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samedi 11 février 2023

Échanger ses anciennes Mariannes en 2023

 Petit étonnement en lisant dans le numéro de février 2023 de L'Écho de la timbrologie que sa rédaction n'avait pas reçu à temps pour le bouclage l'enveloppe que La Poste envoie à ceux qui souhaitent échanger les timbres Marianne au tarif prioritaire, service qui n'existe plus en France depuis le premier janvier 2023.

En effet, ma demande - traitée en double, vous allez voir pourquoi - a été honorée rapidement à partir du site https://www.laposte.fr/echange-timbres-rouges .

Une jolie et explicite icône tirée du fascicule expliquant l'opération d'échange des timbres rouge au type Marianne.

INSISTONS BIEN!!!

Toute la procédure d'échanges - sauf évidemment l'envoi des timbres et entiers et la réception des produits de La Poste - se fait à travers le site sus-mentionnés. Tout !

En bureau de poste, vous ne trouverez que l'enveloppe de retour, mais si vous ne passez pas par le site pour vous inscrire et échanger les codes nécessaires, vous perdrez tous les timbres et entiers postaux envoyés. C'est marqué ci-dessous :

La procédure telle qu'expliquée sur le site : RESPECTEZ CHAQUE ÉTAPE !!!

Le dimanche premier janvier est le jour de l'abolition des services prioritaires (dit Marianne rouge par les journalistes qui n'arrivent pas à engranger de la culture générale sur beaucoup de sujets... soupir) et écopli (Marianne grise). Le lundi deux janvier, premier jour ouvrable, le site dont l'adresse est tardivement toute fin de la dernière semaine de décembre 2022 est encore fermé : je l'ai découvert grâce au forum francophone du site d'échanges entre collectionneurs Le Marché du timbre, dont un membre reprenait celle de La Poste captée par l'association Philapostel.

Le formulaire d'entrée des informations sur le site d'échanges de La Poste (capture d'écran).

Le mardi trois janvier, le site fonctionne. J'entre les informations nécessaires à l'échange : identité, adresse postale classiquement. Mais aussi une adresse mail et un numéro de téléphone portable : l'échange sera sécurisé par un échange de codes imprimés dans le document à venir et dans un sms entre le client et La Poste pour certifier ce qui est renvoyé, quand La Poste recevra, ce que La Poste acceptera d'échanger.

Hélas ! Une fois cliqué « Envoyer », la page d'erreur du site s'affiche. Snif.

Le mercredi quatre janvier, rebelote et là, le site confirme la réception de mes informations.

Le courrier avec l'enveloppe de retour et le fascicule expliquant la procédure, posté en écopli le cinq janvier 2023.

Le samedi sept janvier, arrivent deux courriers affranchis par une machine de l'entreprise Sogec Gestion au tarif écopli de quatre-vingt-quinze centimes. Oui, l'écopli existe encore pour les entreprises. Ce sous-traitant propose à plusieurs grandes entreprises françaises de gérer ce genre d'envois, de retours, par exemple, les demandes de résiliation et de remboursement d'opérateur téléphonique.

L'une est datée du cinq janvier, l'autre du six, les courriers ont été expédiés le lendemain de chacune de mes demandes - celle du mardi ayant finalement été traitée par le site.

Le fascicule explicatif reçu avec le courrier.

À l'intérieur, sur une page A4 recto, le mode d'emploi résumé de la procédure :

- en identifiant le QR code imprimé sur l'enveloppe de retour ou en inscrivant le code alpha-numérique qui est imprimé dessous,...

Capture de l'écran du formulaire d'échange : code de l'enveloppe de retour, nombre de produits envoyés, quels produits demandés.

- un formulaire du site demandera le nombre et le type des produits échangés : timbres prioritaires ou entiers postaux,...

- confirmation par un code envoyé par sms de La Poste,

- et là, on peut mettre ces produits dans l'enveloppe et la poster.

Ratez des étapes et tout sera perdu.


Et, maintenant, l'entier postal réponse :

... vu de dos : rappel des règles.

Vraiment, si vous envoyez vos Mariannes et Prêt-à-poster à l'incinérateur, c'est que vous ne savez pas lire les consignes !

Le recto de l'enveloppe T de retour : en bas à gauche, l'emplacement des codes graphiques et alpha-numériques uniques à votre demande.

Sur le recto, de gauche à droite en haut, deux grandes barres obliques rouge, la mention PERF 100 grammes à validité permanente à côté du « T » de la lettre-réponse au coût du destinataire. « Performance » apparaît comme un indicateur de service de nombreuses solutions proposées aux entreprises par La Poste.

En bas à gauche, un code datamatrix carré et un code alpha-numérique correspondant identifient l'envoi précis et c'est celui qui doit être renseigné sur le site au moment de l'envoi des produits que l'on souhaite échanger.

Enfin, un code-barre de lettre suivie pour rassurer l'expéditeur.

Le barème des échanges proposés par La Poste. Note : les timbres Lettre prioritaire des carnets de correspondance sont inclus dans l'offre.

Le barème est l'avantage numéraire des clients, a calculé L'Écho de la timbrologie, mais pas en nombre d'envois possibles pour la solution du milieu de l'image ci-dessus.

En résumé, La Poste propose d'échanger les timbres et entiers prioritaires contre :

- soit l'équivalent lettre verte avec suivi,

- soit deux timbres prioritaires contre le nouveau Lettre service plus (suivi, assurance, objet fin).

Avec l'espoir de convertir les usagers à ces services ?


Dans le détail des conditions générales d'échange sur le site dédié.

Et en cas de désaccord entre La Poste et l'échangeur sur le contenu de l'enveloppe ?

D'accord, vous l'avez lu dans tout cet article : pas d'échange de codes et de formulaires en ligne, VOUS N'AUREZ RIEN. Et arrêtez de râler contre La Poste : d'abord, il y a des lieux pour ça autre que les commentaires de mon blog, et puis, pour qui avez-vous voter aux élections nationales ces dernières décennies, hein ?!

Pour les autres, les conditions générales sont sur les pages de formulaire sous forme d'un fichier pdf à lire : le formulaire de demande d'enveloppe retour et celui de déclaration de ce que vous envoyer.

Là, la procédure est détaillé à l'article cinq : « Des contrôles seront effectués par des agents assermentés de La Poste » qui vérifieront nombre de produits reçus face à ceux déclarés envoyés, et leur authenticité.

L'adresse mail fournie au début de la procédure servira de moyen de communication en cas de désaccord afin d'informer l'échangeur de ce qu'il va finalement recevoir... et, en cas de produits fraudulenx, l'expéditeur et les Douanes seront informés.


L'article six signale comment déposer une réclamation : quatre moyens sont proposés, du bureau de poste au centre d'aide téléphonique en passant par internet. Et, en appel, le service du Médiateur de la consommation du Groupe La Poste.


