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samedi 18 avril 2026

Vacances à Water Island et aux îles Vierges dans les années 1960

 J'ai évoqué récemment la situation ou géopolitique ou foncière de Water Island, une petite île dans la rade de Saint Thomas, pile principale des Indes occidentales danoises devenues les îles Vierges des États-Unis par une vente en 1917.

Seulement, l'île Water avait déjà été vendue à une compagnie coloniale danoise en 1905 avant que le Département de l'Intérieur états-unien ne la rachète en 1944. Aucune source ne m'indique si Water Island était états-unienne mais propriété privée, ou dans un vide juridique héritage des compagnies coloniales ayant pu avoir le rôle d'État.

Les forces armées n'en faisant finalement rien, la guerre sous-marine allemande terminée et la dissuasion nucléaire imposant d'autres modes de combat (avion-espion et bombardier), les autorités fédérales acceptent de rendre l'île à l'utilisation indépendante et l'organisation administrative de ses habitants et propriétaires fonciers.

D'où son apparition sur ces cartes postales à vue touristique postées au début des années 1960, même si seule la correspondance peut indiquer si l'expéditeur a séjourné sur l'île puisqu'elles ont été oblitérées au bureau le plus proche : Charlotte Amalie.

Deux cartes identiques de l'arrivée du ferry de Saint-Thomas à la jetée de Water Island, éditée par Dexter Press, alors installé à West Hyak, État de New York.

Parmi mes trouvailles auprès de vendeurs de cartes postales anciennes sur la plate-forme eBay, voici deux cartes postales de l'éditeur Dexter Press : l'arrivée du ferry reliant le port de Saint-Thomas à Water Island.

Sur la jetée, un groupe de trois hommes attende son arrivée, avec trois jeeps stationnées derrière eux. Un employé chargé de l'amarrage du bateau et du déchargement des vivres et consommables ? Deux propriétaires ou guides qui récupèrent ces biens et vont mener les arrivants vers leur logement de vacances ?

Au dos, des correspondances entre vacanciers et leurs proches en 1961 et 1963.

Les expéditeurs racontent leurs vacances aux îles Vierges, un couple à une amie à Long Island en novembre 1961, l'autre à une destinataire à Los Angeles en mars 1963. Le tarif postal aérien est passé de cinq à six cents en deux ans. Le climat antillais en automne et en hiver semble parfaitement leur convenir.

En 1963, Roy apprécie particulièrement l'absence de taxe sur les liqueurs et le rhum à Saint-Thomas, le territoire étant dispensé d'impôts fédéraux depuis 1922. Il précise qu'il a bien fait la traversée et a nagé à Water Island.

En 1961, "D" utilise la majeure partie de sa correspondance à la gestion de son stock de vingt cartes postales acheté sur place et du peu qu'elle a finalement écrite et envoyée (six) : "no time for letter writing"... Comme Roy entre la plage, l'alcool détaxé et les fêtes ?

Elle prend le temps de remercier l'épouse de John (très traditionnel) de sa dernière lettre et signale la température fort clémente pour un début novembre : soixante-dix degrés fahrenheit, soit vingt-un celsius. D'après les archives météorologiques, après un été indien début novembre, la température a chuté vers quatre degrés celsius à New York, le temps que D termine ses vacances en couple.

L'affranchissement d'un timbre de poste aérienne de cinq cents en 1961.

Un Washington d'un cent est nécessaire en 1963. Note : ce n'est pas la seule carte postale des îles Vierges que j'ai vu avec le timbre aérien à l'envers...

Les affranchissements doivent sûrement être communs : un cent du premier président des États-Unis et un cinq cents de poste aérienne rouge à l'aigle en vol. Le bureau d'oblitération est Charlotte Amalie, le chef-lieu du territoire.


Pour le destinataire de 1961, le code postal est "Los Angeles 44".

Les codes postaux (ZIP code) sont introduits par la poste états-unienne le premier juillet 1963, à usage non obligatoire alors. Mais ce "Los Angeles 44" pré-date ce nouveau système général.

L'article de la Wikipédia en anglais m'apprend que l'administration postale avait déjà créée des codes de districts pour la gestion du courrier des plus grandes villes du pays, en mai 1943. L'idée était de faciliter le travail de postier et postière novice de ces territoires ou du métier alors que les employés habitués s'engageaient pour la Seconde Guerre mondiale.

dimanche 18 janvier 2026

Water Island : un État indépendant entre Danemark et États-Unis de 1917 à 1996 ?

