Affichage des articles dont le libellé est Canada. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Canada. Afficher tous les articles

samedi 17 janvier 2026

Du Canada à Taiwan, courrier posté le 29 décembre

 Début janvier 2026, j'ai reçu trois courriers de deux personnes, postés par coïncidence le même jour : le lundi vingt-neuf décembre 2025.

Deux timbres au postier dessiné-mignon et masqué de douze nouveaux dollars oblitérés à Taipei, le vingt-neuf décembre 2025.

D'abord, un ami parti visiter Taiwan, territoire principal de la République de Chine. La grande carte postale (très hors format) représente le tracé d'une route qui traverse une région encore marquée par la population hakka et sa culture à Taiwan.

Le texte en chinois évoque le fait que ce groupe ethnique a migré et mis en culture la région taiwanaise tout en ayant des relations avec la population indigène, apparemment à partir du dix-septième siècle.

Ayant migré entre le sixième et le treizième siècle de la grande plaine centrale chinoise vers les périphéries du sud, déjà peuplées par les Hans, les Hakkas ont maintenu des pratiques à la fois différentes et mêlées de celles de la majorité han et des autres peuples montagnards qu'ils voisinaient.

Cependant, les Hakkas ont été victimes de discrimination, violences et préjugés dans plusieurs régions de Chine continentale du dix-neuvième siècle aux années 1920. Visiblement, à Taiwan de nos jours, les « corridors hakka », comme écrit sur la carte, promeuvent le tourisme et la découverte de cette culture.

Le timbre de la Poste de Chine est à douze nouveaux dollars taiwanais (TWD) avec la mention de pays la plus historique et diplomatique : Republic of China (Taiwan). Réfugié en 1949 sur l'île, le gouvernement de la République de Chine revendique toujours être celui de toute la Chine face au Parti communiste... tout en évitant la confusion entre les deux Chine.

Les tarifs postaux sur le site de Chungwha Post semblent indiquer une forme d'intégration postale de Taiwan avec le reste de la Chine. Les tarifs courrier vers "Mainland China" sont séparés de ceux du courrier international, même s'il y a plusieurs zones selon l'éloignement de la province de destination.

En 2007, la tension générationnelle entre les tenants du refuge et celui des Taiwanais indépendantistes à l'égard de Pékin avait abouti à la parenthèse de la mention "Taiwan"... que la réaction furieuse de Pékin avait refroidi assez rapidement.

Par contre, la carte postale paraît affranchie au double du tarif carte postale vers l'Europe, selon les tarifs du huit mars 2021 sur le site web. Dix-sept dollars seraient la lettre de moins de dix grammes ; trente-et-un jusqu'à vingt grammes...

L'outil de calcul de l'affranchissement indique douze dollars... et je ne trouve pas de consigne sur des dimensions standardisées. Mon correspondant a-t-il joué la prudence selon où il a acheté les timbres - un commerçant non postal peu au fait des zones de tarifs internationaux ? Par exemple, les tarifs Asie-Océanie ne s'appliquent pas aux îles au-delà du 180° méridien Ouest : ainsi, pour Tahiti et la Polynésie française, ce sont les tarifs Europe, Afrique, Amérique du Sud et centrale qui s'appliquent (les plus chers).

Première lettre du Canada vers la France très oblitérées le vingt-neuf décembre 2025 dans l'Alberta.

De l'autre côté de l'océan Pacifique, et ayant donc suivi la courbure opposée de la Terre, deux enveloppes contenant des achats canadiens ont été également postées le lundi vingt-neuf décembre 2025.

La première arrivée porte quatre timbres de 2024 au paysage maritime avec le phare de Point Prim, dans la province de l'Île-du-Prince-Édouard (1,15 dollar canadien) et deux plus anciens timbres aux appareils des débuts de l'aviation.

Un affranchissement de 5,25 dollars, soit quatre cents de plus que le tarif actuel sur le site de Postes Canada de 5,21 CAD pour une lettre standardisée (en l'occurrence vingt par quinze centimètres) entre trente et cinquante grammes.

Le marchand de timbres prend-t-il à cœur son service jusqu'à l'oblitération manuelle en bureau de poste.

Si oui, j'ai l'impression que le postier a pris trop à cœur cette demande : six coups d'un large tampon pour six timbres... ou alors c'est l'employé du commerce où se trouve le relais postal de ce quartier d'Edmonton qui s'est défoulé. L'enveloppe n'a pas échappé à l'oblitération à pointillés jet d'encre du centre de tri.

Deuxième lettre du Canada vers la France, avec ces deux étranges traits, même bureau, même date.

Le temps de passer du jeudi au lundi, la deuxième commande canadienne arrive du même bureau d'Edmonton, dans l'Alberta.

5,32 dollars, même tarif donc, avec deux timbres de 2025 au paysage automnal avec méandre de la rivière Restigouche au Nouveau-Brunswick, issu de la quatrième émission de la série Terre de nos aïeux.

Ce timbre correspond à deux tarifs : la lettre surdimensionnée intérieure jusqu'à cent grammes et la lettre standardisée de trente à cinquante grammes pour les États-Unis.

Pas de double oblitération au centre de tri... Deux timbres de forte valeur faciale déjà oblitérée au relais postal ont-ils convaincu la machine de tri automatisée ? La légère épaisseur due à la présence de pièces de monnaie, masquée par le papier cartonnée de protection, a-t-il déviée l'enveloppe du parcours avant la machine oblitératrice ?

Pour les deux traits, quasi-parallèles, et dont un semble suivre la courbe du timbre à date... Que des hypothèses : Sont-ce deux coups de crayon gras suivis d'un coup d'oblitérateur pour la date ? Lassitude de l'employé du relais postal face au client professionnel ? Vérification zélée d'un postier-contrôleur au centre de tri à cause de l'épaisseur ?


En attendant, je remercie mon ami de prendre le temps de trouver cartes postales et timbres dans les pays qu'il visite, et ce vendeur professionnel de prendre soin de ses clients par ces timbres-poste.

samedi 3 janvier 2026

De la fin profitable mais à l'avenir inquiétant des "one cent" aux États-Unis

 Suite à quelques recherches, la date de la révélation des pièces de monnaie des deux cent cinquante ans de l'indépendance des États-Unis fait partie de grandes journées numismatiques pour l'United States Mint et les collectionneurs (riches) : la veille, mardi onze décembre 2025, la Monnaie confiait l'ensemble des derniers pennies à l'effigie d'Abraham Lincoln à la maison d'enchères californienne Stack’s Bowers Galleries.

Cependant, à côté de ces festivités profitables, des pénuries de pièces et l'absence de gestion de l'avenir monétaire rendent difficiles le quotidien des commerçants.

Couverture du catalogue de la vente des derniers cents Lincoln marqués de la lettre grecque omega, publié par Stack's Bowers Galleries (via la bibliothèque de leurs catalogues).

