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lundi 31 mars 2025

La valise de l'étudiant kényan est un colis comme un autre

 À en croire une annonce sur les réseaux sociaux, des vacances scolaires et universitaires approchent au Kenya puisque la poste du pays propose son service de transfert de bagages.

La publicité de Posta Kenya sur son transport de bagages ciblant les lycéens et étudiants, postée sur le réseau social X, le mercredi vingt-six mars 2025.

Serez-vous l'étudiante A qui va traîner sa valise à roulettes dans les moyens de transport et les gares et stations du pays ? Ou l'étudiant B qui aura confié sa valise à Kenya Posta, officiellement Corporation Postal of Kenya, pour qu'elle arrive comme un colis postal de moins de cinquante kilogrammes vers un des quatre cents bureaux de poste de son choix.

Quatre cents si j'en crois le paragraphe sur les colis postaux du site pour un pays aussi grans, il va quand même y avoir du traînage de bagages selon l'éloignement du village par rapport au point postal le plus proche.

Prix annoncé : six cents shillings, soit 4,30 euros.

En juin 2022, cinq cents shillings à Nairobi permettait une journée de repas, deux jours à partir de sacs de riz et de pommes de terre comme base.

Selon le budget disponible et la destination de l'étudiant, confier sa valise à la poste est-ce une économie ou un luxe par rapport au coût du bagage en train, car ou taxi-brousse ? Une sécurité avec assurance en cas de perte ou vol : pas de bagage à surveiller lors des arrêts-pause ou si on s'endort pendant le voyage ?

Oui, je ne vis pas au Kenya, donc je n'ai pas idée.

Par contre, ce service devient une des propositions des postes africaines pour diversifier leurs activités et revenus. La poste de Côte d'Ivoire propose déjà ses camions pour les déménagements, alors pourquoi ne pas s'assurer du taux de remplissage des wagons et camions postaux avec les bagages des lycéens et étudiants du pays ? Et qu'eux et leurs familles rendent aussi visite au bureau de poste ou relais postal pour y (re-)découvrir les services proposés ?

jeudi 23 mars 2023

La post-philatélie a-t-elle débuté ? Quel sens pour la philatélie des années 2020 ?

 Le samedi vingt-cinq février 2023, le Mexicain Carlos F. Campos a proposé le terme de post-philatélie (posfilatelia) au public de Mi Oficina, les rencontres en ligne entre philatélistes des Amériques, établies depuis les confinements de 2020.


Note préalable : je connais presque rien à l'espagnol, encore moins que rien à l'écoute. Merci au conférencier pour le diaporama permettant de suivre les grandes lignes de sa démonstration.


En une heure, il a repris les définitions de base et leurs évolution dans les principaux dictionnaire de langue espagnole : timbre, philatélie, marque et histoire postale... Ensuite, il a mis en rapport avec les modes de collection standardisés par les expositions compétitives de la Fédération internationale de philatélie.

De là, il en déduit trois périodes :

- la période pré-philatélique, entendre celle où le courrier circule sans timbres-poste,

- la période philatélique où il circule avec timbres-poste - les quinze dernières décennies donc,

- et la période post-philatélique où courrier et colis circulent avec de nouveaux standards.

Par les définitions de base, il déduit les standards : paiement préalable, lieu d'origine, adressage de destination, marque de passage, etc. Des notions fort connus des historiens postaux, marcophile et philatéliste spécialisées d'avant ou d'après l'introduction du timbre-poste.

Pour la post-philatélie, il montre :

- les enveloppes affranchies de timbres non oblitérés ou annulés au feutre, des postes se moquant de cette obsession de la réutilisation frauduleuse,

- les enveloppes pré-imprimées des contrats postaux entre entreprises et les postes : Destineo en France par exemple,

- les grands autocollants des colis postaux transportés par de nombreuses entreprises de postes et de logistiques, avec nombre codes-barres,

- justement, les nouveaux timbres-poste complétés de code-barres en une ou deux dimensions, sur lesquels ce dernier est bien plus important pour la transmission postales que l'illustration ou même la valeur faciale.


