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dimanche 16 mars 2025

Europa 2025 : un "raté" pour le timbre français ?

 Le thème 2025 de l'émission commune Europa des opérateurs postaux historiques européens est « Les découvertes archéologiques nationales », mais la diffusion des premiers visuels des timbres à venir semble indiquer une confusion entre « archéologie », « paléontologie », voire « patrimoine » ou « récit » historique à l'Île de Man.

Un dinosaure sur le timbre Europa français, dessiné par Ségolène Derudder (Philaposte via Phil-Ouest.com).

Comme San Marino, le service philatélique de La Poste française a choisi de représenter le squelette d'un gigantesque animal - à coup sûr un dinosaure qui n'a jamais cotoyé le genre Homo.

Les collectionneurs thématistes de la paléontologie et des fossiles d'animaux anciens seront ravis et n'auront pas à attendre le prochain bloc Nature de France sur les animaux de la très ancienne préhistoire, comptée en millions d'années avant le présent.


Cependant, les archéologues peuvent trouver ce choix erroné.

Malgré (ou grâce aux) critiques d'Elon Musk et du magazine Le Point, l'encyclopédie en perpétuelle construction Wikipédia propose, en français, cette définition d'archéologie : « une discipline scientifique dont l'objectif est d'étudier l'être humain à travers l'ensemble des vestiges matériels (artéfacts et faits archéologiques) ayant subsisté au cours des siècles, provenant de fouilles ou non. » (j'ai remanié la fin de la phrase).

S'ensuit la longue liste de traces matérielles possibles : ossements et postures de ceux-ci dans les tombes, monnaies, bijoux, objets du quotidien, caca fossilisé des fosses du château de Versailles avec leurs bactéries fossilisés de maladies diverses, etc.). Il y a de quoi combler les thématistes et la culture des collectionneurs.

L'actualité fournit constamment des exemples de découvertes et d'hypothèses vérifiées sur les découvertes archéologiques en France et ses cinq départements d'outre-mer : depuis le sarcophage de Joachim du Bellay sous le sol de Notre-Dame de Paris jusqu'aux fouilles avant construction d'immeubles ou de voiries par l'Institut national de recherches archéologiques préventives (INRAP). Ce dernier vient d'ouvrir un site public avec tous les rapports de ces fouilles : avis aux passionnés de leur localité, il y a plein de lieux et activités préhistoriques, antiques et médiévaux sous nos pieds.

Certes, Ségolène Derudder a travaillé selon un cahier des charges (Quel était-il ?) et les contraintes chronologiques de Philaposte. Sa page sur Behance et ses timbres de France depuis 2022 prouvent que, si elle maîtrise magnifiquement la représentation des animaux, elle sait travailler les bâtiments et les portraits. Et, peut-être, s'il y a eu plusieurs artistes au travail, a-t-elle produit l'illustration qui a le plus convaincu l'agent-comptable selon les critères prévus, parmi eux la capacité à attirer le public et à faire vendre.



Le timbre Euromed Postal de 2022 sur l'archéologie sous-marine (via Phil-Ouest.com)

En reprenant l'idée que les concepteurs du programme ϕl@télique [oui, je reviens encore sur ce φ] souhaitent éviter les répétitions, il est vrai que l'émission à thème commun Euromed Postal de 2022 a montré des archéologues sous-marins du Département des recherches archéologiques subaquatiques et sous-marines (DRASSM) en action sur des contenants de vin d'un navire échoué au large de la Corse à l'époque romaine.

Si on y ajoute les blocs annuels sur la reconstruction de Notre-Dame de Paris, avec illustration d'une forme d'archéologie de reconstitution... cela faisait-il beaucoup de vestiges archéologiques jugés « traditionnels » aux yeux du public et déjà timbrifiés pour certaines œuvres sculptées ou peintes : amphores, monuments, objets et statues réputées... ?

Si ce sont ces représentations mentales-là qui ont mal inspiré le commanditaire (ou l'artiste qui aurait pu être redirigée en cours de projet), la liste des traces étudiées, la représentation d'un chantier de fouilles au laboratoires d'analyses, ou la célébration de l'Inrap ou d'un autre institut national archéologique auraient été plus adaptées à l'émission Europa.

Mais, cela aurait-il été en porte-à-faux avec l'actualité politique française : coupe budgétaire des institutions publiques, débat autour des grands projets de voirie (autoroute A69 dernièrement)

Si vraiment, la préhistoire était considérée comme pas assez récemment représentée sur timbre de France, en évitant les lieux déjà sur-médiatisés telles que les grottes de Chauvet ou de Tautavel, les études récentes de paléoanthropologie doivent permettre de montrer autre chose des Homos d'Europe de l'Ouest tout de même ! Le timbre du cinquantenaire de la découverte du squelette australopithèque Lucy l'année dernière n'a tout de même pas interdit l'humanité préhistorique, recadrée vers Neandertal et Sapiens, pour plusieurs programmes annuels ? 

Il vient de sortir sous licence d'une série de films hollywoodiens, il est aussi stéréotypé... D'accord, il coûte plus cher que la feuille de timbres Europa : le T-Rex en Lego (set 76968).

Je n'en sais rien (yaka, fokon) : ce temps de recherche sur un thème Europa débattu et annoncé à l'avance est-il à préparer par le commanditaire ou l'artiste ? Et donc, qui en supporte le coût temps/revenu ?



Enfin, et là, c'est mon point de vue personnel : le programme philatélique de France est celui de l'Hexagone continental, de la Corse (timbre de 2022 donc) et aussi de cinq départements et deux collectivités d'outre-mer dans les Caraïbes aux peuples primitifs disparus avec l'arrivée européenne, au nord de l'Amazonie avec nos compatriotes Indiens natifs, majoritairement de tradition musulmane au large de l'Afrique ou inhabitée initialement dans l'océan Indien...