Le douze novembre précédent, dans ses ateliers de Philadelphie et de Denver (marque D), l'U.S. Mint a appliqué la décision du Secrétaire au Trésor de ne plus commander de pièces de one cent de circulation, en raison du coût des métaux et de la fabrication, du manque de réutilisation des pièces par les habitants qui les récupèrent principalement en retour de monnaie.

Les pièces au millésime 2025 seront donc les dernières de circulation ; à partir de 2026, seules des médailles de collection seront frappées pour les collectionneurs.

Les dernières frappes étaient prévues pour être mises aux enchères le mois suivant en deux cent trente-deux trios : deux en zinc plaqué de cuivre - une pour chaque atelier, accompagné d'une pièce de six grammes en or 24 carats.

Ces pièces portent la marque Ω : la lettre grecque de l'expression biblique qu'utilise Dieu pour se décrire comme « l'alpha et l'oméga », la Création et sa Fin.

Le dernier lot, 232, comprenait les coins annulés de ces frappes oméga (catalogue de la vente).


Indiquée dans le catalogue, la qualité de chaque pièce a été évaluée (grade, qui, avec la mise sous capsule hermétique, est une habitude états-unienne), les collectionneurs connaissaient donc dans quels lots étaient les meilleurs frappes et les moins bonnes. L'ordre du lot dans les frappes et la vente est indiqué sur la légende accompagnant l'emballage de chaque pièce.

Le site d'information numismatique CoinWeek a ainsi pu résumer les résultats de la vente d'après ces évaluations.

Le lot n°1 a eu un effet bonifié par qualité des premières frappes validées par les employés de l'U.S. Mint et le numéro d'ordre : adjugé deux cent mille dollars.

Selon CoinWeek, le moins lot (n°64) est parti à seulement quarante-huit mille dollars. La majorité des lots se situe entre cinquante et quatre-vingt-sept mille.

Le haut du panier des évaluations, huit lots, ont dépassé les cent mille juqu'à cent soixante mille dollars pour le lot 69, suivi du 231 à cent cinquante.

Trois lots seulement comprenaient des pièces évaluées à MS-67, frappées à Denver. C'est pour cela que le lot 157 a atteint cent trente mille dollars, en troisième position avant le dernier lot.

Le lot final a atteint huit cent mille dollars, comprenant les six coins ayant servi à ces frappes, mutilés d'une croix pour ne plus resservir.


Au final, la vente au nom de l'U.S. Mint atteint 16,76 millions de dollars pour une valeur de deux cent dix mille dollars d'or contenu dans les pièces les plus précieuses. Joli profit pour l'United States Mint et pour la maison d'enchères.


Parmi les réactions du public connaisseur, sur le site de CoinWeek, de nombreuses déceptions. Un rappelle que ce ne sont pas les derniers cents puisque des exemplaires de collection seront encore frappés pour les sets annuels à venir.

D'autres regrettent ce choix de viser les collectionneurs les plus riches avec cette rareté tout en faisant la promotion de la fin d'une histoire populaire de la monnaie états-unienne, créée en 1793. Intéressante la question d'un intervenant : à ce prix-là, les pièces en zinc saucé de cuivre auraient pu être en cuivre.


Côté grand public, je ne peux que constater, avec nombre de numismates, de curieux, de contribuables précautionneux et la journaliste Caity Weaver, que le président Trump et son ancien meilleur conseiller Elon ont eu raison de contraindre le Secrétariat au Trésor de trouver une solution légale pour suspendre la fort coûteuse frappe de pennies inutiles : trois fois leur valeur faciale en coût, des milliards de ces pièces dans la nature, des citoyens qui ne les utilisent pas alors que les commerces doivent leur rendre la monnaie eu cent près.

Ainsi, dans un long article pour The Atlantic du seize novembre 2025, Caity Weaver a fort raison de dire que les pièces d'un cent sont des détritus sans aucune valeur autre que de nuisance, faute d'avoir su interpréter la section 5111 et 5112, titre 31 du Code des lois des États-Unis d'Amérique, qui semble pouvoir autoriser les quantités de pièces que le Secrétaire au Trésor peut commander.

Sauf que, depuis l'annonce de la non commande de cette valeur, la réalité légale se rappelle à beaucoup : dans la plupart des cinquante États, le District de Columbia et les Territoires (Porto-Rico, Guam,...), voire dans les règlements urbains, les commerces sont toujours dans l'obligation de rendre la monnaie au cent près en cas de paiement en espèces... mais, désormais, la Réserve fédérale ne distribue que les stocks restants de pièces d'un cent qui atteignent déjà la pénurie régionale par endroits.

Weaver de constater qu'en fait, l'Administration Trump par son Secrétaire au Trésor n'a rien prévu en lien avec la fin des frappes de ces pièces !

L'article de la Wikipédia en anglais signale cet amateurisme en listant des articles de médias à partir de novembre, et des - enfin - premières réactions d'élus des chambres législatives fédérées mi-décembre. Des commerces arrondissent ou tronquent la somme à régler par les clients, mais juridiquement sans droit, et, le faisant sûrement à l'avantage du client, en perdant de l'argent (un cent fois combien de millions de transactions ?).

Weaver raconte comment le gouvernement fédéral canadien a stoppé la fabrique de pièce d'un cent en 2012, et lancer la lente procédure de leur disparition sans heurts pour les consommateurs : large communication, règle officielle d'arrondi en l'absence de ces pièces, droit de recyclage des métaux par la Monnaie royale canadienne, etc. En conséquence, au Canada, la récupération du cuivre et de l'acier a permis de compenser le coût du transport des pièces, de les reprendre à leur valeur monétaire d'un cent, et de limiter le désastre environnemental de leur dispersion comme déchets domestiques.

L'environnement... La journaliste, qui a vraiment travaillé son sujet, a découvert le problème dramatique du choix du zinc dans la pièce états-unienne : très peu de valeur en recyclage faute d'offre, hautement difficile à séparer du cuivre, mais au moins le zinc des pièces est bien moins toxique à récupérer que de produire du zinc depuis une mine.

En 2019, l'United States Government Accountability Office, agence indépendante de conseils et d'audit du Congrès fédéral, avait publié un rapport d'alerte, avec les banques témoignant, sur ces questions d'éducation du public, de gestion des conséquences de la fin de la frappe,... ni - je rajouterai - comment rendre populaire l'usage des pièces de monnaie dans une population accroc aux billets de banque et à la carte de paiement différé.


Même non frappé, les pennies vont rester un coûteux problème américain très longtemps.

lundi 12 mai 2025

Humour numismate canadien anti-trumpien

 Face à la relation que l'actuel président des États-Unis d'Amérique impose aux États et économies nationales du monde entier, et notamment à son voisin et principal partenaire commercial, le Canada, le caricaturiste Adam Zyglis a récemment proposé une leçon culturelle américano-canadienne pour le journal The Buffalo News, diffusé dans cette ville frontalière de l'ouest de l'État de New York.

Caricature d'avril 2025 d'Adam Zyglis sur « ce qui fait mal à l'économie de Buffalo », ville de publication de The Buffalo News (via le compte Instagram du dessinateur).

Il joue sur l'homophonie de "louni" en anglais.

