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mercredi 26 novembre 2025

La France et ses colonies dans The American Philatelist de novembre 2025

  Les timbres et le courrier de France et de son empire colonial sont à la une du journal mensuel de l'American Philatelic Society, The American Philatelist de novembre 2025.

Couverture du numéro de novembre 2025 de The American Philatelist - par contre, pas de Semeuse dans les articles.

Quatre articles géographiquement et de classes variés.

Spécialiste de l'Algérie des origines à la conquête française, Kenneth Nilsestuen propose le récit des dangers posés par les corsaires des côtes algériennes en Méditerranée occidentale du seizième siècle à l'invasion française de 1830, à travers des lettres d'Européens.


Pré-philatélie, philatélie, marques postales : Jere Dutt raconte, avec des courriers puis des émissions de timbre, l'incursion des Européens, puis la colonisation française du Dahomey (actuel Bénin). La flotte de guerre britannique veilla à l'abolition de la traite esclavagiste à partir de 1834, le Parlement de Londres promettant récompenses pécuniaires à ceux qui empêcheraient les navires négriers de quitter l'Afrique de l'Ouest.

Ensuite, dans les années 1880, arrivèrent les forces françaises pour tenter de disposer d'un accès à la région déjà bien occupée par les Britanniques, d'où l'usage de routes maritimes postales de ces derniers.

Suit ensuite les timbres et des exemples de courrier affranchis avec les séries générales des colonies françaises, au nom du Bénin, puis du Dahomey.


Côté poste aérienne, Dan Gribbin se plonge dans l'histoire des vols Air France de l'année 1935, lui permettant d'expliquer le développement de l'aviation civile pendant les années 1930 malgré la Grande Dépression, au début des années 1940.

L'article, richement illustré d'enveloppes circulant entre trois continents, est captivant en rappelant donc les étapes qui ont mené à l'aviation connue dans la seconde moitié du vingtième siècle, notamment le développement des aérodromes, diminuant de manière importante le recours aux hydravions.

Néanmoins, il signale que ceux qui tenteraient d'assembler un courrier par vol de la compagnie française dans l'Atlantique Sud entre 1931 et 1940 - 511 d'après Pierre Labrousse en 1974 - se fâcheraient avec leur banquier, leur ophtalmologiste et leur conjoint, et pas forcément dans cet ordre.

Les héros vont-ils réussir à prendre cet avion avant un drame ? (capture d'écran du film Casablanac)

Il termine son récit par une anecdote dans la réalisation du film Casablanca (1942) dont la fin montre un avion à destination de Lisbonne, escale pour les héros, vers l'Amérique avec la compagnie PanAm. Comment cet avion a-t-il pu être filmé dans un studio devenu trop petit pour faire entrer ce genre d'appareil dans les années 1940. Autre signe des rapides progrès des objets plus lourds que l'air.

Cette ouverture cinématographique sert de bande-annonce à la collection d'accessoires hollywoodiens, imitant timbres-poste et courrier, assemblée par Thomas Richards.


Vous remarquerez que les auteurs assemblés par la rédactrice-en-chef explorent l'espace philatélique et postal français loin des sentiers convenus.

Ainsi, l'étude de Bruce Arlen Wasserman se concentre sur l'enveloppe circulant entre des Virginiens et un soldat de l'Armée des États-Unis, alors inaccessible puisque parti à l'offensive dans la seconde bataille de la Marne, entre le printemps et l'été 1918.

L'objectif allié était de repousser vivement les troupes allemandes renforcées par les contingents orientaux libérés par la paix de Brest-Litovsk avec la Russie, signée le trois mars, en profitant des renforts états-uniens arrivant progressivement depuis une année.

Récit des opérations, photographies retrouvées dans les archives numérisées du gouvernement des États-Unis, journaux d'époque également numérisés, permettent d'expliquer la tardive remise de cette lettre au soldat au début de l'automne.


En dehors de l'espace français, deux articles évoquent les droits de douane autant des premières années d'indépendance d'une nation en quête de finances, puis en tentant d'interpréter les règlements de l'Administration Trump sur la circulation commerciale de timbres-poste et de biens de collection philatélique.

Il semble que les hauts fonctionnaires ont constaté l'absurdité des taxes par pays d'arrivée, imposée du Bureau ovale, sur des objets qui ont une transmission qui les éloigne progressivement du pays de fabrication ou d'émissions. En plus de causer des sueurs froides aux organisateurs de l'exposition mondiale de Boston 2026 sur l'entrée des collections et des marchandises aux États-Un

lundi 7 avril 2025

L'orientalisme étudié grâce à une correspondance intacte

 Que cette couverture est magnifique : des timbres-poste français, italien, hongrois, oblitérés d'Algérie, de Budapest, de Rome, etc.

Heureux sont les historiens de l'École des hautes études en sciences sociales et de l'Institut national des langues et civilisations orientales que leur auteur, expéditeur et destinataire principal - ou un de ses héritiers - n'eût pas été philatéliste !

Couverture de l'ouvrage collectif L'orientalisme en train de se faire, aux éditions de l'EHESS, publié en mars 2024.

Le treize janvier 2025, l'émission audio Paroles d'histoire d'André Loez a permis aux trois chercheurs ayant dirigé l'épluchage de cette masse d'archives par leurs collègues et des étudiants sur plusieurs années universitaires.

Marie Bossaert, Augustin Jomier et Emmanuel Szurek ont ainsi pu étudier la vie et le travail d'un orientaliste français dans son quotidien à l'université d'Alger, alors colonie française ; ses correspondances avec d'autres spécialistes européens de l'Orient, et avec sa propre mère dont il récupéra après sa disparition les courriers qu'il lui avait envoyé. Un véritable archiviste pour qui la moindre pensée mise à l'écrit pouvait servir à l'avenir.

Ainsi, René Basset (1855-1924), ses deux fils André et Henri, spécialistes des langues et cultures arabes et berbères, et d'autres personnalités sont rendus « vivants » dans la manière d'appréhender les cultures et mœurs algéroises, arabes et berbères, des mots et concepts employés par la population, du débat s'il faut considérer ou pas une influence ottomane jusqu'au Maghreb, etc.