Vraiment vraiment vraiment, aucune « découverte archéologique nationale » :

- côté Antilles et Guyane sur les Arawaks, les Kalinago/Carib, d'autres ? C'est bien la peine que le président Jacques Chirac a initié un musée entier sur ces peuples. Plusieurs postes européennes ont prévu un timbre sur des objets simples anciens.

- côté Mayotte, rien sur les chantiers en cours ?

- et, évidemment, plus dérangeant, rien sur l'archéologie de l'esclavage et des plantations ?

Enveloppe premier jour de l'émission Ancient Britain de 2017 : un vestige photographié et, au crayon noir, la réalité de son époque d'usage.

Et, opinion personnelle qui n'accuse pas La Poste française bien entendu : du côté des caves du Musée de l'Homme, à Paris, n'y a-t-il pas quelques dix-huit mille vestiges paléoanthropologiques pour incarner les milliers d'anciens habitants du pays retrouvés au cours de fouilles archéologiques... en s'inspirant de l'inventive et vivante émission britannique de 2017.

Ah, non : cela risque de rappeler les quelques centaines autres crânes d'Africains, qui ont osé se rebeller face à la France de Charles X à la Troisième République apportant la civilisation en Afrique, et comment ces victimes ont servi aux thèses racistes de scientistes du dix-neuvième siècle ayant conduit aux génocides coloniaux et européens du vingtième.


L'archéologie est une science très intéressante en notre vingt-et-unième siècle ; il est dommage que La Poste française ne la présente pas de manière à attirer le public vers les petits musées et chantiers archéologiques régionaux.

Carte postale : cheval en coquilles de tellines, 100 avant notre ère, retrouvé à Lattes (Hérault), vendue à la boutique du musée Lattara. Idée à mettre en art d'un beau timbre. Tant pis.

Si vous passez par Montpellier, le musée Lattara - Henri Prades retrace l'histoire du port étrusque et des circulations maritimes et commerciales tout autour de la Méditerranée et avec l'intérieur des terres celtes ; et la description des quelques nécropoles trouvées dans le sud montpelliérain. Des panneaux légers signalent une découverte fort inattendue due aux fouilles préventives sur les collines dominant Lattes, pour cause d'urbanisation galopante (soupir) : un bourg gaulois dominant, mais à distance, le port.


Le blog Europa Stamps liste les émissions Europa 2025 à cette adresse web-là au fur et à mesure de leurs annonces par les postes émettrices.


Compléments du mardi vingt-deux avril 2025 :

Hop, disparu, le dinosaure laisse place à un vase antique d'après une annonce du trois avril 2025.

La nouvelle mouture du timbre Europa français de 2025 (compte X @toutsurletimbre, 3 avril 2025).

Le dinosaure est encore visible dans le catalogue 106 daté mars-mai 2025 de Philaposte, reçu la semaine dernière, avec un papillon volant annonçant le changement de visuel et l'arrivée tardive du timbre Eric Schwab.

Désormais, un pichet à vin antique richement décoré, une céramique attique à figures noires qui est -actuellement - la plus septentrionale trouvée en Europe, et correspond à une définition de « découvertes archéologiques nationales » sur des sites funéraires découverts avec des objets de banquet intacts lors de fouilles préventives de l'Inrap, à Lavau et alentours, dans le département de l'Aube.

Quelle progression en une quinzaine de jours entre les réactions des archéologues et le nouveau timbre ! Évidemment, le vase seul ne montre pas l'ensemble funéraire - notamment le positionnement du défunt et des objets sur et autour de lui -, du travail minutieux sur le terrain, et du hasard d'une zone à aménager suscitant de vérifier son sous-sol.

On peut se référer à l'émission Carbone 14 de France Culture du dix juin 2017 sur ces découvertes de Lavau et leurs études en laboratoires. Au cours de celles-ci, les chercheurs expliquent dépasser le seul « beau » ou la seule « valeur » (vase, certes intact ; monnaies) pour analyser en profondeur le tout.

Actuellement, la volonté politicarde de supprimer ou limiter des normes, dont les fouilles préventives, rend le contexte de ce timbre-ci important dans le débat public, mais il faudrait, lors de l'émission du timbre et de certains chantiers honteusement mené par des élus pressés par les élections de 2026, beaucoup d'articles de presse et de messages sur les réseaux sociaux sur les musées archéologiques et l'intérêt des fouilles pour reconstituer le territoire des populations qui nous ont précédés.


Complément du vendredi vingt-cinq avril 2025 :

Trouvée sur X une caricature animée sur la différence entre paléontologie et archéologie :

Dessin de Céline Piret, 2018.

« Pour la dernière fois... l'archéologue... ne cherche... pas de dinosaures ! »

Céline Piret est une archéologue belge et illustratrice dans cette discipline, notamment reconstitution graphique à partir des traces, os et objets retrouvés. La planche de définitions fait partie de sa série Arkéofacts (avec quelques-unes traduites en anglais et en russe).

mercredi 28 décembre 2022

De QE2 à KC3 : passage de relais philatélique

 Après quelques jours de deuil respectueux, médias et collectionneurs se sont interrogés sur l'arrivée du Roi Charles III sur les timbres-poste du Royaume-Uni, les territoires britanniques d'outre-mer et des royaumes du Commonwealth.


Quelle sera la dernière émission britannique au caméo élisabéthain ?

Du côté de Royal Mail au Royaume-Uni, la réponse fut rapide : le roi ne souhaitait aucun gaspillage. L'effigie de la Reine Elizabeth II, morte le huit septembre dernier, apparaîtra sur les timbres déjà imprimés.

