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samedi 11 avril 2026

Envoyer un recommandé avec accusé de réception par automate

 La Poste optimisant ses bureaux de poste à l'extrême (quand elle ne les refile pas aux supermarchés ou aux mairies), elle laisse peu de personnel au service des clients.

En conséquence, les trois employés du bureau de Montpellier Port Marianne étant occupés entre service bancaire, création d'un recommandé manuscrit et allers-retours pour dépôt de colis, je me suis tourné vers l'automate pour envoyer une lettre recommandée avec accusé de réception pour un document administratif important.

Les deux boites aux lettres du bureau Port Marianne fin mars 2026 : blanche pour les lettres, jaune pour les recommandés enregistrés via l'automate (tous droits réservés).

L'automate est celui habituel qui permet de commander des timbres de distributeur (dits LISA en France pour « libre service affranchissement ») selon le poids et la destination de chaque pli.

L'entrée numérique des données de recommandation par l'expéditeur a déjà plusieurs années d'ancienneté dans les bureaux de poste en France.

L'enveloppe finale avec le grand autocollant de recommandation.

Pour une lettre recommandée, il faut entrer les identités et adresses de l'expéditeur et du destinataire. Avoir un compte web La Poste accélère le processus puisque l'appareil permet de s'y connecter : le suivi est ainsi enregistré immédiatement.

Après paiement, un autocollant assez grand est imprimé et à coller sur l'enveloppe, à la place de la traditionnelle liasse multi-couches : adresses, mention et code de suivi (SD) dans un simili-timbre sans dentelure simulé.

Dans ce cadre, les logotypes et mention du service « Lettre recommandée / R » de La Poste, le tarif « Max 20g / France », et la consigne de poster le pli jusqu'au vingt-quatre avril 2026, soit un mois.

Une colonne jaune près de l'entrée signale le lieu de dépôt de ces recommandés par automate, sur lequel l'image insiste bien : pas de recommandés avec liasse papier.

Ticket de caisse faisant office de preuve de dépôt d'une lettre recommandée.

Pas de liasse donc pas de papier carbone qui sert de preuve de dépôt. Ce dernier est remplacé par un ticket de caisse banal avec le mode d'emploi : coller l'autocollant, déposer dans la boîte dédiée, et le code alpha-numérique et un qr-code pour retrouver le suivi sur le site de La Poste.

Une insistance : le ticket sert de preuve en cas de réclamation.

Un courriel le jour de dépôt est reçu avec, en pièce jointe, un fichier pdf de dépôt au format standard de la liasse.

Un accusé de réception en papier épais : enfin quelque chose de traditionnel dans cette histoire, dans ma boite aux lettres le samedi vingt-huit mars.

À notre époque de numérisation internétique, il faut encore conclure des contrats sur papier avec signature manuscrite et lettre recommandée.

Cependant, un courriel du destinataire signale avoir bien validé la procédure en cours, deux jours après. Ce que confirme un accusé de réception imprimé le lendemain.

Un accusé de réception en 2026 qui a voyagé entre une imprimante montpelliéraine et un destinataire à Montpellier.

Au verso, le tampon du secrétariat d'accueil de l'entreprise destinataire et la signature de l'employé du vingt-six mars, sont prouvés par la reproduction d'une photographie de l'accusé de réception, validé par un cachet à date de La Poste et le paraphe du facteur, du vingt-sept mars.

En contexte de courrier d'entreprise grand compte, l'ensemble des recommandés a dû être remis ou retiré le vingt-six, traités dans les locaux du destinataire, avant d'être remis à La Poste le lendemain.

Vue le nombre de recommandés encore en circulation, puisque c'est la preuve juridique d'échanges de courrier ou de documents importants encore en France, La Poste a donc optimisé les coûts depuis plusieurs années en évitant liasses multi-feuilles et traversées du pays par les accusés de réception.


Cet article est publié dans le cadre du trois centième #PostBoxSaturday, en ce qui me concerne sur le réseau social BluSky (le promoteur de cette manifestation réseausociale hebdomadaire a retrouvé la première boîte pour fêter le nombre rond, en bord de mer, dans les îles Britanniques).

jeudi 1 janvier 2026

Abolie, la poste aux lettres danoise existe encore...

 Depuis le six mars 2025, les médias et sûrement de nombreux opérateurs postaux historiques observent le Danemark. Ce jour-là, la partie danoise du groupe dano-suédois PostNord, dont la mission fêtait tout juste quatre cents, annonçait abandonner la distribution de la lettre nationale comme internationale !

L'année philatélique danoise 2025 était complexe. Gouvernement et parlement danois ont mis fin au service postal universel en 2023, ce qui imposait la levée de la taxe sur la valeur ajoutée. D'un coup, l'ensemble des timbres danois était démonétisée et les expéditeurs devaient acheter des timbres mentionnant explicitant le service intérieur (donc la perception de la TVA) ou le service international.

Avec l'annonce de mars, PostNord Danmark se débarrasse de l'ensemble des contraintes : émettre des timbres, s'assurer de leur bon usage, reverser la nouvelle TVA, assurer les tournées aux bureaux et aux boîtes de rue, puis leur transmission et distribution à domicile, équilibrer les coûts de l'ensemble avec la décroissance du courrier physique au profit des échanges numériques, etc.

Plus que du colis.

Courrier ayant circulé à l'intérieur du Danemark en 2025 avec l'opérateur privé DAO, proposé par un vendeur sur eBay (qui propose également des objets liés aux hôtels).

Sauf qu'il restait tout de même cent dix millions de lettres postées et ayant circulé par la poste danoise en 2024 et un contexte géopolitique de « guerre hybride » avec une grande puissance de l'est du continent européen, notamment des attaques sur les réseaux de télécommunication.

En théorie, le service universel postal était maintenu pour les îles les plus isolées, aux électeurs peu nombreux mais sûrement facilement médiatisables. En plus des usagers ayant besoin du courrier papier pour rester informés et sûrs d'eux face aux services administratifs et médicaux.

Évolution du nombre de lettres gérées par PostNord au Danemark entre 2000 et 2024, graphique de l'entreprise remis en pour un article de la BBC britannique, le six mars 2025.

Donc, dans une logique libérale capitaliste assez étrange, les autorités politiques danoises ont pris acte de la décision de PostNord et voté une subvention exceptionnelle à DAO pour qu'il devienne le nouveau transporteur de lettres de référence au Danemark à partir de ce premier janvier 2026 !

...

DAO, pour Dansk Avis Omdeling ou Distributeur de journaux danois, a été créé en 1921 par trois grandes entreprises de presse du pays pour assurer la distribution de leurs publications quotidiennes.

Avec la libéralisation du marché du colis en 2010, DAO était devenu une des nouvelles postes privées du pays. Un de ses arguments auprès des clients était la possibilité de livrer les paquets avant le lever du soleil, chaque jour de l'année, grâce au réseau de buralistes et à la remise quotidienne de la presse aux abonnés.

En cette année 2025, l'entreprise a dopée son offre courrier en prenant en charge trente millions de lettres et en prévoyant quatre-vingt millions en 2026.

Faute de boîtes aux lettres, toutes démontées par PostNord, les Danois ont deux solutions d'affranchissement : acheter des « timbres » autocollants (je reviendrai sur les guillemets) ou se connecter au site DAO, remplir sa demande, et recopier un code sur l'enveloppe.

Deux solutions pour poster sa lettre : la déposer affranchie dans un des commerces partenaires (DAO shop) ou demander, pour dix couronnes danoises, qu'elle soit récupérer par un livreur lors de sa tournée - ce qui se pratiquait déjà pour les colis à expédier.

