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lundi 17 mars 2025

Comprendre le désespoir des Chagossiens grâce à Florian Grosset

 En 2021, l'autrice et illustratrice Florian Grosset a publié The Chagos Betrayal aux éditions Myriad, sous-titré « Comment la Grande-Bretagne a volé une île et fait disparaître son peuple ».

Couverture du roman graphique avec le logotype du prix Bread and Roses 2022 de l'Alliance des libraires radicaux (site web de l'éditeur Myriad).

Native de l'île Maurice et résidant dans le Kent, elle fait le récit de l'éviction des habitants des îles Chagos par les autorités britanniques dans les années 1960 et 1970, et leur tombée dans l'oubli et la misère au sein des sociétés des Seychelles, de Maurice et du Royaume-Uni, jusqu'à ce que des Chagossiens fassent appel à la plus haute juridiction britannique pour casser la séparation de leur archipel de la colonie de Maurice sous la forme du Territoire britannique de l'océan Indien (B.I.O.T. en anglais) et obtenir le droit de retourner y vivre.

Timbre de 2017 représentant les revendications de Maurice sur les îles et zones économiques exclusives du sud-ouest de l'océan Indien, dont l'archipel Chagos.

La suite est médiatiquement et juridiquement connue : à partir des années 2000 à l'approche de la renégociation de la location  par le Royaume-Uni de l'île Chagos Garcia comme base militaire aux États-Unis d'Amérique, l'État mauricien se lance dans une campagne internationale de revendication de l'archipel : la métropole coloniale n'avait pas le droit de dépecer le futur pays indépendant d'une de ses parties.

À partir de 2010, la campagne s'intensifie : le Royaume-Uni veut faire de l'archipel une aire marine protégée... ce qui, si Maurice récupérait la zone, ne permettrait pas de l'aménager et l'employer aisément à la pression de mouvement écologiste. Ici, pour une fois, Maurice se souvient de ses citoyens chagossiens.

Enveloppe premier jour mauricienne célébrant la décision de la Cour internationale de justice sur la souveraineté des Chagos, en août 2019.

Depuis que les institutions judiciaires inter-gouvernementales ont donné raison à Maurice, cette dernière et le Royaume-Uni négocient ce retour et les dédommagements, avec les États-Unis en locataire à long terme de Diego Garcia, en donnant cependant l'impression aux Chagossiens que leur droit au retour n'est pas au cœur des objectifs des gouvernants mauriciens.

Pourtant, le traumatisme est profond et voilà pourquoi la lecture du livre de Florian Grosset me paraît indispensable aux personnes intéressées et aux philatélistes souciant exposer cette histoire par une collection : une colonisation commerciale privée de l'archipel, son dépeuplement inhumain en pleine Guerre froide au détriment d'habitants absolument pas préparée à tout ce qu'ils leur sont arrivés économiquement bien sûr, mais aussi culturellement, socialement, juridiquement.

Sur ce dernier point, le mépris des « dédommagements » jurisprudentiels entre l'ancienne métropole et les deux États d'accueil contraint, ou pire, le dédommagement direct d'un Chagossien ont permis aux dirigeants britanniques de s'en laver les mains.

Sauf que le dessin de Florian Grosset montre le malheur de comment des populations descendants d'esclaves africains et de coolies de l'Empire des Indes sont déclarées non habitants de leurs îles avec la fermeture de la plantation de coco... Malgré les générations, ils ne sont pas considérés par le colonisateur comme résidents permanents, mais comme ouvriers temporaires d'une entreprise privée qui contrôle une bonne partie de l'approvisionnement de l'île, et donc du peu de monnaie privée en circulation.

En supprimant les salaires en nourriture, en fermant le magasin de la plantation, les habitants étaient condamnés à mourir de faim ou à monter sur un des bateaux... pour un voyage évoquant les conditions - durée, chaleur, promiscuité, etc. - des navires de traite humaine. Des familles furent séparées, un membre pouvant se trouver en séjour familial ou médical à Maurice, sans moyen de communiquer ce qu'il se passait aux Chagos, que l'autre se retrouvait aux Seychelles au gré du navire partant.


Un autre horrible moment - si « horrible » a encore du sens dans tout ce qui a été vécu - : lorsque des gros bras (militaires ?) du nouveau Territoire britannique de l'océan Indien attrapent tous les chiens des îles et, devant hommes, femmes et enfants, les brûlent vifs dans le calorifère qui servait à sécher le coprah...

Officiellement, tous ces agissements sont déclarés du fait du dirigeant et du personnel de la plantation... L'Administrateur du B.I.O.T. et ses subordonnés n'avaient visiblement aucune morale, ne protégeant pas des personnes devenues des nationaux britanniques de fait.

Il reste à espérer que les Chagossiens puissent se réinstaller ou aller et venir vers l'archipel s'il le souhaite dans un avenir proche. En petit nombre, il devrait moins polluer que la base militaire de la première puissance mondiale.


Dans le contexte actuel aux États-Unis, j'évite désormais Aw@z0n pour mes livres anglophones. J'ai testé Waterstones puisque le livre est britannique ; envoi contre signature, frais de port donc supérieur à..., mais la morale n'a pas de prix dans les années trent... actuelles.

Si un lecteur anglophone connaît des librairies plus indépendantes : qu'il n'hésite pas.

mercredi 19 février 2025

L'aérodrome rénové : le lieu du miracle d'Agaléga

 Situées à mille kilomètres au nord de Maurice, les deux îles d'Agaléga ont subi le passage du cyclone Chido dans la nuit du dix au onze décembre 2024 avant de dévaster Mayotte le quatorze sans qu'aucun bilan humain réel n'a encore été publié en France.

Enveloppe premier jour officielle de la poste mauricienne de l'émission sur deux nouveaux équipements d'Agaléga, du vingt-neuf février 2024. 

L'essentiel du bâti des deux îles, vingt-cinq kilomètres carrés au milieu de l'océan et reliées par une passe peu profonde a été balayé par le cyclone ; sûrement des dommages sur les plantations de cocotiers.

La chance des trois cents habitants a été la rénovation de l'aérodrome dont la piste datait de 1984-1985. En dégradation depuis la fin des années 1990, elle ne permettait plus l'arrivée et le départ des avions commerciaux, seulement des vols médicaux d'urgence.

Côté accès maritime, une jetée permet à de petites embarcations de débarquer passagers et marchandises... Beaucoup moins pratiques qu'un avion de fret. Ce mauvais mouillage et des finances britanniques post-impériales catastrophiques expliquent qu'Agaléga ne fut pas détaché de la colonie de Maurice pour la création du Territoire britannique de l'Océan Indien... qui hante encore la diplomatie londonienne (voir les actualité des Chagos et de Diego Garcia).

En 2015, Maurice s'est tournée vers l'Inde, puissance émergente, pour financer la rénovation de ces infrastructures excentrées, mais pouvant être utiles militairement à l'Inde - malgré une hostilité des habitants - population créole mêlant les descendants d'esclaves d'Afrique, de Madagascar et de Madras, d'affranchis du commerce comorien, etc... Comme les exilés chagossiens se méfiant autant du Royaume-Uni que des gouvernants de Maurice pour le respect de leur droit au retour.

Avec ce contrat indien, la piste fut allongée à trois kilomètres de long en béton avec tour de contrôle, aérogare et hangar pour avions. La jetée Saint James est allongée et modernisée pour le ravitaillement des navires.

Une aide au développement indienne a aussi permis la construction de nouveaux bâtiments collectifs, dont une bibliothèque publique et une salle mutli-usages... Ont-ils tenu face au cyclone ?

Je suppose que c'est l'aérogare à gauche (voire le hangar fermé) qui a sauvé la vie des habitants dont la quasi-totalité du bâti a été détruit par le cyclone Chido.


En tout cas, les habitants ont survécu, réfugiés dans la nouvelle aérogare, inaugurée le vingt-neuf février 2024 par les Premiers Ministres des deux pays.

