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samedi 17 janvier 2026

Du Canada à Taiwan, courrier posté le 29 décembre

 Début janvier 2026, j'ai reçu trois courriers de deux personnes, postés par coïncidence le même jour : le lundi vingt-neuf décembre 2025.

Deux timbres au postier dessiné-mignon et masqué de douze nouveaux dollars oblitérés à Taipei, le vingt-neuf décembre 2025.

D'abord, un ami parti visiter Taiwan, territoire principal de la République de Chine. La grande carte postale (très hors format) représente le tracé d'une route qui traverse une région encore marquée par la population hakka et sa culture à Taiwan.

Le texte en chinois évoque le fait que ce groupe ethnique a migré et mis en culture la région taiwanaise tout en ayant des relations avec la population indigène, apparemment à partir du dix-septième siècle.

Ayant migré entre le sixième et le treizième siècle de la grande plaine centrale chinoise vers les périphéries du sud, déjà peuplées par les Hans, les Hakkas ont maintenu des pratiques à la fois différentes et mêlées de celles de la majorité han et des autres peuples montagnards qu'ils voisinaient.

Cependant, les Hakkas ont été victimes de discrimination, violences et préjugés dans plusieurs régions de Chine continentale du dix-neuvième siècle aux années 1920. Visiblement, à Taiwan de nos jours, les « corridors hakka », comme écrit sur la carte, promeuvent le tourisme et la découverte de cette culture.

Le timbre de la Poste de Chine est à douze nouveaux dollars taiwanais (TWD) avec la mention de pays la plus historique et diplomatique : Republic of China (Taiwan). Réfugié en 1949 sur l'île, le gouvernement de la République de Chine revendique toujours être celui de toute la Chine face au Parti communiste... tout en évitant la confusion entre les deux Chine.

Les tarifs postaux sur le site de Chungwha Post semblent indiquer une forme d'intégration postale de Taiwan avec le reste de la Chine. Les tarifs courrier vers "Mainland China" sont séparés de ceux du courrier international, même s'il y a plusieurs zones selon l'éloignement de la province de destination.

En 2007, la tension générationnelle entre les tenants du refuge et celui des Taiwanais indépendantistes à l'égard de Pékin avait abouti à la parenthèse de la mention "Taiwan"... que la réaction furieuse de Pékin avait refroidi assez rapidement.

Par contre, la carte postale paraît affranchie au double du tarif carte postale vers l'Europe, selon les tarifs du huit mars 2021 sur le site web. Dix-sept dollars seraient la lettre de moins de dix grammes ; trente-et-un jusqu'à vingt grammes...

L'outil de calcul de l'affranchissement indique douze dollars... et je ne trouve pas de consigne sur des dimensions standardisées. Mon correspondant a-t-il joué la prudence selon où il a acheté les timbres - un commerçant non postal peu au fait des zones de tarifs internationaux ? Par exemple, les tarifs Asie-Océanie ne s'appliquent pas aux îles au-delà du 180° méridien Ouest : ainsi, pour Tahiti et la Polynésie française, ce sont les tarifs Europe, Afrique, Amérique du Sud et centrale qui s'appliquent (les plus chers).

Première lettre du Canada vers la France très oblitérées le vingt-neuf décembre 2025 dans l'Alberta.

De l'autre côté de l'océan Pacifique, et ayant donc suivi la courbure opposée de la Terre, deux enveloppes contenant des achats canadiens ont été également postées le lundi vingt-neuf décembre 2025.

La première arrivée porte quatre timbres de 2024 au paysage maritime avec le phare de Point Prim, dans la province de l'Île-du-Prince-Édouard (1,15 dollar canadien) et deux plus anciens timbres aux appareils des débuts de l'aviation.

Un affranchissement de 5,25 dollars, soit quatre cents de plus que le tarif actuel sur le site de Postes Canada de 5,21 CAD pour une lettre standardisée (en l'occurrence vingt par quinze centimètres) entre trente et cinquante grammes.

Le marchand de timbres prend-t-il à cœur son service jusqu'à l'oblitération manuelle en bureau de poste.

Si oui, j'ai l'impression que le postier a pris trop à cœur cette demande : six coups d'un large tampon pour six timbres... ou alors c'est l'employé du commerce où se trouve le relais postal de ce quartier d'Edmonton qui s'est défoulé. L'enveloppe n'a pas échappé à l'oblitération à pointillés jet d'encre du centre de tri.

