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mardi 28 octobre 2025

Des artistes du timbre reconnus dans l'actualité philatélique

 Des collectionneurs de timbres apprécient de découvrir les artistes qui signent les petits papiers dentelés qu'ils amassent et organisent. Quelques exemples récents.

Le courriel d'annonce d'une vente d'impressions inédites de David Gentleman au profit du Postal Museum de Londres (daté du vingt-quatre octobre 2025).

The Postal Museum de Londres a reçu un don d'impression de dessins que David Gentleman a réalisé dans les tunnels du petit train postal, qui a servi sous les rues de la capitale londonienne. Leur vente démarre le mardi quatre novembre 2025 et le produit permettra de financer les opérations du musée.

Sur le site web du musée, il est rappelé l'importance de Gentleman dans l'histoire philatélique britannique, au temps de la généralisation des timbres commémoratifs et illustrés : gravure sur bois, créations plus contemporaines dans la lignée du design commercial, et comment il a établi le caméo de la Reine Elisabeth II lorsque le Maître général des postes Tony Benn tenta de remplacer la photographie Wilding par le nom du pays.

En-tête de l'entretien entre une membre de Postcrossing et l'artiste du timbre portugais João Machado, le vingt-cinq octobre dernier.

Le lendemain du courriel du musée londonien, sur le blog de Postcrossing, le site d'échanges de cartes postales en aveugle, Clarisse a proposé un entretien avec João Machado qui crée des timbres pour Correios de Portugal (CTT) depuis 1987.

Livre jeunesse, affiches, multiples techniques manuelles, couleurs vives... Le touche-à-touche de l'illustration a fait de même au cours de sa carrière philatélique, dont le timbre en liège en 2007.

Logotype de Nordfrim, marchands de timbres, de catalogues et de matériels de collections.

Reconnaissant la popularité et la longévité de certains artistes, Nordfrim propose une case à cocher « Martin Mörck » dans la liste des timbres en vente, et même, récemment, des paquets de timbres signés du norvégien Mörck pour accompagner son millième timbre féroïen ou du groenlandais Jens Rosing (1925-2008) dont la poste de sa nation a célébré le centenaire.

samedi 2 mars 2024

Deux graveurs en une de The American Philatelist d'octobre 2023

 En octobre 2023, The American Philatelist, la revue de l'American Philatelic Society, a mis en une le travail des artistes du timbre, notamment la gravure.

Couverture du numéro de septembre 2023 de The American Philatelist.

 Après son article principalement sur les styles de Martin Mörck publié dans The London Philatelist de décembre 2022, Armağan Özdinç approfondit grâce à plusieurs photographies avec le graveur prises par Truls Mörck, notamment la réalisation d'une épreuve avec une presse à levier hydraulique fournie par la Banque centrale de Norvège.

By Mörck : si vous le voyez, achetez-le !

Il poursuit, toujours nombre d'image des timbres et des étapes de leur genèse, avec plusieurs thématiques philatéliques de Mörck : portraits, navires et espace polaire. L'auteur rappelant que l'excellent livre-entretien By Mörck de Jon Nordstrøm reste la référence biographique.

Matthew Healey propose à un lectorat principalement nord-américain un article sur le Français Pierre Gandon, illustré de ses réalisations coloniales, d'usage courant et de grands format après l'Occupation et l'État français de Pétain.


The American Philatelist fait partie des avantages de l'adhésion à l'American Philatelic Society, sans plus pour la version en ligne (35 dollar des États-Unis par an) et accès aux archives, avec frais de port pour la version imprimée (65 USD au-delà du Canada). Dans le numéro ici présenté, trois grands autres articles étaient proposés, dont un dans une série éduquant aux différents modes de vente de type enchères, ainsi que des colonnes mensuelles.

Depuis quelques années, la publication propose un thème de deux ou trois articles chaque mois, avec des numéros spéciaux trois ou quatre fois par an. Pour le dernier trimestre 2023, ce fut celui de novembre sur les liens intimes entre philatélie et numismatique.

vendredi 11 août 2023

Mille de mille et un et deux aux Féroé

 Cette semaine, du jeudi dix au samedi treize août, a lieu le Great American Stamp Show 2023 à Cleveland, dans l'Ohio : l'exposition nationale de l'American Stamp Society, de l'American Topical Association et de l'American First Day Society, les trois principales organisations de collectionneurs basées aux États-Unis.

