Affichage des articles dont le libellé est Falkland. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Falkland. Afficher tous les articles

samedi 20 décembre 2025

La poste en Antarctique, marque de souveraineté ou indispensable du quotidien ?

 Tel The Guardian hier soir, samedi treize décembre 2025, la presse britannique se fait écho de l'arrivée de la nouvelle boîte aux lettres à la station de recherche Rothera, située sur une île le long de la péninsule antarctique par l'institut British Antarctic Survey et qui fait fonction de capitale administrative du Territoire antarctique britannique. 

La poste aux manchots... Ah non, juste la boîte (photographie du British Antarctic Survey, via The Guardian).

Les amateurs des postes polaires connaissent bien, par publicité, croisières, émission de timbres et film documentaire, le Penguin Post Office de la minuscule base devenue musée et bureau postal de Port Lockroy, gérée désormais par le United Kingdom Antarctic Heritage Trust, puisqu'il s'agit d'un patrimoine désormais purement touristique.

À un peu plus de deux cents kilomètres au sud de la péninsule, à Rothera, Kirsten Shaw était déçu de la boîte aux lettres de la base : une vague boîte métallique à peinture rouge, vraiment le modèle officiel de Royal Mail ?

Elle a donc écrit au Roi Charles III pour demander l'envoi d'une nouvelle boîte standardisée à son monogramme - dont plusieurs modèles sont en cours d'installation au Royaume-Uni depuis juillet 2024.

À l'approche de Noël, pendant l'été austral, vient d'arriver une boîte de type lamp post, avec plaque métallique au monogramme et la couronne royal.

Kirsten Shaw et la nouvelle boîte, une enveloppe affranchie de timbres du Territoire antarctique britannique (photographie du British Antarctic Survey, via The Guardian).

Le témoignage de Shaw rappelle l'importance du courrier familial arrivant aux ou envoyé par les estivants ou hivernants, y compris par la symbolique du quotidien d'une boîte aux lettres rouge.

À Rothera, le courrier dépend des rotations du RSS Sir David Attenborough ou des avions du British Antarctic Survey. Le navire, en opération dans l'océan austral depuis novembre 2021, est passé début décembre 2025 (avec les cadeaux de Noël des estivants) et ne reviendra que le vingt-deux janvier 2026.

L'article précise que le lien postal est réalisé par l'intermédiaire des îles Falkland... et donc si le navire arrivant en Antarctique n'y a pas fait escale : pas de courrier.

L'immensité australe : en rouge Rothera, en noir Port Lockroy, au nord vertical la Terre de feu, l'Amérique du Sud et les îles Falkland (Google Maps).

Un avantage néanmoins de la solidarité ultra-marine, comme pour les départements et collectivités d'outre-mer français et la métropole : l'affranchissement de la lettre de base est de seulement 87 pence pour le Royaume-Uni - ce qui est le tarif de la lettre intérieure de moins de cent grammes en seconde classe. Entre le Royaume-Uni et l'Argentine, la même enveloppe coûte 3,30 livres sterling en économie ou 3,40 en envoi standard.

Les tarifs postaux visibles sur le site de Falkland Post Service pour l'archipel des Falkland et les deux territoires britanniques peuvent faire rêver les historiens postaux : une lettre locale par voie terrestre à l'intérieur de l'Antarctique britannique.


Les timbres du Territoire antarctique britannique, ceux communs de Géorgie du Sud et îles Sandwich du Sud, et ceux propres aux îles Falkland peuvent être commandés auprès du bureau philatélique du Service postal des îles Falkland : https://www.falklandstamps.com/ . L'envoi est affranchi en timbres-poste.

Le siège du British Antarctic Survey se trouve à Cambridge, et comprend un musée dont j'ai présenté la façade et l'annonce d'une exposition philatélique en 2014.

mercredi 20 janvier 2021

L'affranchissement des envois services philatéliques

 En trois commandes d'automne, trois manières de contenter le client philatélique : à la fois par la sûreté de l'empaquetage de timbres, et par le souci d'offrir quelques timbres oblitérés.

Enveloppe du service philatélique de PostNL, sans date, dix-sept novembre 2020 d'après la facture (commande réalisée à partir du site marchand commun Wopa+).

Tout d'abord, le service philatélique néerlandais - que certains lecteurs français confronteront à celui français et ses cartons - est au plus rentable pour lui : entier de service, sans recommandation. Concernant le message en bas à gauche « Cet envoi est neutre en dioxyde de carbone », le destinataire ne peut juger que l'envoi, et non le parcours et le cheminement postal : enveloppe en papier, facture de même, à la rigueur il y aura le plastique-support de l'autocollant d'adressage imprimé sur la facture.

Par contre, cette neutralité peut signifier également la recyclabilité de ce qui permet de conserver une rigidité à l'envoi pour protéger les timbres commandés : une sorte d'enveloppe sans colle qui peut supporter quelques torsions, décorée du logo évidée orange de PostNL.

Avantage : tout est recyclable et le contenu protégé.

Inconvénient : même l'entier postal ne fait pas rêver...

Lettre recommandée des îles Falkland du quatorze octobre 2020, avec étiquette du relais postal urbain de Montpellier-Monoprix Jacques-Cœur.

Ah ! Un bon marchand : le service philatélique des îles Falkand, territoire britannique d'outre-mer au sud de l'Amérique et de l'Atlantique. En recommandé avec des fortes valeurs faciale au type Oiseaux, avec la deuxième étiquette de recommandation fine qui sert à sceller le rabat de l'enveloppe au dos, avec scotch par dessus - d'accord c'est moins recyclable le ruban adhésif...

Faute d'être chez moi, le facteur avait déposé un avis de passage avec l'autocollant rouge du relais postal urbain installé dans un supermarché du quartier. Au sein de ce commerce, le personnel de caisse alterne, selon les besoins, l'assistance aux caisses autonomes et la gestion du comptoir postal (vente de timbres et d'entiers/colis pré-affranchis, dépôt et retrait des recommandés et des colis). Cela offre une amplitude horaire plus importante pour disposer d'un service postal (pas de pause méridienne, ouverture tardive), mais, attention, les colis acceptés pour la France ont une limite de poids et le bureau ne gère pas l'expédition des colis pour l'étranger : se reporter au bureau de Montpellier-Richter, quatre cents mètres plus loin.