Toute sa correspondance et sa bibliothèque terminent à Gérardmer, dans le département des Vosges, dans une demeure qui sera sauvée de l'incendie vengeur de la ville par l'occupant allemand en fuite des seize au dix-huit novembre 1944... par l'intervention d'une femme de la famille ayant indiqué l'importance du contenu de la maison du patriarche. Elle, elle perdit la sienne.

Bien évidemment, nombre de philatélistes, de marcophiles et d'historiens postaux aimeraient mettre le nez dans ces archives données par les descendants en 2014 aux centres de recherche de l'État...

Heureusement que non. Les mauvaises habitudes de dispersion par découpage des timbres, expositions compétitives, ventes aux enchères ont eu une vie longue avant l'émergence de la philatélie sociale dont relève cet ouvrage de recherche universitaire...

... Bon, d'accord, il n'est pas sûr que les chercheurs et étudiants se soient préoccupés des détails philatéliques au-delà des points d'origine et de destination des courriers. Si jamais un jour, ces archives sont numérisées.

dimanche 1 décembre 2024

"With Gaza" : émission commune des postes arabes

 Découverte sur le réseau social X (moribond Twitter), plusieurs postes de pays arabes ont émis les vingt-huit et vingt-neuf novembre 2024, un timbre à l'illustration commune en soutien aux civils de Gaza, subissant depuis octobre 2023 une offensive anti-terroriste de l'armée israélienne devenue depuis une vengeance divine ? Un crime de masse ? Un nettoyage ethnique ? Un génocide ?

L'annonce de l'émission With Gaza par la poste de Jordanie.

Avec pessimisme de ma part : un nouvel épisode de la cruauté humaine accompagnée d'un nouveau moment d'aveuglement d'autrui. Les Occidentaux menacent sans action, ni effet de ne plus autoriser les exportations d'armes vers Israël ; l'Iran titille Israël par l'intermédiaire de ses groupes alliés paramilitaires à Gaza et au Liban, et son allié le dictateur syrien ; et les pays arabes alentours en sont à accueillir des discussions confidentielles et à émettre un timbre-poste.

L'annonce de l'émission With Gaza par la poste d'Algérie.

D'après la mention marginale en alphabet latin du timbre marocain, l'illustration commune est créée par Maran H. Al-Mazahreh.


L'annonce du timbre With Gaza par la poste du Maroc.

Une enfant, portant un keffieh blanc et noir, regarde, à travers un trou dans un mur d'immeuble bombardé, flotter le drapeau palestinien dans un ciel bleu, accompagné de trois colombes blanches.

Chaque élément est un symbole d'après le communiqué du Ministère de la poste et des télécommunications d'Algérie : de la souffrance vers la justice et l'histoire millénaire de la population de la Palestine.

L'annonce du timbre With Gaza par la poste du Qatar.

Le sujet étant diplomatiquement difficile, j'ai remarqué que le compte X de la poste du Qatar place le timbre à l'unité et en bloc en minuscule sur l'image d'illustration. De plus, contrairement aux autres émissions philatéliques, pas de photographies d'officiels en cérémonie premier jour pour ce timbre - diplomatie ou respect du deuil.

L'annonce du timbre With Gaza par la poste de la Tunisie.

Le vingt-neuf novembre est, depuis 1978 suite à un vote de l'Assemblée générale des Nations unies, la Journée internationale de la solidarité avec le peuple palestinien.

À l'écriture de cet article, le dimanche premier décembre vers dix-neuf heures de Paris, voici les pays que j'ai trouvés par moi-même (détails techniques via les vendeurs eBay ; * : différence avec la source suivante) :

- Algérie (communiqué de presse en anglais du Ministère de la poste et des télécommunications),

- Jordanie,

- Maroc,

- Qatar,

- Tunisie* (non citée par Richard Zimmermann ; feuille de vingt timbres).

Le blog Joint Stamp Issues de Richard Zimmermann, à la page des nouvelles de novembre 2024, signale une liste des pays (en anglais ; *différences entre les deux listes) :

- Algeria, 

- Egypt*, 

- Iraq* (dont la majorité gouvernementale est chiite actuellement), 

- Jordan, 

- Libya* (où le conflit civil se refroidit lentement, mais avec toujours deux entités face à face), 

- Morocco, 

Le feuillet With Gaza de la poste d'Oman.

- Oman (feuille de huit timbres et un bloc-feuillet), 

- Palestine* (ou ce que l'Autorité palestinienne parvient à tenir en Cisjordanie face aux colons israéliens),

- Qatar

- Syria* (voir ci-dessous).


Illustration du timbre With Gaza émis le sept octobre 2024 par la poste de la Syrie.

Ainsi que la poste de Syrie a émis deux timbre dès le sept octobre 2024... le jour anniversaire des massacres par le Hamas dans le sud-ouest d'Israël, provoquant la guerre qui s'ensuit depuis.

Avec la prise d'Alep ces derniers jours par les groupes rebelles et la fuite du président syrien à Moscou... il semble y avoir un retour de karma pour un des alliés du Hamas gazaoui.[1]

Sur eBay, le timbre ici illustré est vendu soixante dollars des États-Unis, plus cent les deux timbres sur enveloppe premier jour.


Note du huit décembre 2024 :

Karma tel que le président Bachar el-Assad a fui le pays et que son Premier Ministre organisait avec l'armée rebelle le transfert de pouvoir ce week-end des sept et huit décembre 2024.

lundi 4 septembre 2023

Étranges gens que les politiciens, éditorialistes et journalistes français

 Ah ! L'immigration ! Sujet médiatique ! 

Certes, à bien envisager en termes politique, c'est-à-dire la gestion de la vie de la cité, du débat, etc.

Mais aussi, cache-misère des absences de politiques, voire pire des sabotages des services publics et des droits économiques et sociaux.

Pour les lecteurs non-français de ce blog, l'École publique, l'hôpital et la sécurité sociale, les assurances-retraite sont en piteux état à cause des politiques thatchériennes, néo-libérales, sarkozo-macroniennes, etc. connus dans d'autres pays.

