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mercredi 27 décembre 2023

Unboxing Day : les pièces de Charles du Royaume-Uni de 1948 à 2023

 Les nouveaux revers faune et flore des îles Britanniques m'ayant conquis à leur annonce, je me suis offert pour Noël un des coffrets du premier jeu annuel des pièces courantes du règne de Charles III, avec un bonus proposé par Royal Mint : les pièces britanniques de 1948, année de sa naissance.

Sur carton avec une étiquette blanche standard de recommandation de Royal Mail, le paquet cadeau extérieur ne paye pas de mine (ça tombe bien : les voleurs de colis sont de retour dans mon quartier).

Le coffret joue sur le monogramme aux trois C entrelacés créés par la Monnaie royale pour les pièces de monnaie.

Le coffret avec relief à gauche, le contenant à droite.

L'arrière de ces deux objets reprend l'objectif de la collection de pièces rassemblées de l'année de naissance du roi à l'année de son couronnement, ainsi que la définition des pièces elles-mêmes.

L'arrière du coffret et du livret de pièces.

Côté droit, les nouvelles pièces à l'état neuf tant attendues. Avant de passer aux animaux et végétaux, d'abord le nouveau roi dont le profil est une création de Martin Jennings.

La légende du prince de Galles devenu roi face aux pièces de circulation à son effigie.

Côté gauche, les pièces de 1948 et l'histoire du pays dans lequel Charles est alors né.

En 1948, un héritier est né, mais aussi un événement social a ouvert le Royaume-Uni à son ancien empire.

Les pièces, désormais en bronze pour les trois petites valeurs et en métaux non précieux pour les autres, portent le profil de Georges VI par Humphrey Paget.

Le carton rappelle qu'en 1948, en pleine renaissance d'après-Guerre, le Royaume-Uni a accueilli les Jeux olympiques à Londres, le National Health Service a été établie au bénéfice de la santé de tous.

Et, aussi, qu'est arrivé au port de Tilbury du navire HMT Empire Windrush, première arrivée après-guerre de travailleurs des Caraïbes et du Commonwealth jusqu'en 1973, ceux qu'on appelle désormais la Windrush Generation.

Les revers illustrés des deux jeux de pièces d'usage courant : de l'héraldique moderne à l'héraldique post-moderne ?

Les premiers panneaux à apparaître sous le regard à l'ouverture du livret sont les revers héraldiques de Harold Wilson Parker, Humphrey Paget, Charles Walter Colombes, Frances Madge Kitchener et George Kruger Gray pour 1948, et un collectif anonymisé d'artistes et de graveurs de Royal Mint pour 2023.

Avis du consommateur : un petit bonus au set de 2023.

Avantage de ce coffret est de disposer, à prix que je juge raisonnable (environ 95 € pour 38 € le set 2023 seul), du jeu actuel neuf et du jeu complet de 1948 sans avoir à rechercher ce dernier : outre la frappe et la vente de jeux neufs, Royal Mint rachète également d'anciennes pièces pour les revendre, et anime également un site de placements de métaux précieux... À méditer pour ceux qui trouvent, comme moi, que les instituts monétaires officielles tel la Monnaie de Paris émettent trop de pièces de collection en métaux précieux pour gruger les collectionneurs. Il y a de la marge dans le capitalisme libéralisé.

Inconvénient pour les puristes de la collection-investissement : la collection de 1948 est d'usage en cupro-nickel pour les fortes valeurs, donc de qualité basique avec trace d'utilisation, marque de saleté ou d'oxydation. Désolé, mais je n'ai pas les moyens et d'achat et de conservation pour une collection de haute qualité d'avant la Seconde Guerre mondiale en métaux précieux.

À rapprocher des sets proposés à des prix équivalents dans les boutiques des musées londoniens : set pré-décimal du règne d'Elisabeth II, un penny par règne depuis Victoria, etc.

Avis du citoyen : vraiment sans pouvoir le roi britannique ?!!

Le feuillet émis par Royal Mail pour le couronnement, sur l'avis du roi Charles III, gravure sur bois de Andrew Davidson, émis le six mai 2023.

Depuis mai 2023, je dois faire un article sur les timbres du couronnement de Charles III et leur symbolique, ça va arriver vite grâce à ce qui entoure les pièces dans ce coffret.

Le prince de Galles était connu pour son engagement environnemental et développement durable... d'où le choix d'animaux, plantes, arbres et fleurs. Certes, des groupes interrogent l'intérêt de la chasse au gibier, passion windsorienne, ou aux écureuils gris invasifs. Le vingt-trois novembre 2023, The Guardian a révélé la survivance de la bona vacancia dans les duchés de Lancastre pour le souverain et de Cornouailles pour son héritier : dans ces deux comtés féodaux, les biens des personnes sans héritier sont reversés au roi et au prince de Galles, et non au Trésor public ! Des biens de personnes modestes aident à financer les propriétés foncières privées de la Famille royale : en espérant que ce soit en milieu rural ?