Le vendeur eBay cité ci-dessus montre et explique ce qui arrive ensuite : une étiquette est ajoutée portant le logotype de DAO dans une dentelure illustrative, voisinant avec un long code chiffrée et un code-barres en deux dimensions. Désormais fort classique pour le courrier mondial, voir dernièrement au Laos.

Les tarifs Lettre de DAO en 2025 (copie d'écran du premier janvier 2026).

Le service courrier de DAO est complet, même si philatéliquement ultra-simplifiée :

- deux tranches de poids : jusqu'à cent grammes ou deux cents cinquante ; au-delà, ce sera un colis.
- deux zones géographiques : Danemark, Monde.

Et pour le Danemark, trois services, avec la recommandation apparue en décembre 2025 :
- courrier normal livré en deux à cinq jours ;
- service PLUS en un à deux jours pour treize couronnes de plus ;
- le courrier recommandé en deux à cinq jours pour 210 ou 233 DKK selon la masse.

Pour l'international, un seul mode d'expédition classique au prix double du national.

Actuellement, 10 DKK valent environ 1,34 euro. 3,10 € la lettre nationale, 6,20 la lettre pour l'étranger... Vingt et quelques le recommandé ! Tousse...


Les limites au-delà des tarifs.

Une est « amusante ». Les « timbres », blanc et rouge pour le service intérieur, blanc et bleu pour le service global, et vendus par dix ou cinquante, ne sont officiellement pas des « timbres-poste »...

Un participant du forum StampBoards.com a lu un article de presse danois indiquant que l'actuelle loi postale du pays limite le droit d'émission de timbres-poste à PostNord Danmark, qui ne veut plus ni des lettres, ni donc des timbres qui vont avec.

Voilà pourquoi DAO a dû se passer de dentelure même simulée, d'illustration autre que fonctionnelle. Les amateurs de design pur sont donc ravis.


L'autre limite est plus sérieuse : se promener sur la carte des commerces proposant les services DAO, dont les boîtes aux lettres, sont nombreux à Copenhague, mais fort inégalement répartis dans de nombreuses régions. Des zones rurales ou péri-urbaines dépendent d'un ou deux commerces dans le bourg d'à-côté ; des îles ont un ou deux points d'accès maximum.

Les dix couronnes de frais de retrait dans sa boîte personnelle seront-elles acceptées ?


Les postes historiques ne veulent plus de la poste aux lettres, voire du service universel, même subventionnées, mais les gouvernements ont besoin de rassurer leurs électeurs avec celle-ci, quitte à la relancer par l'intermédiaire d'un concurrent privé.

Nul doute qu'en France, où les tarifs postaux pour la presse viennent d'augmenter brusquement ce jour de l'an, La Poste et les entreprises de presse observent d'un œil la situation danoise, en se léchant les babines ou en tremblant de crainte, tout en se regardant de l'autre en chiens de faïence.

L'échec de Presstalis montre que les grands quotidiens parisiens n'auront aucune envie de créer un DAO à la française et de se coltiner les livraisons de courrier en zone rurale - oui, je provoque les journaux de droite libérale anti-service public (exemple d'hypocrisie par ici - oui, l'article est payant).


Compléments du dimanche huit février 2026 : aléas d'une poste privée exerçant la seule poste aux lettres d'un membre de l'UPU.

Un bon mois après que DAO, opérateur privé, a reçu la mission de la poste aux lettres au Danemark, de premiers témoignages arrivent des habitants, à retrouver sur le fil spécifique du forum anglophone StampBoards.com.

La douloureuse est vécue par tous les expéditeurs. La lettre n'est plus un service universel, donc il doit être rentable pour DAO.

Par contre, le site de l'Union postale universelle indique toujours PostNord comme opérateur postal de référence pour le Danemark... Et cela s'en ressent dans la manière dont DAO gère l'expédition du courrier pour l'étranger et la réception-distribution en sens inverse.

Ainsi, fin janvier, le directeur de l'Association philatélique danoise a averti ses membres de la lenteur du courrier internationale, signalé par des vendeurs danois, leurs clients étrangers, ou des destinataires au Danemark de courrier d'au-delà.

Courrier danois vers la Belgique, transmis via la poste autrichienne, janvier-février 2026 (photographie de Aerogi, participant du forum StampBoards, diffusée le sept février 2026).

Un correspondant belge montre l'explication prévisible : une lettre danoise lui est parvenue avec un non-timbre DAO (rappel : la loi postale danoise limite toujours les mots-clés à la seule PostNord...).

Celui-ci est en partie recouvert d'une étiquette prioritaire d'affranchissement payé de la poste autrichienne.

Poste privée, qui n'est pas l'opérateur historique ou membre de l'Union postale universelle, égale recours à des contrats au mieux-disant avec les opérateurs postaux historiques ou alternatifs pour transmettre le courrier vers l'étranger.

DAO est historiquement un distributeur de journaux au petit matin, devenu opérateur colis puis de lettres avec la libéralisation du secteur. De fait, il n'a jamais eu (et n'en aura pas les moyens) les capacités de transmission internationale du courrier. Sûrement que les lettres de ce genre qu'il prenait en charge devait être reversé, comme client grand compte, à PostNord ou à un opérateur postal étrangers aux capacités établies.

Au fur et à mesure que les lettres internationales danoises avancent au rythme des cartes postales de vacances remises à des petites postes privées, les historiens postaux pourront établir une liste des opérateurs avec qui DAO a contractualisé le courrier international partant ou arrivant au Danemark.


Chers gouvernement et parlement danois, ne serait-il pas temps de réformer la loi postale de votre pays puisque vous et PostNord avait décidé de lâcher cette mission de service public ?


Compléments du dimanche vingt-deux mars 2026 :

Dans le numéro de mars 2026 de The American Philatelist, Morten Soerensen synthétise la fin de la poste aux lettres historique au Danemark et le relais pris par DAO. Type de distributeurs privés qu'il connaît pour avoir eu son premier métier de jeune adolescent de distributeur de prospectus publicitaires, puis de journaux gratuits.

Il propose un résumé des obligations postales du Danemark : en tant que membre de l'Union postale universelle, le pays doit permettre le courrier international et celui pour les aveugles et mal-voyants. De plus, malgré e-boks, une plate-forme de courrier administratif en ligne, les cartes d'électeurs restent des imprimés officiels.

Il illustre les différents courriers ayant transité nationalement par DAO, avec leur point commun essentiel : un QR-code avec la ligne de chiffres en clair ajoutés quelque soit le moyen d'affranchir choisi par l'expéditeur (timbres officiellement vignettes ou code alpha-numérique commandé par message téléphonique (sms) ou le site web.

Enfin, il confirme que la poste autrichienne est missionnée par DAO pour faire arriver le courrier de l'étranger et délivrer le courrier danois à l'étranger. L'exemple est un coin d'enveloppe du Danemark pour la Suède, avec un timbre autocollant DAO, oblitéré surimprimé d'une marque de port payé autrichien, avec logotype d'Austria Post, compte client à Salzbourg, et adresse de retour dans cette même ville en cas de non-distribution.


Provocateur, Soerensen rappelle que si certains estiment que le Danemark est un pays philatéliquement mort, c'est aussi un pays qui a connu des postes privées et leurs timbres dans une douzaine de villes de 1866 à 1916. Et que, même de manière peu artistique mais fort pratique, DAO use des timbres, marques imprimées et d'un agent postal international (a forwarding agent, diront les historiens postaux qui collectionnent et interprètent leurs tampons de l'ère classique).

