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samedi 19 juillet 2025

La diversité de la philatélie dans The American Philatelist de juillet 2025

 Et, enfin, le contenu lui-même de ce numéro de juillet 2025 de The American Philatelist, le journal mensuel de l'American Philatelic Society (lire épisodes 1 et 2) et que les nouveaux outils à la mode d'« intelligence artificielle » ne peuvent que mal plagier de fort loin.


Histoire postale pré-philatélique, postier pontilleux et numismatique : repérer et expliquer les réécritures de port payé et port dû par les maîtres de postes de États-Unis de la première moitié du dix-neuvième siècle. Oubli de compter un chèque ou une action boursière comme deuxième feuille d'une lettre, erreur sur la distance entre lieux de départ et d'arrivée postaux.

Et erreur de l'expéditeur qui a pu déposer sa missive dans une boîte devant le bureau avec une pièce de monnaie : pas assez ou en trop. Michael Heller explique alors l'habitude ancienne d'institution états-unienne (la poste d'alors, la bourse encore aujourd'hui) d'exprimer des valeurs avec fractions : à l'époque du système de pièce en argent-métal, les pièces de format espagnol circulaient en Amérique du Nord et la conversion en centième de dollar U.S. aboutissait ainsi à un real égale douze cents et demi. D'où le tarif de dix-huit cents trois-quarts (18c 3/4) facilement payé avec une pièce d'un real et une d'un demi-real.

L'article de Michael Heller est proposé par l'U.S. Philatelic Classics Society.


Toujours en histoire postale, mêlé de thématique, MichaelWing évoque la fixation du calendrier occidental par tâtonnement du calendrier julien jusqu'au calendrier grégorien afin de suivre au plus précis la durée des révolutions de la Terre autour du Soleil.

Ce qui suscite son article : comment une lettre de l'est des États-Unis vers Saint-Pétersbourg, en Russie, de 1912, a-t-elle pu partir et arriver le même jour si l'on se contente de croire les cachets postaux ?

 Évidemment, cela est une question de calendrier légal.


Classe un cadre ? Wayne Youngblood montre comment de banales cartes postales ou publicitaires peuvent constituer une collection courte, mais curieuse : le tarif postal de la carte postale intérieure du 22 mars au 31 octobre 1981.

C'est court, et ça a demandé à des adaptations, le temps que des entiers postaux et le timbre au nouveau tarif soient émis : empreinte de machine à affranchir à valeur complémentaire, relance de la carrière d'un timbre précédent (Henry Ford), utilisation par erreur trois jours à l'avance du timbre nouvellement émis début avril

Timbre qui continua d'être utilisé préoblitéré pour les envois en masse pré-triés par l'expéditeur.


Enfin, deux écrits de longueur diamétralement opposés, mais que seul l'esprit humain est capable d'accomplir.

Un bébé moufette sur timbre des États-Unis, émis le vingt-trois mai 2025 (site de l'USPS).

En un articulet d'annonce d'une nouvelle émissions de timbres des États-Unis, Jeff Stage dépasse le communiqué de presse et les connaissances de base sur le sujet de l'émission des bébés d'animaux sauvages.

Un de ces dix timbres aux illustrations amusantes de Tracy Walker a suscité un questionnement à l'auteur : serait-ce le premier timbre-poste des États-Unis représentant une moufette (mal identifié au putois d'Europe par les francophones à cause du nom mal adapté du personnage Pépé le Putois). La notice de nouvelle émission devient un mini-article sur la moufette sur les timbres non postaux du pays.

Rubrique Fin de catalogue et érinnophilie : fait !


Sur plusieurs pages et abondance de photographies, un couple, Al D'Andrea et Margit Ahlin content comment en quelques années, pour découvrir leur nouvelle région d'adoption, et assouvir la passion philatélique du premier, ils ont visité les 444 bureaux de poste du Maine.

Le huit janvier 2010, D'Andrea a l'idée de faire oblitérer par courtoisie une enveloppe portant le timbre en hommage au peintre Winslow Homer, Two Boys in a Pasture, au bureau de Prouts Neck, localité où vécut le peintre.

Et l'engrenage était lancé... Parcours de villages lors des week-ends et congés, jusqu'à la frontière québécoise, exploration des îles atlantiques et remercier la générosité des habitants qui ont accepté de les aider à ne pas rater le dernier ferry de la semaine, parcs naturels de l'État fédéré,...

Ainsi que le professionnalisme des postiers acceptant le règlement postal qu'un client peut demander à se faire oblitérer sans voyage postal un pli pourvu qu'il soit affranchi au tarif de la lettre.


Quelques autres articles animeront l'envie de collectionner différemment ou de se dire que sa collection personnelle a tout autant de mérite que les autres.

Sans la curiosité, les qualités de recherche, et le style de présentation et de rédaction propre à chacune et chacun, ce magazine, eut-il été écrit sous « intelligence artificielle », n'aurait jamais eu la même saveur.

vendredi 25 août 2023

Courrier et bataille navale au XVIIIe siècle

Ce mercredi vingt-trois août 2023, est paru le premier tome de la série Liberté !, contant les stratagèmes de l'écrivain et espion français Beaumarchais et de l'insurgé Silas Deane pour obtenir du roi Louis XVI le soutien militaire en faveur de la Révolution des Treize Colonies d'Amérique du Nord contre le Royaume-Uni.

Abordage anglais : la priorité, jeter le courrier ! (extrait de Les Insurgés, éditions Delcourt)

Le lecteur découvre les tractations qu'il faut tenir secrètes face à l'officielle position de neutralité de la France face à l'ambassadeur anglais, les divisions entre représentants des futurs États-Unis à Paris et Londres, le rôle d'un agent double…

Et les effets de ces secrets et trahisons sur les équipages et les agents à bord des navires sur l'Atlantique : dans la première partie du tome, le messager s'empresse de jeter la sacoche de lettres à l'eau pendant un violent abordage de la Marine anglaise.

Les chaînes au boulet s'expliquent dans la seconde partie de l'histoire…

Le mode d'emploi expliqué au nouveau courrier par la suite (extrait de Les Insurgés, éditions Delcourt).

Par la suite, lors de la tentative suivante, Beaumarchais explique son rôle au nouvel agent, un jeune acteur : placer le courrier pour Philadelphie dans sa sacoche dans laquelle il va placer un boulet de canon.

Par-delà les intrigues politiques, le scénariste Jordan Mechner (résident montpelliérain et lié au jeu vidéo : créateur de Prince of Persia) et les dessinateurs Étienne Le Roux et Loïc Chevallier illustrent les effets de ces lignes troublées de communication sur les chefs insurgés et les familles - ici, l'épouse de Silas Deane sur l'île de Manhattan menacée par les Anglais et son beau-fils adoptif parti au combat.

Silas envoie ses courriers en double, confiés à des capitaines aux routes différentes et espère leur arrivée... tandis que son adversaire qui cherche une solution pacifique à Londres réussit à faire passer ses recommandations outre-Atlantique.

Les petits détails mécaniques qui ont permis la grande Histoire, une thématique postale sans laquelle on ne peut comprendre la chronologie des événements.

jeudi 23 mars 2023

La post-philatélie a-t-elle débuté ? Quel sens pour la philatélie des années 2020 ?

 Le samedi vingt-cinq février 2023, le Mexicain Carlos F. Campos a proposé le terme de post-philatélie (posfilatelia) au public de Mi Oficina, les rencontres en ligne entre philatélistes des Amériques, établies depuis les confinements de 2020.


Note préalable : je connais presque rien à l'espagnol, encore moins que rien à l'écoute. Merci au conférencier pour le diaporama permettant de suivre les grandes lignes de sa démonstration.