Cela soulève un souci : quelle sera la dernière émission spéciale à porter son caméo ?

Memento mori façon 2023 ?

Craint par beaucoup vu l'aspect commercial du programme philatélique britannique, les couvertures d'album du groupe de rock Iron Maiden... porteront le profil d'Elizabeth II, le douze janvier 2023.

Sur le timbre choisi ci-dessus au soldat britannique squelettique, il y aurait beaucoup à écrire sur cette couverture d'album : l'histoire militaire, coloniale britannique, ce lourd héritage face au monde, ces rappels utiles en temps de Brexit...

Mais, l'objet d'un timbre avec l'effigie d'une souveraine disparue ? Un rappel que nous sommes tous mortels, y compris les empires ?


Au Royaume-Uni, Charles attendra.

Ainsi, s'il faut vider les stocks de timbres au type Machin, il faudra attendre pour voir apparaître son successeur, en dehors d'une émission du couronnement.

Cela pourrait cependant aller vite puisque la Royal Mail est en pleine opération d'échanger des anciens timbres d'usage courant avec de nouveaux Machin à code data matrix.

Le monogramme du Roi Charles III avec la couronne Tudor (communiqué de presse du palais de Buckingham, repris par The Guardian, vingt-sept septembre 2022).

Le grand remplacement des symboles est donc modestement lancé le vingt-six septembre 2022 au terme de la période de deuil lorsque le monogramme royal est publié : C III R - Carolus III Rex en latin. En deux modèles selon la couronne portée afin de respecter l'identité écossaise.

Le monogramme est le choix du roi parmi dix projets proposés par Tim Noad du College of Arms de Londres, l'autorité héraldique du Royaume-Uni.

L'une des premières enveloppes timbrées au nouveau monogramme, le vingt-sept septembre 2022 (capture d'une vidéo diffusée par les médias britanniques, ici le Daily Mail).

Ainsi put apparaître la seule exception précipitée britannique. EIIR disparut des timbres humides produits par la machine à affranchir du palais de Buckingham, qui sert à l'ensemble du courrier de la Cour et des membres de la famille royale qui bénéficient de la franchise postale.

C'est ainsi que ceux qui ont pu écrire leurs condoléances à divers membres de la famille royale ont pu recevoir le nouveau monogramme sur courrier contenant des cartes de remerciement.


Les territoires à la course aux imprimeurs.

Par contre, ou que l'impression ne fut pas lancée, ou qu'ils voulurent être parmi les premiers à..., plusieurs territoires britanniques semblent s'être précipités à arborer le monogramme royal.

Le mensuel Stamp Magazine daté janvier 2023 (en kiosque début décembre 2022) a sorti la photo-finish pour départager deux services philatéliques bien pressés.

Deux exemples des quatorze timbres de Noël de Guernesey et Aurigny, émis le seize novembre 2022.

Ainsi, le service de Guernesey et Aurigny a annoncé son émission de Noël avec monogramme carolin dès mi-octobre avec pré-commande ouverte le deux novembre et émission le seize novembre. Le thème est le pantonime, une forme populaire de théâtre apprécié lors des fêtes de fin d'année dans les pays anglo-saxons : La Belle aux bois dormants pour les sept timbres de Guernesey, Robin des bois pour ceux d'Aurigny.

Las !  À Gibraltar, on annonçait peu, mais on imprimait vite.

Le feuillet des septième au douzième jour de Noël, émis par Gibraltar le deux novembre 2022.

Dès le deux novembre 2022, douze timbres sont émis pour illustrer le chant traditionnel Les Douze Jours de Noël, du nom de la période entre Noël et l'Épiphanie.

Je trouve dommage cet empressement : la foi d'Elizabeth paraissait sincère et une dernière émission à son monogramme célébrant Noël aurait été un bel hommage avant de fermer le dernier album de son règne.


En suivant le blog Commonwealth Stamps Opinion, décembre et janvier voit plus tranquillement les premières émissions du règne graphique de Charles III : 

Un des quatre timbres de l'émission du centenaire de l'administration civile d'Ascension, émis le dix-neuf décembre 2022 (via Commonwealth Stamps Opinion).

- le dix-neuf décembre pour Ascension, cela marque le centenaire de l'administration civile de l'île atlantique sous l'autorité de la Eastern Telegraph Company et comme dépendance de Sainte-Hélène ;

Un des timbres montrant le RRS Sir David Attenborough, émis le vingt-et-un décembre 2022 (boutique web de Falkland Stamps). 

- le vingt-et-un décembre pour le Territoire britannique antarctique, avec quatre timbres pour le voyage inaugural du RRS Sir David Attenborough, un navire de recherche qui est arrivé en Antarctique fin 2021 et affronta ses premières glaces à l'été austral 2022, non sans difficulté d'après l'article de la Wikipedia anglophone.

Les premiers timbres de l'île de Man au monogramme de Charles III (service philatélique mannois).

Enfin, pour cet article de blog, le cinq janvier 2023, l'île de Man émettra quatre timbres sur le Triskelion au nouveau monogramme, quatre illustrations déjà vues sur timbres de distributeur en 2017.


La représentation des Îles Vierges britanniques à Londres, sur un timbre à venir.

Preuve, néanmoins, de la difficulté de réadapter une émission philatélique, Pobjoy Mint annonce que leur client, les Îles Vierges britanniques, vont émettre un timbre pour les vingt ans de leur bureau londonien à une date indéterminée... [Finalement annoncé pour le dix janvier 2023]

Autre date de décembre indéterminée pour les anniversaires de visites royales à Sainte-Hélène en six timbres et un feuillet de trois.


Une nouvelle thématique ?