Par contre, les multiples derniers gouvernants conservateurs auront-ils appréciés la liberté de Royal Mint - avec l'assentiment voire l'encouragement du roi... ? - de rappeler des événements de 1948 qui sont en débat ouvert et vif dans le Royaume-Uni du début du vingt-et-unième siècle ?

La création du National Health Service alors que les conservateurs ne jurent que par la baisse des impôts et cotisations pour tous, surtout les millionnaires et les entreprises multi-nationales, entraînant l'allongement mortifère des listes d'attente pour pouvoir être soigné gratuitement. Ou alors, on a recours au secteur médical privé à l'américaine...

Le rappel de la Windrush Generation alors que les récents ministres de l'Intérieur - dont plusieurs sont descendants de l'immigration, comme en France d'ailleurs* - sont tellement obnubilés par l'immigration qu'ils incitent leurs services à refuser la citoyenneté britannique, l'émission d'un passeport, d'un visa même, et veulent expulser des habitants du Royaume-Uni qui y travaillent et vivent depuis les décennies. * : In France we say the last arrived are the ones who wished to close the door.

Depuis le début endeuillé de son règne, les journalistes locaux guettent tous les signes de lassitude du roi Charles face aux conservateurs : impatience humoristique avec l'éphémère Première Ministre Truss, agonie du ton du discours du trône au Parlement le sept novembre 2023,...


Alors que la défunte reine était fort discrète dans ces messages politiques (chapeau bleu aux fleurs jaune = Union européenne ou pas ?), le roi Charles III aura-t-il la patience de supporter et tolérer les actuels politiciens britanniques conservateurs comme néo-travaillistes ?

Note : et je tiens compte que la Famille royale britannique est un exemple-même de la bourgeoisie hériditaire... mais avec quelques principes et valeurs peut-être ?

dimanche 12 avril 2015

Colis-collector pour les coquelicots du Centenaire à la Tour de Londres

Ce vendredi dix avril 2015 a officiellement pris fin l'œuvre artistique Blood Swept Lands and Seas of Red, dont la partie la plus connue fut la plantation de l'été au onze novembre 2014 de huit cents quatre-vingt huit mille deux cents quarante-six coquelicots en céramique dans les douves engazonnées de la Tour de Londres.
Détail de l'œuvre sur le mail de remerciement et de clôture de l'opération carétative.

J'avais découvert l'œuvre par hasard lors de deux visites estivales à Londres en guidant des groupes de touristes en Angleterre. Ayant connaissance de la symbolique du coquelicot (poppies) et d'une année passée par les médias à marteler - un peu trop - le centenaire, j'ai rapidement compris l'entreprise et son aspect plus marquant qu'une cérémonie officielle : une fleur par soldat britannique ou de l'Empire mort pendant la Grande Guerre.

Tous les jours, les touristes faisant le tour de la forteresse royale observaient le travail des bénévoles planteurs et assistaient régulièrement à l'appel des noms des soldats morts. Certes, très anglo-centré, mais au moins le flot sanglant illustre de manière éloquente le gaspillage humain que fut ce conflit bestial, machiste et insensé des puissances européennes - grandes comme moyennes, de Paris  à Berlin, de Moscou à Istanbul.

L'installation, dont le titre est le premier vers du poème d'un soldat inconnu, est due à l'artiste céramiste Paul Cummins et au décorateur de théâtre Tom Piper, et au travail à la main des ouvriers pottiers de l'entreprise de Cummins.

Le colis contenant le poppies (photographie sous licence Creative Commons by-nc-sa 3.0 fr).
En parallèle, le site de la Tour de Londres promouvait la vente des céramiques au profit d'œuvres caritatives liées aux forces armées passées et présentes, ainsi que leurs familles. Vingt-cinq livres sterling permettait d'assurer un avenir aux fleurs, plus les frais de traitement et de port.

Ainsi, après une commande en novembre que je reçus le mercredi vingt-cinq mars le colis contenant le coquelicot. La correspondance fut préparée par Yodel, et sous-traitée apparemment à des opérateurs privés : le service d'expédition internationale TrakPak de P2P Mailing au Royaume-Uni, puis Colis privé en France avec une grande efficacité.

Un colis sans timbre mais collector-mode d'emploi (photographie sous licence Creative Commons by-nc-sa 3.0 fr).
À l'intérieur, entre deux cubes de carton protecteur, la céramique - avec quelques restes de poussières déposées par la pluie londonienne - sa tige corrodée et quatre trucs en plastique pour un repiquage. Le montage de la tige est expliqué sur les faces intérieures du colis où une photographie de la cascade de sang et les logotypes des associations aidées. Le tout est complété d'un livret-souvenir et d'un certificat d'authenticité.

Après casse, sûrement cadeaux officiels et stockage de quelques exemplaires, le dernier mail signalait l'envoi de huit cents soixante mille coquelicots et les donations ont déjà permis aux charities d'œuvrer.

mercredi 19 novembre 2008

Princesse Alice, chancelier

La princesse Alice, comtesse d'Athlone, était la fille du plus jeune des fils de la reine Victoria. Née en 1883 et morte en 1981, elle est honorée par un des timbres de Trinité-et-Tobago, émis le 3 octobre 2008 pour le soixantième anniversaire de l'Université des Indes occidentales, dont une des antennes se trouvent dans ce pays. Alice fut le premier chancelier de l'université et ce n'est pas le premier.