En une heure, il a repris les définitions de base et leurs évolution dans les principaux dictionnaire de langue espagnole : timbre, philatélie, marque et histoire postale... Ensuite, il a mis en rapport avec les modes de collection standardisés par les expositions compétitives de la Fédération internationale de philatélie.

De là, il en déduit trois périodes :

- la période pré-philatélique, entendre celle où le courrier circule sans timbres-poste,

- la période philatélique où il circule avec timbres-poste - les quinze dernières décennies donc,

- et la période post-philatélique où courrier et colis circulent avec de nouveaux standards.

Par les définitions de base, il déduit les standards : paiement préalable, lieu d'origine, adressage de destination, marque de passage, etc. Des notions fort connus des historiens postaux, marcophile et philatéliste spécialisées d'avant ou d'après l'introduction du timbre-poste.

Pour la post-philatélie, il montre :

- les enveloppes affranchies de timbres non oblitérés ou annulés au feutre, des postes se moquant de cette obsession de la réutilisation frauduleuse,

- les enveloppes pré-imprimées des contrats postaux entre entreprises et les postes : Destineo en France par exemple,

- les grands autocollants des colis postaux transportés par de nombreuses entreprises de postes et de logistiques, avec nombre codes-barres,

- justement, les nouveaux timbres-poste complétés de code-barres en une ou deux dimensions, sur lesquels ce dernier est bien plus important pour la transmission postales que l'illustration ou même la valeur faciale.


Sa présentation a eu un effet certain sur l'auditoire : une heure trente de discussion a suivi l'exposé. Assez inédit : d'habitude, une grosse demi-heure de question de curiosité et d'approfondissement permet de compléter un exposé de philatélie ou d'histoire postale.

Le ton est resté courtois, mais des gestes ont montré les doutes : montrer une de ces grandes étiquettes de colis à la webcam... sans maîtriser l'espagnol, je pense que la personne indiquait ses doutes sur la beauté de l'objet, la difficulté à le collectionner, à l'exposer, etc.


Et pourtant, il semble que les opérateurs postaux historiques - les membres de l'Union postale universelle et qui sont les émetteurs historiques de timbres-poste - semblent avoir commencer la transition de la période du paiement préalable par timbres-poste vers autre chose.

La diversification des moyens de ce paiement : dans les bureaux de poste même avec timbres de distributeur à valeur imprimée à la demande ou étiquette de guichet postal, chez soi ou au bureau avec timbre à durée limitée imprimé soi-même ou code alphanumérique reçu par sms, etc.

L'accusation du nombre excessif d'émissions de timbres est une preuve tangible dont pourtant nombre de collectionneurs de timbres actuels ne semblent pas tirer les conséquences sur leur choix de quoi collectionner... À quand le premier article ou forum qui alertera sur la spéculation d'une des émissions du salon printanier de Paris de cette semaine ?


Pire, par le suivi de l'actualité des opérateurs postaux, on découvre ici et là des aboutissements post-philatéliques provenant de la politique commune des membres de l'Union postale universelle de promotion de la philatélie, mais en refusant que le timbre serve sur le courrier :

- la poste saoudienne émet des timbres qui n'ont officiellement pas de valeur postale ! Tout envoi est en recommandé sans timbre-poste possible !, découvre-t-on dans cet échange sur le forum anglophone StampBoards.com;

- sur Twitter, la poste kenyane reprend ce que beaucoup de postes africaines publie sur leur site à la page « Philatélie », preuve qu'il y a une coordination UPU à mes yeux : 

Comment Posta Kenya promeut la philatélie sur Twitter, le vingt-deux mars 2023.

« Les philatélistes collectionnent les timbres pour la valeur sentimentale associée au travail artistique, au thème, à la rareté du timbre, pour des raisons éducatives, leur forme, ou comme un investissement. »

...

...

Et parce que l'acheteur peut le coller sur un courrier à un proche ou une entreprise à un client pour faire plaisir ?


On lira avec curiosité l'aventure postale de deux Postcrosseurs qui ont essayé - et en grande partie réussi - à poster des courriers au long de leur rallye humanitaire entre l'Europe et l'Afrique de l'Ouest : partie 1 et partie 2 sur le blog du site d'échanges en aveugle de cartes postales.

Les postiers locaux sont des comptables de leur bureau : un courrier à poster doit permettre une vente de timbres. Sauf directeur postal à proximité comprenant promotion du pays et ventes philatéliques, amener ses propres timbres est problématique : le bureau va devoir faire entrer du courrier coûteux à gérer sans que l'opérateur ait reçu directement l'argent de la vente.

Les philatélistes français reconnaîtront le fonctionnement imposé aux directions de La Poste dans les années 2000 au cours desquelles les bureaux et le tri n'appréciaient pas les timbres-poste sur courrier pour ne pas reverser une partie du chiffre d'affaires au service philatélique...


Le débat sur l'avènement de la post-philatélie se poursuivra sûrement. Ceux qui veulent ralentir ce processus ont une solution proposée par un éducateur de Caroline du Nord, aux États-Unis :

Sean Gaillard sur Twitter, le vingt-deux mars 2023.

« Entourez-vous de personnes qui vous répondent en retour. »

Sur papier-lettre, avec timbres-poste.

jeudi 27 juillet 2017

Du courrier international avant l'UPU avec James Van der Linden

Continuant lentement à découvrir l'histoire postale avant l'Union générale des postes (actuelle Union postale universelle), j'ai mis la main, chez Vaccari, sur Four Important Exchange Offices - Quatre bureaux d'échange importants, le livre-collection du James Van der Linden, publié par La Marque postale en 2016.
Servant d'illustration de couverture au livre de Van der Linden, le planisphère impérial britannique de 1886 présente les principales routes maritimes et terrestres d'alors (Boston Public Library via la base documentaire de Wikimedia).
L'historien postal belge propose d'étudier comment les bureaux de Panama, Alexandrie en Égypte, Aix-la-Chapelle au nord-ouest de l'Allemagne et Trieste, alors ville libre impériale autrichienne et siège de la compagnie maritime Lloyd autrichienne.

Les collectionneurs préphilatéliques, marcophiles et historiens postaux trouvent ainsi quelques dizaines de lettres illustrant les multiples routes internationales du dix-neuvième siècle, le long desquelles ces quatre bureaux jouent un rôle essentiel de transmission, mais aussi de vérification des ports dus et de leurs marques.
Agrandissement du planisphère précédent : de Londres à Suez via Trieste... mais pas tellement Aix-la-Chapelle. Un raccourci continental par le cartographe ? (Boston Public Library via la base documentaire de Wikimedia).
Le curieux dispose de quelques textes explicatifs et de reproductions d'affiches lui contant les évolutions qui ont permis la collaboration des postes concernées. Loin des guerres napoléoniennes et de la guerre civile européenne du vingtième siècle, la collaboration entre les différentes puissances permet l'accélération du transport du courrier jusqu'aux confins des empires coloniaux et du Nouveau Monde.

Cela n'écarte pas une émulation entre elles - mais loin des fureurs de la guerre. Pour prendre un seul exemple de ces textes ou de ces preuves d'émulation, page vingt-neuf, comment le Lieutenant Thomas Fletcher Waghorn, qui avait déjà établi une route postale terrestre entre Alexandrie et Suez en 1835, bouscula en 1845 la ligne express entre Londres et Marseille, donc l'honneur français.

De Bombay en Inde le premier octobre, le courrier qu'il avait pris en charge parvint à Londres à l'aube du trente-et-un, battant le courrier passé par Marseille et la France arrivé le deux novembre... Son initiative : débarqué près de Trieste et foncé grâce aux voies ferrées à travers l'Autriche, les États allemands et la Belgique. Touchée, la voie française fut très rapide avec le courrier de Bombay de décembre.