Au Royaume-Uni, on découvre que, pour toucher baisser les impôts, les ministres conservateurs ont raboté les budgets d'entretien et de construction des bâtiments scolaires, hospitaliers et judiciaires, à tel point que ceux des Trente-Glorieuses réalisés avec un matériau pratique et peu cher, peuvent s'effondrer à tout moment ! Des milliers d'élèves vont reprendre l'école aujourd'hui à distance ou dans des locaux loués à fort prix par leurs écoles.

C'est pour cela que j'ai ét...

LÀ ! UN MIGRANT !!!!

...

... ?!

Que ? Quoi ? Qu'y a-t-il, M. le lecteur qui vient de hurler ?

Oui, l'immigration comme la fuite des cerveaux sont des sujets à penser, débattre, trancher, mais pas pour cacher les erreurs politicardes sur d'autres sujets.

Et, dans ce contexte, arrive, disais-je, une jolie et fleurie émission philatélique de rentrée.

Centenaire de l'immigration polonaise en France, timbre de 2023.

D'où ma surprise quant La Poste française décide, ce lundi quatre septembre 2023, de marquer le centenaire de l'accord du trois septembre 1923 sur l'immigration de travailleurs polonais et leurs familles entre la France qui a besoin des bras perdus dans la Grande Guerre et le nouvel État polonais qui a besoin de capitaux pour s'établir et se protéger des anciens empires voisins.

On attend un timbre pour d'autres populations nationales... en sachant que si c'est une question de religion, rappelons que dans la France méfiance, anticlérical et laïque, les migrants catholiques pratiquants ne furent pas accueillir les bras grands ouverts par tous. Demandez aux Italiens d'Aigues-Mortes.

Ce timbre montre à la fois que ces migrants ont répondu aux besoins immédiats de la France dans des métiers fort difficiles : la mine de charbon, que l'arrivée de diplômés et l'intégration des enfants dans des métiers comme la médecine...

Timbre du cinquantenaire de la même diaspora en 1973 (via Phil-Ouest).

Et c'est la seconde fois que cet accord est rappelé par les postes françaises : déjà en 1973 pour le cinquantenaire avec ce timbre de Raymond Juskowiak gravé par Pierre Béquet.

D'autres cultures minoritaires ou migrations ont été évoquées, mais généralement par des personnalités depuis Rachi, rabbin né à Troyes au onzième siècle jusqu'à l'émir Abdel-Kader dont la résistance reconnue par Napoléon III rappelle aussi la place des Algériens dans l'histoire de France en passant par les célèbres migrants italiens de la Renaissance - l'artiste Léonard de Vinci comme les reines.

Ou un bâtiment-clé comme la mosquée de Paris de 1912. L'exception serait l'abolition de l'esclavage dont les timbres évoquent les Africains déportés, même si je crois que le timbre sur Solitude est une première de commémoration des martyrs de la traite et de l'exploitation humaine.

Dans un pays dont les élus animent le débat sur les derniers arrivés - souvent par des élus eux-mêmes enfants de migrants... -, il est intéressant de voir la diaspora polonaise représentée collectivement dans la philatélie française.

mercredi 8 mars 2023

Une prudente carte de l'Afrique à Djibouti

Chaque année, les participants du forum anglophone StampBoards alimentent une liste des administrations postales n'ayant pas émis de timbres-poste en signalant le premier timbre aperçu de l'année. Par ici, la liste en cours pour 2023.

C'est ainsi que j'ai découvert un timbre de Djibouti pour marquer le Championnat d'Afrique des nations de football, réémis avec le podium final surchargé en rouge, vendu par un commerçant philatélique sur Delcampe, imprimé par l'agent philatélique Stamperija.

Je laisse de côté le débat : ces timbres de deux mille cinq cents francs djiboutiens sont-ils vendus dans les bureaux et utilisés sur le courrier du pays ?

Même si l'intérêt de ce Championnat des années paires est assez intéressant face à la Coupe (la CAN) des années impaires : la compétition d'équipes nationales composées de joueurs des clubs du pays.

Le Championnat d'Afrique des nations 2022 a été organisé en Algérie en janvier-février 2023, un décalage dû à l'effet domino des décalages précédents liés au covid-19.

Plus intéressant est l'attention que l'illustrateur a consacré aux détails géopolitiques du timbre-poste : aucun territoire, ni frontière problématiques ne sont visibles malgré la représentation des frontières internationales !

Le bras droit du joueur dissimule la frontière entre l'Égypte et le Soudan, avec le triangle de Halaïb égyptien revendiqué par le Soudan, et le Bir Tawil qu'aucun des deux ne revendique...

La jambe gauche en extension est fabuleuse, surtout la cuisse : cela a évité de représenter, donc de prendre partie dans les problèmes entre :
- la Somalie et la province sécessionniste depuis 1991 du Somaliland,
- la frontière entre le Soudan et l'État sécessionniste du Soudan du Sud en tensions sur des portions du tracé, mais surtout sans se prendre les pieds sur l'Abiyé réclamé par les sudistes.

Le ballon cache l'épine géopolitique de l'Union africaine : il cache la frontière internationalement reconnue entre le Maroc et le Sahara occidental annexé en partie par le premier depuis 1975 - sujet de discorde entre Maroc et Algérie, problématique de la participation du Maroc et de la République arabe démocratique sahraouie aux institutions panafricaines, etc.

Enfin, les pays-archipels ou insulaires... 

sur une partie réduite d'un petit bout de papier dentelé gommé...

Guinée équatoriale représentée, mais Cap Vert au large du Sénégal, ni les Comores ou Maurice.

Avantage des deux derniers États absents, le short dissimule les îles françaises de La Réunion, de Mayotte - cette dernière revendiquée par Comores -, sans parler des îles Éparses dont la souveraineté est disputée avec Madagascar et Maurice.


Sur StampBoards, on s'interroge sur où en est le contrat entre la poste de Djibouti et l'agent Stamperija, le rôle joué par l'exclusivité du marchand présent sur Delcampe...

Dans tous les cas, la personne qui a commandé et validé le timbre-poste a des connaissances fines des problèmes géopolitique de l'Afrique. Par cette mise en scène graphique, il permet d'éviter au gouvernement djiboutien des soucis avec plusieurs États du continent.

mercredi 18 juillet 2018

La première émission Africa : centenaire de Nelson Mandela

Liste des pays ayant participé au jeudi onze octobre 2018.