Deuxième lettre du Canada vers la France, avec ces deux étranges traits, même bureau, même date.

Le temps de passer du jeudi au lundi, la deuxième commande canadienne arrive du même bureau d'Edmonton, dans l'Alberta.

5,32 dollars, même tarif donc, avec deux timbres de 2025 au paysage automnal avec méandre de la rivière Restigouche au Nouveau-Brunswick, issu de la quatrième émission de la série Terre de nos aïeux.

Ce timbre correspond à deux tarifs : la lettre surdimensionnée intérieure jusqu'à cent grammes et la lettre standardisée de trente à cinquante grammes pour les États-Unis.

Pas de double oblitération au centre de tri... Deux timbres de forte valeur faciale déjà oblitérée au relais postal ont-ils convaincu la machine de tri automatisée ? La légère épaisseur due à la présence de pièces de monnaie, masquée par le papier cartonnée de protection, a-t-il déviée l'enveloppe du parcours avant la machine oblitératrice ?

Pour les deux traits, quasi-parallèles, et dont un semble suivre la courbe du timbre à date... Que des hypothèses : Sont-ce deux coups de crayon gras suivis d'un coup d'oblitérateur pour la date ? Lassitude de l'employé du relais postal face au client professionnel ? Vérification zélée d'un postier-contrôleur au centre de tri à cause de l'épaisseur ?


En attendant, je remercie mon ami de prendre le temps de trouver cartes postales et timbres dans les pays qu'il visite, et ce vendeur professionnel de prendre soin de ses clients par ces timbres-poste.

samedi 19 septembre 2020

Cartographie monétaire dans Carto

 Pendant l'été, le magazine bimestriel Carto proposait un article de J.-P. Gury au sujet des cartes sur pièces de monnaie, analysant leur rôle dans la communication des États-émetteurs.

Démarrant avec les frontières de l'Union européenne et leur disparition sur les pièces en euro, jusqu'à la revendication des Malouines sur pièce d'Argentine.

En passant par la comparaison des symboliques des pièces de la République populaire de Chine face à celle de la République de Chine à Taïwan.

Le dernier exemple aborde la carte de l'Estonie sur la face nationale des pièces en euro frappée dans ce pays, acceptant la situation née pendant la période soviétique, alors que le respect du traité de Tartu de 1920 est encore demandé côté estonien.

mercredi 2 novembre 2016

Morues et pirolles à Philataipei 2016

Grâce aux témoignages de participants du forum de discussion StampBoards, deux curiosités de l'exposition internationale Philataipei, qui s'est tenu à Taïwan du vingt-et-un au vingt-six octobre dernier.
Le timbre et son relief montré par Posta (site de Posta). Pour convaincre les collectionneurs hésitants, Posta pourra demander une démonstration à distance du timbre « naturellement » légèrement odorant à Ubisoft et son Nosulus Rift (lire aussi Canard PC n°347 page 70).
D'abord, sur le stand de l'imprimeur Cartor, étaient exposées les étapes de fabrication du timbre féroïen réalisé à partir de peau de morue tannée : deux parties de peau de morue de l'Atlantique (Gadus morhua), pêchée localement, achetée à un exportateur et traitée par Atlantic Leather en Islande : leur site est un musée du cuir de poisson.

Sur les photographies d'un collectionneur de Hong Kong, une dizaine de paires de timbres sont découpées dans chaque peau, un cachet rouge « Morue » « féroïenne », puis collés sur un timbre sur lequel sont imprimés le dessin d'une morue par Martin Mörck (imprimé en offset) et la valeur faciale.

Coûteux sûrement, mais quelle promotion pour la pêche de l'archipel, l'entreprise islandaise et l'imprimeur franco-britannique : cinquante couronnes danoises (6,70 euros environ) soit la taxe de recommandation, ou une grosse lettre intérieure d'un demi à un kilogramme (plus une couronne).

La poste de Taiwan (Chungwha Post = poste chinoise) proposait un timbre décoré avec calligraphie sur bambou. Ça en fait de la colle.
L'illustration des timbres de distributeurs avec le logotype de Philataipei en haut à gauche (site de l'exposition).
D'autre part, comment attirer les collectionneurs vers les distributeurs de timbres à la demande ?

