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jeudi 1 mai 2025

80 ans de la Victoire par la bravoure britannique

 Ce jeudi premier mai 2025[1], Royal Mail, l'opérateur postal et philatélique historique mais privatisé britannique, émet une série de timbres-poste pour les quatre-vingts ans de la Victoire contre l'Allemagne nazie, signée à Berlin le huit mai 1945.

Les dix timbres principaux de l'émission (boutique web de Royal Mail).

Cette année, le thème est "Valour and Victory" : Bravoure voire Vaillance et Victoire.

Sont honorés onze Britanniques et sujets de l'Empire colonial britannique ayant participé par une diversité d'activités, pour certaines et certains au-delà du militaire offensif ou défensif, à la résilience britannique isolée après l'armistice entre la France du Président du Conseil Pétain avec l'Allemagne hitlérienne, et l'isolationnisme traditionnel des États-Unis sur ce qui pouvait se passer en Europe - voire l'admiration de certains racistes pour le fascisme et le nazisme.

Les dix timbres principaux sont vendus soit en deux rangées de cinq, soit par feuille de vingt-cinq ou cinquante (cinq ou dix fois la bande concernée), mais les marges de ces feuilles ne sont pas illustrées comme la française Philaposte a pris l'habitude ces dernières années.

Sont présentés en portrait photographique avec en arrière-plan le cadre de leurs activités :

- George Arthur Roberts (1891-1970), natif de Trinitad, volontaire et vétéran de la Première Guerre mondiale, pompier londonien pendant le Blitz.

- Mary Morris (1921-1997), native d'Irlande, infirmière militaire, elle soigna notamment les soldats de l'évacuation de Dunkerque, puis d'un des hôpitaux mobiles du débarquement en Normandie. Elle suit les troupes en Belgique et jusqu'à l'invasion de l'Allemagne.

- Tommy Macpherson (1920-2014), natif d'Écosse, capturé en Libye pendant une reconnaissance pour l'opération Flipper en 1941, il ne cesse les tentatives d'évasion en Italie, en Autriche et même d'un stalag en Pologne d'où il rejoint la Suède puis l'Écosse en 1943. En juin 1944, il est parachuté à Aurillac au sein d'un commando avec deux autres hommes pour guérilla et sabotage en soutien à la Résistance française et au débarquement en Normandie. Avec succès, puisque son autorité convint même les officiers généraux allemands du sud de la France de se rendre à lui à la fin de l'été 1944. Ses dernières opérations ont lieu en Italie du Nord.

Le timbre Violette Szabó avec en arrière-plan sa fausse carte d'identité française, timbre fiscal inclus (boutique web de Royal Mail).

- Violette Szabó (1921-1945), Anglaise née en France, elle travaille comme vendeur textile d'un grand magasin de Brixton, mais est une experte du tir de chasse grâce à son père. En 1940, elle épouse Étienne Szabó, soldat de la Légion étrangère française d'origine hongroise. Volontaire pour la défense intérieure, elle passe d'opératrice téléphonique à artilleuse côtière, avant d'être recruté par le SOE (la Direction des opérations spéciales britannique).

Sa seconde mission en France débute dans les jours suivants le débarquement en Normandie, parachutée à Sussac, près de Limoges, afin d'entraîner et coordonner les maquis locaux. Son officier découvre des résistants peu préparés et envoie Violette Szabó vers la Corrèze et la Dordogne, où les maquis sont plus solides.

Mais, elle est capturée après une fusillade contre des SS de la Division Das Reich, qui avait commencé sa remontée vers le front normand. Interrogé par la Sicherheitsdienst à Limoges, puis la prison parisienne de Fresnes, elle est transférée au camp de concentration de Ravensbrück, en août 1944, puis au camp de Torgau où elle et d'autres agentes perturbent le travail de l'usine d'armement. À Ravensbrück, le commandant du camp la condamne à mort et elle est exécutée le 5 février 1945.

Le timbre la représentant, jeune et vive, a en arrière-plan une de ses fausses cartes d'identité françaises, comprenant un timbre fiscal et des tampons administratifs.

La Collector's Sheet pré-personnalisée : à chaque héros un objet ou une scène de son action. Pour Violette Szabó, une radio (boutique web de Royal Mail). 

- John Harrison, marin sur le HMS Belfast.

- Bhanbhagta Gurung (1921-2008), sujet népalais de l'Empire des Indes. Il sert dans les Gurkahs dans la campagne de Birmanie contre l'armée impériale japonaise.

Il reçoit la prestigieuse Victoria Cross des mains du Roi George VI au palais de Buckingham, pour la prise d'une colline birmane en mars 1945, protégée par un sniper qu'il abat debout, quatre trous dans lesquels il jette des grenades en courant de l'un à l'autre, tuant leurs occupants, et un bunker dont il tue les soldats au couteau ou avec une pierre. Dans la foulée, il commande deux soldats pour tenir la position face à une contre-offensive ennemie.

Gurung quitte l'armée en janvier 1946 pour s'occuper de sa mère et de sa jeune famille, dont ses trois fils et un petits-fils furent des militaires de carrière.

- Thomas Peirson Frank (1881--1951), ingénieur civil, il est l'Ingénieur-en-chef du Conseil du comté de Londres (la collectivité locale londonienne d'alors) depuis 1931 quand les bombardements du Blitz touche la ville. Sa rapidité d'organisation permet d'assurer les réparations ou déblaiements pour la continuité de la vie économique de la capitale, notamment la remise en état des digues de la Tamise et éviter l'inondation des quartiers bas avec leurs installations industrielles, militaires, navales et portuaires.

- Mahinder Singh Pujji (1918-2010), Sikh natif de Simla, la capitale d'été de l'Empire britannique des Indes que sert son père au département de la Santé et de l'Éducation. Pilote d'avion depuis 1936, il se porte volontaire en 1940 auprès de l'Armée indienne de l'air pour servir la Royal Air Force en Europe.

Qualifié en juin 1941, il escorte des bombardiers au-dessus de la France, mène des patrouilles par temps brumeux, etc. principalement à bord de Hurricanes. En septembre, il rejoint le théâtre de la Méditerranée et du Proche-Orient.

En 1942 et 1943, il rejoint la Royal Indian Air Force  où il atteint le grade tactique de commandant d’escadron. En 1944, il participe à la campagne de Birmanie, notamment dans le repérage de trois cents soldats états-uniens perdus dans la jungle, proche des lignes ennemies. En 1945, il est envoyé à l'École de commandement (Command and Staff College) de Quetta.

Bien que mis en retraite en 1946 à cause des conséquences d'une tuberculose, il ne perd pas son sens de l'aventure avec la moto et le planeur. Il fut le pilote de baptême de vol en planneur de Nehru, Edwina Mountbatten, du président Eisenhower. Il émigre plus tard en Angleterre comme contrôleur aérien.