En argot canadien, "the Loonie" est le surnom de la pièce de monnaie d'un dollar canadien depuis 1987, représentant un "looni", c'est-à-dire le plongeon huard que Robert-Ralph Carmichael a créé pour la Royal Canadian Mint.

La devise canadienne incarnant ce vil adversaire commercial, dont les pratiques ruinent les Américains qui croient aux paroles de Donald Trump (plus l'excuse de la circulation de médicaments addictifs utilisés comme drogue par de très nombreux de ses concitoyens).

Mais, comme la diffusion des cartoons du soft power états-unien nous l'a appris depuis les années 1930, "The Loonie" est aussi un synonyme de la personne folle, démente... comme les "Looney Tunes" dont les actions des membres font pâle figure avec Donald (le T., pas le Duck).

Finalement, le lapin vicieux et provocateur qui martyrise un canard noir colérique pour tourner en ridicule un cochon de chasseur... Rien de bien méchant.

Enfin, comparé à Donald en camisole, dont dépasse sa toujours très longue cravate rouge, et tenant fermement ses deux slogans au moment des élections législatives fédérales canadiennes : "Les taxes douanières, ça marche" (enfin, oui, si les concernés changent leur American Way of Life) et "Canada comme 51e État".

La page Instagram d'Adam Zyglis a permis de diffuser au-delà des zones frontalières et des numismates le surnom de la monnaie canadienne.

jeudi 8 mai 2025

Les Farmerettes de l'Ontario : la Victoire par la discrète insouciance

 Autre pays qui honore ses habitants pour l'effort de guerre et à la victoire contre le nazisme et l'impérialisme japonais entre 1939 et 1945, le Canada a rappelé le rôle des agriculteurs lors de Première Guerre mondiale et de jeunes femmes volontaires pendant la Seconde.

L'enveloppe premier jour éditée par Postes Canada pour le timbre Farmerettes de 2024.

En Ontario, à partir de 1941 et encore plusieurs années après-guerre, une organisation provinciale a encouragé les jeunes femmes de plus de seize ans a se porter volontaire dans les fermes de fruits et légumes du sud-ouest et de la région du Niagara, manquant de main d'œuvre masculine partie soutenir les autres membres du Commonwealth.

Les Farmerettes, souriantes en tenue sportive sous le soleil sur la photographie choisie pour le timbre émis le vingt-huit octobre 1914, sont une redécouverte régulière depuis les années 1990 pour les journaux et médias locaux de l'Ontario, grâce au souhait d'une ancienne Farmerette devenue journaliste, Shirleyan English.

En 1995, elle a écrit un article sur ses souvenirs de cette jeunesse insouciante, plus heureuse de sécher les évaluations du lycée que consciente des enjeux du conflit global, qui lui ramena trois cents courriers d'anciennes volontaires.

Désormais, ce ne sera plus une découverte puisque Shirlevan English a contacté Bonnie Sitter dans les années 2010. Cette dernière, écrivaine, rangeait les souvenirs de son défunt mari quand elle retrouva la photographie de jeunes femmes assises sur le marche-pied d'un véhicule, dans la ferme familiale, près de London et du lac Huron.

Sitter écrivit à un journal du secteur pour savoir qui étaient ces « Farmerettes 1946 » et c'est English qui lui répondit.

En 2019, elles ont publié Onion Skins and Peach Fuzz: Memories of Ontario Farmerettes (« Pelures d'oignons et velours d'abricot: Mémoires des Farmerettes de l'Ontario », images de la peau de ces jeunes femmes et des conséquences des coups de soleil).

La photographie de 1946 retrouvée par Bonnie Sitter (capture de We Lend A Hand, 2025) : photographies aussi anciennes... admissible en classe ouverte ?

En 2024, lorsque l'article de CBC News est publié le onze novembre 2023, une pièce de théâtre par Alison Lawrence était en préparation sur cette expérience pour être jouée à l'été 2024, ainsi qu'un documentaire présenté au Festival du film documentaire Junction North, en Ontario, début avril 2025 : We Lend a Hand (« Nous avons donné un coup de main »). Dans celui-ci, le réalisateur Colin Field a interroger vingt anciennes Farmerettes, désormais âgées de plus de quatre-vingt-dix ans.

Le livre semble pouvoir être commandé auprès de Bonnie Sitter par ici. Le documentaire est proposé en festival et, sur demande, des projections sont organisables en Ontario.

jeudi 1 mai 2025

80 ans de la Victoire par la bravoure britannique

 Ce jeudi premier mai 2025[1], Royal Mail, l'opérateur postal et philatélique historique mais privatisé britannique, émet une série de timbres-poste pour les quatre-vingts ans de la Victoire contre l'Allemagne nazie, signée à Berlin le huit mai 1945.

Les dix timbres principaux de l'émission (boutique web de Royal Mail).

Cette année, le thème est "Valour and Victory" : Bravoure voire Vaillance et Victoire.

Sont honorés onze Britanniques et sujets de l'Empire colonial britannique ayant participé par une diversité d'activités, pour certaines et certains au-delà du militaire offensif ou défensif, à la résilience britannique isolée après l'armistice entre la France du Président du Conseil Pétain avec l'Allemagne hitlérienne, et l'isolationnisme traditionnel des États-Unis sur ce qui pouvait se passer en Europe - voire l'admiration de certains racistes pour le fascisme et le nazisme.

Les dix timbres principaux sont vendus soit en deux rangées de cinq, soit par feuille de vingt-cinq ou cinquante (cinq ou dix fois la bande concernée), mais les marges de ces feuilles ne sont pas illustrées comme la française Philaposte a pris l'habitude ces dernières années.

Sont présentés en portrait photographique avec en arrière-plan le cadre de leurs activités :

- George Arthur Roberts (1891-1970), natif de Trinitad, volontaire et vétéran de la Première Guerre mondiale, pompier londonien pendant le Blitz.

- Mary Morris (1921-1997), native d'Irlande, infirmière militaire, elle soigna notamment les soldats de l'évacuation de Dunkerque, puis d'un des hôpitaux mobiles du débarquement en Normandie. Elle suit les troupes en Belgique et jusqu'à l'invasion de l'Allemagne.

- Tommy Macpherson (1920-2014), natif d'Écosse, capturé en Libye pendant une reconnaissance pour l'opération Flipper en 1941, il ne cesse les tentatives d'évasion en Italie, en Autriche et même d'un stalag en Pologne d'où il rejoint la Suède puis l'Écosse en 1943. En juin 1944, il est parachuté à Aurillac au sein d'un commando avec deux autres hommes pour guérilla et sabotage en soutien à la Résistance française et au débarquement en Normandie. Avec succès, puisque son autorité convint même les officiers généraux allemands du sud de la France de se rendre à lui à la fin de l'été 1944. Ses dernières opérations ont lieu en Italie du Nord.

Le timbre Violette Szabó avec en arrière-plan sa fausse carte d'identité française, timbre fiscal inclus (boutique web de Royal Mail).