Choisir un animal endémique de l'île : la pirolle (Urocissa caerulea) - suffisamment bleu pour faire oublier le rouge communiste continental ? Placer un employé par machine avec un chronomètre pour s'assurer qu'aucun client ne passe plus de six minutes par passage, pour s'assurer d'une grande distribution.

Et ne pas rendre la monnaie en espèces...

Et là, le collectionneur texan a pu découvrir comment les collectionneurs taïwanais parviennent à collectionner par séries de un à dix dollars. La valeur minimum imprimée est de cinq dollars pour la lettre intérieure.

Solution d'honnêteté de la poste : la monnaie est rendue sous la forme d'un timbre. Ainsi, en six commandes et six pièces de dix dollars, le collectionneur a sa série. Et l'acheteur pressé en ville conserve une partie d'affranchissement composé pour une fois suivante.

Le président de la Métropole de Montpellier et son directeur des transports en commun pourrait s'en inspirer : face au vandalisme des automates par des voleurs s'emparant de la monnaie des acheteurs, les distributeurs de tickets de tramway/bus ne rendent plus la monnaie depuis août 2015.

Et... ce n'est pas fini.

Et proposer ces vignettes avec la valeur en quatre couleurs différentes : noir postal, bleu, vert et rouge - ces trois-là dispensées uniquement au salon. Dix dollars par dix dollars, vingt-huit centimes d'euro par vingt-huit centimes... fois quelques milliers de collectionneurs.


Sinon, le palmarès de l'exposition philatélique : par ici ; les résultats des participants français sur le site fédéral par là.

mercredi 5 octobre 2016

Décalage philatélique chinois dans London Philatelist d'octobre

Dans le numéro d'octobre 2016 du London Philatelist, Huadong Zhang propose des définitions et usage du mot "stamp" en anglais et en Grande-Bretagne, puis ses équivalents en chinois. Une intéressante mise en perspective du gouvernement d'une culture à une autre.

Dans la partie britannique de l'article, le parcours commence avec le timbre à date du Maître des postes Henry Bishop en 1661, avant de découvrir le papier fiscal timbré au monogramme de Guillaume d'Orange de 1694.

Un petit tour vers les postes privées de Londres de 1680 à 1682 et Édimbourg de 1774 à 1793, avant d'aller vers les coups de tampon d'un penny et quatre pennies de 1839 pour aboutir au Penny Black, le premier timbre-poste adhésif.

Côté chinois, l'auteur repart de la base : stamp c'est la marque laissée par un tampon en bois. Il suffit de taper le mot sur Google ou en recherche de sites commerciaux pour le voir.

Alors quand il fallut dénommer en Chine les premiers timbres-poste adhésifs, le mot chinois pour la Tête fut employée puisque les effigies de monarques et de présidents furent le signe distinctif de l'objet. Et par extension la Tête de Dragon pour la première émission chinoise.

Le mandarin "you piao" et les caractères correspondants apparaissent sur les premiers timbres de Taiwan en 1888, puis, la même année, surchargés sur timbre au dragon pour les usagers chinois de Taiwan - surchargés « Formosa » pour les expéditeurs étrangers.

Ensuite, il s'intéresse à cette mention sur les timbres chinois. "you piao" apparait sur les côtés des timbres de la République de Chine en décembre 1912.

Mais, dans le sud-est, sont employés le cantonais "shidan" et les caractères correspondants : ils se retrouvent sur les timbres de Taiwan de 1895, et aussi les timbres de la colonie britannique de Hong Kong.

Une intéressante étude linguistique et, finalement, thématique, qui rappelle, avec la liste annuelle des membres de la Royal Philatelic Society London que les philatélistes chinois, au sens large, comptent raisonnablement à travers leur nombre (une soixantaine avec les trois « pays chinois » représentés).

Et les rencontres régionales réalisées comme celle du vingt-et-un août dernier à Ürümqi, au Xinjiang, avec des études sur les postes et la numismatique de la région turcophone, objet de la publication d'un livre d'histoire postale. La prochaine est annoncée pour le sept novembre 2017 à Hangzhou, dans l'Est, avec une thématique russe.