- William Tutte (1917-2002), mathématicien canadien, il est connu pour son rôle de cryptanalyste, « casseur de codes », de la machine allemande Lorenz, utilisé par l'état-major de la Wehrmacht allemande, au sein des équipes de Bletchley Park.

Il est reconnu pour ses apports en théorie des graphes (même si sa terminologie est refusée par ses pairs) et des matroïdes. [2]

- Lilian Bader née Bailey (1918-2015), née à Liverpool d'un père marin originaire de la Barbade et d'une mère liverpuldienne d'origine irlandaise, elle dut vivre dans un couvent jusqu'à 20 ans après la mort de son père et la discrimination envers une métis pour trouver un emploi.

Malgré son volontariat, les Institutes des forces armées (visant à organiser les loisirs des soldats et vétérans après la Grande Guerre) la renvoie car son père n'est pas né au Royaume-Uni (À quoi cela sert-il d'avoir un Empire ?). Par contre, en 1941, la Royal Air Force est moins regardante pour ses auxiliaires féminines ; elle est formée à la réparation des instruments d'avion. Elle sert jusqu'à sa grossesse en février 1944, mariée à un artilleur, Ramsay Bader en 1943.

Dans les années 1960, en suivant des cours du soir, elle passe les diplômes du secondaire et universitaire pour devenir enseignante.

Le feuillet de quatre timbres différents sur le soutien au moral des troupes par la chanteuse Vera Lynn, ici dans son tirage spécial Europhilex 2025 (boutique web de Royal Mail).

Ces parcours héroïques, communs à des milliers et des milliers de soldats et civils de la Seconde Guerre mondiale et des conflits liés (Japon en Chine, Allemagne et ses annexions, etc.) permettent de montrer la globalité de la guerre quelque soit l'origine sociale, culturelle, nationale des individus.

Cependant, les médias et les partis conservateurs et d'extrême-droite étant ce qu'ils sont, il faut un sujet grand public immédiatement connue pour attirer vers les timbres-poste les journaux et les émissions matinales.

Un bloc-feuillet de quatre timbres de photographies d'époque honore la chanteuse Vera Lynn (1917-2020), surnommée "Forces' Sweetheart", le cœur tendre des Forces (armées), pour ses chansons, ses concerts en Égypte, en Inde et en Birmanie, dans le cadre de l'Entertainments National Service Association des Forces armées britanniques.

Elle resta ouverte au soutien des vétérans, parmi d'autres causes caritatives, y compris par un de ses derniers singles : la reprise de la chanson "My Son, My Son", qu'elle avait chantée en 1954, cette fois pour marquer la fin de la guerre des Falklands.


La commande minimale du collectionneur peut être lourde au porte-monnaie, même s'il n'y a que des timbres du service intérieur première classe (1,70 GBP depuis le sept avril dernier).

Cela fait partie de la promesse de Royal Mail par un communiqué de fin février 2025 que les émissions spéciales ne comprendraient plus que des timbres de première et seconde classes intérieures, et plus de tarifs pour l'étranger, ni de valeur ronde (une ou deux livres sterling).

1,70 x 14... Même si cela permet d'honorer des parcours dans lesquels d'identifier en ces temps géopolitiquement difficiles.


Notes :

1 : Au Royaume-Uni, les jours fériés « laïcs » sont placés le lundi le plus proche par rapport à d'autres pays européens afin de créer, pour ce jour des travailleurs, un Early May bank holiday : un week-end de trois jours sans banque du samedi trois au lundi cinq mai.

2 : Pour les thématistes qui cherchaient des sujets intellectuellement stimulants.

Compléments du lundi cinq mai - férié au Royaume-Uni :

Visiblement qui sert aujourd'hui essentiellement aux célébrations avec le public de la Victoire et des vétérans de la Seconde Guerre mondiale. À Londres de midi à quatorze heures, la cérémonie d'ouverture (discours de Churchill et permission des cadets de l'armée demandée un vétéran à démarrer un défilé) a été suivie par la marche de militaires britanniques, ukrainiens et d'alliés sous pavillon de l'Organisation du Traité de l'Atlantique Nord.

Ensuite, la tribune royale s'est vidée pour laisser le Mall au public, le salut du Roi Charles III et sa famille au défilé aérien, avant une réception de vétérans au palais de Buckingham. 

Compléments du jeudi huit mai 2025 :

Ce jour de fête et souvenir en Europe, Gary Younge propose un billet d'opinion dans The Guardian sur la capacité de la société britannique - et par ses exemples, les sociétés dont les États ont conquis et exploité des empires coloniaux - a « honoré tous ceux qui se sont battus » ?

Partant des manifestations indépendantistes en Algérie française ayant fini en massacre par les forces de l'ordre, il rappelle que des colonies britanniques d'Afrique ont connu de tels mouvements pour obtenir après tout seulement ce que les Métropoles prétendraient s'être battues pour elles-mêmes : libertés, démocraties, respect de l'autre, etc. Quitte en Indochine et en Indonésie à profiter du vide de pouvoir en septembre 1945 à la capitulation du Japon.

Pour la société britannique, il s'agit des combattants et civils volontaires de l'Empire des Indes et des  futures Malaisie et Singapour, des colonies africaines, et celles des Caraïbes. Le choix de Lilian Bader pour un des timbres montre pourquoi : le racisme de la bonne société anglaise et de ses élites accueillait volontiers l'effort de guerre au risque de leur vie  des colonisés, pourvu qu'ils retournent dans leurs pays... sauf que Lilian était née en Angleterre d'une mère britannique.

Et la question se pose encore outre-Manche : la Windrush Generation, profitant de nouveaux droits en 1948 et venue en Métropole travailler, a subi la discrimination anti-migrants à partir de 2012. Les fonctionnaires du Home Office - aidés par l'absence de carte nationale d'identité obligatoire et de la difficulté de ses retraités et leurs enfants de prouver par paperasse la légalité de leur arrivée - ne distinguant pas les migrants récents, des immigrants caribéens longuement installés de droit et devenus Britanniques.

Gary Younge, "On VE Day, remember the war – but can we resolve to honour all who fought in it?", 'The Guardian', 8 mai 2025.

vendredi 19 mai 2023

Une semaine de mai 2023 dans le monde des postes et de la philatélie du monde

 Quelques trouvailles sur les activités des services postaux et philatéliques de divers pays.