Bref, que le catalogue des timbres du Danemark a un nouveau chapitre ouvert, et surtout que l'histoire postale du pays n'est pas terminé. DAO a même communiqué sur le courrier manuscrit postal de Noël qui semblent intéresser toutes les générations de Danois, y compris les adolescents, depuis quelques années, L'opérateur privé ne souhaitant pas perdre cet élan avec la fuite de PostNord.

samedi 4 octobre 2025

Des Finlandais fans, des Français frileux : la boîte à colis

 Le vingt-trois septembre 2025, Geopost, filiale du Groupe La Poste regroupant ses entreprises de livraisons express de colis, a publié le résultat d'une enquête européenne sur la livraison des colis aux particuliers (vers le communiqué de presse).

Casiers de dépose ou retrait de colis postaux, dans la pièce menant au bureau de poste au dernier étage d'un supermarché-centre commercial, au centre de Tampere, en Finlande (le quinze avril 2025).

La vague des parcel lockers souffle sur le continent avec la large privatisation et libéralisation de ce secteur logistique, entre fermeture des bureaux de la poste historique, coût de bureaux ouverts aux horaires adéquats, et liberté d'accès pour les clients expéditeurs et les destinataires.

Par exemple, en Finlande, j'ai déjà évoqué que ces casiers automatiques sont, avec le supermarché, parmi les premiers équipements d'un nouveau quartier de Tampere.

Au centre de la ville, le long du tramway, un centre commercial comprend le supermarché au niveau de la rue, des rayons spécialisés aux étages, et au tout dernier, un espace mêlant un bureau de poste de l'opérateur national et une grande salle à casiers de colis.

Casiers de dépose ou retrait de colis postaux de Budbee, dans la pièce menant au bureau de poste au dernier étage d'un supermarché-centre commercial, au centre de Tampere, en Finlande (le quinze avril 2025).

Ici, la libéralisation atteint son terme, comme dans l'hypermarché Grand Sud à Lattes, près de Montpellier : peu importe le distributeur, tant qu'il paye le loyer pour poser ces machines.

Casiers de dépose ou retrait de colis postaux multi-opérateurs, dans la pièce menant au bureau de poste au dernier étage d'un supermarché-centre commercial, au centre de Tampere, en Finlande (le quinze avril 2025).

Les concurrents nationaux (Pakettipiste qui gère les casiers bleus en Finlande), nordiques (PostNord, Budbee qui dessert aussi Belgique et Pays-Bas où se trouvent les plus grands ports européens) et à ambition globale (les allemands Deutche Bahn et DHL) voisinent avec ceux de Posti, même si c'est le bureau de ce dernier qui propose un service humain.

Sur l'emballage d'un colis posté en Ukraine, le neuf juillet 2025, l'autocollant rouge d'un commerce privé, servant de relais colis à La Poste française.

À l'opposé, les Français font figure d'exception : un quart seulement des destinataires (en croissance lente) utilisent ces casiers automatiques contre 57 pour cent des sondés européens, et jusqu'à plus des trois quarts au Royaume-Uni et en République d'Irlande.

Les Français, masochistes, préfèrent attendre la livraison à domicile... ou les commerces-points relais, tels, pour moi à Montpellier, le supermarché Monoprix Jacques-Cœur ou l'Épicerie des Consuls proche du nouvel hôtel de ville, qui a l'air de prendre le relais de la chaîne de supermarchés, pourtant un pionnier des relais postaux urbains en 2017...

Il est vrai que la maison-mère, le Groupe Casino, bat de l'aile et que les prix y sont hauts face au supermarché Carrefour Market à quelques centaines de mètres, voire deux hypermarchés et concurrents à prix cassés en prenant le tramway vers Lattes et Pérols.

Toutefois, ces commerces non logistiques ni postaux semblent garder la confiance de 57 pour cent des destinataires français (choisis directement ou en déviation du domicile en cas d'absence, je pense).

Dans l'article du Figaro, la directrice des études stratégiques de Geopost pense que cette fidélité aux commerces de proximité est liée, en France et en Allemagne, à la vente par correspondance des décennies d'avant le commerce par internet : les nordistes La Redoute et 3 Suisses, l'allemand Quelle, etc. avaient déjà leur service de livraison chez les buralistes et marchands de presse.

... ainsi que d'autres entreprises de vente par correspondance, proposant d'épargner progressivement le montant de la commande en achetant des vignettes dentelées auprès de ces détaillants-réceptionnaires.


Cet article est publié dans le cadre du #PostBoxSaturday, en ce qui me concerne sur le réseau social BluSky.

jeudi 7 août 2025

La mémoire des vétérans des Nations unies au Mémorial de la Paix de Busan (2 sur 3)

 Aux côtés des souvenirs militaires, évoqués dimanche dernier, le courrier et les timbres-poste participent des vitrines de la galerie, au Mémorial de la paix à Busan, en République de Corée, en hommage aux troupes des pays ayant participé à l'expédition des Nations unies de soutien à la Corée du Sud, entre 1950 et 1953.

Ces objets sont variés tout autant qu'ils jouent des rôles divers dans la reconstitution de la vie quotidienne de ces soldats et du souvenir que les événements ont laissé en Corée et au-delà.

Note : oui, les objets ici décrits ont été photographiés au smartphone à travers une vitre et l'éclairage du musée... On peut faire mieux en prise de clichés et en trouvailles collectionneuses.

Un entier postal recommandé utilisé par un militaire australien en 1956 pour jouer à la loterie, un quasi -monopole de Tattersall's, fondé par George Adams (Mémorial de la paix des Nations unies à Busan, juillet 2024 - merci à Ian Billings pour l'identification de la destination du pli). 

Ainsi, plusieurs objets sont similaires à ceux employés pendant l'expédition en Corée, mais pas forcément utilisés aux bonnes dates. Telle cette enveloppe-entier recommandé australien, utilisé par un soldat de ce pays pour une correspondance vers l'État de Victoria, en 1956, et transmise par la poste militaire.

Il faudra consulter des ressources spécialisées pour savoir si des troupes et l'APO 215 (Army Post Office) étaient encore en Corée cette année-là, ou si ce bureau gérait une zone d'Asie de l'Est plus stable, telle l'occupation du Japon.

Les timbres d'Inde surchargées pour servir au Corps expéditionnaires en Corée (Mémorial de la paix des Nations unies à Busan, juillet 2024).

Encore plus générique, la vitrine consacrée à l'Inde présente la série neuve de timbres-poste indien, surchargés pour servir à la poste militaire en Corée.

Trois enveloppes et trois lettres de courrier militaire grec de la guerre de Corée (Mémorial de la paix des Nations unies à Busan, juillet 2024).

Plus marquantes sont donc ces trois enveloppes en franchise militaire et trois lettres manuscrites liées à des soldats grecs en Corée, en 1952 d'après les cachets oblitérants.

Les hellénistes liront les numéros des bureaux de poste militaire et déchiffreront le contenu de ces courriers, s'ils vont de la Corée vers la mère-patrie, à peine sortie de l'occupation nazie et de la guerre civile avec les communistes.

Affiche dans l'entrée du Mémorial appelant aux dons des souvenirs des vétérans de la guerre de Corée.

Ce manque d'objets postaux directement lié à des individus et leur petite histoire, ainsi que la disparition progressive des vétérans, est illustré par le lancement en 2023 d'un appel aux dons de leurs souvenirs par les vétérans de la guerre de Corée, ou leurs familles.

L'affiche dans l'entrée du Mémorial montre un ensemble de memorabilia qui rappellera aux Français la Grande Collecte du centenaire de la Première Guerre mondiale, juste avant 2014.


Ensuite la pure philatélie vient à la rescousse de la mémoire.

Carte postale de l'arrivée des troupes belges en Corée, oblitérée lors d'une exposition philatélique, le quatorze avril 1951 (Mémorial de la paix des Nations unies à Busan, juillet 2024).

Des soldats belges, tout juste débarqués en Corée, illustrent une carte postale utilisée comme souvenir lors d'une exposition philatélique à Woluwe (soit dans Bruxelles, soit en Brabant flamand).