Les philatélistes de France intéressés par la Société royale et le Club philatélique franco-britannique peuvent contacter Robert Marion pour assister à la réunion du samedi cinq novembre prochain, au Salon d'automne de Paris.

lundi 11 janvier 2016

Vert repos taiwanais

Continuons ce repos en admirant ce magnifique paysage forestier et marin parvenu par une carte Postcrossing de Taiwan, oblitéré du vingt-quatre décembre 2015 à Taipei. Merci à Nuiching.
Trente-trois eurocents la carte pour le monde ! Un quart du tarif français pour le monde...
L'ensemble des timbres émis par la Chine depuis l'Empire jusqu'à la République et son exil depuis 1949 sur l'île de Taiwan est consultable sur ces murs du Stamp Treasure du site de Chungwha Post, la poste de République de Chine. À part une inflation lors de l'exposition internationale de 2015, les émissions, jolies et très locales, se succèdent tranquillement.

Souvenir moins bucolique : ce blog débuta au moment-même où, pendant un an et demi de début 2007 à mi-2008, les timbres et l'entreprise ont porté le nom de Taiwan avant de revenir au nom précédent évoquant la Chine. Un des aléas du débat entre nationalistes revendiquant toute la Chine et indépendantistes souhaitant que Taiwan devienne un État en elle-même ; une seconde vision que refuse la République populaire car elle reviendrait à éloigner durablement la perspective d'une réunification.

jeudi 3 juillet 2014

Comprendre les pays philatéliques

Régulièrement, la presse philatélique explique, voire réexplique aux lecteurs distraits, pourquoi tel ou tel territoire non indépendant émet ses propres timbres-poste, dispose ou pas de sa propre entreprise postale*, voire que certains États indépendants ne veulent surtout pas disposer de leurs propres postes.

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Dans le cas français, La Poste exerce sur le territoire métropolitain et la Corse, les quatre départements-régions d'outre-mer historiques, mais également dans deux collectivités d'outre-mer disposant ou ayant disposé de leur indépendance philatélique (Saint-Pierre-et-Miquelon et Mayotte).

Par contre, dans les autres territoires devenus collectivités d'outre-mer-et-Nouvelle-Calédonie, chacun dispose de sa propre entreprise publique postale (OPT.nc, SPT.wf et OPT.pf dans l'océan Pacifique par exemple).

Dans ce modèle, en 2007, Timbres magazine a pu annoncer impatiemment la possibilité des nouvelles collectivités de Saint-Martin et de Saint-Barthélemy d'émettre leurs propres timbres alors que, sur la partie néerlandaise de Saint-Martin, j'avais découvert que les habitants étaient mécontents de la nouvelle entreprise postale créée en 2010, les séparant de l'entreprise commune à certaines des Antilles néerlandaises (au sens large du terme) dans la lignée des réformes territoriales du Royaume des Pays-Bas... Il fallait suivre les postes et pas seulement les timbres.

Ainsi, la France : un État républicain, uni et indivisible desservit par cinq entreprises publiques postales et contenant, en son sein, six pays philatéliques (voire sept avant 2011), huit en comptant les deux États européens où La Poste exerce son office (Andorre et Monaco).

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Tous les collectionneurs et philatélistes ne sont pas amateurs et spécialistes d'histoire et de géographie, comment suivre alors tous ces bouleversements ou vieilles habitudes.

Une proposition amusants et didactique : les vidéos de CGP Grey sur YouTube dont voici l'adresse web et celle du site web. Cet anglophone raconte les mystères de l'histoire et de la géographie de certains lieux, à l'aide de dessins simplistes et drôles, et d'un anglais au rythme soulignant les contradictions de notre monde.

Ainsi, à l'opposé de la France, aujourd'hui jeudi 3 juillet 2014, il explique que les États-Unis est un État qui unifie en son sein de nombreux territoires pour lesquels la France aurait multiplié les occasions d'émettre des timbres autonomes.

L'Empire américain résumé par CGP Grey dans la vidéo American Empire, publiée le 3 juillet 2014 sur YouTube.
Dans tout cela, seuls les trois États associés du Pacifique émettent leurs propres timbres, étant indépendants, mais subventionnés. Tout le reste : les cinquante États fédérés, les district et territoires indiens, caraïbéens ou pacifiques utilisent les mêmes timbres.

