Libéralisation du courrier, hors service universel de la lettre basique : une carte postale publicitaire d'un organisme privé espagnol de séjours linguistiques reçue par une personne morale française, après prise en charge par Poste italiane, l'opérateur postal historique d'Italie.
En version nationale, le coût hors-taxe sur la valeur ajoutée est d'un peu plus d'un quart d'euro par carte postale ou carte-lettre pliée en deux, jusqu'à un peu moins de cinquante centimes pour magazines et catalogues jusqu'à deux kilogrammes.
Le recto : c'est joli, c'est slogan linguistique, mais Correios n'en a rien vu.
Des options sont disponibles : avec gadgets, retour des refus, délivré en sept jours ou quatre jours.
Mode d'emploi simplifié de postatarget international (site de Poste italiane, traduit automatiquement en anglais par Google Translate).
Comme tout envoi de ce type, des règles s'appliquent pour simplifier le tri automatisé et la vérification que le contenu est identique entre les plis ou enveloppes et conforme au contrat.
À l'expéditeur ou son prestataire de préparer les envois par paquets uniformes en dimension et poids, par pays de destination.
Chaque pli doit être ouvrable ou sous emballage transparent pour la vérification visuelle du contenu.
Enfin, les centres postaux italiens sont classés en trois groupes selon la masse en kilogrammes que le client peut déposer par jours :
- les centres de distribution abilités (Centri di Distribuzione) sont limités à un envoi de deux cents kilogrammes par jour ;
- les centres provinciaux (Centri Provinciali) à une tonne par jour par client ;
- les centres de mécanisation postale (Centro di Meccanizzazione Postale) acceptent tout nombre et masse.
Marie Bossaert, Augustin Jomier et Emmanuel Szurek ont ainsi pu étudier la vie et le travail d'un orientaliste français dans son quotidien à l'université d'Alger, alors colonie française ; ses correspondances avec d'autres spécialistes européens de l'Orient, et avec sa propre mère dont il récupéra après sa disparition les courriers qu'il lui avait envoyé. Un véritable archiviste pour qui la moindre pensée mise à l'écrit pouvait servir à l'avenir.
Ainsi, René Basset (1855-1924), ses deux fils André et Henri, spécialistes des langues et cultures arabes et berbères, et d'autres personnalités sont rendus « vivants » dans la manière d'appréhender les cultures et mœurs algéroises, arabes et berbères, des mots et concepts employés par la population, du débat s'il faut considérer ou pas une influence ottomane jusqu'au Maghreb, etc.
Toute sa correspondance et sa bibliothèque terminent à Gérardmer, dans le département des Vosges, dans une demeure qui sera sauvée de l'incendie vengeur de la ville par l'occupant allemand en fuite des seize au dix-huit novembre 1944... par l'intervention d'une femme de la famille ayant indiqué l'importance du contenu de la maison du patriarche. Elle, elle perdit la sienne.
Bien évidemment, nombre de philatélistes, de marcophiles et d'historiens postaux aimeraient mettre le nez dans ces archives données par les descendants en 2014 aux centres de recherche de l'État...
Heureusement que non. Les mauvaises habitudes de dispersion par découpage des timbres, expositions compétitives, ventes aux enchères ont eu une vie longue avant l'émergence de la philatélie sociale dont relève cet ouvrage de recherche universitaire...
... Bon, d'accord, il n'est pas sûr que les chercheurs et étudiants se soient préoccupés des détails philatéliques au-delà des points d'origine et de destination des courriers. Si jamais un jour, ces archives sont numérisées.
Certes, en 1950, la population mondiale était moindre, le niveau de vie permettant de voyager élevé, et l'instagramisation des lieux touristiques limités aux cartes postales.
Carte postale de Venise de l'éditeur Stabilimento Grafico Cesare Capello de Milan, vers 1950.
Ainsi, l'éditeur Stabilimento Grafico Césare Capello de Milan n'eut pas de mal à trouver une photographie de monuments de Venise, vierge de masse touristique et de leurs smartphones photogra-filmiques.
Stabilimento Grafico Césare Capello était une imprimerie fondée en 1910 par Césare Capello. Elle imprimait notamment des cartes postales à son nom et pour d'autres éditeurs.
Au cours de son histoire, précise la Wikipédia en italien, elle prit le nom commercial Cecami pour CEsare CApello MIlan. Probablement, avec la disparition de son créateur et le manque de successeurs, est désormais une filiale d'un éditeur toscan et est installée dans la commune rurale de Massa and Cozzile.
La vue est légendée en italien, et aussi en anglais, français et allemand au dos : « L'église de S. Siméon, le Pont (degli Scalzi) et le Grand Canal » - pont des Déchaussés dans une traduction complète.
Flamme publicitaire à Venezia Ferrovia de 1950.
La correspondance à destination d'un couple de Saint-Pol-sur-Ternoise, dans le Pas-de-Calais, tient en cinq mots : "Touti Saluti à Touti" et un prénom calligraphié en signature. Un italien actuel serait "Saluti à Tutti", bonjour à tous. Le minimum donc d'un message de vacances... et pour les historiens postaux spécialistes des tarifs italiens, un tarif carte postale cinq mots ?
Le timbre est du type Travail, Justice et Famille de 1945 par Renato Garrasi, émis à la valeur de dix lires en 1947. Il est oblitéré du bureau de la gare de Venise.