L'événement est marqué par l'émission de deux timbres-poste, un par infrastructure, imprimés par Cartor, en deux panneaux de vingt-cinq.

L'enveloppe premier jour est également un outil diplomatique autant que ces deux timbres de l'amitié indo-mauricienne : la carte d'arrière-plan en bleus nomme en noir tous les territoires revendiqués par la République de Maurice, dont les îles Chagos (en cours de négociation avec Londres)... et, comme d'habitude, Tromelin, une île Éparse française.

Le Premier Ministre Seewoosagur Ramgoolam sur timbre de 2010.

D'après les tarifs postaux du premier juillet 2021 sur le site de Mauritius Post, le timbre de 16 MUR permet d'affranchir la lettre intérieure de moins de vingt grammes, la lettre de moins de vingt grammes de première classe vers Rodrigues (territoire mauricien mais avec tarifs spécifiques), ou un périodique mauricien de cent à deux cents cinquante grammes vers l'étranger en surface.

Étrangement, selon le pdf de 2021, le 25 MUR sert seulement à la recommandation intérieure, ou à l'avis de retour intérieur ou international. Il faut le compléter avec un à trois roupies pour atteindre des tarifs internationaux, notamment la lettre de première ou seconde classe pour l'Inde

(MUR = roupie de Maurice)

Mon correspondant a dû être large de quelques roupies avec ce timbre de cent, en hommage au Père de la Nation, Seewoosagur Ramgoolam (1900-1985), Chief Minister puis Premier Ministre de Maurice indépendante de 1961 à 1982. L'effigie est imprimée à l'or 22 carats.

L'enveloppe à bulles format A5 est envoyée par avion et oblitérée à l'aéroport international de Saint Louis. Au plus proche, il y a le tarif pour la zone 2 : vingt-huit roupies les cinq premiers grammes en première classe, avec 21 par dix grammes en sus.

Oblitérée le jeudi six février 2025, elle est arrivée dans ma boîte le jeudi suivant, sans recommandation, ni express.


Sur la philatélie et l'histoire postale d'Agaléga, relire l'article sur le blog Commonwealth Stamp Opinion du trente-et-un mai 2020.

samedi 21 décembre 2024

Timbre Marianne solidarité avec Mayotte le 2 janvier 2025

 Le jeudi dix-neuf décembre, les comptes officiels sur le réseau social X[1] du Groupe La Poste, de Phil@poste (@tousurletimbre) et des cadres liés ont annoncé l'émission le jeudi deux janvier 2025 d'un timbre Marianne lettre verte en solidarité avec Mayotte, département français d'outre-mer très gravement dévasté par un cyclone.

Le timbre à partir d'un des comptes officiels de La Poste sur X, repris par phil-ouest.com et la presse (dix-neuf décembre 2024).

Un don est ajouté au prix du service postal du timbre, selon un principe graphique développant le timbre Marianne en cours, hélas désormais habituel,  pour les grandes catastrophes exceptionnelles à laquelle la Croix-Rouge française vient en aide d'urgence aux populations : tsunami en Asie en 2005, séismes en Haïti en 2010, agression contre l'Ukraine en 2022.

Cela permet aux collectionneurs de timbres-poste et aux correspondants de courrier de participer à l'effort collectif. Ici, chaque timbre sera vendu avec un euro en plus de la valeur d'usage pour des actions de la Croix-Rouge française dans le département d'outre-mer, en lien avec les besoins urgents causés par les destructions causés par le cyclone Chido.

La feuille de vingt-cinq avec le profil cartographique de l'archipel dans les marges (mêmes sources).

De ce que j'ai compris des précisions scientifiques, la trajectoire du cyclone est à la fois un phénomène connu même si rare : probabilité dite centenaire de passer largement au nord de Madagascar. Le passage au-dessus d'une terre ferme affaiblit, refroidit et ralentit le phénomène.

Par ailleurs, des météorologues et climatologues font tourner des modèles des millions de fois pour estimer si la force d'un des premiers phénomènes cycloniques de cette saison 2024-2025 dans ce secteur de l'océan Indien a pu être aggravée par l'augmentation des températures de surface des mers et océans de notre planète... en lien avec le changement climatique global.

Ici, le cyclone a heurté de plein fouet l'archipel de Mayotte et son urbanisation spontanée et fragile. Si le ministre démissionnaire de l'Intérieur puis le président de la République n'ont pas osé trop parler du bilan hors-hôpital, le préfet a, dès les premières heures, annoncé la réalité de possibles milliers de personnes tuées.

 

Le cachet premier jour de Paris daté deux janvier 2025 (mêmes sources). 

L'article de la Wikipédia en français permet de dépasser l'échelle nationale française : l'île mauricienne d'Agaléga est dévastée et les quelques trois cents habitants n'ont dû leur survie qu'au nouvel aéroport qui est un des rares bâtiments encore debout. Des secours de Maurice et de l'Inde y arrivent.

Des dégâts mineurs sont relevés dans les trois îles des Comores, sans décès, au contraire des deuils au Mozambique et jusqu'à provoquer des inondations mortelles au sud du Malawi pourtant à plus de sept cents kilomètres du littoral !

Le timbre des revendications maritimes de Maurice, émis en 2017, pour situer Agaléga. Le phénomène cyclonique a démarré près de Diego Garcia à l'ouest. Mayotte se situe hors-champ à l'ouest du milieu du timbre.


Notes :

[1] : en l'état politique de la propriété du réseau social X (ex-Twitter) et du monde occidental, sauf cas de philatélistes importants, je ne relierai plus ce blog directement à X.

Merci donc aux philatélistes blogueurs qui rapportent les nouveautés en dehors des réseaux sociaux : phil-ouest.com pour la France, Commonwealth Stamps Opinion pour les pays issus de l'Empire britannique, etc.

dimanche 6 octobre 2024

L'album du Territoire britannique de l'océan Indien (BIOT) bel et bien clos

 Ce jeudi trois octobre 2024, les Premiers Ministres du Royaume-Uni et de la République de Maurice ont annoncé que leurs pays allaient signer un traité remettant la souveraineté de l'archipel des atolls Chagos composant le Territoire britannique de l'océan Indien (B.I.O.T.) à la République de Maurice.

Créé en 1965, pendant la Guerre froide, afin de conserver cet emplacement stratégique au centre de l'océan Indien au sein duquel les États-Unis d'Amérique négociait la location de Diego Garcia, le Territoire fut contesté dès sa création par une résolution de l'Assemblée générale des Nations unies puisque cette séparation de l'archipel et d'autres îlots des anciennes colonies des Seychelles et de Maurice contrevenait à un principe sur la décolonisation adopté par la même Assemblée en 1960.

Au terme des années 1960, l'ensemble des plantations privées était fermées et la population chagossienne chassée vers Maurice, les Seychelles, une partie émigrant jusqu'en Grande-Bretagne. Cela lança un mouvement bien faible, mais continu, réclamant le droit au retour.

Si des îles et leurs habitants furent rendus aux Seychelles, le reste anima des gestes symboliques entre le Royaume-Uni et Maurice : création d'un drapeau, gestion des droits de pêche de la Zone économique exclusive d'un côté ; débats fréquents dans plusieurs institutions des Nations unies, déclaration de zone naturelle protégée de l'autre.

Au milieu des années 2000, faisant face à ses propres juridictions suprêmes sur les expulsions des Chagossiens, le gouvernement britannique organisa une visite des lieux aux exilés, notamment pour entretenir les tombes.

Mais, les affaires internationales des années 2010 accéléra l'intérêt de Maurice de porter l'affaire devant la Cour internationale de justice (gérant les conflits entre États) : délimitation des Zones économiques exclusives avec les Maldives, est-ce que la création d'une zone naturelle protégée britannique n'interdirait-elle pas une pêche traditionnelle en cas de retour, droits internationaux sur la pêche et la protection des ressources halieutiques, arrivée de réfugiés à Diego Garcia, etc.