Dans la même veine pour les pays et leur amusante complexité dont un philatéliste sera faire son miel :
- le Royaume-Uni depuis la série sur la City of London (à ne pas confondre avec la ville de Londres, même si ça se prononce pareil en anglais) jusqu'aux réalités actuelles ;
- la version néerlandaise de ces vieux empires coloniaux ;
Le Royaume des Pays-Bas résumé par CGP Grey dans la vidéo Holland vs Netherlands, publiée le 21 décembre 2012 sur YouTube.
- pour les amateurs d'exceptions à la règle générale, l'Union européenne et où elle s'applique est géniale ;
- côté chinois, une interrogation digne des philatélistes : Macao, Hong Kong et Taiwan sont-ils des pays ?
- les frontières bizarres sur lesquelles je reviendrai dans un prochain message ;

et, finalement, la question des questions : combien y a-t-il de pays dans le monde ?

La réponse est la même que qu'est-ce qu'un timbre-poste ? Tout dépend de la construction de la définition.

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Et si votre curiosité dépasse ces questions, CGP Grey a réfléchi également aux systèmes politiques états-uniens et démocratiques en général, à quelques idées reçues historiques, et bien d'autres choses.

* : pas assez souvent. Que voulez-vous : les entreprises postales se collectionnent moins bien que les timbres imprimés loin de leur pays d'émission...

lundi 4 août 2008

Chunghwa Post de retour

Aux origines de ce blog, le premier article évoquait le changement de nom de la poste de la République de Chine : la Chungwha Post devenait la Taiwan Post, et de la conséquence, le 28 février 207, sur les timbres-poste. « TAIWAN » devenait leur mention d'origine, en commençant par un commémoratif plein de sens historique sur les relations entre les différents « peuples » de l'île depuis 1949.

Un des quatre derniers timbres à porter la mention « Taiwan »
(site de la Taiwan... Chungwha Post).


Le 20 mai 2008, commençait la présidence de Ma Ying-jeou que célébraient quatre timbres portant la mention «REPUBLIC OF CHINA - TAIWAN », augurant un retour à l'idée que Taiwan est la Chine... même si elle n'est pas encore celle que la République populaire souhaiterait.

Aujourd'hui, le 4 août 2008, l'agence officielle de presse de Chine populaire rapporte des nouvelles politico-marketing de Taiwan. En avril, un des comités du parlement taiwanais laissait jusqu'à fin octobre 2008 à la Taiwan Post pour reprendre son ancien nom. Le conseil d'administration de l'opérateur y a obéi vendredi 1er août, avec application cérémonielle officielle ce lundi.


De nouveau, les timbres concernés sont chargés de symboles : les derniers à porter la mention « Taiwan » seule évoquent la culture aborigène de Taiwan, de ces habitants que les dirigeants continentaux du gouvernement nationaliste brimeront pendant plusieurs décennies.

D'après ce qu'on peut distinguer du bloc émis le 20 août prochain sur le festival Yimin (mentionné sur la Wikipedia en anglais à propos du gavage des cochons Shen Dzu), la nouvelle mention devrait nuancer le tout et satisfaire le plus de monde possible (sur l'île comme en face) : « REPUBLIC OF CHINA - TAIWAN ».

mardi 20 mai 2008

Taiwan, nom de pays (bis)

Lors du premier article de ce blog, je profitai de l'actualité pour évoquer le changement du nom de pays sur les timbres de la République de Chine, alias Taiwan, lié à la politique du président indépendantiste Chen Shui-bian.

J'y reviens puisqu'aujourd'hui, 20 mai 2008, le nouveau président Ma Ying-jeou a prété serment. Il est un des principaux membres du parti nationaliste Guomindang. L'événement entraîne l'émission de quatre timbres sur le nouveau chef d'État et son vice-président, dont j'extrais le plus conventionnel :


Drapeau, profil de l'île, costume noir-cravate (site de Taiwan Post).

Remarquez ce qui est imprimé en bas à droite en chinois et en anglais : « REPUBLIC OF CHINA TAIWAN ». Changement raisonnable de la part d'un parti qui, pendant longtemps, a prétendu incarné la Chine face à la République populaire ? Mais qui, aujourd'hui, veut protéger le statu quo face au grand voisin ?


Pour le moment, ce changement signifie peu de choses puisque les émissions qui précédent et suivent conservent le seul « TAIWAN ». Comme ce 7 dollars « Streptopelia orientalis » (une tourterelle orientale) émis le 5 juin prochain, mais il est vrai que le nouveau président vient juste d'être installé.

lundi 30 juillet 2007

Refus de vente

Martin J. Frankevicz, rédacteur du catalogue Scott pour les nouveautés, a trouvé sur un étonnant sujet pour la première moitié d'un billet d'humeur publié dans le mensuel Scott Stamp Monthly d'août 2007 : il existe des administrations postales qui refusent de vendre des timbres à des collectionneurs !

