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vendredi 21 mars 2025

L'hyperinflation yougoslave de 1989-1994 dans The London Philatelist

 Des philatélistes et historiens postaux ont une passion pour les périodes d'hyperinflation, des augmentations dramatiques des prix, dont la répétition d'émissions de timbres à multiples zéros, puis les surcharges d'anciennes valeurs, puis des trouvailles diverses pour éviter de tapisser une enveloppe... et donc les enveloppes d'époque ou à destination de l'étranger.

En articles de presse philatélique française ou en expositions, j'ai principalement vu l'hyperinflation allemande de 1921-1924 et celle en Hongrie en 1945-1946, grâce à la masse de timbres neufs à valeur devenus infimes inondant le marché philatélique. Ainsi que les photographies marquantes de l'époque : aller faire ses courses avec une brouette de billets, les prix des patates revues chaque heure, l'homme tapissant son appartement de billets sans valeur effective, etc.

Pour les autres épisodes, il faut trouver un collectionneur spécialisé du pays, ou qui a pu vivre l'époque en garder trace ou savoir où trouver des courriers témoins.

L'introduction de l'article de Vladimir Milić dans The London Philatelist de mars 2025.

Dans le numéro de mars 2025 de The London Philatelist, le journal de la Royal Philatelic Society London, Vladimir Milić propose une présentation de l'hyperinflation en Yougoslavie de 1989 à 1994, de l'évolution des six devises monétaires aux conséquences pratiques sur la poste du pays en division passant de la République fédérale socialiste à six républiques à la République fédérale de Yougoslavie (Serbie et Monténégro).

L'auteur de l'article reste sur les plans purement monétaires, postaux et philatéliques. Ne sont pas l'objet les causes initiales dues à une politique économique de rigueur afin d'obtenir une aide des États-Unis en 1989 - rappelons le statut de non-aligné du pays -, puis l'aggravation de la situation générale avec la partition de la fédération, les guerres qui s'ensuivirent, et les sanctions internationales contre l'État yougoslave restant.

Tout pour causer une hyperinflation et des pénuries. Mais les enveloppes montrées par l'auteur montrent qu'il y avait tout de même nécessité à envoyer du courrier vers l'étranger proche - un destinataire identique à deux exemples pourrait interroger sur la biographie de l'expéditeur.

Les tableaux statistiques proposés sont clairs et permettent de suivre en nombre brut, en puissance de dix, en pourcentage comment les six dinars successifs ont perdu de plus en plus de valeur, et les tarifs postaux de base (lettre intérieure, lettre internationale) ont atteint des dizaines de milliers et des millions de chaque nouveau dinar jusqu'à ce qu'un ultime plan de stabilisation parvienne à une déflation au premier semestre 1994.


Ces tableaux seront absolument indispensables et une référence pour ceux qui rechercheront les traces philatéliques et postales de cet épisode.

Au terme du tableau du tarif postal de la lettre intérieure : 300 dinars le trois mars 1989, 156 x 10^24 du même dinar le seize juin 1994... ou 0,12 dinar (celui créé le vingt-quatre janvier précédent).


Ensuite, pour illustrer avec quelques pièces les formes d'affranchissements connus ou possibles, Vladimir Milić travaille par devise monétaire : 

- collage superposé de timbres-poste que les PTT émettent de moins en moins jusqu'à l'introduction de tarifs de type lettre alphabétique « A » (lettre intérieure) et « R » (recommandation intérieure) quitte à utiliser ce dernier en multiples à sa valeur postale pour tenter de faire face...

- démultiplication des marques de machines à affranchir au nombre de chiffres insuffisants pour atteindre les milliers et millions de dinars nécessaires ;

- étiquette de bureau de poste, quitte à considérer qu'elle sous-entend une puissance de dix non indiquée - d'où l'absolue nécessité de disposer de cet article pour l'étude d'un courrier yougoslave en vue d'une exposition compétitive ;

- et enfin, « port payé  » en français de l'Union postale universelle quand le postier est définitivement dépassé.


La bibliographie indique deux publications imprimées, la collection médaille d'or en cinq panneaux de Vladimir Milić, ainsi qu'une présentation filmée pour youTube qu'il a présentée à l'Union des philatélistes de Serbie.