Un code-barres de La Poste française est ajouté pour gérer, j'imagine, les mouvements de ce pli au retour au centre de distribution vers le bureau de retrait final.

Pour la solidité, nous avons à faire à une plus essentielle invention britannique pour la correspondance : l'enveloppe à fond cartonné !!! Avec le poli message "Please do not bend" - Ne pas plier, s'il vous plaît ?

Avantage : à part une bande de scotch, comme pour les Pays-Bas, mais avec des timbres !

Inconvénient : les mêmes trois timbres qu'en 2018. Pour une collection complète, il faudrait peut-être faire des échanges avec des clients d'autres continents ?

Du même niveau de service : l'Azerbaïdjan.

Lettre recommandée d'Azerbaïdjan du vingt-huit décembre 2020

En lien avec comment la poste publique de ce pays participe de la communication / propagande des événements récents (à réévoquer dans un prochain article de ce blog), j'ai découvert que c'est la poste centrale de Bakou qui fait office de service philatélique par correspondance. Ne soyez donc pas étonné que le site commercial soit à l'adresse https://bakupostoffice.com/ et non au nom d'Azermarka, l'opérateur postal qui ne fait que montrer les émissions sur son site.

Le site est bien organisé - même si les émissions récentes liées au conflit avec l'Arménie ne sont pas (encore ?) listées. Des pages informent les pays de livraison possible, les frais de port et l'expédition en recommandé vers les destinations où le suivi de l'envoi existe.

Le collectionneur apprécie de recevoir un entier postal bellement illustré d'un monument, complété de trois timbres : une paire d'oiseaux de 2019 et un complément d'affranchissement de 2020. Ce dernier fait partir d'une série de trois timbres d'usage courant sur le shabaka/shebeke, l'art du vitrail azéri.

La sécurisation de l'envoi : l'adresse au stylo est protégé de l'humidité par un adhésif transparent. À l'intérieur, un bricolage garantissait la rigidité nécessaire aux timbres : ceux-ci étaient enfermés dans une pochette plastique pour classeur entourant un morceau de carton, le tout bien fermé et fixé par du scotch.

Avantage : un envoi philatélique d'un pays peu fréquent, avec une chance qu'une autre commande n'aura pas la même combinaison de timbres ; et des timbres très bien protégés.

Inconvénients : du scotch et du plastique (la pochette plastique et le carton peuvent resservir pour un nouvel envoi fragile), mais on comprend qu'une poste s'assure que ses envois arrivent sans accroc. Une enveloppe perdue ou abîmée est un coût.


Voilà, si cela vous aiguille vers quel service philatélique vous orienter si vous voulez recevoir une enveloppe recommandée timbrée en échange de vos frais de commande et de port.

mardi 1 décembre 2020

Au secours du Penguin Post Office

 Hier, lundi trente novembre 2020, les médias britanniques ont relayé l'appel aux dons de l'explorateur Ranulph Fiennes afin de permettre à la Fondation du patrimoine antarctique du Royaume-Uni de préserver les aménagements humains existant dans le secteur revendiqué dans le continent polaire.

Avec l'humour de sa rubrique "Pass notes", The Guardian a ainsi expliqué que le bureau de Port Lockroy ne peut subsister avec son actuelle clientèle de manchots... Ils n'achètent ni souvenir, ni carte postale !

L'émission de novembre 2019 sur Port Lockroy (boutique web de Falkland Post Service).

Située sur une île le long de la péninsule Antarctique, Port Lockroy est une ancienne base militaire, puis scientifique, britannique. Rénovée, le bâtiment principal est ouvert aux visiteurs pendant l'été austral depuis la fin des années 1990.

Là, les passagers des paquebots (dix-huit mille en 2019) peuvent envoyer au monde des cartes depuis la « poste aux manchots » (Penguin Post Office), les principaux voisins du lieu. Le surnom a permis la petite renommée télévisuelle et internautique de la base britannique et de ses missions.

Même si l'acheminement de ces courriers prend plusieurs semaines, ces ventes, les revenus d'accostage des deux paquebots quotidiens pendant l'été, et les dons sont les principaux revenus de la fondation patrimoniale...

... Jusqu'en 2020, l'année du covid : aucun paquebot n'est programmé cet été, aucun postier n'a d'ailleurs été recruté. Voilà pourquoi Ranulph Fiennes alerte le public sur le risque de dommages irréparables si les lieux protégés ne sont pas entretenus cette année, avant le retour de l'hiver.

La fondation dispose d'une boutique en ligne (protections d'hiver notamment), mais il faudra se tourner vers la poste des îles Falklands pour les timbres et enveloppes premier jour du Territoire antarctique britannique (visible sur les photographies du bureau postal de Port Lockroy). Pour les amateurs de lettres recommandées lointaines, le service postal des Falklands affranchit ses courriers sur place !

Le tourisme, cet outil de développement décidément à double tranchant. Quand il est là, on s'inquiète de ses conséquences environnementales. Quand il ne l'est plus, de ses largesses économiques.

vendredi 28 décembre 2018

Courrier philatélique des Falkland

Il y a un mois tout juste, le mercredi vingt-huit novembre 2018, le service philatélique des Îles Falkland a émis quatre timbres pour le centenaire du bureau de poste de Fox Bay.

Cette émission m'a vivement intéressé car le timbre d'une livre un penny évoque la visite de la Princesse Anne, fille de la Reine Elizabeth II, en janvier 2016. Un voyage marqué par la valorisation du patrimoine postal des territoires austraux britanniques : inauguration de la boîte aux lettres restaurée à Grytviken, en Géorgie du Sud, et du musée postal de Fox Bay donc.
La photographie officielle qui sert au timbre d'une livre un penny (droits d'auteur : Gouvernement des Îles Falkland, photographie retrouvée sur la page dédiée au musée postal sur le site du Falkland Islands Museums & National Trust).
Deux timbres représentant le même profil du bâtiment, l'un dans les années 1940, l'autre actuellement. Une balance de postier orne le troisième tandis que la Princesse Royale postant une carte postale à Fox Bay en 2016 illustre le quatrième.

