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dimanche 21 septembre 2025

Le 22 septembre 2025, la République française reconnaît la Palestine comme État

Pour ceux souhaitant que l'accumulation organisée de timbres et l'étude du service postal reste un loisir et veulent collectionner en paix, veuillez passer à un autre article.


 Demain, lundi vingt-deux septembre 2025, la République française par l'intermédiaire de son président Emmanuel Macron reconnaîtra l'État de Palestine dans le cadre de la quatre-vingtième Assemblée générale des Nations unies, au siège de l'organisation à New York.

Cette semaine à venir, l'Assemblée générale entre dans sa « Semaine de haut niveau », comprendre en présence des chefs d'État et de gouvernements pour tenter de conclure des négociations dans des domaines multiples (guerre et paix, santé et éducation, environnement, etc.) préparées par les ministres, ambassadeurs et autres représentants des États membres au quotidien des relations diplomatiques.


Dès les années 1980, quand les États arabes voisins d'Israël et des Territoires occupés, et accueillant encore aujourd'hui des camps de réfugiés palestiniens, ont cessé la guerre contre leur nouveau riverain, l'Organisation de libération de la Palestine (O.L.P.), dirigée par Yasser Arafat, avait pris le relai, mêlant terrorisme, militantisme populaire et diplomatie.

Le quinze novembre 1988, à Alger, le Conseil national palestinien avait déclaré l'indépendance de la Palestine. À cette époque, les pays du Bloc communiste, la majorité de ceux d'Asie et d'Afrique avaient reconnu immédiatement le nouvel État, suivis dans les années 2010 par l'Amérique latine, sortie des dictatures militaires.

Si les évolutions politiques et électorales, voire la crainte des dirigeants actuels des États-Unis, ont fait varier le vote à l'Assemblée générale des Nations unies des pays d'Europe de l'Est et d'Amérique du Sud, la colonisation violente acceptée par l'État de la Cisjordanie et le règlement du cas du Hamas par l'anéantissement matériel et humain de la bande de Gaza décidés par le gouvernement israélien  depuis les massacres dans le sud d'Israël du sept au neuf octobre 2023 entraînent une mobilisation d'une partie des opinions publiques et de gouvernants dans le monde.

N'ayant pas oublié la colonisation britannique pour l'Irlande et la dictature franquiste pour l'Espagne, des habitants et dirigeants de ces deux pays rappellent que, depuis 1945, l'extermination tous azimuts des civils pour éliminer une menace précise n'est pas acceptable.

Bloc de timbres en l'honneur de Jacques Chirac, émis par la poste de l'Autorité palestinienne, en février 2005 (via le site zobbel.de).

Évidemment, en plaçant la loupe sur les agitations médiatiques de chaque pays, les morts, prise d'otages et souffrances des civils israéliens, touristes et travailleurs migrants en octobre 2023, et celles des générations successives de Palestiniens de 1948 aux morts et souffrances actuelles, sont caricaturées entre politiciens et éditorialistes en vue des élections suivantes.

Non, les guerres civiles du Soudan et de l'est du Congo ne sont pas oubliées (dont les actions en douce des Émirats arabes unis - ah, le rôle des influenceurs fric et fashion à Dubaï - et du Rwanda), ni le fait que les putschistes sahéliens préfèrent lutter seuls contre les groupes djihadistes (en ajoutant les exactions des mercenaires russes pour leurs concitoyens ou pour cacher d'autres raisons ?). L'hebdomadaire The Continent ou les chaînes internationales (comme RFI) le montrent à chaque article et reportage.

Sans compter les philosophes français d'opérette qui estiment que tout Gazaoui est un membre du Hamas ayant mérité son sort... L'influence du groupe islamiste (comme celle des mesquineries contagieuses de Donald Trump) peut rappeler l'importance du Parti nazi et la passivité-profitabilité de la majorité des Allemands des années 1930.

Mais, depuis 1945, on aurait pu espérer que l'Israël du vingt-et-unième siècle avait les moyens de renseignement (Pegasus ?), technologiques et logistiques (bipeurs au plastic ?) pour éliminer les chefs et relais principaux de ce groupe sans avoir à réinventer les ghetto nazis ou le gouvernorat général de Varsovie.

Ah, les drapeaux nationaux, leur symbolique,... Mais, oh ! C'est quoi cet ordre des couleurs !
Timbre des États-Unis pour le bicentenaire de la Révolution français (via Mystic Stamp).

Une fois dépassées les comparaisons avec d'autres conflits (pour lesquels les bonnes volontés de l'Union africaine et des puissances régionales s'épuisent comme celles des pays européens face à la guerre en Ukraine), le dernier « doigt du sage » en France est le débat absolument vital pour les Gazaouis, Palestiniens et Israéliens, la paix dans le monde, et le passage de nos âmes au Paradis :


Puisque le chef de l'État reconnaît un nouvel État,
les élus ont-ils le droit de pavoiser les hôtels de ville du drapeau dudit État ?
Voire de quel n'importe quel drapeau étranger ?


Entre symbole de solidarité et d'appel au public pour les uns, croyance qu'un bout de chiffon n'a aucune influence sur les événements pour d'autres, ou, au contraire pour certains, fantasme d'islamisation des esprits de montrer un drapeau étranger sur un bâtiment républicain...

En France, depuis le Onze-Septembre 2001, avons-nous dans les émotions des grandes tragédies trop abusé de slogans faciles et de mots-dièses au lieu de réflexions et d'actions concrètes pour aider immédiatement et assurer un mailleur avenir : « Nous sommes tous Américains » ne justifie pas l'invasion de l'Irak en 2003 ayant ouvert grand la porte à Daesh, le « Je suis Charlie » de la liberté d'expression en 2015 mais pas jusqu'à soutenir l'intolérance (non, Voltaire ne le croyait pas non plus),...

Et donc, au lieu de s'enquérir des civils victimes en 2003, pourquoi leur gouvernement n'était pas prêt, pourquoi des Gazouis ont célébré ; au lieu de cibler des meneurs-clés et des membres convaincus plutôt que frapper aux missiles en zone urbaine,... chamaillons-nous sur les drapeaux au fronton des mairies (Ukraine, Israël, Palestine, des Fiertés, de la région d'identité reprise de l'Ancien Régime, etc.).

Les mêmes commentent déjà le manque de francité des binationaux ou biculturels montrant des drapeaux étrangers dans les stades, les cortèges de mariage, les manifestations... Et toujours contre les mêmes pays partageant les couleurs panarabes.


De mon petit et insignifiant coin philatélique, je propose d'afficher ou projeter le portrait de Jacques Chirac (1932-2019) sur fond de drapeau palestinien, mis en timbre par la poste de l'Autorité palestinienne, émis en février 2025, dans le cadre de la série « Les Amis de la paix ».