Sa présentation a eu un effet certain sur l'auditoire : une heure trente de discussion a suivi l'exposé. Assez inédit : d'habitude, une grosse demi-heure de question de curiosité et d'approfondissement permet de compléter un exposé de philatélie ou d'histoire postale.

Le ton est resté courtois, mais des gestes ont montré les doutes : montrer une de ces grandes étiquettes de colis à la webcam... sans maîtriser l'espagnol, je pense que la personne indiquait ses doutes sur la beauté de l'objet, la difficulté à le collectionner, à l'exposer, etc.


Et pourtant, il semble que les opérateurs postaux historiques - les membres de l'Union postale universelle et qui sont les émetteurs historiques de timbres-poste - semblent avoir commencer la transition de la période du paiement préalable par timbres-poste vers autre chose.

La diversification des moyens de ce paiement : dans les bureaux de poste même avec timbres de distributeur à valeur imprimée à la demande ou étiquette de guichet postal, chez soi ou au bureau avec timbre à durée limitée imprimé soi-même ou code alphanumérique reçu par sms, etc.

L'accusation du nombre excessif d'émissions de timbres est une preuve tangible dont pourtant nombre de collectionneurs de timbres actuels ne semblent pas tirer les conséquences sur leur choix de quoi collectionner... À quand le premier article ou forum qui alertera sur la spéculation d'une des émissions du salon printanier de Paris de cette semaine ?


Pire, par le suivi de l'actualité des opérateurs postaux, on découvre ici et là des aboutissements post-philatéliques provenant de la politique commune des membres de l'Union postale universelle de promotion de la philatélie, mais en refusant que le timbre serve sur le courrier :

- la poste saoudienne émet des timbres qui n'ont officiellement pas de valeur postale ! Tout envoi est en recommandé sans timbre-poste possible !, découvre-t-on dans cet échange sur le forum anglophone StampBoards.com;

- sur Twitter, la poste kenyane reprend ce que beaucoup de postes africaines publie sur leur site à la page « Philatélie », preuve qu'il y a une coordination UPU à mes yeux : 

Comment Posta Kenya promeut la philatélie sur Twitter, le vingt-deux mars 2023.

« Les philatélistes collectionnent les timbres pour la valeur sentimentale associée au travail artistique, au thème, à la rareté du timbre, pour des raisons éducatives, leur forme, ou comme un investissement. »

...

...

Et parce que l'acheteur peut le coller sur un courrier à un proche ou une entreprise à un client pour faire plaisir ?


On lira avec curiosité l'aventure postale de deux Postcrosseurs qui ont essayé - et en grande partie réussi - à poster des courriers au long de leur rallye humanitaire entre l'Europe et l'Afrique de l'Ouest : partie 1 et partie 2 sur le blog du site d'échanges en aveugle de cartes postales.

Les postiers locaux sont des comptables de leur bureau : un courrier à poster doit permettre une vente de timbres. Sauf directeur postal à proximité comprenant promotion du pays et ventes philatéliques, amener ses propres timbres est problématique : le bureau va devoir faire entrer du courrier coûteux à gérer sans que l'opérateur ait reçu directement l'argent de la vente.

Les philatélistes français reconnaîtront le fonctionnement imposé aux directions de La Poste dans les années 2000 au cours desquelles les bureaux et le tri n'appréciaient pas les timbres-poste sur courrier pour ne pas reverser une partie du chiffre d'affaires au service philatélique...


Le débat sur l'avènement de la post-philatélie se poursuivra sûrement. Ceux qui veulent ralentir ce processus ont une solution proposée par un éducateur de Caroline du Nord, aux États-Unis :

Sean Gaillard sur Twitter, le vingt-deux mars 2023.