Aujourd'hui, mercredi dix-huit juillet 2018, est célébré le centenaire de la naissance de Nelson Mandela ou Madiba du nom de son clan tribal. Personnalité sud-africaine d'importance : « terroriste » emprisonné par le régime d'apartheid, sa libération marque l'avènement d'une démocratie marquée par le pardon et l'égalité des droits en Afrique du Sud - plus ou moins la corruption et les ambitions de ses successeurs.

Dans les archives francophones de l'Union panafricaine des postes, organisation continentale de l'Union postale universelle, sont trouvables les débats et décisions des conseils d'administration et congrès concernant une émission commune pour le centenaire de Mandela.
La résolution du conseil d'administration de l'UPAP instaurant une émission conjointe Africa Stamps et son premier sujet commun (rapport du conseil de Nairobi, mai 2017).
Au conseil de Nairobi des 8-10 mai 2017 (page 144 du fichier pdf), la décision est définitivement prise : voir ci-dessus, la copie d'écran insistant sur l'importance du timbre-poste, de diffuser l'identité culturelle de l'Afrique et la nécessité de trouver des revenus pour les opérateurs postaux.

Surtout : le Conseil d'administration « invite les États membres à :
- adhérer à ce Comité pour l'élaboration et la diffusion de la thématique commune panafricaine de timbre-poste » ;
- dédier la première émission de cette thématique panafricaine en l'honneur de Nelson Mandela, le digne Fils d'Afrique. »

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Nous voici un an après et les difficultés apparaissent, donc le plaisir de la recherche philatélique commence :)

Premièrement, faute de communication large auprès des médias ou trouvable par les moteurs de recherche internet : quels pays participent à ce Comité et à l'émission Africa Stamps cette année ?

Deuxièmement, il est notable des connaisseurs de la philatélie et des postes africaines que celles-ci gèrent leurs stocks au plus juste des besoins réels du pays, quitte à surcharger de très vieilles émissions plutôt que de lancer de coûteuses impressions - au risque de les confier à des entreprises philatéliquement spéculatives (relire l'exemple du Cameroun grâce au West Africa Study Circle).

Doù : combien de postes ont-elles pu se permettre l'investissement et la diffusion vers les pays de collectionneurs de nouveautés (Amérique du Nord, Europe, Asie de l'Est) ? Combien sont parvenus à trouver des accords entre elles, entre elles et des imprimeurs, etc. ?
Un sujet pertinent, une réalisation respectueuse et des logotypes choisis sur des timbres d'agence... la Gambie est devenue démocratique ou quoi ?! (IGCP via Commonwealth Stamps Opinon)

À la pêche aux informations, l'auteur du blog Commonwealth Stamps Opinion est tombé sur les feuillets identiques de la Gambie et du Liberia, en juin dernier, dans le catalogue des nouveautés de l'agence IGPC.

Sa surprise fut grande : le sujet et la réalisation paraissent véritablement liés au pays dont l'agence réalise les timbres, habituellement en mode vignettes grand tirage... Et le logotype officiel du centenaire par la Fondation Nelson Mandela. J'allai alors à la pêche également et trouvai la décision de l'Union panfricaine des postes.

Aujourd'hui, les philatélistes africains commencent à lister les émissions à partir des pays disposant de services philatéliques fonctionnels :

Algérie, Gambie et Liberia avec le même feuillet donc :
Message sur Twitter avec les feuillets de Gambie et d'Algérie par PhilatelieDZ, dix-huit juillet 2018.

Notons que la quinzième émission 2018 d'Algérie Poste est entièrement légendée en arabe. L'étude linguistique des émissions algériennes devient passionnante : bilingues arabe-français en générale, devenues régulièrement trilingues depuis 2017 avec le tamazight en alphabet tifinagh ou latin. Exceptionnellement bilingue anglais-arabe... quand on ne souhaite pas froisser les Français avec les figures de la résistance anti-coloniale, le cinq juillet dernier ?

Ajout du vendredi vingt juillet 2018 :
Niger et Togo : le Commonwealth Stamps Opinion a trouvé les feuillets d'un timbre identique à ci-dessus et les feuilles de six de cette émission Africa du Niger et du Togo.

Ajout du dimanche vingt-deux juillet 2018 :
Burkina Faso : le Commonwealth Stamps Opinion a trouvé le feuillet d'un timbre identique à ci-dessus du Burkina, dans un article d'hier samedi vingt-et-un. L'impression par Cartor est indiquée en marge du bloc.

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Retour à l'article initial :
Tunisie avec son compte Twitter :
Message de La Poste tunisienne sur son fil Twitter, dix-huit juillet 2018.
Même format, logotype, mais couleurs et photographies différentes. Pourquoi ? Comment ? Cela dépend-t-il des accords entre postes, entre qui a assuré l'impression par groupes de pays ?

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Conclusion initiale de l'article :
Encore une cinquantaine de pays en attente... Certains collectionneurs européens se souviennent de la difficulté à se retrouvé des séries complètes de l'émission des quarante ans de la Communauté économique des États d'Afrique de l'Ouest (CÉDÉAO) en 2015.

Sera-ce la même situation pour la première des émissions Africa ? Et d'après le modèle universel choisi, l'emblème de l'Union panafricaine des postes suffira-t-il à distinguer les émissions réellement participantes des émissions d'opportunité ?

Cet article va-t-il s'allonger dans les semaines à venir ?

Mise à jour du vingt-huit août 2018 :
Le webmestre de philateliedz.com a trouvé la version libyenne de l'émission dans une version similaire à celle de Tunisie.
La poste libyenne a participé à l'émission. Maintenant, vu la division politique du pays, dans quelles localités trouver ce timbre sur place ? (via le fil Twitter de philateliedz.com, vingt-huit août 2018).

Mise à jour du jeudi onze octobre 2018 :
Aujourd'hui, le magazine philatélique Vaccari News annonce la participation de l'Afrique du Sud à cette émission en employant la version sur fond blanc.
L'émission Africa Stamps s'ajoutant à plusieurs émissions conjointes autour des personnalités de Gandhi et Mandela.