Dernière curiosité philatélique de cette transition monarchique : le six février 2023, jour anniversaire de son avènement, Guernesey émettra quatre timbres en hommage à la reine défunte, à travers quatre visites qu'elle réalisa sur ce domaine de la Couronne.

Visite royale de 1978 de la reine à Guernesey avec monogramme de Charles III, à émettre le six février 2023.

Seront-ils les premiers timbres-poste représentant Elisabeth II au monogramme du nouveau roi ?



Complément du mardi vingt-huit février 2023 :

L'émission du centenaire de la locomotive Flying Scotman comprend huit timbres et un feuillet de quatre. Ce sont les derniers timbres britanniques à porter le caméo de feue la Reine Elisabeth II d'après les articles de presse du jour (exemple : la BBC).

samedi 21 janvier 2017

L'épidémie de timbres illustrés de distributeur s'étend toujours

Jusqu'en 2008, les timbres de distributeurs, ces étiquettes postales dont la valeur faciale ou d'usage est imprimée à la demande de l'expéditeur auprès d'un automate posé dans le bureau de poste, ont connu soit des tentatives vaines à partir des années 1980, soit une réussite durable mais avec, dans le cas français, une illustration pâlote jamais rénovée.

Dans le second cas, sont connus les postes allemandes, belges, espagnoles et allemandes, jusqu'à donner un petit nom à la machine et à l'objet philatélique : LISA en France. Dans le premier, la tentative abandonnée australienne a pourtant montré un intérêt durable des collectionneurs à Adelaide, révélé au monde philatélique en janvier 2016.

Un double foyer dans les îles britanniques
Mais, depuis que Royal Mail et Post Office Ltd ont adopté le système d'Intelligent AR au Royaume-Uni à l'automne 2008, il semble qu'une tâche d'huile s'est formé et s'étale petit à petit autour des Faststamps et des Post & Go. Les Britanniques ont pu ainsi faire le tour de la flore, de la faune, des navires,... de leurs îles.
Après les héros de l'insurrection de Pâques 1916, la nouvelle série de timbres de distributeurs (et aussi des guichets) : cent objets de l'histoire de l'Irlande (IrishStamps.ie).
Ainsi, dès 2010, An Post, la poste irlandaise, avait adopté son propre système en 2010 : SOAR pour Stamps On A Roll, la forme de stockage de ces vignettes : le rouleau.

Mais, en suivant le même nouveau principe : une partie libre pour imprimer les mentions postales, une large partie illustrée régulièrement renouvelée. Ce qui annonçait, écrivit alors un chroniqueur de Stamp Magazine, un nouveau type de programme philatélique que les non-collectionneurs peuvent découvrir au hasard de leur venue pressée au bureau de poste, encouragés qu'ils sont à utiliser les automates pour désengorger (rentabiliser) les guichets humains.
Pour les machines d'Intelligent AR (britanniques et déclinaisons), passez la souris sur "Kiosks" pour retrouver distributeurs, vignettes actuels et passés avec un peu de recherche (capture d'écran du samedi vingt-et-un janvier 2017).
Depuis, par utilité postale ou gain philatélique, plusieurs opérateurs postaux ont opté pour les distributeurs d'Intelligent AR que le site de cette entreprise permet de suivre la localisation. En février 2014 ce fut Jersey Post, un an après celle de Guernsey et en mai 2015 le Royal Gibraltar Post Office.

Au-delà de l'Empire désormais
Une des quatre illustrations des distributeurs espagnols, évoquant le tricentenaire de la poste espagnole (Intelligent AR).
Moins britannique et malgré ses vignettes illustrées depuis longtemps, la Correos espagnole teste une machine dans son bureau principal de Madrid depuis avril dernier, après une présentation au Salon philatélique de Madrid.
L'une des deux illustrations prévues par Post NL pour ses distributeurs IAR : l'inévitable tulipe (Intelligent AR).

La consultation de la liste de ses kiosks annoncent la mise en place de quatre distributeurs aux Pays-Bas à partir du lundi trente janvier prochain (exemple de celui promis pour Amersfoort), comme annoncé par PostNL le vingt-quatre novembre 2016.

N'oublions pas l'expérience qatari d'octobre 2015 - débuté par un salon international elle aussi - qui se poursuit, en fouillant bien le site d'Intelligent AR puisque les distributeurs QAxx ne sont pas dans le menu "Kiosks", mais sur cette page-ci.

En effet, les salons philatéliques sont le lieu de promotion des distributeurs Post & Go avec la complicité de Royal Mail qui fournit ses timbres avec mentions spéciales... et un brin d'agacement des collectionneurs britanniques : comment des timbres British peuvent-ils être vendus uniquement dans des pays où ils ne peuvent servir sur le courrier... Et découvrir que ces timbres expatriés ne sont pas toujours imprimés avec la même technique d'impression.

D'autres débats ont eu lieu, sur les blogs et les chroniques imprimées des marchands spécialisés des nouveautés britanniques : Post & Go avec mention spéciale musées militaires, musée postal à Londres, etc. Où cela s'arrêtera-t-il, se demandent les collectionneurs complétistes ?

Une collection spécialisée britannique s'étendant, de plus et naturellement, aux changements de typographie et dimensions des écritures selon les mises à jour logicielles, les changements annuels de tarifs et les accidents de fonctionnement.

Les Dominions se lancent en toute autonomie
Et, ces dernières semaines, le timbre illustré de distributeur semble plaire au-delà du modèle IAR/Royal Mail.
Les cinq premiers timbres de distributeurs de Postes Canada, en valeur permanente, la lettre intérieure de base (Postes Canada).
Le trente-et-un octobre 2016, Postes Canada tente l'expérience des Timbres Libre-Service, comme présenté dans son catalogue En détail de janvier-mars 2017, mais en précommande sur le magasin en ligne.