Dans le coin inférieur droit de chacun, une portion d'oblitération indique les dates-clés de ce bureau de son ouverture comme poste-émetteur radio le premier novembre 1918 à l'émission du centenaire le vingt-huit novembre dernier. Pour la balance, la date indique le trente juin 1994, dernier jour d'utilisation légale des unités impériales, remplacée par le gramme et le kilogramme le lendemain.
Enveloppe à dos cartonnée, typique des îles britanniques et très efficace, postée le mercredi cinq décembre 2018 à Stanley et arrivée à ma porte avec un facteur surpris de l'origine le mardi dix-huit décembre.
L'avantage de commander directement la série et l'enveloppe premier jour au service philatélique du territoire est la réception d'un courrier lointain en recommandé dont la lenteur est, une fois n'est pas coutume justifiée.

Commande effectuée sur la boutique web le dimanche deux décembre, expédiée le cinq avec un joli affranchissement d'oiseaux pour cinq livres soixante-dix pence, et délivrée treize jours ensuite. Avec une chance inouïe : pas d'autocollant de la poste française pour relayer la recommandation internationale !

Ni de coup de tampon ou oblitération mécanique au dos pour signaler le passage par un centre de tri français non plus...

Depuis juillet 2014, le service postal et philatélique de l'archipel est confié à une entreprise, Falkland Post Service Ltd. (FPS), qui s'occupe de diffuser les timbres du territoire de Géorgie-du-Sud-et-Sandwich-du-Sud d'une part, du Territoire antarctique britannique, inhabités sauf par les équipes des bases scientifiques et la faune locale.

Par contre, FPS ne semble pas avoir de site pour vérifier le parcours de cette lettre recommandée par un outil de suivi.

samedi 17 juin 2017

Royal juin tout autour du monde

Trouver une destination de voyage peut être une motivation à consulter les activités de la Société philatélique royale de Londres.


Croisières ou road trip ?
Un an après, les boîtes postales de Gibraltar reviennent dans The London Philatelist de ce juin. Non sous la plume du local Richard Garcia, mais par Geoff Chivers qui, heureux hasard, a pu photographier les travaux d'installation de la boîte aux lettres au monogramme du Roi Edward VIII qui justifiait l'article de juin 2016 et l'émission gibraltarienne du dix octobre suivant.

Des récents numéros de Gibbons Stamp Monthly au London Philatelist, Richard Garcia développe les liens entre la colonie britannique et son voisin d'outre-détroit - une idée de croisière ? Dans les numéros d'avril et de juin, il s'associe ainsi avec le spécialiste français Maurice Hadida pour développer l'histoire des postes marocaines fin dix-neuvième début vingtième siècle, qui ne furent jamais partie de l'Union postale universelle.

En avril, la première partie étudiait les postes locales après une introduction sur les bureaux postaux des puissances européennes, concentrés principalement à Tanger ; d'où le besoin de systèmes locaux. Parmi les postes les plus prospères - définies comme ayant fonctionné plus de sept années, celle établie de 1891 à 1900 entre Mazagan et Marrakech par Isaac Brudo (1860-1945), fils d'un marchand marseillais installé dans la première depuis 1857. Avec celle entre Fès et Mequinez (Meknès), elle fut une des deux seules à émettre un timbre-taxe en plus de ses timbres-poste.

Le second exemple est la poste des frères Marx & Co entre Mogador et Marrakech de 1893 à 1911, pour suppléer l'échec de Mayer Maïmaran en 1892. Disposant de timbres à partir de 1895, il faut auparavant rechercher un cachet triangulaire « W / M & Co ».

Ce premier article se conclut par un tableau des seize postes locales marocaines et une note sur comment déchiffrer l'écriture manuscrite en hébreu. Il faut, entre autres, deviner la langue employée par l'expéditeur, donc la prononciation arabe ou espagnole transcrite en alphabet hébreu.

En ce juin, la seconde partie est parue avec la continuation de ces postes locales par ordre décroissant de durée. Comme pour les deux premières (présences française et allemande), les liens avec des marchands ou des autorités des puissances européennes sont soulignées. Ainsi, pour la poste de Messod Bensimon, entre Fès et Mequinez, se retrouve l'agent postal britannique à Fès, James MacIvor MacLeod. Celui-ci s'était vu refusé d'exploiter une telle route par le Post Office de Gibraltar en 1893, mais il put communiquer sur le service proposé par Bensimon en 1897.

Pour aller plus loin, Maurice Hadida a donné une conférence sur l'histoire postale du Maroc de 1852 à 1925 au Collectors Club de New York, le trois septembre 2014, visible sur le site de partage vidéo Vimeo.


Longue croisière sur les océans des archives
Carte néerlandaise de 1630 - Atlas van der Hagen - sans la coquille (Bibliothèque royale des Pays-Bas, via Wikimedia Commons qui dispose de reproduction en meilleure résolution).
Avant de quitter le London Philatelist de juin, Roger Baxter y propose une étude des cartes anciennes de Bermudes - si vous préférez une croisière transatlantique. Son objectif est de deviner la cause de l'erreur des timbres de trois pence et un shilling trois pence, émis en 1953 par le territoire britannique d'outre-mer. Une des paroisses fut typographiées « Sandy's Ph. » au lieu de « Sandys Ph. ».


Ou alors, un grand pays, mais par avion
C'est dans la même ligne de recherche historique et de diffusion au public qui paraît inspiré Frank Walton lors de sa présentation des courriers internationaux aériens de Chine jusqu'en 1949 - sa seconde grande passion après le Sierra Leone présenté l'année dernière. Le résumé en pdf est accessible à tous ; le livre en ligne de l'exposition et la conférence filmée le jeudi huit juin doivent pouvoir l'être sur demande au secrétariat (or join and enjoy learning).


L'introduction est sérieuse, non sans humour, pour un historien - ou un élève français de terminale passant son épreuve d'histoire-géographie hier - ce qu'on m'a dit qu'un exposant ait censé faire sur le synopsis de sa collection remis au jury : définir le sujet, son cadre spatial et temporel, maîtriser quelques idéogrammes chinois.