L'item montre le lien entre les troupes et la population au pays si un collectionneur belge a des informations sur cette exposition.

Enveloppe premier jour de l'émission Volontaires de Corée du vingt-cinq septembre 1952 (Mémorial de la paix des Nations unies à Busan, juillet 2024). 

C'est par l'émission de 1952 que les soldats tucs volontaires sont, entre autres, honorés dans la vitrine de la Turquie : quatre timbres sur une enveloppe premier jour.

L'illustration de celle-ci est claire : autour d'une carte de la péninsule coréenne, des soldats mitraillent et mettent ainsi en fuite des soldats vers la République populaire de Chine, pendant que le drapeau turc est levé à la frontière entre la Corée et la Chine au nord.

Ceci était fort optimiste alors que le front s'était stabilisé depuis 1951 à la frontière actuelle.

Timbres de Colombie de 1954 célébrant les forces armées colombiennes... pour un coup d'État (Mémorial de la paix des Nations unies à Busan, juillet 2024).

Cependant, tout ce qui brille n'étant pas d'or, il y a quelques surprises à utiliser les si commodes timbres-poste.

En Colombie d'abord, ces deux blocs de timbres colombiens, nation participant à la Force des Nations unies en Corée, honorent les Forces armées colombiennes pour l'anniversaire du treize juin 1953, un an après l'armistice de Panm...

...

Euh, l'anniversaire d'un coup d'État militaire à Bogota, un mois avant l'armistice inter-coréen.

J'imagine qu'un Coréen, un Chinois, un Cambodgien aurait aussi des choses à redire sur les expositions d'arts asiatiques en Europe.

Le drapeau de l'empire d'Éthiopie et les timbres coréens de 1951 remerciant les pays venus à son secours (Mémorial de la paix des Nations unies à Busan, juillet 2024).

Deuxième surprise : l'Éthiopie, un peu comme le badge dans la vitrine de la Turquie ou de la Colombie, fait partie des pays où j'imagine que la vitrine a été difficile à créer : quelle mémoire des vétérans de la Corée dans ces pays depuis bousculés par les événements politiques, économiques et sociaux ?

D'où un effort pédagogique de rappeler déjà que c'est l'Empire d'Éthiopie qui a répondu à l'appel du Conseil de sécurité des Nations unies : rappel du drapeau de l'époque imprimé sur carton et avec les timbres de 1951 que la poste coréenne a émis pour chaque pays participant à l'expédition.

Timbre de Corée du Sud de 1968 : visite de l'empereur Haïlé Sélassié auprès du président Park Chung-hee (Mémorial de la paix des Nations unies à Busan, juillet 2024).  

Un timbre-feuillet de 1968 rappelle ce lien entre Corée et Éthiopie : la visite de l'empereur Haïlé Sélassié en Corée du Sud, alors présidée par Park Chung-hee.

Le planisphère choisi est éloquent : centré sur l'océan Indien, il relit la péninsule coréenne à l'Éthiopie par une branche des lauriers de la paix, de couleur verte (ni bleu, ni rouge... en ces temps de guerre Froide).

Lors de cette visite, l'empereur est ainsi le huitième non coréen et le premier africain à recevoir le grand ordre de Mugunghwa, remis de 1949 à 2008 aux présidents sud-coréens en début d'exercice, qui peuvent en décorer les chefs d'État alliés du pays.


Grand ordre dont le premier étranger à le recevoir fut le président de la République fédérale d'Allemagne en 1964... 

Ah ? Pas Truman, ni Eisenhower, présidents des États-Unis d'Amérique pendant le conflit ?

L'Allemagne, l'ancien allié du Japon impérialiste ?

...

Pourquoi ? Réponse partielle au prochain épisode sur le Mémorial de la paix des Nations unies, à Busan.

mercredi 14 février 2024

La lettre recommandée : le bouleversement d'une vie en bande dessinée

 Sauf commande attendue, mon expérience familiale me fait craindre comme la peste l'arrivée d'une lettre recommandée... Étant la seule façon pour un expéditeur de démontrer légalement l'envoi et la réception d'un courrier important, une arrivée inopinée fait craindre les ennuis : revanche familiale, plainte transmise par avocat, invocation de notaire, convocations de l'État, etc.

Dans l'histoire dessinée Deux Sœurs publiée en janvier 2024, l'autrice Isabelle Sivan et le dessinateur Bruno Duhamel emploie cette méthode postale pour clore l'introduction de l'intrigue : une maison louée par une famille depuis vingt-cinq ans et qu'habitent toujours les deux sœurs devenues adultes...

Couverture de l'album Deux Sœurs, édition Grand Angle, janvier 2024 (site de l'éditeur).

... mais rendues tellement différentes par les circonstances de la vie qu'elles ont construit un mur dans le jardin et des cloisons au rez-de-chaussée et l'étage pour se voir le moins possible.

Jusqu'à l'arrivée de deux lettres recommandées planches seize et dix-sept.

Le facteur à l'oiseau postal français le matin des deux recommandés (Deux Sœurs, 2024).

Avec son chariot à roulettes, le facteur paraît si vieux et en tentant de craquer deux sourires que le lecteur comprend qu'il participe de ceux qui connaissent l'histoire de la maison et de sa famille divisée.

Sa venue casse le parallélisme créé par Bruno Dumahel, et qu'il évoque dans un entretien de présentation, mais pas suffisamment pour que celui-ci ne reprenne immédiatement.

Cependant, à la lecture du même courrier, les deux sœurs vont bien devoir se croiser.

L'introduction et la suite chez votre libraire (indépendant s'il vous plaît) : ISBN 978 2 8189 9968 4.

vendredi 19 mai 2023

Une semaine de mai 2023 dans le monde des postes et de la philatélie du monde

 Quelques trouvailles sur les activités des services postaux et philatéliques de divers pays.

Récits de la vie quotidienne en Ukraine

En même temps que le feuillet de trois timbres émis le neuf mai en hommage aux défenseurs de l'Ukraine face à l'agression russe, Ukrposhta vend douze cartes postales illustrées chacune d'un métier. Un code-barres en deux dimensions permet d'écouter quatorze témoignages de ces Ukrainiens protégeant leur pays, réparant ses infrastructures, poursuivant leurs activités malgré tout.

Elles sont vendues quarante hryvni chacune (environ un euro) sur la boutique en ligne d'Ukrpshta.


Diversité culturelle luxembourgeoise

Le mardi seize mai, Post Luxembourg a encore émis un timbre montrant l'identité multiple de ce pays européen.

Vingt-cinq ans de l'Institut européen des itinéraires culturels (Post Luxembourg).

Une institution du Conseil de l'Europe au logotype bilingue anglais-français sur le timbre d'un pays au nom en luxembourgeois, avec l'entreprise en français malgré un nom mixte anglais-français sur le site web (Post Luxembourg), et la mention d'imprimeur à équivalence de taille alors que cette mention est la marque de l'opérateur public du pays trilingue voisin dans son nom neutre (bpost).


Onze mille flammes françaises

Le dix-sept mai, le webmestre de http://obliterations.free.fr/ a mis en ligne sa onze millième flamme postale française sur son site.

Merci à lui en espérant que la pérennité de son site soit assuré pour un temps très long.


L'obligation de la recommandation s'étend

Le message diffusé par Niger Poste sur le courrier à destination des États-Unis (capture d'un twitt de @NigerPoste du seize mai 2023).

Que les marchands professionnels ou amateurs se tournent vers l'envoi en recommandé pour protéger les envois vers leurs clients se comprend, mais cela dissimule peut-être une généralisation des outils de suivi et de déclaration douanière.