Le livre paraît court au premier regard - soixante-douze pages, mais le mélange textes clairs/pièces précisément expliqué avec suffisamment de cartes et de documents d'archives pour se repérer, rend sa lecture passionnante.

James Van der Linden a obtenu une médaille vermeil à Finlandia 2017 pour son ouvrage.

mercredi 15 mars 2017

Les travaux des rédacteurs en chef du London Philatelist

Dans le numéro courant, le comité des publications de la Royal Philatelic Society London a annoncé un changement à la rédaction en chef du London Philatelist : la Finlandaise Seija-Riitta Laakso relaiera, en juillet prochain, le Britannique Steve Jarvis pour animer le journal de la société londonienne.

Certains travaux philatéliques et d'histoire postale de ces deux Fellows sont accessibles en version électronique sur internet.

Depuis les années 1990 avec Derek Sutcliffe, Steve Jarvis a lancé un projet d'Encyclopédie de la philatélie jamaïcaine, dont quatre volumes sont parus, et dont le travail d'élaboration se poursuit. Un site internet permet de consulter divers documents et articles sur l'ancienne colonie britannique.

Le jeudi vingt-six janvier, Paul Wright et lui ont exposé une collection, exhaustive par les spécialités présentées, de la Jamaïque, dont le résumé en pdf comprend une histoire des premiers auteurs philatéliques du sujet.

Éditrice de profession, Seija-Riitta Laakso a présenté une dissertation doctorale - une thèse en français ? - à l'Université d'Helsinki en 2006, titrée Across the Oceans. Development of Overseas Business Information Transmission 1815-1875, téléchargeable en anglais à partir du site de l'université.

Elle s'y interroge sur comment et à quelles conditions les routes maritimes ont pu améliorer et accroître les communications internationales au dix-neuvième siècle.

... Bon, la pile des livres et revues prend de l'altitude sur le bureau, tout comme son dossier jumeau sur la tablette...

jeudi 22 septembre 2016

Disparition de Jacques Renollaud, spécialiste des relations franco-britanniques

Par un triste mail, le président du Club philatélique franco-britannique, Robert Marion, annonce la disparition de Jacques Renollaud, samedi dix-sept septembre dernier, à l'âge de quatre-vingt-dix ans.

Ancien président du Club et de l'Irish Philatelic Circle, l'académicien européen vendéen s'est illustré dans l'étude des relations postales franco-britanniques jusqu'en 1855 et irlando-britanniques avant les années 1920. Dans Britannica, la revue du Club franco-britannique, il tenait une chronique des nouveautés de la saga Machin.

Un des doyens de la philatélie, il participait encore à Europhilex 2015 à Londres et au World Stamp Show de New York le printemps dernier grâce à son catalogue des lettres de prisonniers de guerre français en Angleterre entre 1744 et 1815, auto-édité et disponible via le Club. Vous pouvez lire, sur le site du Club philatélique brainois, le résumé de la collection proposée par M. Renollaud au sein d'une exposition d'académiciens européens pour Braphil'15, lors du bicentenaire de la bataille de Waterloo.

dimanche 11 septembre 2016

La Belgique dans la Biblioteca Sebastiana

Grâce à un cadeau-surprise reçu cette semaine, la partie belge de ma bibliothèque a cru immensément... Certes, elle est si loin de l'exhaustivité et de l'immensité de la Biblioteca Lindesiana du comte de Crawford (désormais en ligne).
La couverture sur couverture de la cinquantième édition du COB (site de la CPBNTP).
Le premier est la cinquantième édition du Catalogue officiel de Belgique, un catalogue de cotation des timbres de Belgique (y compris du service postal ferroviaire) et de ses anciennes colonies, y compris après leur indépendance. Il est édité par la Chambre professionnelle belge des négociants en timbres-poste depuis 1956. Je l'ai acquis lors d'un séjour à Bruxelles en 2005, trouvant commode de disposer d'un catalogue approfondi de Belgique et de ses colonies sans avoir à disposer de l'intégrale d'Yvert et Tellier (B... C... R... Z...).

La même année 2005, un industriel céréalier publiait un beau livre d'histoire coloniale et postale sur les treize tentatives d'implantations de Belges dans le monde. Ce coffee table book, je le trouvai au Salon du timbre de Paris en 2008 bien après sa critique dans La Libre Belgique.
La couverture du premier ouvrage de Patrick Maselis (base de données bilbiophile Documents philatéliques)
Le titre est déjà une surprise pour qui ne connaît que le quatuor belgo-congolo-rwando-burundais : Des Açores à la Nouvelle-Zélande. Toutes les colonies belges sur les six continents (1451-1916) aux éditions Roularta Books. Avec l'aide de plusieurs historiens et collectionneurs, Patrick Maselis rappelle comment des Flamands, des Wallons, des Néerlandais catholiques, des Belges se sont installés - au sens grec du mot colonie - aux Açores et aux Canaries aux quinzième et seizième siècles, dans la région de la future New York au dix-septième (les Britanniques ayant rapidement repris territoire et colons), au Rio Nunez en Guinée, à Santo Tomás au Guatemala, Santa Catarina au Brésil et Villaguay en Argentine au dix-neuvième siècle. La population de cette dernière vivant encore pleinement sa belgicité.

Les grandes compagnies des Indes ont existé en Belgique... alors Pays-Bas espagnols puis autrichiens, espérant s'implanter en Inde et l'une d'entre elles avec une base à Tristan Da Cunha. Maselis s'amuse du peu de mémoire autour de la Compagnie asiatique à cause probablement de sa participation à la traite.

La colonisation léopoldienne d'une Afrique belge est contenue, mais permet de découvrir la région de Lado-Méridi louée en 1897 par le roi Léopold et rendue aux Britanniques en 1910, entre Soudan et Ouganda. Une région aux aléas géopolitiques tels que Maselis a pu en faire un autre ouvrage lui aussi abondamment illustré en histoire postale : Histoire postale de l'enclave Lado (2009).

Les expéditions antarctiques belges, l'aventurier-roi baron de Thierry qui précipita contre son gré l'emprise britannique en Nouvelle-Zélande et une réflexion sur d'autres lieux (du Wisconsin aux timbres non émis de Tientsin) que l'auteur ne considère pas comme des essais de colonies de peuplement, achèvent le tour du monde.

Le style est celui de l'historien amateur-philatéliste avec humour, mais sans excès, surtout que la page de remerciements et celles des notes en fin de livre (oïe, la sitographie en adresses copiées-collées...) ouvrent un immense horizon d'exploration géographique, historique et philatélique au lecteur curieux.

L'ouvrage a été publié en français et néerlandais, anglais, espagnol et portugais. Quand l'Académie européenne de philatélie demande de l'activité européenne à ses membres, nulle surprise que Patrick Maselis en soit une des chevilles ouvrières.

Dernière note : les évolutions religieuses et politiques des plats pays incitent à aller chercher dans l'histoire coloniale des Pays-Bas (tendance protestants) pour retrouver certaines des colonies belges.
Couverture de l'édition anglais/français du livre de Vincent Schouberechts (site de l'éditeur).
Qu'ai-je reçu cette semaine pour rouvrir la minuscule Belgique dans ma bibliothèque et critiquer un livre de la décennie précédente ? Celui sorti en juin dernier de Vincent Schouberechts : La Poste. 500 ans d'histoire en Europe.