Pour ce dernier point, le désormais Président-Passé de la Société se limitera aux dix chiffres de base pour les dates... une fois qu'il est bien compris que les cachets d'oblitération sont en « -ème année de règne ». De quel règne ?, sera la question en observant une enveloppe-énigme.

Tout courrier aérien - ou ayant connu une étape aérienne pendant son trajet - émanant de la Chine jusqu'en 1949 - le premier octobre fut proclamé la République populaire de Chine, mais les combats avec la République nationaliste ont duré jusqu'en 1950.
Un plan chronologique d'apparence simple... sauf quand il est expliqué à haute voix : quand débute et finit la Seconde Guerre mondiale ? (conférence à la Royal Philatelic Society London, huit juin 2017, via youTube).
Cela paraît simple, mais des courriers ont pu prendre l'avion sur une partie du parcours avant 1931, année où la poste chinoise prend en charge du courrier aérien. Voire, et les bacheliers français le savent bien : quel découpage chronologique cohérent entre les précurseurs et les tardifs ?

Donc, d'abord avant la Seconde Guerre mondiale, pendant celle-ci et après celle-ci. Easy!

Non : outre les différentes routes aériennes de la première partie que je ne résumerai pas ici - il me faudrait un été pour les comprendre et j'ai déjà celles d'Afrique de l'Ouest qui désespèrent... enfin, si je me sors d'une promesse sur la philatélie au temps de la Reine Elizabeth II, et Geralt qui m'attend... - , il faut se rappeler que la guerre sino-japonaise débutant en 1937, voire l'invasion de la Mandchourie en 1931, amorce les hostilités bien avant l'énième guerre civile européenne de 1939-1945, et que la capitulation japonaise a lieu après celle de l'Allemagne.

Un courrier partant de Chine entre 1937 et 1939 pour l'étranger par avion se placera-t-il la première ou la seconde partie ? Tout dépendra de son étude par l'historien postal, de ce que ce courrier permet de montrer et démontrer, et des trous d'illustration à combler dans l'exposition elle-même.

Même si je m'intrigue à comprendre comment fonctionnèrent les systèmes monétaires métalliques au temps jadis et comment ils ont évolué et disparu pour donner les ancêtres de nos systèmes actuels au cours du vingtième - Pourquoi ce besoin de dormir huit heures par jour ? , j'ose à peine réécouter la troisième partie de cette présentation quand son auteur annonce qu'il faut distinguer les courriers par système monétaire au sein d'une Chine en ébullition de 1945 à 1949...

Comme le Sierra Leone l'année dernière, des heures de réétude sont proposées par Frank Walton en un jeudi après-midi.


Au calme et au frais
Pour me reposer, je me tournerai tout l'été vers le Roi George VI, à l'occasion des quatre-vingts ans de son couronnement, en mai 1937. D'ailleurs, l'exposition de ce mois, proposée par Hugh Osborne au siège de la Royale, 41 Devonshire Place (ou sur le site), porte sur les timbres de ce règne aux îles Falklands - il nous manquait une zone climatique fraîche dans cet article écrit par 32°C à l'ombre.

Merci à tous ces auteurs et collectionneurs pour ces voyages.


Note du lundi quatorze août 2017 :
Concernant le Maroc, il y a une troisième partie à l'étude de Maurice Hadida et Richard Garcia : les postes chérifiennes, gérées directement par le Royaume à partir de 1892, sont évoquées dans le numéro de juillet-août de London Philatelist. Complété de témoignages français sur les rekkas, les postiers d'alors, marchant, marchant sans discontinuer.

mercredi 21 décembre 2016

La poste par le manque en Géorgie du Sud

Dans les deux derniers numéros de Gibbons Stamp Monthly datés novembre et décembre 2016, Hugh Osborne a proposé l'histoire postale de Géorgie du Sud à partir de toutes les pénuries vécues par les postiers du bureau de Grytviken - dont la boîte aux lettres restaurée fut inaugurée en janvier dernier par la Princesse Anne.

Isolé dans une minuscule station baleinière, entourée par la montagne et ses neiges d'une île subantarctique britannique, à plusieurs jours de navigation des îles Falklands et à des semaines de Londres, les postiers de Grytviken ont appris à se débrouiller.

Accompagné de courriers-exemples, le récit de Hugh Osborne permet d'envisager simplement les complexités de l'histoire postale de Géorgie du Sud.

Chronologiquement, il manqua tout d'abord d'un bureau de poste (!) pendant les cinq premières années après l'arrivée en 1904 de l'expédition baleinière du Norvégien Carl Anton Larsen. Les quelques courriers norvégiens présentés furent envoyés à Buenos Aires pour y trouver le premier bateau se rendant vers la Géorgie du Sud.

En décembre 1909, John Innes Wilson ouvre un bureau de poste et d'administration britannique avec un paquet de timbres qu'il avait lui-même achetés, mais sans cachet d'oblitération au nom du territoire, une des règles de l'Union postale universelle. Chaque oblitération avec un cachet des Falkland fut donc accompagnée d'une marque en ligne SOUTH GEORGIA. Cela dura jusqu'à l'arrivée depuis Londres d'un timbre à date circulaire conforme en juin 1910.

Puis, la pénurie de timbres survint pendant un congé de Wilson et son remplacement par Edward Binnie d'août 1911 à février 1912 : le premier ne voulut pas augmenter son stock de timbres, le second ne vit pas l'intérêt d'en acquérir pour six mois. Jusqu'à ce qu'arrive l'expédition allemande du Docteur Wilhem Fichner sur le Deutschland... qui engloutit le stock restant et une commande d'urgence. Le bricolage fut un tampon Paid             at             / South Georgia avec ajout à la plume du numéraire remis et les initiales du maître des postes (EBB, puis JIW).

Les autres pénuries de petites valeurs se répétèrent en mars 1923, février 1928 et octobre 1930. Les solutions furent le découpage de timbres restants en 1923 et 1930, mais les autorités à Stanley, dans les Falkland, autorisèrent la surcharge locale des timbres de deux pence pour en faire des timbres de deux pence et demi, nécessaires pour l'envoi des lettres des marins norvégiens.