Le vingt-deux octobre 1996, en imposant qu'il visite la vieille ville de Jérusalem, le président de la République française avait vertement rappelé à l'ordre les services de protection israélien qui empêchaient avec brusquerie les habitants palestiniens de pouvoir s'approcher. Déjà Netanyahou au pouvoir.


Tous les problèmes du monde sont anciens, les solutions idéales sûrement des fantasmes de jeunes écolo-gauchistes-woke - expressions rappelant l'accusation de « judéo-bolchévisme » d'antan.

Les solutions actuelles une relance de la barbarie humaine pour plusieurs décennies. Et je ne parle pas seulement de Gaza, du Soudan, de Goma, mais aussi du professionnalisme pantouflards je-retourne-ma-veste des politiciens jusqu'à ce que la sagesse ou l'inhumanité les touche, et donc des inégalités à toutes les échelles, et du changement climatique face à des capitalistes bourgeois aveuglés et aveuglants.



dimanche 29 octobre 2023

Soutien philatélique à Gaza en Jordanie

 Ce vendredi vingt-sept octobre 2023, la Société philatélique et numismatique jordanienne tenait une vente aux enchères de bienfaisance : ses bénéfices contribueront au soutien de la population civile de Gaza, victime actuellement d'une violente opération militaire israélienne en représailles des barbares massacres de civils commis par les combattants du Hamas dans plusieurs localités d'Israël, le samedi sept octobre dernier.

Timbre de Jordanie de 1991, surchargé en soutien à la résilience de Gaza en octobre 2023 (page Facebook de la Société).

La vente était accompagnée par Jordan Post, l'opérateur public jordanien, qui a réémis avec surcharge deux timbres-poste et proposés une oblitération premier jour tricolore palestinienne au slogan "Gaza Resilience 2023".

Le timbre de 1991 illustrait la (première) intifada (soulèvement, résistance en arabe) de 1987 au début des années 1990, dont l'image médiatique fut des jeunes enfants et adolescents des Territoires occupés lançant des pierres vers les soldats et les chars de Tsahal, l'armée israélienne.

Si une colombe semble espérer la paix, la nécessité de la violence populaire pour l'obtenir et la carte d'une Palestine unie donne la direction espérée par le pouvoir jordanien de l'époque.

Timbre de Jordanie de 2003, surchargé en soutien à la résilience de Gaza en octobre 2023 (page Facebook de la Société).

Le second timbre de 2003 représente l'arc de triomphe dédié à l'empereur romain Hadrien, un vestige du site de Gérasa, à Jaresh, au nord de la Jordanie.

Pourquoi ce timbre ? Seulement mes suppositions : largement disponible en stock, le symbole du triomphe, le rappel de la tolérance jordanienne contre l'intolérance d'autres acteurs : Daech avait détruit nombre vestiges et statues à Palmyre, en Syrie. La première émission de Jordan Post de 2024 sera consacrée d'ailleurs à « la coexistence interconfessionnelle en Jordanie »...

... après de nombreuses images troublantes à Jérusalem (crachats de juifs orthodoxes sur des pèlerins chrétiens) et en Cisjordanie (de plus en plus fréquentes confiscations de propriétés palestiniennes par des citoyens israéliens), et les horreurs commises par le Hamas d'une part et aveuglément par les gouvernements de Benyamin Netanyahou d'autre part.

Il ne faut pas omettre dans ce geste l'hypothèse de la politique intérieure jordanienne : présence des réfugiés palestiniens et leurs descendants dans le pays, une opinion publique appelant à la remise en cause du traité de paix avec Israël de 1994 - alors que celui-ci garantit une quantité d'eau du Jourdain à la Jordanie -, etc.


Sources :
- page Facebook de la Société philatélique et numismatique jordanienne par ici,
- page de Jordan Post sur Facebook par là.
Sur Twitter, @mfgahtany, membre de la Société philatélique saoudienne, permet de suivre nouvelles émissions de timbres autant que les événements philatélique des pays arabes et d'Asie.

mardi 2 novembre 2021

Dans le monde de la libéralisation postale : où est l'espoir ?

 Depuis les années 1970-1980, le libéralisme anti-Étatique fondé sur libéralisation et déréglementation des services essentiels (eau, énergie, communication, etc.) pour les rendre rentables aux yeux d'actionnaires privés est à la mode... et résumable en un principe simple : « Privatiser les gains, nationaliser les pertes » qu'elles soient économiques ou sociales.

Car l'actualité apporte régulièrement les conséquences parfois positive, souvent critiquable de cette voie dans les secteurs des postes et transport de colis, peuplés d'entreprises-mères et de filiales publiques et privées aux comportements qui m'interrogent et m'inquiètent de plus en plus.


Côté philatélie - commençons par le plus futile mais le diable ne se cache-t-il pas dans les détails ?

L'auteur du blog Israel Stamps Review (@Stamps_Israel sur Twitter) se proposait, ces dernières années, de présenter les nouvelles émissions de timbres israéliens et d'en critiquer l'art. Ce dimanche trente octobre 2021, il annonce cesser de collectionner ces nouveautés.

Comme beaucoup de postes qui se pensent modernes, donc ultra-profitables, la poste de ce pays a considéré la philatélie comme une coûteuse vache à lait. Les lecteurs français se souviennent sûrement de la période pré-Livchitz de Φlaposte : forte incitation à s'abonner ou commander uniquement par correspondance, disponibilité décrue des timbres commémoratifs dans les bureaux.

Imaginez cela en pire : pas de calendrier annuel ou semestriel des émissions, qui sont annoncées du matin pour le jour même, timbres non disponibles dans les bureaux... Et, étonnement, pas même au bureau principal de Jérusalem. Rappelons que l'extrême est britannique où la Royal Mail privée émet les timbres vendus dans les bureaux d'une entreprise publique qui doit être rentable, le Post Office...[1] Bon courage pour trouver des timbres illustrés de feuille.

Des conclusions me viennent. D'abord, que ceux qui ne jurent que par la valeur-rareté en philatélie lâcheront φl@πoste... dans le sens du verbe « lâcher » qui leur plaira >:)

Soit abandonner la collection des nouveaux timbres de France pour se jeter sur ce genre de pays et en collectionner les premiers jours d'utilisation commerciale. En effet, comment un collectionneur peut-il confectionner des premiers jours à ses correspondants, des cartes-maximums pour son plaisir dans de telles conditions ? Grande rareté annoncée.

Soit feront du tri dans leurs achats français, les réaliseront avec un plaisir renouvelé et multiplieront les correspondances écrites bellement affranchies en se disant que l'actuel directeur du service philatélique a réussi à remettre les timbres dans une partie des bureaux dans le contexte, que je comprend ultralibéral, du groupe.