- Violette Szabó (1921-1945), Anglaise née en France, elle travaille comme vendeur textile d'un grand magasin de Brixton, mais est une experte du tir de chasse grâce à son père. En 1940, elle épouse Étienne Szabó, soldat de la Légion étrangère française d'origine hongroise. Volontaire pour la défense intérieure, elle passe d'opératrice téléphonique à artilleuse côtière, avant d'être recruté par le SOE (la Direction des opérations spéciales britannique).

Sa seconde mission en France débute dans les jours suivants le débarquement en Normandie, parachutée à Sussac, près de Limoges, afin d'entraîner et coordonner les maquis locaux. Son officier découvre des résistants peu préparés et envoie Violette Szabó vers la Corrèze et la Dordogne, où les maquis sont plus solides.

Mais, elle est capturée après une fusillade contre des SS de la Division Das Reich, qui avait commencé sa remontée vers le front normand. Interrogé par la Sicherheitsdienst à Limoges, puis la prison parisienne de Fresnes, elle est transférée au camp de concentration de Ravensbrück, en août 1944, puis au camp de Torgau où elle et d'autres agentes perturbent le travail de l'usine d'armement. À Ravensbrück, le commandant du camp la condamne à mort et elle est exécutée le 5 février 1945.

Le timbre la représentant, jeune et vive, a en arrière-plan une de ses fausses cartes d'identité françaises, comprenant un timbre fiscal et des tampons administratifs.

La Collector's Sheet pré-personnalisée : à chaque héros un objet ou une scène de son action. Pour Violette Szabó, une radio (boutique web de Royal Mail). 

- John Harrison, marin sur le HMS Belfast.

- Bhanbhagta Gurung (1921-2008), sujet népalais de l'Empire des Indes. Il sert dans les Gurkahs dans la campagne de Birmanie contre l'armée impériale japonaise.

Il reçoit la prestigieuse Victoria Cross des mains du Roi George VI au palais de Buckingham, pour la prise d'une colline birmane en mars 1945, protégée par un sniper qu'il abat debout, quatre trous dans lesquels il jette des grenades en courant de l'un à l'autre, tuant leurs occupants, et un bunker dont il tue les soldats au couteau ou avec une pierre. Dans la foulée, il commande deux soldats pour tenir la position face à une contre-offensive ennemie.

Gurung quitte l'armée en janvier 1946 pour s'occuper de sa mère et de sa jeune famille, dont ses trois fils et un petits-fils furent des militaires de carrière.

- Thomas Peirson Frank (1881--1951), ingénieur civil, il est l'Ingénieur-en-chef du Conseil du comté de Londres (la collectivité locale londonienne d'alors) depuis 1931 quand les bombardements du Blitz touche la ville. Sa rapidité d'organisation permet d'assurer les réparations ou déblaiements pour la continuité de la vie économique de la capitale, notamment la remise en état des digues de la Tamise et éviter l'inondation des quartiers bas avec leurs installations industrielles, militaires, navales et portuaires.

- Mahinder Singh Pujji (1918-2010), Sikh natif de Simla, la capitale d'été de l'Empire britannique des Indes que sert son père au département de la Santé et de l'Éducation. Pilote d'avion depuis 1936, il se porte volontaire en 1940 auprès de l'Armée indienne de l'air pour servir la Royal Air Force en Europe.

Qualifié en juin 1941, il escorte des bombardiers au-dessus de la France, mène des patrouilles par temps brumeux, etc. principalement à bord de Hurricanes. En septembre, il rejoint le théâtre de la Méditerranée et du Proche-Orient.

En 1942 et 1943, il rejoint la Royal Indian Air Force  où il atteint le grade tactique de commandant d’escadron. En 1944, il participe à la campagne de Birmanie, notamment dans le repérage de trois cents soldats états-uniens perdus dans la jungle, proche des lignes ennemies. En 1945, il est envoyé à l'École de commandement (Command and Staff College) de Quetta.

Bien que mis en retraite en 1946 à cause des conséquences d'une tuberculose, il ne perd pas son sens de l'aventure avec la moto et le planeur. Il fut le pilote de baptême de vol en planneur de Nehru, Edwina Mountbatten, du président Eisenhower. Il émigre plus tard en Angleterre comme contrôleur aérien.

- William Tutte (1917-2002), mathématicien canadien, il est connu pour son rôle de cryptanalyste, « casseur de codes », de la machine allemande Lorenz, utilisé par l'état-major de la Wehrmacht allemande, au sein des équipes de Bletchley Park.

Il est reconnu pour ses apports en théorie des graphes (même si sa terminologie est refusée par ses pairs) et des matroïdes. [2]

- Lilian Bader née Bailey (1918-2015), née à Liverpool d'un père marin originaire de la Barbade et d'une mère liverpuldienne d'origine irlandaise, elle dut vivre dans un couvent jusqu'à 20 ans après la mort de son père et la discrimination envers une métis pour trouver un emploi.

Malgré son volontariat, les Institutes des forces armées (visant à organiser les loisirs des soldats et vétérans après la Grande Guerre) la renvoie car son père n'est pas né au Royaume-Uni (À quoi cela sert-il d'avoir un Empire ?). Par contre, en 1941, la Royal Air Force est moins regardante pour ses auxiliaires féminines ; elle est formée à la réparation des instruments d'avion. Elle sert jusqu'à sa grossesse en février 1944, mariée à un artilleur, Ramsay Bader en 1943.

Dans les années 1960, en suivant des cours du soir, elle passe les diplômes du secondaire et universitaire pour devenir enseignante.

Le feuillet de quatre timbres différents sur le soutien au moral des troupes par la chanteuse Vera Lynn, ici dans son tirage spécial Europhilex 2025 (boutique web de Royal Mail).

Ces parcours héroïques, communs à des milliers et des milliers de soldats et civils de la Seconde Guerre mondiale et des conflits liés (Japon en Chine, Allemagne et ses annexions, etc.) permettent de montrer la globalité de la guerre quelque soit l'origine sociale, culturelle, nationale des individus.

Cependant, les médias et les partis conservateurs et d'extrême-droite étant ce qu'ils sont, il faut un sujet grand public immédiatement connue pour attirer vers les timbres-poste les journaux et les émissions matinales.

Un bloc-feuillet de quatre timbres de photographies d'époque honore la chanteuse Vera Lynn (1917-2020), surnommée "Forces' Sweetheart", le cœur tendre des Forces (armées), pour ses chansons, ses concerts en Égypte, en Inde et en Birmanie, dans le cadre de l'Entertainments National Service Association des Forces armées britanniques.

Elle resta ouverte au soutien des vétérans, parmi d'autres causes caritatives, y compris par un de ses derniers singles : la reprise de la chanson "My Son, My Son", qu'elle avait chantée en 1954, cette fois pour marquer la fin de la guerre des Falklands.


La commande minimale du collectionneur peut être lourde au porte-monnaie, même s'il n'y a que des timbres du service intérieur première classe (1,70 GBP depuis le sept avril dernier).