Les curieux de cette expérimentation liront les commentaires et témoignages des membres canadiens et canadophiles du forum StampBoards.com : trois lieux seulement équipés apparemment en décembre, mais accessibles à toute heure du jour et de la nuit, si vous payez par carte bancaire.

Les villes chanceuses : Edmonton en Alberta, Vancouver, la métropole de Colombie-Britannique, et Richmond Hill, dans la banlieue de Toronto, en Ontario.

Pour le moment, je n'ai pas lu d'information sur le fabricant du système.
L'image-annonce : l'écran de la machine postale et les quatre interprétations du triskélion présentés comme la nouvelle série d'usage courant - une approche toute irlandaise ? (Isle of Man Post Office).
Enfin, la poste de l'île de Man adopte les distributeurs de timbres à la demande à partir du prochain Stampex de Londres, le mercredi quinze février prochain. La série inaugurale est présentée comme d'usage courant et reprend quatre formes du symbole national aux trois jambes : deux visibles sur des bâtiments de l'île, deux interprétations artistiques.

Reste à savoir si le foyer de l'infection est, ici, d'origine britannique ou irlandaise...


Complément du dimanche vingt-deux janvier 2023 :
Le cinq janvier 2023, les quatre triskélion sont réémis sous forme de timbres-poste par la poste de l'île de Man à l'occasion du passage du monogramme de la défunte Reine Élisabeth II au monogramme de son fils, le Roi Charles III.

mardi 25 août 2015

Adieu au demi-penny en pièces et timbres

En mai dernier, lors de l'exposition européenne London 2015, j'ai acheté deux souvenirs numismatiques à prix bradés, une livre sterling chacun.

Si le premier, présenté jeudi dernier, respecte peu les pièces de monnaie collées à même le support ; le second maltraite les timbres et met en valeur les pièces.
Face avant du souvenir Farewell to the Half Pence.
L'origine, si elle est connue, ne se trouvera pas sur l'objet anonyme, ni même sur la page Sets du site Jersey Coins and Banknotes de H.K. Frears, spécialisé dans les moyens de paiement de Jersey.

Est marquée la disparition de la pièce d'un demi-penny décimal, en bronze, apparue en 1971, frappée pour la dernière fois en 1984 et démonétisée à la fin de cette même année.

Trouver des pièces en assez bon état ne devait pas être difficile, j'imagine : échange une plus grosse pièce contre des rouleaux de demi-pence.

On s'interrogera sur le choix des territoires : Grande-Bretagne et Irlande normal - même si la pièce irlandaise survivra jusqu'en décembre 1986.

Les Dépendances de la Couronne pas trop difficile de s'y rendre ou à leur représentation londonienne... Mais pourquoi les îles Falkland ? Et pas Gibraltar bien plus proche ? Parce que le Rocher ne frappe ses propres pièces que depuis 1988 et n'a connu que les demi-pence britanniques.

Oublions les territoires d'outre-mer britanniques des Antilles dont l'histoire monétaire est dans la complexité du système métallique des Amériques, multiplié par le nombre des territoires et des choix possibles, à lire la page de la Wikipédia en anglais sur le dollar des Indes occidentales britanniques.

Face arrière - et elizabethaine - du souvenir.
Les millésimes des pièces est au bonheur la chance depuis 1971 pour Guernsey à 1982 pour le Royaume-Uni, en passant par 1977 Man et un trio de 1980. L'exemplaire de Frears possède une pièce de Jersey de 1981.

Les timbres sont identiques et paraissent être les derniers d'usage courant à cette valeur, aussi aisés à se procurer en quantité, sauf pour les îles Falkland.

Le Machin est celui de 1971 (le prédécimal de 1968 était orange-brun ou brun-orange, j'ai du mal avec les sous-nuances), il faut étudier le papier et sa phosphorescence pour préciser le tirage. Pour les Dépendances, de 1978 à 1981, dans des thèmes locaux : paysages à Man, anciennes monnaies à Guernsey et blasons familiaux à Jersey.

Pour l'Irlande, c'est l'émission des animaux stylisés de 1968-1969 qui a été choisi, mais pas la réémission pour la décimalisation 1971 en bleu et sans le « p » qui aurait été plus logique. Il se peut que le stock du pré-décimal ait été plus important chez les marchands, surtout que la série architecture de 1982 ne comprend plus cette valeur.

Le carton avec surface simili-cuir est épais et solide, la pochette en plastique visiblement efficace. eBay interdit de lire depuis la France plusieurs annonces britanniques de ce souvenir (?!) dont les pièces sont toujours décrites comme n'ayant pas circulé. Néanmoins, un exemplaire australien est proposé à un peu moins de treize dollars locaux, soit environ huit euros.

À savoir si des collectionneurs ou des marchands européens ont pensé à créer ce genre d'objets pour le passage des monnaies nationales à l'euro - ou se sont contentés de spéculer sur les souvenirs timbro-monétaires des postes et monnaies nationales ?

samedi 25 juillet 2015

Quand Singapore 2015 motive Gibbons Stamp Monthly

À l'occasion de l'exposition internationale Singapore 2015 du quatorze au dix-neuf août prochain, le magazine britannique Gibbons Stamp Monthly daté août est calibré pour la promotion auprès des philatélistes d'Asie du Sud-Est.

Car oui, ces expositions permettent d'entrer en contact avec de nouveaux abonnés. Le sérieux de la publication est renforcée encore grâce aux chroniqueurs habituels et à l'aide de membres d'associations spécialisées.