Ces élans de rentabilité sur philatélie, plutôt contre-productifs, alors que plusieurs parties du vaste monde montrent que la philatélie est loin d'être morte : depuis les postes des continents du Sud qui promeuvent services postaux et timbres-poste grâce au fait que la population a davantage accès aux réseaux sociaux qu'elles alimentent abondamment (le Guatemala n'est qu'un exemple) qu'aux publicités possibles dans la presse imprimée et à la télévision.

Jusqu'aux collectionneurs chinois et de la Péninsule arabique qui organisent rencontres et salons jusque dans les centres commerciaux des émirats, au plus près du public donc, suivis par les postes régionales et les médias. Et au-delà les Américains de Mi Oficina toujours à proposer leurs vastes connaissances et collections sur YouTube.

À Sharjah, la semaine dernière, outre donc aux passants des commerces alentours, une exposition a fait connaître le loisirs auprès du public émirati à la télévision, et la poste d'Oman a profité d'une collection médaillée pour interviewer un collectionneur spécialisé dans ce pays.

Certes, la France dans la communication philatélique n'est pas un désert. Mais plusieurs postes et services philatéliques européens gagneraient à trouver inspirations au loin. Dernièrement, j'ai découvert qu'en Irlande et au Japon, quelques postiers tiennent au nom de leur bureau local un compte sur les réseaux sociaux pour s'inclure dans la vie du bourg ou du quartier, tel celui de Newbridge rappelant son histoire et son évolution (colis...), à une quarantaine de kilomètres de Dublin.


Par contre, en France, profitons du courrier qu'on peut encore envoyer et recevoir car je jurerais que des cadres postaux le considèrent comme une activité détestable, comprendre non rentable et pour laquelle il faut embaucher soi-même.

Certes, il y a eu, cet été, des articles annonçant la subvention complémentaire de l'État pour assurer le service universel sur tout le territoire national : et oui, quand on libéralise un service public, ce n'est plus vous le client, c'est l'État. Voyez du côté du chemin de fer quand la Société nationale des chemins de fer a fait comprendre à l'État que plus de trains interégionaux ou de nuit supposaient plus de subventions du client qui les demande...

La semaine dernières, des postiers syndiqués du centre de distribution de Montpellier-Rondelet ont alerté la presse locale de la dégradation à venir du service courrier pour les destinataires. Encore une fois hélas.

Alertes publiées dans Métropolitain le vingt-huit et Midi libre le trente-et-un octobre dernier : le logiciel de calcul de la durée des tournées de facteurs fait encore des siennes : à la prochaine réorganisation des tournées, il considèrera le facteur prêt à partir trente minutes après le début du tri...[3] qui prend au moins une heure et plus ! Un recommandé ne doit pas prendre plus de dix secondes à être délivré au lieu d'une minute trente depuis 2019... N'attendez plus chez vous la livraison d'un recommandé !

L'intelligence artificielle étant une technologie en construction et très coûteuse, j'imagine d'où proviennent les idées saugrenues qui anime le logiciel de tournées... Sachant qu'à ma connaissance, La Poste n'a pas répondu à ces articles à ce jour.

Yaka, faux con, m'accusera-t-on d'être. Peut-être. Il est vrai qu'un destinataire peut ouvrir un compte sur le site ou l'application de La Poste et, dès qu'il a connaissance du code de suivi, rediriger le colis ou le recommandé vers un bureau ou un point-relais à sa convenance. C'est une conséquence pratique de la libéralisation : au client de se prendre en main et, de là, sauver un peu la forme du facteur qu'on presse.

Mais, je me demande : pourquoi les facteurs-courrier, dont le président de La Poste prétend, dans les émissions de radio, être fier de les voir si nombreux six jours sur sept sur toutes les routes de France, n'ont-ils pas la charge d'une partie des colis, parmi les moins volumineux ? À faire la promotion avec la complicité d'élus locaux de véhicules aux formes de gadgets autonomes ou légers électriques pour la ville (ici en 2021, mais Montpellier est un petit laboratoire : rappel 1 et 2) , pourquoi ne pas s'en servir et revoir le périmètre de partage entre facteurs-courrier et facteurs-colis dans les zones urbaines ?

Au lieu de cela, tous les six mois, à chaque réorganisation des tournées, la presse locale évoque les mouvements de grève et d'angoisse des postiers dans les bureaux de distribution sans que les journalistes - aussi pressurés par leurs actionnaires - n'osent d'enquêtes nationales. Et les postiers titulaires espèrent partir avec indemnités et les contractuels espèrent des contrats de titulaires... Ça ressemble aux primes de départ volontaire chez Amaz... Oups.


Excusez-moi, enquête nationale il y a eu, ça a fait mal : Noël 2015 et Envoyé spécial...

Et puis non, rien, pas de suite. Les consommateurs-électeurs occidentaux s'en foutent : tant que le colis part et arrive, peu importe l'entreprise qui a la charge du transport et la souffrance de ses employés au milieu.

Aux États-Unis, le dernier été de la présidence Trump, en 2020, il aura fallu que la direction de la poste états-unienne retira des boîtes aux lettres des rues des centres-villes, des lotissements et des hameaux pour que le public réalisa ce que l'administration républicaine entendait par rendre rentable la poste. Choc chez les ruraux, pour lesquels mêmes les courses du quotidien sont sous-traitées par les grands groupes à l'United States Postal Service, entreprise odieusement publique, mais la seule acceptant de livrer à perte dans ces lieux à l'écart.

À Paris, Gurvan Kristanadjaja, journaliste de Libération connu pour ses enquêtes sur les travailleurs sans-papiers, a suivi le vingt-cinq octobre une manifestation de livreurs de supermarchés.

Nouvelle publiée par le journaliste Gurvan Kristanadjaja sur Twitter, le vingt-cinq octobre 2021.

Une chaîne de supermarchés vous promet la livraison de vos courses, activité qui est sous-traitée quatre fois, nous apprend-t-il.

Je comprend pour la première : le supermarché - lieu de stock et d'encaissement - préfère déléguer à une entreprise spécialiste de la livraison sur demande et, en effet, comment prévoir chaque jour le nombre de clients demandeurs, le volume des livraisons, leur géographie, avec des produits périssables et des horaires à caler.

Mais, pourquoi sous-traiter des livraison à domicile au « service de livraison de colis en relais et consignes n°1 en France de @DPDgroup_news, le réseau international du @GroupeLaPoste » ? Soyons ouvert d'esprit à la division parisienne du travail : si le premier sous-traitant a les compétences de gestion, ce second aura alors les véhicules et les livreurs...