Récits de la vie quotidienne en Ukraine

En même temps que le feuillet de trois timbres émis le neuf mai en hommage aux défenseurs de l'Ukraine face à l'agression russe, Ukrposhta vend douze cartes postales illustrées chacune d'un métier. Un code-barres en deux dimensions permet d'écouter quatorze témoignages de ces Ukrainiens protégeant leur pays, réparant ses infrastructures, poursuivant leurs activités malgré tout.

Elles sont vendues quarante hryvni chacune (environ un euro) sur la boutique en ligne d'Ukrpshta.


Diversité culturelle luxembourgeoise

Le mardi seize mai, Post Luxembourg a encore émis un timbre montrant l'identité multiple de ce pays européen.

Vingt-cinq ans de l'Institut européen des itinéraires culturels (Post Luxembourg).

Une institution du Conseil de l'Europe au logotype bilingue anglais-français sur le timbre d'un pays au nom en luxembourgeois, avec l'entreprise en français malgré un nom mixte anglais-français sur le site web (Post Luxembourg), et la mention d'imprimeur à équivalence de taille alors que cette mention est la marque de l'opérateur public du pays trilingue voisin dans son nom neutre (bpost).


Onze mille flammes françaises

Le dix-sept mai, le webmestre de http://obliterations.free.fr/ a mis en ligne sa onze millième flamme postale française sur son site.

Merci à lui en espérant que la pérennité de son site soit assuré pour un temps très long.


L'obligation de la recommandation s'étend

Le message diffusé par Niger Poste sur le courrier à destination des États-Unis (capture d'un twitt de @NigerPoste du seize mai 2023).

Que les marchands professionnels ou amateurs se tournent vers l'envoi en recommandé pour protéger les envois vers leurs clients se comprend, mais cela dissimule peut-être une généralisation des outils de suivi et de déclaration douanière.

Niger Poste diffuse qu'à partir du premier mai 2023, tout envoi pour les États-Unis d'Amérique doit être obligatoirement recommandé.

Le suivi du voyage et de la délivrance certes, mais aussi la capacité pour la poste et les autorités états-uniennes de remonter le fil jusqu'à l'expéditeur pour enquêter sur des envois illégaux ?


Réapprendre le timbre-poste aux jeunes générations... ou faire de la maille ?

La Korea Stamp Society signale la mise en ligne par Korea Post d'une vidéo expliquant comment commander sur son site son bloc de timbres et d'un carnet de prestige dédiés à BTS, un groupe de musique Kpop au succès international.

Prochaine étape : comment écrire une lettre manuscrite et l'envoyer à son chanteur préféré ?

Ou cette émission n'est-elle qu'une diversification de produits de collection vers le public du moment, comme la dérive américaine de la Royal Mail britannique ?

...


Commander ses timbres depuis la salle d'attente de son bureau de poste

Et non, pas en France. Au Japon, Peter (@stampden sur Twitter) rapporte sa dernière visite dans un bureau de poste. 

Capture du twitt de Peter, le dix-huit mai 2023.

Bien en vue, sur un affichage dirigé vers le client assis en attente : les prochaine émissions et des bons de commande.

Une idée pour le nouveau directeur de ϕl@πoste, juste après avoir dégagé ce phi de merde des timbres commémoratifs ?


Littérature : les oblitérations diamants d'Irlande

Le Stuart Rossiter Fund publie, une nouvelle fois à un prix très doux, un ouvrage important pour les collectionneurs et historiens postaux.

Couverture de l'ouvrage.

Stan D. Challis propose Irish Diamonds. The numeral postmarks of Ireland à partir de 1844, 448 pages. Le bilan de trente ans de recherches avec l'aide de plusieurs historiens postaux et marcophiles.

Trente livres sterling, c'est fort accessible pour étudier le courrier irlandais de l'époque victorienne.


Disparitions récentes :

Le 28 mars : Brigitte Abensur (France), cardiologue, philatéliste et historienne postale, Grand Or à London 2022, rédactrice-en-chef de Documents philatéliques (Académie de philatélie, Paris) depuis 2006.

Le 10 mai : Patrice Serres (France), auteur et dessinateur de bandes dessinées, sinologue, créateur de trois timbres de France.

 

mardi 16 février 2021

Il y a 50 ans la décimalisation britannique

 Hier, lundi quinze février 2021, cinquante ans après, les Britanniques ont été invités à se remémorer le Jour décimal en 1971, lorsque leur devise, la livre sterling, est passé du système £sd à cent pence pour une livre.

De nombreuses institutions ont participé à travers leurs comptes de réseaux sociaux : la Royal Mint bien évidemment qui eut la charge de l'introduction progressive des nouvelles pièces à partir de 1968. Elle a créé une mallette pédagogique à destination des maisons de retraite afin de proposer des activités de discussion et de mémoire entre les personnes âgées, leurs visiteurs et le personnel.

La fille du dessinateur des premières pièces en nouveaux pence a raconté comment son père, Christopher Ironside, a remporté les deux concours successifs. Les documents préparatoires furent ensuite stockés sous le lit parental jusqu'à ce que sa veuve - décrite comme le modèle de Britannia de la pièce de cinquante pence - les confie au British Museum.

Du côté du Post Office, ce fut l'émission décimale des timbres de la série Machin qui marqua ce jour. Cependant, le pays connaissait alors une grève des postiers, de janvier à mars. Le marchand Norvic Philatelics rappelle donc que les courriers premier jour d'émission sont à chercher du côté des bureaux des postes militaires et des petits bureaux.

Pour une collection ouverte, de nombreux objets, prospectus, outils ludique pour apprendre les conversions furent publiés par les institutions officielles, les journaux, etc. Certains furent rappelés, tel ce Snip Snap par les musées de Wakefield : un jeu de cartes à appairer selon leur unité monétaire, voire mieux une en £sd et une en nouveaux pence.

Le Decimal Currency Board expliqua le changement également aux enfants par des publicités dans les comics. Ici, en 1968, avec l'arrivée des pièces de cinq et dix pence pour commencer à faire disparaître le shilling.

Plus difficile à retrouver : les tickets du quotidien rapidement jetés, tel ces tickets de péage du pont suspendu de Clifton, à Bristol, sur lesquels des autocollants permirent le double affichage du prix.

Cette décimalisation concerna également la République d'Irlande et les territoires de la Couronne britannique alentours. Desservie par la poste de Guernesey, l'île d'Aurigny dispose de ses propres timbres et c'est sous son nom que sont célébrés les cinquante ans des nouvelles pièces du Bailliage.