En décembre, la série se poursuit avec le manque de millésime dans l'oblitération ! Une sorte de bug de l'an 2000 en 1932 : par économie, le postier utilisait les numéros de jour pour les années. Ce qui fonctionna sans souci jusqu'en 32 : en janvier, un simple 2 isolé fit office de millésime, avant qu'un 3 parvint à être fixé à ses côtés.

Le reste de l'article de décembre rentre dans les régulières pénuries d'étiquettes de recommandation, compensées par l'emploi surchargé manuscrit de celles de New Island, aux îles Falkland en 1920, puis celles de Stanley surchargé au tampon en 1929 avant de les dessiner à la main en 1930.

jeudi 30 juin 2016

Mille en neuf ans et presque demi

Millième post, article, blague, dissertation philatéliques aujourd'hui, jeudi trente juin 2016 pour ce blog en neuf ans et cinq mois. Mes meilleurs souvenirs liés à son écriture ?

Non pas tellement mes exhibitions hyper-ironiques des actions des directions successives de φl@poste et de leurs alliés fédéral et négociant... Ça m'amuse de les écrire bien sûr, surtout les imaginatifs épisodes de Marian, Gloire et Beauté (merci Posti) quand la probable déception des dirigeants de La Poste et des traditionnels artistes du timbre a provoqué d'étranges réactions des φ-journalistes φrançais (depuis quand ne respecte-t-on pas les embargos et la sainte neutralité face aux émissions de France ??? Jamais sauf quand...) pour la nouvelle Marianne de la jeunesse, avant même qu'Olivier Ciappa ne tweete sur le lien entre son timbre et la thématique mamelles.

Tout cela permet de passer de lasses et inutiles colères... Lasses quand je vois le pigeonni... je lis le témoin « boucheur de cases » trouvé par l'éditorialiste Socrate dans Timbres magazine de ce juillet-août : il ne peut s'empêcher d'acheter tout ce qu'il trouve beau, mais φl@poste devrait comprendre que son porte-feuille n'est pas extensible...

lol ? Grrrrr ? Appeler la CGT à manifester au cri : « Françoise et Gilles au pilori » ? Écrire un essai Désir eslingérien et frustrations gilliennes de la case non bouchée chez le collectionneur français post-moderne ? Avec une édition poche enrichie d'un chapitre Les 12 méthodes de la spéculation heureuse ?

Aujourd'hui, j'écris au premier degré sans aucun humour : que ce collectionneur se démerde. Moi, je continue à couper des arbres... on ne sait jamais en cas de spéculation sur le marché du pilori :)

Alors quoi comme souvenirs ?

L'oblitération du bureau de Cacao, en Guyane, en 2002 (scan envoyé par Pierre Millien).
La découverte au hasard des lectures et des recherches de lieux et de populations, tel le village guyanais de Cacao où la République française installa des réfugiés hmongs en 1977 (article du trente-un juillet 2009).

Oui, ce simple petit article sur un si petit lieu découvert en farfouillant ce que je pouvais découvrir au moment du feuillet chocolaté de 2009. Parce que le timbre, l'oblitération, l'activité postale sont liés au besoin humain de communiquer et de commercer, pas à étouffer dans des classeurs, ni à être limités à une valeur spéculative.

Sinon, ce sont toutes les personnes qui m'ont permis d'apprendre et de découvrir qui marquent cette décennie.

Des marchands-auteurs britanniques qui étudient ce qu'ils vendent. Certes, on peut se poser la question de leur objectivité à multiplier les découvertes de variations des timbres-poste et de distributeurs de Royal Mail, mais au moins Outre-Manche, ce sont des Philatélistes qui étudient, commentent, critiquent les nouveautés britanniques dans les périodiques grand public Stamp Magazine, Gibbons Stamp Monthly et sur leurs blogs (comme celui de Norvic Philatelics de Ian et John Billings).

Les rencontres de Basil Herwald avec les dirigeants des services philatéliques de pays variés lors de ses voyages pour Gibbons Stamp Monthly, loin de se contenter d'attendre le mail annonçant le programme annuel d'émissions depuis son fauteuil et qui permet de montrer que nouvelles émissions actuellement n'est pas synonymes de diarrhées philatéliques ou de papier-peint d'agences.

Quel bonheur donc que mes abonnements à ces deux mensuels britanniques depuis 2007, découverts par leur couverture sur les quarante ans de la série Machin (vous pouvez aussi rejoindre les fanatiques de l'effigie Annigoni sur le forum StampBoards). Un salut amical à Julia Lee où que ses pas professionnels l'aient porté depuis les pages News de Stamp.

À l'époque temporairement éloigné à Paris, ce blog fut inspiré du modèle d'alors le Blog philatélie de Dominique Stéphan, hélas disparu du web. Comme est en sommeil depuis quelques temps l'actif thématiste Oh les timbres. Des devenirs que ce blog aurait pu connaître entre 2011 et 2013 quand il fut très difficile de concilier et placer dans des priorités durables philatélie et écriture avec vies professionnelle et personnelle, et autres loisirs... Pourquoi des catégories Uchronie et Jeu vidéo sur un blog philatélique ?!! Parce que.
Helen Morgan, non-philatéliste, a enquêté sur les premiers timbres de Maurice (amazon.co.uk).
Les lectures ont aidé à maintenir un chemin, même quand elles ne finissent pas toutes sur le blog. Avec internet d'abord qui a permis de découvrir deux livres écrits par des Moldus sur les premiers timbres de Maurice et la Collection philatélique royale. Dans le même temps, je découvrai Londres et sa richesse philatélique à l'époque où le libraire Vera Trinder y était encore.
La bibliothèque est toujours là malgré les déménagements (IKEA c'est du solide), mais depuis mai 2010, les albums ont dû se tasser plus bas encore face à l'afflux d'ouvrages et de dvd... Oui, fan de séries télévisées en plus (licence creative commons cc by-nc-nd 3.0 fr).
De fil en aiguille, je suis passé des ouvrages de Douglas Muir du British Philatelic Museum & Archive aux publications de la Royal Philatelic Society London...