En 2019, la Cour, puis l'Assemblée générale des Nations unies, reconnurent l'archipel des Chagos comme partie de l'État souverain de Maurice. Entre 2022 et 2024, les négociations ont abouti à l'annonce du trois octobre, avec un bail de quatre-vingt-dix-neuf ans pour la base militaire états-unienne.

À la signature du traité, ce timbre de 2017 deviendra la carte maritime de Maurice... enfin sauf Tromelin.


Pour les collectionneurs de timbres, l'album du Territoire est définitivement clos, après déjà l'annonce que l'Union postale universelle et ses membres ne reconnaîtraient plus les timbres de ce territoire sur le courrier international en août 2021.

Pour les géopoliticiens, il faut voir laquelle ou lesquelles des grandes puissances mondiales pourraient profiter de l'ouverture de cet espace océanique : 

- les États-Unis avec une base confortée, 

- la République populaire de Chine étendant un supposé « collier de perles » de bases navales ou de ports commerciaux vers le sud et l'Afrique.

- Comment l'Inde, la France (et ses îles Éparses revendiquées par Maurice et Madagascar), et des puissances régionales vont-elles réagir à ce changement ?

Pour les Chagossiens, les articles de presse générale, dont ceux des médias africains, leur exclusion des négociations internationales fait craindre un nouvel épisode colonial sous le joug de Maurice cette fois. La République va-t-elle autoriser un droit au retour, apporter une aide à la réinstallation et au développement humain de l'archipel ? Va-t-elle accepter le retour des Chagossiens des Seychelles et du Royaume-Uni ?

Ou a-t-elle d'autres projets avec la rente de la base états-unienne et sa zone économique exclusive étendue ? Les flottes de pêche industrielle chinoises paient bien les droits et espionnent également...


À suivre sûrement des émissions de timbres, de blocs et d'enveloppes premier jour sur cet événement de la part de la poste de Maurice, comme les épisodes précédents.

mercredi 25 août 2021

Continuation d'anciennes nouvelles océaniques en août 2021

 En cette deuxième moitié d'été 2021, quelques sujets reviennent dans la lumière médiatique et montrent comment ils ont évolué sur plusieurs années.


En Atlantique-Nord.

Le philatéliste Jean-Jacques Tillard a été décoré de la médaille de l'ordre du Mérite, lundi vingt-trois août 2021 pour son rôle dans le rayonnement de la collectivité française de Saint-Pierre-et-Miquelon par le loisirs philatéliques lors des expositions inter-américaines et internationales.

À cette occasion, il a répondu aux questions de la chaîne de radio publique La 1ère, le lendemain, permettant de mettre à jour son palmarès : cent trente médailles désormais (cent en mai 2016) et en quête du titre de Champion des champions avec sa collection des surchargés du territoire au dix-neuvième siècle, lors de l'exposition européenne Notos 2021, en novembre en Grèce.

Par ailleurs, le dix-huit juin, la maison de vente David Feldman a annoncé que Tillard est devenu un de ses représentants internationaux.


Au milieu de l'océan Indien.

Autre océan, archipels aussi difficiles d'accès : les îles Chagos sont de retour dans la diplomatie onusienne. Aujourd'hui, mercredi vingt-cinq août, BBC News Africa rapporte la décision des membres de l'Union postale universelle de n'accepter le courrier en provenance et à destination de cet archipel qu'affranchi de timbres de Maurice.

Un des timbres du onze décembre 2017 par lesquels Maurice rappelait les zones économiques exclusives que cet État revendique autour d'une île française et des îles britanniques Chagos.

Depuis la scission des îles Chagos de la colonie mauritienne en 1965, l'éviction des Chagossiens de Diego Garcia loué aux forces armées des États-Unis et l'indépendance de Maurice en 1968, le statut du territoire britannique d'outre-mer des îles de l'océan Indien (B.I.O.T. en anglais) est contesté régulièrement par Maurice.

Petit à petit, les institutions multilatérales des Nations unies reconnaissent que la scission avant indépendance aggravé par le déplacement forcé des Chagossiens est illégale. : votes de l'Assemblée générale (non contraignant), mais avis de la Cour internationale de justice en 2019, et maintenant l'Union postale universelle.

Les philatélistes seront mitigés : du courrier britannique des Chagos, ça doit être rare... On peut imaginer que les militaires états-uniens utilisent la poste militaire. Et vu le niveau des services postaux (oblitération au stylo-bille, timbre démonétisé non taxé, etc.), combien de postes iront vérifier le courrier international pour trouver ce pays-là et en vérifier les timbres ?... Maurice à coup sûr.

Rappelons qu'il faut surveiller les îles Éparses de l'océan Indien, un des cinq districts des Terres australes et antarctiques françaises : Tromelin est revendiqué par Maurice. De plus, Madagascar revendique ces îles selon la même logique que Maurice : selon le principe de la décolonisation, la France n'aurait pas dû séparer ces îles de sa colonie malgache.

Côté puissances européennes, l'époque est à la négociation. Le Royaume-Uni a promis de donner la souveraineté du BIOT à Maurice dès qu'il n'aura plus d'intérêt pour la Défense... à une époque où les puissances mondiales s'installent dans l'océan Indien (États-Unis, Chine et son « collier de perles », ce qui braque l'Inde qui s'entraîne avec la France, etc.). Les derniers présidents français tentent de convaincre Maurice et Madagascar d'une part, les parlementaires soudainement patriotes d'autre part, d'une co-souveraineté permettant protection de l'environnement et exploitation raisonnée des ressources potentielles.

À suivre.


Outre-Manche et Outre-Indien.

Pour ceux qui trouvent qu'il y a trop d'émissions sur des sujets superflus (c'est acceptable... si vous ne les achetez pas donc), le marchand britannique derrière Norvic Philatelics raconte, dans un article du vingt-quatre août, qu'au Royaume-Uni, le tournant ciné-télé-chanteurs états-uniens sur timbres date de 2015 et que l'embauche de Matt Parkes par Royal Mail participe de ce mouvement de toucher un public de fans non philatélistes.

Un article intéressant car il rappelle que Parkes est une personne fort aimable, et qui permet de garder trace de comment évolue un service philatélique et son travail programmatique... Ce que l'entreprise en question tente généralement de ne pas évoquer.

Dans le même ordre d'idée, mais plus en phase avec ce que les collectionneurs souhaitent d'un programme philatélique national, l'American Philatelic Society évoque, le même jour, l'illustrateur srilankais Isuru Pothpitiya et ses réalisations pour les timbres de son pays, dernièrement des émissions sur la flore et les milieux humides de l'île de l'océan Indien.


Au-delà du sérieux : l'humour philatélique d'antan.

Et si tout ceci vous paraît bien trop sérieux, Peter (@stampden sur Twitter ou son blog) a rassemblé des blagues et caricatures d'inspiration philatélique qu'il a retrouvées dans les archives de la presse anglophone au fil de ses recherches en philatélie sociale.

Son dernier exemple tiré d'un journal australien au moment de la grippe dite espagnole, arrivé début 1919 en Océanie, autour de masques et de comment éviter de lécher soi-même les timbres touchés par le postier avec ses doigts...

lundi 1 juin 2020

L'archipel Agaléga, îles de la République de Maurice

Sur le blog Commonwealth Stamps Opinion, hier dimanche trente-et-un mai, un article sur les timbres et courriers de l'archipel Agalépa, un des nombreux groupes d'îles de la République de Maurice.

Là, au contraire de Tromelin, point de problème de souveraineté, sauf un timbre erroné des Seychelles de 1980.

Néanmoins, l'effervescence philatélique récente de Maurice (ici et là) permet à une collection d'Agaléga de s'étendre.