Espérons que La Poste et les Douanes publieront un bilan de cette opération. Cela permettra de faire un point sur la falsification des timbres d'usage courant, jugé par des philatélistes et marchands britanniques comme une plaie Outre-Manche renforcée là-bas par l'absence fréquente d'oblitérations sur les plis.

Voire le manque de mémoire des machines de tri et de formation des postiers à identifier les timbres datant d'avant 2009 et les standards actuels de sécurité des timbres au type Machin : les destinataires reçoivent des taxes à payer sur des plus légalement affranchis d'anciens timbres !!!

mercredi 8 février 2023

Le type Jennings à l'effigie de Charles III présenté par Royal Mail

 Ce mercredi huit février 2023, cinq mois après la disparition de la Reine Elisabeth II, la Royal Mail a présenté les quatre nouveaux timbres britanniques d'usage courant à émettre le quatre avril prochain.

L'annonce de Royal Mail qu'une grande nouvelle arrivait... Quel suspense !

Par souci d'économie, les timbres au type Machin à code datamatrix seront utilisés jusqu'au dernier... Les valeurs complémentaires seront donc émises à l'automne.

Souci d'économie graphique également :

Le timbre au profil du Roi Charles III au type Jennings.

Un profil du Roi Charles III, la valeur d'usage, le code datamatrix, les éléments de sécurité et c'est tout !

Le profil royal sur une pièce de cinquante pence à gauche, et une pièce de collection à droite.

Et, ce profil est celui créé par Martin Jennings pour les pièces de monnaie frappées par Royal Mint, éclairé d'une manière adapté à l'impression de timbres-poste.

Proposition réalisée par HalfpennyYellow, participant de StampBoards.com.

Comme d'autres, j'aurais préféré la reprise de l'effigie bancaire mis en forme par un participant du forum Stampboards.com. Un peu de variété et d'humanité après l'éternité du type Machin.

Royal Mail semble avoir proposé aux médias une vidéo de l'impression des carnets que propose Vaccari News sur sa page Facebook.

Une feuille véritable sous la loupe du Postal Museum de Londres.

Sur son blog Norvic Philatelic Blog de ce jour, Ian Billings propose une analyse du code datamatrix d'un des timbres réels montrés dans les médias à partir de la photographie ci-dessus du Musée postal à Londres.

Postal Museum qui ouvre une exposition The King's Stamps à partir de ce jour jusqu'au trois septembre 2023 comprenant une feuille complète de ce timbre. Sont ainsi présentés plusieurs esquisses, travaux, projets de timbres des sept monarques philatéliques britanniques.

Un des panneaux de l'exposition The King's Stamps (via The Guardian).

L'article du Guardian, reprenant l'essentiel du communiqué de presse de Royal Mail, est illustré d'un élément de cette exposition avec le passage des photographies et bas-relief du Roi George VI et d'Elisabeth II, derrière un grand format du timbre de Charles III.

La suite : l'émission du quatre avril, pré-commande sur la boutique web de Royal Mail à partir du trois mars.

lundi 2 janvier 2023

Philatélie et réflexion sur la monarchie dans The Crown

 La série télévisée The Crown, proposée par le service Netflix, se proposait initialement de romancer le règne d'Elizabeth II à raison d'une saison par décennie environ, avec changement des acteurs toutes les deux saisons afin de montrer le temps qui passe.

Cependant, du côté des magazines à sensations, c'est le traitement de la relation entre le prince Charles et Lady Diana qui concentre leur attention depuis la deuxième moitié de la quatrième saison. Cet automne et la cinquième saison a relancé le débat sur réalité ou fiction... et, déjà, des scènes tournées de la sixième traumatisent les réseaux sociaux sans attendre qu'en salle de montage ait lieu une autre partie du travail de création audiovisuelle...

Pour cause de reconstitution historique, l'équipe de décorateurs a recréé de nombreux objets portant les portraits des personnes réelles pour les remplacer celles des acteurs : unes de journaux, apparition télévisuelle,... et courrier avec timbres-poste.

Cet article vise à montrer comment la philatélie est utilisée dans The Crown, ainsi que quelques réflexions personnelles sur le règne achevé d'Elizabeth II et celui débutant de Charles III.

Par commodité, les personnes réelles seront ici nommés avec leur titre tandis que les personnages de la série porteront seulement leur prénom.


Le timbre pour rendre réaliste la fiction.

L'actrice Olivia Colman étudiant le projet d'un nouveau timbre-poste à son effigie (à droite) dans le premier épisode de la troisième saison.

La première apparition de timbres-poste est immanquable : dans la première scène de la troisième saison, Elizabeth étudie deux grands formats de timbres-poste. À gauche, celui au portait de sa jeunesse incarnée par l'actrice Claire Foy ; à droite, celui de la femme aux enfants quasiment adultes... "an old bat", dit-elle sous les traits d'Olivia Colman. Littéralement, « d'une vielle folle ».

La scène permet d'introduire le nouveau casting des troisième et quatrième saison, en faisant le relais avec celui des deux premières.

Un type Machin aux traits d'Olivia Colman, montré dans une émission télévisée britannique (The Graham Norton Show du réveillon du Nouvel An, extrait promotionnel posté le 29 décembre 2022 via YouTube).

Et ses timbres peuvent resservir : de nombreux bureaux sont montrés dans la série. Souvent ceux des secrétaires personnels d'Elizabeth, vieux gardiens des traditions pour protéger la bien jeune souveraine les premières années, puis sas de tri entre elle et le reste du monde ensuite.

C'est ainsi qu'il a bien fallu créer des enveloppes aux bonnes adresses et avec timbres britanniques...

Pour le réveillon du trente-et-un décembre 2022, Olivia Colman a été invité à l'émission de la BBC One, The Graham Norton Show, et elle est venu avec un cadeau secret : une de ces enveloppes et l'anecdote de comment elle a pu la conserver. Une accessoiriste la lui a remise avec pour consigne de ne rien en dire à personne.


Le loisir des rois, le roi des couards ?

Il faut attendre la cinquième saison diffusée à partir de novembre 2022 pour que les timbres-poste reviennent, d'abord en invité étrange...

George au perroquet commentant les couleurs des timbres de son courrier en 1917 au début du sixième épisode de la cinquième saison.

En introduction du sixième épisode, l'intrigue démarre dans le Londres de la Grande Guerre. George V et son épouse déjeunent, le premier observant les timbres sur son courrier, commentant la nuance inattendue d'un d'entre eux, perroquet sur l'épaule.

Ça casse l'image du patron de « la Firme », du nom que le Roi George V a donné à la Famille royale...