L'image-logotype du Great American Stamp Show, avec vue de Cleveland (via American Stamp Society).

Nombreuses activités, stocks de marchands, collections compétitives, de prestige ou de plaisir exposées, réunions et conférences diverses et variées. La poste états-unienne y propose des cérémonies premier jour : une feuille de seize timbres de vues au microscope de la vie sur Terre et une autre de seize reprenant cinq illustrations célébrant l'été.

Cela peut être suivi, notamment sur les fils Twitter de la blogueuse #philatelythings, de celui de l'USPS (ceux préférant Facebook trouveront peut-être les vidéos des cérémonies premier jour organisées par l'USPS avec les autorités et associations liées au thème des émissions), et du mot-dièse #GASS2023.

Le millième timbre de la poste des îles Féroé depuis 1974.

Une autre entreprise postale promeut sa philatélie à Cleveland ces trois jours : Posta, anciennement Postverk Føroya, avec deux timbres événementiels pour les collectionneurs contemporains.

Jeudi dix août, Posta a émis son millième timbre-poste : un cairn dans un paysage typique de l'archipel réalisé par Edward Fuglø. L'autonomie philatélique des Féroé a débuté en 1975 quand la poste danoise a émis la série des cartes spécialement pour le territoire autonome, qui gère sa propre poste à partir du premier avril 1976.

Le mille-et-unième timbre des Féroé et millième de Martin Mörck !

Le lendemain, vendredi onze août, le mille-et-unième timbre féroïen est aussi symbolique puisqu'il s'agit d'une gravure de Martin Mörck, le millième timbre de sa carrière philatélique internationale, à partir d'une peinture d'Emile Krause de 1933, représentant des pêcheurs.

Des timbres de fortes valeurs faciales : environ 6,70 euros pour le cinquante couronnes danoises et 13,40 euros pour le millième timbre, disponible sur la boutique web de Posta (disponible en français).


Pour finir, ce même onze août, les postes des Féroé et du Groenland marquent par une émission conjointe la deuxième mission de l'astronaute danois Andreas Mogensen sur la Station spatiale insternationale ISS. La partie de la mission européenne qu'il représente porte le nom d'un des corbeaux d'Odin... Les thématistes seront heureux.

Pour les amateurs des curiosités timbrées, sachez que certaines émissions des Féroé sont encore disponibles sur leur boutique : cuir de poissons, gravure et timbres taille-douce spéciaux, etc.

dimanche 22 janvier 2023

Un hommage gravé à la Reine Elisabeth II par la RPSL

 Avec son mille cinq cent-et-unième numéro de sa revue The London Philatelist, la Société philatélique royale de Londres a offert à ses membres un portrait gravé de la Reine Élisabeth II, patronne de la Société, réalisé par Martin Mörck à l'initiative de plusieurs membres.

L'arrivée du London Philatelist de décembre 2023.

L'éditorial de Tony Bard et un article de Armağan Özdinç explique la genèse et la réalisation artistique du projet, débuté comme un hommage pour son jubilé de platine, et achevé comme une commémoration après sa disparition, le huit septembre 2022.

Tony Bard souhaita ouvrir l'année éditoriale 2022 par une photographie de la Reine ; l'ancien président de la RPSL Frank Walton lui procura une signée aux initiales par Dorothy Wilding qui inspira la première série d'usage courant du règne élisabéthain. Elle est reproduite dans le numéro 1492 daté janvier-février 2022.

Lors de l'exposition internationale London 2022, en février, Bard rencontra Armağan Özdinç, membre états-unien de la Société, grand connaisseur de l'œuvre de Martin Mörck, et l'artiste lui-même - il avait déjà réalisé une vignette érinnophile pour Stockholmia 2019, l'exposition des cent-cinquante ans de la RPSL, et y avait assisté pour l'émission d'un timbre gravé de l'Administration postale des Nations unies à l'effigie de Kofi Annan. Il proposa à Walton, qui accepta immédiatement, de créer un souvenir du jubilé offert aux plus de deux mille deux cents membres.

Le Bureau de la RPSL, Özdinç et Mörck, et les mécènes Karl Louis et Dieter Michelson du groupe Global Philatelic Network ont réalisé les étapes de ce projet.

Début octobre, le bas-relief d'Arnold Machin ornait la couverture du numéro de deuil ; en bas à droite, un petit logotype a marqué chaque numéro de 2022 pour les cent trente années de publication de la revue.