Et si les contacts entre les États mauritiens et indiens aboutissent, elle pourrait s'étendre au courrier des forces indiennes qui profiteraient de facilités aériennes et navales à Agaléga.

mardi 31 décembre 2019

Bientôt beaucoup de timbres sur les Îles Éparses ?

Les Îles Éparses de l'océan Indien ont acquis une certaine notoriété philatélique depuis leur intégration en 2007 aux Terres australes et antarctiques françaises, au programme très local.

À la même période, les gouvernements français ont tenté de négocier avec Maurice et Madagascar une forme conjointe de gestion des zones économiques exclusives de ces îles... alors que ces deux États revendiquent ces terres isolées et que des parlementaires français se sont montrés très opposés.
Enveloppe premier jour de l'émission d'août 2019 : la carte rappelle que les revendications mauritiennes ne concernent pas seulement l'archipel des Chagos évoqué par les deux timbres.
Après la cartographie timbrée de décembre 2017 suite au vote à un vote à l'Assemblée générale des Nations unies en juin 2017, Maurice a récidivé le vingt-trois août 2019 grâce à la Cour internationale de justice.

Le vingt-cinq février 2019, celle-ci a prononcé un avis sur la manière dont le Royaume-Uni a procédé à la décolonisation de ses colonies de l'océan Indien. Elle estime que le fait d'avoir séparé, en 1965, l'archipel (peuplé) des Chagos de Maurice est illégal et que le gouvernement britannique doit mettre fin à sa possession de l'archipel, dont une île est louée aux États-Unis et constitue leur principale base entre Afrique et Asie.
Et, en novembre 2019, la France entre dans le jeu de la « guerre philatélique » avec ce timbre sur Tromelin au tarif international (via Phil-Ouest.com).
L'implication de cette décision peut aussi concernée à terme la France et ses îles inhabitées (sauf par des scientifiques et des militaires). Déjà, suite à leur choix distinct par deux référendums en 1974 et 1976, la séparation de Mayotte de l'archipel des Comores suscite des rappels comoriens au sein des institutions de l'Union africaine et des Nations unies.

Les philatélistes savent les nombreuses variations des limites coloniales françaises dans l'océan Indien : depuis une série par île jusqu'à l'inclusion des Comores au sein de Madagascar en 1912, avant leur séparation en 1950... Beaucoup de timbres aux noms de « pays philatéliques » variés.

Et les îles Éparses justement...

N'ont-elles pas été séparées opportunément avant le processus de décolonisation au détriment des nouveaux États de Madagascar et de Maurice ?
La une de La Gazette de la Grande Île du samedi sept décembre 2017, en pleine consultation sur les Îles Éparses à Madagascar (site web du journal).

Cela a justement fait l'actualité fin 2019 dans la Grande Île.

En 1979, l'Assemblée générale des Nations unies déclara arbitraire la séparation des îles Malagasy et de Tromelin de la colonie de Madagascar... Depuis, les problèmes de développement et de paix civile ont empêché Madagascar de poursuivre ses revendications.

Début décembre, pendant trois jours, une grande consultation a eu lieu sur ces îles. Le point de vue du journal La Gazette de la Grande Île est sans appel, dans son édition du sept décembre : « Ici c'est Madagascar » en réponse à la visite des îles Glorieuses par le Président de la République française en octobre dernier.

L'argumentaire ressemble à celui de Maurice pour Chagos et Tromelin : à l'époque coloniale, chacune des Éparses était incluse dans une des provinces de Madagascar. Et la proposition de cogestion sous souveraineté française lancée 1999 est rejetée.

Les gouvernements malgaches semblent plus prudents malgré l'intérêt pour les richesses minières aux marges maritimes de ces îles qui aideraient bien au développement.

Alors, d'ici juin 2020 et un possible aboutissement des négociations franco-malgaches, les premiers timbres de Madagascar sur les « îles Malagasy » et Tromelin ?

samedi 16 décembre 2017

De la réalité des revendications mauriciennes et des nouveautés philatéliques

Même si le blog Commonwealth Stamps Opinion et son auteur sont loués pour leur complétude face aux déluges des nouvelles émissions de timbres du Royaume-Uni et des territoires anciennement ou actuellement membres du Commonwealth, il peut toujours y avoir un doute sur l'existence des émissions qui y sont citées ou que les marchands de nouveautés proposent ensuite.

L'appât du gain des agences philatéliques privées de sinistre réputation s'associant à l'impossibilité matérielle des opérateurs postaux de proposer leurs émissions en vente par correspondance à l'unité par leurs sites web - les abonnés recevront certes.

Tel est le cas de la poste de Maurice et des trois timbres sur les zones économiques exclusives de cet État, évoqué cette semaine : ma source la plus proche de la poste était qu'ils étaient proposés par un vendeur mauricien sur la plate-forme de vente eBay.
Deux des trois lettres concernées sur lettre recommandée.
À réception de la commande, c'est le feu d'artifice : l'enveloppe est bellement affranchie avec deux des trois timbres concernés, ainsi qu'avec deux timbres émis en 2016 (Nelumbo nucifera et sentiers forestiers) et deux autres de 2017 (centenaire du peintre Serge Constantin et deux cents cinquantenaire de la police mauricienne). Pas de Tromelin, tant pis.

À l'intérieur, la série neuve et le premier jour officiel souhaités.

Merci pour le service client philatéliste.
Le timbre des zones maritimes de la République de Maurice oblitéré le mercredi treize décembre 2017, deux jours après l'émission.
De là, une réflexion sur le coût qui serait nécessaire pour disposer de catalogues ou listes à jour des timbres contemporains réellement émis sur leurs territoires d'usage - s'il n'y a pas de bulletin des services philatéliques : envoi gracieux par les postes aux éditeurs, réseau de correspondants gentiment récompensés, veille salariée des sites web, blogs, boutiques de vendeurs professionnels et amateurs, magazines étrangers, journaux des associations philatéliques locales ou spécialisées, etc...

Titanesque ! Réussi ?

Je ne sais, mais je m'interroge toujours de la périodicité des éditions annuelles de catalogues simplifiés des timbres du monde des éditeurs britanniques et états-uniens ou du tome de l'année d'un éditeur français.

Peuvent-ils être exhaustifs quant il faut plusieurs mois à des collectionneurs passionnés, sur StampBoards, pour aboutir à une liste quasi-définitive des pays n'ayant pas émis de timbres en 2017... et découvrent qu'une poste de pays en développement, Trinité-et-Tobago en l'occurence, aurait surchargé de vieux stocks pour éviter le coût d'une émission.

mardi 12 décembre 2017

Tromelin et Chagos, îles mauriciennes

Hier, lundi onze décembre 2017, la poste mauricienne a émis trois timbres sur les zones maritimes de la République de Maurice... qui devraient faire réagir les gouvernements britanniques et français, d'après un article d'hier du White Knight, l'auteur du Commonwealth Stamps Opinion, blog de suivi des émissions dans les pays membres du Commonwealth.
Carte des zones économiques exclusives, le territoire maritime de Maurice d'après elle-même (via Commonwealth Stamps Opinion).
Depuis son indépendance du Royaume-Uni en 1968, l'État insulaire comprend également des dépendances isolées mais habitées, par nombre décroissant d'habitants : Rodrigues, Agalega (et son bureau de poste) et les écueils des Cargados Carajos.
Cartographie des fonds marins de l'archipel des Chagos (via Commonwealth Stamps Opinion). 
Cependant, le pays revendique également l'archipel des Chagos, constituant le Territoire britannique de l'Océan Indien depuis l'indépendance de Maurice et des Seychelles.

Sauf que les Français, anciens colonisateurs de Maurice, avaient également lancé des plantations à Diego Garcia administrées depuis celle qui s'appelait alors île de France avant de passer aux Britanniques en 1810... Pourquoi alors séparé Maurice et les Chagos peu avant l'indépendance ?