Même pas ! Ce réseau, filiale du Groupe La Poste, sous-traite aux petites entreprises qui ont les numéros de téléphone de livreurs auto-entrepreneurs (ou micro-entrepreneurs dans le vocabulaire officiel actuel)... Un statut sarkozien de 2008 qui fait porter beaucoup de risques et de coûts à des travailleurs individuels, voire très isolés des syndicats et en position de faiblesse, notamment ici l'absence de visa ou la peur de ne pas voir leur visa renouvelé faute de revenus réguliers.

Je vais continuer à traîner mes courses à pied. Ce n'est pas une solution globale, je sais.[2]


Néanmoins, dans ce système libéral supposé de « liberté du choix », il faut considérer que la faute en incombe aussi aux clients expéditeurs et destinataires qui, en effet, ne se posent pas assez de questions sur les coulisses du marché proposé et du fonctionnement de l'économie actuelle, depuis la livraison de courrier-colis-repas du soir par des travailleurs angoissés jusqu'à la production alimentaire de ce qu'ils ingèrent ou du dernier gadget à batterie intégrée non remplaçable qu'il faudra bien remplacer un jour.

Outre le report systématique des achats et commandes à des commerces proches, et sans livraison exploitant des auto-entrepreneurs mal considérés (mon Dieu, l'abattement des livreurs sous-traitants qui doivent absolument déposer le colis avant quatorze heures quand un de mes voisins est absent pour être payé sans pénalité. Quelle pitié...), j'essaie de suivre des gens sérieux ou thématiquement liés à mes goûts sur les réseaux sociaux, mais ils peuvent de temps à autre reprendre des choses étranges et qui révèlent qu'être rentable avec du courrier de nos jours est une activité très difficile.

Telle cette étudiante qui annonce publiquement, ce week-end, que ses grands-parents se sont vivement inquiétés d'un possible accident dans la grande ville... Et oui, ils étaient sans réponse à un courrier qu'ils lui avaient envoyé depuis plus d'une semaine. Justification : nous avons une génération montante qui vérifient très rarement sa boîte aux lettres physique...

Ce qui permet d'en revenir au premier exemple israélien : quand la poste rentable ne propose plus de timbres ou de temps d'accueil aux clients dans ses bureaux, comment les enseignants pour les enfants et les formateurs pour les étrangers, apprenant les us et coutumes, peuvent-ils être accompagnés et découvrir le courrier et les services postaux ?

Je suis tombé dans la philatélie quand l'administration postale envoyait encore des facteurs dans les écoles primaires raconter l'histoire d'une lettre, avec, en cadeau, un timbre pour envoyer une lettre à ses parents, une petites pochettes de timbres oblitérés et un livret d'épargne avec dix francs offerts. Aujourd'hui, ce genre de choses doit faire siffler les oreilles des comptables de groupes postaux dans le monde occidental.

Ou alors, je suis déjà un dinosaure et certaines fictions d'anticipation, véritable apocalypse sociale, sont devenus une réalité. « Travaille ! Consomme ! Non, sois efficace : consomme à crédit en travaillant à bas prix ! »


Et, covid-19 aidant, tout cela alors que la transmission de courrier et de colis est un service reconnu comme universel, qui doit accessible à tous, expéditeurs comme destinataires, car essentiels pour le bonheur réel. Et c'est dans un quotidien britannique, pays victime du thatchérisme et de l'austérité de l'État, que cela est formulé.

Le premier novembre, Angelique Chrisafis, depuis Paris, a fait le point, pour les lecteurs britanniques du Guardian, sur la proposition de parlementaires français d'imposer des frais de port minimum à tous les libraires, sous-entendu aux géants comme Amazon qui les limitent à un centime.

Après explication du prix unique du livre en France pour rémunérer convenablement chaque métier de l'écriture, de l'édition et de la distribution, la journaliste explique comment les trois fermetures générales des commerces à cause de la pandémie du covid-19 a permis de constater la soif de lire des citoyens et le regain du consommer local d'une part, mais aussi du rôle essentiel du réseau postal à cette fin.

Lors du second confinement de l'automne 2020, la subvention publique accordée aux librairies pour les frais de port auprès de La Poste a permis à ces dernières de rester rentables malgré l'absence d'économies d'échelles. D'où à présent l'idée pour éviter de subventionner les petits de « taxer » les grands afin de protéger la diversité des entreprises, des auteurs et des thématiques mis en avant dans les librairies.

Un peu de justice économique dans ce monde de brutalité sociale.


Notes du jeudi quatre novembre 2021 :

1 : Et, la réalité continue au Royaume-Uni. Alors que les stylos et feutres oblitèrent déjà beaucoup de courrier et colis timbrés autant dans les bureaux de Post Office que dans les centres de tri de Royal Mail, les employés des bureaux de poste ont reçu une consigne autorisant l'oblitération au stylo, rapporte Norvic Philatelics.

Depuis mars 2021, des Machin de deuxième classe sont en vente : d'un grand format complété d'un code data matrix différent à chaque timbre - bientôt la lettre suivie ? Or, le système britannique semble nécessiter que ce code ne soit pas gêné par des traces d'encre (?!!).

Donc, une consigne a été passé aux bureaux : oblitérer à date sur la figure de la Reine mais pas sur le code-barre. Mais, en cas d'apposition de plusieurs de ces timbres sur une enveloppe large ou un colis, seul un timbre doit être oblitéré, les autres pourront être annulés au stylo !

2 : Merci à l'impatience klaxonnante face aux livreurs qui stationnent légèrement sur la chaussée au pied de l'immeuble ce matin : outre les dangers de la route auxquels font face les livreurs (dont on ne sait donc plus si ce sont des salariés titulaires, d'un sous-traitant ou des auto-entrepreneurs eux-mêmes sous-traitants), les livreurs des grands groupes privés de livraison sont très souvent au volant de véhicules de location.

La sous-traitance, un vaste sujet.


Note du dimanche neuf janvier 2022 :

3 : La suite sur la réorganisation de fin 2021 dans un article de ce dimanche, après un reportage de TF1 et deux de France Culture sur la vie quotidienne des facteurs.


lundi 3 septembre 2018

Pour les amateurs de géopolitique

Au temps jadis - quelques années sur le web donc, j'avais trouvé un site de géopolitique qui, une fois l'an, recensait les variations des États : fixations concertées de frontières, changement de nom, déménagement de capitales, modification de la devise monétaire, du drapeau national, de la nature de la constitution, etc.

Des éléments qui peuvent intéresser un philatéliste spécialisé dans un pays ou amateur du « un timbre, un pays ».

En cette deuxième moitié d'été 2018, ces changements se bousculent au portillon. En voici deux définitifs et deux en projets très controversés.


Face à l'hyper-inflation, le gouvernement du Venezuela supprime encore des zéros pour que le bolivar fort de 2008 devienne le bolivar souverain le vingt août 2018, à valeur arrimé au petro, une crypto-monnaie lancée en février et liée au cours du pétrole... sûrement dans le but de se passer le plus possible du dollar des États-Unis. La mesure s'accompagne d'une augmentation importante du salaire minimum et d'essais de contrôle des prix.