Niger Poste diffuse qu'à partir du premier mai 2023, tout envoi pour les États-Unis d'Amérique doit être obligatoirement recommandé.

Le suivi du voyage et de la délivrance certes, mais aussi la capacité pour la poste et les autorités états-uniennes de remonter le fil jusqu'à l'expéditeur pour enquêter sur des envois illégaux ?


Réapprendre le timbre-poste aux jeunes générations... ou faire de la maille ?

La Korea Stamp Society signale la mise en ligne par Korea Post d'une vidéo expliquant comment commander sur son site son bloc de timbres et d'un carnet de prestige dédiés à BTS, un groupe de musique Kpop au succès international.

Prochaine étape : comment écrire une lettre manuscrite et l'envoyer à son chanteur préféré ?

Ou cette émission n'est-elle qu'une diversification de produits de collection vers le public du moment, comme la dérive américaine de la Royal Mail britannique ?

...


Commander ses timbres depuis la salle d'attente de son bureau de poste

Et non, pas en France. Au Japon, Peter (@stampden sur Twitter) rapporte sa dernière visite dans un bureau de poste. 

Capture du twitt de Peter, le dix-huit mai 2023.

Bien en vue, sur un affichage dirigé vers le client assis en attente : les prochaine émissions et des bons de commande.

Une idée pour le nouveau directeur de ϕl@πoste, juste après avoir dégagé ce phi de merde des timbres commémoratifs ?


Littérature : les oblitérations diamants d'Irlande

Le Stuart Rossiter Fund publie, une nouvelle fois à un prix très doux, un ouvrage important pour les collectionneurs et historiens postaux.

Couverture de l'ouvrage.

Stan D. Challis propose Irish Diamonds. The numeral postmarks of Ireland à partir de 1844, 448 pages. Le bilan de trente ans de recherches avec l'aide de plusieurs historiens postaux et marcophiles.

Trente livres sterling, c'est fort accessible pour étudier le courrier irlandais de l'époque victorienne.


Disparitions récentes :

Le 28 mars : Brigitte Abensur (France), cardiologue, philatéliste et historienne postale, Grand Or à London 2022, rédactrice-en-chef de Documents philatéliques (Académie de philatélie, Paris) depuis 2006.

Le 10 mai : Patrice Serres (France), auteur et dessinateur de bandes dessinées, sinologue, créateur de trois timbres de France.

 

mardi 21 février 2023

« Tout ce que nous avons sont des pertes » : du capitalisme postal britannique

 Depuis le mercredi onze janvier 2023, les opérations courrier et colis internationaux de Royal Mail nécessitant un enregistrement informatique (mais pas ParcelForce sa filiale express), l'opérateur du service universel postal au Royaume-Uni, sont gravement perturbés suite à une cyber-attaque d'un groupe criminel russe et/ou d'anciennes républiques soviétiques.

Royal Mail est victime d'un rançongiciel : soit elle paye une rançon pour que soient décryptées les données de son système informatique, soit les pirates informatiques menacent de publier les données récupérées. L'entreprise s'est tournée vers la force cybernétique du gouvernement - ce qui existe de même en France.


Un grave problème qui ne pouvait plus mal tombé pour Simon Thompson, le chief executive de Royal Mail.

En effet, depuis cet automne et encore sûrement jusqu'à mars, comme le reste des grandes entreprises et administrations du pays, il doit affronter le mécontentement des postiers sur leur salaire quitte à faire plusieurs jours de grève (Shocking!) tout en trouvant comme ne pas révéler à une commission parlementaire combien les actionnaires auront comme dividendes...

Royal Mail (l'opérateur britannique) étant privatisée, mais déficitaire dans un groupe international de messagerie fort profitable - International Distribution Systems (IDS) le nouveau nom de Royal Mail (le groupe) installé au Pays-Bas,...

... ses dirigeants (de l'opérateur britannique) ont décidé de remercier les actionnaires de leur patience pendant la crise covid-19 en leur reversant quasiment l'intégralité du profit 2021... Le syndicat des métiers de la communication (CWU) est furieux.


Le quinze février, Rob Davies du Guardian rapportent que les pirates ont rendu publics les échanges avec le négociateur de Royal Mail concernant le refus de celle-ci de payer les quatre-vingt millions de dollars des États-Unis de rançon.

L'argument des hackeurs étaient : la rançon équivalait à un demi-pour cent du chiffre d'affaires de Royal Mail alors que l'amende pour manque de protection des données pouvait attendre quatre pour cent selon un règlement de l'Union européenne, conservé après le Brexit, si les données étaient publiées donc considérées comme perdues.


Et le négociateur de devoir expliquer toute ma longue partie capitalistique face aux montants indiqués par ses interlocuteurs : ils confondaient le chiffre d'affaires de Royal Mail (le malheureux opérateur britannique privatisé que personne n'aime) et les profits du service colis d'International Distribution Services, encore récemment appelé Royal Mail Group...

“All we have had is losses.”

Mais comment prouver que « Tout ce que nous avons sont des pertes » d'un million de livres sterling par jour en 2023 ? En envoyant le lien vers un article du Guardian justement, probablement celui de Mark Sweney du quatorze octobre 2022 annonçant dix mille licenciements et quatre cent cinquante millions de livres de perte en 2022.

Les pirates ne se démontèrent pas : sûrement que les directeurs de Royal Mail disposaient de suffisamment de crypto-monnaie pour en « finir avec ce cauchemar ».

 À partir du vingt-huit janvier, face au refus des directeurs, les échanges ont été publiés sur un darknet, un des multiples réseaux internet d'accès restreint, tout en conseillant à Royal Mail de changer de négociateur.


L'enquête criminelle étant en cours, Royal Mail n'a pas commenté cette divulgation et a annoncé ce mardi vingt-et-un février reprendre complètement les envois et livraisons internationaux. Discrètement, elle avait repris les délivrances à domicile des lettres et colis importés, puis repris doucement les exports bloqués depuis début janvier.

L'entreprise publique Post Office, qui gère les bureaux de poste et les relais postaux en commerces - oui le système britannique est une plaie -, annonce une prime à ses employés et franchisés qui auront à gérer des envois internationaux en mars et avril. Probablement pour deux raisons : compenser le manque à gagner et la colère des clients et des commerces exportateurs pendant ces semaines de crise, et le surcroît de tâches au guichet. En effet, le temps de remettre à flot tout le système informatique, ce sera au bureau que la déclaration numérique douanière sera remplie et non de son domicile par l'expéditeur.


À suivre ?

samedi 7 mai 2022

Du carton philatélique (3/3) : faire emballage de tout carton en Croatie

 Dernier envoi en date, après commande sur WOPA+, la poste croate avec des principes d'emballage déjà vu... et une surprise.

Enveloppe à bulles comblant toutes les caractéristiques des derniers articles de ce blog.

Du colis japonais à la francophonie de l'Union postale universelle, l'enveloppe à bulles résume mes articles récents :

- un coup de tampon indiquant le port payé au bureau de Zagreb en haut à droite,

- oblitéré d'un timbre à date du quinze avril 2022 de Zagreb 10505,

- un autre tampon indique l'expéditeur en croate : le site Hrvatska pošta, à Velika Gorica, avec son logo actuel,

- au stylo une croix signale qu'il s'agit de l'expéditeur et complète du nom du pays en anglais : Croatie,

- étiquette R avec code-barres de recommandation accompagnée de deux autocollant Prioritaire / Par avion,

- et, enfin,  code-barres du facteur français lors de l'échec de la première délivrance complété d'un autocollant du relais postal urbain Monoprix où s'est effectué la délivrance.