Surtout que c'est Maurice et les Seychelles qui ont dû accueillir l'essentiel des Chagossiens chassés par l'implantation de la base militaire états-unienne à Diego Garcia dans les années 1970... Une des dernières, mais encore active, épines coloniales du Royaume-Uni : les Chagossiens et leurs descendants réclamant un droit au retour.
Tromelin, ses dunes et sa piste d'aterrissage... et c'est tout (via Commonwealth Stamps Opinion).
Pour faire bon compte, rappeler aux expéditeurs mauritiens leur géographie et piétiner l'amitié française, un troisième timbre et le plus cher d'ailleurs montre le profil de l'île Tromelin, actuellement partie du district des Îles éparses des Terres australes et antarctiques françaises.

Comme les îles australes balayées par les vents et la Terre Adélie, quoique tropicale, Tromelin est inhabitée et n'accueille que le personnel militaire et scientifique minimal pour assurer la souveraineté française, maintenir une base météorologique et étudier l'environnement.

Pour Maurice, la version anglaise du traité de Paris de 1814 sous-entend que la dépendance tromelienne est passée sous contrôle britannique avec Maurice et les Seychelles ; et les actions britanniques jusqu'en 1951, puis françaises ensuite semblent indiquer le flou juridique de l'île.
Émission conjointe de 2014 sur la tortue verte, une des habitantes permanentes de Tromelin, avec timbres de France, TAAF et Maurice (scan de timbredujura.blogspot.fr).
Pourtant, l'amitié philatélique franco-mauricienne semblait bien se porter : émission conjointe en 2014 avec toutes les postes du secteur à l'occasion des Sixièmes Rencontres philatéliques de l'océan Indien, puis en 2015 pour le tricentenaire du débarquement des Français à Maurice.

Côté diplomatie, un accord de 2010 prévoit même la cogestion des eaux autour de Tromelin. Un accord adopté par le Sénat français en 2012, mais que l'Assemblée nationale refuse de considérer au débat en 2013 et en janvier 2017, plusieurs députés arguant de l'indivisibilité du territoire national et de la souveraineté de la France sur celui-ci - en approche du référendum d'auto-détermination néo-calédonien...

Ses timbres sont-ils un moyen de montrer l'impatience de Maurice envers les deux anciennes puissances coloniales ? Sûrement.

Maintenant, y aura-t-il réaction politicienne à Londres et Paris ?


Pour se procurer la série, je n'ai rien vu sur la boutique de Mauritius Post, mais un vendeur eBay basé à Maurice les propose.


Coïncidence des lectures, le mensuel britannique Gibbons Stamp Monthly a proposé ces deux dernières années des articles sur presque tous les territoires concernés par les revendications mauritiennes :
- en août 2016, Stephen Pendleton étudiait l'histoire postale de Tromelin et les timbres consacrés par le Service postal des TAAF depuis 2007 ;
- en janvier 2017, le même auteur approfondissait l'histoire du Territoire britannique de l'océan Indien (B.I.O.T.), les courriers qui ont pu en provenir et surtout les timbres évoquant leur importance avant la création tardive du territoire en 1965... Si tardive que Maurice accuse donc depuis le Royaume-Uni d'avoir voulu la priver de l'archipel des Chagos, stratégique en pleine Guerre froide.

dimanche 4 décembre 2016

Semaine n°2016.48 dans l'actualité postalo-philatélico-caissedesdépôts

Il gèle, il pèle, il bise, même dans le sud de la France... L'hibernation approche. C'est peut-être pour cela que j'apprécie de faire le point, le soir, sur la démonétisation en Inde.

En attendant, quelques nouvelles variées glanées au long de cette somnolente semaine.

Dimanche vingt-sept novembre : écumez, écumez Gallica, il en sortira toujours quelques choses.
L'auteur du blog Timbres au type Semeuse est parvenu à retrouver les photographies d'un reportage de presse à l'Atelier du timbre du boulevard Brune, à Paris, réalisées en 1913. Il en remercie Gallica, le site à explorer de la Bibliothèque nationale de France.

Une recherche avec l'expression Boulevard Brune, et en limitant aux photographies. Mais, sûrement que d'autres trouvailles discrètes restent à explorer. Un portail philatélique ?

Jeudi premier décembre, le soir à Nouméa : la lettre au Père Noël au journal de la 1ère.
Au journal télévisé de la chaîne publique Nouvelle-Calédonie 1ère (en rediffusion à la demande par ici), les enfants des écoles maternelles de Nouméa sont venus poster, sous un sapin entouré de palmiers, leurs lettres au Père Noël, préparées en classe.
La gigantesque boîte aux lettres du Père Noël à Nouméa (Nouvelle-Calédonie 1ère, journal de 19h30 du premier décembre 2016).
Certes pas d'enveloppes, pas de timbres, pas d'entier postal de service en retour - quoiqu'une fête est annoncée pour le vendredi vingt-trois...

Attendrissant de sincérité avant de passer aux déplorables nouvelles adultes suivantes >:)

D'ailleurs, ce reportage fut un des derniers non politiques diffusés sur la version télévisée de France Info, dans sa case outre-mer, avant que le président de la République annonce son départ anticipé en retraite.

Jeudi premier décembre, en journée à Montpellier : condamnation en appel pour le pillage de la Jeanne-Elisabeth.
Hier samedi, Yannick Philipponat a résumé l'affaire et signaler les condamnations prononcés en appel à Montpellier contre les pilleurs de l'épave d'un navire marchand - mais transporteur de fonds - suédois, pris dans une tempête entre Cadix et Marseille, mi-novembre 1755.

La localisation, à quelques mètres de la plage de Maguelone, ensevelie sous une couche de sable, fut trop tentante pour un pêcheur de Palavas-les-Flots condamné à quatre ans de prison dont deux avec sursis. Quatre complices sont condamnés à du sursis. Le groupe doit un peu plus d'un million d'euros de dommages et intérêts à l'État pour les dommages causés.

Par contre, le numismate mis en examen est finalement relaxé faute de preuves : aucun des prévenus n'a avoué l'identité de celui qui aurait acheté les cinq cents kilogrammes de pièces d'argent agglomérées.

Cette triste histoire avait permis, en février dernier, au journal Le Monde d'expliquer le travail du Département des recherches archéologiques subaquatiques et sous-marines (DRASS) de Marseille et les conditions inouïes de l'échouage qui ont permis une excellente conservation du bateau.

Vendredi deux décembre : pas de grand feu d'artifice à Genève ? Des étincelles en France.
Lors de la vente aux enchères de prestige, la veille, les deux pièces uniques proposées chez David Feldman se sont vendus moins cher que l'estimation quoiqu'à des sommes défiant mon imagination économique limitée : 1,23 million d'euros pour la plaque d'impression des Post Office de Maurice et le double pour la lettre de Bombay.

Côté français du lac Léman, les silex s'entre-choquent pour mettre de nouveau le feu à l'émission à tirage excessivement limité sur papier de tellement haute technologie qu'il fallut s'y reprendre à plusieurs fois avec des phosphorescences différentes...

Oui, encore l'émission confidentielle pour spéculateurs du bicentenaire de la Caisse des dépôts. Désolé.

On aurait cru que la vente privilégiée aux abonnés des associations fédérées et aux visiteurs prévenus à l'avance du Salon d'automne de quelques milliers d'exemplaires de plus, aurait clos l'affaire... Tout en interrogeant sur combien de privilèges faut-il accumuler pour acheter un timbre commémoratif dans ce pays LOL

Non ! Il a fallu que les plus curieux sortent leurs lampes à ultra-violet et signalent, dès le premier jour du Salon d'automne, des différences entre la vente premier jour du vingt-huit avril et la vente quasi-générale de novembre.