La flamme est magnifique : publicitaire, lisible et savoureuse pour les brioches aux fruits confits panettone de Motta, entreprise créée en 1919 à Milan par Alfredo Motta, disparue par fusion capitalistique dans les années 1970, et dont la marque se ballade au fil du capitalisme depuis.
Le panettone Motta a été le grand succès de l'entreprise milanaise dès sa création et jusqu'à nos jours. En voici une preuve postale : pour aider l'Italie à se reconstruire, manger des desserts Motta !
Note : avec ce post, débute quelques études tirées de l'exploration d'un stock de vieux documents proposés par un brocanteur spécialisé dans les meubles, vaisselle et cristal, tout en prenant revues et documents collectionnables pour compléter.
Trouvailles sur Twitter principalement pendant la seconde moitié du mois de février 2023.
Timbre erroné en vente entre le premier et le six juillet 2022 en Autriche (via Linn's Stamp News).
Le seize, Linn's Stamp News résume l'erreur commise par la poste autrichienne sur un des quatre nouveaux timbres de roulette, émis le premier juillet 2022. Bonne illustration, mais mauvaise légende du château représenté ; dès le six juillet, la vente et les envois furent stoppés net. Cependant, quelques "Burg Güssing" erronés sont parvenus à des clients... Le timbre correct "Riegersburg" apparaît dans le catalogue en septembre.
Le dix-huit, Graham Beck a montré un exemple magnifique d'art postal à partir d'une émission de timbres du Canada, d'un colis lourd et de postiers respectueux.
Découvert le vingt, le Club philatélique de Saint-Pierre-et-Miquelon organise une nouvelle exposition internationale, du vingt-deux au vingt-cinq juin 2023. Sous le patronage de l'Académie européenne de philatélie, aura lieu un championnat Un Cadre avec des collectionneurs de l'archipel français et des organisations nord-américaines, l'American Philatelic Society et la Société philatélique royale du Canada.
Apparemment, les timbres à validité permanente, Forever, pour le premier échelon intérieur sont tellement falsifiés depuis 2007 que l'éditeur a décidé qu'il ne pouvait plus les lister au sein du catalogue spécialisé des États-Unis : dix-sept pages pour les faux à valeur faciale chiffrée, quatre-vingt-dix-sept pages avec les valeurs permanentes,... et, déjà, d'autres falsifications ont été rapportées depuis le lancement de l'impression de ce nouvel ouvrage.
À rapprocher de la politique d'émissions de timbres à validité permanente... Je commence à comprendre celle de La Poste.
Enfin, à venir en mars, la poste japonaise émet un grand feuillet richement décoré sur deux châteaux de la Loire, Chambord et Chenonceau. Il est connu par les bilans de Philaposte Boulazac que l'imprimerie de la poste française imprime des timbres pour le Japon, mais ceux-ci ne portent pas de nom d'imprimeur. Pour ce feuillet, l'imprimerie apparaît avec cinq repères de couleur en bas à gauche.
Deux journées premier jour auront lieu à l'Institut français Kansai, le mercredi quinze et le samedi dix-huit mars.
Avec la publication de ses comptes par le Groupe La Poste, les médias français se repenchent sur l'évolution du courrier du premier janvier 2023 et les nouvelles missions des facteurs pour rentabiliser leur tournée quotidienne sous le prétexte de la disparition du service prioritaire (« le timbre rouge »).
Ainsi, dans Le Figaro du vingt-quatre février, Cécile Crouzel résume ces changements depuis l'établissement de La Poste en entreprise jusqu'aux objectifs de 2030 avec le pic des années 2010-2020, suivi d'un entretien avec le président du groupe. Pédagogique pour les lecteurs loin du courrier et de La Poste au quotidien, mais peu de contre-points aux dires de Philippe Wahl qui affirme ne pas abandonner les communes rurales grâce à la sous-traitance des agences postales aux communes et commerces...
Citant les doutes syndicaux, le journaliste signale que La Poste entre ainsi en concurrence face à ou en intervention à la place d'autres entreprises ou institutions... Particulièrement se pose la question de la compétence médicale lors des entretiens prévus lors des visites contractuelles chez les seniors.
Un point fort intéressant pour Le Figaro, le souci de la comparaison avec un autre opérateur historique. Sophie Secong explique comment Poste Italiane tente de sauver son activité comme La Poste tout en proposant des solutions aux communes rurales les plus isolées.
Ce projet Polis est la combinaison de deux idées. La première rappelle les Maisons France services, de son nom complet : Projet Polis - Maisons de services de citoyenneté numérique. L'idée est que les agents présents localement permettent de former les habitants de ces communes à accéder aux services essentiels en ligne. En deuxième, ouvrir deux cent cinquante espaces de cotravail, dont quatre-vingts en petites communes, pour offrir des lieux équipés à tous les acteurs qui n'ont pas les moyens de louer de tels espaces ou en ont un besoin ponctuel.
Ne vous moquez pas : n'est-ce pas la mission de Docaposte, filiale de La Poste, qui gère la logistique courrier et impression du Tour de France cycliste, ainsi que les serveurs d'Index Education, acheté en 2020 et créateur de ProNotes, un des principaux logiciels de gestion scolaire.
