en village, pour rejoindre les forêts entre Croatie et Bosnie-Herzégovine, et espérer prendre un vol Serbie - Russie, où la police et des affaires non terminées l'attendent pourtant.

Et là, est peut-être d'après les journalistes, une preuve de l'orchestration à un certain échelon par les services de renseignements russes. La découverte du colis posté le premier août provoque l'information du gouvernement des États-Unis, le choc qu'un avion de marchandises voire un avion de passagers avec une soute louée par un groupe logistique explose en vol... avec les conséquences humaines et géopolitiques...

D'où les appels vers les homologues russes... Et, apparemment, la fin des incendies de colis aux origines criminelles en Europe. D'après les journalistes, les organisateurs du complot en Russie ont lâché « les petites mains », voire ont livré suffisamment d'informations pour les pister : le dernier arrêté en Bosnie a appelé son épouse en Russie peu avant. Il semble une habitude des services russes de se servir de délinquants et petits criminels pour ce genre de choses, il y a toujours moyen si nécessaire de les arrêter et les mettre en prison grâce à leur passé.


Le dernier paragraphe est de moi :

Ceci explique sûrement pourquoi certains sites de suivi des postes et logisticiens européens sont moins loquaces sur les dates et lieux, par rapport aux années précédentes.

Cela justifie peut-être aussi la politique trumpienne sur la capacité du public à envoyer ou recevoir autant de colis au risque de noyer des pièges dans ce flux stunamien, entre son bras de fer commercial avec la Chine et un compte-rendu de sécurité qu'il écoute visiblement mieux que sous son premier mandat.


Compléments inquiétants du vendredi seize mai 2025 :

Mercredi quatorze mai, la presse allemande (puis The Guardian) signale une enquête policière ayant abouti à l'arrestation de trois nationaux ukrainiens en Allemagne et en Suisse pour les mêmes motifs que décrits en Pologne.

Sauf que la dernière opération d'envoi de colis daterait de mars 2025...

Sur l'ordre d'un premier suspect, le second a envoyé deux colis express de Cologne vers l'Ukraine, contenant un traceur GPS inclus dans la confection par le troisième homme. Apparemment, sur consigne donnée à distance par des agents soupçonnés d'être liés à la Russie.

L'article précise pour les colis de juillet 2024 que c'est un retard des avions qui a empêché l'explosion et l'incendie en vol. Les opérations divulguées cette semaine viseraient-elles à poursuivre le complot sur des vols logistiques, en évitant de placer ces colis piégés sur des vols de passagers (seulement l'équipage ce qui est déjà trop).

mercredi 26 mars 2025

La libération électrique des États baltes

 Le samedi huit février 2025, l'Estonie, la Lettonie et la Lituanie ont déconnecté leurs systèmes électriques de celui de la Fédération de Russie. Après vingt-quatre heures en autarcie, le réseau balte a été connecté au réseau de ses voisins de l'Union européenne et partenaires.

Le titre officiel de l'émission est géopolitiquement le plus positif : la Synchronisation du système énergétique baltique avec l'Europe.

Le timbre de Lettonie sur l'enveloppe premier jour du sept mars 2025.

Un mois après la réussite de l'opération, la poste lettone (Latvijas Pasts) a émis un timbre de 2,54 euro, le tarif de la lettre simple vers l'Europe - et vingt-quatre centimes au-dessus de la lettre basique intérieure.

L'illustrateur Māris Upenieks a représenté des moyens de production : hydroélectricité, solaire ; un réseau de connexion par des segments et un pylône ; et enfin les usage à travers une bouilloire électrique - thématique électro-ménager et préparation de boissons chaudes !

L'enveloppe premier jour au collage du timbre particulièrement précis...

Outre l'importance géopolitique de l'événement - se détacher de la Russie agressant l'Ukraine et intégrer davantage l'Union européenne -, la réalisation de l'enveloppe premier jour montre un souci du détail : les flèches coupées en milieu des bords latéraux du timbre sont reconstituées sur l'enveloppe aussi précisément que sur le feuillet de dix timbres.

Le timbre est gommé... Bravo si c'est un travail manuel sur quelques centaines d'enveloppes.

La boutique philatélique lettone est accessible en anglais à cette adresse. Elle est aussi membre de la place de marché philatélique et numismatique WOPA+.

mercredi 6 avril 2022

Francophonie postale dans les pays baltes

 Suite à mes commandes des timbres de soutien à l'Ukraine, voici ce que reçoivent les clients des services postaux de Lettonie et d'Estonie ; un détour final passera par la Lituanie grâce à Gibbons Stamp Monthly.