Arrive rapidement une dépêche du Premier Ministre que George montre immédiatement à son épouse Mary. Flashforward à décembre 1991 et la dislocation de l'Union soviétique suivie à la télévision par Elizabeth. L'épisode va se consacrer à montrer comment elle va participer à faire que Boris Eltsine accepte l'effort de retrouver, identifier et enterrer dignement Nicolas II et sa famille tuée dans Maison Ipatiev.

Un épisode qui semble accuser la Famille royale de George le couard à Elizabeth l'ignorante, en passant par Mary sans cœur... et qui se conclut par une pique finale.

Les archives gouvernementales ont confirmé le souci de survie des Windsor en 1917 et qu'à ce moment-là, aider la famille impériale russe aurait été un moment difficile face à une opinion publique ayant subi quatre années de guerre...


Les timbres, thermomètre de l'avenir de la monarchie ?

Mais, les timbres jouent un rôle plus essentiel dans les dernières scènes du dernier épisode de la cinquième saison, en participant à l'avancée de principaux des fils rouges d'une série, particulièrement celles des couples.

Au terme de cette saison, j'ai vraiment l'impression que cette série est moins l'histoire du règne de la Reine Elizabeth II que celles des couples qui l'ont vécu. Et en premier lieu, celui entre Elizabeth et Philip.

Même si, comme avec l'épisode Ipatiev House, la survie de la monarchie britannique est un fil rouge récurrent.

Charles échappe à un rappel de ses problèmes de couple en montrant qu'il se préoccupe de l'avenir de la monarchie, dans le dernier épisode de la cinquième saison.

C'est ainsi que je lis la scène entre Elizabeth en colère et Charles entre deux femmes.

Le premier juillet 1997, Charles Prince de Galles est envoyé à bord du yacht royal Britannia pour la cérémonie de rétrocession de Hong Kong à la République populaire de Chine, sous un déluge de pluie.

Hélas pour sa mère Elizabeth, dans la série en tout cas, il profite de la croisière retour avec des amis, notamment sa maîtresse Camilla, enfonçant encore le désarroi d'Elizabeth qui ne cesse d'espérer pour le couple princier.

Charles est ainsi convoqué pour une raison liée à la partie suivante, mais il échappe au courroux maternel par une répartie sur l'avenir de la monarchie (voir images ci-dessus). Il a pu voir à Hong Kong comment en quelques jours la monarchie britannique, les nom et monogramme de sa mère avaient disparu des institutions, des boîtes aux lettres,... son portrait des timbres-poste !

Deux instants du début du règne du Roi Charles III montrent peut-être cette différence d'avec sa mère, tellement neutre et peut-être trop âgée alors pour participer au débat politique. 

Si The Crown était allé jusqu'en 2022, la série aurait-elle montré comment le nouveau roi a reçu l'éphémère Premier Ministre Liz Truss, gênée par le protocole, s'entendant dire : "Back again? Dear, oh dear"... Humour maladroit ou opinion personnelle sur le programme économique à venir ?

Et, son premier discours de Noël - un monument annuel pour la télévision familiale britannique et le seul discours royal qui ne reçoit pas l'aval du gouvernement : entre réflexion chrétienne et appel à la solidarité, des remerciements à tous les agents publics britanniques (maltraités par des décennies de gouvernements inspirés de Thatcher et Blair...) et des images d'actions caritatives dans le monde entier (en reflet de Brexit, Calais, envoyer des réfugiés demandant l'asile au Rwanda ?).


La personne Elizabeth.

Au côté du poids de la Couronne qui donne son titre à la série, le fil rouge principal reste la relation entre Elizabeth et son mari Philip au fil des saisons et des aléas familiaux ou politiques.

Cette cinquième saison frappe le couple durement - pas de divulgâchage - dès le premier épisode où il faudrait une action politique pour la seule fois où Elizabeth demande au gouvernement quelque chose pour elle-même... et qui explique son mécontentement envers Charles dans le dernier épisode.

Si le curieux et ingénieux Philip trouve dans une nouvelle activité un dérivatif à l'inéluctable, Elizabeth dans sa zone de confort a du mal...

Elizabeth, incarnée par l'actrice Imelda Staunton, se console en observant son passé à travers les timbres-poste de son règne dans une des dernières scènes de la cinquième saison.

Mais, il faut bien faire le deuil du passé. À ce moment de la série, elle n'est plus la jeune reine de toutes les promesses de l'après-Seconde Guerre mondiale ; elle est, aux yeux des tabloids, la belle-mère de Diana... et la mère d'un prince héritier impatient.

Avant-dernière scène de ce dernier épisode, Elizabeth se réfugie dans les albums de la Collection philatélique royale et retrouve ce passé à la fois royal et matrimonial à travers les timbres émis par les territoires britanniques, les pays nouvellement indépendants, à l'occasion des visites...

Puis, dans une dernière scène émouvante, elle va tirer un trait sur l'incarnation de ce passé.

Trop tard pour se rendre compte qu'elle aurait pu être une autre reine, en famille comme face aux gouvernements ?

dimanche 13 mars 2022

Type Machin du Canada à la biscuiterie

 Le sept février 2022, Postes Canada a émis un timbre pour le jubilé de platine de la Reine Elisabeth II, avec une encre brillante - ce que le scan ci-dessous ne permet pas de distinguer.

Une des formes canadiennes de vente : le quart de feuille qui permet d'avoir les crédits de l'émission.

La poste canadienne a repris le profil sculpté par Arnold Machin, qui apparaît sur les timbres d'usage courant britannique depuis 1967 et comme camé sur timbres commémoratifs de plusieurs pays où la reine est chef d'État.

Quelques collectionneurs ont critiqué le bric-à-brac typographique de ce timbre ; je trouve qu'ils n'ont pas tort. Néanmoins, il y a peut-être eu le souci d'éviter une trop grande ressemblance avec les timbres britanniques.

Le timbre est disponible en carnet de dix exemplaires autocollants et en feuillet de seize gommés (disponible en bloc de quatre - un coin au choix), ainsi qu'un souvenir premier jour. Voir la boutique web de Postes Canada.

Le Prince de Galles rencontrant les jeunes auteurs des timbres de l'émission Héros de la pandémie, le vendredi onze mars 2022 (fil Twitter du Prince de Galles et de la Duchesse de Cornouailles).

Plus goûtus, des biscuits au chocolat au type Machin ont circulé lors d'une cérémonie rassemblant le Prince de Galles et les jeunes auteurs dont les propositions de timbres ont été sélectionnés par Royal Mail pour l'émission Héros de la pandémie. Chaque timbre honore une personnalité ou une profession qui a aidé le peuple britannique à tenir pendant la période des confinements et des restrictions liés au coronavirus covid-19 (et qui n'est pas fini malgré l'optimisme des gouvernements en mal de popularité).

Biscuits au chocolat au type Machin (fil Twitter du Prince de Galles et de la Duchesse de Cornouailles, le onze mars 2022).