Le logotype de l'exposition à la Tête de lion, symbole officiel de la ville-État depuis 1986, dans la continuité du Merlion... toujours plus singapourien qu'une lettre grecque sur timbres de France.

Singapour et son environnement historico-philatélique sont mis en avant bien entendu. John Holman consacre cinq pages de sa chronique New Collector à la chronologie géopolitique de l'île et aux thématiques abordées pendant ses cinquante années d'indépendance. Très spécialisé, Len Stanway conte l'évolution des étiquettes de recommandation à Singapour de 1854 à nos jours, en conjonction avec son livre Singapore Post Offices and Registration Labels, publié par le Malaya Study Group britannique.

À partir de là, l'histoire philatélique aide à compléter : avant de disposer de ses timbres en tant que colonie à part entière après la Seconde Guerre mondiale, ce sont des timbres d'Inde, des Détroits, puis un temps de mariage raté ceux de l'éphémère Fédération de Malaya.

Les organisateurs de Singapore 2015 proposent un article de Henry Ong sur les cartes postales des États malais fédérés au temps de l'Union postale universelle de 1897 - année d'application obligatoire des trois couleurs des timbres sur le courrier international, à 1934 et l'établissement de l'Union postale malayane.

Sarawak, l'une des parties de Bornéo rattachée à la Malaisie après les indépendances, fait l'objet du trait d'humour de David Horry et de ses timbres non émis du règne de George VI.

En tirant vers l'Inde, Christer Brunström soumet une page et demi sur un des État princiers, Bamra.



Phil et Iris, les mascottes de la manifestation... Toujours adorables, toujours oubliées les mascottes (Footix, voire pire celle des Jeux olympiques d'Albertville).

Dans ce contexte, les annonceurs ne s'y trompent pas ou ont été convaincus par les commerciaux de Stanley Gibbons : du centre philatélique de Polynésie française en page trois à un marchand thaïlandais de timbres, monnaies et antiquités de toute l'Asie orientale, Eur-Seree Collecting (site en thaï).

Le Club de Monte-Carlo continue son bombardement d'articles sur les raretés visibles lors de Monacophil 2015, entamé avec les numéros de mai 2015 des mensuels britanniques et français.

Stanley Gibbons elle-même qui consacre une pleine page à la cinquième édition de son catalogue Hong Kong parmi toutes ses nouveautés récentes, et propose deux concours aux prix merveilleux. D'une valeur d'un peu moins de cinq cents livres sterling, remportez un des dix exemplaires de la collection complète des émissions britanniques et Commonwealth des huit cents ans de la Magna Carta.

Mieux, parmi les cent prix, l'éditeur propose au premier de recevoir chaque catalogue qu'il publiera en 2016 !

Le second volume de l'autobiographie de l'ancien ministre britannique de l'Intérieur, Alan Johnson (amazon.co.uk).
Comme le magazine reste britannique et adossé au principal marchand de timbres et d'enveloppes du Royaume-Uni, il doit tout de même promouvoir philatélie et histoire postale de ce pays.

Le chroniqueur John Holman résumé la situation actuelle des opérateurs privés et la liste de ses anciens articles pour approfondir. Il rappelle que la Royal Mail est à quinze pour cent d'actions de devenir un opérateur sans plus aucun lien public... À lire pour découvrir tous les aspects des postes privées contemporaines depuis les concurrents de Royal Mail jusqu'aux postes des petites îles et des scouts de Noël.

Joyaux de cette couronne Gibbons l'histoire postale classique, Edward Klempka dévoile sa collection d'entiers Mulready, Michael Peach de cartes postales victoriennes tandis que Don Davis s'interroge sur le sens à donner à ses onze lettres pliées en triangle, deux en hexagone et deux en losange... depuis les îles Britanniques du dix-neuvième siècle aux soldats de l'Armée rouge combattant l'envahisseur allemand.

En parlant de joyaux et de couronne, Sa Majesté la Reine Elisabeth II est une figure imposée pour ce genre de numéro : Cyril R. H. Parsons explique la différence entre couronne, tiare et diadème - question essentielle puisque l'article le plus consulté de mon modeste blog porte sur une partie de cette question. Une émission de l'île de Man sur la Reine et les grandes cérémonies de son règne rallie la partie Nouveautés des îles britanniques au thème.

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Avec ce menu copieux, comme toujours avec Gibbons Stamp Monthly, les derniers articles finissent le tour du monde britannique avec les aléas des oblitérations classiques du bureau de Kingston, en Ontario, ou des surcharges de valeur dans le Ghana contemporain. En thématique, le cygne clôt l'ensemble.

Ne pas oublier les demi-colonnes, pleine d'humour (voir David Horry ci-dessus), d'indices pour de nouvelles trouvailles (le retraité qui ne lâche pas le catalogue Hugh Jefferies, récemment décoré par la Reine) et d'une critique par Alan Sacks d'un livre d'histoire postale particulière : l'ancien ministre travailliste sous Tony Blair et Gordon Brown, Alan Johnson, a entamé une autobiographie en plusieur volumes.

Dans Please, Mister Postman, sorti en septembre 2014, Johnson raconte sa carrière de postier de 1968 à dix-huit ans, jusqu'en 1987 quand il devient un dirigeant à plein temps du syndicat des travailleurs de la communication (UCW). C'est le témoignage d'un facteur des années 1970 avec ses anecdotes sur les bêtises d'adolescents à l'égard de leurs supérieurs, sur les aides apportées volontiers aux personnes âgées comme aux habitants partis en vacances pour veiller sur eux et leurs animaux domestiques, etc.

La grève de 1971 est racontée en profondeur, et apparemment, d'un point de vue plus positif que la vision syndicaliste habituelle : une défaite pour la majorité des postiers (moins pour les collectionneurs des postes privées), mais une victoire pour les postiers débutants dont l'évolution du salaire fut accélérée en début de carrière.