La brève d'actualité précise les pays participants connus de l'éditeur italien : Algérie, Burkina Faso, Gambie, Guinée équatoriale, Kenya, Libye, Niger, Togo, Tunisie et Zimbabwe. En italique, ceux déjà repérés ici grâce à PhilatelieDZ et au Commonwealth Stamp Opinion. La liste omet le Liberia.


À suivre.

samedi 21 octobre 2017

La philatélie algérienne par ses présidences

Pour la rentrée de sa chronique philatélique hebdomadaire du jeudi dans le quotidien El Watan, Arslan Selmane a proposé cinq articles racontant l'histoire politique de la république algérienne - qui est loin d'être un long fleuve tranquille - à travers les timbres-poste évoquant les présidents, les élections nationales, les institutions nationales mises en valeur ou les grands projets réalisés ou espérés.

Attention, ces articles ne sont que temporairement accessibles librement. Dépêchez-vous ou inscrivez-vous à El Watan.

1 : L'éphémère présidence Ben Bella, article du quatorze septembre.

2 : La présidence Boumediène et les projets du socialisme, article du vingt-et-un septembre.

3 : La controversée présidence Bendjedid, article du vingt-huit septembre.

4 : Les tragiques années 1990 et ses trois présidents, article du cinq octobre.

5 : La longue présidence Bouteflika et les premières émissions imposées par la République populaire de Chine - une plaie pour de nombreux opérateurs postaux africains, article du douze octobre.

L'article de cette semaine, publié jeudi dix-neuf, est plein d'espoir dans les jeunes générations avec l'École algérienne, « grand laboratoire d'expérience », mise en valeur par les timbres.
Affiche du Salon national (site d'Algérie Poste).
Pour terminer, Algérie Poste organise un premier Salon national de philatélie, du mardi trente-et-un octobre au vendredi trois novembre au Musée national de l'art moderne et contemporain, à Alger.

Salon et exposition qui concluront l'année des cinquante-cinq ans du premier timbre de l'Algérie indépendante, émis le premier novembre 1962.

mardi 11 juillet 2017

Semaine n°2017.27 en Philatélie

Fin juin : nouveau Président et Bureau à la RPSL.
Lors de l'assemblée générale annuelle du jeudi vingt-deux juin 2017, les membres de la Royal Philatelic Society London ont élu le Belge Patrick Maselis président de l'association londonienne.
La couverture du premier ouvrage de Patrick Maselis sur les colonies belges - et il n'y en eut pas que le trio Congo-Ruanda-Burundi (base de données bilbiophile Documents philatéliques).
En terme de philatélie organisée, le premier président « d'outre-mer » de la RPSL est président du Club de Monte Carlo, regroupant plusieurs institutions et collectionneurs importants qui organisent Monacophil ; mais également préside l'Académie royale de philatélie en Belgique dont le site fournit une fiche complète.

En littérature, il a montré sa spécialisation dans les documents historiques et postaux des colonies belges en 2005 avec Des Açores à la Nouvelle Zélande (extraits sur un blog), suivi d'un autre en 2009 sur l'enclave du Lado, prêt de territoire africain entre puissances européennes.

Début juillet : dix-neuf ans pour le Musée de la philatélie d'Oaxaca.
Le MUFI (et ici aussi) célèbre son anniversaire en même temps qu'une exposition thématique sur les océans et leur faune. Les médias et institutions de la ville d'Oaxaca, au Mexique, participent à faire connaître ce musée.

Le samedi premier juillet, Lisbeth Mejla du quotidien El Impartial rapporte sa visite de la bibliothèque philatélique du musée, riche des écrits sur le Mexique et les anciennes éditions de catalogues célèbres.


Depuis vendredi sept, la Fondation Alfredo Harp Helú propose une vidéo sur le musée, ses expositions permanentes de collections, ses activités jeunesse, sa bibliothèque.

Jeudi six juillet : du bloc-feuillet, épistémologie philatélique dans El Watan.
Dans la chronique philatélique hebdomadaire du quotidien algérien, Arslan Selmane s'interroge sur l'utilité du bloc-feuillet comme produit philatélique, à l'occasion de l'émission le huit de cinq timbres sur des batailles illustrant la résistance des Algériens face à l'invasion et l'occupation française de 1830 à 1962.
Le bloc en question, émis par Algérie Poste le samedi huit juillet 2017 (via le forum PhilatélieDz).
Cinq peintures : Kheng Ennetah en 1832, Bir El Gharama en 1881, Bir Teskift en 1957, Aïn Zana en 1959 et Djebel Bouk'hil en 1961. Laissons aux historiens le débat sur pourquoi ces moments et quelle(s) mémoire(s) ils commémorent.

Selmane s'interroge également sur la forme philatélique de vente : en quoi le bloc-feuillet va gêner les collectionneurs et exposants thématistes. Deux périodes différentes, des lieux variés : où placer et comment exploiter un document bien grand.

Une manière éclairée de critiquer la vente en double des timbres algériens cette année 2017 : à l'unité et rassemblés en blocs thématiques ? Attention : en termes de nouvelles émissions, en Belgique et aux Pays-Bas, pour ne citer qu'eux, hors du feuillet, point de salut à l'unité désormais.

Quant à l'effet de ces défaites timbrifiées en France... Il semble que les politicien(ne)s français ont d'autres chats à fouetter : le timbre de mars dernier leur est passé inaperçu. J'imagine que la prochaine Marianne d'usage courant les mobilisera davantage.

Samedi huit juillet : chez le marchand de journaux hors philatélie.
Plusieurs magazines proposent de longues lectures pour occuper les deux mois d'été, supposant que le plus grand nombre est en vacances, ou en recherche de nouvelles thématiques.

Le mensuel L'Histoire propose un numéro double sur l'histoire de l'Inde d'une part et un numéro de ses Collections sur la Bretagne d'autre part, depuis les monuments du Néolithique jusqu'aux problématiques actuelles en passant par le rôle des Bretons dans la colonisation de l'Amérique et la Révolution française.
Statuette en terre cuite, cinquième millénaire de notre ère, découverte dans une nécropole hamangia à Cernavodă, en Roumanie (site de La Documentation française).
Néolithique encore - puisque j'ai temporairement trahi l'histoire globale des quinzième et seizième siècles - avec cette intéressante et très accessible synthèse sur cette période préhistorique de grandes transformations humaines : le numéro 8117 de la Documentation photographique daté mai-juin 2017.