Ces biscuits rappellent, il y a dix ans, la boîte de McVitie's pour le jubilé précédent.

Les huit timbres au tarif intérieur de première classe seront émis le vingt-trois mars prochain.

dimanche 6 février 2022

Révolution philatélique de platine chez Royal Mail

 Ce six février, il y a soixante-dix ans, le Roi George VI mourait et sa fille Elisabeth prenait sa relève sur le trône et sous la couronne du Royaume-Uni - charge symbolique et de plus en plus débattue dans ce pays, mais qu'elle poursuit encore à quatre-vingt-quinze ans. Elle signe d'ailleurs son message d'anniversaire de platine d'un « Your Servant » qui devrait inspirer nombre de présidents, premiers ministres, et élus de par le monde...

Outre une émission commémorative du Jubilé et une flamme d'oblitération à message, c'est cette semaine-ci que Royal Mail, l'entreprise privée qui a la charge du service universel du courrier, pour révolutionner les timbres d'usage courant du Royaume-Uni ! Et susciter de grandes discussions entre philatélistes sur ces conséquences.

Le nouveau type Machin avec code datamatrix dans la vidéo virale de Royal Mail, reprenant tous les timbres d'usage courant depuis le Penny Black (via Twitter, le premier février 2022).

Mardi premier février 2022, Royal Mail a lancé une opération de communication tous azimuts dans les médias et sur les réseaux sociaux.

Pour le collectionneur de nouveautés, quatre timbres à validité d'usage sont émis le premier février, les valeurs complémentaires en avril. Les quatre timbres de première et deuxième classe, format standard ou grande enveloppe ("Large"), changent de couleur : pour le jubilé de la Reine, le première classe devient Plum Purple (source : le blog de Norvic Philatelics).

Cette campagne a laissé deux impressions, selon la philatélisation du public.

Le monde philatélique : Il faut arrêter de prendre les collectionneurs pour des moutons !
La Royal Mail : Hold my beer, please.
(site web de Royal Mail, premier février 2022).

Les médias généralistes et le grand public semblent avoir été invités à retenir qu'en scannant le QR-code des nouveaux timbres, on peut visionner un sketch de Shaun le mouton... qui aura son émission philatélique au cours de l'année.


Les collectionneurs et philatélistes ont surtout retenu le boom de la démonétisation à venir, et de ses multiples conséquences : dernier jour d'usage, courrier taxé,... perte de valeur des collections ?

Les timbres de Noël de 2021 ont été émis avec et sans code datamatrix (via la boutique de Royal Mail sur WopaPlus).

Le code datamatrix ou QR-code est une expérimentation de Royal Mail sur les timbres Machin de seconde classe bleu depuis mars 2021, reprise sur les timbres de Noël de 2021, y compris les premières classes.

Chaque code datamatrix est différent d'un timbre à l'autre, permettant à Royal Mail de faire la promesse de nouveaux services pour les usagers, sans préciser lesquels : courrier suivi par exemple ?

Cependant, l'extension à tous les timbres permanents (Machin, peut-être les emblèmes des quatre Nations ?) et semi-permanents (Noël) élargit le programme : le trente-et-un janvier 2023 sera le dernier jour d'usage possible des timbres sans code-barres. À partir du premier février 2023, seuls les timbres d'usage courant avec code ou les timbres commémoratifs (dits spéciaux par Royal Mail) auront droit de citer.

Un communiqué pour des mois de commentaires dans les revues philatéliques, puis parmi le grand public à partir du premier février 2023 avec l'arrivée de courrier taxé (site de Royal Mail, premier février 2022).

Une démonétisation donc, avec annoncé un programme d'échange qui ouvrira le trente-et-un mars 2022.

Dans les premiers fils Twitter de philatélistes mardi dernier, et en commentaires des premiers articles (tels Norvic Philatelics, Commonwealth Stamps Opinion, etc.), les inquiétudes habituelles face à ce genre de procédés, en particulier la perte de valeur monétaire d'une collection. Actuellement, un Machinmaniaque (un timbre par type, des coins datés, des carnets complets, etc.) est sûr que sa collection vaut au mieux la valeur faciale... Le premier février 2023, cette collection vaudra ceux qu'un autre collectionneur voudra bien en payer, comme de nombreux marchés d'objets de collection spécialisée.


Plus stratégique, le webmestre du blog 2nd Class Stamp analyse la manœuvre au regard des problèmes récents de la Royal Mail, à la fois technique et économique.

Technique, d'abord : ça fait longtemps que les centres de tri de Royal Mail ont du mal à oblitérer tout le courrier, même de format standard (sans parler de la mocheté des impressions jet d'encre...). Coups de stylo ou de feutre par les employés n'y font rien, tellement de timbres ne sont pas oblitérés qu'il y a un véritable marché de la revente de timbres non oblitérés au Royaume-Uni !

Technique et économique : entre la Reine qui a refusé une nouvelle effigie (relire A Timeless Classic de Douglas Muir) et malgré l'ajout de sécurités (encre brillante en fond, emporte-pièce,...), le type Machin subit un nombre important de falsification et donc de vente délictueuse... que la machine de tri de Royal Mail ne parvient pas toujours à repérer.

Enfin, financièrement, la Royal Mail, comme toutes les postes du monde, a en dette l'ensemble des timbres vendus mais non encore utilisés pour le service postal. Certes, la majorité restera rangée sagement dans les albums des collectionneurs ou oubliés dans un tiroir, néanmoins, une partie de ces timbres anciens tend à revenir sur le courrier avec la super-inflation des tarifs postaux du vingt-et-unième siècle.

Or, la Royal Mail est une entreprise complètement privée depuis 2015 (les bureaux restent publics sous l'entreprise Post Office Ltd.) : déjà que la filière courrier se porte mal, la dette des timbres en circulation ne doit pas réjouir les actionnaires en quête de dividendes à tout prix. Démonétiser tous les timbres d'usage courant décimaux du règne en cours (1971-2021), sans attendre le règne suivant, signale le blogueur, devrait alléger le passif philatélique de Royal Mail.

D'abord parce que les gros stockeurs (marchands, collectionneurs déçus) devront repartir avec de nouveaux timbres et seront encouragés à s'en servir de suite pour rentabiliser.

Ensuite, pour revenir aux aspects techniques, le marché du timbre d'usage courant va se clarifier d'un coup :

- pas oblitéré ? Pas grave : le code datamatrix est unique à chaque timbre... Royal Mail compterait-elle investir dans l'équipement informatique pour garder tous les codes utilisés sur le courrier ? Si oui, les taxes vont tomber sur les courriers à timbres réutilisés.

