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lundi 8 juin 2020

Timbres de Fidji en 1948

Voici les deux timbres nécessaire pour expédier par voie aérienne une lettre des îles Fidji, dans l'océan Pacifique au Strand, avenue du centre de Londres, en février 1948.
Un shilling et six pence, forte somme à l'époque. La voie aérienne est indiquée manuscrite sur l'enveloppe.

Dans cette série de 1938, avec plusieurs retirages avec variations de dentelure ou de couleurs, j'apprécie comme la double couleur de deux des fortes valeurs faciales a été réalisées, la lueur de la torche de ce pêcheur notamment, et la vue du port de Suva sous un ciel rougeoyant pour le deux shillings.

dimanche 6 novembre 2016

Les mystères de Serua et de Marie aux Fidji

Restons aux Fidji et sa capitale Suva quelques années plus tard. Même destinataire en France et trouvée au même marchand montpelliérain en octobre, cette enveloppe et son affranchissement part dans deux thématiques totalement différentes.
Affranchissement avec flamme d'oblitération sur enveloppe par avion.
La plus évidente : le tourisme.

Une belle flamme d'oblitération illustrée : « Fidji offre l'amusement au soleil » ou, plus catchy en anglais : "Fiji offers fun in the sun". Île déserte, palmiers, poison sautant des eaux limpides,...

Le soleil est revenu aujourd'hui à Montpellier... mais avec la tramontane. Rêvons deux secondes.

Le cinquante cents est un timbre d'usage courant d'une série architecturale émise le vingt-deux décembre 1980 selon la base Colnect. Ici, une vue intitulée Serua Island Village, deux collines de forêts denses, des maisons le long de la plage et un alignement de poteaux sur l'océan depuis l'île... ?
La province de Serua, mais à cette échelle, les îles au large sont bien trop grandes par rapport à celle représentée sur le timbre (capture de Google Maps légendée sous Paint.NET).
La Wikipedia en anglais distingue Serua en Indonésie et Serua aux Fidji. Cette dernière est la province occupant le secteur sud de l'île principale de Viti Levu, et composée de deux districts, Serua et Nuku.

Sauf que le timbre montre une petite île à deux promontoires, pas un morceau d'une grande île. En lisant l'article sur la province, on comprend que la province tire son nom d'une petite île où siège le chef traditionnel.
Zoomons sur le littoral et une petite île apparaît (capture de Google Maps légendée sous Paint.NET).
Zoomons sur le littoral puisque à la demande "Serua Island, Fiji", Google Maps pointe une zone vide entre la province et les récifs. Et là, une île de quatre cents mètres de long apparaît.
L'île de Serua actuellement (images DigitalGlobe, capture d'écran Google Maps).
Vue à la verticale, deux zones de forêts, un alignement de bâtiments le long de la plage faisant face au nord à Viti Levu.

Par contre, je ne sais si c'est l'échelle ou leur disparition, pas de trace des poteaux visibles sur le timbre : attraction lumineuse, poteaux porteurs des câbles téléphoniques et électriques ?

Les autres timbres de la série porteront sur des bâtiments individuels, de la mosquée au phare, de l'usine à l'hôtel ou encore des bâtiments publics (école, bureau de poste principal). Est-ce le rôle traditionnel de cette île ou les poteaux qui sont l'objet du timbre ?

Un courrier religieux ?
Certes, affranchir le quinze février 1983 un courrier avec le timbre de Noël de 1982, ce peut simplement être le complément d'affranchissement du moment au bureau, illustrer des vœux de Nouvel An.

Au dos néanmoins, l'expéditeur a indiqué comme adresse la boîte postale à Suva du Couvent Sainte-Marie. Peut-être lié aux Sœurs Maristes présentes en Australie, Nouvelle-Zélande et aux Fidji et Philippines, et de là vers d'autres pays du Pacifique et au-delà.