Entier de service postal envoyé de Lettonie en recommandé vers la France en mars 2022.

Point de timbre-poste, mais un entier de service en français de l'Union postale universelle dans le coin supérieur gauche : « service des postes » traduit en anglais par « pour le service postal », et « recommandé ».

L'étiquette portant l'adresse du destinataire fait office d'étiquette de recommandation avec le code international. Le site de la Latvijas Pasts indiquant un départ de Riga le quatorze mars 2022, une première tentative de délivrance par le facteur le samedi dix-neuf (code-barres collé en biais), puis la délivrance le mardi vingt-deux mars. L'étiquette rouge Monoprix indiquant que celle-ci eut lieu au Relais urbain postal du quartier Port Marianne, à Montpellier.

Entier de service postal envoyé d'Estonie en recommandé vers la France entre mars et avril 2022.

Pour l'Estonie, même logique d'entier postal « service des postes », mais un peu plus de couleurs pour l'étiquette de recommandation noire et rouge. Un coup de tampon permet d'avoir l'adresse du service philatélique de la poste estonienne... qui est plus que le nom du groupe Omniva.

Omniva depuis 2014 est l'entité postale de l'Estonie, qui vise le marché balte. La tradition marketing des noms d'entreprise en latin n'a pas totalement disparu.

Cependant, pour l'aspect postal et la date, c'est plus clair : une oblitération de Tallinn du trente mars 2022 donne le départ, avec arrivée en centre de tri le lendemain, selon le site de suivi.

La délivrance a eu lieu ce mercredi six avril, toujours au même relais postal urbain, même autocollant rouge.


Dans les deux cas, le contenu est solidement emballé : difficile de plier la lettre en cours de route. Deux cartons fins pour la Lettonie, un seul cartonnet mais une enveloppe de protection scotchée dessus pour l'Estonie.

J'ai passé ma commande sur le site Wopa+ par commodité du mode de paiement (on en reparlera quand la commande polonaise arrivera).


Pour la Lituanie, c'est par surprise courant mars avec le numéro paru en février et daté mars 2022 de Gibbons Stamp Monthly qu'elle arrive.

Étiquette lituanienne d'affranchissement économique d'un magazine britannique en février ou mars 2022.

Le mensuel britannique semble être passé de la poste des Pays-Bas à la poste lituanienne, avec une période allemande, pour l'expédition d'une partie de ses numéros vers l'étranger.

Ici, par contre, c'est l'anglais international qui prime.

Libéralisation du courrier, coût économique et coût environnemental du kilométrage parcouru...

lundi 15 février 2021

L'U.P.U. : du français au suivi du courrier

 Parmi les plus anciennes organisations internationales à échelle mondiale, l'Union postale universelle a pour la langue officielle le français, complétée par l'anglais comme langue de travail depuis 1994 - montrant le transfert de la puissance diplomatique de la France d'avant la Grande Guerre à la diffusion généralisée de l'anglais, comme globish commun de base, avec la puissance britannique et l'émergence de la puissance états-unienne.

Lettre recommandé en port payé de Lituanie à destination de la France ; retiré au Relais postal urbain installé dans un magasin Monoprix de Montpellier. La date est connu grâce au système international de suivi. L'étiquette à code-barres en haut sert à la distribution par La Poste française.

Néanmoins, certains courriers rappellent ce statut officiel sur les outils internationaux appliqués par les postes sur le courrier, telle cette lettre à bulles ayant voyagé de Lituanie à la France au cours du mois de décembre 2020.

"Mokestis Simokėtas" ou taxe perçue en français, à Vilnius, la capitale lituanienne.

Pas de timbre, ni de timbre de distributeur, ni étiquette de guichet, mais une marque postale bilingue indique que le port a été payé au départ. « Taxe perçue » (avec la cédille !) apparaît en français sur le coup de tampon dans un bureau de Vilnius.

Une marque sans preuve du tarif payé : économie de timbres dans des bureaux de poste à qui on demande de plus en plus d'efficacité temps/coût ? L'expéditeur pourrait avoir un compte d'entreprise et dépose ses recommandés pour facturation par la suite ?

Par contre, l'étiquette prioritaire emploie l'anglais, ici au-dessus de l'étiquette de recommandation au logotype de Lietuvos Paštas.