Cela fait partie de la promesse de Royal Mail par un communiqué de fin février 2025 que les émissions spéciales ne comprendraient plus que des timbres de première et seconde classes intérieures, et plus de tarifs pour l'étranger, ni de valeur ronde (une ou deux livres sterling).

1,70 x 14... Même si cela permet d'honorer des parcours dans lesquels d'identifier en ces temps géopolitiquement difficiles.


Notes :

1 : Au Royaume-Uni, les jours fériés « laïcs » sont placés le lundi le plus proche par rapport à d'autres pays européens afin de créer, pour ce jour des travailleurs, un Early May bank holiday : un week-end de trois jours sans banque du samedi trois au lundi cinq mai.

2 : Pour les thématistes qui cherchaient des sujets intellectuellement stimulants.

Compléments du lundi cinq mai - férié au Royaume-Uni :

Visiblement qui sert aujourd'hui essentiellement aux célébrations avec le public de la Victoire et des vétérans de la Seconde Guerre mondiale. À Londres de midi à quatorze heures, la cérémonie d'ouverture (discours de Churchill et permission des cadets de l'armée demandée un vétéran à démarrer un défilé) a été suivie par la marche de militaires britanniques, ukrainiens et d'alliés sous pavillon de l'Organisation du Traité de l'Atlantique Nord.

Ensuite, la tribune royale s'est vidée pour laisser le Mall au public, le salut du Roi Charles III et sa famille au défilé aérien, avant une réception de vétérans au palais de Buckingham. 

Compléments du jeudi huit mai 2025 :

Ce jour de fête et souvenir en Europe, Gary Younge propose un billet d'opinion dans The Guardian sur la capacité de la société britannique - et par ses exemples, les sociétés dont les États ont conquis et exploité des empires coloniaux - a « honoré tous ceux qui se sont battus » ?

Partant des manifestations indépendantistes en Algérie française ayant fini en massacre par les forces de l'ordre, il rappelle que des colonies britanniques d'Afrique ont connu de tels mouvements pour obtenir après tout seulement ce que les Métropoles prétendraient s'être battues pour elles-mêmes : libertés, démocraties, respect de l'autre, etc. Quitte en Indochine et en Indonésie à profiter du vide de pouvoir en septembre 1945 à la capitulation du Japon.

Pour la société britannique, il s'agit des combattants et civils volontaires de l'Empire des Indes et des  futures Malaisie et Singapour, des colonies africaines, et celles des Caraïbes. Le choix de Lilian Bader pour un des timbres montre pourquoi : le racisme de la bonne société anglaise et de ses élites accueillait volontiers l'effort de guerre au risque de leur vie  des colonisés, pourvu qu'ils retournent dans leurs pays... sauf que Lilian était née en Angleterre d'une mère britannique.

Et la question se pose encore outre-Manche : la Windrush Generation, profitant de nouveaux droits en 1948 et venue en Métropole travailler, a subi la discrimination anti-migrants à partir de 2012. Les fonctionnaires du Home Office - aidés par l'absence de carte nationale d'identité obligatoire et de la difficulté de ses retraités et leurs enfants de prouver par paperasse la légalité de leur arrivée - ne distinguant pas les migrants récents, des immigrants caribéens longuement installés de droit et devenus Britanniques.

Gary Younge, "On VE Day, remember the war – but can we resolve to honour all who fought in it?", 'The Guardian', 8 mai 2025.

lundi 10 mars 2025

"Brûle, esclavagiste, brûle" : Marie Joseph Angélique (~1710-1734)

 Si les grands ports français et les planteurs des colonies ont profité de la traite d'esclaves africains, Postes Canada a rappelé par un timbre-poste, émis le trente-et-un janvier 2025, l'existence de quelques milliers d'esclaves noirs et amérindiens en Nouvelle-France, pendant l'époque moderne.

La couverture du carnet de l'émission Marie Joseph Angélique, émis par Postes Canada, pour le Mois de l'histoire des Noirs 2025. 

Chaque mois de février, aux États-Unis en 1976 et au Canada depuis 1995, la place et le rôle de la diaspora africaine dans les sociétés nord-américaines fait l'objet d'un « Mois de l'histoire des Noirs » (Black History Month).

Le trente-et-un janvier dernier, Postes Canada choisit ce qui aurait pu rester un fait divers pour l'époque : une esclave de maître français condamnée à mort pour sa rébellion et son projet de fuite vers la Nouvelle-Angleterre... sauf que ce fait a eu lieu lors de l'important incendie détruisant l'Hôtel-Dieu (à peine reconstruit) et une quarantaine de bâtiments de Montréal, en 1734.

L'illustration côté face de l'enveloppe premier jour localise les effets de l'incendie dans le Montréal du début du dix-huitième siècle.

L'esclave se nomme Marie Joseph Angélique, née à Madère vers 1710, achetée par un important marchand d'esclaves new-yorkais. Achetée par un couple de Français, elle est baptisée à Montréal en 1730 ; elle a eu avec un autre esclave trois enfants tous morts en bas âge .

En 1734, l'esclave apparemment assez libre de ton demande à sa maîtresse, veuve de François Poulin de Francheville, exploitant du minerai de fer et créateur des premières forges de la région, de pouvoir quitter son service pour la Nouvelle-Angleterre anglaise avec son amoureux Claude Thibault.

Face au refus de sa maîtresse et la crainte d'être vendue, le procès aboutit à la conclusion que Marie Joseph Angélique aurait mis le feu à la maison, qui, sous l'effet d'un fort vent et des construction en bois, a conduit à la destruction du quartier et de ses commerces. La rumeur faisant le reste, les Montréalais réclament la punition la plus meurtrière de l'esclave.

La défense de Marie Joseph Angélique reproduite à l'intérieur du carnet de six timbres.

Malgré sa défense : « Madame, quoyque je sois mechante, je ne suis pas assez malheureuse pour faire une action comme cella. », que le seul témoin oculaire soit un enfant de quatre ans, qu'elle a sauvé des biens de sa maîtresse et n'a pas tenté de fuir Montréal, son cas est submergé par des accusations par ouï-dire.

Les archives judiciaires montrent la cruauté des procès de l'Ancien Régime, qui rappelleront ce que subit Jean Callas en 1762 : multiples séances de torture, menées par le bourreau, un esclave de Martinique condamné à mort pour ses tentatives de fuites et qui y échappa à la condition de servir le gouverneur de Nouvelle-France dans cette tâche que les bons colons français ne voulaient pas réaliser...

Marie Joseph Angélique est finalement pendue, son corps brûlé, les cendres dispersées.

Connue auparavant en raison de l'impact de ce procès au début de l'époque des Lumières en Métropole, c'est depuis la publication d'un ouvrage de recherches en 2006 par l'historienne Afua Cooper, docteure en histoire des Afro-Canadiens, que le cas de Marie Joseph Angélique incarne au Québec et au Canada la cruauté de l'esclavage aux Amériques, montre l'existence des actes de résistance - vains mais existants -, et leur mémoire.