Spécialiste de la Belgique et un des trois auteurs du livre sur Lado cité auparavant, Schouberechts s'essaye dans ce petit livre à l'histoire postale de l'Europe à partir de l'étude historique de cinquante documents du seizième siècle à la réforme postale (et philatélique) du dix-neuvième.

Avec des incursions introductives dans l'Antiquité et le Moyen Âge, et une excursion vers les stations spatiales internationales. Surprenant, mais comme il indique en avant-propos que l'objectif est de toucher le public le plus large à l'histoire d'un moyen de communiquer fort bousculé en notre début de vingt-et-unième siècle numérique.

L'approche rappellera l'exposition proposée par le Club de Monte-Carlo (présidé par Patrick Maselis depuis 2009) lors d'Europhilex à Londres en mai 2015 : vingt documents pour vingt événements qui ont changé le monde. Autant des courriers avec ou sans timbres-poste que des documents prétés par des archives nationales. Un document pdf est encore disponible sur le site de l'exposition.

Un fil rouge permet d'unir le récit et d'expliquer les ruptures principales de cette histoire du système postal à l'échelle du continent : le monopole de la famille Thurn und Taxis (de La Tour et Tassis pour les francophones) accordé par Charles Quint en 1520 et définitivement perdu avec l'unification allemande par la Prusse au dix-neuvième siècle.

Autour de ce fil rouge, le traité de 1516 entre l'empereur et la famille accorde à celles-ci tant de routes qu'elle devient indispensable au transport du courrier continental, mais aussi des documents montrant comment chaque État d'Europe aménage son système postal et, entre eux, leurs relations postales jusqu'à l'établissement d'une Union générale des postes en 1874.

« Petit livre », ai-je écrit plus tôt. Rien de péjoratif. Les textes sont finalement courts, surtout avec l'édition bilingue reçue : ce qui le rend très accessible, même si, certains chapitres laissent sur sa faim (mais qu'est-il advenu du comte de Lavelette et de sa femme enceinte après son audacieuse évasion ? D'où provient la tablette cunéiforme des archives Bolaffi ?).

Merci à l'expéditeur de ce cadeau inattendu, en espérant qu'il attire à l'histoire postale les historiens et les collectionneurs de documents anciens, et aux documents anciens et aux archives les collectionneurs de timbres et marques postales.

mercredi 7 septembre 2016

La Convention postale anglo-française de 1836 par Geoffrey Lewis

Un beau livre, très didactique, est The 1836 Anglo-French Postal Convention de l'Australien Geoffrey Lewis, Compagnon de la Royal Philatelic Society London qui a publié l'ouvrage en 2015 (vers la boutique). Et au départ il est un spécialiste de l'histoire postale des colonies espagnoles.
Couverture de l'ouvrage (Books on philately. The philatelic bilbiopole).
À partir de ses collections et de celles d'historiens postaux majeurs, Lewis a étudié les étapes qui ont mené la France et le Royaume-Uni à adopter un nouveau système d'échange du courrier et de compensation des coûts postaux, dans le contexte de réforme postale dans le second tiers du dix-neuvième siècle. Les marcophiles manuscrits sont aux anges puisque cela passe par des inscriptions à la plume des sommes dûs ou à devoir selon la couleur de l'encre, une pour chacune des deux parties.

L'approche de Lewis est exhaustive et même répétitive pour celui qui lirait l'ensemble chapitre après chapitre. Elle permet plutôt de se consacrer à un thème ou un parcours particulier illustré de quelques lettres. Ainsi quelques-unes d'entre elles se retrouvent dans plusieurs chapitres car elles peuvent illustrer un parcours dont la liaison franco-britannique est au cœur, mais également certains comportements postaux de la première moitié du dix-neuvième siècle.

Par exemple, les forwarding agents qui se chargeaient de l'expédition et de la réexpédition des courriers au noms de l'expéditeur se rencontrent avant la Convention sur les liaisons transtlantiques vers la France via les ports anglais. Lewis montre comment les nouvelles pratiques des deux administrations postales diminuent leur recours, sans l'abolir néanmoins selon le coût total pour le destinataire et l'expéditeur, ou les pays et colonies d'origine des plis.

Donc, on lira à profit la préface dont les remerciements aux confrères et consœurs collectionneurs et le premier chapitre qui présente les bases de travail : quelques scans de lettres voient leurs marques postales entourées de couleurs vives pour apprendre au lecteur à reconnaîtres les marques françaises et britanniques liées à l'application des conventions postales.

Quant aux destinations, toutes celles connues sont envisagées : des Amériques vers la France via  Londres donc, mais également du Royaume-Uni vers les Indes par le port de Marseille, et comment les colonies espagnoles sont connectées à l'Europe grâce au barreau anglo-français. Lewis avait proposé, le premier mars 2012 au siège de la RPSL, une exposition sur les courriers des colonies espagnoles des Philippines et de Cuba vers l'Espagne par l'intermédiaire de la Convention postale anglo-française.

Pour ceux qui veulent voir à quoi cela peur ressembler, le résumé au format pdf de la conférence de Geoffrey Lewis lors du neuvième Symposium d'histoire postale au World Stamp Show de New York, le deux juin dernier, est disponible sur le site de l'American Philatelic Society.

jeudi 18 août 2016

L'Algérie postale de 1603 à 1851 au Collectors Club de New York

Laissons Paris et Londres pour traverser le vaste océan et atteindre la page des conférences filmées du Collectors Club de New York. Et les conférenciers semblent s'intéresser grandement aux choses françaises quand ils ne viennent pas de France eux-mêmes !

Premier visionnage : le mercredi quinze juin dernier, Kenneth Nilsestuen, président de la France and Colonies Philatelic Society*, a proposé une promenade à travers l'histoire postale « européenne » de l'Algérie des origines jusqu'à 1851, soit le début de l'emploi de timbres-poste français.

Promenade car le conférencier n'hésite pas à aider ses auditeurs à entrer dans le pays concerné : gravures du dix-neuvième siècle, photographies des années 1950 sinon, des ruelles de la Casbah d'Alger aux paysages agricoles coloniaux. Et contrairement au Musée de l'Armée aux Invalides, les affres de l'invasion et de la « pacification » sont explicitement évoquées, notamment pour la prise de Constantine.

Les marcophiles seront aux anges à partir de l'arrivée de l'expédition militaire de 1830 avec la multiplication des lettres, des marques militaires, de désinfection, d'entrées, puis des oblitérations indiquant « Possessions d'Afrique » en bas de la couronne, remplacées en 1839 par le nom « Algérie » (avec dernière date d'utilisation connue pour la première - 25 mai 1839 - et première pour la seconde - 27 août 1839).
La plus ancienne lettre européenne connue, datée de 1603 (collection Kenneth Nilsestuen, Collectors Club, New York, juin 2016).
Néanmoins, la première partie est très intéressante même si elle comprend seulement onze plis et un document pour trois cents vingt-trois ans d'histoire d'Alger et d'Oran. Pour le dix-septième siècle, la plus ancienne lettre survivante est datée d'Alger le treize juin 1603 pour Toulon, suivie de celle d'un prisonnier italien des pirates locaux écrivant en 1674 pour demander à ses proches de payer sa rançon. Entre les deux, un document rappelle la présence espagnole sur ses côtes.

Ce qui marque également nombre de lettres du dix-huitième et dix-neuvième siècle sont les marques indiquant une désinfection arrivée en France : tampon après la Révolution, mais également traces de coups de couteau, recto acidifiée par un bain de vinaigre. D'ailleurs, trois lettres à marques consulaires françaises présentées sont des rapports sur la situation sanitaire en Algérie.