Pour le déménagement postal, qu'est-ce que tous les services trouvés par Wahl à part un moyen de rentabiliser les distances et temps de parcours des postiers et de leurs véhicules ? Les caméras sur le toit des voitures postales contre rémunération des conseils départementaux (Geoptis)... Le facteur-recenseur de la population dans trente-neuf communes en 2023...
À moins que la population ne se remettent à correspondre par écrit en masse, à pratiquer le Postcrossingpour correspondre avec le monde entier, à s'abonner à de sérieux magazines imprimés, ..., il faudra bien que les journalistes et leurs lecteurs-citoyens s'habituent à la démultiplication de ces services.
Petit résumé de trouvailles grâce à Twitter pendant la première moitié de février 2023.
L'affiche de l'émission de La Poste du Bénin.
Découverte avec retard, par un article d'Arnaud Koumondji dans Le Béninois libéré, La Poste du Bénin a émis une seule série en 2022, sept timbres représentant sept des trésors royaux rendus par la France fin 2021 après cinq années de débat français. Les trésors ont été exposés temporairement de février à mai 2022 à Cotonou. Actuellement, en réserves, le temps de leur installation définitive en musée, j'imagine.
Le trois, Correos de Guatemala a célébré d'un timbre la Police nationale civile du pays... ce qui révèle un pan tragique de la police précédente et de l'histoire du pays en guerre civile de 1960 à 1996.
Entre 1981 et 1983, les forces armées répriment violemment jusqu'au génocide, d'après la Commission de clarification historique des Nations unies, de deux cent mille indigènes mayas des communautés rurales du pays. La réforme de la police civile fit partie des accords de paix.
Logotype de Mi Oficina.
Le quatre, Mi Oficina Philatelic Society, le groupe de philatélistes des Amériques, lance leur site https://www.mioficina.group/ . Rappelons que ceux-ci ont lancé des rencontres en ligne pendant les confinements anti-covid-19 en 2020, faute de pouvoir organiser leurs rencontres amicales lors des expositions philatéliques.
Le onze, Vaccari News a représenté les Cafés philatéliques à l'occasion de l'un d'entre eux alors à venir. Le service philatélique de Poste Italiane organise ainsi des rencontres avec les collectionneurs dans des villes sans association. Une idée à creuser ?
Le quinze, The Washington Times rapporte la demande adressée par l'United States Postal Service à l'État fédéral de modifier le manuel du courrier. Face à l'inflation de faux timbres-poste, l'opérateur public souhaite considérer tout courrier affranchi avec ceux-ci comme « abandonné » afin de ne pas supporter les coûts de la mise en taxation, du refus de celle-ci et des va-et-vient avec l'expéditeur.
Certes, ceux qui achètent des timbres très récents à prix suspects sur des sites usurpant l'identité de l'USPS réviseront leur esprit critique, mais que penseront ceux volés par leur commerce de proximité vendant consciemment des timbres frauduleux ?
En France, le même jour, qui veut tuer son chien l'accuse de la rage : France info rapporte les propos du président de La Poste Philippe Wahl devant la Commission des affaires économiques du Sénat : la lettre dématérialisée imprimée prioritaire lancée le premier janvier 2023 fait un flop, d'après lui.
Sauf que si les sénateurs et les journalistes suivaient les enquêtes des associations de consommateurs, il rappellerait que l'abandon de la livraison le plus rapide à moindre coût - le service universel - est la priorité du Groupe La Poste depuis que l'État-actionnaire veut que la poste soit rentable...
Et je ne relancerais pas les conditions d'emploi et de travail des livreurs de colis des filiales de droit privé du groupe public...
Le site d'information philatélique italien Vaccari News annonce un programme philatélique chargé ce lundi treize juillet 2020 en Slovénie, avec pour point commun : trois anniversaires d'événements liés au contrôle de la ville de Trieste et de la péninsule de l'Istrie.
Cette zone est stratégique depuis longtemps. Pour les États italiens successifs, c'est l'enjeu du contrôle de la mer Adriatique. Côtés slovène et croate, ce sont les accès à la mer Adriatique, et de là à la Méditerranée, de l'empire d'Autriche et du royaume de Hongrie jusqu'aux États yougoslaves actuels.
Au terme de la Première Guerre mondiale, l'ensemble de la région autrichienne du Littoral, et donc de l'Istrie, revient à l'Italie et c'est la question de Fiume (Rijeka en Croatie), à la frontière sud-est, qui anime les nationalistes.
Centenaire de l'incendie du Narodni Dom à Trieste, timbre de Marko Prah, émis le treize juillet 2020 (site web de la poste slovène).
Cependant, le premier timbre slovène de juillet 2020 rappelle qu'à Trieste, la ville est également multi-culturelle. Il y a cent ans un incendie détruit le Narodni Dom. Cet hôtel servait également de centre culturel et de théâtre pour les Slovènes de la ville.
Le onze juillet 1920, des combats de rue meurtriers ont lieu entre une foule croate et des marins italiens, en escale, à Split. Le treize, en représailles, des nationalistes et des fascistes brûlent le Narodni Dom à Trieste.
L'institution du théâtre slovène de Trieste ne disparaît pas, mais est interdit pendant le régime fasciste, avant de reprendre ses activités après 1945, et dans un nouvel édifice en 1964. Pour découvrir son histoire.