Jusqu'à l'incendie débattoire. Certes, le blog choisi, sur la phosphorescence, paraît approprié sur le thème, mais pourquoi martyriser le pauvre article sur le Nouvel An chinois de 2014 sans barres ? Le webmestre a sifflé, vendredi, la fin de partie en prenant un recul bienvenu sur les acteurs en présence.

Où les joueurs trouveront-ils un nouveau terrain de jeu ? À suivre sur le plan des stands du prochain salon philatélique national ?

Samedi trois décembre: des timbres d'émirats arabes sur lettres !!!
Parmi les nombreuses discussions continuées ou lancées sur le forum StampBoards, une rappelle que certains timbres des émirats arabes des années 1970 peuvent présenter un intérêt au-delà de la thématique oblitérée dès l'imprimerie : s'ils ont servi sur courrier.

Voire davantage pour les errinophiles pour les vignettes de propagande indépendantiste acceptées seules sur lettre par la poste d'un État-soutien : c'est ainsi le cas de timbres du Dhufar (ou Dhofar) sur une enveloppe recommandée de 1972 à destination d'un marchand londonien de timbres, avec cachet de la poste syrienne.

Face à la dureté du régime absolu de l'époque, la région, particulièrement exploitée, s'est rebellée contre le sultan d'Oman dans les années 1960. Dans le contexte de la Guerre froide, la rébellion finit par opposer les voisins communistes du Yémen du Sud et les deux Grands communistes aux autres pays arabes liés au Royaume-Uni.


Complément du dimanche cinq septembre 2021.
Hier, samedi quatre septembre 2021, Carbone 14, l'émission consacré à l'archéologie de France Culture, revient sur la Jeanne-Élisabeth, ce navire naufragé de la côte languedocienne qui a fait les titres des faits divers par le pillage qu'il a subi. Après quelques années d'étude, le public peut désormais découvrir le navire, son histoire et le contenu qui a pu être étudié sur site, au Musée de l'Éphèbe et d'archéologie sous-marine d'Agde.

samedi 3 décembre 2016

L'Académie de philatélie exposait à Londres

Jeudi dernier, le vingt-quatre novembre, des membres titulaires et correspondants français ou associés étrangers de l'Académie de philatélie étaient invités à exposer au siège de la Royal Philatelic Society London.

La majorité des collections furent consacrées à la France, métropolitaine comme d'outre-mer. Quelques-unes à des correspondances étrangères arrivées ou parties de ce pays, ou françaises passées par l'étranger. Quelques-unes développaient d'autres pays francophones - Haïti par Guy Dutau, l'enclave du Lado par Patrick Maselis - ou sur lequel l'expertise française (du graveur, de l'imprimeur et du collectionneur) s'exerçait - Louis Fanchini et les timbres de Grèce.

Le menu est disponible sur le site de l'Académie et les résumés des présentations au format pdf sur celui de la Société.

Esprit de contradiction oblige, mon résumé trop succinct s'attache à ce que mon regard à trouver inhabituel, mais la lecture n'a pas négligé les autres collections proposées.

Ainsi, les pêcheurs français sur les grands bancs de l'Atlantique Nord de 1896 à 1939, travaillant sur leurs navires toute la saison de pêche durant, sans escale. Leur courrier était confié aux navires ravitailleurs ou croisés à l'occasion, ainsi qu'aux navires-hôpitaux de la Société des œuvres de mer. Le livret-souvenir reproduit deux éléments proposés par Hendrik Schlabbink une carte déposée par un tel navire en Islande pour Cannes ; et une lettre taxée en France déposée non affranchie en Nouvelle-Écosse.

En cartophilie innovante, Michèle Chauvet évoque le quart de siècle d'existence des cartes porcelaine, à l'aspect lithographique particulier permis par la céruse, un des carbonates de plomb, dangereux pour l'utilisateur...

Plus éphémère encore, Jean-Christophe Jacquot se concentre sur la liaison maritime de la Compagnie générale transatlantique entre Panamá et Valparaíso, au Chili, de mars 1872 à février 1874, dans le contexte de la concurrence impériale avec le Royaume-Uni.
La lettre entre Réunion et Saint-Pierre-et-Miquelon de 1875 présentée par Peter Kelly (copie d'écran du livret de l'exposition RPSL-Académie de philatélie du jeudi vingt-quatre novembre 2016).
Lignes de la C.G.T. poursuivies par Peter Kelly dans l'océan Indian de 1864 à 1882, avec, entre autres, une lettre entre négociants, partis de la Réunion - affranchie par cinq timbres de trois séries différentes - à Saint-Pierre-et-Miquelon via Aden, Marseille et la Grande-Bretagne. Je suis très curieux de savoir qui avait acheté (ou avait besoin de) quoi entre ces deux extrêmes coloniaux.

Spécialiste des duchés et villes entre Allemagne et Danemark, Chris King propose des lettres de soldats danois envoyés depuis le nord de la France qu'ils occupent de janvier 1816 à l'automne 1818, conformément au traité de Paris (celui de novembre 1815 probablement, faisant suite à celui de 1814 et de l'aventure des Cent-Jours).

Prix du modernisme avec Jean-Jacques Rabineau qui atteint l'année 1977 et la genèse du type Sabine de David par Gandon, suivi de près par Jean-Pierre Magne et le service express de Maurice entre 1903 et 1966. Ce dernier explique que moins de soixante-dix lettres sont connues avec les timbres surchargés spécifiques jusqu'à 1910, et qu'au-delà, les courriers sont rares.

Presqu'à la fin du cheminement, l'histoire postale de Montpellier jusqu'à 1849 apparaît, non sous les cadres de Michel Soulié, président de l'Association postale de Montpellier, mais de Iain Stevenson qui a étudié l'histoire du Collège des Écossais, lieu d'études fondé par l'Écossais Patrick Geddes en 1924 sur les hauteurs nord de Montpellier.

Merci pour cette diverse-tissante et inspirante lecture.

vendredi 25 novembre 2016

Pour quelques millions d'euros cet automne chez David Feldman

La semaine prochaine, du lundi vingt-huit novembre au samedi trois décembre 2016, ce sont les ventes d'automne chez la maison d'enchères suisse David Feldman.

Neuf catalogues au format pdf permettent un véritable tour du monde complet, au gré des goûts, des collections et des passions enflammées...
La plaque d'impression des Post Office de 1847 de Maurice, estimée entre deux et trois millions d'euros (David Feldman).
... et incendiaires pour les comptes en banque avec les « Raretés de l'île Maurice » jeudi premier à partir de dix-huit heures.

Après une tournée de stars aux expositions de Londres, Singapour et Monaco en 2015, et New York en 2016, la plaque d'impression des deux premiers timbres de Maurice est mise en vente par la famille du philatéliste français Maurice Burrus, après une éclipse de plusieurs décennies dans les affaires de sa nièce.

Certes, les grandes ventes aux enchères philatéliques et l'appât à médias du « timbre le plus cher du monde » me laissent dubitatifs, entretenant l'idée simpliste que collectionner c'est s'enrichir (pas faux, selon si). Mais ici, la vente s'accompagne d'un rappl et de diffusion de connaissances sur comment ces timbres furent créés : et magnifique est le catalogue Feldman sur cette seule plaque et quelques essais anciens réalisés à partir de la plaque.
La lettre Bombay et ses deux One Penny Post Office (David Feldman).
Autre star de ces ventes et liée aux Post Office, la lettre Bombay est évaluée entre trois et cinq millions d'euro... Deux feuilles datées du premier janvier 1850 par un pasteur au secrétaire d'une société pour faire savoir qu'il avait bien reçu des exemplaires de Bibles.

Et dont l'histoire de la découverte dans un bazar, puis des ventes mirifiques, est présentée dans un autre catalogue spécial.