Article complété le dimanche vingt-et-un février 2021 (publicité dans un comics).

lundi 30 mars 2020

Des entiers pour maintenir le lien malgré le confinement

En cette seconde moitié du mois de mars 2020, alors que de nombreux pays limitent les contacts au sein de leur population pour limiter l'expansion du coronavirus, deux postes nationales participent à l'effort en permettant à leur clientèle de communiquer gratuitement par l'entre-mise d'entiers postaux.
Exemple d'un entier postal d'An Post, la poste irlandaise, publié sur son compte Twitter, le vingt mars.
Le vendredi vingt mars, c'est An Poste qui a annoncé que ses facteurs allaient déposer la semaine suivante deux entiers postaux pré-affranchis par logement afin d'inciter les Irlandais à écrire à leurs proches.

Prendre des nouvelles, rassurer, divertir alors que le gouvernement incite à la distanciation sociale.

Si besoin, des entiers peuvent être obtenus dans les bureaux de poste.
L'annonce de Thailand Post, publié le samedi vingt-huit mars sur son site.
Samedi vingt-huit, alors que plusieurs gouverneurs ordonnaient la limitation stricte des circulations dans leur province, Thailand Post annoncé une opération similaire.

Auprès de l'ensemble des personnels postaux, les habitants du pays peuvent retirer et envoyer gratuitement des cartes postales pour adresser, est-il écrit sur le site, leurs encouragements aux personnels médicaux, aux professionnels indispensables ou à leurs proches.

dimanche 12 novembre 2017

Faute de nouveaux merles, j'engraisse des grives d'origines variées...

... ou faute de temps libre, je complète les articles précédents.

De la menthe au thé au petit-déjeuner continental.
En décembre 2016, j'évoquais Gibraltar avec l'historien postal Richard Garcia et le récit de l'historien global Christian Grataloup sur comment, au Maroc, l'infusion de menthe devint le thé à la menthe en conséquence de l'addiction britannique à la boisson et l'impossibilité d'en exporter les feuilles jusqu'à la Russie importatrice à cause de la guerre de Crimée.
Couverture du livre à partir d'une publicité du Cacao Poulain de Leonetto Cappiello de 1911 (site de l'éditeur Armand Colin).
Depuis ce printemps, cette anecdote historique fait partie de l'épisode d'un livre de vulgarisation du même Grataloup sur l'histoire de l'apparition du petit-déjeuner en Europe autour du trio revisité de boissons tropicales : café, chocolat et thé.

Une bonne lecture sucrée pour les passionnés d'histoire du quotidien, du temps long et les thématistes en quête d'idées.

Le Monde dans nos tasses. Trois siècles de petit déjeuner par Christian Grataloup, publié par Armand Colin en mai 2017.

Séparatisme et courrier international : retour au Donbass.
Il est encore temps de trouver chez les marchands de journaux le numéro daté novembre de Timbres magazine où lecteurs et clubs réagissent à l'éditorial du numéro de septembre sur l'émission de timbres par la Poste du Donbass, gérant le courrier local et international via la Russie des républiques populaires autoproclamées de Donetsk et de Lougansk.

Le magazine fournit l'adresse mail de la représentation diplomatique de ces républiques en France dans le courrier des lecteurs et un article complet sur ce courrier est annoncé dans PhilApl daté septembre 2017 de l'Association philatélique du Loiret.

Disparus, ils enrichissent encore la Philatélie.
Par les activités de la Société philatélique royale de Londres, deux historiens postaux britanniques morts cette année sont honorés et honorent encore la Philatélie.

Jeudi neuf, en introduction de sa conférence sur l'histoire postale préphilatélique du Salvador (et de l'Amérique espagnole), Guillermo Gallegos a rendu hommage à Brian Moorhouse, spécialiste de l'Amérique latine et des Caraïbes.

Lundi six novembre, la Royale a annoncé (pdf) avoir reçu en donation les droits sur les ouvrages et la conservation des archives de Ted Proud, couvrant de larges pans de l'histoire postale des colonies britanniques. Si le site de l'International Postal Museum qu'il créa avec feu John West pour diffuser leurs ouvrages imprimés et numériques est désormais fermé, la RPSL en assurera la diffusion désormais et ouvrira les archives à la recherche.

La Poste vaticane battra-t-elle la Poste irlandaise : Luther contre le Che ?
Alors que le timbre irlandais sur le centenaire des apparitions mariales à Fatima passe inaperçu..., des articles signalent, ici et là, l'émission, jeudi vingt-trois novembre,par la poste du siège de l'Église catholique romaine d'un timbre pour les cinq cents ans de la Réforme protestante... !
Luther et Melanchton au pied de la Croix, Wittemberg en arrière-plan (via La Croix).
Va-t-on atteindre l'engouement de la vente à succès du timbre irlandais du Che qui se monnaye actuellement à fort prix à l'unité, en enveloppe premier jour et en feuille entière ?

Au cas où la figure romantique du révolutionnaire implacable vaincrait, les parieurs impénitents se reporteront sur deviner le duel des ventes entre ce timbre radical et son jumeau contre-réformé émis le même jour à l'effigie de saint François de Sales, issu de la noblesse savoyarde.

dimanche 15 octobre 2017

Hasta la victoria sempre. Amen.

En une semaine d'octobre, An Post a réussi une audacieuse figure φl@télico-politico-religieuse qui a placé le timbre-poste dans les médias de très nombreux pays tout en satisfaisant les plus modestes des Irlandais. Et, trèfle à quatre feuilles sur le leprechaun, parvenir à respecter la logique des anniversaires commémoratifs.
Centenaire des révolutions russes... centenaire de l'insurrection de Pâques 1916... et un photographe irlandais (boutique d'An Post : épuisé).
Le jeudi cinq octobre, est émis un timbre d'un euro pour le cinquantenaire de l'assassinat du révolutionnaire communiste argentin - ou de la libération du monde d'un terroriste criminel de guerre cubain pour le lecteur bourgeois - Ernesto « Che » Guevara.

Effigie noire au visage blanc et étoile jaune, l'agence Red & Grey a mis en rouge la réinterprétation noir et blanc de 1968 par l'Irlandais Jim Fitzpatrick de la photographie icônique du Guerrier héroïque prise en 1960 par le Cubain Alberto Korda.

Pourquoi le Che commémoré sur un timbre d'Irlande se demandent journaux et participants de réseaux sociaux ?

Son arbre généalogique ayant des racines irlandaises ? Le fait qu'alors ministre cubain, il a passé une longue escale due au mauvais temps à l'aéroport de Dublin en 1964 ? La nationalité de l'artiste toujours aussi engagé et moderne (sur Twitter et Instagram) ? Souhait de participer à la thématique centenaire de la Révolution d'Octobre ? Neutralité politique d'An Post qui avait besoin d'un quota d'extrême-gauche ?

La citation attribuée au père d'Ernesto m'amuse davantage : « Dans les veines de mon fils coule le sang des rebelles irlandais ». Ce timbre serait donc une provocation envers l'envahisseur anglais :)

Le résultat fut immédiat : articles et débats donc publicité gratuite, d'où vente très rapides du tirage de cent vingt-deux mille timbres, avec nécessité d'un nouveau tirage pour servir les abonnés.