Faute de pouvoir voyager jusqu'à Singapour, les numéros de milieu d'été des magazines britanniques (voir Stamp Magazine d'août par ici) apportent une dose de vent frais dans l'aridité estivale du sud de la France.

dimanche 5 avril 2015

L'enfer de l'auto-célébration philatélique

Les lecteurs français de ce blog le savent : ne jamais timbrifier une personnalité vivante, voire même morte si l'entreprise qu'il a fondée existe encore.

Depuis 2010 et le bloc du cent cinquantième anniversaire de la Bourse aux timbres, l'éditeur Yvert et le marchand Maury ne cessent de rappeler le prestige de leurs fondateurs en rappelant qu'ils ont fait l'objet d'une « émission officielle de La Poste française »...
Bloc aux trois cinquièmes publicitaires après usage par les entreprises concernées (Yves Beaujard, scan de Phil-Ouest.com).

Actuellement, le site d'Yvert se sert de cette gravure d'Yves Beaujard pour ses albums Supra et le timbre apparaît dans le bandeau de celui de Maury, et est fréquemment rappelé dans ses catalogues de vente par correspondance.

Bon, les dirigeants d'Yvert et Gervais peuvent y prétendre légitimement, étant familialement les héritiers de Louis Yvert... même si son employé puis associé d'alors, l'imprimeur Théodule Tellier aurait mérité un timbre lui aussi. Sans lui, pas d'Écho de la timbrologie dans la propriété amiénoise. Relire le livre du centenaire d'Yvert et Tellier, publié en 1995.

Quant au zombi Arthur Maury... les voies du capitalisme et de la propriété des marques commerciales sont tellement pénétrables... soupir.
L'émission de l'île de Man du dix février dernier (site de la poste de l'île).

Imaginez alors le malheur qui frappe nos pauvres confrères britanniques aussi durement que nous sommes frappés depuis des mois par l'annonce de l'interdiction d'une pièce française de deux euros en hommage à une bataille meurtrière dont il vaudrait mieux graver les conséquences artistiques que célébrer la bataille elle-même. Rires mesquins.

Le service philatélique de l'île de Man émet six timbres pour les cent soixante-quinze ans de l'émission du Penny Black, visant sûrement la vente massive en mai lors d'Europhilex à Londres.

Cinq timbres ou enveloppes sur timbres assez classiques : les trois premiers timbres britanniques pour les petites valeurs, et les honorables William Mulready et Rowland Hill sur les deux plus fortes. Les thématistes sont en furie.

Et un intrus... le marchand Stanley Gibbons dont le catalogue de vente devint le catalogue de référence britannique, mais aussi un magazine qui célèbre ses cent vingt-cinq années, Gibbons Stamp Monthly. Le fondateur et le mensuel illustrent le timbre d'une livre vingt pence.

Que Dieu nous protège des conséquences de cet acte insensé !

Nuançons : la couverture choisie est celle de mai 1940 illustrant le centenaire du Penny Black.

Dans le numéro daté mars 2015 (paru mi-février) du magazine timbrifié, c'est le feu d'artifice dans chaque partie éditoriale du magazine : 
- le rédacteur en chef évoque l'anniversaire et le timbre est reproduit,
- John Holman, dans sa chronique des idées de collection à explorer, salue l'émission avec une justification : il a écrit sur la vie du fondateur pour le magazine en 1990 et 2013,
- une page de publicité d'un marchand pour l'émission,
- deux pages sur la genèse de l'émission avec l'illustratrice Leanne Sherliker, employée de Stanley Gibbons et dudit marchand vendeur d'enveloppes premier jour (voies du capitalisme...). Un article conclut par l'adresse web et le numéro de téléphone de la poste mannoise...
- et une demi-page sur l'émission dans la partie nouveautés des îles britanniques.

Le magazine est épais et comprend de nombreux autres articles fouillés ; espérons qu'ils n'abuseront pas pendant de nombreuses années de cette émission sur le modèle de leurs confrères français.

vendredi 9 août 2013

Course à l'échalote princière

Des mois d'attente, voire des années pour certains avides de continuité royale ou de bénéfices, et enfin, depuis le 22 juillet 2013, les services philatéliques des postes du Commonwealth et les fournisseurs thématistes de timbres imprimés à la louche, sans oublier les producteurs d'enveloppes commémoratives, se sont lancés dans un sprint : qui émettra le premier quelque chose pour la naissance du prince George, fils du prince William, duc de Cambridge, et de Kate Middleton.


En premier, mon vainqueur : à venir le 16 août prochain, le bureau philatélique de Gibraltar et la World Online Philatelic Agency proposent la photographie que tous les médias ont diffusé (celle-là, quelques centièmes de seconde après ou avant, du photographe plus à gauche ou plus à droite...) dans un format standard de timbre-poste commémoratif... Seul, la valeur faciale heurte un peu : deux livres sterling, ce qui permet d'expédier avec le Royal Gibraltar Post Office des courriers de plus d'un kilo et six cents grammes à l'intérieur du territoire ultramarin britannique (avec timbres complémentaires), une lettre jusqu'à deux cents cinquante grammes pour l'Espagne ou de payer la recommandation pour un pli vers l'extérieur du Rocher.

Il est également proposé en feuille de six dont l'arrière-plan est l'image de plain-pied.

Le prince William ne peut rêver meilleure image pour annoncer un possible règne, ou en attendant, comment il compte vivre sa vie : en bon père de famille, tenue urbaine décontractée.

 Le vainqueur catégorie vitesse semble être Australia Post grâce, évidemment, aux timbres personnalisables qu'il est, plus commode, de laisser personnalisé par la poste elle-même.