Les collectionneurs de timbres regretteront que Postes Canada force à dépenser six timbres pour le carnet ou une enveloppe premier jour... ou de se tourner vers d'autres collectionneurs ou vendeurs de timbres pour disposer d'un seul timbre neuf.

Le timbre "P" vaut 1,24 dollar canadien en carnet ; 1,44 dollar à l'unité. Il permet l'envoi d'une lettre standardisée ou d'une carte postale intérieure de moins de trente grammes.

Néanmoins, je juge immense la qualité du choix des illustrations du premier jour, de la couverture et de l'arrière-plan de l'intérieur du carnet.

Les participants à la création sont indiqués en bas du bloc de timbres autocollants du carnet :

- la comédienne et mannequin Penande Estime prête ses traits à l'héroïne de l'émission (et qui présente la séance photo sur son compte Instagram, le vingt-quatre février dernier) ;

- traits fixés par le réalisateur, scénariste et photographe Jorge Camarotti ;

- l'illustratrice Alexis Eke a conçu l'image du timbre, placée dans un design sous la direction de Nathalie Cusson de Scooter Design ;

- et produit par l'imprimeur de sécurité Colour Innovations.

jeudi 15 août 2024

Ça bouge et ça s'arrête à la Royal Mint

 Royal Mint, la monnaie royale en charge des frappes de pièces et médailles britanniques, fait l'objet de deux actualités à la fois sur son activité et son manque d'activité cet été 2024.

Déjà, rassurez-vous : la diversification commerciale de l'entreprise lui permet d'affronter ces aléas sans souci. Outre les coffrets de pièces et médailles nouvelles, elle est un marchand numismatique en rachetant et revendant d'anciennes monnaies aux collectionneurs. Ou, sous cette forme ou celle de lingots, du métal précieux pour les investisseurs.

Les nouvelles faces des pièces d'un penny et de deux pence mises en circulation en 2023 (site commercial de Royal Mint).

Elle devrait donc survivre à la non commande pour 2025 par le Trésor britannique de pièces d'un penny et de deux pence de circulation générale, signalé par la presse fin juillet, tel The Guardian le vingt-cinq.

Ce qui ne changera pas grand chose à l'usine de Llantrisant au Pays de Galles : depuis 2018, le Trésor n'a commandé des pièces de deux pence qu'en 2021.

Mais, immédiatement, les journalistes se sont interrogés sur la disparition légale de ces divisions monétaires dans un pays qui a subi de plein fouet l'inflation entre les complications douanières du Brexit, les problèmes de circulation internationale pendant l'épidémie de covid-19, et enfin les tensions sur certaines productions liées à l'agression russe contre l'Ukraine.

Annoncer leur disparition et la mise en place de l'arrondi des prix en bas du ticket de caisse comme en Finlande... Oulala...

Par contre, comme tous les États frappant d'aussi petites coupures dont le coût de production est supérieur à la valeur faciale, le Trésor britannique doit souhaiter que les usagers s'en servent au lieu de, en vrac, les thésauriser dans des jarres, les laisser traîner dans le vide-poche, les jeter au caniveau,...

Par groupement de multiples de dix, on peut payer efficacement un commerçant de marché en plein air, aider une personne démunie... voire tout balancer dans une caisse automatique pour laisser faire le travail de compte.

Un brin sensationnelle la photographie du communiqué de presse : de la carte-mère d'un ordinateur à des bracelets en or (Royal Mint).

Par contre, début août, une annonce officielle de Royal Mint reprise dans la presse montre qu'elle souhaite innover dans la récupération de métaux précieux.

Au sein de son site gallois, Royal Mint ouvre une usine pour récupérer de l'or pur en retraitant jusqu'à quatre mille tonnes de circuits imprimés électroniques par an, afin de limiter le recours à l'or extrait des mines. Et de fournir ainsi ses propres lignes de production, dont "886" sa collection de bijoux de luxe.

Sont évoquées l'amélioration sociale et environnementale du marché de l'or, le moindre coût énergétique du procédé à température ambiante créé par la compagnie canadienne Excir, spécialisée dans la récupération de différents éléments chimiques dans les déchets électroniques.

Le communiqué indique indirectement la limite de cette action en citant une statistique d'une agence des Nations unies estimant à soixante-deux millions de tonnes les déchets électroniques en 2022, en forte croissance de plus de deux tonnes et demi chaque année depuis la démocratisation d'internet et des appareils permettant d'y accéder.


Une autre question provient de mes lectures liées au marché d'ensemble de l'électronique car il y a d'autres solutions avant la ré-extraction des matières premières.

Le trimestriel spécialisé dans le matériel informatique, principalement à destination des joueurs, Canard PC Hardware, a proposé au moins deux articles sur cette question du devenir des déchets électroniques?

D'abord, la reprise en masse du matériel auprès des grands groupes et autres clients professionnels qui renouvelle leur équipement par génération. Là, des entreprises comme HPE, dont le site écossais a été visité par Dandu pour un article d'avril 2020, montre une efficacité d'échelle.

Jugés obsolètes par leurs entreprises propriétaires, des centaines d'ordinateurs étaient simplement vérifié pour des pannes et usures possibles, remis à niveau logiciel par des employés avant remise sur le marché secondaire. À ce moment-là, HPE ne devait jeter que les éléments en caoutchouc trop fragilisés.

Et donc, qu'advient-il de nos ordinateurs personnels et familiaux souvent remplacés en toute fin de vie, consoles de jeux qui ne trouveront jamais repreneurs à cause de la nouvelle génération plus puissante, et que dire des smartphones ? La récupération un par un, dispersé en des milliers de points de récupération (magasins, déchetterie, etc.), la traçabilité de ces petits éléments jusqu'au recycleur... ou jusque dans un pays pauvre ?

La couverture du numéro 24 de Canard PC Hardware, un de ces numéros de périodiques qui se conservent des années.

Dans le numéro 24 du même magazine en 2015, Doc TB s'était interrogé sur la récupération de l'or des processeurs centraux (CPU, jusqu'à un gramme d'or !) à travers une expérience de chimie - qui était d'ailleurs au programme de physique-chimie de terminale S en France à l'époque.

Bon... Utilisation de produits dangereux, toxiques pour les organes humains (et la faune et la flore à ce compte-là), avec vapeurs mortelles si inhalées, et, si l'orpailleur avait échappé à tout cela, incendie de son domicile avec le final.

Au début des années 2010, la récupération des métaux précieux (or, argent, platine, palladium, rhodium) était jugée limitée car le procédé industriel de l'époque est coûteux et dangereux, réalisé dans les pays en développement. Plus le fait qu'une partie de l'or sert en couche fine de protection des contacts en cuivre sous forme d'aurocyanure de potassium [ KAu(CN)2  ] tout en laissant passer le courant électrique.

En relisant l'expérience (non, je ne veux pas être fiché S en la reproduisant ici), elle se fait à température ambiante en 2015. Il faudrait savoir :

- quelle est la ou les innovations du laboratoire canadien ? Un moyen d'employer moins de produits polluants ou un procédé permettant de les récupérer en sécurité ? Ou alors l'industrie fait tout fondre en vrac puis réalise des procédés pour récupérer les composés rentables ?