« Entourez-vous de personnes qui vous répondent en retour. »

Sur papier-lettre, avec timbres-poste.

vendredi 27 mai 2016

Demain New York expose

Dans vingt-sept heures, l'exposition internationale World Stamp Show New York 2016 sera ouverte dans la métropole états-unienne, jusqu'au samedi quatre juin.
Avers et revers de la médaille pour les primés de la compétition internationale de New York, créée par Niko Courtelis (site du World Stamp Show NY 2016).
Pour ceux qui s'interrogent sur quelle longueur pour un salon philatélique optimal, observons la fréquence au Royaume-Uni : huit jours tous les dix ans à Londres mais avec changement des expositions à mi-parcours en 2010, seulement quatre pour l'exposition intermédiaire en 2015 ; la prochaine exposition internationale états-unienne est déjà prévue pour 2026 à Boston...

Dix jours tous les deux ans pour le Salon du timbre à Paris semblaient donc très optimiste, même si la Fédération nationale a dû mal à trouver chaque année une association volontaire en province. D'ailleurs, le programme de Paris-Philex 2016 a révélé que Phila-France 2017 aura finalement lieu à Cholet du vendredi vingt-huit avril au lundi premier mai.

Évidemment, avec ma focalisation depuis un an sur l'exposition philatélique, je me suis plongé dans la liste des collections en cour d'honneur, celles des invitées et celles des compétiteurs, ici classées par ces trois thèmes et par pays, ou par là en pdf selon un critère principal, dont celui du pays concerné par la collection.

Quatre-vingt-douze pays selon la liste des commissaires nationaux (plus quelques-uns pour un pays à triple représentation, le Mexique). Soixante-dix-huit seulement d'après la liste des collections en compétition, y compris les cinq du Club philatélique de Saint-Pierre-et-Miquelon dont Jean-Jacques Tillard en quête d'une troisième médaille grand or internationale avec Les Surcharges de Saint-Pierre et Miquelin au XIXe siècle.
Émis le neuf janvier 1982, le timbre de France consacré à l'archipel, sûrement présent dans la collection d'Éric Rességuier à New York (phil-ouest.com).
Parmi les Saint-Pierrais-et-Miquelonais, le gendarme philatéliste et auteur de timbres (souvenirs de décembre 2014 ici ou en images animées), Éric Rességuier, présente la collectivité d'outre-mer vue par la France dans sa philatélie en 1982. Tandis que Fabrice Fouchard et Jean-Louis Desdouets se consacre chacun à une émission, respectivement le Pêcheur et le Frigorifique.

Titillant ma curiosité, Éric Detchevery étudie les oblitérations de Nouvelle-Écosse sur le courrier de l'archipel... « Un jour, j'irai à New York avec toi... »

Au-delà, quelles collections remarquées par leur titre parmi les plus de quatre mille cadres proposés ?

Par leur thème ? Celle qui décevra les « ringards, masculins, vieillots » (aucune carte postale explicite) de Benedict Termini sur les timbres-fiscaux municipaux de prostitution de Rosario de Santa Fe en Argentine (en pdf par ici). Un safari photo dans le Masai Mara (Kenya) avec le Français Maxence Muller.

Par leur collectionneur ? Rien que la cour d'honneur en impose : le richissime philanthrope philatéliste William H. Gross propose les grandes raretés des États-Unis tandis que le one cent magenta de Guyane britannique a-t-il vraiment besoin de Stuart Weizman pour emplir ses deux cadres ? Oui car le dessinateur de chaussures est le propriétaire du timbre le plus cher du monde.

Par mes souvenirs de lecture ? Steven Walske présente trois collections ! Deux en cour d'honneur sur le Pony Express - souvenir de son livre cosigné - et les timbres des États-Unis de 1869 sur timbres de paquebot (packet mail) pour la France... Mieux en compétition : il a étendu ses courriers de blocus des guerres états-uniennes jusqu'en 1865 et la Guerre de Sécession, un demi-siècle au-delà de son article du London Philatelist de janvier 2015.