Le 29 juillet, l'entreprise proposait des feuilles de dix instant stamps de soixante cents, soit le tarif de toute lettre standardisée jusqu'à deux cents cinquante grammes (livraison entre un et quatre jours selon la distance à parcourir et la nature des lieux : agglomération des capitales d'État ou le bush). Avec trois, votre lettre atteindra la Nouvelle-Zélande et la zone Asie-Pacifique ; quatre et un complément le reste du monde.

Australie ! Suivie de près par Man ! Également avec l'aide de WOPA. Le 31 juillet, d'après leur site et l'oblitération premier jour, le Isle of Man Post Office propose un feuillet indivisible de huit timbres d'une livre constituant quatre triptyque : la mère et le père entourant l'annonce de l'heureux évenement.

Et la simple phrase du prince : We could not be happier.

Et à deux livres le triptyque, vous le serez aussi : la lettre recommandée vers le Royaume-Uni et les îles Anglo-normandes s'ouvre largement à vous.

Pour les boulimiques qui se moquent de la cohérence commonwealthienne des choses, la boutique en ligne de l'imprimeur lituanien Stamperija vous permettra de zoomer et de connaître les prix de nombreuses émissions déjà proposées... si vous vous inscrivez. Douteux ? Ou pas ? Jolis en attendant ces retouchés au crayon de couleur de Centrafrique, Guiné-Bissau, Niger, São Tomé e Príncipe et Togo.

Finalement, plus patiente... mais aussi plus gourmande (sept dollars quatre-vingt dix), New Zealand Post proposera quatre images de presse, dont la première sera très proche de Gibraltar, le onze septembre prochain.

Un mot enfin sur Benham, producteur de cartes-souvenirs et vendeur d'autographes qui, dès le jour de la naissance, lançait ses agents à la quête aux tampons (après avoir collé des vieux timbres britanniques ou de plus loin sur des enveloppes) et ses mails à travers le fichier client de sa maison-mère Stanley Gibbons.

Sources : The Stamp Collecting Forum et les enthousiastes publicités reçues par mail.

samedi 25 octobre 2008

John Hobson Nicholson, célébrité de l'île de Man

Le 1er août 2008, la poste de l'île de Man a émis dix timbres de 31 et 50 pence pour honorer dix membres notables de la communauté de cette île, possession du souverain britannique, et dont le mérite principal est écrit sur la fine bande colorée en haut de chaque timbre : mère de la musique manxoise, le dernier locuteur en langue mannoise, etc.


Celui qui m'occupe aujourd'hui est le cinquième de la première rangée : John Hobson Nicholson (1911-1988), un artiste autodidacte manxois qui réussit à se faire connaître en Grande-Bretagne. À partir de 1958, il dessine les signes de l'autonomie manxoise vis-à-vis du Royaume-Uni : billets de banque, pièces de monnaie et timbres-poste.

En 1958, comme les autres pays du Royaume-Uni et les possessions royales (les quatre pays de rugby/football et les îles Anglo-Normandes), l'île de Man obtient une émission du Post Office valable partout, mais portant le triquètre. Le cadre entourant la photographie de Dorothy Wilding est de Nicholson.

(idem)

Pour les billets, une émission précédente cette année en présente trois suffisamment récents pour être l'œuvre de Nicholson d'après le Presentation Pack. En 1961, il dessine ces billets après une loi rétablissant le monopole d'émission au gouvernement de l'île.

Biographie de l'artiste disponible sur le web sur le site du Manx National Heritage.

samedi 19 avril 2008

Cinquantenaire des émissions régionales britanniques

En septembre prochain, les administrations postales des îles Britanniques vont faire dans la reprise de vieux timbres pour le cinquantenaire des émissions régionales.

En 1958, le Post Office émet l'effigie royale d'après une photographie de Dorothy Wilding dans un cadre comportant des éléments symboliques des régions non anglaises du Royaume-Uni (Écosse, Pays de Galles et Irlande du Nord) et des îles possessions de la Couronne (Guernesey, Jersey et Man). Trois timbres pour les premières, deux pour les secondes.

En 1971, le passage au système décimal entraîne une nouvelle émission au type Machin, sauf pour les îles Anglo-Normandes postalement indépendantes désormais, et pour la dernière fois pour l'île de Man. Voici l'exemple du 26 pence du Pays de Galles :

Les symboles (initiaux, puis redessinés) sont l'œuvre de Jeffery Matthews, l'autre « père » du type Machin puisqu'il en a rationalisé les couleurs et les inscriptions. L'absence de la monnaie (« p » pour penny) s'explique par le choix de la Royal Mail en 1997 d'éviter l'application d'une loi galloise imposant son utilisation locale. Or, penny se traduisant ceiniog, il eut fallu soit placer les deux initiales ou risquer la confusion avec le mot cent.

Actuellement, les quatre royaumes (donc, y compris l'Angleterre) bénéficie chacun d'une série illustrée d'usage courant et de blocs glorifiant leur patrimoine, et dont les valeurs et illustrations sont régulièrement renouvelées. Ces timbres sont également repris en feuilles pré-personnalisées par des paysages locaux et dans des les carnets de prestige (avec encaissement par la Royal Mail).

Stamp Magazine, dans sa livraison de mai 2008, révèle qu'un feuillet reproduisant les premiers timbres régionaux est prévu pour cet automne.

Aller plus loin :
* entretien avec Jeffery Matthews par le journal du Great Britain Collectors Club, en 2000.
* Douglas Myall, 40 Years of Machins - A Timeline, chronologie publiée par le British Philatelic Bulletin, 2007. Il est disponible à la vente sur le site de la Royal Mail à 2,95 livres sterling.