Nous sommes depuis longtemps habitués au contraire : timbre de feuille, le même en mini-bloc, en feuillet indivisible, en carnet, en entier postal, en pin's, en magnet's, etc. Quand je pensais récemment « pigeon », Frankevicz multiplie en introduction les comparaisons animales sur les personnels du marketing qui ont fini par décider de ne pas vendre : « stupid like a turkey or crazy like a fox » (stupide comme une dinde ou fou comme un renard).

Qui ose ne pas essayer d'escroquer les collectionneurs ?

La poste de la République de Chine (Taiwan Post), en 2004, a refusé d'honorer les commandes de timbres « Harry Potter » aux clients situés à l'étranger, avant de passer par Postes Canada.

De même, pour cette série sur des chanteurs sur timbres de Hong Kong en 2005.

Tout cela pour un problème de droits d'auteurs : ces postes n'avaient pas le droit de diffuser ces timbres à l'étranger, n'en ayant pas acquis les droits... (j'en conclus malicieusement qu'elles ont donc empêché toute lettre affranchie avec ces timbres de sortir du pays).

Que les Français ne rient pas, surtout ceux qui reproduisent des timbres de France sur leurs sites (notamment, pour en faire la critique - positive ou négative) : d'après ce texte,

« La Poste ne s'oppose pas à la mise en ligne d'images ou de photographies de ses timbres. Mais il appartient à chaque webmaster de contacter directement les auteurs, graveurs et dessinateurs, ou leurs ayant-droits, pour obtenir les autorisations de reproduction. »

Et, à ma connaissance, c'est tout ce que vous obtiendrez comme réponse de Phil@poste. Je rappelle qu'en France, une œuvre tombe dans le domaine public 70 ans après la mort de/des auteurs. Nid à problèmes futurs ?

mercredi 28 février 2007

Changement de mention de pays à Taiwan

Ce 28 février 2007 à Taiwan, un timbre commémoratif entérine le changement de la mention du pays, consécutive à des événements politiques locaux initiés par le président indépendantiste Chen Shui-bian. La dénomination « Republic of China - 中華民國 » laisse place à « Taiwan - 臺灣 ».
Un des quatre timbres de la dernière série portant l'ancienne mention :
il représente un uniforme officiel d'un militaire du temps de la dynastie Qing.
(téléchargé du site de Taiwan Post)

Le premier timbre avec la nouvelle mention.
(téléchargé du site de Taiwan Post)

Depuis le début de l'année, le président Chen a demandé aux compagnies nationales de modifier leur raison sociale pour remplacer le nom Chine par Taiwan. Le Parti démocratique progressiste du président revendique l'indépendance de Taiwan vis-à-vis de la Chine alors que le Guomindang, ancien parti majoritaire, estime que l'île est ce qu'il reste de la République de Chine, que Mao chassa du continent en 1949. Les dirigeants de la poste taiwanaise ont accepté le changement et l'ont appliqué le lundi 12 février. La Chungwha Post (poste de Chine) est devenue Taiwan Post.

Surtout, pour les philatélistes, le sujet du premier timbre à mention Taiwan est lié aux origines de cette politique, donc à l'histoire des relations entre le gouvernement exilé de Chine et la population déjà présente sur l'île avant 1949. Le bâtiment représenté est réorganisé par la ville de Taipei comme un musée-mémorial national de l'incident 228. « 228 » pour le 28 février 1947, date à laquelle débute la répression sanglante de manifestations indigènes par les forces du gouvernement de la République de Chine. Des dizaines de milliers de morts ont durablement marqué les relations entre le Guomindang et la population locale (interdiction d'évoquer ces événements jusqu'aux années 1970, excuses officielles du président en 1995).

L'émission de ce simple timbre de 5 dollars taiwanais (lettre intérieure de moins de 20 grammes) se place donc en plein débat historique et politique de cet État qui n'est reconnu diplomatiquement que par 25 pays dans le monde.

Source complémentaire : site de la Taiwan Post (en haut à droite, un lien vers la version en anglais).

Complément du 1er mars 2007 : Sur le Stamp Collecting Round-Up, Don Schilling évoque un article du Taipei Times sur la fougue des Taiwanais à acheter le timbre avec la nouvelle mention : intérêt philatélique de leur part, prise de partie politique ?