Les lecteurs de la presse ont été marqué, pendant les derniers jours du bolivar fort, par les photographies du reporter Carlos Garcia Rawlins de l'agence Reuters plaçant un produit de consommation courante avec la montagne de billets nécessaires pour l'acheter.

Nous pouvons déjà prévoir quel monnaie sera offerte pour un euro au premier numéro d'un magazine sur les monnaies du monde : avec le dollar zimbabwéen, les bolivars.

Les timbres ont dû suivre : par émissions nouvelles ou surcharges, c'est à rechercher... Enfin, si les gens ont encore le loisir et les moyens d'envoyer du courrier.


Zimbabwe, le grenier de l'Afrique devenu pays de la pénurie agricole en hyperinflation à cause de la politique anti-blancs et de reconversion d'urbains noirs en paysans sans formation. Je me souviens des reportages où un fermier ayant été obligé de donner ses terres à ses compatriotes, finissait par venir leur apprendre à cultiver au moins de quoi subsister.

Bon, le nonagénaire Robert Mugabe a été contraint à la retraite mi-novembre 2017 et son successeur par intérim, Emmerson Mnangagwa, a été élu démocratiquement - après trente ans de mugabisme, la démocratie s'apprend lentement - le trente juillet dernier.

Particularité de cette démocrature qu'a remarqué l'auteur du blog Commonwealth Stamps Opinion : Robert Mugabe n'est jamais apparu sur un timbre de son pays !

Mieux... ou pire... son successeur est apparu sur quatre timbres le dix-huit juillet 2018.

...
Le message de la poste zimbabwéenne est clair : rassurez les investisseurs, les voisins africains et les puissances émergentes : Open for Business (via Commonwealth Stamps Opinion, quinze août 2018).

...

Élection le trente, timbres le dix-huit... Reprenons : démocratie : État de droit où le peuple exerce le pouvoir.

Donc un référendum posé à un peuple qu'on a maintenu dans l'ignorance n'est pas démocratique, mais comme le Royaume-Uni est encore membre de l'Union européenne pour quelques mois, nous n'irons pas plus loin sur ce sujet glissant. Ou alors, dans un autre article philatélique à venir.


Modifications de frontières à venir, mais comme elles sont soutenues par la diplomatie de l'Administration Trump, tout le monde hésite à savoir qu'en penser.

Depuis quelques temps, les gouvernements de Serbie et du Kosovo dialoguent prudemment sur une reconnaissance de quelque chose, afin principalement de pouvoir se rapprocher chacun de son côté du Marché unique européen qui les entoure.

Une des idées pour reconnaître l'indépendance du Kosovo pourrait être d'échanger des territoires pour dépasser les limites administratives de l'époque yougoslave afin que la majorité serbe du nord du Kosovo et la majorité albanaise de l'extrême-sud-est de la Serbie rejoignent un État-nation qui conviendrait mieux à leur population.

Plusieurs gouvernements européens et les États-Unis soutiennent ce qui semble pouvoir faciliter la résolution des différends entre les deux entités, mais les journalistes du Guardian aujourd'hui, lundi trois septembre, signalent toutes les difficultés qui heurtent les nationalistes des deux bords et certains gouvernements européens.

Allons-nous revivre, en Europe centrale et orientale, la période des nationalismes de la fin du dix-neuvième siècle à la résolution de la Première Guerre mondiale où des découpages ont eu lieu selon les nationalités des majorités,... dans des pays non concernés par le conflit Serbie-Kosovo ? Avec force preuves des cartes uniformément colorées ne tenant pas compte des mixités locales.

Des timbres kosovars en territoires anciennement serbes, il faudra attendre. Des discours malheureux de certains chefs d'État de l'Union européenne, c'est fort possible.


Autre résolution d'avenir soutenue par Washington : une confédération Palestine-Jordanie est expliquée par Courrier international aujourd'hui à partir d'une revue de la presse israélienne et états-unienne.

Après tout, le plan de partage de la Palestine mandataire entre un « État juif » et un « État arabe », proposé par l'Organisation des nations unies en 1948, n'est plus d'actualité depuis très longtemps. L'espoir de ma génération lors des accords d'Oslo... passons. Le mitage et l'emmurage de la Cisjordanie entretenant la radicalisation de jeunes désespérés, ce qui effraie encore plus les Israéliens et justifient encore plus d'enfermement et de violence militaire... L'histoire peut être cyclique.

Et le courrier !

En août, Israël a bien voulu remettre à la poste palestinienne dix tonnes, huit ans de lettres et de colis destinés aux habitants de Cisjordanie !!!

Il semblerait que ce soit la partie que les postes arabes transmettent via la Jordanie, et que le courrier transmis directement via Israël arrive plus vite. Soupir.

Je n'ose imaginer comment le Département d'État états-unien, le gouvernement israélien, voire, Dieu nous en préserve, le Président des États-Unis lui-même, ont abouti à l'idée d'une confédération Palestine-Jordanie.

D'abord : qu'en pensent les deux États concernés ? La Palestine se contentera-t-elle d'un statut qui nie une indépendance complète ? Quelles répercussions sur les Palestiniens, réfugiés ou intégrés en Jordanie ? Quel statut des territoires des colonies israéliennes ou isolées par le mur de sécurité au sein de cette confédération : en feront-ils partie ?

Pire : la proposition est-elle faite pour forcer les dirigeants palestiniens à la refuser afin d'envenimer la situation à leurs dépens ?

Concernant les très hypothétiques timbres d'une nouvelle confédération, le complexe exemple de la Bosnie-Herzégovine montre que ça peut ne pas arriver.


Paix aux hommes de bonne volonté... Dommage que ces hommes et femmes volontaires ne soient pas au pouvoir.

L'oubli de la veille corrigé le lendemain, mardi quatre septembre 2018 :
Et, évidemment, le Roi Mswati III a annoncé que le Swaziland serait désormais appelé en langue szawi : eSwatini à l'occasion du cinquantenaire de son indépendance.

Si l'annonce a eu lieu en avril 2018, les premiers timbres portant ce nom ont été émis vendredi trente-et-un août dernier, l'anniversaire de l'indépendance étant le jeudi six septembre. Je vous laisse cliquer sur le lien ci-dessus vers les illustrations trouvées par le très-attentif Commonwealth Stamps Opinion.

Compléments du mardi onze septembre 2018 :
Au Kosovo, lundi dix septembre, le président de Serbie a visité la commune à majorité serbe Mitrovica, avec un poil de pression de l'Union européenne sur le gouvernement kosovar. Les deux présidents concernés avaient refusé de se rencontrer ; des vétérans de l'Armée de libération du Kosovo ont empêché son passage du côté albanais de la ville ; et l'idée d'un échange de territoires est enterrée mais les négociations marquent une pause.