Après le début de l'invasion français, les pièces collectées se multiplient de manière exponentielle et M. Nilsestuen les suit lieu par lieu, ponctué d'évocations historiques et géographiques. Et les origines vont des militaires aux civils européens (dont une lettre de 1835 de Mostaganem pour Zagreb!?), et même algériens avec une lettre de 1832 du Dey d'Alger à un correspondant à Bougie évoquant les événements militaires.
Lettre de Bône de 1830 pour un Bazille de Castelnau, près de Montpellier... Des généalogistes vont être vivement intéressés par le contenu de ce courrier au cas où (collection Kenneth Nilsestuen, Collectors Club, New York, juin 2016).

À Bône (actuelle Annaba), c'est le Montpelliérain qui plisse les yeux. Non sur l'oblitération du trente juin 1840 qui indique, explique Nilsestuen que le postier a bricolé avec les morceaux de cachets disponibles : le millésime étant trop grand pour la couronne.

Mais quel nom pour le destinataire : « Monsieur Bazille, Castenau[-le-Lez ???] / Montpellier »... Frédéric Bazille, le peintre pas encore né alors ? Son père Gaston, vingt-et-un ans, futur viticulteur important et homme politique de la Troisième République ? Aucun lien généalogique ? Il faudrait pouvoir lire le contenu.

La dernière partie sont les premiers usages des timbres Cérès de France en Algérie en 1849, avec des exemples de lettres partis de Batna, à la même époque où les premiers convois de colons débarquent en Algérie conquise (États-Unis obligent, est rappelé que c'est contemporain de la ruée vers l'or en Californie).

Les amateurs de marcophilie et de l'histoire postale de l'Algérie sous contrôle français retrouveront cette conférence sur le site du Collectors Club et sur l'hébergeur Vimeo par ici.

* : non, je n'ai pas fait exprès que la page d'ouverture du site de cette société montre un aussi statistiquement improbable grand nombre de collectionneurs de Saint-Pierre-et-Miquelon dans l'Oklahoma en 2015.

Compléments du week-end suivant :
La lettre Bazille fera très prochainement l'objet d'un petit article sur ce blog grâce à la gentillesse de Kenneth d'avoir bien voulu me transmettre des scans de son contenu.

Compléments du mercredi vingt-six octobre 2016 :
Je modifie l'annonce de la conférence d'automne sur l'Afrique coloniale français au Collectors Club. Au lieu de l'Algérie, c'est l'Afrique française à partir du Sénégal entre 1914 et 1940 par Kathy Johnson, le mercredi dix-neuf octobre. À visionner sur le site du Collectors Club ou sa page Vimeo.

Pour ceux qui ont apprécié les illustrations paysagères de Kenneth Nilsestuen, deux articles dans Timbres magazine de François Chauvin sur les cartes-lettres illustrées d'Algérie, émises par les postes dans la seconde moitié des années 1930 : sur l'artisanat indigène (numéro de juillet-août 2016) et les vues touristiques (novembre suivant).

Compléments du samedi deux octobre 2021 :
Le vingt-six septembre 2021, Kenneth Nilsestuen a une présentation en ligne sur l'histoire postale et l'histoire en général de l'Algérie du seizième siècle à 1830 aux membres de la France and Colonis Philatelic Society (États-Unis), visible sur YouTube.

Les intéressés auront une mise à jour des plus anciens courriers connus et possédés par les collectionneurs, autant Ken Nilsestuen que la fédération philatélique turque. Comme celle de juin 2016, la présentation est riche d'illustrations d'époque de l'Algérie de l'époque moderne et des problèmes de captures d'Européens par les marins locaux.

mardi 28 juin 2016

Enquêtes, surprise et boîtes aux lettres dans le London Philatelist de juin

Les articles, proposés dans le numéro de juin 2016 du London Philatelist, pourraient constituer une excellente soirée canapé/télévision pour oublier les affres européens du Royaume-Uni ou l'ennui profond que m'inspire une compétition de football.

En avant-soirée : documentaire touristique à Gibraltar...
... comme sur arte à vingt heures en attendant le film.
Le Gibraltarien Richard Garcia, après un article conjoint sur la première série d'usage courant du Rocher du règne d'Elizabeth II en novembre 2015, propose une ballade le long de Main Street le long de laquelle le Royal Gibraltar Post Office a placé des boîtes aux lettres monogrammées, une par souverain depuis la Reine Victoria.
Bricolage sebphilatélien à partir des informations fournies par Richard Garcia (fond de carte et itinéraire Google Maps, ajout avec Paint.NET - un logiciel libre).
La principale avenue marchande de Gibraltar compte désormais six boîtes pour un gros kilomètre. La dernière de la série porte le monogramme d'Edward VIII et a été installée en octobre 2015.

Le parcours est assez touristique aller comme retour : d'Edward VII près d'un centre commercial / parking jusqu'à George VI devant le centre culturel du territoire, en passant par les commerces locaux, le bureau de poste principal, les batiments officiels, la cathédrale.

Vivement un voyage à Gibraltar...

D'autres publications de Garcia sont listées sur sa page LinkedIn.

Une bande-annonce
Au milieu de la revue de la Royal Philatelic Society London, quatre pages annonçant l'exposition internationale Stockholmia 2019 organisée pour célébrer les cent cinquante ans de la Société.

Le grand film de la soirée : le postier, le bush et les truands...
... souvenir de La Dernière Séance.
Quinze pages sur un sujet d'histoire postale, sociale et criminelle : les attaques de malles postales dans le bush australien au dix-neuvième siècle. Un véritable western à la John Wayne.

Auteur d'ouvrages récents sur les accidents subis par le courrier australien, Brian Peace raconte puis illustre de toutes les manières possibles la vague délinquante qu'a connu l'intérieur des colonies occidentales d'Australie des années 1840 à 1870 jusqu'à leur terme définitif au tout début des années 1900 - l'auteur déduisant que la sévérité accrue de la justice contre les criminels a mis fin à l'incroyable nombre d'affaires dans les années 1860 : plus de deux cents ! Plus de la moitié de toutes les attaques recensées.

L'article reproduit les trois seules lettres conservées portant une mention manuscrite expliquant leurs involontaires aventures, ainsi qu'une liste des lettres recommandées transportée avec le sac de courrier, qui, elle aussi, accompagna des bandits avant d'être retrouvée.

Les collectionneurs d'archives se tourneront vers les journaux officiels des colonies (Government Gazette), les quelques lettres témoignant de l'événement. Par exemple, cette lettre de 1864 entre deux maîtres des postes pour confirmer que la moitié de chèque amené par un destinataire est bien à payer ; le dit chèque avait disparu lors d'un vol, puis déchiré lors du tri des valeurs par les malfaiteurs.

Chacune des affaires concernées est racontée à partir des articles de presse et des récits dans les archives judiciaires. Prenant, surtout avec la figure de Paddy Tom, qui apparaît dans plusieurs coups réalisés par des bandes différentes dans des colonies différentes, et qui finit condamné à la pendaison pour meurtre le vingt mai 1865.

L'entracte.
Le temps d'une pause eskimo (chouchous, beignets ! sur les plages de France) résumé des conférences d'avril, annonce du nouvel ouvrage Guide to the Postal Stationery of Iraq par Clayton Rubec et Akhtem Al-Manaseer.

En amusement avant le deuxième film, Richard Wheatley se contente d'une seule enveloppe recommandée de 1970, de Leeds (Angleterre) pour les passagers d'un navire faisant escale à Punta Arenas, au sud du Chili : quatre Wildings et le timbre commémoratif Gandhi...

Les cinq comportent une variété présente au catalogue Stanley Gibbons !