Les amateurs de Martin Mörck connaissent ses timbres, les souvenirs proposés autour par les services philatéliques, et sûrement, le livre-entretien By Mörck de 2016, apprécieront l'article "Martin Mörck: Master Portrait Illustrator and Engraver" de Armağan Özdinç.

Dans celui-ci, l'auteur détaille les différents styles utilisés par Mörck au cours de sa carrière portraitiste - en reprenant les mots anglais : Free, Dot, European Classic, American Banknote - avec des exemples de timbres respectivement des États-Unis (Mary Breckinridge de 1998), de Monaco (Gandhi de 2019), du Danemark (Reine Margrethe II de 2010) et France (Jean-Baptiste Charcot de 2007), et enfin de Jersey (Churchill de 2015).

Deux timbres utilisant deux de ses techniques sont également montrés : Naomi Uemura sur timbre du Groenland de 2011 et la Reine consort de Suède de 2005.

Ensuite, Özdinç détaille les deux projets que Mörck vient de réaliser pour la Royal Philatelic Society London. Lors de Stockholmia 2019, le président Patrick Maselis proposa la réalisation du portrait des quatre-quatre anciens présidents de la Société. L'artiste explique comment il a dû travailler pour maintenir un style commun, surtout pour que le regard considère des portraits gravés alors qu'ils n'ont pas été imprimés en taille-douce ou en céroplastie (? traduction de wax relief printing ?).

L'auteur, avec photographie de l'artiste au travail, approfondit le travail sur le portrait de la Reine Élisabeth II à partir de la photographie de Dorothy Wilding, expliquant les différences entre les deux portraits, l'importance de l'angle des lignes de traits et de points dans l'appréciation du portrait.

Le six septembre 2022, les premiers essais ont été imprimés, deux jours avant l'annonce du décès de la Reine. Deux mille cinq cents portraits ont été imprimés en wax relief et chacun signé au crayon par Martin Mörck, puis glissé dans une enveloppe portant les armoiries du Royaume-Uni au recto et le logotype du mécène au verso.

Au milieu du numéro 1501 du même London Philatelist de décembre 2022, le portrait et les deux faces de l'enveloppe sont reproduites page 563, et un texte des mécènes explique leur démarche, avec leur photographie lors d'une rencontre avec le Roi de Suède lors de Stockholmia 2019 sur la page 532.


Les thématiques élisabéthaine et mörckienne, ainsi que celles liées à la gravure, sont grandement enrichies par de telles réalisations.


The London Philatelist est édité à raison de dix numéros par an à destination des membres de la Société philatélique royale de Londres, qu'ils reçoivent à domicile et dont ils peuvent rechercher et télécharger les anciens numéros et articles à partir du moteur de recherche du site de la Société.

L'American Philatelic Society a interrogé Armağan Özdinç sur sa passion pour l'œuvre de Martin Mörck en juillet 2021.

mardi 3 décembre 2019

Promotion de la philatélie en Chine

Découverte grâce à Agnieszka Trzaskowska de la poste polonaise, ce reportage du dix-huit septembre 2019 de Radio Chine Internationale présente le nouveau statut de puissance philatélique de la République populaire de Chine de nos jours.

Il est centré sur Dong Qi, une des artistes du Bureau d'impression du timbre-poste de la poste chinoise, qui y montre alternativement son travail d'illustratrice et celui de graveuse. Les émissions philatéliques présentées sont choisies avec soin : alliant tradition et modernité architecturale chinoise, relations pacifiques avec le monde (la passation olympique avec Londres), et Nouvel An chinois de 2019 (avec son discret message nataliste ?).

Même si elle a appris la gravure et d'autres arts graphiques avec des aînés chinois, l'ouverture au monde est également illustré par l'accueil de compétence étrangère : Dong Qi fait partie des dix artistes formés à la gravure par Martin Mörck - une expérience que le Suédois a évoqué dans le livre-entretien By Mörck. À la proposition chinoise d'en faire le graveur attitré de la poste chinoise, celui-ci les avait plutôt convaincu de former une nouvelle génération de graveurs.

Sur le plan intérieur, le reportage est partie d'une série One in a Billion - un parmi un milliard - sur des individus aux métiers particuliers. Sept sont accessibles par ce site-là. Enfin, pourquoi Dong Qi parmi les dix autres graveurs ? Elle a passé sa jeunesse au Xinjiang avant de profiter de l'opportunité de travailler à Pékin au Bureau d'impression du timbre-poste à partir de 2005.