 Louisiane, Alaska, îles Vierges... Peut-être que les anciennes puissances coloniales européennes en mal de revenus ont trop donné le goût du commerce de territoires à l'ancienne puissance émergente que furent les États-Unis d'Amérique au cours de leur premier siècle et demi d'existence.

Désormais, c'est un président inspiré de Monroe, l'expulsion d'Inuits pour la construction de bases militaires, qui se tourne méchamment vers ses alliés européens pour s'emparer du Groenland, peu importe ce qu'en pensent ses habitants autonomes, sa métropole devenue prudente avec le temps, et la division de l'Alliance atlantique.

Donc, le Danemark a donné le goût de ce genre de commerce au début du vingtième siècle en cédant les Indes occidentales danoises aux États-Unis, en 1917. Elles sont depuis le territoire des Îles Vierges des États-Unis.

Des politiciens américains visaient déjà cet achat, populaire au Danemark (un archipel coûteux entre fin de l'esclavage et catastrophes naturelles) comme pour les îliens en mal de développement, dès les années 1860, pour contrer l'influence britannique dans le contexte de la guerre de Sécession.

Les historiens postaux connaissent bien une de ces îles Vierges : Saint Thomas, un nœud essentiel des routes maritimes entre l'Amérique du Nord et l'Europe d'une part, les Caraïbes et l'Amérique centrale et du Sud d'autre part.

L'île Water face à Charlotte Amalie, sur l'île Saint Thomas et capitale du territoire (Google Maps). 

Donc, après un nouvel échec en 1902, les négociations sont reprises pendant la Première Guerre mondiale et aboutissent à un traité en 1916. Les habitants se désespéraient de leur isolement économique ; les États-Unis se méfiaient de la capacité allemande à envahir ou contraindre le Danemark, et de là, à établir une base navale de sous-marins en plein milieu des Antilles.

L'immense montant en or pour le Danemark et l'espoir d'un développement local pour les habitants sont conclus par la prise de souveraineté des États-Unis, officiellement au trente-et-un mars 1917. Du côté de ses derniers, seule la Marine militaire fut contentée puisque le produit de l'impôt sur le revenu des résidents des îles est reversé intégralement au Trésor du territoire par une loi de 1922.


Cependant, avant la cession, le Danemark obtient une exception pour une petite île au large de Saint Thomas, Water Island, acquise par la Compagnie (danoise) de l'Asie orientale en 1905... ??? !!!

Ainsi, cette petite île, comparativement à Saint Thomas mitoyenne, semble vivre dans un vide juridique des États-nations de 1917 à 1944, puis devient par achat la propriété de l'État fédéral des États-Unis, avant d'être rendu à des habitants autorisés à s'y installer et s'organiser administrativement à partir des années 1960. L'État fédéral l'a finalement vendu à l'administration civile des Îles Vierges en 1996 au même prix nominal que celui de toutes les Indes orientales danoises en 1917.

L'achat de 1944 semble avoir la même logique que les tentatives évoquées : s'assurer que l'Allemagne ne parviennent à s'y établir alors qu'une base sous-marine a été installée par l'U.S. Navy juste sous la protection de Water Island.

Les articles de Wikipédia et, surtout, un site web d'histoire locale de Water Island montrent que le Département de la Défense n'a pas fait grand chose durable de l'îlet : un fort non achevé, une batterie, même le port militaire de Saint Thomas a été délaissé jusqu'à l'effondrement de l'Europe occidentale face à l'Allemagne hitlérienne en 1940. Après la Seconde Guerre mondiale, par contre, des essais d'armes chimiques dans les années 1950 ont lieu dont les précurseurs de l'Agent Orange.

Voilà pourquoi l'île est transférée au Département de l'Intérieur qui autorise l'installation d'habitants... et d'hôteliers.


Le logotype d'un hôtel ouvert sur Water Island dans les années 1960, visible au dos de plusieurs cartes postales alors (via une vente sur eBay).

Sur le site d'histoire locale et la plate-forme de commerces eBay, l'histoire postale de Water Island - indépendante de fait de 1917 à 1944, puis propriété fédérale de 1944 à 1996 - se limite à des vues de l'île, de son quai de ferry, et le confort de l'hôtel Colony Club, sur des cartes postales à partir des années 1960.

Au dos, les timbres des États-Unis, en usage dans tous les Territoires, sont oblitérés à Charlotte Amalie, la ville de Saint Thomas en face de Water Island et capitale administrative des Îles Vierges.