- faux timbres d'avant le datamatrix ? Une filière dont les délinquants maladroits risquent de se faire prendre en ramenant leurs faux à Royal Mail... et à laquelle les fournisseurs vont devoir renoncer. Jusqu'à casser le code ? Il y a là le risque de voir des doublons dans les bases de Royal Mail, ce qui simplifiera le repérage des faux et leur zone de diffusion...

Que Royal Mail investisse beaucoup ou pas dans la base de données de ses codes, peu importe : la démonétisation des timbres non codés va déjà permettre de faire un grand ménage financier et délinquant. Peut-être de la menue monnaie, mais pour un secteur de moins en moins profitable.


L'avenir dira si Royal Mail fera de ces codes datamatrix : des services aux expéditeurs et destinataires ?De la publicité ciblée scannée au smartphone ? Tout est possible au pays du capitalisme débridé.


Compléments du dimanche trois avril 2022 :

Le trente-et-un mars 2022, Ian Billings de Norvic Philatelic détaille le dévoilement, le jour-même, par Royal Mail des conditions de l'échange des timbres à démonétiser d'ici début 2023 avec les nouveaux timbres Machin à code datamatrix.

Finalement, les timbres de Noël ne seront pas démonétisés, mais les timbres des quatre pays britanniques le seront. Pour les carnets de prestige, seules les pages comprenant des timbres d'usage courant seront échangeables à valeur faciale. Quelques zones grises restent sur quelques Machins semi-commémoratifs.

mardi 2 novembre 2021

Dans le monde de la libéralisation postale : où est l'espoir ?

 Depuis les années 1970-1980, le libéralisme anti-Étatique fondé sur libéralisation et déréglementation des services essentiels (eau, énergie, communication, etc.) pour les rendre rentables aux yeux d'actionnaires privés est à la mode... et résumable en un principe simple : « Privatiser les gains, nationaliser les pertes » qu'elles soient économiques ou sociales.

Car l'actualité apporte régulièrement les conséquences parfois positive, souvent critiquable de cette voie dans les secteurs des postes et transport de colis, peuplés d'entreprises-mères et de filiales publiques et privées aux comportements qui m'interrogent et m'inquiètent de plus en plus.


Côté philatélie - commençons par le plus futile mais le diable ne se cache-t-il pas dans les détails ?

L'auteur du blog Israel Stamps Review (@Stamps_Israel sur Twitter) se proposait, ces dernières années, de présenter les nouvelles émissions de timbres israéliens et d'en critiquer l'art. Ce dimanche trente octobre 2021, il annonce cesser de collectionner ces nouveautés.

Comme beaucoup de postes qui se pensent modernes, donc ultra-profitables, la poste de ce pays a considéré la philatélie comme une coûteuse vache à lait. Les lecteurs français se souviennent sûrement de la période pré-Livchitz de Φlaposte : forte incitation à s'abonner ou commander uniquement par correspondance, disponibilité décrue des timbres commémoratifs dans les bureaux.

Imaginez cela en pire : pas de calendrier annuel ou semestriel des émissions, qui sont annoncées du matin pour le jour même, timbres non disponibles dans les bureaux... Et, étonnement, pas même au bureau principal de Jérusalem. Rappelons que l'extrême est britannique où la Royal Mail privée émet les timbres vendus dans les bureaux d'une entreprise publique qui doit être rentable, le Post Office...[1] Bon courage pour trouver des timbres illustrés de feuille.

Des conclusions me viennent. D'abord, que ceux qui ne jurent que par la valeur-rareté en philatélie lâcheront φl@πoste... dans le sens du verbe « lâcher » qui leur plaira >:)

Soit abandonner la collection des nouveaux timbres de France pour se jeter sur ce genre de pays et en collectionner les premiers jours d'utilisation commerciale. En effet, comment un collectionneur peut-il confectionner des premiers jours à ses correspondants, des cartes-maximums pour son plaisir dans de telles conditions ? Grande rareté annoncée.

Soit feront du tri dans leurs achats français, les réaliseront avec un plaisir renouvelé et multiplieront les correspondances écrites bellement affranchies en se disant que l'actuel directeur du service philatélique a réussi à remettre les timbres dans une partie des bureaux dans le contexte, que je comprend ultralibéral, du groupe.


Ces élans de rentabilité sur philatélie, plutôt contre-productifs, alors que plusieurs parties du vaste monde montrent que la philatélie est loin d'être morte : depuis les postes des continents du Sud qui promeuvent services postaux et timbres-poste grâce au fait que la population a davantage accès aux réseaux sociaux qu'elles alimentent abondamment (le Guatemala n'est qu'un exemple) qu'aux publicités possibles dans la presse imprimée et à la télévision.

Jusqu'aux collectionneurs chinois et de la Péninsule arabique qui organisent rencontres et salons jusque dans les centres commerciaux des émirats, au plus près du public donc, suivis par les postes régionales et les médias. Et au-delà les Américains de Mi Oficina toujours à proposer leurs vastes connaissances et collections sur YouTube.

À Sharjah, la semaine dernière, outre donc aux passants des commerces alentours, une exposition a fait connaître le loisirs auprès du public émirati à la télévision, et la poste d'Oman a profité d'une collection médaillée pour interviewer un collectionneur spécialisé dans ce pays.

Certes, la France dans la communication philatélique n'est pas un désert. Mais plusieurs postes et services philatéliques européens gagneraient à trouver inspirations au loin. Dernièrement, j'ai découvert qu'en Irlande et au Japon, quelques postiers tiennent au nom de leur bureau local un compte sur les réseaux sociaux pour s'inclure dans la vie du bourg ou du quartier, tel celui de Newbridge rappelant son histoire et son évolution (colis...), à une quarantaine de kilomètres de Dublin.


Par contre, en France, profitons du courrier qu'on peut encore envoyer et recevoir car je jurerais que des cadres postaux le considèrent comme une activité détestable, comprendre non rentable et pour laquelle il faut embaucher soi-même.

Certes, il y a eu, cet été, des articles annonçant la subvention complémentaire de l'État pour assurer le service universel sur tout le territoire national : et oui, quand on libéralise un service public, ce n'est plus vous le client, c'est l'État. Voyez du côté du chemin de fer quand la Société nationale des chemins de fer a fait comprendre à l'État que plus de trains interégionaux ou de nuit supposaient plus de subventions du client qui les demande...

La semaine dernières, des postiers syndiqués du centre de distribution de Montpellier-Rondelet ont alerté la presse locale de la dégradation à venir du service courrier pour les destinataires. Encore une fois hélas.

Alertes publiées dans Métropolitain le vingt-huit et Midi libre le trente-et-un octobre dernier : le logiciel de calcul de la durée des tournées de facteurs fait encore des siennes : à la prochaine réorganisation des tournées, il considèrera le facteur prêt à partir trente minutes après le début du tri...[3] qui prend au moins une heure et plus ! Un recommandé ne doit pas prendre plus de dix secondes à être délivré au lieu d'une minute trente depuis 2019... N'attendez plus chez vous la livraison d'un recommandé !