Un document à la fois didactique sur la création artistique et sur l'intérêt à découvrir les timbres-poste, autant que de propagande sur le soft power chinois et l'unité de la République populaire.

Malgré le scepticisme du porte-monnaie des collectionneurs occidentaux, le timbre-poste semble encore servir les collectionneurs et l'État... ailleurs.



Note : un autre article de ce blog sur l'expression de la puissance chinoise est encore très lu - sûrement car il doit apparaître dans les recherches liées au baccalauréat : c'est par ici et ça remonte aux années 1950.

mercredi 21 août 2019

Changements dans l'organisation de l'OPT de Polynésie

Une information postale de Polynésie française m'est passée inaperçue, ici en métropole : depuis le début 2019, l'organisation du groupe Office des postes et télécommunications de la collectivité d'outre-mer française a changé.

Et cela se voit désormais sur le courrier du service philatélique polynésien.

Un nouveau logotype au coin des enveloppes (sans timbrage) du service philatélique polynésien.
D'après cet article de Radio 1, le groupe public connaît un problème de déséquilibre interne : la partie télécommunications prospère quant la partie postale et financière (sans offre de crédit néanmoins) connaît un déficit.

En Islande, ce dernier souci est en train de se régler par licenciements et fermeture du service philatélique fin 2019, à la fois la vente aux clients étrangers et, si le gouvernement suivait la logique de la dirigeante actuelle, le possible abandon de l'émission de timbres-poste...

Auparavant, le logotype de l'OPT (et avec un timbrage bleu, peu fréquent).
En Polynésie française, le gouvernement local a décidé de répartir les activités de l'OPT en deux filiales - deux sociétés par actions simplifiée, les profits de l'une comblant les déficits de l'autre.

Côté télécom, l'OPT offrait de la téléphonie fixe. Sa filiale Onati a racheté Vini, fournisseur d'abonnements de téléphonie mobile, internet, fibre,... Un domaine en pleine croissance dans les archipels du Pacifique avec la connection du continent océanien aux réseaux mondiaux. Cela offre des débits suffisants pour l'usage des entreprises et des particuliers.

Côté poste et banque, « Fare Rata - La poste » comme indiqué sur le courrier reçu ce jour avec les annonces des émissions des sept juin et dix-neuf juillet dernier (dont un timbre-senteur Le Melon créé et gravé par Martin Mörck.

Dans un entretien donné à La Dépêche de Tahiti le trois mai 2019, le président de l'OPT explique quelques-unes des problématiques de cette transformation. L'OPT est désormais une direction, avec deux entreprises privées sous son contrôle. Il affirme que ce n'est pas une privatisation et qu'il va falloir travailler pour les clients, pas pour les agents et employés mis ensemble à partir d'entreprises différentes (en cherchant sur la toile, le mot grève apparaît cet été).

Mais, le contexte local est très concurrentiel, rappelant celui des zones isolées en France métropolitaine, celles où seules les entreprises publiques (ou anciennement publiques) vont par obligation légale et subventionnée, tout en faisant face à une concurrence féroce dans les secteurs urbains ou denses rentables qui pourraient permettre de financer le coûteux...

En Europe, c'est quelles entreprises privées accepterait de passer chaque matin dans les villages des Cévennes pour déposer et prendre de manière dispersée du courrier et des colis, poser suffisamment de fibres optiques ou d'antennes hertziennes ou 4G pour desservir moins de dix habitants par kilomètre carré ?

En Polynésie, ce sont les archipels les plus éloignés de Tahiti, île sur laquelle les concurrents de l'OPT profitent des revenus engendrés pour équiper leur réseau avec les meilleures technologies une petite partie d'un territoire maritime grand comme l'Europe.

Le débat service public / rentabilité capitaliste a encore de beaux jours devant lui. À retenir en voyant passer les annonces d'émissions de Polynésie ou devant le stand de l'OPT aux prochains salons métropolitains.

mardi 11 septembre 2018

Le SS Scandinavian promeut Stockholmia 2019

Aujourd'hui, mardi onze septembre 2018, j'ai reçu ma commande de feuilles de vignettes errinophiles promouvant Stockholmia 2019, l'exposition du cent cinquantenaire de la Royal Philatelic Society London.
La version numérique de la vignette créée par Martin Mörck (stockhomia2019.se).
Dessinée par le graveur norvégien et résident suédois Martin Mörck, elle représente le SS Scandinavian, navire britannique à voiles et à vapeur, qui a assuré la liaison entre Hull, en Angleterre, et Göteborg, en Suède, à partir de 1852.
Les deux sources d'inspiration du graveur (site Stockholmia2019.se, premier août 2019).