Soir de vacances, encore envie d'un vieux film dans l'immensité classique...
... Le Cinéma de minuit ?
Restons dans les immensités à explorer et les enquêtes policières : la présence militaire britannique avec la révolte arabe dans l'Empire ottoman pendant la Grande Guerre à l'établissement du mandat britannique dans ce qui devient le Royaume d'Irak.

Barry Scott fait face à un mystère... Trente-trois en fait. Trente-trois enveloppes originaires de Mésopotamie du vingt-cinq mai 1920 au vingt-neuf novembre 1921 portent une marque rouge : un M et un numéro dans un cercle.

Trace de censure ? Tampon indiquant la franchise militaire pour les troupes britanniques ? Scott propose cette seconde solution par les archives pour la date de fin de censure d'une part, et en comparant des courriers civils et militaires par voie aérienne, d'autre part : un timbre-poste (ottoman surchargé) de moins et un coup de tampon de plus pour les seconds.


Il est minuit passé dans le sud de la France, le soleil est enfin couché et le courant d'air frais permet enfin d'aller dormir.


Complément du dimanche seize octobre 2016 :
Le dix octobre 2016, la poste de Gibraltar a émis cinq timbres sur les boîtes aux lettres, une par règne dont le souverain est apparu sur les timbres du territoire britannique. Néanmoins, l'auteur du blog Commonwealth Stamp Opinion avait du mal à voir qu'est-ce qui pouvait motiver le Bureau philatélique de Gibraltar.
L'émission des pillar boxes de Gibraltar du dix octobre 2016 (Bureau philatélique de Gibraltar).
À part les cinq cents (autoproclamés) du service postal britannique célébré par Royal Mail cette année, je lui ai signalé l'article de Richard Garcia évoqué ici sur l'installation par le Royal Gibraltar Post Office des six boîtes-piliers historiques sur Main Street.

Pour être sûr du lien entre cette installation et l'émission de timbres, j'ai pu obtenir une réponse de M. Garcia qui a contacté Aaron Enriles, un responsable du Bureau philatélique de Gibraltar, qui lie les deux. Sauf qu'en 2015 lors de la préparation du programme philatélique, le RGPO ne possédait pas de boîtes au monogramme d'Edward VIII et n'a envisagé que cinq timbres.

Faute de temps, il est envisagé pour 2019 une émission complémentaire pour représenter cette boîte installée près du Parlement du Territoire.

Merci à Robert Garcia et à Aaron Enriles pour leurs réponses.

vendredi 27 mai 2016

Demain New York expose

Dans vingt-sept heures, l'exposition internationale World Stamp Show New York 2016 sera ouverte dans la métropole états-unienne, jusqu'au samedi quatre juin.
Avers et revers de la médaille pour les primés de la compétition internationale de New York, créée par Niko Courtelis (site du World Stamp Show NY 2016).
Pour ceux qui s'interrogent sur quelle longueur pour un salon philatélique optimal, observons la fréquence au Royaume-Uni : huit jours tous les dix ans à Londres mais avec changement des expositions à mi-parcours en 2010, seulement quatre pour l'exposition intermédiaire en 2015 ; la prochaine exposition internationale états-unienne est déjà prévue pour 2026 à Boston...

Dix jours tous les deux ans pour le Salon du timbre à Paris semblaient donc très optimiste, même si la Fédération nationale a dû mal à trouver chaque année une association volontaire en province. D'ailleurs, le programme de Paris-Philex 2016 a révélé que Phila-France 2017 aura finalement lieu à Cholet du vendredi vingt-huit avril au lundi premier mai.

Évidemment, avec ma focalisation depuis un an sur l'exposition philatélique, je me suis plongé dans la liste des collections en cour d'honneur, celles des invitées et celles des compétiteurs, ici classées par ces trois thèmes et par pays, ou par là en pdf selon un critère principal, dont celui du pays concerné par la collection.

Quatre-vingt-douze pays selon la liste des commissaires nationaux (plus quelques-uns pour un pays à triple représentation, le Mexique). Soixante-dix-huit seulement d'après la liste des collections en compétition, y compris les cinq du Club philatélique de Saint-Pierre-et-Miquelon dont Jean-Jacques Tillard en quête d'une troisième médaille grand or internationale avec Les Surcharges de Saint-Pierre et Miquelin au XIXe siècle.
Émis le neuf janvier 1982, le timbre de France consacré à l'archipel, sûrement présent dans la collection d'Éric Rességuier à New York (phil-ouest.com).
Parmi les Saint-Pierrais-et-Miquelonais, le gendarme philatéliste et auteur de timbres (souvenirs de décembre 2014 ici ou en images animées), Éric Rességuier, présente la collectivité d'outre-mer vue par la France dans sa philatélie en 1982. Tandis que Fabrice Fouchard et Jean-Louis Desdouets se consacre chacun à une émission, respectivement le Pêcheur et le Frigorifique.

Titillant ma curiosité, Éric Detchevery étudie les oblitérations de Nouvelle-Écosse sur le courrier de l'archipel... « Un jour, j'irai à New York avec toi... »

Au-delà, quelles collections remarquées par leur titre parmi les plus de quatre mille cadres proposés ?

Par leur thème ? Celle qui décevra les « ringards, masculins, vieillots » (aucune carte postale explicite) de Benedict Termini sur les timbres-fiscaux municipaux de prostitution de Rosario de Santa Fe en Argentine (en pdf par ici). Un safari photo dans le Masai Mara (Kenya) avec le Français Maxence Muller.

Par leur collectionneur ? Rien que la cour d'honneur en impose : le richissime philanthrope philatéliste William H. Gross propose les grandes raretés des États-Unis tandis que le one cent magenta de Guyane britannique a-t-il vraiment besoin de Stuart Weizman pour emplir ses deux cadres ? Oui car le dessinateur de chaussures est le propriétaire du timbre le plus cher du monde.

Par mes souvenirs de lecture ? Steven Walske présente trois collections ! Deux en cour d'honneur sur le Pony Express - souvenir de son livre cosigné - et les timbres des États-Unis de 1869 sur timbres de paquebot (packet mail) pour la France... Mieux en compétition : il a étendu ses courriers de blocus des guerres états-uniennes jusqu'en 1865 et la Guerre de Sécession, un demi-siècle au-delà de son article du London Philatelist de janvier 2015.

La liste des pays représentés par un collectionneur montre néanmoins de nombreux angles vides, notamment en Afrique : j'espère vraiment le succès d'initiative telle que celle du Conseil de promotion de la philatélie au Nigeria.
Logotype de l'exposition internationale de Boston 2026 (site officiel).
À défaut d'être à New York pour la semaine qui vient, imaginons Boston dans dix ans, ou à Tampere en Finlande en mai 2017 ?


Complément du dimanche vingt-neuf mai 2016 :
Trouvé en farfouillant le web, un philatéliste de Saint-Pierre-et-Miquelon est encore sur une des deux chaînes publiques de la collectivité française d'outre-mer : Fabrice Fouchard, président du Club philatélique de Saint-Pierre, a évoqué la philatélie dans Brumes de Capelans de mardi vingt-quatre mai.

En une vingtaine de minutes, il présente toutes les échelles des dernières années depuis l'envie de diffuser cette passion le plus largement possible dans la communauté îlienne jusqu'à l'exposition internationale de New York : des archives familiales à la boîte à chaussures pleine de timbres sur fragment; Mais aussi des projets possibles : depuis acheter (enfin) des panneaux d'exposition jusqu'à acquérir et ouvrir une maison de la philatélie à Saint-Pierre.

Encore un passage début juin avec des médailles ? ;)

samedi 30 avril 2016

De Bermuda à la Finlande, vers la classe 2C d'histoire postale

Deux conférences de 5pm au siège de la Royal Philatelic Society London à trois ans de distance et j'apprécie de plus en plus l'histoire postale à travers la récente classe compétitive 2C de la Fédération internationale de philatélie.