Visible, en haut à gauche, une bande de scotch permet de sceller l'ouverture de l'enveloppe et reprend le titre et l'adresse du site postal de Velika Gorica. "Odjel skladisnog poslovanja" que Google traduit en site d'entreposage. Velika Gorica est la commune où se trouve l'aéroport international de Zagreb.

Une enveloppe en carton au format A4 scellée par le scotch postal croate. Il s'agit du second scotch postal montré sur ce blog après le marcophile ruban de Royal Mail en 2007.

À l'intérieur, une enveloppe en carton au format A4, scellée du même scotch, contient une enveloppe jaune portant quatre lignes pour un adressage (recyclage à la polonaise ?).

Pour rigidifier encore la pochette des timbres face aux postiers hargneux du monde hostile, la pochette est calée dans l'enveloppe jaune par un carton de 16,2 x 12,5 centimètres épais de deux millimètres !!!

Le carton de deux millimètres d'épaisseur et son surprenant autocollant.

Ces derniers mois, j'en ai vu du carton de service philatélique ou de collectionneurs exportateurs pour protéger des timbres commandés... mais pas aussi épais, ni avec un autocollant dessus qui montre quelle fut la vie antérieure du carton.

Merci à l'application Google Traduction : sous ce carton se trouva des timbres de la République croate de l'émission Locomotives de 2020.

L'émission des locomotives du cinq octobre 2020 (via Colnect.com).

En haut à droite, le petit texte indique comment ouvrir un paquet pour vérifier le nombre de timbres, avec un rappel qu'une ouverture totale ne permettra pas d'accepter de réclamation.

Enfin, une date imprimée (vingt-et-un septembre 2020) et une signature au stylo du contrôleur.

Ce carton fermait-il le colis reçu par la poste croate depuis l'imprimerie ? Un des colis confectionné pour être expédié vers chacun des bureaux du pays ?

En tout cas, pas de gaspillage, ces cartons servent à sécuriser les commandes philatéliques tout en dévoilant au collectionneur une des étapes précédant une émission de timbre.

Par contre, avec un carton aussi compact, ne serait-il pas possible d'utiliser des enveloppes cartonnées et à bulles plus petites ?

mercredi 4 mai 2022

Du carton philatélique (2/3) : recyclage de recommandé en Pologne

 Continuons avec l'enveloppe polonaise qui reprend un peu de plastique avec du papier-bulle : ce fait et d'autres éléments montrent que les services philatéliques prennent au sérieux les envois vers l'étranger. Il doit être très coûteux de s'échanger des courriers recommandés en cas de vols ou de dégradation du contenu.

La boutique web de Poczta Polska est disponible en polonais, allemand et anglais, les prix en złotys.

Recto de l'enveloppe recommandé du service philatélique polonais. Date d'expédition ? En tout petit en haut à droite.

Aucun timbre-poste... Un tampon polono-anglophone de ne pas plier. Le respect du français de l'Union postale universelle tient en deux mots enhaut à droite de numéro de la recommandation : « taxe perçue », qui est aussi le seul endroit où la date d'expédition est mentionnée : le quatre avril 2022.

Trois mots de français, tout le reste en polonais.

Google Traduction fournit une application sur smartphone qui propose des traductions à la volée.

On remarquera que la fermeture de l'enveloppe est scellée par la pochette plastique contenant les mentions d'expédition, de taxe perçue et de destination.

Ne passant ni par WOPA+, ni avec un paiement en carte bancaire ou par PayPal, c'est ma commande récente qui m'a demandé le plus de temps et qui encourage la marche à pied :

- 25 mars : commande réalisée sur la boutique web de la poste polonaise,

- 28 mars : envoi par courriel des coordonnées bancaires de la poste polonaise,

- trouver un jour pour aller au guichet bancaire pour effectuer un virement européen (plus frais),

- 31 mars : accusation de réception du montant de la commande,

- 1er avril : réalisation de la commande,

- 4 avril : expédition postale,

- 9 avril : premier essai de distribution par La Poste (reporté au relais postal urbain = autocollant Monoprix habituel),

- 12 avril : avoir le temps d'aller chercher le recommandé au dit relais.

Néanmoins, elle est très solidement fixée dans son enveloppe :

Un des quatre contenant de cette commande : une enveloppe à étiquette détachable.

Dans l'ordre de l'épluchage, après l'enveloppe à bulles, cette enveloppe blanche dont la partie jaune est adhésive et détachable. À la traduction, elle fait figure d'accusé de réception avec signature pour un envoi national.

A l'intérieur, deux cartons d'un millimètre d'épaisseur chacun maintenus par quatre autocollants faisant office de sceaux - impliable sauf à le faire violemment exprès - contient une petite enveloppe A5 à quatre sceaux avec les timbres commandés.

Un peu de plastique et d'adhésif, mais du carton solide.

On apprécierait juste que Poczta Polska accepte les paiements par carte bancaire internationale ou système de type PayPal, quitte à augmenter les frais d'expédition - ma banquière a été gentille de ne pas compter le forfait fixe du transfert qui coûtait la commande. Combien de clients abandonnent la transaction face à cette annonce au guichet ?

mercredi 6 avril 2022

Francophonie postale dans les pays baltes

 Suite à mes commandes des timbres de soutien à l'Ukraine, voici ce que reçoivent les clients des services postaux de Lettonie et d'Estonie ; un détour final passera par la Lituanie grâce à Gibbons Stamp Monthly.

Entier de service postal envoyé de Lettonie en recommandé vers la France en mars 2022.

Point de timbre-poste, mais un entier de service en français de l'Union postale universelle dans le coin supérieur gauche : « service des postes » traduit en anglais par « pour le service postal », et « recommandé ».

L'étiquette portant l'adresse du destinataire fait office d'étiquette de recommandation avec le code international. Le site de la Latvijas Pasts indiquant un départ de Riga le quatorze mars 2022, une première tentative de délivrance par le facteur le samedi dix-neuf (code-barres collé en biais), puis la délivrance le mardi vingt-deux mars. L'étiquette rouge Monoprix indiquant que celle-ci eut lieu au Relais urbain postal du quartier Port Marianne, à Montpellier.

Entier de service postal envoyé d'Estonie en recommandé vers la France entre mars et avril 2022.

Pour l'Estonie, même logique d'entier postal « service des postes », mais un peu plus de couleurs pour l'étiquette de recommandation noire et rouge. Un coup de tampon permet d'avoir l'adresse du service philatélique de la poste estonienne... qui est plus que le nom du groupe Omniva.

Omniva depuis 2014 est l'entité postale de l'Estonie, qui vise le marché balte. La tradition marketing des noms d'entreprise en latin n'a pas totalement disparu.

Cependant, pour l'aspect postal et la date, c'est plus clair : une oblitération de Tallinn du trente mars 2022 donne le départ, avec arrivée en centre de tri le lendemain, selon le site de suivi.

La délivrance a eu lieu ce mercredi six avril, toujours au même relais postal urbain, même autocollant rouge.


Dans les deux cas, le contenu est solidement emballé : difficile de plier la lettre en cours de route. Deux cartons fins pour la Lettonie, un seul cartonnet mais une enveloppe de protection scotchée dessus pour l'Estonie.

J'ai passé ma commande sur le site Wopa+ par commodité du mode de paiement (on en reparlera quand la commande polonaise arrivera).


Pour la Lituanie, c'est par surprise courant mars avec le numéro paru en février et daté mars 2022 de Gibbons Stamp Monthly qu'elle arrive.

Étiquette lituanienne d'affranchissement économique d'un magazine britannique en février ou mars 2022.

Le mensuel britannique semble être passé de la poste des Pays-Bas à la poste lituanienne, avec une période allemande, pour l'expédition d'une partie de ses numéros vers l'étranger.

Ici, par contre, c'est l'anglais international qui prime.