Cependant, l'étiquette bleue indiquant un envoi prioritaire utilise l'anglais au côté du lituanien... On peut imaginer que la priorité - justement - est que tout postier sur le cheminement du recommandé reconnaissent l'aspect prioritaire : du sac contenant tous les recommandés vers un pays donné, étiquette R et code-barres permettant aux machines de tri lituaniennes puis françaises de diriger le pli dans les bonnes directions, et, pour l'humain : le bleu... si le R et le placement à part n'avaient pas suffi.

Aléa de l'absence de cachet-dateur, il faut profiter - tant qu'il est en ligne (pensez aux copies d'écran) - du suivi du trajet sur les sites des postes lituanienne et française pour connaître le calendrier de la route...

Avec des précisions sur le site lituanien :

Explications lituaniennes sur les obligations dans le cadre de l'accord PRIME de suivi du courrier entre membres de l'Union postale universelle (consulté le quinze février 2021).

Ce paragraphe peut expliquer pourquoi les deux sites de suivi donnent des détails différents. Ainsi, le site français ne démarre qu'à l'arrivée en France le vingt-quatre décembre, mais avec les détails de transit - sans localisation précise - les vingt-cinq (début de circulation dans le système postal français), vingt-huit (prêt pour distribution - qui fut un échec avec absence du destinataire, d'où l'étiquette rouge-Monoprix) et vingt-neuf (distribution au relais postal).

Côté lituanien, la partie française se limite, comme le dit le paragraphe sur l'accord PRIME, aux principales étapes : début du transit français le vingt-cinq (après le passage du jour férié) et la délivrance effective le vingt-neuf.

Par contre, y sont détaillées les étapes postales lituaniennes : 

- dépôt le sept décembre au bureau Vilnius 53, au sud-est de la ville entre zone d'activités et grands ensembles résidentiels ;

- traitement le huit au « centre logistique » de Vilnius (le pays en compte actuellement huit) situé dans une zone industrielle au sud de la ville et trois kilomètres à vol d'oiseau -et de forêts - du bureau de départ ;

- situé à proximité de l'aéroport, il indique l'expédition vers la France la lettre le onze décembre... où La Poste française indique réception le vingt-quatre. Premier vol disponible ? Sacs pour la France suffisamment rempli pour rentabiliser l'envoi ? Ou par camion à travers l'Europe ?

La plate-forme industrielle de La Poste indiquée pour l'arrivée en France est indiquée comme « FRROIC » sur le suivi lituanien - là où le site français ne donne aucun lieu. Une recherche Google associe FRROIC au centre postal à Roissy, près de l'aéroport Charles-de-Gaulle.

L'absence de détails de lieu sur le site de La Poste française : secret industriel (comme les codes ROC depuis 2007) ? Ou, comme l'indique la recherche Google citée, éviter qu'expéditeurs et destinataires pensent que le colis tant attendu est bloqué à un endroit précis alors qu'il n'est que stocké le temps de remplir un camion ou un conteneur aérien ?


Post scriptum : pour taper les lettres particulières à une langue, un outil commode est l'écran de modification d'un article de Wikipédia.



lundi 24 février 2020

Histoire postale de la Lettonie en guerre dans Gibbons Stamp Monthly

Centenaire de la Grande Guerre et de ses conséquences, suite : Neil Richie propose une introduction à la riche histoire postale de la guerre d'indépendance de la Lettonie, dans le numéro daté mars 2020 du mensuel britannique Gibbons Stamp Monthly.

Après les difficiles établissements des indépendances de l'Ukraine et de l'Estonie, voici un autre exemple qui démarre le mois suivant l'Armistice en Europe occidentale dans une région mêlant populations germanophones et lettones.

Proclamée indépendante le dix-huit novembre, la République de Lettonie se heurte à la géopolitique des confins des Empires allemand et russe disparus : l'armée allemande se retire peu après Noël, date de démarrage des services postaux lettons ; mais côté soviétique, dès le cinq décembre, les bolcheviks - qui ont lutté contre la présence allemande depuis 1917 - envahissent le territoire et créent une République soviétique socialiste de Lettonie... ce qui incite des forces franches allemandes et « blanches » russes soutenues d'abord par l'Allemagne, puis par les Alliés, à reprendre le combat contre la menace rouge.

Jusqu'au traité de paix de Riga d'août 1920, avec la reconnaissance de l'indépendance lettone par l'Union soviétique, Richie détaille les quelques timbres-poste que la Lettonie a eu le temps d'émettre - notamment ceux imprimés au dos des cartes d'état-major allemandes, le changement de devise monétaire et l'inflation des tarifs postaux dans le contexte continental, et, surtout, les multiples oblitérations que le collectionneur peut rencontrer sur le courrier de la région.