Blue Mauritius (amazon.co.uk).
Catalogues auxquels a participé l'auteur de Blue Mauritius, Helen Morgan, consacré à ces deux timbres et qui liste l'état des exemplaires connus en 2006 (voir aussi le site compagnon du livre).

vendredi 28 octobre 2016

Ça bouge en Afrique : le hub philatélique africain annoncé par Poste Maroc

Les pays et leurs postes membres de l'Union postale universelle ont tenu congrès à Istanbul, en Turquie, du mardi vingt septembre au vendredi sept octobre dernier. L'occasion de faire le point sur les réalisations accomplies dans la stratégie établies au congrès de Doha en 2012 et d'établir la nouvelle à suivre jusqu'en 2020 pour assurer la participation des opérateurs postaux historiques aux besoins actuels des populations et à la mondialisation des échanges.

En cours de route, le mercredi cinq, Poste Maroc (Barid Al Maghrib en arabe) et ses partenaires ont annoncé le lancement d'un site commun de vente philatélique : le Hub philatélique africain ou Africa Philately Shop en anglais qui donne son adresse au site web marchand, disponible dans ces deux langues : http://www.africaphilatelyshop.post .
Le timbre marocain annonçant l'ouverture du Hub philatélique africain, imprimé par Phil@poste Boulazac (Poste Maroc).
Hébergeur du site, Poste Maroc a aussi émis un timbre-poste de neuf dirhams annonçant la nouvelle. Une illustration dentelée simple et efficace, autant je pense que le site quand il est consulté à partir d'un téléphone portable - une certaine manière de rafraîchir certaines cases sans cliquer rappelle l'écran tactile des modèles de l'objet qui a permis - dans sa version pour messager et téléphoner - de développer des services bancaires et marchands inespérés à l'époque du téléphone filaire.

Les pays qui ont entré des références sont au nombre de six : le Burkina Faso (2), la Côte d'Ivoire (7), le Mali (1, le quatre cents francs Serval - l'animal et l'hommage à l'opération militaire française), la Mauritanie (10), le Sénégal (12) et la poste hébergeur (2 timbres, 1 bloc-feuillet, 3 enveloppes commémoratives).

Une partie n'est pas encore commandable, une autre sélectionnable pour le panier d'achat, mais je ne suis pas allé jusqu'à l'inscription et validation d'une commande : il manque quelques pages propres à rassurer le consommateur.

Cela semble prometteur. La liste pourrait s'allonger avec la Centrafrique, la République démocratique du Congo, participants du site selon Poste Maroc. Et ceux qui pourront le rallier à terme puisque l'inauguration a été observée par les dirigeants de l'Union postale universelle et ceux de la Conférences des postes des États de l'Afrique de l'Ouest (CPEAO), qui a remplacé en 2012 la Conférence des postes de l'Afrique de l'Ouest, créée en 2001.

La logique - la conférence choisie pour l'annonce et le projet annoncé dans le communiqué - est que ce commerce philatélique restent sous le contrôle des postes participantes du continent, et « ouvre la perspective de la mise en place d'une plate-forme africaine pour l'e-commerce ».

Cela rappelle le site multi-marchand tenu par la poste mauritienne ou la plate-forme de la World Online Philatelic Agency (WOPA) hébergée par la poste de Gibraltar, disponibles en six langues et paiement possible en vingt devises - certaines au-delà des pays représentés - et qu'utilisent trente-neuf opérateurs postaux et services philatéliques d'une grosse vingtaine d'États européens (beaucoup de territoires d'outre-mer, mais de plus en plus de bureaux de pays aussi « normaux » que l'Autriche, la Croatie, le Royaume-Uni et, récemment, la France).

Une fois le site du Hub philatélique africain finalisé et bien en place, il y aura une source supplémentaire d'informations sur les émissions et les timbres réellement (Ah... les agences philatéliques ?) disponibles dans les pays concernés.

Complément du jeudi vingt-deux décembre 2016 :
En consultant ce jour le Hub, deux postes ont émis un timbre sur le même type que celui de Poste Maroc pour l'ouverture du site : le Burkina Faso avec un six cent quatre-vingt-dix francs CFA jaune et le Sénégal avec un deux cents francs bleu. Tous deux semblent non commandables néanmoins.
Enveloppe premier jour de la poste sénégalaise, proposée sur le Hub philatélique africain.

Apparemment en stock, une enveloppe premier jour sénégalaise est proposée également, oblitérée du quatre octobre 2016 au bureau de Dakar Philatélie.

À suivre.

jeudi 30 juin 2016

Mille en neuf ans et presque demi

Millième post, article, blague, dissertation philatéliques aujourd'hui, jeudi trente juin 2016 pour ce blog en neuf ans et cinq mois. Mes meilleurs souvenirs liés à son écriture ?

Non pas tellement mes exhibitions hyper-ironiques des actions des directions successives de φl@poste et de leurs alliés fédéral et négociant... Ça m'amuse de les écrire bien sûr, surtout les imaginatifs épisodes de Marian, Gloire et Beauté (merci Posti) quand la probable déception des dirigeants de La Poste et des traditionnels artistes du timbre a provoqué d'étranges réactions des φ-journalistes φrançais (depuis quand ne respecte-t-on pas les embargos et la sainte neutralité face aux émissions de France ??? Jamais sauf quand...) pour la nouvelle Marianne de la jeunesse, avant même qu'Olivier Ciappa ne tweete sur le lien entre son timbre et la thématique mamelles.

Tout cela permet de passer de lasses et inutiles colères... Lasses quand je vois le pigeonni... je lis le témoin « boucheur de cases » trouvé par l'éditorialiste Socrate dans Timbres magazine de ce juillet-août : il ne peut s'empêcher d'acheter tout ce qu'il trouve beau, mais φl@poste devrait comprendre que son porte-feuille n'est pas extensible...

lol ? Grrrrr ? Appeler la CGT à manifester au cri : « Françoise et Gilles au pilori » ? Écrire un essai Désir eslingérien et frustrations gilliennes de la case non bouchée chez le collectionneur français post-moderne ? Avec une édition poche enrichie d'un chapitre Les 12 méthodes de la spéculation heureuse ?

Aujourd'hui, j'écris au premier degré sans aucun humour : que ce collectionneur se démerde. Moi, je continue à couper des arbres... on ne sait jamais en cas de spéculation sur le marché du pilori :)

Alors quoi comme souvenirs ?

L'oblitération du bureau de Cacao, en Guyane, en 2002 (scan envoyé par Pierre Millien).
La découverte au hasard des lectures et des recherches de lieux et de populations, tel le village guyanais de Cacao où la République française installa des réfugiés hmongs en 1977 (article du trente-un juillet 2009).

Oui, ce simple petit article sur un si petit lieu découvert en farfouillant ce que je pouvais découvrir au moment du feuillet chocolaté de 2009. Parce que le timbre, l'oblitération, l'activité postale sont liés au besoin humain de communiquer et de commercer, pas à étouffer dans des classeurs, ni à être limités à une valeur spéculative.

Sinon, ce sont toutes les personnes qui m'ont permis d'apprendre et de découvrir qui marquent cette décennie.

Des marchands-auteurs britanniques qui étudient ce qu'ils vendent. Certes, on peut se poser la question de leur objectivité à multiplier les découvertes de variations des timbres-poste et de distributeurs de Royal Mail, mais au moins Outre-Manche, ce sont des Philatélistes qui étudient, commentent, critiquent les nouveautés britanniques dans les périodiques grand public Stamp Magazine, Gibbons Stamp Monthly et sur leurs blogs (comme celui de Norvic Philatelics de Ian et John Billings).

Les rencontres de Basil Herwald avec les dirigeants des services philatéliques de pays variés lors de ses voyages pour Gibbons Stamp Monthly, loin de se contenter d'attendre le mail annonçant le programme annuel d'émissions depuis son fauteuil et qui permet de montrer que nouvelles émissions actuellement n'est pas synonymes de diarrhées philatéliques ou de papier-peint d'agences.