La présence aux Fidji est décrite comme la plus ancienne avec un arrivée de trois sœurs en 1892 ; 1907 en Australie et 1927 en Nouvelle-Zélande.

samedi 5 novembre 2016

De l'avion à la fibre optique, Fidji au centre du Pacifique

Un petit tour vers l'océan Pacifique et les îles Fidji pour lutter contre l'arrivée d'un Automne frisquet et de la lugubre heure d'hiver. Avec une lettre trouvée auprès d'un des marchands montpelliérains présents à la Fête du timbre du mois dernier :
Un affranchissement aérien et floral de 1976.
Pourquoi choisir cette petite enveloppe ? Le timbre des vingt-cinq de service aérien à Fidji représentant un appareil de Fiji Airways (Un peu dangereux la porte avant ouverte sans escalier, non ?) et qui permet de découvrir la place de cet archipel en Océanie.

En septembre 1951, la compagnie fidjienne est ainsi renommée et effectue son premier vol intérieur. Elle est alors la propriété de Harold Gatty (1903-1957), Australien et un des aviateurs pionniers, qui s'était installé à Fidji en 1947. Sa compagnie porta pendant quatre ans le nom de l'île et plantation de cocotier qu'il possédait dans l'est de l'archipel, Katafanga.

Après sa mort et pendant l'actionnariat complexe entre les principales compagnies australienne, néo-zélandaise et britannique d'outre-mer et jusqu'à sept États ou colonies britanniques, elle devint Air Pacific en 1970 dans le projet d'en fait une importante compagnie pour l'ensemble régional.

Cependant, les petits États préférèrent disposer de leurs compagnies nationales et, en 1974, les parts de l'État fidjien lui permettent de contrôler le devenir de la compagnie, même si elle ne redevint Fiji Airways qu'en 2012.

L'actionnariat actuel reflète encore cette histoire : selon l'article de la Wikipedia en anglais, majorité absolue des actions pour le gouvernement fidjien, un peu moins pour l'australien Qantas et le reste entre quelques gouvernements du Pacifique.

L'aéroport esquissé sur le timbre est probablement celui de Nadi ou Nandi, selon l'orthographe ou la prononciation, construit et exploité par la Nouvelle-Zélande de 1939 à 1941 et de 1946 à 1979 - les Forces aériennes de l'Armée des États-Unis (USAAF) l'ayant utilisé pendant la Seconde Guerre mondiale.

Cet aéroport aujourd'hui est le reflet de la puissance régionale de Fidji puisqu'il est le second aéroport international que la France souhaite voir les habitants de Wallis et Futuna utiliser, avec celui de Nouméa en Nouvelle-Calédonie, afin d'atteindre des destinations lointaines ou des services essentiels au développement (universités, hôpitaux, fournisseurs et clients, etc.).

Ce fut une des actions politiques évoquées lors de la visite du Président de la République en février 2016 : alors qu'Aircalin relie déjà Wallis à ces deux aéroports, le gouvernement français devrait encourager une seconde compagnie à relier Wallis et les îles Horn (Futuna-Alofi) directement à Nandi.
L'émission conjointe entre Fidji et Vanuatu sur le câble sous-marin en fibre optique, émise le quinze janvier 2014 (site de la Joint Stamps Issues Society tenu par Richard Zimmerman).
L'autre action nécessite un saut technologique depuis l'avion ci-dessus : cette décennie, les États du Pacifique s'équipe lentement en internet à haut débit. En 2014, Fidji et Vanuatu ont célébré par six timbres joints par une vignette-titre leur liaison à la fibre optique qui remplace avantageusement (en débit et en coût) les liaisons satellites.

Le prochain maillon, début du chantier cette année finissante, est un câble sous-marin de mille trois cents kilomètres entre Fidji et Samoa, sur lequel sera aménagé un accès pour la Collectivité d'outre-mer française, financée avec l'aide de l'Union européenne. Une émission conjointe à trois archipels en vue ?

mardi 12 janvier 2016

Repos géopolitique en Kiribati fidjienne

Depuis plusieurs numéros, le rédacteur en chef de Timbres magazine, Gauthier Toulemonde, tente d'attirer les lecteurs pour les particularités de certains territoires français, ayant été revendiqués en vain par la France ou possédés par des citoyens français à partir du livre de Bruno Fuligni.

Une source d'idée d'histoire postale très ciblée ou d'une collection thématique exigeante... voire d'une réflexion personnelle sur ce qu'est un « pays » en philatélie et en histoire postale.