Mais alors quel timbre à message fort reste-t-il disponible pour les malheureux Irlandais arrivant trop tard dans leurs bureaux de poste ?
Une autre icône sous la forme d'une statue : photographie par un archevêque, mise en forme par un diacre (boutique d'An Post).
Le timbre Postcrossing bien sûr !

Ou depuis le jeudi douze, celui du centenaire des apparitions de la Vierge Marie à Fátima, au Portugal... La poste irlandaise est ouverte au monde ce mois-ci.

Marie, mère d'un autre révolutionnaire des relations entre Dieu et ses fidèles par la réinterprétation fort débattue alors de ses règles et dont le sacrifice a marqué des générations - ou une affabulatrice adultère dont le récit accaparé par l'Église permet de vendre de l'opium aux prolétaires depuis deux mille ans pour le lecteur « bouffeur de curé ».

C'est sûr que ce timbre permet davantage une réflexion lentement mûrie, la méditation, l'inspiration de simples et invisibles actions bénévoles de celles qui soulagent un peu le quotidien des autres...


... Reste à trouver comment, dans notre monde de corporations déshumanisantes poussant à la sur-consommation et aux dirigeants politiques susceptibles de causer des conflits meurtriers, parvenir à trouver comment le Che et la Vierge peuvent nous inspirer une durable réforme ni trop hâtive, mais ni trop lente des comportements de notre espèce sur la seule planète qui lui est disponible.

mercredi 4 octobre 2017

Demain, le 36e timbre Postcrossing sera irlandais

Demain, jeudi cinq octobre 2017, le trente-sixième timbre sur Postcrossing sera émis par la poste de la République d'Irlande, information signalée par le blog du site de correspondance en aveugle par cartes postales.
Des cartes timbrées circulant entre de jeunes gens (via le blog de Postcrossing).
Le dessin de Cathy Dineen illustre bien l'objectif de cette activité. Le tarif d'un euro et trente-cinq centimes correspond au tarif de la carte postale et de la lettre standard pour l'étranger (Grande-Bretagne, Europe comme reste du monde).

Pour que le timbre-poste ne soit pas qu'une collection neuve enfermée dans des albums, pour découvrir la philatélie d'autres pays et leurs oblitérations : participez !

Le Catalogue des timbres Postcrossing reste à jour sur la partie anglophone de ce blog.

samedi 21 janvier 2017

L'épidémie de timbres illustrés de distributeur s'étend toujours

Jusqu'en 2008, les timbres de distributeurs, ces étiquettes postales dont la valeur faciale ou d'usage est imprimée à la demande de l'expéditeur auprès d'un automate posé dans le bureau de poste, ont connu soit des tentatives vaines à partir des années 1980, soit une réussite durable mais avec, dans le cas français, une illustration pâlote jamais rénovée.

Dans le second cas, sont connus les postes allemandes, belges, espagnoles et allemandes, jusqu'à donner un petit nom à la machine et à l'objet philatélique : LISA en France. Dans le premier, la tentative abandonnée australienne a pourtant montré un intérêt durable des collectionneurs à Adelaide, révélé au monde philatélique en janvier 2016.

Un double foyer dans les îles britanniques
Mais, depuis que Royal Mail et Post Office Ltd ont adopté le système d'Intelligent AR au Royaume-Uni à l'automne 2008, il semble qu'une tâche d'huile s'est formé et s'étale petit à petit autour des Faststamps et des Post & Go. Les Britanniques ont pu ainsi faire le tour de la flore, de la faune, des navires,... de leurs îles.
Après les héros de l'insurrection de Pâques 1916, la nouvelle série de timbres de distributeurs (et aussi des guichets) : cent objets de l'histoire de l'Irlande (IrishStamps.ie).
Ainsi, dès 2010, An Post, la poste irlandaise, avait adopté son propre système en 2010 : SOAR pour Stamps On A Roll, la forme de stockage de ces vignettes : le rouleau.

Mais, en suivant le même nouveau principe : une partie libre pour imprimer les mentions postales, une large partie illustrée régulièrement renouvelée. Ce qui annonçait, écrivit alors un chroniqueur de Stamp Magazine, un nouveau type de programme philatélique que les non-collectionneurs peuvent découvrir au hasard de leur venue pressée au bureau de poste, encouragés qu'ils sont à utiliser les automates pour désengorger (rentabiliser) les guichets humains.
Pour les machines d'Intelligent AR (britanniques et déclinaisons), passez la souris sur "Kiosks" pour retrouver distributeurs, vignettes actuels et passés avec un peu de recherche (capture d'écran du samedi vingt-et-un janvier 2017).
Depuis, par utilité postale ou gain philatélique, plusieurs opérateurs postaux ont opté pour les distributeurs d'Intelligent AR que le site de cette entreprise permet de suivre la localisation. En février 2014 ce fut Jersey Post, un an après celle de Guernsey et en mai 2015 le Royal Gibraltar Post Office.

Au-delà de l'Empire désormais
Une des quatre illustrations des distributeurs espagnols, évoquant le tricentenaire de la poste espagnole (Intelligent AR).
Moins britannique et malgré ses vignettes illustrées depuis longtemps, la Correos espagnole teste une machine dans son bureau principal de Madrid depuis avril dernier, après une présentation au Salon philatélique de Madrid.
L'une des deux illustrations prévues par Post NL pour ses distributeurs IAR : l'inévitable tulipe (Intelligent AR).

La consultation de la liste de ses kiosks annoncent la mise en place de quatre distributeurs aux Pays-Bas à partir du lundi trente janvier prochain (exemple de celui promis pour Amersfoort), comme annoncé par PostNL le vingt-quatre novembre 2016.

N'oublions pas l'expérience qatari d'octobre 2015 - débuté par un salon international elle aussi - qui se poursuit, en fouillant bien le site d'Intelligent AR puisque les distributeurs QAxx ne sont pas dans le menu "Kiosks", mais sur cette page-ci.

En effet, les salons philatéliques sont le lieu de promotion des distributeurs Post & Go avec la complicité de Royal Mail qui fournit ses timbres avec mentions spéciales... et un brin d'agacement des collectionneurs britanniques : comment des timbres British peuvent-ils être vendus uniquement dans des pays où ils ne peuvent servir sur le courrier... Et découvrir que ces timbres expatriés ne sont pas toujours imprimés avec la même technique d'impression.

D'autres débats ont eu lieu, sur les blogs et les chroniques imprimées des marchands spécialisés des nouveautés britanniques : Post & Go avec mention spéciale musées militaires, musée postal à Londres, etc. Où cela s'arrêtera-t-il, se demandent les collectionneurs complétistes ?