La légende proposée par les éditeurs de cartes des années 1960-1970 signalent le statut spécial de l'île sous contrôle du Département fédéral de l'Intérieur :

- qu'elle soit vue depuis Saint Thomas ou photographiée avec ce port en arrière-plan, elle est localisée dans "Saint Thomas Harbour", disons en français « le havre de Saint-Thomas ». Tandis que le nom de cette ville est systématiquement suivi de la localisation ", U.S. Virgin Islands".

- Et sur les cartes à visée touristique, notamment d'un hôtel ouvert dans les années 1960, elle est décrite comme « une île privée », une des plages au nom attirant les mariés en voyages de noce comme « dans une baie calme et protégée »...


Bref, d'un vide juridique géopolitique, l'île à l'accès limité par le ferry ou un yacht devient typique des propriétés privées ou îlots privatisés des Petites Antilles, attirant jeunes mariés, couples riches, célébrités fuyant obligations et photographes à sensation.

mercredi 28 décembre 2022

De QE2 à KC3 : passage de relais philatélique

 Après quelques jours de deuil respectueux, médias et collectionneurs se sont interrogés sur l'arrivée du Roi Charles III sur les timbres-poste du Royaume-Uni, les territoires britanniques d'outre-mer et des royaumes du Commonwealth.


Quelle sera la dernière émission britannique au caméo élisabéthain ?

Du côté de Royal Mail au Royaume-Uni, la réponse fut rapide : le roi ne souhaitait aucun gaspillage. L'effigie de la Reine Elizabeth II, morte le huit septembre dernier, apparaîtra sur les timbres déjà imprimés.

Cela soulève un souci : quelle sera la dernière émission spéciale à porter son caméo ?

Memento mori façon 2023 ?

Craint par beaucoup vu l'aspect commercial du programme philatélique britannique, les couvertures d'album du groupe de rock Iron Maiden... porteront le profil d'Elizabeth II, le douze janvier 2023.

Sur le timbre choisi ci-dessus au soldat britannique squelettique, il y aurait beaucoup à écrire sur cette couverture d'album : l'histoire militaire, coloniale britannique, ce lourd héritage face au monde, ces rappels utiles en temps de Brexit...

Mais, l'objet d'un timbre avec l'effigie d'une souveraine disparue ? Un rappel que nous sommes tous mortels, y compris les empires ?


Au Royaume-Uni, Charles attendra.

Ainsi, s'il faut vider les stocks de timbres au type Machin, il faudra attendre pour voir apparaître son successeur, en dehors d'une émission du couronnement.

Cela pourrait cependant aller vite puisque la Royal Mail est en pleine opération d'échanger des anciens timbres d'usage courant avec de nouveaux Machin à code data matrix.

Le monogramme du Roi Charles III avec la couronne Tudor (communiqué de presse du palais de Buckingham, repris par The Guardian, vingt-sept septembre 2022).

Le grand remplacement des symboles est donc modestement lancé le vingt-six septembre 2022 au terme de la période de deuil lorsque le monogramme royal est publié : C III R - Carolus III Rex en latin. En deux modèles selon la couronne portée afin de respecter l'identité écossaise.

Le monogramme est le choix du roi parmi dix projets proposés par Tim Noad du College of Arms de Londres, l'autorité héraldique du Royaume-Uni.

L'une des premières enveloppes timbrées au nouveau monogramme, le vingt-sept septembre 2022 (capture d'une vidéo diffusée par les médias britanniques, ici le Daily Mail).

Ainsi put apparaître la seule exception précipitée britannique. EIIR disparut des timbres humides produits par la machine à affranchir du palais de Buckingham, qui sert à l'ensemble du courrier de la Cour et des membres de la famille royale qui bénéficient de la franchise postale.

C'est ainsi que ceux qui ont pu écrire leurs condoléances à divers membres de la famille royale ont pu recevoir le nouveau monogramme sur courrier contenant des cartes de remerciement.


Les territoires à la course aux imprimeurs.

Par contre, ou que l'impression ne fut pas lancée, ou qu'ils voulurent être parmi les premiers à..., plusieurs territoires britanniques semblent s'être précipités à arborer le monogramme royal.

Le mensuel Stamp Magazine daté janvier 2023 (en kiosque début décembre 2022) a sorti la photo-finish pour départager deux services philatéliques bien pressés.

Deux exemples des quatorze timbres de Noël de Guernesey et Aurigny, émis le seize novembre 2022.