Mappemonde de Martin W. Lewis listant une partie des bizarreries de souveraineté dans les États du monde actuel (avec son aimable autorisation, GeoCurrents.info)
Les amateurs de territoires au statut étrange se reporteront également vers les « bizarreries géographiques » d'Olivier Marchon qui dépassent l'espace français : de la localisation floue du Mont Blanc sur la frontière franco-italienne, du statut-parasite de la citadelle de Kowloon parcelle chinoise abandonnée au cœur de la colonie britannique de Hong Kong, une voie ferrée belge zigzaguant en Allemagne après le traité de Versailles, sans compter les ahurissants tracés et habitudes des habitants en conséquence des frontières belgo-néerlandaise, franco-suisse, indo-bangladaise (qui est un cauchemar permanent pour les habitants des milliers d'enclaves), etc.

Sur le planisphère ci-dessus, un géographe états-unien a listé une partie des exceptions au système étatique qui est censé servir de base à la géopolitique mondiale... Sur son site GeoCurrents.info, Martin W. Lewis présente, entre autres, des articles généraux et des études de cas sur comment l'idée d'États-nations est une conception limitée - et encore... - aux pays occidentaux.

Appliquée dans le monde actuel, elle connaît des limites qui expliquent les échecs de tentative de démocratiser des États (Afghanistan, Irak) en croyant que ce sont des blocs pays-nation-gouvernement. Une de ses conférences à l'Université de Stanford est visible sur youTube depuis novembre 2015 et appuie sur quelques exemples d'États plus ou moins unis, viables, indépendants,... Certains connus des philatélistes mais pas des États du monde (Taiwan ? Somaliland ?).
Timbre de Kiribati de 1984 représentant l'île Banaba (colnet.com, site-catalogue d'objets de collection, au fonctionnement collaboratif).
Comment revenir à la philatélie... Une série d'articles de Lewis est consacrée, en novembre 2015, à Kiribati, ce qui ne manquera pas de réveiller les amateurs de l'Empire britannique : 1, 2 et 3.

En particulier, le premier du vingt-quatre novembre explique la particularité de l'île Banaba, isolée à l'extrême-occident du pays-océan et de l'archipel des Gilbert. Sous le nom d'Ocean Island, elle est connue, comme sa voisine Nauru, pour ses réserves de phosphate exploitées par les Britanniques jusqu'à l'indépendance de Kiribati en 1979.

Sauf que les habitants de l'île sont coupés en deux : une minorité vit sur l'île pour garantir le maintien de la propriété ancestrale de leur peuple, majoritairement installé à Rabi, dans les îles Fidji. Rabi, une île qu'ils ont collectivement acheté pour se reloger suite à l'activité minière et à la menace d'occupation japonaise...

Bref, une île kiribats gérée par un conseil de huit représentants installés aux Fidji, citoyens fidjiens mais qui conservent des passeports kiribats...

Et le gouvernement français qui essaie de gérer la double nationalité des terroristes...

En attendant, à part vendre des timbres-poste, le gouvernement de Kiribati ne peut lancer aucun projet sur l'île - un des sommets du pays, fort utile en cas de montée du niveau de l'océan Pacifique - sans l'accord de ses propriétaires, dans une zone du monde où la propriété ancestrale collective a du sens.

Dans cette relation compliquée entre Banabans et Kiribati, voilà qu'arrive l'État-nation à l'européenne : ces dernières années, une partie des Banabans souhaitent le rattachement de leur île à Fidji, très loin au sud...

mardi 25 septembre 2007

J'ai cru voir un 'ros Machin aux Fidji

Un des marchands du Carré Marigny, près des Champs-Élysées à Paris, écoule des lettres recommandées du dernier tiers du XXe siècle provenant d'anciennes colonies britannique, et à destination de boîtes postales ou de banques des îles Anglo-Normandes.

Une d'entre elles m'a conforté dans sa Machinmania :

Postée à Lautoka, ville des îles Fidji, en 1979, elle porte trois timbres sur lesquels apparaît le profil d'Élisabeth II... et qui ressemblent fortement au type Machin. À moins que je commence à voir cette effigie partout ?

Indépendantes en 1970, Fidji a conservé la reine d'Angleterre comme souveraine jusqu'en 1987. Cette année, deux coups d'État eurent lieu contre le supposé pouvoir des Fidjiens d'ascendance indienne sur les Fidjiens d'ascendance mélasienne.