Une collection spécialisée britannique s'étendant, de plus et naturellement, aux changements de typographie et dimensions des écritures selon les mises à jour logicielles, les changements annuels de tarifs et les accidents de fonctionnement.

Les Dominions se lancent en toute autonomie
Et, ces dernières semaines, le timbre illustré de distributeur semble plaire au-delà du modèle IAR/Royal Mail.
Les cinq premiers timbres de distributeurs de Postes Canada, en valeur permanente, la lettre intérieure de base (Postes Canada).
Le trente-et-un octobre 2016, Postes Canada tente l'expérience des Timbres Libre-Service, comme présenté dans son catalogue En détail de janvier-mars 2017, mais en précommande sur le magasin en ligne.

Les curieux de cette expérimentation liront les commentaires et témoignages des membres canadiens et canadophiles du forum StampBoards.com : trois lieux seulement équipés apparemment en décembre, mais accessibles à toute heure du jour et de la nuit, si vous payez par carte bancaire.

Les villes chanceuses : Edmonton en Alberta, Vancouver, la métropole de Colombie-Britannique, et Richmond Hill, dans la banlieue de Toronto, en Ontario.

Pour le moment, je n'ai pas lu d'information sur le fabricant du système.
L'image-annonce : l'écran de la machine postale et les quatre interprétations du triskélion présentés comme la nouvelle série d'usage courant - une approche toute irlandaise ? (Isle of Man Post Office).
Enfin, la poste de l'île de Man adopte les distributeurs de timbres à la demande à partir du prochain Stampex de Londres, le mercredi quinze février prochain. La série inaugurale est présentée comme d'usage courant et reprend quatre formes du symbole national aux trois jambes : deux visibles sur des bâtiments de l'île, deux interprétations artistiques.

Reste à savoir si le foyer de l'infection est, ici, d'origine britannique ou irlandaise...


Complément du dimanche vingt-deux janvier 2023 :
Le cinq janvier 2023, les quatre triskélion sont réémis sous forme de timbres-poste par la poste de l'île de Man à l'occasion du passage du monogramme de la défunte Reine Élisabeth II au monogramme de son fils, le Roi Charles III.

jeudi 22 septembre 2016

Disparition de Jacques Renollaud, spécialiste des relations franco-britanniques

Par un triste mail, le président du Club philatélique franco-britannique, Robert Marion, annonce la disparition de Jacques Renollaud, samedi dix-sept septembre dernier, à l'âge de quatre-vingt-dix ans.

Ancien président du Club et de l'Irish Philatelic Circle, l'académicien européen vendéen s'est illustré dans l'étude des relations postales franco-britanniques jusqu'en 1855 et irlando-britanniques avant les années 1920. Dans Britannica, la revue du Club franco-britannique, il tenait une chronique des nouveautés de la saga Machin.

Un des doyens de la philatélie, il participait encore à Europhilex 2015 à Londres et au World Stamp Show de New York le printemps dernier grâce à son catalogue des lettres de prisonniers de guerre français en Angleterre entre 1744 et 1815, auto-édité et disponible via le Club. Vous pouvez lire, sur le site du Club philatélique brainois, le résumé de la collection proposée par M. Renollaud au sein d'une exposition d'académiciens européens pour Braphil'15, lors du bicentenaire de la bataille de Waterloo.

dimanche 17 avril 2016

Semaines #2016.14-15 ici et ailleurs

Vendredi huit avril sur SebPhilately : mode d'emploi du sans pho chez News du Phospho
Expliqué en anglais l'importance de la communication de deux experts et de deux philatélistes définissant ce qu'est une variété de bandes phosphorescente sur timbres de France.

Et le treize avril, une première leçon de détection des rémanences d'Olivier Gervais sur son blog complète l'offensive pédagogique sur cette spécialité.

Mardi douze avril sur RTÉ : le documentaire sur le GPO de Dublin continue
L'article du mercredi vingt-trois mars est complété à chaque nouvel épisode de la vie au sein du bâtiment du Bureau central de Dublin, simultanément bureau de poste, siège social de l'opérateur irlandais, musée postal et, désormais, mémorial de l'Insurrection de 1916.

Dans le quatrième épisode du douze avril, c'est l'Avent.

Vendredi quinze avril chez votre marchand de journaux : deuxième volume du Dessous des timbres
En à peine quatre mois, Gauthier Toulemonde publie un nouveau hors-série philatélico-géopolitique sur « L'incroyable présence de la France dans le monde », de la frontière avec la Suisse jusqu'aux concessions en Chine, en passant par le type Mouchon d'Éthiopie et des îlots et îles variés.

Le vendredi premier juillet 2016 : plus de folie à Adelaide
Dans le numéro 340, période mai-juin 2016, Australia Post annonce la retraite du distributeur de timbres imprimant la valeur à la demande et qui connaît une célébrité inattendue depuis l'émission d'urgence de janvier dernier. Pourtant, cela faisait de nombreuses années qu'elle vivotait d'émission originale pour faire plaisir aux philatélistes d'Australie-Méridionale.

Punition de la direction régionale suite à la spéculation toujours en cours ? Épuisement du stock de rouleaux aux animaux ?

Sur StampBoards.com, sont attendues impatiemment les cotes que les catalogues vont proposer pour ces timbres, leurs types et multiples variétés.

mercredi 30 mars 2016

Le GPO de Dublin, musée postal et reconstitution historique de l'Insurrection de 1916

Le troisième épisode du documentation Inside the GPO de la Radio-Télévision d'Irlande, sur les coulisses, la vie et la place du bureau central de Dublin, a été diffusé hier, mardi vingt-neuf mars 2016 : mon résumé par ici et la vidéo reste visible un mois sur le site de RTÉ.
Logotype de An Post, opérateur postal public et héritier de l'administration postale de la République d'Irlande.
Au cours des épisodes, sont filmés les travaux d'une nouvelle attraction touristique, Witness History (soyez témoin de l'histoire), en lien avec le centenaire de l'Insurrection de Pâques 1916, qui complète le An Post Museum, le musée postal et les archives de la poste irlandaise, logés dans le même bâtiment qui est également le siège social de l'opérateur public.

Le GPO, un lieu à voir lors d'un séjour en Irlande.

mercredi 23 mars 2016

Enthousiaste visite de la Poste centrale de Dublin sur RTÉ

Article régulièrement mis à jour après la diffusion de chaque épisode.