- Et si Royal Mint récupère l'or, qui récupère le reste : le silicium, les autres métaux précieux, ou pas d'ailleurs ?


On essaiera à notre très-modeste échelle de : Utiliser au maximum, Réparer ou améliorer, Revendre ou rapporter à un point-relais en espérant le Recycler, ne pas consommer pour Rien... en étant noyé dans une économie du pousse-à-la-consommation.

... et utilisez ces foutus pence et centimes !!!



Note : toute approximation, erreur ou stupidité sur la partie informatique n'est due qu'à moi. Allez lire les articles cités de Canard PC Hardware pour les formulations correctes.

mardi 28 février 2023

Seconde moitié de février 2023 dans le monde de la philatélie

 Trouvailles sur Twitter principalement pendant la seconde moitié du mois de février 2023.

Timbre erroné en vente entre le premier et le six juillet 2022 en Autriche (via Linn's Stamp News).

Le seize, Linn's Stamp News résume l'erreur commise par la poste autrichienne sur un des quatre nouveaux timbres de roulette, émis le premier juillet 2022. Bonne illustration, mais mauvaise légende du château représenté ; dès le six juillet, la vente et les envois furent stoppés net. Cependant, quelques "Burg Güssing" erronés sont parvenus à des clients... Le timbre correct "Riegersburg" apparaît dans le catalogue en septembre.

Cliquer pour aller voir.

Le dix-huit, Graham Beck a montré un exemple magnifique d'art postal à partir d'une émission de timbres du Canada, d'un colis lourd et de postiers respectueux.


Affiche d'Europhil SPM 2023 (via le site de Jean-Jacques Tillard)

Découvert le vingt, le Club philatélique de Saint-Pierre-et-Miquelon organise une nouvelle exposition internationale, du vingt-deux au vingt-cinq juin 2023. Sous le patronage de l'Académie européenne de philatélie, aura lieu un championnat Un Cadre avec des collectionneurs de l'archipel français et des organisations nord-américaines, l'American Philatelic Society et la Société philatélique royale du Canada.



Le vingt-quatre, le webmestre de la Korea Stamp Society (adhésion libre et gratuite) a montré comment obtenir facilement des timbres fiscaux en Corée du Sud : acheter de l'alcool en bouteille comme en cannette.

Les fiscalistes en recherche d'un nouveau terrain de découverte peuvent se tourner vers la Corée du Sud aux timbres fiscaux multiples et régionaux.


Un exemple érinnophile du sens des inscriptions sur timbre chinois (fil Twitter par Richard Philatelist).

Le vingt-cinq février, Richard, un philatéliste britannique, a posté une vidéo sur YouTube pour expliquer les inscriptions sur les timbres de la République populaire de Chine. Une réalisation fort pertinente et utile. Merci !


Le vingt-six, Vaccari News annonce la disparition de l'historien postal Beniamino Cadioli, spécialiste des postes militaires italiennes depuis les guerres d'Abyssinie, à la fin du dix-neuvième siècle, jusqu'à la Seconde Guerre mondiale.

Couverture du Catalogue Scott des timbres contrefaits des États-Unis.

En pré-commande chez l'éditeur Amos Advantage, un fort étrange catalogue au nombre de pages promis à l'inflation, sauf si l'United States Postal Service ne réagit drastiquement : le Scott Specialized Catalogue of United States Counterfeits de 2023.

Apparemment, les timbres à validité permanente, Forever, pour le premier échelon intérieur sont tellement falsifiés depuis 2007 que l'éditeur a décidé qu'il ne pouvait plus les lister au sein du catalogue spécialisé des États-Unis : dix-sept pages pour les faux à valeur faciale chiffrée, quatre-vingt-dix-sept pages avec les valeurs permanentes,... et, déjà, d'autres falsifications ont été rapportées depuis le lancement de l'impression de ce nouvel ouvrage.

À rapprocher de la politique d'émissions de timbres à validité permanente... Je commence à comprendre celle de La Poste.


Bloc-feuillet japonais à venir le quinze mars (via l'association philatélique japonaise).

Enfin, à venir en mars, la poste japonaise émet un grand feuillet richement décoré sur deux châteaux de la Loire, Chambord et Chenonceau. Il est connu par les bilans de Philaposte Boulazac que l'imprimerie de la poste française imprime des timbres pour le Japon, mais ceux-ci ne portent pas de nom d'imprimeur. Pour ce feuillet, l'imprimerie apparaît avec cinq repères de couleur en bas à gauche.

Deux journées premier jour auront lieu à l'Institut français Kansai, le mercredi quinze et le samedi dix-huit mars.

dimanche 13 mars 2022

Type Machin du Canada à la biscuiterie

 Le sept février 2022, Postes Canada a émis un timbre pour le jubilé de platine de la Reine Elisabeth II, avec une encre brillante - ce que le scan ci-dessous ne permet pas de distinguer.

Une des formes canadiennes de vente : le quart de feuille qui permet d'avoir les crédits de l'émission.

La poste canadienne a repris le profil sculpté par Arnold Machin, qui apparaît sur les timbres d'usage courant britannique depuis 1967 et comme camé sur timbres commémoratifs de plusieurs pays où la reine est chef d'État.

Quelques collectionneurs ont critiqué le bric-à-brac typographique de ce timbre ; je trouve qu'ils n'ont pas tort. Néanmoins, il y a peut-être eu le souci d'éviter une trop grande ressemblance avec les timbres britanniques.

Le timbre est disponible en carnet de dix exemplaires autocollants et en feuillet de seize gommés (disponible en bloc de quatre - un coin au choix), ainsi qu'un souvenir premier jour. Voir la boutique web de Postes Canada.

Le Prince de Galles rencontrant les jeunes auteurs des timbres de l'émission Héros de la pandémie, le vendredi onze mars 2022 (fil Twitter du Prince de Galles et de la Duchesse de Cornouailles).

Plus goûtus, des biscuits au chocolat au type Machin ont circulé lors d'une cérémonie rassemblant le Prince de Galles et les jeunes auteurs dont les propositions de timbres ont été sélectionnés par Royal Mail pour l'émission Héros de la pandémie. Chaque timbre honore une personnalité ou une profession qui a aidé le peuple britannique à tenir pendant la période des confinements et des restrictions liés au coronavirus covid-19 (et qui n'est pas fini malgré l'optimisme des gouvernements en mal de popularité).

Biscuits au chocolat au type Machin (fil Twitter du Prince de Galles et de la Duchesse de Cornouailles, le onze mars 2022).

Ces biscuits rappellent, il y a dix ans, la boîte de McVitie's pour le jubilé précédent.

Les huit timbres au tarif intérieur de première classe seront émis le vingt-trois mars prochain.

samedi 12 mars 2022

Ça fait combien 20 dollars canadiens ?

 Lors de ma commande élisabéthaine à Postes Canada, j'en ai profité pour acheter le feuillet de deux timbres de dix dollars au type Rorqual bleu, timbre d'usage courant émis le quatre octobre 2010.