D'après une brève d'information du premier août sur le site de l'exposition, Mörck a trouvé son inspiration entre une peinture du navire, conservée au musée maritime de Karlskrona, pour la figure centrale et un timbre bicolore de Jamaïque de 1922 pour les couleurs et l'encadrement aux ancres et cordages.

Ceux qui souhaiteraient voir l'original de ce dessin, Mörck l'a offert à la RPSL pendant une réception, le trente-et-un août, en marge de Malmex 18. Il sera exposé au nouveau siège de la Société au 15 Abchurch Lane.


L'annonce de la mise en vente des cinq mille feuilles de vingt vignettes a eu lieu en juillet dernier. Elles sont vendus dix livres sterling depuis à la fois pendant les expositions philatéliques où Stockholmia 2019 est représenté, au siège de la RPSL Devonshire Place à Londres et par correspondance avec le port en lettre suivie à ajouter.

Une de mes deux feuilles est archivée, les vignettes de l'autre vont orner mes courriers et cartes Postcrossing des prochaines semaines.

Pour aller plus loin sur les relations postales entre le Royaume-Uni et la Suède, lire le livret d'une présentation du seize février 2018 qui a eu lieu pendant le salon Stampex de printemps.

dimanche 3 juillet 2016

By Mörck : un papillon de la Suède à la Chine en passant par le Groenland

L'auteur et éditeur d'art danois Jon Nordstrøm a récemment publié son entretien résumant son suivi pendant quelques mois de l'artiste et graveur norvégien, né et résidant en Suède, Martin Mörck, probablement le plus prolifique graveur de timbres-poste vivant depuis la disparition du Polonais Czesław Słania.
Mais pourquoi choisir la gravure d'un soldat chinois pour la couverture ? Parce que la philatélie et Mörck sont à la mode en République populaire (éditions Nordstroms via Nordfrim).
L'ouvrage très épais accorde une grande place aux reproductions d'une partie des timbres créés et gravés par Mörck (huit cents environ actuellement), et également aux photographies des moments de sa vie ou de pièces de ses collections personnelles.

Depuis sa naissance en 1955 au sein d'un couple d'artistes de Göteborg, Martin a accumulé simultanément une attitude très libre, d'apparence désinvolte même, envers les cadres de la société : l'école bof, des études entamées jamais terminées - pas même quand il suit l'école d'art où travaille son père, des emplois un temps allant de lâcher toutes études pour travailler sur un bateau de pêche... signer un contrat de graveur avec la poste suédoise pour y renoncer illico car il ne souhaite pas travailler dans un bureau imposé... Voire se lancer dans des explorations de plusieurs semaines aux îles Féroé avec sa petite amie et une moto qui n'y survivra pas, et au Groenland.

Pourtant, ce parcours - qui donnerait des suées glaciales à des parents de futurs bacheliers français - n'a pas empêché de donner au monde un artiste et graveur formidable, bourreau de travail, mais également un artisan capable de fabriquer un bateau en bois selon les techniques anciennes. Les passionnés de Mörck pourront chercher une scène de stade sportif où il s'est représenté tenant une maquette de son bateau d'alors dans les bras.

Désinvolte ou spontané et chanceux ?

L'artiste le répète à plusieurs reprises : il doit sentir les choses dans ses mains. La chance a aidé : la poste suédoise, au lieu de se braquer, le renvoie pour l'employer en free lance, à la tâche selon les besoins. Lisez et vous saurez comment il fut découvert ou découvre les postes de « petits pays philatéliques » européens : le Groenland et Mörck, le sujet d'un livre entier...

Et, même à soixante ans, il garde cette spontanéité à la fois désarmante et profondément humaine : quand la poste de la République populaire de Chine lui confie une émission sur les grands compositeurs de musique classique, il accepte. Quand elle veut qu'il devienne leur graveur attitré, ne voilà-t-il pas que Mörck propose plutôt de former des artistes chinois à la gravure ! Il a encore des projets avec la poste chinoise, mais celle-ci peut désormais travailler avec des graveurs nationaux grâce au fantasque Scandinave.