Visible jusqu'à mi-avril, la Radio-Télévision d'Irlande propose un documentaire sur la Poste centrale de Dublin, ses employés, ses clients et son fonctionnement actuel, sur le site du quartier-général des insurgés de Pâques 1916 qui proclamèrent l'indépendance de l'Irlande.
Logotype de la RTÉ.
Détruit au cours des événements, seule la façade et les sous-sols sont d'origine, de la construction entre 1814 et janvier 1818.

Dans les deux épisodes diffusés le mardi quinze mars, la vie quotidienne du bureau, avec les clients les plus colorful, de son service téléphonique jusqu'à la surveillance de nuit.

Au cours de ceux diffusés le mardi vingt-deux mars, beaucoup de surprises artistiques sont à l'affiche avec les concerts dans le hall du bureau et les portes ouvertes nocturnes, une réunion de Postcrossers et retrouver un colis contenant de la semence de porc... D'excellentes excuses pour parler de correspondance, de timbres-poste et de colis. Mais sans oublier d'évoquer les difficultés de notre époque.

L'épisode du mardi vingt-neuf mars, à l'approche de Noël et du centenaire, montre l'importance du GPO dans la vie dublinoise : lieu de rassemblement des grandes manifestations, emplacement de distribution de repas chauds et de vêtements d'hiver aux sans-abris par une association, la banque la plus accessible pour un père réfugié qui souhaite épargner pour l'avenir de ses enfants. Tandis que dans l'arrière-boutique, deux employés partent à la recherche de l'Enfant Jésus pour les décorations de Noël et qu'un autre est nargué par un pigeon... Enfin, les travaux du musée, entrevus dans le second épisode, avancent avec les visites des danseurs pour le spectacle du centenaire de l'insurrection.

Noël approche dans le quatrième épisode du mardi douze avril. Numéro de danse aérienne sur les colonnes de la façade, organisation du secrétariat de Santa pour s'assurer que les réponses parviendront aux enfants avant Noël, illustrations festives sur les timbres de distributeurs et multiplication des lettres et des colis. Tout cela sur fond de musique et de chants dans le hall et de chorales caricatives sous le porche. Après un moment sur un rare problème de vol et la toute dernière cliente avant que le bureau ferme, c'est l'arrivée de Santa au GPO !

Il est beaucoup question de chantier dans le cinquième épisode du mardi dix-neuf avril : les rénovations permanentes de la façade historique, le grutier du chantier du futur centre historique qui profite d'une vue magnifique sur Dublin et le mystère de « la petite maison sur le toit du Post Office ». À l'intérieur, l'émission des seize timbres du centenaire progresse avec la consultation des descendants des timbrifiés et le prêt de photographies que Zinc Design met en forme (exemple du timbre des frères Malone : l'un mort en 1915 dans l'armée à Ypres, l'autre tué en 1916 à Mount Street Bridge face à l'armée britannique). Enfin, une mère tanzanienne, vue précédemment, revient pour poster un ordinateur portable pour pouvoir communiquer avec sa fille, dont l'âge ne permet pas de quitter la France pour rejoindre sa famille en Irlande.

Dernier épisode le mardi vingt-six avril avec l'ouverture du GPO Witness History : après deux ans de travaux, les œuvres des artistes sont en place, notamment celle pour les quarante enfants morts pendant les combats de Pâques 1916. Un exemplaire original de la proclamation de la République du vingt-quatre avril 1916 est amené dans le musée tandis qu'à l'extérieur, les groupes d'élèves et de touristes découvrent avec leur enseignant ou leur guide l'histoire et les symboles du monument. Avec un débat : les trous dans les colonnes sont-ils les dégâts des tirs ?

Cette série documentaire fait partie des programmes de la RTÉ pour le centenaire de l'indépendance.

Les liens vers le musée postal et la nouvelle attraction historiques montrés dans le documentaire : par ici.

lundi 23 novembre 2015

Marronnier de zinc saucé au cuivre

... ou d'acier saucé pour la recette britannique qui a influé sur la recette €uropéenne.

Le marronnier journalistique de l'élimination de la plus petite pièce de monnaie en usage dans le pays revient régulièrement comme hier soir, dimanche vingt-deux novembre 2015, contre le centime de dollar des États-Unis dans l'émission humoristico-intelloremuante Last Week Tonight présentée sur HBO par John Oliver.
Capture d'écran : l'émission poste le monologue thématique de l'émission sur youTube (HBO est une chaîne à péage).
Tel un marteau-pilon qui frappe incessamment jusqu'à ce que l'empreinte ait marqué, une émission de plus a expliqué au public pourquoi il faut cesser la frappe courante de la pièce de one cent à l'effigie du président Abraham Lincoln.

Les arguments sont les mêmes que pour les pièces d'un et deux centimes d'euro, jamais émise par la Finlande en 2002, et cessée rapidement par les Pays-Bas et la Belgique, et désormais l'Irlande. Dès l'émission de l'euro fiduciaire, les deux premiers et, ces deux dernières années pour les deux derniers, le montant total payé en billets et monnaie est arrondi au multiple de cinq le plus proche.

Le coût de production de la pièce est supérieure à sa valeur faciale ; certes, mais ça reste de la valeur marchande... Non pour les citoyens remontrés par John Oliver à partir de deux exemples de reportages-marronniers des chaînes locales : le reporter jette des cents par terre dans la rue et... PERSONNE ne les ramasse, voire affirme un refus.

Dans un sondage, en 2002, Gallup se vit répondre par deux pour cents des sondés qu'ils jetaient les pennies à la poubelle... Émission satirique oblige, d'autres exemples d'usage volontaire ou pas sont présentés : [auto-censure, pas si prêt du petit-déjeuner ou du dîner selon votre fuseau horaire], étudiant payant en pennies onze mille dollars d'amende pour mauvais stationnement dans son campus et un toutou qui a englouti une centaine thésaurisés en bocal par son maître.

Après l'annonce irlandaise, le buzz médiatique a repris en France entre interrogation dans le vide (Fortuneo qui rappelle que le Parlement n'a pas été saisi par le gouvernement) et avertissement au lecteur : vos centimes d'euro valent de l'or... C'est connu que les spéculateurs de monnaie monégasque, capable de créer une remuade en pleine principauté, vous ont laissé un centime de Monaco sans trace d'usure dans le porte-monnaie.

Les craintes sont des fantasmes tant que l'unité retirée est minime face aux aléas économiques qui influent sur les prix, comme le rappellent l'histoire du retrait de la pièce d'un demi-penny au Royaume-Uni en 1984. En un an, le taux d'inflation de cinq pour cent monte à six puis revient à la situation antérieure.

Aux États-Unis, reste deux points que les €uropéens n'auront pas avec les centimes d'euro : le premier est la crainte d'effacer la mémoire d'Abraham Lincoln, la figure de l'abolition de l'esclavage dans l'esprit collectif. Oliver de conclure : mais Lincoln est partout ! Sur une montagne et le billet de cinq dollars, cinq cents fois plus que le penny!