90 ans de l'exécution des héros de Bazovica, timbre de Borut Bončina, émis le treize juillet 2020 (site web de la poste slovène).
Dans les années 1920, l'État fasciste mène une politique d'italianisation de la Marche julienne - la région italienne issu du Littoral autrichien acquis après-guerre : interdiction de l'usage des langues slaves, fermeture des institutions culturelles, interdiction des noms et prénoms slaves, etc.
En réaction, en 1927, des jeunes Slovènes au nord et quelques Croates d'Istrie s'organisent en une organisation insurrectionnelle : le TIGR, des initiales des grandes villes et régions - Trieste, Istrie, Gorica (Gorizia en italien), Reka (Rijeka en croate). Soutenu par la Yougoslavie et les services secrets britanniques, ils pratiquent le terrorisme contre des dirigeants, fonctionnaires et officiers italiens. L'OVRA fasciste anéantit le mouvement en 1940-1941.
Après un attentat contre un journal italien, à Trieste en février 1930, plusieurs cellules du TIGR sont découvertes. Le timbre rappelle la mémoire des quatre premiers membres jugés, condamnés à mort et exécutés à Bazovica (Basovizza, toujours en Italie de nos jours), dans l'arrière-pays de Trieste.
Après 1940, les TIGR survivants rejoignent les Partisans, la résistance yougoslave, tandis que les forces italiennes commettent des crimes de guerre en Slovénie. Après-guerre, le régime communiste de Tito surveille ces survivants et leur participation à la résistance est publiquement cachée jusqu'aux années 1970.
Soixante-quinze ans des timbres d'Istrie - Littoral slovène, timbre sur timbre par Marko Prah, émis le treize juillet 2020 (site web de la poste slovène).
Les philatélistes connaissent l'État libre de Trieste, établit par le Conseil de sécurité des Nations unies de 1947 à 1954, avec un découpage issu des zones d'occupation militaire et annonçant une potentielle division : zone A sous administration alliée et civile italienne autour de Trieste, zone B sous administration yougoslave. Carte que le timbre représente.
Dès août1945, des timbres était émis dans la zone d'occupation militaire yougoslave : en mai 1945, l'architecte Miroslav Oražem reçoit la commande de ces timbres pour remplacer au plus vite les timbres de la République sociale italienne surchargée.
Il produit deux séries, imprimées d'abord à Ljubljana, puis à Zagreb et Belgrade :
- quatre timbres en août 1945 : raisins, âne d'Istrie, château de Duino (actuellement en Italie) et un laboureur avec un bœuf Boscarin, avec premier jour d'émission au bureau clandestin de la grotte de Postjona ;
- six timbres en décembre 1945 : reconstruction des villages, bateaux de pêcheurs devant les arènes de Pula, le lieu de naissance de Vladimir Gortan, un banc de thon, le pont Solkan, et la branche d'oliviers repris sur le timbre de juillet 2020.
Si la situation de Trieste est pacifiée depuis que l'Italie et la Yougoslavie reconnut leur frontière par le traité d'Osino en 1975, l'éclatement de cette dernière dans les années 1990 a relancé le souci de tracer les frontières et d'établir une histoire nationale pour les acteurs internes, ici la Slovénie.
Une preuve pour la relation Slovénie / Italie : Vaccari News remarque que les cachets premier jour des deux premiers timbres indiquent le nom de la ville de Koper en italien : Capodistria.
Si les deux premiers rappellent les tragédies vécues par les Slovènes face au fascisme, le troisième timbre peut être lu de plusieurs manières à l'égard de la Croatie.
Certes, il y a, pour la poste slovène, la fierté de montrer avec cette branche d'oliviers le premier timbre (imprimé à Ljubljana) utilisé sur l'ancien Littoral autrichien, en train de devenir la Slovénie occidentale ou Littoral slovène - à mettre en parallèle avec le Verigar de 1918.
Néanmoins, la carte des zones, si elle a un intérêt historique, rappelle que le partage slovéno-croate de la zone B est une affaire récente... Voire actuelle : les deux États ne parvenant pas à s'entendre sur leur frontière maritime dans la baie de Piran.
La continuité des centenaires des conséquences de la Grande Guerre et l'approche du centenaire de celles de la Seconde Guerre mondiale multiplient ces occasions de timbres mêlant les territoires passés et actuels des États européens,... interprétés plus ou moins bien par les voisins selon le tact ou l'actualité.
Maintenant que les électeurs français ont réduit de onze à deux les prétendants à la Présidence de la République, qui pourrait être le prochain Premier Ministre, installé dans l'Hôtel Matignon, à Paris ?
C'est l'avantage de disposer d'une petite poignée de partis et mouvements en concurrence. Même si le remuement au siège d'un parti de droite semble indiquer des positionnements pour l'avenir... ?
Mais, dans le numéro daté mai 2017 de Stamp Magazine, Jeremy Havardi nous rappelle en un récit prenant qu'un insatiable collectionneur de timbres est né le onze janvier 1850 et a vécu dans ce lieu acquis par son père au duc de Montpensier, alors en difficulté financière après la chute de son père, le Roi Louis-Philippe en 1848 :
dont le centenaire de la mort aura lieu le vingt mai prochain.