En effet, alors que je découvrai l'ambiance si feutré (plus qu'en 2009) de la halle des marchands de Monacophil 2011, j'abordai timidement le stand de la Royal Philatelic Society London car le modeste lecteur-blogueur philatélique que je pense être, osai demander à acheter le cd-rom de l'intégrale du London Philatelist (aujourd'hui sur clé USB pour trente livres sterling) pour enfin profiter de certains articles inacessibles mais hautement intéressants.

Là, un chaleureux et jovial Frank Walton me transforme en membre-lecteur-blogueur visiteur impatient de revoir la bibliothèque du 41 Devonshire Place, intenable au travail les jeudis de conférences diffusées en ligne, explorateur aventureux des milliers de volumes et le million de pages de la Crawford Library - cela va-t-il finir comme dans un double-épisode de Doctor Who ? Qui a éteint la lumière ? Brrrr... - et, dans le même élan et à ma grande surprise, spectateur intéressé des expositions philatéliques : la partie que la presse philatélique française ne commente jamais (encore merci, Robert Marion).
Franchement quelles associations peuvent se vanter de disposer de toilettes aussi philatéliques que celles de la Société philatélique royale de Londres ? Distributeur de timbres et boîtes aux lettres extrait des collections du musée de la RPSL.
Si les commentaires sur ce blog sont fermés et son auteur assez contemplatif, les contacts liés existent, ponctuellement avec Pierre Millien et Olivier Gervais (Avez-vous vu sa lumineuse collection à Paris-Philex ? Au moins son site) quand je faute grandement... Laurent Bonnefoy en sait quelque chose dernièrement.

En attendant un clin d'œil aux deux seuls anonymes qui ont tenté le mail hautement moralisateur sur l'odieux que je suis de ne pas nommer de son nom philatélique la Marianne de Nicolas ou d'oser faire autre chose que de la philatélie sur un site philatélique... Deux clics : un sur le bouton Spam, un autre sur la corbeille. C'est un blog/bloc-notes personnel d'un amateur.

Et désolé à deux ou trois autres, mais je ne m'intéresse pas à tout : je ne suis pas une agence de presse philatélique, même si je passe du temps à débusquer des informations avec Google Actualités. Être systématiste dans la publication reçue, c'est un métier, il y a des professionnels : profitez-en.

Le reste des lecteurs ? D'après les outils de mon hôte Blogger, je salue la majeure partie de mon public : les robots de Google et de Google Images :) Sans oublier ceux de l'entreprise privée qui assure le suivi de la réputation du Groupe La Poste sur les réseaux sociaux ;) que je remercie d'avoir retweeter des articles de temps à autre, provoquant des explosions inexplicables de consultations (deux cents lecteurs pour ce résumé de Midi libre !??)... Généralement quand je complimente La Poste. Aussi rare qu'un bloc Courrèges en couleurs à Paris-Philex :p
La trouvaille de l'année et l'article qui m'a fait le plus plaisir d'écrire : comment le Conseil de promotion de la philatélie du Nigeria a réussi une exposition-colloque en mars dernier, en présence de l'ancien président Obasanjo (à droite ; NTA News, trois mars 2016).
Heureusement quelques humains lisent également ce blog : une douzaine dans la journée chaque publication à coup sûr - Bonjour ! Une centaine d'un coup quand je critique le monde φl@télique, mais seulement la moitié quand je le complimente le lendemain... Oh ! Lectorat aussi difficile que je suis hypocrite :p

Depuis 2015, vous provenez d'une liste de plus en plus longue de pays différents selon où l'adresse du blog a pu être publiée (Jean-Jacques Tilleard et la philatélie de Saint-Pierre-et-Miquelon ont énormément d'amis en Amérique Latine et en Asie du Sud-Est, j'en témoigne) ou selon le sujet touché (quelqu'un aux îles Falklands utilise l'approprié IceWeasel comme navigateur).

Ce lectorat atteint des contrées encore plus inattendues comme le Pakistan et l'Égypte quand deux philatélistes ont apprécié sur Facebook qu'un « petit pays philatélique » soit évoqué ici, le Nigeria en mars dernier, pour un reportage télévisé montrant qu'il se passe des choses en dehors des fédérations européennes de « boucheurs de cases ».


Quoi pour les mille prochains ?

Un article par nouveau timbre de France, d'Outre-Mer et des Principautés reproduits dans Timbres magazine à partir de la nouvelle nouvelle formule de septembre prochain... Prochain article du millier dans très peu de temps donc :)) Non, mauvaise blague que j'ai déjà écrite, rappelleront les lecteurs attentifs et réguliers (jeu interdit aux robots indexateurs).

Les types d'articles en place depuis la relance de 2014, à coup sûr : nouveaux timbres du monde qui me plaisent, compte-rendus de lectures par le croisement que mon esprit du moment réalise entre elles, et quand l'enthousiasme de l'écrivain y est, un pièce de profonde ironie sur les aléas - ou les grands moments : l'offensive médiatique d'octobre-janvier - de la  φl@postie φranç@ise, objet d'étude en elle-même pour un historien.

L'espoir aussi de mieux tenir et plus souvent le blog en anglais que je ne veux pas être qu'une traduction de celui-ci.

Au-delà, qu'en sais-je ? Ce jeudi après-midi, j'écris (pire : vous lisez) des mots aussi futiles alors que la Royal Philatelic Society London et la British Library présentent en direct sur youTube l'impressionnant, sisyphien, coûteux et absolument inestimable travail réalisé pour que la Crawford Library soit accessible à tous par l'intermédiaire d'internet...

Au-delà donc, il y aura sûrement plus d'activités dans mes classeurs - c'est fou les trucs hyper-intéressants que j'y entasse depuis que j'ai dix ans (et seulement cinq ans comme abonné aux nouveautés de France) - et, j'espère, au-delà, en d'autres lieux et formes philatéliques.

Sinon, dans les prochaines semaines avant une pause estivale : la fin de l'exposition-compétition Paris-Philex, le bilan de la future ancienne nouvelle formule 2015-2016 de Timbres magazine, et ce qui m'inspirera dans tout ce qu'internet permet de diffuser et de faire connaître.

mercredi 27 janvier 2016

Les boîtes rouges, marqueurs de souveraineté australe

Une brève au hasard du mur Facebook de la Famille royale britannique qui croise une nouvelle qui a attendu l'été austral pour parvenir en Europe.