Le second est le lobbying d'une entreprise de zinc qui fournit les disques de base... Oliver liste l'ensemble des filiales du groupe, prouvant qu'elle peut développer d'autres secteurs zingueux dont les bijoux-fantaisie.

Je n'ai rien trouvé sur l'envie de retrait du penny britannique, sauf une banque qui propose gracieusement un service fort utile : la Magic Money Machine de Metro Bank compte votre monnaie et vous repartez avec de légers billets de banque.

Vu le contexte français, nulle abolition à venir : allez disperser vos centimes là où ils sont bienvenus, comme le marché du village et du quartier, le pharmacien, etc. ou dévisser les vis de blocage de certains appareils électro-ménagers, garder à l'heure les pendules d'antan.

mardi 25 août 2015

Adieu au demi-penny en pièces et timbres

En mai dernier, lors de l'exposition européenne London 2015, j'ai acheté deux souvenirs numismatiques à prix bradés, une livre sterling chacun.

Si le premier, présenté jeudi dernier, respecte peu les pièces de monnaie collées à même le support ; le second maltraite les timbres et met en valeur les pièces.
Face avant du souvenir Farewell to the Half Pence.
L'origine, si elle est connue, ne se trouvera pas sur l'objet anonyme, ni même sur la page Sets du site Jersey Coins and Banknotes de H.K. Frears, spécialisé dans les moyens de paiement de Jersey.

Est marquée la disparition de la pièce d'un demi-penny décimal, en bronze, apparue en 1971, frappée pour la dernière fois en 1984 et démonétisée à la fin de cette même année.

Trouver des pièces en assez bon état ne devait pas être difficile, j'imagine : échange une plus grosse pièce contre des rouleaux de demi-pence.

On s'interrogera sur le choix des territoires : Grande-Bretagne et Irlande normal - même si la pièce irlandaise survivra jusqu'en décembre 1986.

Les Dépendances de la Couronne pas trop difficile de s'y rendre ou à leur représentation londonienne... Mais pourquoi les îles Falkland ? Et pas Gibraltar bien plus proche ? Parce que le Rocher ne frappe ses propres pièces que depuis 1988 et n'a connu que les demi-pence britanniques.

Oublions les territoires d'outre-mer britanniques des Antilles dont l'histoire monétaire est dans la complexité du système métallique des Amériques, multiplié par le nombre des territoires et des choix possibles, à lire la page de la Wikipédia en anglais sur le dollar des Indes occidentales britanniques.

Face arrière - et elizabethaine - du souvenir.
Les millésimes des pièces est au bonheur la chance depuis 1971 pour Guernsey à 1982 pour le Royaume-Uni, en passant par 1977 Man et un trio de 1980. L'exemplaire de Frears possède une pièce de Jersey de 1981.

Les timbres sont identiques et paraissent être les derniers d'usage courant à cette valeur, aussi aisés à se procurer en quantité, sauf pour les îles Falkland.

Le Machin est celui de 1971 (le prédécimal de 1968 était orange-brun ou brun-orange, j'ai du mal avec les sous-nuances), il faut étudier le papier et sa phosphorescence pour préciser le tirage. Pour les Dépendances, de 1978 à 1981, dans des thèmes locaux : paysages à Man, anciennes monnaies à Guernsey et blasons familiaux à Jersey.

Pour l'Irlande, c'est l'émission des animaux stylisés de 1968-1969 qui a été choisi, mais pas la réémission pour la décimalisation 1971 en bleu et sans le « p » qui aurait été plus logique. Il se peut que le stock du pré-décimal ait été plus important chez les marchands, surtout que la série architecture de 1982 ne comprend plus cette valeur.

Le carton avec surface simili-cuir est épais et solide, la pochette en plastique visiblement efficace. eBay interdit de lire depuis la France plusieurs annonces britanniques de ce souvenir (?!) dont les pièces sont toujours décrites comme n'ayant pas circulé. Néanmoins, un exemplaire australien est proposé à un peu moins de treize dollars locaux, soit environ huit euros.

À savoir si des collectionneurs ou des marchands européens ont pensé à créer ce genre d'objets pour le passage des monnaies nationales à l'euro - ou se sont contentés de spéculer sur les souvenirs timbro-monétaires des postes et monnaies nationales ?

vendredi 25 avril 2014

Cindirellas pour anglicistes en apprentissage

À quoi sert le timbre ? Nouvel épisode (rappel) en jouant du hasard des lectures non philatéliques.

Dans son numéro 72, daté février-mars 2014, le magazine français English Now a proposé pas mal d'outils postaux et philatéliques aux jeunes anglicistes qui veulent envoyer du courrier pendant leurs voyages outre-Manche.

Dans les actualités, deux timbres de Nouvelle-Zélande permettent d'illustrer le lien entre la reine Elizabeth II et les royaumes du Commonweath, et d'illustrer ce lien par la vitesse d'émission des timbres pour la naissance du prince George.

Une double page explique comment remplir un courrier posté au Royaume-Uni, avec vignette imaginaire à la clé.
(English Now n°72, février-mars 2014, page 12)
Comment remplir l'adresse sur une carte postale, en suivant le mode états-unien, a droit à une vignette inspirée d'un profil royal évoquant le type Machin. Une livre sterling est simple à dessiner - nul besoin de commander une typographie adaptée à Jeffery Matthews - et conforme à la réalité puisque la carte postale de moins de dix grammes vers le monde par avion coûte quatre-vingt-dix-sept pennies à expédier.

(English Now n°72, février-mars 2014, page 13)
 Pour l'enveloppe, ce sont les adresses britanniques qui sont détaillées, avec un timbre que l'ancien maître des postes crypto-républicain Tony Benn aurait adoré et sûrement commandé à David Gentleman : le profil et le nom complet du pays, et non celui de sa souveraine.

Quelques points de vocabulaire anglais sont précisés : deux mots pour colis selon que vous êtes en Europe (parcel) ou en Amérique du Nord (package) ; que signifient snail mail, P.O. Box et c/o (s/c en français).

Dans la partie exercices, Saint-Valentin le 14 février et Saint-Patrick le 17 mars obligent, l'apprenant est invité à compléter une adresse sur une carte accrochée à un bouquet et une enveloppe à timbre-trèfle en cents et sans mention de pays.

Ailleurs dans ce numéro de cinquante-deux pages : les repas traditionnels britanniques, une recette de porridge, conversation chez le dentiste, et beaucoup d'autres choses.

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En plus, le numéro suivant, actuellement en vente en avril et mai, vous aide à dialoguer au bureau de poste.

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