Balkans et ex-Yougoslavie toujours : le dimanche trente septembre, les citoyens macédoniens se prononceront par référendum sur le changement international et intérieur du nom de leur pays. Afin de clore la querelle culturelle avec la Grèce et lever le veto de cette dernière à l'adhésion macédonienne à l'Union européenne et à l'Organisation du traité de l'Atlantique Nord, l'actuel gouvernement a accepté le nom de « Macédoine du Nord ».

Un reportage du Guardian d'hier, dix septembre, développe l'impression des différents partis politiques macédoniens sur l'aspect diminutif de l'ajout, que la question annonce bien que le changement de nom permettra l'adhésion aux deux organisations occidentales, et la veille occidentale sur le fait que les politiques et médias russes s'intéressent brusquement à la Macédoine...

Si le référendum se conclut par un oui et que le Parlement grec ratifie l'accord, les timbres macédoniens devraient voir le nom de pays modifié. Et le point principal du conflit résolu : les deux pays reconnaissant désormais que le nom « Macédoine » fait référence à deux histoires différentes et non concurrentes, une antique hellénique et l'autre moderne slave.

samedi 19 mars 2016

Exposition au congrès régional à Montpellier

Aujourd'hui, samedi dix-neuf, et demain dimanche vingt mars 2016, l'Association philatélique montpelliéraine accueille le congrès du Groupement philatélique Languedoc-Roussillon dans la salle Jules Pagézy, sous l'ancien hôtel de ville de Montpellier sur le côté du centre commercial Polygone.

Dimanche, il y aura sûrement bien plus de monde que cet après-midi entre quinze et seize heures puisque le congrès aura lieu en présence de Claude Désarménien, le président de la ΦΦ@Π. Deux à trois personnes devant chacun des quatre stands de marchands de timbres, trois-quatre parmi les panneaux de l'exposition.

Après les quatre-vingt-dix ans de l'Association philatélique montpelliéraine en mai 2015 et la fête du timbre en octobre, plusieurs collections en compétition départementale ou régionale ont déjà été vues, même si mon manque de mémoire photographique et l'aspect éphémère d'une collection comparée à un livre à mes yeux m'empêchent de savoir si elles ont évolué d'un championnat à un autre.

Passons donc directement à celles qui m'ont attirées pour la première fois, tout en évitant soigneusement les thématiques, cartes postales anciennes et la croix-rouge, dont l'association thématique était l'invitée du salon.

Réalisée par J. Paraseit de l'Association philatélique et numismatique biterroise, une collection des tarifs postaux CFA du Département de la Réunion permet de revoir sa philatélie métropolitaine surchargée en franc des Colonies françaises d'Afrique de 1945 à 1975. Ainsi que quelques courriers à l'oblitération « convoyeur » de l'ambulant sur la seule ligne de chemin de fer de l'île, fermée en 1976.

Toujours de Béziers, en compétition départementale, la collection de J. Ara Somohano touche de nombreuses situations postales et humaines avec « L'exil des républicains espagnols en France » : vignette de propagande sur courrier, lettres adressées vers les camps ouverts par les autorités françaises, affranchies sous la République comme sous l'État français, ou encore envoyée de l'Espagne soumise par le franquisme.

En cour d'honneur, c'est un invité du Groupement régional Midi-Pyrénées, Henri Taparel, qui propose une étude des tarifs postaux en Russie pendant la période de la guerre civile russe de 1917 à 1923, ponctuée de textes détaillés sur les causes et la fonction des changements postaux. Président de l'Association philatélique gaillacoise, le spécialiste de la Russie propose un site sur ce pays et l'Union soviétique avec force textes et exemples de pièces. Une étude qui permet d'ajouter une pièce au puzzle de l'Europe orientale à la fin de la Grande Guerre que deux articles de février 2016 m'avaient permis de lancer. En effet, Edward Klempka signalait que les autorités ukrainiennes avaient surchargé leurs timbres impériaux pour empêcher l'afflux de timbres depuis une Russie en hyperinflation : en quoi ces flux sont-ils liés à la décision russe de multiplier par cent la valeur des timbres en kopeks faute de stocks face à l'inflation ?

Pour les collections précédemment vues en 2015, celle de Claude Pesche sur la poste à Jérusalem jusqu'en 1948 révèle décidément que le modèle « un pays / une poste / un timbre » est une vision très franco-jacobine du monde. Combien de « pays philatéliques » pour le territoire de Jérusalem ou la Palestine ? Entre la puissance historique ottomane, les postes - privées dans ce contexte des États d'Europe, les occupations militaires et mandataires de 1917 à nos jours, les émissions des indépendantistes sionistes des années 1940 auxquelles font écho l'indépendance progressive d'un État palestinien,... voire les timbres surchargés ou oblitérations des forces sous mandat des Nations unies... et si on élargit aux secteurs d'intervention de l'armée israélienne pendant les guerres avec ses voisins...

En voilà une que je dois revoir, avec les tarifs postaux russes, ou sinon me plonger dans les ressources livresques.

samedi 2 mai 2015

90 ans de l'Association philatélique montpelliéraine

Aujourd'hui, samedi deux, et demain dimanche trois mai 2015, l'Association philatélique montpelliéraine célèbre son quatre-vingt-dixième anniversaire par une exposition dans la salle Jules Pagézy, dans l'ancien hôtel de ville de Montpellier, situé sur le côté septentrional du centre commercial Polygone.
Habituel pour les animations en ville, l'APM a pu placer une banderole à l'entrée de l'Esplanade Charles-de-Gaulle. À partir de là, entre la place de la Comédie vers la salle Pagézy, des flèches en carton fluorescent dirigent les curieux (licence Creative Commons by-nc-sa 3.0).
Marchands :
J'y suis allé entre onze heures et demi et un peu avant treize heures, d'une grosse poignée de visiteurs au moment des discours donc au grand vide de la pause déjeûner. Néanmoins, l'inauguration eut droit à la présence du maire de Montpellier, généreux préteur de salle, et du sénateur de l'Hérault et maire de Castelnau-le-Lez dont la commune accueille une association philatélique dont la Bourse multicollections aura lieu le dimanche sept juin 2015.

Pendant discours et verre de l'amitié, je restai le nez dans les enveloppes britanniques du négociant Studio philatélique, descendu du sommet ombragé de l'Écusson, puis des classeurs de timbres à petits prix de ses voisins - principalement à la recherche de Royaume-Uni et Commonwealth au temps de George VI.

La partie négociant s'est achevée avec cinq euros donnés pour trois pièces andorranes, cinq, dix et vingt centimes d'usage encore brillantes. Il restait encore un autre spécialiste des choses classiques de France (timbres, enveloppes et cartes postales). Certes, ce n'est pas la foule, mais il y avait toujours un ou deux collectionneurs pour occuper chaque marchand.