L'intelligence artificielle étant une technologie en construction et très coûteuse, j'imagine d'où proviennent les idées saugrenues qui anime le logiciel de tournées... Sachant qu'à ma connaissance, La Poste n'a pas répondu à ces articles à ce jour.

Yaka, faux con, m'accusera-t-on d'être. Peut-être. Il est vrai qu'un destinataire peut ouvrir un compte sur le site ou l'application de La Poste et, dès qu'il a connaissance du code de suivi, rediriger le colis ou le recommandé vers un bureau ou un point-relais à sa convenance. C'est une conséquence pratique de la libéralisation : au client de se prendre en main et, de là, sauver un peu la forme du facteur qu'on presse.

Mais, je me demande : pourquoi les facteurs-courrier, dont le président de La Poste prétend, dans les émissions de radio, être fier de les voir si nombreux six jours sur sept sur toutes les routes de France, n'ont-ils pas la charge d'une partie des colis, parmi les moins volumineux ? À faire la promotion avec la complicité d'élus locaux de véhicules aux formes de gadgets autonomes ou légers électriques pour la ville (ici en 2021, mais Montpellier est un petit laboratoire : rappel 1 et 2) , pourquoi ne pas s'en servir et revoir le périmètre de partage entre facteurs-courrier et facteurs-colis dans les zones urbaines ?

Au lieu de cela, tous les six mois, à chaque réorganisation des tournées, la presse locale évoque les mouvements de grève et d'angoisse des postiers dans les bureaux de distribution sans que les journalistes - aussi pressurés par leurs actionnaires - n'osent d'enquêtes nationales. Et les postiers titulaires espèrent partir avec indemnités et les contractuels espèrent des contrats de titulaires... Ça ressemble aux primes de départ volontaire chez Amaz... Oups.


Excusez-moi, enquête nationale il y a eu, ça a fait mal : Noël 2015 et Envoyé spécial...

Et puis non, rien, pas de suite. Les consommateurs-électeurs occidentaux s'en foutent : tant que le colis part et arrive, peu importe l'entreprise qui a la charge du transport et la souffrance de ses employés au milieu.

Aux États-Unis, le dernier été de la présidence Trump, en 2020, il aura fallu que la direction de la poste états-unienne retira des boîtes aux lettres des rues des centres-villes, des lotissements et des hameaux pour que le public réalisa ce que l'administration républicaine entendait par rendre rentable la poste. Choc chez les ruraux, pour lesquels mêmes les courses du quotidien sont sous-traitées par les grands groupes à l'United States Postal Service, entreprise odieusement publique, mais la seule acceptant de livrer à perte dans ces lieux à l'écart.

À Paris, Gurvan Kristanadjaja, journaliste de Libération connu pour ses enquêtes sur les travailleurs sans-papiers, a suivi le vingt-cinq octobre une manifestation de livreurs de supermarchés.

Nouvelle publiée par le journaliste Gurvan Kristanadjaja sur Twitter, le vingt-cinq octobre 2021.

Une chaîne de supermarchés vous promet la livraison de vos courses, activité qui est sous-traitée quatre fois, nous apprend-t-il.

Je comprend pour la première : le supermarché - lieu de stock et d'encaissement - préfère déléguer à une entreprise spécialiste de la livraison sur demande et, en effet, comment prévoir chaque jour le nombre de clients demandeurs, le volume des livraisons, leur géographie, avec des produits périssables et des horaires à caler.

Mais, pourquoi sous-traiter des livraison à domicile au « service de livraison de colis en relais et consignes n°1 en France de @DPDgroup_news, le réseau international du @GroupeLaPoste » ? Soyons ouvert d'esprit à la division parisienne du travail : si le premier sous-traitant a les compétences de gestion, ce second aura alors les véhicules et les livreurs...

Même pas ! Ce réseau, filiale du Groupe La Poste, sous-traite aux petites entreprises qui ont les numéros de téléphone de livreurs auto-entrepreneurs (ou micro-entrepreneurs dans le vocabulaire officiel actuel)... Un statut sarkozien de 2008 qui fait porter beaucoup de risques et de coûts à des travailleurs individuels, voire très isolés des syndicats et en position de faiblesse, notamment ici l'absence de visa ou la peur de ne pas voir leur visa renouvelé faute de revenus réguliers.

Je vais continuer à traîner mes courses à pied. Ce n'est pas une solution globale, je sais.[2]


Néanmoins, dans ce système libéral supposé de « liberté du choix », il faut considérer que la faute en incombe aussi aux clients expéditeurs et destinataires qui, en effet, ne se posent pas assez de questions sur les coulisses du marché proposé et du fonctionnement de l'économie actuelle, depuis la livraison de courrier-colis-repas du soir par des travailleurs angoissés jusqu'à la production alimentaire de ce qu'ils ingèrent ou du dernier gadget à batterie intégrée non remplaçable qu'il faudra bien remplacer un jour.

Outre le report systématique des achats et commandes à des commerces proches, et sans livraison exploitant des auto-entrepreneurs mal considérés (mon Dieu, l'abattement des livreurs sous-traitants qui doivent absolument déposer le colis avant quatorze heures quand un de mes voisins est absent pour être payé sans pénalité. Quelle pitié...), j'essaie de suivre des gens sérieux ou thématiquement liés à mes goûts sur les réseaux sociaux, mais ils peuvent de temps à autre reprendre des choses étranges et qui révèlent qu'être rentable avec du courrier de nos jours est une activité très difficile.

Telle cette étudiante qui annonce publiquement, ce week-end, que ses grands-parents se sont vivement inquiétés d'un possible accident dans la grande ville... Et oui, ils étaient sans réponse à un courrier qu'ils lui avaient envoyé depuis plus d'une semaine. Justification : nous avons une génération montante qui vérifient très rarement sa boîte aux lettres physique...

Ce qui permet d'en revenir au premier exemple israélien : quand la poste rentable ne propose plus de timbres ou de temps d'accueil aux clients dans ses bureaux, comment les enseignants pour les enfants et les formateurs pour les étrangers, apprenant les us et coutumes, peuvent-ils être accompagnés et découvrir le courrier et les services postaux ?

Je suis tombé dans la philatélie quand l'administration postale envoyait encore des facteurs dans les écoles primaires raconter l'histoire d'une lettre, avec, en cadeau, un timbre pour envoyer une lettre à ses parents, une petites pochettes de timbres oblitérés et un livret d'épargne avec dix francs offerts. Aujourd'hui, ce genre de choses doit faire siffler les oreilles des comptables de groupes postaux dans le monde occidental.