Non, je ne donne pas les liens des deux derniers : la compétence moteurs de recherche général ou par site précis, et sans intelligence artificielle, est à travailler. Ou adhérer à la RPSL pour profiter de dix numéros annuels de son riche journal.

samedi 3 février 2018

37e timbre Postcrossing à Budapest

Hier, vendredi deux février 2018, Magyar Posta a émis sous forme de feuillets de quatre un timbre consacré au site de correspondance en aveugle par carte postale Postcrossing.
Le timbre de cent vingt forints (site web de Magyar Posta).
Enjoué, l'illustration de Zsolt Vidàk montre un postier à vélo heureux de délivrer une carte postale à un enfant courant - sur la marge du feuillet - depuis une navette fluviale stationnant sur le Danube.

L'arrière-plan évoque la liberté de la nation hongroise par le pont des années 1890 et la statue à la palme de 1947 du même nom.
Le mini-feuillet de quatre timbres (via le blog de Postcrossing).
Étonnant est la valeur faciale - d'après la version anglophone du site de la poste hongroise - qui place apparemment le timbre comme promotion du site puisque sa valeur faciale correspond à une carte postale intérieure ou une lettre de moins de trente grammes, toutes deux en mode non prioritaire.

Pour une carte vers l'Europe, il faut trois cents quarante-cinq forints de timbres en non-prioritaire et quarante de plus pour l'envoi prioritaire ; quatre cents et quatre cents quarante-cinq au-delà du continent.

Affranchissement mixte en vue ?

Le catalogue des timbres de la thématique Postcrossing a été mis à jour sur SebPhilately / The Postcrossing catalogue on SebPhilately was updated accordingly.

dimanche 15 novembre 2015

Autour de l'Espagne, de Gibraltar à Cuba via la Grande Guerre, en novembre à la RPSL

Les à-côtés de l'Espagne font de ce pays un discret invité fil rouge de la Royal Philatelic Society London en ce mois de novembre 2015... dans mon raisonnement en tout cas.


Dans London Philatelist, Stephen Viñales et Richard Garcia propose la genèse administrative et artistique de l'émission d'usage courant de 1953. Réalisée à partir des photographies de Norman Cunning, employé du gouvernement colonial, la série aurait dû compter deux timbres à part : le £1 bicolore aux armes de Gibraltar et un 1/2d annulé.

Ce demi-pence était illustré d'une carte replaçant Gibraltar dans la baie que le territoire britannique partage avec la ville espagnole d'Algésiras ; le portrait d'Elizabeth II par Dorothy Wilding imprimé en Espagne... Abandonné pour éviter un incident diplomatique.


Au-delà de l'océan, Yamil Kouri, natif de Cuba et résidant aux États-Unis, a présenté une conférence du jeudi 5pm, ce douze novembre, consacrée aux premiers timbres-poste des Antilles espagnoles de 1855 à 1865. Un type colonial à l'effigie de la Reine Isabelle II et sans le nom des deux colonies d'usage : Cuba et Puerto Rico.

Trois valeurs, mais plusieurs filigranes, et des usages connus seulement pour une île et pas l'autre, plus les usages depuis l'étranger (?!). Un long fichier pdf attend le visiteur de la Société, l'adresse de la vidéo pour les membres au cours de laquelle Kouri évoque abondamment les surcharges Y1/4 de Cuba, celle de 1855 puis celle provisoire de fin 1859-début 1860.

Une conférence exigeante, mais enrichissante.


Par-delà le temps, l'Espagne fut une partie de l'immense empire de Charles Quint, puis des rois de la famille Habsburg. Dans la salle de conférence et d'exposition au 41 Devonshire Place, siège de la RPSL, la collection exposée ce mois-ci est offerte à la curiosité des visiteurs par Lubor Kunc.

Cent-huit panneaux sur la poste militaire de l'Empire d'Autriche-Hongrie au cours des opérations de la Grande Guerre, de 1914 à 1918. Internet et l'informatique permettent de consulter aisément la collection sous forme d'un livre en ligne (non téléchargeable).