Ainsi, le service de Guernesey et Aurigny a annoncé son émission de Noël avec monogramme carolin dès mi-octobre avec pré-commande ouverte le deux novembre et émission le seize novembre. Le thème est le pantonime, une forme populaire de théâtre apprécié lors des fêtes de fin d'année dans les pays anglo-saxons : La Belle aux bois dormants pour les sept timbres de Guernesey, Robin des bois pour ceux d'Aurigny.

Las !  À Gibraltar, on annonçait peu, mais on imprimait vite.

Le feuillet des septième au douzième jour de Noël, émis par Gibraltar le deux novembre 2022.

Dès le deux novembre 2022, douze timbres sont émis pour illustrer le chant traditionnel Les Douze Jours de Noël, du nom de la période entre Noël et l'Épiphanie.

Je trouve dommage cet empressement : la foi d'Elizabeth paraissait sincère et une dernière émission à son monogramme célébrant Noël aurait été un bel hommage avant de fermer le dernier album de son règne.


En suivant le blog Commonwealth Stamps Opinion, décembre et janvier voit plus tranquillement les premières émissions du règne graphique de Charles III : 

Un des quatre timbres de l'émission du centenaire de l'administration civile d'Ascension, émis le dix-neuf décembre 2022 (via Commonwealth Stamps Opinion).

- le dix-neuf décembre pour Ascension, cela marque le centenaire de l'administration civile de l'île atlantique sous l'autorité de la Eastern Telegraph Company et comme dépendance de Sainte-Hélène ;

Un des timbres montrant le RRS Sir David Attenborough, émis le vingt-et-un décembre 2022 (boutique web de Falkland Stamps). 

- le vingt-et-un décembre pour le Territoire britannique antarctique, avec quatre timbres pour le voyage inaugural du RRS Sir David Attenborough, un navire de recherche qui est arrivé en Antarctique fin 2021 et affronta ses premières glaces à l'été austral 2022, non sans difficulté d'après l'article de la Wikipedia anglophone.

Les premiers timbres de l'île de Man au monogramme de Charles III (service philatélique mannois).

Enfin, pour cet article de blog, le cinq janvier 2023, l'île de Man émettra quatre timbres sur le Triskelion au nouveau monogramme, quatre illustrations déjà vues sur timbres de distributeur en 2017.


La représentation des Îles Vierges britanniques à Londres, sur un timbre à venir.

Preuve, néanmoins, de la difficulté de réadapter une émission philatélique, Pobjoy Mint annonce que leur client, les Îles Vierges britanniques, vont émettre un timbre pour les vingt ans de leur bureau londonien à une date indéterminée... [Finalement annoncé pour le dix janvier 2023]

Autre date de décembre indéterminée pour les anniversaires de visites royales à Sainte-Hélène en six timbres et un feuillet de trois.


Une nouvelle thématique ?

Dernière curiosité philatélique de cette transition monarchique : le six février 2023, jour anniversaire de son avènement, Guernesey émettra quatre timbres en hommage à la reine défunte, à travers quatre visites qu'elle réalisa sur ce domaine de la Couronne.

Visite royale de 1978 de la reine à Guernesey avec monogramme de Charles III, à émettre le six février 2023.

Seront-ils les premiers timbres-poste représentant Elisabeth II au monogramme du nouveau roi ?



Complément du mardi vingt-huit février 2023 :

L'émission du centenaire de la locomotive Flying Scotman comprend huit timbres et un feuillet de quatre. Ce sont les derniers timbres britanniques à porter le caméo de feue la Reine Elisabeth II d'après les articles de presse du jour (exemple : la BBC).

dimanche 4 août 2013

Services postaux : du paradis aux enfers

L'été, synonyme de soleil, chaleur, plage, vacances et voyages dans nos latitudes occidentales. Cependant, c'est un début d'été couvert de nuages orageux, autre signe estival, pour les services postaux occidentaux.

Par exemple, en France : départ prématuré du président de La Poste juste avant un rapport réclamant de fortes hausses des tarifs pour permettre des services universels de moins en moins utilisés (courrier -6%) ou différemment (colis commandés via le web) par un personnel au bout du rouleau (Le Monde diplomatique de juillet 2013), dénigré si on adopte un point de vue social, "inadapté" selon le point de vue libéral, et qui est appelé à devenir représentants multi-cartes (huissier pour assurances, banquier, épicier, agent municipal et garde champêtre).