La liste des pays représentés par un collectionneur montre néanmoins de nombreux angles vides, notamment en Afrique : j'espère vraiment le succès d'initiative telle que celle du Conseil de promotion de la philatélie au Nigeria.
Logotype de l'exposition internationale de Boston 2026 (site officiel).
À défaut d'être à New York pour la semaine qui vient, imaginons Boston dans dix ans, ou à Tampere en Finlande en mai 2017 ?


Complément du dimanche vingt-neuf mai 2016 :
Trouvé en farfouillant le web, un philatéliste de Saint-Pierre-et-Miquelon est encore sur une des deux chaînes publiques de la collectivité française d'outre-mer : Fabrice Fouchard, président du Club philatélique de Saint-Pierre, a évoqué la philatélie dans Brumes de Capelans de mardi vingt-quatre mai.

En une vingtaine de minutes, il présente toutes les échelles des dernières années depuis l'envie de diffuser cette passion le plus largement possible dans la communauté îlienne jusqu'à l'exposition internationale de New York : des archives familiales à la boîte à chaussures pleine de timbres sur fragment; Mais aussi des projets possibles : depuis acheter (enfin) des panneaux d'exposition jusqu'à acquérir et ouvrir une maison de la philatélie à Saint-Pierre.

Encore un passage début juin avec des médailles ? ;)

samedi 13 décembre 2008

Trop froid, allons au Kenya

Bien frisquet aujourd'hui à Montpellier. Glacial ailleurs en France. Direction le Kenya !

Le lac Naivasha, au Kenya, est le sujet d'un timbre des colonies britanniques du Kenya, de l'Ouganda et du Tanganyika depuis mai 1935, pendant le règne de George V. Le 11 avril 1938, il est repris, comme les autres paysages de la série de 1935, avec l'effigie du roi George VI pour les valeurs de 10 pence, 1 shilling et 3 shillings.

Même si, le possédant, j'imagine qu'il doit coter les 30 pence que lui octroie le Stanley Gibbons Commonwealth Catalogue de 2008 (n°145 oblitéré ; 23 livres sterling neuf), il faudrait que je remette la main sur ce timbre pour vérifier tout de même qu'il ne bénéficie pas d'une des grosses cotes de ses sous-types apparus au cours des tirages successifs par De La Rue :
* -a : noir et brun de 1942 au lieu de noir et brun jaune : 30 pence aussi ;
* -ab : très visible variété de la montagne cassée (août 1948-juin 1949... oui, un catalogue donne aussi les dates d'impression connues des variétés) : 450 livres ;
* -ac : liée à la précédente, la montagne retouchée après juin 1949 : 275 livres, 1000 si neuf ;
* -aw : plus discret, le filigrane inversé à 2750 livres l'oblitéré ;
* -b : dentelé 13x12.5 en octobre 1949 au lieu de 13x11.75 double sa valeur : 60 pence ;
* -ba : l'impression en noir profond et brun avec une impression claire du 14 juin 1950 : 2,25 livres, 25 si neuf.

En comparaison, la version George V en noir et vert se contentait d'une variation de dentelure en 1936. Lucrative pour leurs possesseurs, surtout en neuf : 1300 livres.

Pour finir avec un timbre riche en surprise, il est réémis le premier février 1952 avec la mention « ROYAL VISIT / 1952 » pour annoncer le voyage de la princesse Elisabeth et de son mari, première étape d'un périple à destination des dominions d'Océanie. Le 6 février, le roi George VI meurt et le couple rejoint rapidement Londres.

jeudi 19 avril 2007

Manger au Kenya

J'ai profité du voyage d'un ami au Kenya pour me faire envoyer une lettre affranchie avec ces timbres d'usage courant de 2001 (année où l'imprimeur suisse Courvoisier cessa son activité). Le 5 shilling est consacré à l'avocat et le 35 shillings à la noix de coco. Le port se monte à 80 shillings, soit environ 0,85 ou 0,86 euro.

L'oblitération indique « MOMBASA / 17 JAN 2007 / KENYA ». Mombasa est la seconde ville et le principal port du pays.

Bon appétit maintenant que l'entrée et le dessert sont connus.