Les philatélistes et historiens postaux étudieront quelques enveloppes et timbres oblitérés de la collection très spécialisée de Mörck : le premier timbre de Norvège ayant servi pour une liaison par bateau entre deux ports norvégiens ?!!

Le livre en anglais se compose donc d'un entretien entre Nordstrøm et Mörck dans son studio d'artiste sur une île suédoise, concluant apparemment plusieurs semaines de préparation. Assez inattendu dans notre époque de médiatisation hyper-contrôlée, l'entretien est transcrit tel quel, pauses, hésitations, recherche de ses mots comprises...

Un très bon ouvrage qui vient compléter mon début de bibliothèque d'artistes du timbre.


Truc et astuce : entre l'annonce de la sortie du livre dans Timbres magazine de mai 2016 et mon achat, je me suis inscrit à la newsletter du marchand Nordfrim en attendant. Surprise, au bout de quelques semaines, un code-bon d'achat de dix euros me fut envoyé qui compensa largement les frais de port (cinq euros).


Mise à jour du mardi trois décembre 2019 :
Le dix-huit septembre 2019, Radio Chine Internationale a diffusé un reportage sur Dong Qi, graveuse de la l'imprimerie de la poste chinoise, une des dix graveurs formés par Martin Mörck, comme évoqué dans le livre By Mörck. Information repérée sur Twitter grâce à Agnieszka Trzaskowska de la poste polonaise.

dimanche 17 janvier 2016

Explorations arctiques entre Groenland et Finlande

Reçu grâce à une carte Postcrossing, oblitérée le vingt-neuf décembre 2015, ce magnifique timbre finlandais.
Graveur expérimenté, bleu glacial su noir profond... Quelle bonne idée eut la poste du Groenland avec ses émissions conjointes sur l'exploration polaire.
Certes, un usage tardif d'un timbre de 2008 issu des deux timbres finlandais de l'émission conjointe avec le Groenland, à l'origine de plusieurs dyptiques originaux : gravés par Martin Mörck, les opérateurs postaux se partageaient un grand timbre commun et deux timbres plus petits.

En 2008, ce sont les expéditions de Adolf Erik Nordenskiöld qui animaient les deux postes. Ce noble suédois et finlandais explora, principalement en bateau tel le Sofia, les côtes du Groenland, la Sibérie, ainsi qu'un tour de l'Eurasie avec retour par les côtes arctiques.

Le second timbre groenlandais montre un minéraliste effectuant un prélèvement tandis que la Finlande héritait du portrait de l'explorateur. Cette dernière émit également un grand feuillet avec ses deux timbres et le rocher prélevé en marge.

Les collectionneurs français reconnaîtront aisément le style et l'organisation de cette émission : en 2007, le quatrième Pourquoi pas ? de Jean-Baptiste Charcot (centenaire d'une de ses expéditions) illustra le grand timbre commun à la France et au Groenland. Le Groenland honora Paul-Émile Victor sur son second timbre pour le centenaire de sa naissance.

dimanche 14 juin 2015

Premiers bilans de London 2015 dans 'Stamp Magazine'

Pour la première tentative d'exposition européenne britannique entre deux expositions internationales décennales, l'édition datée juillet 2015 de Stamp Magazine publie plusieurs points de vue de visiteurs professionnels et de lecteurs... en attendant la réalité des nombres d'entrées et de chiffres d'affaires ?

La victoire londonienne de 2015 doublée d'une thématique fort opportuniste... Perfide, dirons les Français.
Le rédacteur en chef Guy Thomas souligne la foule du premier matin payant, le mercredi treize mai dernier, et avoue s'être volontairement perdu dans les rangées de marchands et d'animations proposées au lieu d'assister à l'inauguration officielle de l'exposition.

Exposition qui est au cœur des deux pages d'actualité avec photographies du vainqueur du Grand Prix, James Peter Gough (collection sur l'Union postale universelle et son impact sur les services postaux à l'échelle globale) et de la rosette grand-or pour le vainqueur du Grand Prix national, Alan Holyoake (Secured Delivery in Great Britain 1450-1852). Complétée par le palmarès des médailles grand or de la collection bolivienne de Arthur Woo à la thématique à plumes de Damian Läge, exposée après sa victoire à l'exposition-sœur thématique de Essen.