Bermuda, carrefour maritime...
... qui mènera vers une histoire socio-postale ?

Jeudi dernier, le vingt-huit avril 2016, David Pitts et Arthur Groten des États-Unis ont présenté une vision d'ensemble de l'histoire postale de Bermuda, colonie britannique, de hasard quand un équipage de colons virginiens y échoue en 1609, définitivement depuis 1612 avec une première lettre connue de 1617 que Groten présente dans le numéro du premier trimestre 2016 de la revue de la Bermuda Collectors Society.

David Pitts, en bon orateur, introduisit rapidement les grandes parties de cette histoire postale, illustrées de quelques exemples du dix-septième siècle à 1877 et l'entrée des colonies britanniques dans l'Union postale universelle : précurseurs ; courrier intérieur dont les timbres locaux de 1848 par le maître des postes William Perot ; courrier militaire avec des lettres qui ont forcé les blocus des conflits états-uniens (guerre de 1812 et guerre de Sécession) ; et les lettres amenées par les capitaines de navire ou forwarded par divers agents les marquant.

Il précisa que l'ensemble des courriers présentés et de ceux qu'il a étudié avec Arthur Groten sont sûrs d'être passé par Bermuda, même si le nom de l'archipel n'apparaît pas. Les archives portuaires conservent les dates du passage de tous les navires sur plusieurs siècles.


Mais, l'orateur devint le spécialiste absolu de Bermuda avec la seconde partie sur les packet letters : savoir quelle route maritime régulière passant par Bermuda a suivi la lettre trouvée des premières établis par le GPO et l'Amirauté britanniques en 1806 aux compagnies privées de paquebots transportant également du courrier jusqu'à l'avènement de l'aviation.

Même si le diaporama (disponible en pdf par ici) énumère les multiples services et leurs principales points de départ et d'arrivée (Falmouth, Liverpool, New York) et escales nord-américaines (Halifax, Bermuda donc) puis antillaises, Pitts insista en conclusion sur deux idées. La première est qu'avec Groten, ils ont sûrement étudié toutes les lettres connues parties de ou étant passé par Bermuda pour la période considérée... Une collection à disperser prochainement ?

En second, ce qui amène la classe 2C dans mon raisonnement : que ces lettres par leurs expéditeurs, destinataires et contenus, leur nombre croissant, leurs trajets, illustrent l'histoire de Bermuda, de ses habitants et de ses entreprises. Comme le confirma un membre de l'auditoire : la plupart des noms lisibles sur les lettres sont des familles encore connues de l'économie bermudienne.

Un appel aux prochains historiens postaux et collectionneurs de Bermuda de montrer comment l'activité postale est intimement liée à la société et au commerce d'un territoire à une époque considérée... si je paraphrase l'introduction d'une présentation de la classe 2C par la commission d'histoire postale de la Fédération internationale.

L'indépendance de la Finlande à travers l'histoire postale...
... ou les aléas d'une nouvelle classe.

Ayant l'âme farfouilleuse ce week-end, j'étais parti vers histoire postale maritime liée à ce secteur de l'Atlantique pour voir jusqu'où Stephen Walske était allé sur les courriers de blocus après son article dans The London Philatelist de janvier 2015,...

J'ai trouvé certes, mais j'ai fini dans la Finlande de la fin de la Première Guerre mondiale avec une conférence au 41 Devonshire Place, le jeudi dix-huit avril 2013, de Jussi Tuori.

À travers de courriers, mais également d'autres archives, il raconte comment la Finlande sous domination russe déclara son indépendance le six décembre 1917, puis sombra dans une guerre civile début 1918 entre le Sénat et les forces socialistes.

Avec Google, l'une des premières conférences filmées par la Société royale se retrouve.

Intéressant mon sujet accessoire est le retour de Jussi Tuori sur un échange qu'il eut avec les jurés lors d'une exposition dans ce qui était les débuts de la classe 2C : il était accusé d'avoir constituer une collection de classe ouverte car trop de documents n'étaient ni philatéliques, ni d'histoire postale...

Pourcentages des documents et réglement à l'appui (point 3.2), l'exposant signala le débat à l'auditoire : les documents non philatéliques ne doivent pas noyer les documents philatéliques... Vastes discussions lors des évaluations.


Néanmoins, cette classe 2C que j'ai découverte l'année dernière me passionne : comment philatélier et histoirepostaler tout en racontant l'histoire/les histoires dont témoignent ces documents - sans se contenter que du timbre, de l'oblitération ou de la marque en tant que tels ou de leur cote.

Vivement que j'en observe d'autres. À Paris Philex par exemple... Mais il faudra que je sois sur place : toutes les collections d'histoire postale sous HIS dans la liste de la Fédération :(

mercredi 27 avril 2016

À la conquête de l'Ouest

Deux événements philatéliques motivent ce titre, qui contribuent à diffuser de la connaissance tous azimuts.

Vers Rennes et (bien) au-delà

Rapportées dans L'Écho de la timbrologie d'avril 2016, sûrement à partir d'une communication de l'association Philapostel Bretagne, les deuxièmes Rencontres philatéliques rennaises du vingt-trois janvier dernier ont permis au public de découvrir plusieurs collections primées présentées et expliquées par leur créateur.

Et, notamment, celles de deux membres du Club philatélique franco-britannique déjà évoquées sur ce blog : l'histoire postale aérienne de Terre-Neuve par Jean-Claude Vasseur et l'histoire politique et sociale de la colonisation de Maurice de 1680 à 1870 par son histoire postale par Robert Marion. La première, championne d'aérophilatélie à Londres 2015, est consultable sur le site de la Royal Philatelic Society London et désormais fait l'objet d'un livre disponible via le Club franco-britannique (ici tout en bas). La seconde va concourir à New York en mai.

Le résumé de la journée liste les autres collections commentées tournées vers l'Angleterre ou l'Atlantique Nord d'une part, vers des spécialités françaises d'autre part.

Grâce à Robert Marion à Toulouse et aux retransmissions des 5pm de la RPSL, je pratique ce dispositif d'expositions-conférences depuis un an et demi maintenant avec grand plaisir ; davantage que les couloirs bien vides des travées de collections lors des salons philatéliques.

Je verrai à Paris Philex comment les graines semées par Claude Désarménien (Compagnie des Guides, tablette) dynamisent l'espace qui est censé être le cœur d'un salon, et non l'apparence d'un parasite que Phil@poste doit subventionner.

Vers les Grandes Plaines, les Rocheuses et au-delà

Dans le numéro d'avril de sa revue The London Philatelist, la Société philatélique royale de Londres a publié la liste des récipiendaires de ses récompenses.

La philatélie française est présente : Peter Kelly reçoit la médaille Tilleard pour la meilleure collection présentée au 41 Devonshire Place sur l'émission au type Sage, le jeudi quinze janvier 2015.

Néanmoins, c'est la médaille Crawford qui a attiré particulièrement mon attention : Steven Walske et Richard Frajola la reçoivent pour leur livre Mails of the Westward Expansion 1803 to 1861.

Walske comme celui d'un article du London Philatelist de janvier-février 2015 sur les courriers ayant forcé les blocus maritimes organisés par les forces britanniques et celles des jeunes États-Unis lors de la guerre d'Indépendance - traduction en français disponible par ici.

Un tour par Google et... peu de résultats philatéliques. L'expression Westward Expansion, comme devinée, est celle des États-Unis vers le Grand Ouest, le Far West. Sauf celui de l'association philatélique de publication : la Western Cover Society où le livre est disponible en intégralité sur le site ou en pdf...