Il recense pas moins de quinze possibilités reprenant ou pas les tampons de la Russie tsariste, remplaçant ou pas le nom de la province par une étoile ou un ornement, jusqu'aux cachets de fortune ou marques manuscrites de postiers sans matériel.

Le propos est aidé d'une cartographie très lisible, qui semble tirer profit des dessins vectoriels proposés sous licence libre par la communauté de Wikipédia : la topographie simplifiée permet de comprendre rapidement les mouvements d'occupation des camps en présence et la localisation des principales villes.

Un article qui rappelle de nouveau que la Première Guerre mondiale et les conséquences des nationalismes européens ne s'est pas terminée le onze novembre 1918.

jeudi 17 novembre 2016

Affranchissement vidéo-lud... héraldique de Lituanie

Un joli coin de carte postale venu de Lituanie.
Merci Igor via Postcrossing.
Non, ce n'est pas Link sur Epona, malgré une certaines ressemblance (voir le timbre français de 2005) : c'est une version de 1863 des armoiries du pays, partie de la série d'usage courant de l'année 2016 sur ce thème du Vytis.

dimanche 6 mars 2016

Des baisses de tarifs et une démonétisation générale... pas en France

Repérés à travers quelques forums, l'étrange comportement printanier de trois opérateurs postaux... Étrange aux yeux des Français et de leur opérateur dans tous les cas.

Volontaire, quoique peu agréable, baisse aux États-Unis...
Aux États-Unis, jeudi vingt-cinq février, l'U.S. Postal Service a, non sans une colère perceptible dans la dépêche, annoncé qu'elle devra baisser ses tarifs postaux d'ici le dix avril 2016 suite à son accord avec la Postal Regulatory Commission, lors de l'exceptionnelle augmentation du vingt-six janvier 2014.

L'augmentation de trois cents sur le courrier de première classe était supérieure à l'inflation et avait pour seul but de compenser une perte colossale. Elle devait cesser dès que l'opérateur postal avait accumulé 4,6 milliards de dollars, ce qui serait effectif le dix avril prochain.

Fait rare depuis l'émergence des nouvelles technologies de communication, un opérateur postal occidental va baisser ses tarifs  de deux cents sur la lettre intérieure (49 -> 47 cents), un cent sur la carte postal (35 -> 34) et cinq cents sur la lettre internationale (1,20 -> 1,15 dollar).

Grâce à cette action, les tenants du « théorème du timbre-poste » démontreront prochainement que c'est une action vertueuse à la Rowland Hill dont ont besoin les postes du vingt-et-unième siècle...

... mais des consommateurs spéculateurs perturbés
Le cas états-unien sera intéressant à observer par les commentaires de philatélistes et du grand public car, depuis le douze avril 2007, la majorité des timbres de l'USPS portent la dénomination Forever, équivalent à la valeur de la lettre intérieure de première classe « pour toujours ».

Donc, à chaque annonce d'augmentation tarifaire, certains ont fait des réserves de timbres à validité permanente et donc réaliser des économies au fur et à mesure. Certains journalistes peu inspirés ont même signalé que c'était un petit placement plus rentable que les livrets d'épargne et autres placements boursiers...

Le dix avril prochain, aux États-Unis, la valeur du stock des particuliers va baisser... Le début d'un krach financier mondial ? Après la crise des subprimes sur l'immobilier en 2008, le stamp drop de 2016... Probablement que les ventes de timbres vont stagner pendant un mois et demi, juste avant la fin de l'année fiscale et ça, ça va faire mal à l'USPS avant même la baisse effective.

Involontaire en Suède
Faute de lire le suédois couramment, je ne sais pas quand, ni comment la partie suédoise du groupe PostNord, propriété conjointe des États danois et suédois, a prévu d'appliquer une décision de la Cour européenne de justice de l'Union européenne d'avril 2015.

En effet, la Cour a jugé (résumé en suédois, traduction en anglais) qu'un « service public postal » n'est pas assujetti à la taxe sur la valeur ajoutée.

Bientôt une année a passé, les Suédois seront bientôt fixés si leur système de tarifs à point (comme en Belgique) va connaître une baisse équivalente à la TVA disparue... ou pas. Et si là encore, un effet à la Rowland Hill va être perçue sur le courrier des particuliers.