Fils de l'homme d'affaires Raffaele de Ferrari, prince de Lucedio, duc de Galliera, il refusa à la fois d'hériter de la fortune paternelle, mais aussi de ses titres de noblesse. Sa mère, Maria Brignole Sale, lui laissa une petite fortune, avant de consacrer le reste à acquérir nombre d'œuvres d'art pour les placer dans l'hôtel Matignon dans l'idée d'une donation à la France.
Dans le cas de la mère comme du fils, la géopolitique française bouleversa leur plan. Fâchée que la République chasse son hôte, le comte de Paris, en 1886, elle donna ses collections à la Ville de Gênes et l'hôtel Matignon à l'Autriche qui en fit son ambassade.
Son fils, toujours résident d'une aile de l'hôtel, accumula les timbres rares... voire faux, préférant, d'après une citation acheter mille faux plutôt que de rater une variété qu'il ne retrouverait jamais. Les philatélistes le savent : les plus rarissimes timbres furent en sa possession... Sinon lire l'article de Harvardi.
Si sa famille douta de ce coûteux passe-temps, Philippe contenta sa mère en la conservant précieusement dans l'hôtel, ne la montrant pas, ne l'exposant jamais.
Adopté par un Autrichien du nom de La Renotière von Kriegsfeld, il reprit son premier patronyme sous le titre de comte et la nationalité autrichienne. Enfin, il souhaita que sa collection finit au musée postal de Berlin... La Grande Guerre brisa ce vœu : il se réfugia en Autriche, habitué depuis 1890 du village de Steinbach am Attersee. Après sa mort, la France saisit et vendit aux enchères son accumulation fabuleuse comme réparations de guerre de l'Allemagne.
L'hôtel eut un traitement plus respectueux... La vengeance de la République française ne s'étant pas étendue à la nouvelle république autrichienne : il fut acheté en 1922 pour servir de résidence officielle du chef du gouvernement français.
Mais peut-on déjà entendre crisser sur le parquet les dents de son prochain locataire ?
Dimanche huit janvier matin, devant les membres de l'Association philatélique montpelliéraine, le Biterrois Serge Magallon est venu présenter une collection d'un cadre titré Fin d'un empire millénaire et début d'un nouveau, éphémère(clic pour le pdf) : quelles traces postales de mai 1936 restent-ils du passage de la poste éthiopienne à la poste coloniale italienne, après une guerre de sept mois ?
Le philatéliste a découvert le pays dans sa jeunesse pour une mission du service national civil, et présente régulièrement, en compétition ou le simple plaisir, de nombreuses études sur l'histoire du pays, de ses habitants africains comme européens (tels le courrier et les cartes postales des missionnaires).
Le propos historique était précédé d'une petite thématique des mots ayant rendu l'Éthiopie mythique : Abyssinie en synonyme grec antique, la reine de Saba (fût-elle d'une rive ou de l'autre du détroit) et sa rencontre avec Salomon, Negus le titre de ses rois, Lucy où le squelette fut découvert, et le rastafarisme.
Après le rappel que l'écriture est syllabaire, un peu d'histoire rappelle le rôle des rois Téwodoros et Ménélik dans l'établissement de l'Éthiopie qui va faire face aux puissances coloniales européennes. Voici l'entrée des Italiens dans Addis Abeba le mardi cinq mai 1936.
Le même bureau dans les années 1930 avec son fronton en amharique et français ; photographie utilisée dans Les Collections de L'Histoire n°74, trimestriel paru début janvier 2017 (ajout du lundi treize février 2017).
L'étude postale présente les derniers jours de la poste éthiopienne dans les principales villes du pays en possession de Serge Magallon. Pour Addis Abeba, ce sera le trois mai avant que la poste principale ne soit saccagée et brûlée dans les combats, archives comprises hélas.
Deux cartes photographiques illustrent ce triste fait et la nouvelle poste italienne au parvis décoré des canons que les Italiens avaient perdus à Adoua quarante ans auparavant. Revanche ?
Hors de la capitale, les plis premier jour ne manquent pas avec timbres et oblitérations éthiopiennes du jour de la prise de la ville : des soldats italiens philatélistes ou spéculateurs se seraient-ils pris pour des postiers ?
Les cartes postales de franchise militaire du moment de la victoire valent pour leur date symbolique d'oblitération, mais également pour le texte accompagnant la cartographie de 1935 qui avait déjà annexé l'Éthiopie à l'Érythrée et à la Somalie italiennes. Un soldat colorie en rouge l'ensemble, tous clament leur fierté fasciste d'avoir étendu la patrie, un dernier saluant sa famille depuis « la capitale de l'empire colonial italien » !
L'historien se demandant si c'est la légitime joie du soldat obéissant, la preuve du « bourrage de crâne » totalitaire ou faire plaisir au censeur pour donner plus rapidement signe de vie à la famille... Magallon a croisé étonnamment peu de marque de censure sur les courriers italiens de guerre dans la région.
Quelques cachets militaires permettent de suivre les deux armées, leurs timbres et cachets : de l'Érythrée au nord, de la Somalie à l'est.
Avec quelques surprises jusqu'à ce que la poste civile italienne fonctionne fin mai-début juin : le tarif postal éthiopien est maintenu pour les Côtes des Somalis (Djibouti donc), pourtant situé bien en dehors de l'empire italien. Débouché de la seule voie ferrée du pays, le courrier vers la colonie française est affranchi au régime intérieur par la poste éthiopienne (cinquante centimes de lire en mai 1936). Le tarif pour l'étranger d'une lire un quart commence à apparaître quelques semaines après...