Quel bonheur donc que mes abonnements à ces deux mensuels britanniques depuis 2007, découverts par leur couverture sur les quarante ans de la série Machin (vous pouvez aussi rejoindre les fanatiques de l'effigie Annigoni sur le forum StampBoards). Un salut amical à Julia Lee où que ses pas professionnels l'aient porté depuis les pages News de Stamp.

À l'époque temporairement éloigné à Paris, ce blog fut inspiré du modèle d'alors le Blog philatélie de Dominique Stéphan, hélas disparu du web. Comme est en sommeil depuis quelques temps l'actif thématiste Oh les timbres. Des devenirs que ce blog aurait pu connaître entre 2011 et 2013 quand il fut très difficile de concilier et placer dans des priorités durables philatélie et écriture avec vies professionnelle et personnelle, et autres loisirs... Pourquoi des catégories Uchronie et Jeu vidéo sur un blog philatélique ?!! Parce que.
Helen Morgan, non-philatéliste, a enquêté sur les premiers timbres de Maurice (amazon.co.uk).
Les lectures ont aidé à maintenir un chemin, même quand elles ne finissent pas toutes sur le blog. Avec internet d'abord qui a permis de découvrir deux livres écrits par des Moldus sur les premiers timbres de Maurice et la Collection philatélique royale. Dans le même temps, je découvrai Londres et sa richesse philatélique à l'époque où le libraire Vera Trinder y était encore.
La bibliothèque est toujours là malgré les déménagements (IKEA c'est du solide), mais depuis mai 2010, les albums ont dû se tasser plus bas encore face à l'afflux d'ouvrages et de dvd... Oui, fan de séries télévisées en plus (licence creative commons cc by-nc-nd 3.0 fr).
De fil en aiguille, je suis passé des ouvrages de Douglas Muir du British Philatelic Museum & Archive aux publications de la Royal Philatelic Society London...

En effet, alors que je découvrai l'ambiance si feutré (plus qu'en 2009) de la halle des marchands de Monacophil 2011, j'abordai timidement le stand de la Royal Philatelic Society London car le modeste lecteur-blogueur philatélique que je pense être, osai demander à acheter le cd-rom de l'intégrale du London Philatelist (aujourd'hui sur clé USB pour trente livres sterling) pour enfin profiter de certains articles inacessibles mais hautement intéressants.

Là, un chaleureux et jovial Frank Walton me transforme en membre-lecteur-blogueur visiteur impatient de revoir la bibliothèque du 41 Devonshire Place, intenable au travail les jeudis de conférences diffusées en ligne, explorateur aventureux des milliers de volumes et le million de pages de la Crawford Library - cela va-t-il finir comme dans un double-épisode de Doctor Who ? Qui a éteint la lumière ? Brrrr... - et, dans le même élan et à ma grande surprise, spectateur intéressé des expositions philatéliques : la partie que la presse philatélique française ne commente jamais (encore merci, Robert Marion).
Franchement quelles associations peuvent se vanter de disposer de toilettes aussi philatéliques que celles de la Société philatélique royale de Londres ? Distributeur de timbres et boîtes aux lettres extrait des collections du musée de la RPSL.
Si les commentaires sur ce blog sont fermés et son auteur assez contemplatif, les contacts liés existent, ponctuellement avec Pierre Millien et Olivier Gervais (Avez-vous vu sa lumineuse collection à Paris-Philex ? Au moins son site) quand je faute grandement... Laurent Bonnefoy en sait quelque chose dernièrement.

En attendant un clin d'œil aux deux seuls anonymes qui ont tenté le mail hautement moralisateur sur l'odieux que je suis de ne pas nommer de son nom philatélique la Marianne de Nicolas ou d'oser faire autre chose que de la philatélie sur un site philatélique... Deux clics : un sur le bouton Spam, un autre sur la corbeille. C'est un blog/bloc-notes personnel d'un amateur.

Et désolé à deux ou trois autres, mais je ne m'intéresse pas à tout : je ne suis pas une agence de presse philatélique, même si je passe du temps à débusquer des informations avec Google Actualités. Être systématiste dans la publication reçue, c'est un métier, il y a des professionnels : profitez-en.

Le reste des lecteurs ? D'après les outils de mon hôte Blogger, je salue la majeure partie de mon public : les robots de Google et de Google Images :) Sans oublier ceux de l'entreprise privée qui assure le suivi de la réputation du Groupe La Poste sur les réseaux sociaux ;) que je remercie d'avoir retweeter des articles de temps à autre, provoquant des explosions inexplicables de consultations (deux cents lecteurs pour ce résumé de Midi libre !??)... Généralement quand je complimente La Poste. Aussi rare qu'un bloc Courrèges en couleurs à Paris-Philex :p
La trouvaille de l'année et l'article qui m'a fait le plus plaisir d'écrire : comment le Conseil de promotion de la philatélie du Nigeria a réussi une exposition-colloque en mars dernier, en présence de l'ancien président Obasanjo (à droite ; NTA News, trois mars 2016).
Heureusement quelques humains lisent également ce blog : une douzaine dans la journée chaque publication à coup sûr - Bonjour ! Une centaine d'un coup quand je critique le monde φl@télique, mais seulement la moitié quand je le complimente le lendemain... Oh ! Lectorat aussi difficile que je suis hypocrite :p

Depuis 2015, vous provenez d'une liste de plus en plus longue de pays différents selon où l'adresse du blog a pu être publiée (Jean-Jacques Tilleard et la philatélie de Saint-Pierre-et-Miquelon ont énormément d'amis en Amérique Latine et en Asie du Sud-Est, j'en témoigne) ou selon le sujet touché (quelqu'un aux îles Falklands utilise l'approprié IceWeasel comme navigateur).

Ce lectorat atteint des contrées encore plus inattendues comme le Pakistan et l'Égypte quand deux philatélistes ont apprécié sur Facebook qu'un « petit pays philatélique » soit évoqué ici, le Nigeria en mars dernier, pour un reportage télévisé montrant qu'il se passe des choses en dehors des fédérations européennes de « boucheurs de cases ».


Quoi pour les mille prochains ?

Un article par nouveau timbre de France, d'Outre-Mer et des Principautés reproduits dans Timbres magazine à partir de la nouvelle nouvelle formule de septembre prochain... Prochain article du millier dans très peu de temps donc :)) Non, mauvaise blague que j'ai déjà écrite, rappelleront les lecteurs attentifs et réguliers (jeu interdit aux robots indexateurs).

Les types d'articles en place depuis la relance de 2014, à coup sûr : nouveaux timbres du monde qui me plaisent, compte-rendus de lectures par le croisement que mon esprit du moment réalise entre elles, et quand l'enthousiasme de l'écrivain y est, un pièce de profonde ironie sur les aléas - ou les grands moments : l'offensive médiatique d'octobre-janvier - de la  φl@postie φranç@ise, objet d'étude en elle-même pour un historien.

L'espoir aussi de mieux tenir et plus souvent le blog en anglais que je ne veux pas être qu'une traduction de celui-ci.

Au-delà, qu'en sais-je ? Ce jeudi après-midi, j'écris (pire : vous lisez) des mots aussi futiles alors que la Royal Philatelic Society London et la British Library présentent en direct sur youTube l'impressionnant, sisyphien, coûteux et absolument inestimable travail réalisé pour que la Crawford Library soit accessible à tous par l'intermédiaire d'internet...

Au-delà donc, il y aura sûrement plus d'activités dans mes classeurs - c'est fou les trucs hyper-intéressants que j'y entasse depuis que j'ai dix ans (et seulement cinq ans comme abonné aux nouveautés de France) - et, j'espère, au-delà, en d'autres lieux et formes philatéliques.

Sinon, dans les prochaines semaines avant une pause estivale : la fin de l'exposition-compétition Paris-Philex, le bilan de la future ancienne nouvelle formule 2015-2016 de Timbres magazine, et ce qui m'inspirera dans tout ce qu'internet permet de diffuser et de faire connaître.