Note : la partie de l'article sur Fox Bay a été remanié suite à des informations fournies par Stefan Heijtz que je remercie infiniment.

Alors que le nouveau président de la Nation argentine,  Mauricio Macri, visitait le Premier Ministre britannique la semaine dernière, un membre de la famille royale achevait un séjour dans les deux territoires d'outre-mer des Falkland d'une part, et des îles Géorgie du Sud et Sandwich du Sud... Le premier voulait entamer des discussions sur ces îles sur des bases moins conflictuelles, le second lui rappela qu'elles sont britanniques.

Sur place...
La Princesse Royale a dévoile la boîte aux lettres du bureau restauré de Grytviken, sur l'île de Géorgie du Sud (Gouvernement du territoire de Géorgie du Sud et des Sandwich du Sud).
Entre visites aux habitants, citoyens britanniques et fiers de l'être, aux scientifiques et découverte de la faune et de la flore australe, la Princesse Royale, Anne Windsor, fille de la Reine, a pu accomplir quelques tâches postales, marquant finalement la souveraineté britannique sur les lieux.

À Grytviken, elle a dévoilé la boîte aux lettres du bureau de poste restauré de cet établissement fondé par des Norvégiens et nommé par un Suédois, peuplé en 2008 de vingt habitants (trente en tout avec les Sandwich du Sud).

Elle a également visité la tombe de Sir Ernest Shackleton, dont la Royal Mail célèbre le centenaire de l'expédition de l'Endurance.
La Princesse Anne poste une carte-souvenir à l'ancien bureau de Fox Bay. À l'arrière-plan, le philatéliste falklandais Stefan Heijtz, Sir Timothy Laurence, époux de la Princesse et Roger Edwards, membre de l'Assemblée législative des Falkland (Government House of the Falkland Islands, reprise par The Royal Household).
De retour dans les Falkland, Anne posta une carte postale à Fox Bay, sur l'île occidentale (ou Grande Malouine). Et c'était le lieu le mieux choisi pour cela. En effet, le numéro daté février 2016 de Gibbons Stamp Monthly informe que le quasi-centenaire bureau de poste de Fox Bay est devenu un musée postal en mars 2015 !

La maison contint un émetteur radio en 1918, dont l'opérateur fit fonction de postier. En 1988, le bureau a déménagé à l'épicerie locale. En 2014, le philatéliste Stefan Falkland Heijtz a acheté la bâtisse et transformé en musée postal avec l'aide de Hugh Osborne, autre grand spécialiste de la philatélie de l'archipel.
Carte postale spéciale marquant l'événement du vingt-et-un janvier de l'inauguration par la Princesse Anne de la boîte aux lettres du musée de Fox Bay (photographie du Government House Falkland Islands, que m'a transmise Stefan Heijtz).

À présent, le lien avec la photographie : inauguré en mars 2015, le musée a reçu une boîte-pilier de l'époque du Roi Edward VII de la part du British Postal Museum & Archive qui fut inaugurée par la Princesse Anne, ce jeudi vingt-et-un janvier, lors de sa venue au musée.

Plusieurs enveloppes commémoratives ont été confectionnées et seront vendues par le Falkland Islands Philatelic Study Group pour financer le Fond de recherche Stefan Heijtz pour encourager l'étude et les publications philatéliques sur le Saint-Pierre-et-Miquelon britannique.

Pour visiter le musée , il faut demander soit à Stefan Heitz ou un des agents du village de Fox Bay de vous ouvrir.

Complément du vendredi vingt-huit décembre 2018 :
Le vingt-huit novembre 2018, la poste des Fakland a émis une série de quatre timbres pour le centenaire du bureau de Fox Bay. Je traite de l'émission et de la lettre recommandée dans laquelle je l'ai reçue par ici.

dimanche 29 novembre 2015

Tout premiers courriers des îles Falkland

Ce jeudi vingt-six novembre, à cinq heures de l'après-midi au siège de la Royal Philatelic Society London, Michael Roberts a présenté sur panneaux et en une conférence sa collection d'histoire postale des îles Falkland des origines à 1945.
La pièce de résistance de la conférence : la plus ancienne lettre connue des îles Falkland (image du catalogue Grosvenor, désormais propriété de Michael Roberts).
Après une présentation générale de la géographie et de l'histoire de la conquête européenne de l'archipel et avant de se plonger dans les premiers courriers, leurs marques et les routes maritimes employées, Michael Roberts a pu présenter sa toute dernière acquisition.

Là où le fichier pdf présente un contenu allant de 1827 à 1945, la conférence diffusée aux membres sur youTube et l'exposition ont montré une lettre du quinze février 1800 adressé par un fils à son père aux États-Unis, et confiée à un navire britannique qui passa d'abord par Le Cap avant de rallier Portsmouth, où la lettre prit le chemin de New York. Un voyage de onze mois !

Roberts l'a acquise lors d'une récente vente de Grosvenor Philatelic Auctions, le lot 5001 de la vente 103 du mercredi onze november 2015. À temps donc.

mardi 25 août 2015

Adieu au demi-penny en pièces et timbres

En mai dernier, lors de l'exposition européenne London 2015, j'ai acheté deux souvenirs numismatiques à prix bradés, une livre sterling chacun.

Si le premier, présenté jeudi dernier, respecte peu les pièces de monnaie collées à même le support ; le second maltraite les timbres et met en valeur les pièces.
Face avant du souvenir Farewell to the Half Pence.
L'origine, si elle est connue, ne se trouvera pas sur l'objet anonyme, ni même sur la page Sets du site Jersey Coins and Banknotes de H.K. Frears, spécialisé dans les moyens de paiement de Jersey.

Est marquée la disparition de la pièce d'un demi-penny décimal, en bronze, apparue en 1971, frappée pour la dernière fois en 1984 et démonétisée à la fin de cette même année.

Trouver des pièces en assez bon état ne devait pas être difficile, j'imagine : échange une plus grosse pièce contre des rouleaux de demi-pence.

On s'interrogera sur le choix des territoires : Grande-Bretagne et Irlande normal - même si la pièce irlandaise survivra jusqu'en décembre 1986.