Ou alors, je suis déjà un dinosaure et certaines fictions d'anticipation, véritable apocalypse sociale, sont devenus une réalité. « Travaille ! Consomme ! Non, sois efficace : consomme à crédit en travaillant à bas prix ! »


Et, covid-19 aidant, tout cela alors que la transmission de courrier et de colis est un service reconnu comme universel, qui doit accessible à tous, expéditeurs comme destinataires, car essentiels pour le bonheur réel. Et c'est dans un quotidien britannique, pays victime du thatchérisme et de l'austérité de l'État, que cela est formulé.

Le premier novembre, Angelique Chrisafis, depuis Paris, a fait le point, pour les lecteurs britanniques du Guardian, sur la proposition de parlementaires français d'imposer des frais de port minimum à tous les libraires, sous-entendu aux géants comme Amazon qui les limitent à un centime.

Après explication du prix unique du livre en France pour rémunérer convenablement chaque métier de l'écriture, de l'édition et de la distribution, la journaliste explique comment les trois fermetures générales des commerces à cause de la pandémie du covid-19 a permis de constater la soif de lire des citoyens et le regain du consommer local d'une part, mais aussi du rôle essentiel du réseau postal à cette fin.

Lors du second confinement de l'automne 2020, la subvention publique accordée aux librairies pour les frais de port auprès de La Poste a permis à ces dernières de rester rentables malgré l'absence d'économies d'échelles. D'où à présent l'idée pour éviter de subventionner les petits de « taxer » les grands afin de protéger la diversité des entreprises, des auteurs et des thématiques mis en avant dans les librairies.

Un peu de justice économique dans ce monde de brutalité sociale.


Notes du jeudi quatre novembre 2021 :

1 : Et, la réalité continue au Royaume-Uni. Alors que les stylos et feutres oblitèrent déjà beaucoup de courrier et colis timbrés autant dans les bureaux de Post Office que dans les centres de tri de Royal Mail, les employés des bureaux de poste ont reçu une consigne autorisant l'oblitération au stylo, rapporte Norvic Philatelics.

Depuis mars 2021, des Machin de deuxième classe sont en vente : d'un grand format complété d'un code data matrix différent à chaque timbre - bientôt la lettre suivie ? Or, le système britannique semble nécessiter que ce code ne soit pas gêné par des traces d'encre (?!!).

Donc, une consigne a été passé aux bureaux : oblitérer à date sur la figure de la Reine mais pas sur le code-barre. Mais, en cas d'apposition de plusieurs de ces timbres sur une enveloppe large ou un colis, seul un timbre doit être oblitéré, les autres pourront être annulés au stylo !

2 : Merci à l'impatience klaxonnante face aux livreurs qui stationnent légèrement sur la chaussée au pied de l'immeuble ce matin : outre les dangers de la route auxquels font face les livreurs (dont on ne sait donc plus si ce sont des salariés titulaires, d'un sous-traitant ou des auto-entrepreneurs eux-mêmes sous-traitants), les livreurs des grands groupes privés de livraison sont très souvent au volant de véhicules de location.

La sous-traitance, un vaste sujet.


Note du dimanche neuf janvier 2022 :

3 : La suite sur la réorganisation de fin 2021 dans un article de ce dimanche, après un reportage de TF1 et deux de France Culture sur la vie quotidienne des facteurs.


mercredi 4 décembre 2019

Pas de code postal à Hong Kong

En recherchant quelques informations pour l'article d'hier, mardi trois décembre 2019, j'ai découvert cet intéressant article d'Emily Tsang et reportage vidéo sur le fonctionnement de la poste de Hong Kong, publiés par le journal South China Morning Post, le vingt-neuf septembre 2018.
Allégorie du Hong-Kongais face à la demande du code postal de son domicile : l'effigie Machin de l'ère britannique écrivant sur une feuille à cinq pétales de Bauhinia blakeana de l'ère chinoise (dessin de Kuen pour le South China Morning Post).
Le point de départ du parcours : la Région administrative spéciale chinoise fait partie du petit groupe de pays dont l'opérateur postal n'a pas institué de code postal pour trier le courrier. Pour les fans de quiz, on trouve la voisine Macao, et apparemment les Bahamas, la Jamaïque, Panama et le Sierra Leone.

La vidéo complète l'argumentaire donné par Hong Kong Post. Les facteurs font face à un territoire de taille restreinte, donc ils peuvent en connaître les recoins. Apparemment, ce sont surtout les machines de tri qui sont capables de lire efficacement les adresses en alphabet latin ou idéogrammes chinois ; le postier achevant de trier sa tournée, rue par rue ou pâté de maison, qu'en effet, il peut maîtriser.

Ailleurs, le code postal fut-il un pis-aller pour aider les premiers systèmes automatiques de reconnaissance de caractères ? L'informatique d'aujourd'hui peut-elle s'en passer ? Ou est-ce également un moyen commode de mémorisation et repérage pour les humains ?

L'expérience irlandaise semble indiquer cette dernière possibilité : ayant chèrement adopté un code postal depuis 2015, l'Éire dispose désormais d'un système plus commode de localisation pour les entreprises, les consommateurs et les services de secours. Au-delà du système postal donc.

Quant à la surprise de voir reprendre l'une des effigies d'usage courant de l'époque britannique dans un article contemporain... La Britannique effigie est surprise de la demande chinoise d'un code postal : la République populaire a créé deux codes postaux pour Hong Kong et Macao, mais ils ne servent que pour le courrier extérieur à destination des deux régions.

Localement, on continuera à s'en passer.

mardi 13 février 2018

La mode règle britannique de l'oblitération au stylo

Si les collectionneurs d'oblitérations bien rondes ou commémoratives françaises se heurtent à la double oblitération dans des centres de tri stressés avec le soutien d'une Direction industrielle bornée (voir Bravo La Poste du blogueur du London Cover Circuit), ceux des oblitérations britanniques se heurtent au réflexe du stylo-bille et du marqueur chez les employés de Royal Mail.
Une carte Postcrossing affranchie pour un collectionneur : Thank you, the Flying Rat! No thanks, Mr. Postman :(
Ainsi, mi-janvier arrive une carte postale du Pays de Galles avec un timbre de distributeur Post & Go commémoratif du cinquantenaire du type Machin de l'année dernière. Chouette !

Oblitéré d'un V au stylo ?!

Victory churchillien ? Sod off postier ?!! Pas assez d'encre luminescente pour la machine à trier ?? Plus d'achat d'encre pour pouvoir reverser des dividendes aux actionnaires de l'opérateur totalement privatisé ???

Puisque le courrier des lecteurs de Stamp Magazine ne suffit pas - et en France la question est-elle encore posée au Congrès de la Fédération des associations ? -, les marchands philatéliques et leurs clients en sont à se plaindre publiquement sur les réseaux sociaux à chaque commande bellement affranchie peinturlurée au centre de tri.