De son vivant, en 1951, les États participant à la création de l'Université des Indes occidentales lancent une émission omnibus à deux timbres : les armoiries de l'université sur le premier, la nouvelle chancelier sur le second.

Pour cette paire, le catalogue Stanley Gibbons ne donne pas d'artiste. C'est apparemment le travail d'un des graveurs de l'imprimeur britannique Waterlow. L'effigie royale de George VI est remplacée par son monogramme.

Par ailleurs, une recherche Google m'a mené vers deux flammes oblitérantes de Jamaïque vers 1955 ( 1 et 2). Cet appel charitable par la princesse Alice est une conséquence des difficultés financières des premières années de l'université.


Cet article est une reprise de celui du 4 octobre 2008.

samedi 4 octobre 2008

Alice, princesses philagéniques

Message modifié : trop de princesses Alice différentes, j'ai mêlé plusieurs personnes différentes. Mes excuses aux lecteurs matinaux de ce samedi.

La princesse Alice, épouse d'Henry, duc de Gloucester, était la belle-fille du roi George V et la tante de la reine Elisabeth II.

En février 1945, elle apparaît avec son mari sur trois timbres d'Australie au type ci-dessus, lorsque celui-ci y est envoyé comme gouverneur-général, représentant du roi sur place. Les uniformes s'expliquent par le temps de guerre.


Une autre princesse Alice, fille du plus jeune des fils de la reine Victoria, est honorée par un des timbres de Trinité-et-Tobago, émis ce 3 octobre 2008 pour le soixantième anniversaire de l'Université des Indes occidentales dont elle fut le premier chancelier. Ce n'est pas le premier.

De son vivant, en 1951, les États participant à la création de l'Université des Indes occidentales lancent une émission omnibus à deux timbres : les armoiries de l'université sur le premier, la nouvelle chancellière sur le second.

Par contre, une recherche Google m'a mené vers deux flammes oblitérantes de Jamaïque vers 1955 ( 1 et 2). Cet appel charitable par la princesse Alice est une conséquence des difficultés financières des premières années de l'université.



Merci au catalogue Commonwealth & British Empire Stamps 1840-1970 de Stanley Gibbons, très utile : seulement le monde britannique, les auteurs des timbres et leurs imprimeurs, dates d'émission. Un complément excellent aux catalogues Dallay de l'outre-mer français.

dimanche 17 février 2008

La Fédération des Indes occidentales

Ce timbre de Trinité-et-Tobago de 1958 est un des derniers témoignages de l'existence pendant quatre années de la Fédération des Indes occidentales, un essai du Royaume-Uni de constituer l'indépendance des Antilles britanniques sous la forme d'un seul État.

Finalement, en 1961, par référendum, les Jamaïcains décident de quitter la Fédération. Une partie de leurs dirigeants commençaient à s'impatienter de ne pas voir arriver plus rapidement l'indépendance, la capitale prévue à Trinidad était alors une base militaire louée aux États-Unis. Probablement que la richesse de l'île par rapport aux autres membres de la Fédération a pu jouer.

Rapidement (officiellement en janvier 1962), Trinité-et-Tobago ne soutient plus le projet de Fédération indépendante puisque l'archipel devrait alors constituer plus des trois-quarts du budget fédéral. De plus, les petites îles se méfiaient de devenir de « petites Tobago ».

Des îles restantes, le parlement britannique recrée les huit colonies initiales. Sept d'entre elles ont obtenu depuis l'indépendance. Montserrat et trois territoires dissociés d'entités plus grandes restent jusqu'à aujourd'hui des territoires d'outre-mer britanniques.

jeudi 10 janvier 2008

Fractions

Coïncidences éditoriales, les deux magazines philatéliques britanniques viennent chacun de publier un article sur les timbres à valeur faciale fractionnaire.

Dans l'édition datée de décembre 2007 (publiée donc en mi-novembre 2007), Gibbons Stamp Monthly laisse trois pages à Noel Davenhill pour présenter un résumé des plus petites valeurs faciales du Commonwealth depuis 1937, de manière historique et géographique. Le titre, "A Farthing for Your Thoughts!" est une expression courante : un sou pour vos pensées.

Le mois suivant, dans Stamp Magazine, David Wright tombe en trois pages sur les valeurs fractionnaires du Royaume-Uni, en suivant un fil historique et numérique : un demi-penny, un penny et un demi-penny, etc. La quatrième page s'intéressant au Commonwealth avec des illustrations différentes de l'article du concurrent.

Bonne lecture.

Rappel : à Paris, les deux magazines se trouvent vers le 18-20 de chaque mois à la librairie WHSmith, rue de Rivoli, près de la place de la Concorde.