En ces temps de débats sur les modèles économiques à suivre, la confrontation sur un temps très long entre penseurs contemporains (dont Karl Marx) et le lent passage nomades/sédentaires il y a dix mille ans sera jugée savoureuse, stupide ou... inspirante selon le lecteur.
La couverture du hors-série familial de Canard PC (fil Twitter du magazine).
Beaucoup regrettent l'absence de nouveaux jeunes collectionneurs de timbres, accusant notamment les loisirs vidéo-ludiques qui prennent du temps et demanderaient moins d'efforts... Qu'ils ne lisent pas ce blog.

Et si un enfant avait plusieurs types de loisirs, entraînant une communication avec les parents et les grands-parents ?

Un de mes neveux, pourtant pas un lecteur facile, ni un passionné de la patience, s'interroge pourtant sur une question qui l'oblige à lâcher manettes et tablettes, et à dialoguer avec les adultes : « Dis, à quels les jeux vidéo tu jouais quand tu avais mon âge ? »

J'attend donc la question : « Dis, comment tu faisais pour parler avec tes copains s'il y avait pas de téléphone portable ? Pour savoir les choses sans internet ? Etc. »

La rédaction du bimensuel de critiques de qualité - non sans humour corrosif - de jeux vidéo Canard PC propose donc un numéro d'été, en kiosque depuis samedi huit, pour concilier les pratiques vidéoludiques fort diverses des familles d'aujourd'hui. Pour les plus philatélistes, je rappelle que le Musée postal de Tampere et l'Université locale proposent quatre jeux sur téléphone Android liés aux timbres ou au courrier.

Bonnes lectures.

samedi 8 juillet 2017

À quoi ressemble un timbre fiscal du Mali ? Je ne sais pas, les Maliens en Algérie non plus

Découvert au hasard de recherches Google, cet article du site MaliActu.net du vendredi vingt-et-un avril 2017 rapporte les soucis des citoyens maliens ayant besoin de timbres fiscaux auprès de leur ambassade à Alger.
Un timbre fiscal malien de cinq cents francs CFA, joliment illustré (via MaliActu.net).
Étudiants ou travailleurs, ils ont contacté le média en ligne en espérant, qu'au bout de plus de deux mois de pénurie, les timbres fiscaux commandés à Bamako finissent par se retrouver dans un des vols qui rejoignent pourtant régulièrement la capitale de l'Algérie voisine.

Le journaliste Salif Diarrah a tenté de contacter l'ambassade : dès que le sujet de ces timbres est abordé, on lui a raccroché au nez ! Peut-être aurait-il dû essayer auprès du ministère des Affaires étrangères ?

Grave est la question de ces timbres nécessaires aux documents administratifs de toute sorte : je renvoie au problème de l'augmentation des droits au Cameroun, alors en débat fin 2016. Si l'idée était d'asseoir solidement les finances, et donc les actions, communales, la vie quotidienne des familles et des étudiants en était immédiatement affectée.

En remontant le temps sur MaliActu.net, la revente des timbres fiscaux plus cher que leur valeur faciale est dénoncée aussi loin que 2013, comparée à une démission de l'État, avec soupçon en 2015 de corruption de policiers et d'agents fiscaux qui fourniraient les commerçants indélicats.

dimanche 26 mars 2017

Exposition philatélique au Centre culturel algérien à Paris

Décidément, le nombre 55 paraît sûrement le plus raisonnablement courtois aux autorités des deux États pour évoquer le passé commun, chacun de son côté.

La version algérienne du site d'information Huffington Post signale que, mardi dernier, le vingt-et-un mars 2017, Sihem Lakhdari, la Directrice du timbre-poste et de la philatélie d'Algérie Poste, a inauguré par une conférence au Centre culturel algérien, à Paris, une exposition sur la philatélie de l'Algérie depuis 1962.
Huitième anniversaire du début de la « Révolution algérienne », ou « Toussaint sanglante » (ah, mémoire et histoire, digne d'un sujet de baccalauréat), au cœur de l'exposition philatélique du Centre culturel algérien à Paris.
Le lendemain de l'émission du timbre français pour les cinquante-cinq ans du cessez-le-feu du dix-neuf mars 1962 (date très controversée pour les rapatriés et les harkis), la Directrice a ainsi évoqué « L'histoire du timbre-poste algérien aux couleurs de l'indépendance » à partir du timbre émis le premier novembre 1962, trois mois et demi après la déclaration d'indépendance.

Ce timbre à forte surcharge de bienfaisance fut le premier émis par l'administration postale indépendante après les surcharges « E.A. » sur timbres métropolitains. Pour réviser ces derniers, vous pouvez consulter et élécharger l'article que Raoul Michau et Michel Soulie leur ont consacré pour le bulletin spécial du quatre-vingt-dixième anniversaire de l'Association philatélique de Montpellier.

Heureusement que l'histoire philatélique et postale de l'Algérie ne comprend pas que des moments aux mémoires douloureuses des deux côtés de la Méditerranée : occasionnellement ici même ou hebdomadairement là-bas.

dimanche 19 février 2017

Le programme algérien de 2017... Vers un orage français ?

Dans la chronique philatélique hebdomadaire du jeudi seize février dernier, paru dans le quotidien El Watan, Arslan Selmane commente, à charge et à progrès, le programme annoncé par Algérie Poste.
Émis le neuf février, ce timbre célèbre l'anniversaire de la reconnaissance du tamazight, les langues berbères, comme langue officielle en Algérie (Algérie Poste).
Sont saluées les émissions sur les batailles contre les Français autant au dix-neuvième qu'au vingtième siècles, les hommages aux personnalités méritantes - politiciens autant qu'artistes, hommes autant que femmes cette année : les divas Warda El Djazaïra et Fadila Dziria étant deuxième et troisième femmes honorées par la poste -, quelques monuments et, enfin, des timbres visant à éduquer la population ou à l'inciter à la prévention et la solidarité.