Libéralisation du courrier, coût économique et coût environnemental du kilométrage parcouru...

mardi 2 novembre 2021

Dans le monde de la libéralisation postale : où est l'espoir ?

 Depuis les années 1970-1980, le libéralisme anti-Étatique fondé sur libéralisation et déréglementation des services essentiels (eau, énergie, communication, etc.) pour les rendre rentables aux yeux d'actionnaires privés est à la mode... et résumable en un principe simple : « Privatiser les gains, nationaliser les pertes » qu'elles soient économiques ou sociales.

Car l'actualité apporte régulièrement les conséquences parfois positive, souvent critiquable de cette voie dans les secteurs des postes et transport de colis, peuplés d'entreprises-mères et de filiales publiques et privées aux comportements qui m'interrogent et m'inquiètent de plus en plus.


Côté philatélie - commençons par le plus futile mais le diable ne se cache-t-il pas dans les détails ?

L'auteur du blog Israel Stamps Review (@Stamps_Israel sur Twitter) se proposait, ces dernières années, de présenter les nouvelles émissions de timbres israéliens et d'en critiquer l'art. Ce dimanche trente octobre 2021, il annonce cesser de collectionner ces nouveautés.

Comme beaucoup de postes qui se pensent modernes, donc ultra-profitables, la poste de ce pays a considéré la philatélie comme une coûteuse vache à lait. Les lecteurs français se souviennent sûrement de la période pré-Livchitz de Φlaposte : forte incitation à s'abonner ou commander uniquement par correspondance, disponibilité décrue des timbres commémoratifs dans les bureaux.

Imaginez cela en pire : pas de calendrier annuel ou semestriel des émissions, qui sont annoncées du matin pour le jour même, timbres non disponibles dans les bureaux... Et, étonnement, pas même au bureau principal de Jérusalem. Rappelons que l'extrême est britannique où la Royal Mail privée émet les timbres vendus dans les bureaux d'une entreprise publique qui doit être rentable, le Post Office...[1] Bon courage pour trouver des timbres illustrés de feuille.

Des conclusions me viennent. D'abord, que ceux qui ne jurent que par la valeur-rareté en philatélie lâcheront φl@πoste... dans le sens du verbe « lâcher » qui leur plaira >:)

Soit abandonner la collection des nouveaux timbres de France pour se jeter sur ce genre de pays et en collectionner les premiers jours d'utilisation commerciale. En effet, comment un collectionneur peut-il confectionner des premiers jours à ses correspondants, des cartes-maximums pour son plaisir dans de telles conditions ? Grande rareté annoncée.

Soit feront du tri dans leurs achats français, les réaliseront avec un plaisir renouvelé et multiplieront les correspondances écrites bellement affranchies en se disant que l'actuel directeur du service philatélique a réussi à remettre les timbres dans une partie des bureaux dans le contexte, que je comprend ultralibéral, du groupe.


Ces élans de rentabilité sur philatélie, plutôt contre-productifs, alors que plusieurs parties du vaste monde montrent que la philatélie est loin d'être morte : depuis les postes des continents du Sud qui promeuvent services postaux et timbres-poste grâce au fait que la population a davantage accès aux réseaux sociaux qu'elles alimentent abondamment (le Guatemala n'est qu'un exemple) qu'aux publicités possibles dans la presse imprimée et à la télévision.

Jusqu'aux collectionneurs chinois et de la Péninsule arabique qui organisent rencontres et salons jusque dans les centres commerciaux des émirats, au plus près du public donc, suivis par les postes régionales et les médias. Et au-delà les Américains de Mi Oficina toujours à proposer leurs vastes connaissances et collections sur YouTube.

À Sharjah, la semaine dernière, outre donc aux passants des commerces alentours, une exposition a fait connaître le loisirs auprès du public émirati à la télévision, et la poste d'Oman a profité d'une collection médaillée pour interviewer un collectionneur spécialisé dans ce pays.

Certes, la France dans la communication philatélique n'est pas un désert. Mais plusieurs postes et services philatéliques européens gagneraient à trouver inspirations au loin. Dernièrement, j'ai découvert qu'en Irlande et au Japon, quelques postiers tiennent au nom de leur bureau local un compte sur les réseaux sociaux pour s'inclure dans la vie du bourg ou du quartier, tel celui de Newbridge rappelant son histoire et son évolution (colis...), à une quarantaine de kilomètres de Dublin.


Par contre, en France, profitons du courrier qu'on peut encore envoyer et recevoir car je jurerais que des cadres postaux le considèrent comme une activité détestable, comprendre non rentable et pour laquelle il faut embaucher soi-même.

Certes, il y a eu, cet été, des articles annonçant la subvention complémentaire de l'État pour assurer le service universel sur tout le territoire national : et oui, quand on libéralise un service public, ce n'est plus vous le client, c'est l'État. Voyez du côté du chemin de fer quand la Société nationale des chemins de fer a fait comprendre à l'État que plus de trains interégionaux ou de nuit supposaient plus de subventions du client qui les demande...

La semaine dernières, des postiers syndiqués du centre de distribution de Montpellier-Rondelet ont alerté la presse locale de la dégradation à venir du service courrier pour les destinataires. Encore une fois hélas.

Alertes publiées dans Métropolitain le vingt-huit et Midi libre le trente-et-un octobre dernier : le logiciel de calcul de la durée des tournées de facteurs fait encore des siennes : à la prochaine réorganisation des tournées, il considèrera le facteur prêt à partir trente minutes après le début du tri...[3] qui prend au moins une heure et plus ! Un recommandé ne doit pas prendre plus de dix secondes à être délivré au lieu d'une minute trente depuis 2019... N'attendez plus chez vous la livraison d'un recommandé !

L'intelligence artificielle étant une technologie en construction et très coûteuse, j'imagine d'où proviennent les idées saugrenues qui anime le logiciel de tournées... Sachant qu'à ma connaissance, La Poste n'a pas répondu à ces articles à ce jour.

Yaka, faux con, m'accusera-t-on d'être. Peut-être. Il est vrai qu'un destinataire peut ouvrir un compte sur le site ou l'application de La Poste et, dès qu'il a connaissance du code de suivi, rediriger le colis ou le recommandé vers un bureau ou un point-relais à sa convenance. C'est une conséquence pratique de la libéralisation : au client de se prendre en main et, de là, sauver un peu la forme du facteur qu'on presse.

Mais, je me demande : pourquoi les facteurs-courrier, dont le président de La Poste prétend, dans les émissions de radio, être fier de les voir si nombreux six jours sur sept sur toutes les routes de France, n'ont-ils pas la charge d'une partie des colis, parmi les moins volumineux ? À faire la promotion avec la complicité d'élus locaux de véhicules aux formes de gadgets autonomes ou légers électriques pour la ville (ici en 2021, mais Montpellier est un petit laboratoire : rappel 1 et 2) , pourquoi ne pas s'en servir et revoir le périmètre de partage entre facteurs-courrier et facteurs-colis dans les zones urbaines ?

Au lieu de cela, tous les six mois, à chaque réorganisation des tournées, la presse locale évoque les mouvements de grève et d'angoisse des postiers dans les bureaux de distribution sans que les journalistes - aussi pressurés par leurs actionnaires - n'osent d'enquêtes nationales. Et les postiers titulaires espèrent partir avec indemnités et les contractuels espèrent des contrats de titulaires... Ça ressemble aux primes de départ volontaire chez Amaz... Oups.


Excusez-moi, enquête nationale il y a eu, ça a fait mal : Noël 2015 et Envoyé spécial...

Et puis non, rien, pas de suite. Les consommateurs-électeurs occidentaux s'en foutent : tant que le colis part et arrive, peu importe l'entreprise qui a la charge du transport et la souffrance de ses employés au milieu.