... o.o"???

Trois cents pages d'histoire postale gratuitement mises à disposition ? Ça, c'est de la philanthropie et de la publicité pour attirer l'attention sur ce domaine de recherche et de collection.

Et en continuant à chercher, Richard Frajola dispose de son propre site web où... il propose également tout aussi gracieusement une histoire postale du Pony Express de 2005, rédigée avec Walske et George Kramer. L'idée qui semble animer ces historiens postaux est qu'un livre épuisé doit pouvoir encore se trouver pour tous.

Toujours chez Frajola, se trouve une base de données, Phila Mercury, de plusieurs milliers d'enveloppes des États-Unis...


L'Ouest du contact humain et un internet efficacement employé... L'avenir de la Philatélie.


Hasard du vendredi vingt-neuf avril 2016 :
Sur le thème du Grand Ouest, Jean Lebrun reçoit Jean-Richard Dufour, un ingénieur du son de Radio France, dans l'émission d'aujourd'hui de La Marche de l'histoire. Son collègue est un passionné des États-Unis et, notamment du Wyoming. Entre vastes espaces, réserves indiennes et rodéo, le premier territoire au monde à avoir, de manière définitive, accorder le droit de vote aux femmes en 1869 lorsqu'il fut établi comme territoire.

lundi 11 avril 2016

Des habitants de la Guyane et de leur citoyenneté de 1780 à 1880

Dans la série « et si je me demandais qui sont expéditeur et destinataire d'une lettre » (voir Tahiti et Maurice) face à une lettre des dix-huitième et dix-neuvième siècle, une émission de France Culture ce matin permet de s'interroger sur certains habitants de la Guyane, notamment les esclaves affranchis, les condamnés au bagne et autres indésirables de la France d'après la Révolution française.

Ce lundi onze avril 2016, La Fabrique de l'histoire a reçu l'historienne Miranda Spieler pour son ouvrage Liberté, liberté trahie... : faire et défaire des citoyens français 1780-1880.

Couverture de l'édition de mars 2016 (Alma éditeur, via la librairie La Procure, Paris)
Pour compléter, elle explique également sa recherche dans un entretien pour la librairie Mollat lors du salon du livre des Rendez-vous de l'histoire de Blois, en novembre 2015. Comment parler des personnes que la loi ou la société rendent muettes et légalement invisibles ?

Pour retrouver un bagnard, le site des Archives nationales d'outre-mer permet de retrouver à partir du nom de famille le bagne, des dates. Il faudra se rendre sur place ou jouer sur une solidarité entre généalogistes pour consulter le dossier papier.

La difficulté vient à la libération de la personne qui a pu retourner en métropole, mais pas forcément dans son département de naissance, ou rester dans la colonie : et là, c'est mémoire familiale ou au petit bonheur la chance des registres d'état civil et des arbres généalogiques publiées. Les fonds anciens des archives départementales de Guyane sont également à Aix-en-Provence : par ici sur le web.

Il reste maintenant à tomber sur une lettre de ou vers la Guyane, et, aiguille dans la légendaire meule de foin, qu'elle soit à destination ou écrite par un bagnard... Pire pour un collectionneur qu'elle ne soit pas emprisonnée dans une collection généalogique familiale.

vendredi 8 avril 2016

Lettres de Paris de l'Ancien Régime à la Révolution

Suppléant à Guy Dutau et un exposé sur les courriers désinfectés de France, Christopher Hitchen a proposé deux présentations différentes sur les postes françaises des origines à la Révolution, lors de la séance de cinq heures du soir, jeudi dernier, le trente-et-un mars 2016, au siège de la Royal Philatelic Society London.

Un article est lisible par tous les visiteurs du site de la Société ; le lien youTube vers la conférence apparaît pour les membres et ici avec l'autorisation de Chris King, ancien président de la Société.

Prochaine conférence, jeudi prochain, quatorze avril, avec Classic USA, à l'approche de l'exposition internationale de New York du samedi vingt-huit mai au samedi quatre juin prochains.

Le président Frank Walton a laissé entendre que Guy Dutau est prévu au programme de la saison 2016-2017.


dimanche 31 janvier 2016

Semaine n°2016.04 sur SebPhilately et à Londres

Trois articles ont été repris sur le blog en anglais cette semaine, sauf celui de ce dimanche matin présenté ci-dessous. Un résumé court complété donc de détails francophiles des activités de la Royal Philatelic Society London.


Dimanche trente-et-un janvier 2016 : médiatisation d'un hors-série varié pour Timbres magazine
Une présentation au public anglophone du hors-série Géopolitique & histoires insolites, publié en décembre dernier par le mensuel français, accompagné de ma critique.


Dans les activités francophiles de la Royal Philatelic Society London
Bien des choses à noter et lire dans le premier numéro de 2016 du London Philatelist de la Royale.

Pour la conférence du jeudi trente-et-un mars, Guy Dutau ne pourra finalement pas présenter les courriers désinfectés. Deux conférences le remplacent : à quinze heures, une présentation des services digitaux de la Société rendus aux membres à travers le site web (catalogues), les archives numérisées de la revue et les scaners disponibles au 41 Devonshire Place.

À five o'clock, Chris Hitchen racontera la genèse de la poste royale à Paris depuis 1576 avant de se concentrer sur la Petite Poste de 1760, puis de revenir sur la centralisation des services postaux dans la capitale.

À Paris, Robert Marion, le représentant de la Société pour la France, évoque la réunion du samedi sept novembre pour lancer une coopération entre le Club philatélique franco-britannique et les membres de la Royale résidant en France.

Prochaine rencontre promise à Paris-Philex du dix-neuf au vingt-deux mai. Objectif : la centaine de participants de la onzième rencontre indienne à Bangalore, présentée dans le même numéro.


Correspondances France/Londres : faux et traduction
Alors que les experts français se posent enfin la question de la publicité la plus largement numérique de leur lutte contre les fraudes philatéliques diverses - le blog-fiches ressources de Jean-François Brun ayant rejoint le site-initiative de Christian Calves et Alain Jacquart, Richard Williams résume en une page et demi les deux faux connus du timbre indien d'une livre à l'effigie du Roi Edward VII (Louden et désormais un 'India' Forgery) ; la dernière demi-page lui permet d'appeler les lecteurs à mettre en commun l'ensemble des connaissances sur ces faux finalement peu connus.


Enfin, ceux qui cherchent un sujet d'histoire postale préphilatélique mêlant le maritime aux relations internationales avant et pendant les révolutions américaines et françaises, avec un potentiel de Floride espagnole et d'îles antillaises : a été traduit en français l'article de Steve Walske sur les courriers ayant forcé les blocus établis pendant les deux guerres entre le Royaume-Uni et les États-Unis, publié dans le numéro de janvier-février 2015 de The London Philatelist. Quelques lettres françaises à voir.


Le Français qui créa la devise de la Royale
Une dernière touche française est amenée par le musée de la Société à travers une carte de visite découverte dans une vente par John Lea.

Sur celle-ci est imprimée le nom originel de la société (sans le qualificatif Royal) et une devise latine : Utile Dulci, mêler l'utile à l'agréable. Son modèle fut présentée par le Français Henri A. de Joannis aux autres membres après son élection comme secrétaire honoraire en 1875.

Né dans les années 1840 et fait prisonnier par les Prussiens pendant la guerre de 70, il s'installe à Londres et assiste à sa première réunion à la Société philatélique de Londres dès décembre 1870.

Sa devise apparaît encore sur l'avers de la médaille Crawford, remise au livre philatélique le plus important et original de la période écoulée.