Démonétisation rappelée en Lituanie
En France, la validité permanente de tout timbre émis depuis 1849 est sacrée et d'essence aussi divine que le pouvoir monarchique des présidents de la République, hérité directement de Louis XIV et Napoléon Ier.

Malgré la transformation de l'administration postale en entreprise publique en 1991 et l'introduction de l'euro entre 1999 et 2002, de brillants juristes ont réussi à suffisamment effrayer les dirigeants postaux et les élus du Parlement pour qu'aucune mesure de démonétisation avec ou sans rachat des timbres en franc (ancien comme nouveau) ne soit jamais évoquée.

À présent, magazines et sites philatéliques, et de plus en plus les médias grand public listent les utilisations illégales de timbres à l'effigie de Philippe Pétain... la colère des destinataires quand les plis comportant des dizaines de timbres en anciens et nouveaux francs sortent du centre de tri raturés au stylo-bille probablement par un postier poussé à la productivité par sa direction et qui n'a pas le temps de recompter les centimes et retrouver un cachet oblitérateur.
Le premier timbre lituanien de 2015, célébrant l'avènement de l'euro, monnaie commune européenne, dans le pays (Lietuvos paštas).
Pendant ce temps, en Lituanie, fin février, Lietuvos paštas a confirmé une décision publiée le cinq novembre 2014 : les timbres libellés en litas seront démonétisés le premier janvier 2017. Point final.

Le pays a adopté l'euro le premier janvier 2015 et sa poste a donc laissé deux ans au public pour épuiser son stock de timbres à valeur faciale uniquement en litas. Les timbres à double faciale litas/euros resteront valides.

Sans drame apparemment puisque les articles à la une du BalticTimes.com, site consulté pour cette nouvelle, portaient davantage sur comment entretenir de bonnes relations avec le voisin russe en disposant des forces armées états-uniennes à portée d'alerte.

La Poste-Géo Trouvetou
Quant à La Poste française, elle est parvenue à obtenir un article élogieux du magazine imprimé Capital sur son site en date du trois mars !!! Oui, le magazine qui bouffe du fonctionnaire, du politicien, du fisc, du syndicaliste et de la norme à tous les repas, complimente l'opérateur historique et sa banque pour leurs innovations technologiques.

À venir : le paiement autorisé par la voix à La Banque postale, le Domino qui transformera votre boîte aux lettres en boîtes mail, avec possibilité d'envoi et de réception de colis joints.

Déjà en cours : La Poste est le coffre-fort numérique avec ses serveurs de la quasi-totalité des fichiers clients des pharmacies de France.

Par contre, lorsque le journaliste évoque le grand nombre de filiales colis de La Poste sans s'interroger sur leur complexité et la maîtrise de leur coût (souvenir), ou du génie de disposer des imprimantes 3D comme il y a des photocopieurs dans les bureaux de poste, sans interrogation sur le coût, la clientèle potentielle, la rentabilité, avec un récent rapport de la Cour des comptes assez critique sur la portée de ces à-côtés...

Je me dis que La Poste embauche d'excellents commerciaux, meilleurs que la personne qui a rédigé l'annonce de l'USPS.

Mise à jour du vendredi onze mars 2016 :
Alors que les dirigeants de l'USPS vont devoir gérer l'année fiscale 2016 avec moins de revenus, voilà que des sénateurs leur demandent de renoncer pour le moment à l'étape suivante de la réduction des coûts (fermeture de bureaux et de centres de tri)...

lundi 5 octobre 2015

Longs et courts moments de lecture britanniques d'octobre

Des revues britanniques reçues en septembre et datées octobre 2015, The London Philatelist édité par la Royal Philatelic Society London emporte le pourcentage de la qualité, mais Stamp Magazine et Gibbons Stamp Monthly restent des lectures tout en variété et qui réalise un combo concurrentiel tel qu'elles placent une loupe sur une zone de la Première Guerre mondiale.

Ainsi, ceux qui saturent du nécessaire centenaire de la Première Guerre mondiale, médiatiquement trop axé sur le front occidental dans nos contrées, ont raté l'excellente exposition sur l'armée d'Orient au Musée d'histoire de Marseille, de novembre 2014 à mai 2015, dont il reste le dossier de presse en pdf et les fiches pour les scolaires. Armée dont les opérations balkaniques sont, aux yeux de certains historiens, la cause immédiate de la victoire de 1918 par l'effondrement de l'Autriche-Hongrie.

...

Tiens, aucun timbre de France sur ce corps expéditionnaire en cent années de programme philatélique ?!! Pourtant la lettre grecque aurait, pour le coup, un semblant de fausse pertinence.