Deuxième surprise pour cette lettre pour Djibouti au départ d'Addis Abeba : les marques postales montrent un passage par Rome ! Douze mille kilomètres aller-retour d'erreur. La victoire rend bien généreux.
Les questions du public évoquent, entre autres, les contraintes de la compétition philatéliques : les cartes postales utilisées permettent d'exposer l'état d'esprit de l'expéditeur... Il faudrait plus d'enveloppes, plus anonymes en regard des événements.
Complément du samedi quatorze janvier 2017 :
Pour une spécialisation éthiopienne, voir l'Ethiopian Philatelic Society et son Menelik's Journal.
Coïncidence du mercredi dix-huit janvier 2017 :
vu chez le marchand de journaux, le mensuel L'Histoire publie un numéro spécial sur l'histoire de l'Éthiopie.
Menu de ce magazine pour l'histoire postale (lundi treize février 2017) :
La poste éthiopienne est évoquée à deux reprises dans cet intéressant numéro des Collections de L'Histoire.
Tout d'abord, dans l'article sur le règne de Ménélik II par Estelle Sohier de l'Université de Genève. La photographie de l'entrée d'un bureau de poste illustre la modernisation à partir des années 1890 en suivant le modèle occidental, aux côtés d'une carte de 1913 en français du « Chemin de fer franco-éthiopien de Djibouti à Addis-Abeba » et d'un encart sur la monnaie mise en circulation en 1894. Celle-ci est de même poids et composition que le thaler Marie-Thérèse, dessinée par Jean Lagrange, graveur général à la Monnaie de Paris. Le thaler autrichien étant l'unité monétaire métallique des puissances coloniales dans cette partie de l'Afrique.
Le choix de l'alliance française par Ménélik est explicité dans le contexte colonial d'occupation des côtes de la mer Rouge et du golfe d'Aden pour contrôler la route des Indes par Suez. Un choix finalement aléatoire sur la durée.
La seconde est la photographie de la poste centrale dans les années 1930 (voir ci-dessus) dans un autre article de Mme Sohier sur Hailé Sélassié, « le dernier roi des rois ». Elle permet d'évoquer la rénovation urbaine qui eut lieu pour son sacre et les transformations à venir sous l'occupation italienne.
Vendredi seize décembre : quoi de neuf dans le Spink de France 2017 ?
Autant écouter un de ceux qui y ont participé : approfondissement des timbres d'usage courant des classiques et les Mariannes contemporaines à partir de celle de Cheffer, notamment pour les barres phosphorescentes et leurs variétés.
La couverture de la seconde édition du Catalogue de timbres de France de l'éditeur Spink - et la énième de zombie Maury (pour commander : Spink Books, Timbro.fr, Philatelix, plusieurs marchands disposant d'un site web marchand, etc.).
Davantage recherche en histoire de la philatélie, Jean-François Brun présente le fruit de recherche dans les journaux philatéliques et des cartes postales au contenu lié pour démontrer que, dès les années 1890, la famille de Jean Sperati a œuvré dans l'imitation philatélique depuis l'Italie avant d'écumer la France.
Depuis le Friday 28 October : états généraux de la philatélie organisée aux États-Unis.
Ce doit être cyclique, par décennie ou génération : les philatélies organisées s'interrogent sur l'avenir du loisirs et sur le rôle de chacun de leurs membres dans cette évolution.
En France... Pardon : en Φr@nce, où il y eut récemment des états généraux de la philatélie, La Poste est le mécène de la φl@télie, avec ses avantages (ADPhile en grande forme, lancement des hors-séries de Timbres magazine,...
... et ses contraintes : l'argent ne poussant pas sur les arbres, il faut bien vendre quelque chose pour que φl@poste, le bras armé du chéquier du mécénat postal, en redistribue. Donc, multiplication des pains dentelés, feuillets épuisés spéculables par marchands, souvenirs divers et chèrement prépersonnalisés.
Merci aux collectionneurs anglophones d'aider les collectionneurs français de nouveautés et de premier jour à financer la φl@télie φr@nçaise. Dig deep for the miners! :)
Outre-Atlantique, l'exercice d'introspection collective a généralement lieu quand l'American Philatelic Society a elle-même des capitaux à employer à de nouvelles solutions : quelques économies (une fois financé tout le reste, dont une magnifique bibliothèque inaugurée fin octobre) et une subvention versée à partir des revenus de la dernière exposition internationale.
Pour les deux premiers mois de réflexion, l'APS et ses alliés (les mêmes qu'en France, mais sans la poste états-unienne pour le moment) ont diffusé en direct sur Facebook la première réunion entre dirigeant en coulisses de l'inauguration de la bibliothèque, le vendredi vingt-huit octobre. Quelle transparence... Pourquoi un souvenir du forum figé des états généraux français me revient à l'esprit ?
En décembre, un sondage en ligne a été grand ouvert, centré sur les visites aux salons locaux, nationaux et internationaux des membres de l'APS et des non-membres. Parmi les interrogations remises sur le métier, il y a la dialectique du salon et de l'internet pour conforter les philatélistes existants et en attirer de nouveaux. Faut-il jumeler les salons avec les associations numismatiques, par exemple ? Comment maintenir l'intérêt des marchands pour les salons quant ils commercent aussi par le web ?