Même les recommandés déposés dans un Post Office en sont victimes.

Alors ?

Colère logique des collectionneurs. Directions postales et philatéliques se renvoyant leur impuissante indifférence et vice-versa. Non-collectionneurs philosophant que ces plis sont signes de l'état de l'histoire postale du vingt-et-unième siècle débutant...

... Au moins, les doubles oblitérés français indiquent la date de prise en charge par La Poste.

lundi 1 janvier 2018

"Send a raven" : du matériel promotionnel à collectionner et coter ?

Trop d'émissions, pas les bonnes thématiques, trop grosses faciales, trop de carnets, pas assez de timbres gommés...

Non ! Ne partez pas : cet article n'est pas un bilan annuel râleur du programme φl@télique de France... ou d'Inde (deux cents dix-huit commémoratifs en 2017)... ou de n'importe quel service φl@télique d'ailleurs.

Cet article a pour sujet le matériel de promotion philatélique qui reprend les timbres pour faire la promotion d'une prochaine émission ou d'un salon, tels les jolis affiches de la Société des marchands philatéliques (PTS) pour promouvoir ses deux salons Stampex de Londres, en septembre et en février.
L'affiche-annonce du prochain Stampex de février 2018 à Londres (fil Twitter de la Philatelic Trader's Society).
Et à retrouver en petit format jetés dans les magazines philatéliques britanniques. Les amateurs de l'effigie de la Reine par Arnold Machin apprécieront les jeux de lumière de l'annonce du Stampex de mi-février prochain.

Du côté de Royal Mail, il a fallu toutes les bonnes relations entre collectionneurs et leurs buralistes postaux pour découvrir le secret des secrets : dans les derniers jours de décembre, le sujet de la première émission britannique du mardi vingt-trois janvier 2018 reste un secret sous embargo.

Donc, inutile de torturer le marchand-blogueur Ian Billings qui a interdiction contractuelle de divulguer ce qu'il a vu, commander, reçu et commencé à préparer pour sa clientèle.

Sauf que beaucoup ont pu apprendre le secret sans être lié à la poste privatisée britannique : en discutant avec des postiers, qui n'ont pas vu le mal de montrer le matériel promotionnel tant que les timbres ne sont pas vendus avant la grosse date imprimée sur le carton.

À votre choix désormais :

Vous aimez lire et le White Knight du blog Commonwealth Stamp Opinion vous propose deux articles sur l'émission britannique du vingt-trois janvier : un daté du dernier jour de 2017 pour révéler les premiers timbres, un daté du premier jour de 2018 pour s'interroger si la Royal Mail va sauver la collection de timbres à elle seule.

Ou alors, la collectionnite est la plus forte en vous : vous devez posséder le « précieux » avant tous les autres. Des vendeurs proposent donc pour quelques livres sur eBay les affiches cartonnées à montrer dans les bureaux de poste. Une idée de nouvelle « fin de catalogue » pour Yvert et Tellier ?

Mots-clés pour les enchères : Game of Thrones Royal Mail stamp 2018

Sinon, envoyez un corbeau - ou, plus téméraire, aller à la rencontre d'une corneille à trois yeux - à la boutique web de la Royal Mail dans trois semaines.

Merci à la chaîne HBO et aux paysages d'Irlande du Nord de servir d'excuses après les rockeurs britanniques, l'universitaire Tolkien et sa descendance néo-zélandaise, la science-fiction indigène (Doctor Who) et même disneyienne (Star Wars).

Complément du mercredi trois janvier 2018 :
La patience du marchand sous embargo a des limites : ventes de matériel promotionnel sur eBay, annonce de la série télévisée concernée par des sites web d'actualité anglophones... : il publie des images en meilleures définitions... beaucoup d'images, beaucoup de produits philatéliques.

Avant qu'aujourd'hui - fin officielle de l'embargo ? - The Guardian et, sûrement d'autres journaux britanniques, se lancent dans la publicité tous azimuts en grand format.

Embargo : le nouveau mot du prochain Dictionnaire philatélique de l'Académie ?

dimanche 10 septembre 2017

Initiation à repérer les faux dans Gibbons Stamp Monthly

Dans le numéro daté septembre 2017, le mensuel britannique Gibbons Stamp Monthly propose deux articles complets sur les falsifications philatéliques, en plus des remarques ponctuelles dans les articles spécialisés.

Dickon Pollard du marchand Murray Payne rappelle l'ancienneté des fraudes concernant les timbres du règne du Roi George VI et leur extension géographique à tout l'Empire. Un texte entre conseils de prudence (méfiance face au bas prix, fuite devant le vendeur refusant une expertise, vérification des marques postales de Madame Joseph,...) et anecdotes effarantes sur les pratiques d'une minorité de marchands et de vendeurs.

Plus près de notre époque, Edward Klempka présente quelques-uns des nombreux et multiples faux du type Machin avec ses actuels éléments de sécurité... et propose des raisons pour lesquelles ils finissent sur du courrier qui parvient aux destinataires : la dilution du système de vente des timbres-poste et les manquements de Royal Mail sur les oblitérations notamment.

Heureusement, pour les falsifications les plus ressemblantes, il semble rester une preuve ultime : Klempka n'a trouvé aucun timbre faux dont les barres phosphorescentes brillent encore après arrêt de l'exposition à une lumière ultra-violette.

Et le lendemain, lundi onze, avec la fin de la lecture...

Le numéro remonte même à un des pionniers de la philatélie scientifique ou analytique et de la description des faux : Michael Peach raconte l'histoire de la dynastie des Pemberton.

Le patriarche, Edward Loines Pemberton (1844-1878), s'illustra ainsi dès l'âge de dix-sept ans comme un philatéliste accompli et un marchand de timbres de Birmingham. En 1863, Thornton Lewes et lui rédigèrent des articles compilés dans l'ouvrage Forged Stamps: How to Detect Them, alors un des premiers sur ce thème.

Son rôle précurseur lui vaut d'être considéré comme un des « Pères de la philatélie » sur les piliers encadrant la première page du Roll of Distinguished Philatelists en 1921.

La lutte contre les faux, une vieille histoire.

Sur BBC One, le jeudi vingt-et-un septembre 2017 :
L'émission d'avertissement des consommateurs contre la contre-façon Fake Britain a diffusé un reportage (quatrième épisode de sa huitième saison) sur l'ampleur colossale de la vente de faux timbres d'usage courant au Royaume-Uni. Y est notamment interrogé Hugh Jefferies, le rédacteur en chef du catalogue Stanley Gibbons, qui effectue la démonstration de Edward Klempka avec une lampe à ultra-violet.

Petit problème, la qualité générale de réalisation rend cette démonstration difficile à effectuer par le consommateur chez un buraliste ou une épicerie, même s'il ne souhaite pas aider les délinquants que ce trafic enrichit.