Les éléments se retrouvent ailleurs en Europe et en Amérique du Nord. Au Royaume-Uni, dans le contexte de la privatisation de la Royal Mail (et pourquoi ce serait une mauvaise idée pour un site de gauche), les syndicats postiers sont inquiets et doivent calmer leurs troupes : en effet, plutôt que de faire grève, certains appellent à refuser de traîner des centres de tri jusqu'aux boîtes aux lettres les lettres et colis en Access. Depuis la libéralisation du courrier britannique, Royal Mail se débat avec l'insuffisance des revenus qu'elle tire de son obligation d'assurer les derniers kilomètres du courrier que de nombreuses postes privées récupèrent en cassant les prix, sans avoir les moyens de les livrer elles-mêmes. En conséquence, les augmentations des tarifs deviennent très fortes au Royaume-Uni.

Aux États-Unis, où le Congrès contrôle fortement la politique de l'United States Postal Service, le Stamp Collecting Forum, hébergé par Delphi, bruisse régulièrement du passage régulier de serpents de mer : forte augmentation des tarifs, fermeture ou allègement des ouvertures de bureaux, suppression d'un voire plusieurs jours de passage chez les particuliers, regroupement des boîtes aux lettres des particuliers en entrée de rue ou de quartier, etc. Toute mesure qui suscite des réactions outrées, mais qui, dans le contexte de moindre transmission matérielle, ne serait pas si bête.

Nuançons ces soucis : que les postiers, leurs dirigeants, les actionnaires et nous tous essayons de distribuer le courrier dans un pays en guerre civile latente, par exemple l'Afganistan dans un reportage de L'Union, où aucun gouvernement n'a eu le temps de se préoccuper du système odonymique national depuis plusieurs décennies.

Titre et photograhie d'un article du Monde, daté 11 mai 2013 ; version web par ici.
Crédits photo : Vincent Capman pour Paris Match (eScoop).
Heureusement, comme le montre la photographie de Vincent Capman ci-dessus, certaines entreprises postales profitent, sans forcément avoir recours à la planche à timbres.

Utilisée dans la version papier du Monde, vendu du 10 mai 2013 midi au lendemain matin, ces boîtes postales de Road Town, capitale des Îles Vierges britanniques, indiquent deux possibilités :

- soit les neuf mille et quelques habitants de cette ville viennent en nombre chercher leur courrier au bureau principal, faisant économiser à des milliers de livres ster... pardon, de dollars des États-Unis au BVI Post Office ;

- ou, comme l'entend l'article, de nombreux non-résidents louent à l'année ces toutes petites boîtes pour disposer d'une adresse postale afin d'ouvrir des comptes en banque discrets.

Une activité de boîte postale très profitable puisqu'elle ne doit pas demander beaucoup de passages de facteurs...

Ne jetons pas la pierre à ces îles paradisiaques dépendantes des deux États qui veulent leur faire, maintenant, une guerre fiscale : territoire britannique utilisant des dollars ?! La République française fait pareil dans le domaine maritime : notre pays possède DEUX flottes, française et RIF, anciennement "pavillon Kerguelen", la bonne excuse de posséder des îles lointaines.

Sinon, pour ceux d'entre vous ayant besoin de services financiers et fiscaux de pointe, une croisière dans les Antilles vous permettra de découvrir une exposition de timbres au sein du musée national des îles Vierges, d'y acheter les timbres territoriaux produits par Creative Directions (Worldwide) depuis l'an dernier et distribués dans le monde par Pobjoy Mint, en plus d'un nombre ahurissant de monnaies précieuses commémoratives.

mercredi 12 novembre 2008

Grand écart maritime

Rêvons un peu grâce aux timbres trouvés au Salon d'automne, alors que ladite saison, douce quoiqu'humide, semble bien installée sur le Languedoc.

Le Marion Dufresne va voguer entre les districts insulaires des Terres australes et antarctiques françaises. À son bord, en plus des scientifiques et du ravitaillement des bases, une enveloppe que je me suis auto-adressée.

Sur le décalage du orange sur cet exemplaire, il semble qu'une bonne partie du tirage soit affectée : voir celui présenté par Pierre Jullien.

Si le départ de la Réunion conviendrait certainement à mon épiderme et mon bronzage, ce timbre des États-Unis satisfait davantage dans la durée. Grâce à la valeur faciale du régime international, la poste états-unienne rappelle l'appartenance postale, même si politiquement amoindrie, d'îles caraïbes et pacifiques. L'année dernière, c'était Guam ; cette année, ce sont les îles Vierges qui présentent leurs plages de sable blanc, leurs eaux turquoises et leurs forêts luxuriantes.

Bientôt, il faudra se tourner vers nos établissements du Pacifique, quand les flocons menaçeront.