Le vingt décembre, première réunion d'une sorte de conseil d'administration d'ADPhile états-unienne : le Council on Postal Collectors dans lequel les partenaires (collectionneurs, marchands, musées) vont réfléchir et organiser pratiquement les solutions choisies.
Sur certains forums de discussion anglophones, certains grincent des dents par le souvenir de l'échec relatif de l'ancêtre qui, côté jeunesse, n'avaient pas réussi à faire adhérer des jeunes malgré quelques dizaines de milliers de dollars de promotion et de kits. Rien de secret : l'annonce du COP sur le site de l'APS comprend le bilan du précédent COPO (attention : fichier pdf).
Je rassure tout de suite les collectionneurs et spéculateurs de nouveautés hors-programme : n'écrivez pas à Timbropresse, ni à la Fédération. Inutile que leurs chefs aillent envahir de nouveau le bureau de Gil@poste Livchitz, ni que Socrate et Gauthier Toulemonde nous répandent des pages entières sur leur rôle intermittent de défenseurs du collectionneur de nouveautés, comme dans le numéro de ce juin 2016 : c'est quoi ce trou d'actions de 2007 à 2015 pendant l'application délétère des états eslingériens de la φl@télie ?
Dans ce « hors les murs », aucune action secrète de Gil@poste pour émettre des timbres spéculatifs ou des entiers en douce en avertissant uniquement quelques happy fews franciliens.
« Paris-Philex hors les murs » est ma façon de profiter de trois jours parisiens - alléluia, une marée basse professionnelle, dommage qu'elle fut haute pour Monacophil 2015 - entre philatélie et découverte de Paris.
Car il suffisait de prendre le tramway devant le parc des expositions de la porte de Versailles, siège de l'exposition philatélique nationale pour rallier la porte Dorée et une scénographie colonialiste évoquant l'époque de naissance d'une grande partie des visiteurs de Paris-Philex et du volailler φl@postal.
Le monument ouvrant la zone honore les anciens combattants d'Indochine, fontaine-rivière minérale entouré de pelouse et de palmiers par l'architecte Louis Madeline, provenant d'une statue d'Athéna par Louis-Ernest Drivier. Il est suivi d'un bas-relief de l'expédition de 1898 du colonel Marchand du Congo à Djibouti, via un arrêt dangereusement imprévu à Fachoda, sur lequel tous les officiers français sont nommés et les tirailleurs sénégalais évoqués par leur nombre...
Tant de débats historiens et de réflexions invisibles quand sont évoqués les timbres créés pour les colonies.
Carte postale utilisée en 1907 : des bûcherons immigrés belges et leur... hutte... (collection Musée de l'histoire de l'immigration, Paris).
Quelle ironie d'y avoir installé le Musée de l'histoire de l'immigration depuis 2007, avec dans les premières pièces une carte postale du début du vingtième siècle, dans une mise en scène digne d'un timbre colonial de l'indigène exploitant l'hévéa grâce au Français civilisateur : une équipe de bûcherons belges œuvrant dans la forêt de Marchenoir, en Loir-et-Cher où la carte fut postée avec une Semeuse en 1907.
Le détail qui montre que le point de vue français est autant un problème que les migrants : « et leur hutte »... Habitat temporaire pour une taille d'accord, mais rudesse du confort : une cause du refus des bons Français de réaliser ce travail ?
Cartes postales (!) françaises sur l'expulsion de«romanichels »par les gendarmes, vers 1900 (collection Musée de l'histoire de l'immigration, Paris).
Pour le sens des frontières françaises au début du vingtième siècle, un lot de cinq cartes postales est présenté : des photographies prises, clairement mises en scène, imprimées, vendues, utilisées sur un sujet qui provoquerait un scandale médiatique aujourd'hui, quoique vu le débat britannique sur les frontières (exemple par UKIP)...
... des photographies d'opérations de gendarmerie expulsant des « Romanichels » du territoire, voire sur une autre carte « Nos campagnes. Voyageurs indésirables »... Pfiou.
Illustrées ci-dessous, deux affranchies sur l'image.
À gauche, une carte française mais avec une légende sommairement traduite en allemand. Sur la route entre Arracourt (Meurthe-et-Moselle) et Vic-sur-Seille (Moselle), au poste-frontière, une ligne bien rangée de gendarmes soldats allemands - et d'habitants endimanchés - posent barrant le chemin à des « romanichels serbes » qui posent avec leurs ours, après leur expulsion par les gendarmes français. Le montreur d'ours pyrénéen contre la loi de séparation des Églises et de l'État a été plus populaire...
La carte est utilisée côté allemand à « Vic (Seille) » le vingt-cinq mars 1916. L'oblitération sur timbre allemand m'étonne car elle conserve le nom français de la commune, allemande depuis l'annexion de l'Alsace-Lorraine, régions qui appraît beaucoup dans le premier tiers de l'exposition Frontières.
La carte de droite est encore plus révoltante. Les gendarmes posent avec les riverains lors d'une expulsion de « Bohêmiens », enfants bien placés dont le bébé voit sa joue pincer affectueusement par l'officier...
Barthélémy Toguo ( exposition temporaire Frontière, Musée de l'histoire de l'immigration, Paris).