Sur le site de la Royal Philatelic Society London, les collections exposées depuis 2011 sont consultables par ici ; les conférences des douze derniers mois par là ; et les numéros de l'année de The London Philatelist achetables en pdf vers là. Les membres disposent des liens vers les vidéos des conférences et un accès plus étendu aux ressources du catalogue.

mardi 8 septembre 2009

Empreinte hongroise

Imprimée le 12 novembre 2007 pour un pli envoyé vers la France, voici une empreinte de machine à affranchir de Debrecen, en Hongrie :

Reste à penser à des vacances magyares pour savoir si ces empreintes sont identiques, qu'elles proviennent d'un bureau de poste ou d'un client privé.

dimanche 24 février 2008

Hiver austro-hongrois dans la presse philatélique

Est-ce les 90 ans de la fin de la Première Guerre mondiale et, par là, de l'Empire d'Autriche-Hongrie, qui inspire la presse philatélique ? En tout cas, il est difficile de croire en une coïncidence : sur quatre magazines britanniques et français, les quatre parlent de l'histoire philatélique et postale de ce coin d'Europe.

Outre-Manche, la sexagénaire britannique Austrian Philatelic Society anime le mouvement. Son secrétaire honoraire livre dans le Stamp Magazine de février 2008 un article général sur l'Empire et ses parties philatéliques, suivie par un autre d'Adrian Keppel pour la centenaire émission de 1908 du soixantième anniversaire de l'avènement de François-Joseph. Le mois suivant, Gibbons Stamp Monthly ouvre ses pages aux membres de l'APS avec cinq articles : idées de collections autrichiennes, la poste restante de Vienne, les timbres-taxe d'Autriche, la poste pneumatique de Vienne et les timbres personnalisés. Le magazine espère publier à nouveau de tels numéros animés par des associations de collectionneurs.

En France, c'est par Michel Coste, sculpteur et chercheur spécialiste entre autres des symboles politiques (dont le timbre-poste), que l'autre moitié de la monarchie bicéphale apparaît. Dans L'Écho de la timbrologie, après une réflexion sur le renouvellement de l'image du timbre-poste grâce à la numérisation, il présente les grandes lignes du Panorama des timbres-poste de Hongrie, travail de recherche découlant du Panorama des timbres-poste de France visible au musée de La Poste à Paris. Dans Timbres magazine, le même Coste développe l'évolution des timbres d'usage courant de Hongrie, à partir de ce même panorama, avec quelques évocations des autres pays européens de l'ancien bloc communiste.

Bonnes lectures et longues réflexions.

lundi 7 mai 2007

L'ouverture de la concurrence postale sur France 3

Samedi 5 mai 2007 à 19h55 (visible quelques jours sur leur site), l'émission de France 3, Avenue de l'Europe est consacré à l'ouverture des postes à la concurrence au sein de l'Union européenne.

Deux reportages sur la Royal Mail au Royaume-Uni et la poste hongroise.

Le cas de Royal Mail rappelle beaucoup la France : les gros clients passent à la concurrence, forçant à une guerre des prix sur le courrier d'entreprise. Et pointent des interrogations sur le prix à payer par le simple citoyen pour bénéficier du service universel partout dans le pays. Déjà, un bureau de poste au Royaume-Uni n'appartient pas forcément à Royal Mail. Les philatélistes nuanceront avec l'inflation philatéliques visibles dans les magazines philatéliques français et britannique.

Le reportage en Hongrie est intéressant : comment la poste hongroise a-t-elle réussi à liquider ses bureaux de poste tout en maintenant une présence suffisante dans les régions rurales ? Sans licencier, elle a transformé ses employés en facteurs ambulants multi-services sillonnant les routes en voiture. Cependant, à la fin, le problème de la concurrence revient dans la bouche d'un dirigeant postal hongrois : si la concurrence est mise en place, ce système ambulant ne sera pas rentable...

Jusqu'où faut-il faire aller la concurrence postale ? Comment l'encadrer pour maintenir le service universel ? Me trompes-je en pensant que ce sont ces problèmes sérieusement quotidiens qui n'ont pas franchement émergés au cours de la campagne présidentielle désormais achevée ?