L'auteur espère un renouveau de la qualité du traitement graphique de ces sujets nouveaux ou variés.
Des notices des nouvelles émissions sont disponibles en pdf sur le site de Poste Algérie (lien vers l'exemple des Stations thermales).
Ses critiques négatives vont vers l'inutilité d'une émission Fruits et légumes - que j'aurais classé comme un appel à la prévention alimentaire - et deux timbres sur des constructions réalisées par des entreprises chinoises... Puissance à la philatélie unilatérale, rappelait le chroniqueur le dix-neuf janvier, comme il est signalé régulièrement avec les émissions contraintes d'autres pays des continents du Sud (le Cameroun par exemple).

Signalé sans commentaire particulier - là où des collectionneurs européens auraient haussé le sourcil très haut et ruminé très fort : le retour des blocs-feuillets (3) rassemblent les timbres d'une même émission, procédé disparu depuis 2008. Appât du gain facile pour Algérie Poste ou, après tout, proposition d'une forme pratique de mise en vente au guichet et de conservation...

- - - -

De mon point de vue, l'ironie pointe gentiment - le passé est à étudier à tête reposée, le présent nous occupe suffisamment :

En effet, les propos en Algérie* du candidat à l'élection présidentielle française, Emmanuel Macron, sur la colonisation - pas faux pour un historien selon la période, la population et le territoire considéré - ont réveillé, en France, chez beaucoup de monde, de mauvais souvenirs - 1945-1962 ne furent pas des années faciles - et quelques rancœurs contre l'État français.

Ce monde éveillé réagira-t-il aussi mal face aux timbres algériens sur les batailles que le gouvernement algérien et les philatélistes outre-Méditerranée face aux timbres de France sur les harkis et sur les anciens combattants d'Afrique du Nord...

... [chuchotements des attentifs qui suivent encore les nouveautés de φl@poste]...
Le timbre de mars 2017 (via Phil-Ouest.com).
Oups, La Poste va émettre un bien étrange timbre sur un mémorial de 2002 à l'occasion des cinquante-cinq ans du cessez-le-feu en Algérie, le dix-neuf mars 1962... Une date de commémoration toujours refusée par une majorité des rapatriés, des anciens combattants et des harkis survivants à cause des violences meutrières en Algérie jusqu'à l'automne suivant.

... Ce dessin un peu naïf de paysage de quai parisien sans lien avec la guerre ou la politique...

C'est bon le débat philatélique et mémoriel restera franco-français. Personne ne remarquera l'émission algérienne.

...

Quoique : notre gouvernement a bien enquiquiné les Belges pour la commémoration de Waterloo, non ?

Pour retrouver facilement la chronique de la philatélie algérienne, consultez le menu de toutes les chroniques hebdomadaires du journal El Watan.

* : Je suis sincèrement désolé pour tous les pays dérangés par les candidats à l'élection française et qui ont d'autres préoccupations, mais depuis que les Français installés à l'étranger représentent onze sièges à l'Assemblée nationale (presque deux pour cent des prébendes) depuis Nicolas Sark... Ah ! Oui... le πrésident-φl@téliste...


Compléments du lundi six mars 2017 :
À l'approche de l'émission des batailles, Arslan Selmane est revenu, jeudi deux mars, sur le siège de Zaatcha de 1849, dont un affrontement fut représenté sur un timbre d'Algérie en 1998. Les barbares conséquences pour la population civile font partie des grandes heures de l'histoire coloniale de l'armée française.

Puis du dimanche vingt-six mars 2017 :
La réponse d'Arslan Selmane et Mohamed Achour Ali Ahmed à cet article et à la poignée de timbres que la France a émis en lien avec l'Algérie coloniale est paru dans El Watan, jeudi dernier le vingt-trois mars.

Pour grandement nuancer mon ironie, entre les costumes sur mesure rendus et autres traditions financières paternelles d'une famille de la Sarthe, la recherche d'un cabinet noir dans Paris, les aléas de la vie en Guyane, et les prédictions des sondages annonçant donc une élection présidentielle fort imprévisible pour l'avenir des partis politiques français, l'émission du timbre des cinquante-cinq ans du cessez-le-feu en Algérie est passée totalement inaperçue...

Bon signe ? Réponse le dimanche sept mai au soir... ou alors le dix-juin avec les législatives.

samedi 31 décembre 2016

Bénin et Cameroun, deux philatélies franco-sino-anglophones actuelles

Comment découvrir la philatélie actuelle des postes de pays ayant d'autres préoccupations quotidiennes que de suivre les goûts et désirs des collectionneurs d'Europe ?

Les sociétés philatéliques spécialisées et leurs membres semblent constituer une bonne partie de la réponse, mais pas toute.
Le cinq cents francs CFA permettait d'envoyer une lettre pour l'Europe jusqu'à dix grammes (base Colnect dont les membres n'ont pas encore proposé les versions surchargées).
Après accumulation de toutes les informations accessibles et d'une bonne quantité de courrier, Nicholas Pertwee a pu étudier la série des sept timbres au type Zin Kaka du Bénin (nom local du singe à ventre rouge) depuis leur émission en 2003 à leurs surcharges pour nécessité de service et de tarifs postaux en 2008.

Une « affaire de singe » sur laquelle il a rédigé un dossier en deux parties paru dans le journal de la France & Colonies Philatelic Society (UK) en septembre 2015 et mars 2016. Comment Adéchola Abathan, ou un metteur en page, ou l'imprimerie Cartor choisirent les couleurs des cadres et la taille des polices entre nécessité postale et information du public sur cette espèce menacée.

Et, ensuite, passions philatéliques traditionnelles connues : l'analyse - autant qu'elle est possible à partir des courriers et timbres trouvés - des usages postaux et des types de surcharges par variation de la police. Pour les oblitérations, retrouver les numéros de novembre et décembre 2015 de Gibbons Stamp Monthly.

Heureuse initiative d'en voir une version française en cinq pages abondamment illustrées dans le numéro de janvier 2017 de Timbres magazine.