Les deux timbres face à un billet de vingt euros. Vingt dollars canadiens équivalent à environ quinze euros.

Il avait alors provoqué nombre commentaires sur son immensité équivalente à l'animal marin représenté, le plus gros existant sur notre planète, et la multitude de détails de l'illustration de Suzanne Duranceau, de la gravure du Mexicain Jorge Peral (également photographe) et du design du studio Fugazi, comprenant nombre d'outils de sécurisation contre la reproduction frauduleuse.

Zoom sur l'avant de l'animal à 600dpi.

La taille-douce détaille abondamment le relief de la peau. Une micro-écriture se distingue sur les vagues bleus tandis que les lignes ondulées bleu et rouge sont des entrelacs complexes. La valeur faciale est réalisée avec une encre changeant de couleur selon l'inclinaison à la lumière.

Beaucoup de sécurité pour un timbre à forte valeur faciale.

Avec l'inflation, il faudrait monter en gamme. Le timbre intérieur est à quatre-vingt-douze cents et jusqu'à deux dollars soixante-et-onze pour le courrier international (au-delà des États-Unis).

mardi 8 mars 2022

Ne pas saucissonner les commandes philatéliques

 Dans la série Comment les services philatéliques du monde emballent nos commandes : Postes Canada.

Dans le coin inférieur droit de l'enveloppe cartonné de Postes Canada, la consigne aux collègues facteurs.

À l'occasion de l'émission du jubilé de platine de la Reine Elisabeth II, début février 2022, j'ai passé commande et j'y reviendrai prochainement.

Pour l'emballage, pas de timbres-poste... :'(

Mais une enveloppe cartonnée, qui me semble plus fine que celle de la française Philaposte, mais paraît difficile à plier en deux.

Sur le recto, trois choses : deux grands autocollants de type colis et une mention pour la manutention par les postiers en chemin. Je ne reproduis pas les autocollants car ils fourmillent d'informations privées.

Le premier indique le service « Petit Paquet - Avion », les adresses de l'expéditeur et du destinataire, la nature et la valeur du contenu au modèle déclaration aux douanes CN22. Apparemment, la douane français n'a pas stoppé les deux envois qui furent nécessaires (le plus coûteux contenant un peu moins de cinquante dollars canadiens de valeurs).

Le second autocollant me paraît redondant : adresses des mêmes, de nouveau nature et valeur des productions à l'intérieur avec les mêmes détails et le texte par lequel l'expéditeur-exportateur affirme et signe la véracité des informations portées. Peut-être que le modèle comprend deux autocollants pour faire face aux commandes plus étendues que les miennes en nombre d'items ?

Le « DO NOT BEND » est connu de ceux qui reçoivent des courriers fragiles du Royaume-Uni où l'on utilise des enveloppes papier au dos renforcé d'un carton. Ici, elle est bilingue et demande également de ne pas « ficeler » l'enveloppe au sein d'un paquet de courrier.

Enfin, pas de frais de port ou de préparation de commande, peut-être ai-je commandé suffisamment.

La suite du contenu dans les publications à venir.

samedi 27 février 2021

Une semaine en Philatélie : 19 au 27 février 2021

 Quelques publications de toutes natures, dimensions, origines ayant la philatélie et la chose postale en commun.


Alors que le logiciel Horizon a détruit de nombreuses vies de Britanniques accueillant un relais postal dans leur commerce, et malgré un procès en 2020 où l'entreprise publique Post Office Ltd. a été contrainte de reconnaître sa responsabilité, Computer Weekly a publié un article, vendredi dix-neuf février, affirmant que Fujitsu savait parfaitement que le logiciel Horizon n'était pas en état d'être utilisé : bien trop de bugs. À cause de ce logiciel commettant des erreurs comptables, des commerçants furent accusés de fraude par Post Office, durent rembourser des sommes présumées détournées, perdirent leur licence postale ; certains se suicidèrent.

Sur ce scandale, un site spécialisé existe.


Samedi vingt, le blog Collection passion : les timbres fiscaux a publié un article sur le timbre à huit cents francs, puis à huit francs des duplicatas des livrets de famille. Les curieux de philatélie fiscale ont donc peut-être dans les archives familiales un timbre peu fréquent sur document, surtout si le livret reproduit a été conservé par le généalogiste de la famille.


Mardi vingt-trois, Stamp Market Index, la base de relevé d'enchères philatélie réalisées sur eBay, tenue par le marchand états-unien NobleSpirit, a proposé comme exemple les plus de six mille dollars réalisés par deux timbres oblitérés de timbres de Chine populaire datés 1952, marquant les trente-cinq ans de la Révolution d'Octobre 1917 en Russie. La description du vendeur indique le timbre Staline rouge comme un non émis, ce que confirme mon Yvert et Tellier tome 3 Outre-Mer de 1961 : brun-jaune. Que se passait-il dans l'administration postale chinoise à l'époque ?


Le même jour, les médias canadiens ont signalé que Postes Canada va offrir un entier postal par habitant pour encourager la correspondance en cette période alternant confinement et distance pour éviter la propagation du covid-19, comme le firent les postes irlandaise et thaïlandaise au printemps 2020.


Mercredi vingt-quatre, Peter (@stampden sur Twitter) a, pour une fois, délaissé l'histoire postale pour analyser un timbre du Japon de 1958 : le centenaire de l'ouverture des ports japonais aux Occidentaux. Évocation de l'histoire, genèse du timbre et analyse de ses éléments.

Peter Congreve, Australien installé au Japon, publie sur Twitter puis un blog - The Philatelist as Social Historian - ses analyses et recherches à partir de courrier.


Jeudi vingt-cinq, coup de griffes de DefenDerium sur Twitter aux collectionneurs qui écrivent sur les courriers qu'ils collectionnent pour se souvenir de leur intérêt en histoire postale... voire colle des flèches rouges pour repérer les raretés !!!

Se souvenir que d'autres collectionneront ces enveloppes, l'idée que le collectionneur doit conserver comme aux archives ou dans les musées et... p... de b... de m..., ça coûte quoi d'écrire sur une feuille les connaissances liées à cette enveloppe et de laisser feuille et enveloppe sous pochette plastique ensemble !!! Non seulement, on peut imprimer le scan de la lettre pour flécher dessus et relier aux légendes, mais, en outre, ça aidera les héritiers non philatélistes quand ils présenteront la collection à une association ou un marchand pour avis.


Ce samedi vingt-sept, un passionné d'histoire de l'art a constaté l'état déplorable de la fontaine Charlemagne, à Paris. Posée en 1840, elle n'est plus en eau depuis longtemps, et, visiblement, a dernièrement servi aux artistes de rue entre peinturage de la statue et collage de trois affiches para-philatéliques.

Il semble qu'un artiste, signant C+S, prépare des illustrations mêlant modèles féminins en sous-vêtements sur fond de timbres français d'usage courant, et les colle en région parisienne, depuis au moins trois ans d'après sa page sur urbacolors.com.