Aux États-Unis, le dernier été de la présidence Trump, en 2020, il aura fallu que la direction de la poste états-unienne retira des boîtes aux lettres des rues des centres-villes, des lotissements et des hameaux pour que le public réalisa ce que l'administration républicaine entendait par rendre rentable la poste. Choc chez les ruraux, pour lesquels mêmes les courses du quotidien sont sous-traitées par les grands groupes à l'United States Postal Service, entreprise odieusement publique, mais la seule acceptant de livrer à perte dans ces lieux à l'écart.

À Paris, Gurvan Kristanadjaja, journaliste de Libération connu pour ses enquêtes sur les travailleurs sans-papiers, a suivi le vingt-cinq octobre une manifestation de livreurs de supermarchés.

Nouvelle publiée par le journaliste Gurvan Kristanadjaja sur Twitter, le vingt-cinq octobre 2021.

Une chaîne de supermarchés vous promet la livraison de vos courses, activité qui est sous-traitée quatre fois, nous apprend-t-il.

Je comprend pour la première : le supermarché - lieu de stock et d'encaissement - préfère déléguer à une entreprise spécialiste de la livraison sur demande et, en effet, comment prévoir chaque jour le nombre de clients demandeurs, le volume des livraisons, leur géographie, avec des produits périssables et des horaires à caler.

Mais, pourquoi sous-traiter des livraison à domicile au « service de livraison de colis en relais et consignes n°1 en France de @DPDgroup_news, le réseau international du @GroupeLaPoste » ? Soyons ouvert d'esprit à la division parisienne du travail : si le premier sous-traitant a les compétences de gestion, ce second aura alors les véhicules et les livreurs...

Même pas ! Ce réseau, filiale du Groupe La Poste, sous-traite aux petites entreprises qui ont les numéros de téléphone de livreurs auto-entrepreneurs (ou micro-entrepreneurs dans le vocabulaire officiel actuel)... Un statut sarkozien de 2008 qui fait porter beaucoup de risques et de coûts à des travailleurs individuels, voire très isolés des syndicats et en position de faiblesse, notamment ici l'absence de visa ou la peur de ne pas voir leur visa renouvelé faute de revenus réguliers.

Je vais continuer à traîner mes courses à pied. Ce n'est pas une solution globale, je sais.[2]


Néanmoins, dans ce système libéral supposé de « liberté du choix », il faut considérer que la faute en incombe aussi aux clients expéditeurs et destinataires qui, en effet, ne se posent pas assez de questions sur les coulisses du marché proposé et du fonctionnement de l'économie actuelle, depuis la livraison de courrier-colis-repas du soir par des travailleurs angoissés jusqu'à la production alimentaire de ce qu'ils ingèrent ou du dernier gadget à batterie intégrée non remplaçable qu'il faudra bien remplacer un jour.

Outre le report systématique des achats et commandes à des commerces proches, et sans livraison exploitant des auto-entrepreneurs mal considérés (mon Dieu, l'abattement des livreurs sous-traitants qui doivent absolument déposer le colis avant quatorze heures quand un de mes voisins est absent pour être payé sans pénalité. Quelle pitié...), j'essaie de suivre des gens sérieux ou thématiquement liés à mes goûts sur les réseaux sociaux, mais ils peuvent de temps à autre reprendre des choses étranges et qui révèlent qu'être rentable avec du courrier de nos jours est une activité très difficile.

Telle cette étudiante qui annonce publiquement, ce week-end, que ses grands-parents se sont vivement inquiétés d'un possible accident dans la grande ville... Et oui, ils étaient sans réponse à un courrier qu'ils lui avaient envoyé depuis plus d'une semaine. Justification : nous avons une génération montante qui vérifient très rarement sa boîte aux lettres physique...

Ce qui permet d'en revenir au premier exemple israélien : quand la poste rentable ne propose plus de timbres ou de temps d'accueil aux clients dans ses bureaux, comment les enseignants pour les enfants et les formateurs pour les étrangers, apprenant les us et coutumes, peuvent-ils être accompagnés et découvrir le courrier et les services postaux ?

Je suis tombé dans la philatélie quand l'administration postale envoyait encore des facteurs dans les écoles primaires raconter l'histoire d'une lettre, avec, en cadeau, un timbre pour envoyer une lettre à ses parents, une petites pochettes de timbres oblitérés et un livret d'épargne avec dix francs offerts. Aujourd'hui, ce genre de choses doit faire siffler les oreilles des comptables de groupes postaux dans le monde occidental.

Ou alors, je suis déjà un dinosaure et certaines fictions d'anticipation, véritable apocalypse sociale, sont devenus une réalité. « Travaille ! Consomme ! Non, sois efficace : consomme à crédit en travaillant à bas prix ! »


Et, covid-19 aidant, tout cela alors que la transmission de courrier et de colis est un service reconnu comme universel, qui doit accessible à tous, expéditeurs comme destinataires, car essentiels pour le bonheur réel. Et c'est dans un quotidien britannique, pays victime du thatchérisme et de l'austérité de l'État, que cela est formulé.

Le premier novembre, Angelique Chrisafis, depuis Paris, a fait le point, pour les lecteurs britanniques du Guardian, sur la proposition de parlementaires français d'imposer des frais de port minimum à tous les libraires, sous-entendu aux géants comme Amazon qui les limitent à un centime.

Après explication du prix unique du livre en France pour rémunérer convenablement chaque métier de l'écriture, de l'édition et de la distribution, la journaliste explique comment les trois fermetures générales des commerces à cause de la pandémie du covid-19 a permis de constater la soif de lire des citoyens et le regain du consommer local d'une part, mais aussi du rôle essentiel du réseau postal à cette fin.

Lors du second confinement de l'automne 2020, la subvention publique accordée aux librairies pour les frais de port auprès de La Poste a permis à ces dernières de rester rentables malgré l'absence d'économies d'échelles. D'où à présent l'idée pour éviter de subventionner les petits de « taxer » les grands afin de protéger la diversité des entreprises, des auteurs et des thématiques mis en avant dans les librairies.

Un peu de justice économique dans ce monde de brutalité sociale.


Notes du jeudi quatre novembre 2021 :

1 : Et, la réalité continue au Royaume-Uni. Alors que les stylos et feutres oblitèrent déjà beaucoup de courrier et colis timbrés autant dans les bureaux de Post Office que dans les centres de tri de Royal Mail, les employés des bureaux de poste ont reçu une consigne autorisant l'oblitération au stylo, rapporte Norvic Philatelics.

Depuis mars 2021, des Machin de deuxième classe sont en vente : d'un grand format complété d'un code data matrix différent à chaque timbre - bientôt la lettre suivie ? Or, le système britannique semble nécessiter que ce code ne soit pas gêné par des traces d'encre (?!!).

Donc, une consigne a été passé aux bureaux : oblitérer à date sur la figure de la Reine mais pas sur le code-barre. Mais, en cas d'apposition de plusieurs de ces timbres sur une enveloppe large ou un colis, seul un timbre doit être oblitéré, les autres pourront être annulés au stylo !

2 : Merci à l'impatience klaxonnante face aux livreurs qui stationnent légèrement sur la chaussée au pied de l'immeuble ce matin : outre les dangers de la route auxquels font face les livreurs (dont on ne sait donc plus si ce sont des salariés titulaires, d'un sous-traitant ou des auto-entrepreneurs eux-mêmes sous-traitants), les livreurs des grands groupes privés de livraison sont très souvent au volant de véhicules de location.

La sous-traitance, un vaste sujet.


Note du dimanche neuf janvier 2022 :

3 : La suite sur la réorganisation de fin 2021 dans un article de ce dimanche, après un reportage de TF1 et deux de France Culture sur la vie quotidienne des facteurs.