Coincés entre les postes-frontières est le message que je retiens de nombreux documents et œuvres d'art de cette exposition. L'artiste camerounais Barthélémy Toguo résume cette situation humaine en 2010 : des sculptures en bois représentent des êtres humains tandis que le dessous est gravé comme des tampons douaniers, dont un porte un prénom.
Envie de jouer le douanier comme sur ces cartes postales : testez ce jeu vidéo.
Philatélie fiscale : un visa temporaire de réfugié célèbre (France) en haut et un passeport soviétique de1935 en bas (collection Musée de l'histoire de l'immigration, Paris).
À entrer ainsi dans les vies individuelles, l'exposition temporaire, comme l'exposition permanente, oblige le visiteur à se souvenir que les migrants sont des êtres humains au-delà des timbres fiscaux, visas et passeports présentés.
Si la collection de photographies de « voitures-cathédrales » des travailleurs immigrés retournant en vacances au Maghreb avec des achats pour toute la famille étendue provoquera à coup sûr des blagues racistes - et peut-être un gentil rappel à la sécurité routière, le retour sur terre a lieu peu après avec la carte temporaire de séjour de janvier 1962 avec timbre fiscal de cinq francs - photographie retirée - au nom du réfugié soviétique :
Conférence de presse aux Champs-Élysées six jours après sa demande d'asile à la France (SIPA / initialement Paris-Jour).
« Saleté de réfugiés, refoulons-les », « S'ils restaient pour combattre, ils sauveraient leur pays », etc., etc. Entre un président fils d'exilé hongrois et un premier ministre né espagnol d'un couple espagnol et italien...
Document de voyage visé à l'ambassade britannique de Paris en 1949.
Bref, ce musée est une œuvre de salut public pour éclairer bien des débats avec le recul de l'histoire, tout en œillades à destination des philatélistes postaux autant que fiscaux. Quelques dernières pièces que vous pouvez découvrir dans leur contexte individuel au musée de la porte Dorée.
Visa portant trois timbres fiscaux consulaires britanniques à l'effigie du Roi George VI pour seize shillings, déjà une belle dépense en septembre 1949, oblitérés à l'ambassade du Royaume-Uni à Paris.
Timbre fiscal belge sur un coin d'une affiche de cinéma de l'exposition temporaire Frontières (Musée de l'histoire de l'immigration, Paris, 2016).
Une partie de l'exposition temporaire est également consacrée au travail des douaniers, notamment leur matériel au fil des décennies - ce qui me rappelle l'exposition sur les douanes britanniques (Seized - Saisi) au Musée maritime du Merseyside de Liverpool : un grand musée qui rassemble de nombreux aspects du voyage maritime depuis le Titanic à la traite atlantique, en passant par la marine marchande, les peintures marines et l'exploitation humaine de nos jours.
Aspect culturel de ce métier avec l'affiche du film franco-italien La loi c'est la loi de Christian-Jacque avec les comédiens Fernandel et Totò, de 1958 - en pleine genèse du Marché commun européen.
Dans le coin inférieur droit, le philatéliste remarque un timbre fiscal belge oblitéré le vingt-cinq mai 1961... Une taxe sur l'affichage public ?
Facture italienne pour un accordéon commandé en France (Collection Musée de l'histoire de l'immigration, Paris).
Dans la collection générale, une galerie rappelle tout ce que les immigrés ont apporté à la culture française depuis Offenbach... Un immigré célèbre encore.
Une facture y est présentée pour la commande d'un accordéon (ou un harmonica, mes souvenirs musicaux sont vagues comparés à la philatélie) avec dans le coin un timbre fiscal italien d'une lire oblitéré le huit mars 1932, et donc conservé par la famille pour finir au musée. La fenêtre d'exposition évoquant la vie des immigrés arrivant en France avec quelques talents musicaux.
Un samedi matin enrichissant culturellement, politiquement et... philatéliquement.
Notes de l'après-midi :
Il suffit d'un tour en ville après avoir écrit pour enrichir un article déjà rassasiant.
Ainsi, actuellement dans les salles, l'histoire d'un jeune médecin zaïrois, seul volontaire pour s'installer avec sa famille à Marly-Gomont, dans l'Aisne, dans les années soixante-dix. D'après la jeunesse de l'humoriste Kamini qu'il avait évoquée dans un rap.
Bande-annonce de Bienvenue à Marly-Gomont (youTube).
Années soixante-dix oblige, le bureau des PTT et le courrier jouent de petits rôles secondaires dans l'intrigue.
À la librairie, dans ce thème, on peut toujours encourager à lire les essais de Gaston Kelman, né Camerounais, mais qui n'aime pas le manioc, comme le rappelle le titre d'un ouvrage de 2003 où il démonte les idées reçues sur les personnes noires. Pour les plus jeunes, Niourk, le roman de Stefan Wul ou sa récente adaptation en bande dessinée par Olivier Vatine.
Une fois n'est absolument pas coutume, j'ai parlé d'art contemporain avec Barthélémy Toguo. Une exposition de l'artiste a lieu à Montpellier depuis hier ! D'hier mercredi vingt-deux juin au six novembre prochain, Toguo a créé une exposition inédite sur le thème du Déluge, au Carré Sainte-Anne, au cœur du centre historique (et gratuite).