Sinon, ils se tourneront vers les numéros datés octobre des deux magazines grand public britanniques : chez Gibbons, Christer Brunström fait découvrir les postes locales créées en Pologne pendant le premier conflit mondial, alors non existante suite à son dépeçage au dix-huitième siècle. La situation militaire complexe força les municipalités à organiser des services de remplacement, les autorités civiles et militaires allemandes, autrichiennes et russes ne s'occupant plus que du courrier entre villes principales.

De l'autre côté, dans Stamp, Wendy Buckle raconte la réalité des découpages d'après-guerre et leurs conséquences philatéliques dans la République de Lituanie centrale où se situe Vilnius. Une zone disputée entre Lituanie et Pologne, nouveaux États indépendants, jusqu'à ce que le Pacte germano-soviétique règle la situation.


À la Société philatélique royale, ce sont trois petits articles surprenants et un long article didactique qui m'ont occupé une longue soirée de la semaine dernière après visionnage d'une conférence de la même qualité.

En une vingtaine de pages abondamment illustrées, Kjell Nilson explique les champs d'étude des courriers suédois pour l'étranger pendant la Seconde Guerre mondiale jusqu'aux dernières difficultés postales en 1948 : courrier renvoyé pour cause de guerre, repérage des routes alternatives via les autres pays neutres, censure des lettres et aussi des oblitérations militaires, contrôle des valeurs envoyées à l'étranger par voie postale, courrier pour les prisonniers de guerre,... Il y a de quoi trouver son prochain domaine de recherche en Suède ou ailleurs.

Néanmoins, la brièveté des trois autres articles n'est pas un handicap puisque leurs auteurs, tous Fellow de la Société, y décrivent des pièces et des réflexions intrigantes pour le curieux.

Vincent West retrouve le quotidien d'un universitaire de Cambridge avec une seule lettre timbrés de la poste du Saint John's College, devinant comment avancer en 1885 ses recherches sur l'histoire de l'établissement. Un premier pas vers les postes privées des colleges de Cambridge et Oxford.

Ensuite, direction 1861 dans la colonie d'Australie du Sud avec un article posthume de A. Ronald Butler - connu pour avoir rassemblé les biographies éparses des signataires du Roll of Distinguished Philatelists en 1990 - avec la collaboration de Donald et Brian Pearce. Le maître général des postes d'alors, James William Lewis, est si tatillon qu'il force le postier distrait qui a oublié trois cents lettres dans un coin avant le départ du bateau vers l'Europe, à écrire quelques lignes d'explication que Lewis signa. Combien de ces enveloppes existent encore ?


Enfin, Everaldo Santos interroge la croyance - erronée selon lui - que les Œils de bœuf, premiers timbres du Brésil, ont eu un usage fiscal et judiciaire que le principal catalogue brésilien a perpétué jusqu'aux années 2000.

Repartant de la procédure judiciaire de 1842 et d'une plongée dans les archives judiciaires, il démontre que les bandes et blocs de ces timbres collées dans les premières pages des dossiers d'enquête avaient un usage postal : ils couvraient le transport des dossiers d'un tribunal à un autre.

Il approfondit plusieurs interrogations : l'absence d'annulation peut s'expliquer par le transport par porteur, plus rapide et discret pour certains trajets ; l'existence de tels blocs décollés par l'envie des marchands et des collectionneurs de timbres de posséder des timbres postaux oblitérés, et non des timbres fiscaux. À méditer avant de décoller.


Cette interrogation du décollement des timbres de leur support apparaît également pour un exemple au cours la conférence du jeudi premier octobre de John Horsley, lors d'un des deux jeudis mensuels au siège de la Royal Philatelic Society aux portes ouvertes aux visiteurs qui s'annoncent.

Aussi didactique que Nilson, il explique comment étudier logiquement un cinq livres orange de l'époque victorienne pour être sûr de son type, de la couleur de son papier, voire comment prouver avec son scanner et un logiciel de travail d'image, à la maison, s'il s'agit d'un faux ou d'un réutilisé et pester contre la perte d'information essentielle quand un exemplaire a été décollé entre deux ventes aux enchères pour faire joli.

Les non membres ont accès à un complet pdf de Horsley sur le site de la société, les membres au lien menant à la vidéo de la conférence sur youTube - dont l'humour et la vivacité compense la brièveté.


D'ici une semaine environ - impatience, les numéros datés novembre vont commencer à arriver.