Un représentant de l'Association philatélique du Paix d'Aix était présent avec deux publications : l'œuvre collective 4 Siècles d'histoire de la poste à Aix (vingt euros) et Lettres des internés du camp des Mille (trente euros) ; chacun dispose de son bon de commande sur le site de l'A.P.P.N.

Collections exposées :
Malgré une épiphanie récente, les collections ont eu du mal à accrocher mon attention, soit par leur thématique, soit par leur présentation aride. Deux exceptions.

Vous trouverez votre bonheur entre : une reprise des souvenirs montpelliérains des Journées/Fêtes du timbre à travers les années, des dinosaures, la vie quotidienne en Éthiopie.

Avec plus de philatélie, les preuves postales des actions des Croix-Rouges (première exception pour certains documents), les usages à l'étranger du cinq centimes au type Blanc, l'une des premières séries de timbres d'Éthiopie, la Sabine de Gandon, pré-philatélie dans les départements conquis pendant la Révolution et l'Empire, et quelques monographies communales héraultaises (Pézenas, Ganges), et j'en oublie.

Je fus tout de même accroché par les plis présentant l'histoire postale de Jérusalem depuis l'Empire ottoman jusqu'à la fin de la première guerre arabo-israélienne de 1948. En effet, comment les autorités en présence, ont-elles géré le changement géopolitique que fut le partage avorté du mandat britannique de Palestine ?

J'ai oublié de noter la bibliographie utilisée par Claude Pesche. Sûrement que les travaux de Raphaël Livnat ou de Ernst Fluri aident à retrouver les actes postaux des Britanniques, des groupes sionistes, de l'ambassadeur de France et de la Jordanie. Mais cela ne fait pas le rassemblement des pièces exposées ce week-end.

L'association :
Enfin - ou pour commencer selon comment vous aborder la visite à l'entrée, la table de l'Association philatélique montpelliéraine où sont proposés les anciens souvenirs locaux et fédéraux - sourires ravis du trésorier de la φφAP.

J'ai préféré le bulletin spécial, daté mai 2015 (cinq euros), de l'association comprenant un historique et plusieurs études philatéliques françaises, régionales, éthiopienne et de la surcharge « EA » de la fin de l'Algérie française.

En souhaitant à l'association et ses membres, un nombre de visiteurs suffisants cet après-midi ensoleillé et demain dimanche.

Pour finir, en plus du site de l'A.P.M. déjà inclus ci-dessus, voir aussi celui du Groupement philatélique Languedoc-Roussillon pour l'actualité des associations fédéralisées.

jeudi 6 mars 2014

Ne ratez pas le 2e épisode de 'Marianne, Gloire et Beauté'

Conformément au plan marketing que je vous ai dévoilé la semaine dernière, Le Figaro diffuse, sur son site depuis six heures, ce jeudi six mars 2014, le deuxième épisode de Marianne, Gloire et Beauté, la saga philatélique française qui, un jour, concurrencera tellement Game of Thrones (saison 4 débutant le 6 avril aux États-Unis) que la chaîne HBO abandonnera celle-ci pour un remake de la nôtre, dont les ingrédients sont les mêmes : casting pléthorique des micro-trottoirs, révélations juridiques à chaque épisode, naïveté des jeunes personnages - Marianne en princesse disney - sur fond de haines recuites et amours impossibles entre conservateurs et progressistes pour le trône élyséen de fer et de, surtout, scènes « sulfureuses  » attirant toutes les cibles publicitaires - ah, concurrencer la chute incestueuse du tout premier épisode de GoT et ce serait l'Oscar du meilleur scénario et la gloire pulitzérienne pour Delphine de Mallevoüe.

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Mais, comme ce n'est qu'un soap opera, tourné et diffusé en temps réel voire plus lent, vous n'avez raté que ce que la justice israélienne est capable de faire en une semaine : après avoir reçu la plainte de l'Israélien David Kawena, qui s'estime seul auteur de la Marianne de la jeunesse, le tribunal de Tel Aviv a reçu les arguments des avocats du gazouilleur polémiste français Olivier Ciappa. Ceux-ci ont fait simple : le tribunal n'est pas compétent puisque tout se passe en France.

...

Ben oui : si l'affaire judiciaire, qui motive le grand public à venir voir la série, se résolvait trop vite, ce public irait découvrir qu'on l'a attiré avec une jolie blonde, de la violence et du sexe juste pour occuper son « temps de cerveau humain disponible » avec des pages de publicité.

Donc, il faut meubler : après cinq minutes où Ciappa écoute son avocat parisien lui expliquer la stratégie, on suit le personnage dans la rue en train de tweeter ses impressions après l'entrevue... tweet qui est vu d'un regard effrayé par Kawena sur son téléphone mobile qui a sonné en direct la publication / coupure pour une page de publicité / Après la reprise, Kawena lit encore le tweet pendant toute une scène en parlant avec un personnage secondaire, tout en cherchant une de ses maquettes sur son ordinateur. Après de longues suspensieuses minutes, il le retrouve et le publie illico sur Facebook pour montrer au monde qu'il est l'auteur*... ce que Ciappa voit de suite grâce à son Mur... car oui, ils sont en procès mais FB leur transmet encore ce que fait l'autre.

* : vu que deux artistes se chamaillent sur la paternité d'un dessin pour lequel ils ont signé un contrat de créateurs avec La Poste, je ne me hasarderai pas à le publier ici. Merci de cliquer pour croire que :

Kawena publie donc une Liberté guidant le peuple, rajeunie, debout, vue cinéma d'animation mode Disney on le 26 février, puis format vertical le 2 mars.

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Mais, grâce aux seconds rôles, la scénariste plante des petites graines de futures intrigues : pourquoi un pseudonyme ? Quelles œuvres « sulfureuses » justifient de travailler sous pseudonyme ? Ça, ça va motiver le public conservateur à suivre le feuilleton, les passionnés de théorie du complot et, on va le voir plus tard, les adolescents internautes aimant renifler du soufre.

Réponse : « En outre, son nom est associé, avec ou malgré lui nul ne sait véritablement, à de nombreux dessins pornographiques et pédophiles. » Kawena a, d'après cette tournure de phrase, soit du mal à dessiner des choses licites, soit du mal à surveiller ce qu'il advient de ses noms sur timbre et sur internet... car, en plus, il a deux pseudonymes !

Quel suspense et un peu d'une autre citation de Beaumarchais dont le journal conservateur est fan, il va sûrement falloir attendre une péripétie dans l'affaire juridique pour voir des secrets (et des dessins nouveaux) dévoilés au moment le plus inattendu. Game of Thrones n'a qu'à bien se tenir.