Un lecteur se plaint tout de même des deux rangées d'aérophilatélie mal éclairées et, je complète, dans lesquelles se trouvait la collection vainqueur de cette série : les pionniers de la traversée atlantique à partir de Terre-Neuve par Jean-Claude Vasseur1.


Les animations de prestige sont louées par Guy Thomas, autant que par son chroniqueur Richard West : les rarissimes moments de l'histoire postale par le Club de Monte Carlo, la plaque d'impression des Post Office de Maurice par la maison aux enchères David Feldman et les démonstrations de la presse du faussaire Jean de Sperati par la Royal Philatelic Society London, et avec le feuillet Winston Churchill en taille-douce, Jersey Post a permis aux visiteurs de rencontrer le graveur Martin Mörck.

Plus discrètement, derrière son stand de vente, la Royal Mail proposait également des petites conférences par ses créateurs de timbres telle Kate Stephens, dont plusieurs émissions sont consultables sur le blog du British Postal Museum & Archive.

Richard West, un des officiers de la Philatélie britannique, rappelle grâce à qui cette exposition intermédiaire a eu lieu malgré les doutes initiaux du principal financeur, la Royal Mail, et du monde associatif britannique : Bill Hedley.


Les nouveautés présentées dans ce numéro sont celles découvertes au Salon : la nouvelle série héraldique des timbres de distributeur Post & Go et la nouvelle étiquette pour machine de bureau de poste sur laquelle je reviendrai prochainement, mais également la faute d'orthographe qui a duré plus d'un jour sur les Post & Go de Gibraltar et son Wordwide up to 20g : un mot par courrier... digne retour aux premières cartes postales de quelques mots.

Au sujet des nouveautés, c'est le marchand internautique Ian Billings de Norvic Philatelics qui porte la controverse sur le bloc-feuillet du cent soixante-quinzième anniversaire du Penny Black dont sept mille cinq cents furent préparés avec surcharge Europhilex 2015 et vendus uniquement au salon et, en petites quantités, aux marchands.

Dans une lettre entière, Ian Billings décrit le processus de décision et de vente, les conséquences sur les collectionneurs arrivés trop tard chaque jour après la vente du quota quotidien, ceux qui ne purent se déplacer, les premiers jouristes déçus,...

Que des choses connues sur le continent, à Monacophil en 2009 ou lors de l'épisode dit de la Marianne du désir à Paris en 2010...

Hélas, pour monsieur Billings et autres collectionneurs de nouvelletés, l'expérience φrançaise montre que l'opérateur φl@télique ne comprend pas les raisonnements non financiers : voir dans le courrier l'annonce du second épisode des Trésors de la φl@télie et les soldes collector du c@t@logue d'été...


Bref, un grand moment où chacun a pu trouver ce qu'il cherchait, même des collections à étudier.


Note du mardi trois novembre 2015 :
1 : peu avant London 2015, Jean-Claude Vasseur a exposé sa collection de courrier aérien de Terre-Neuve au siège de la Royal Philatelic Society, feuilletable par ici.

samedi 3 mars 2007

Martin Mörck, l'art maîtrisé de l'offset-taille-douce

Le 7 juin 2006, Post Danmark a émis ce que j'estime être une des plus belles séries que je connaisse, bien que le thème me soit habituellement indifférent. Elle évoque une course de voitures anciennes qui se tient à Copenhague, à travers quatre timbres et plusieurs modèles de voitures.


(image téléchargée du site de Post Danmark, valeur faciale barrée par mes soins)

Sur un plan technique, je suis marqué par l’union parfaite de la photographie reproduite en offset avec la gravure en taille-douce. Cette dernière donne un aspect de gravures telles qu’on les trouve dans les journaux du XIXe siècle et du début du XXe siècle, surtout pour le 4,75 couronnes. Les deux techniques ne sont pas là seulement pour compléter les défauts de l'autre ; elles sont littéralement mariées.

L’artiste responsable de cette réussite est Martin Mörck, graveur norvégien, qui fête en 2007 les trente ans de l’émission de son premier timbre pour la Suède : la « Chouette hulotte », et dont vous pouvez régulièrement retrouver le talent sur des timbres du Danemark, des îles Féroé, de Monaco et de Suède.

Liens complémentaires :
* vers le site de Martin Mörck (en anglais et suédois) ;
* vers la boutique de la post danoise testée avec succès par Eric (en danois, allemand, anglais et français).