Par contre, je ne sais que dire de l'initiative évangélique de SOON, association à vocation religieuse et éducative (notamment des journaux en plusieurs langues africaines, des cours d'anglais), dont l'activité a suscité suffisamment de lettres du Bénin vers l'Angleterre... pour permettre l'étude de Pertwee.
Lettre oblitérée du vingt juin 2016 du Cameroun vers la France, affranchie avec timbres imprimés par Phil@poste Boulazac (collection Éric Contesse, Blog timbré de ma philatélie, dimanche vingt-quatre juillet 2016, reproduite avec autorisation - merci).
À défaut de disposer d'un destinataire de courrier en masse, être sur place peut aider à voir et, parfois, comprendre comment la poste se débrouille avec son budget pour émettre selon les besoins de service et de commémoration nationale, gérer ses stocks tout en essayant de toucher les collectionneurs.

Et pour Cameroon Postal Services (CamPost, établie en 2004), la première moitié de la décennie 2010 ne fut pas facile à lire les « observations » de Marc Parren sur les nouvelles émissions de 2009 à 2015, publiées dans le numéro 98 de Cameo, la revue du West Africa Study Circle (index au format Excel en bas à gauche de cette page-ci). Les titres et l'ironie sont de moi, Parren ayant suivi un plan chronologique par émission après une introduction générale.

Ne pas oublier de payer l'imprimeur.
Après le non-paiement de l'émission sur la visite papale de 2009, Cartor refusa d'imprimer celle du cinquantenaire de l'indépendance l'année suivante... qui fut confiée à un imprimeur thaïlandais, la Thai British, qui fournit aussi six timbres différents et deux formes de vente inhabituelles au Cameroun : un carnet courant et un carnet de prestige (CamPost a-t-elle dû composer avec un forfait ? Ou a essayé de toucher les collectionneurs étrangers et les marchands de nouveautés ?).

Faire payer le sujet de l'émission alors, puis par les collectionneurs.
Pour se réconcilier avec Cartor, l'émission du premier vol de la Camair-Co fut financée par la compagnie aérienne elle-même et fut remboursée sur le prix du feuillet en forme d'avion et des enveloppes premier jour avec cachets du premier vol, tous vendus bien au-dessus de la faciale.

Confier son projet à un ami.
L'émission sur l'amitié avec la République populaire de Chine est la dernière affaire : à lire Marc Parren, le projet de CamPost passa sous le contrôle unilatéral de l'ambassade du Cameroun à Pékin avant, semble-t-il de finir dans celui de Pékin. Que dire alors puis la cérémonie premier jour eut lieu quand il plut à l'ambassade de Chine à Yaoundé ! D'autant plus facilement que c'est elle qui avait reçu les timbres...

Pour découvrir enfin que l'imprimeur officiel chinois au Henan a imprimé trois feuillets qui ne sont jamais parvenus au Cameroun...

Parren explique qu'aucun chiffre de tirage n'est connu car l'ambassade chinoise ne veut pas les fournir. Une histoire de « singes bienséants » donc.

Bref, faire simple.
Après ces péripéties, Cartor imprima trois émissions fort simples, une en 2011 sur la découverte du sida, deux en 2014 sur la modernisation des activités postales (projet E-Post de data center et le service express EMS).

Ce sont aussi les premières pour lesquelles CamPost n'a plus proposé d'enveloppes premier jour. Renoncement à atteindre le marché des collectionneurs internationaux, finalement bien coûteux à tout point de vue ?

Faire jouer la concurrence.
Comment le programme camerounais passa-t-il sous les presses de l'imprimerie de La Poste française, à Boulazac ?

En 2015, par le choix du nouveau directeur français de CamPost avec retirage immédiat du deux cents cinquante francs E-post, suivi de deux émissions - actuellement non déclarée sur le site du Système de numérotation de l'Association mondiale de promotion de la philatélie (WNS), pas connus des participants de Colnect.

La première, illustrée ci-dessus à partir de la lettre reçue par Éric Contesse qu'il a présentée en juillet 2016 sur son Blog timbré de ma philatélie, marque l'inauguration du monument des cinquantenaires (indépendance et réunification) à Buéa, dans l'ancien Cameroun du Sud sous mandat britannique... un an et demi après l'événement présidentiel du dix-huit février 2014. En effet, les deux timbres (un rectangulaire et un rond) sont disponibles depuis le douze novembre 2015.

La seconde est consacrée au port en eau profonde de Kribi, construit par une compagnie chinoise, et ne comprend qu'un seul timbre sur les deux prévus. Pour le nouveau directeur, inutile d'avoir deux timbres de même valeur faciale émis la même année.

Sur cette gestion au plus juste des émissions, de leurs tirages et des valeurs faciales, Parren rédige un paragraphe sur ce qu'il est possible de trouver dans les bureaux de poste depuis les deux métropoles de Douala et Yaoundé

Un risque politique ?
Un petit détail est à relever hors-philatélie depuis 2014, noté par les deux philatélistes : la disparition de la mention en anglais du nom du pays (Republic of Cameroon)... même pas sur l'émission consacrée à la réunification sur un événement et un monument qui concerne directement les Anglophones.

Un fait surprenant alors que, dans les années 2000, les entreprises publiques ont été nommées en anglais : Cameroon Postal Services (voir oblitération sur la lettre ci-dessus), Cameroon Airlines Corporation (Camair-Co)... L'article de la Wikipédia en anglais signale que les Camerounais anglophones sont à la fois fort représentés dans la vie politique nationale, et qu'il y a un mouvement sécessionniste dans les deux provinces de l'ancien Cameroun du Sud...
La couverture de Timbres en guerre, issu de la recherche universitaire (Presses universitaires de Rennes, 2016).
Entre les coulisses de l'émission sino-camerounaise et cette disparition anglophone, il y a de quoi motiver des recherches dans la presse en ligne camerounaise et chinoise, ainsi que les archives postales et gouvernementales...

... sur le modèle des historiens Alain Croix et Didier Guyvarc'h sur les timbres liés aux deux Guerres mondiales (Timbres en guerre commandé, reçu, introduction (pdf dans l'onglet « Documents ») et premier chapitre déjà lus : intellectuellement passionnants en philatélie et en histoire comme en φl@télie (organisée) et en Ͱistoriographie.

Complément du dimanche dix-neuf février 2017 :
Les relations unilatérales entre la République populaire de Chine et les diverses postes du monde sont confirmées par un article d'Arslan Slemane, paru dans El Watan le dix-neuf janvier dernier : trois timbres hors-programme imposés, un bloc spéculé, aucune contre-partie d'une émission conjointe...