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Mieux, les personnages de micro-trottoir refont leur apparition ; c'est la signature de l'écriture sérielle de la scénariste qui permet aux plus fidèles spectateurs de voir leur ligne de dialogue intégrée au scénario, grâce aux commentaires qu'ils peuvent poster sur les sites d'information après chaque diffusion. Le générique de fin sera long, mais le public regarde une série à laquelle il participe citoyennement .

Là, des mères de famille qui apprennent par leurs enfants tout sur les œuvres sodomites de Ciappa et Kawena, et qui clament - aux oreilles d'un personnage secondaire ayant contact avec un des principaux : ministre tâtant l'opinion publique et recueillant le cri au milieu d'un marché dominical : « ça me rend malade » [que leurs enfants se balladent sur le web sans contrôle parental ?].

Ici, diamétralement opposé en termes de cible publicitaire, un lecteur de Yagg. souhaite le retrait face au déballage du dysfonctionnement des mains et des cerveaux du duo artistique.

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Et, de là, retour à l'intrigue qui passionnent les philatélistes et autres collectionneurs spéculateurs, le public premier de cette série depuis sa première saison lycéenne en 2013, celui qui, pour le moment, achète tous les produits du sponsor-malgré-lui Phil@poste : que va-t-il arriver à Marianne et ses multiples clones - le public de science-fiction, arte l'a bien compris ? Va-t-elle être brûlée à la Jeanne d'Arc sans le soutien du roi du Pays des Flancs ?

Va-t-elle « tuer les pères » et parler directement à la foule flanchaise ? La convaincre et être couronnée reine des Dragons... ou être frappée, violée, lynchée - bref retirée de la vente - par une foule conservatrice éprouvant une colère cathartique contre on-ne-sait-trop-quoi, mais dont plusieurs épisodes nous auront montré que le sacrifice mariannesque sera la conséquence d'une complexe machination mêlant timbre-poste, grossesse, mariage et émissions-souvenirs ? Bref, la version flanch.. française des « noces rouges » ?

Là, la scénariste du Figaro montre sa maîtrise des stratégies complexes, qui font passer les alliances entre royaumes et personnages de Westeros pour de simples constitutions d'équipes de football à la récréation d'une école primaire.

Souvenez-vous, dans l'épisode précédent, Kawena clame qu'il n'y aucun rapport entre sa création et une Femen - ici, le producteur demande à insérer façon flashback des images affriolantes - ce qui avait soulagé la tension très sensible du directeur financier de l'imprimerie de Boulazac.

Mais, là, sur un coup de sang pour amorcer le final de l'épisode, Ciappa, pourtant conforté par la stratégie de ses avocats qui va forcer Kawena et ses armées à venir l'affronter sur son territoire et à y trouver difficilement des alliés (voir saison 3 de GoT), voilà qu'il clame à portée d'oreille de journalistes qu'il préfèrerait que Marianne n'ait jamais existé... Un épisode uchronique en vue : et si la Marianne du duo infernal n'avait pas été sélectionnée ?

Idée géniale en attendant ! L'idée du retrait est relancée, permettant peut-être... enfin... l'arrivée d'un personnage attendu de tous, pour lequel la rumeur annonce un acteur mécontent d'avoir eu son personnage tué bien vite par HBO : le président de la République François Hollande joué par Sean Bean ! La cible des femmes spectatrices et fidèles sera acquise et là, plus besoin des publics de niche conservatrice, homosexuelle, philatéliste et progressiste qui, certes, achètent respectivement Le Figaro, des gadgets coûteux, des timbres-souvenirs et Libération (journal qui ne suit pas la série, donc ça coûte cher en publicité et en intrigue choquante pour les attirer).

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Avec sa scénariste philatélique, Le Figaro est en passe de devenir la quatrième publication régulière de philatélie en France : rythme désormais hebdomadaire. Attention, L'Écho, Timbres et Atout, les quotidiens français, imitant leurs homologues européens, n'hésitent plus à sortir des magazines spécialisés en sciences, en histoire, en orthographe à leur nom... Bientôt, Delphine de Mallevüe, rédactrice-en-chef du Figaro des philatélistes ?

Un applaudissement sincère et une nuance toutefois : « c'est encore sous une autre identité - à consonance allemande - que David Kawena a rempli son contrat à La Poste, pour laquelle il a fait de nombreux autres timbres ».

Le compliment sincère : enfin une journaliste qui a trouvé et expliqué pourquoi David Kawena n'était pas présent lors du dévoilement du timbre à l'Élysée : deux pseudonymes et envie de discrétion contre nécessité des vérifications d'identité et de sécurité.

La nuance pour le lancement de la chronique permanente philatélique du Figaro : si un artiste débutant du timbre mérite l'adjectif que j'ai souligné avec quinze timbres, deux ou trois blocs et une Marianne1... qu'écrira-t-on, dans un prochain épisode, quand l'esprit de Pierre Gandon (des centaines de timbres et quelques Mariannes) apparaîtra à un des deux personnages principaux façon Scrooge de Dickens ou au fiancé-chevalier blanc d'une Marianne/Ophélie éplorée face à la foule en colère ?

Retrait ou pas ? Sean Bean sera-t-il le président Hollande ? Le champ de bataille restera-t-il au loin ou arrivera-t-il en royaume des Flancs même ? Marianne réconciliera-t-elle ses deux pères ? Ou les intérêts discordants des multiples conseillers de multiples puissants les garderont-ils divisés ? À quelles révélations inimaginables devons-nous nous attendre ?

Vous le saurez dans le prochain épisode de Marianne, Gloire et Beauté !

Fond noir.

- - - - = insérer toute publicité lucrative ici selon le public visé.

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Post scriptum : David Kawena pourrait, comme les membres français de l'UMP installés en Israël l'avait réalisé, il y a quelques années, pour soutenir leur champion - prochain personnage de notre saga ? - et commander à Israel Post des timbres personnalisés avec sa version couleur de la Marianne de la jeunesse... ou est-ce en contradiction avec son contrat avec La Poste ? La saga deviendrait alors une collection de nouveautés.

Notes :
1 : Phil-Ouest.com ne liste pas directement dans Ciappa & Kawena les huit timbres du centième Tour de France cycliste, dont la paternité relève également de « Catharsis », un studio lié à un d'entre eux ou commandé par Phil@poste pour la mise en page générale ?

Mise à jour du lendemain, 7 mars 2014 :
en fin d'après-midi, toujours le jeudi 6, Farah Hamelin du figaro.fr a publié un résumé des opinions des lecteurs-commentateurs du site à propos de la « Marianne pour tous ou Marianne pour quelques-uns », selon un plan thèse, antithèse, synthèse. L'argument final choisi est intéressant : et si tous ces déballages remettaient en cause le choix effectué par la jeunesse.