Les Dépendances de la Couronne pas trop difficile de s'y rendre ou à leur représentation londonienne... Mais pourquoi les îles Falkland ? Et pas Gibraltar bien plus proche ? Parce que le Rocher ne frappe ses propres pièces que depuis 1988 et n'a connu que les demi-pence britanniques.

Oublions les territoires d'outre-mer britanniques des Antilles dont l'histoire monétaire est dans la complexité du système métallique des Amériques, multiplié par le nombre des territoires et des choix possibles, à lire la page de la Wikipédia en anglais sur le dollar des Indes occidentales britanniques.

Face arrière - et elizabethaine - du souvenir.
Les millésimes des pièces est au bonheur la chance depuis 1971 pour Guernsey à 1982 pour le Royaume-Uni, en passant par 1977 Man et un trio de 1980. L'exemplaire de Frears possède une pièce de Jersey de 1981.

Les timbres sont identiques et paraissent être les derniers d'usage courant à cette valeur, aussi aisés à se procurer en quantité, sauf pour les îles Falkland.

Le Machin est celui de 1971 (le prédécimal de 1968 était orange-brun ou brun-orange, j'ai du mal avec les sous-nuances), il faut étudier le papier et sa phosphorescence pour préciser le tirage. Pour les Dépendances, de 1978 à 1981, dans des thèmes locaux : paysages à Man, anciennes monnaies à Guernsey et blasons familiaux à Jersey.

Pour l'Irlande, c'est l'émission des animaux stylisés de 1968-1969 qui a été choisi, mais pas la réémission pour la décimalisation 1971 en bleu et sans le « p » qui aurait été plus logique. Il se peut que le stock du pré-décimal ait été plus important chez les marchands, surtout que la série architecture de 1982 ne comprend plus cette valeur.

Le carton avec surface simili-cuir est épais et solide, la pochette en plastique visiblement efficace. eBay interdit de lire depuis la France plusieurs annonces britanniques de ce souvenir (?!) dont les pièces sont toujours décrites comme n'ayant pas circulé. Néanmoins, un exemplaire australien est proposé à un peu moins de treize dollars locaux, soit environ huit euros.

À savoir si des collectionneurs ou des marchands européens ont pensé à créer ce genre d'objets pour le passage des monnaies nationales à l'euro - ou se sont contentés de spéculer sur les souvenirs timbro-monétaires des postes et monnaies nationales ?

samedi 25 janvier 2014

Pour une fois que ce n'est pas à cause des Falklands

Agitation politique (et dans les commentaires d'un blog hébergé par Le Monde) en Argentine à cause de la nouvelle série d'usage courant sur les réalisations d'une décennie... et, pour une fois, ce n'est pas à cause d'un échange épistolaire avec les Britanniques de la Royal Mail ou du Falkland Islands Philatelic Bureau (rappel historique avec un petit article de Todd Pierce de 1996 dans une publication de l'Université de Durham).

En se promenant sur le site philatélique de l'opérateur argentin, sans comprendre l'espagnol, l'émission du lundi 20 janvier 2014 est retrouvable avec la légende : pour les Uso Corriente et en vente indivisible pour les Up.
Première partie de la série (site de Correo Argentino).

Seconde partie de la série avec logotype « UP » (Correo Argentino).
 Sur le blog América Latina (VO), depuis le 22, les échanges entre lecteur semblent se focaliser sur l'expression « propagande gouvernementale » et ses définitions anciennes et actuelles en langue française. Minoritaire le point de vue que les timbres peuvent marquer une décennie de législation nationale, davantage ceux qui trouvent que le couple présidentiel Poutine/Medvedev... Mes excuses, je me trompe de pays : Néstor Kirchner, président de la Nation argentine de 2003 à 2007, et de son épouse Cristina Fernández de Kirchner, présidente à son tour en 2007 et réélue en 2011, couple dont le bilan économique serait désastreux si l'on croit encore que ce ne sont pas les grands financiers, spéculateurs et firmes transnationales qui font l'économie mondialisée.

Rien de très nouveau à voir les esprits s'échauffer sur de la politique sur timbres, certains commentateurs du blog du Monde rappellent les inspirations contemporaines d'Olivier Ciappa pour la Marianne de la Jeunesse français, émise en juillet 2013, voire même, pour taper sur la présidence-philatéliste (souvenez-vous les États-Généraux...) de l'Omni-Président, les réalisations de l'Union européenne par Yves Beaujard, carnets de 2008.

 Mais, en poursuivant la découverte du programme philatélique argentin, on découvre que la politique à toutes les échelles n'est jamais loin. Le bloc ci-dessus par exemple : en cliquant, la version grand format permet bien de distinguer chaque État sud-américain. Mais, de loin, le Chili et la Bolivie paraissent imprimées dans la même teinte de bleu... pour ne pas réveiller de vieux souvenirs ?
L'Argentine y a pensé... oui, comme nous, ils ont des arrière-pensées commerciales sur ce continent... et sur le porte-feuille des collectionneurs de nouveautés. Mais, un petit geste timbré, ça fait toujours plaisir (Correo Argentino).
On attend également en Europe de voir marquer les grands moments des autres continents, autres que la colonisation au détriment des peuples natifs (multiples émissions conjointes canadiennes). Alors que les forces armées françaises interviennent régulièrement aux côtés de celles de l'Union africaine dans plusieurs guerres civiles depuis une décennie, nul timbre français ne signale le cinquantenaire de l'ancienne Organisation de l'unité africaine, continent que nous Français et Européens avons pourtant bouleversé depuis plusieurs siècles.
Le trois livres de la série de cinq timbres, rappelant le vote, émis le 15 février précédent (Falkland Islands Philatelic Bureau).
Pour finir, ce n'est pas tout ça, mais revenons aux habitudes de la guerre timbrée entre Argentins et Britanniques : les 10 et 11 mars 2013, seuls quatre électeurs des îles Falkland n'ont pas voté en faveur de la proposition de conserver le statut de Territoire d'outre-mer britannique : trois non (pro-argentins ou indépendantistes ?) et un vote annulé.


Mise à jour du lendemain (le temps de lire le journal en papier) :
Ces timbres arrivent la semaine où les spéculateurs ont décidé de s'amuser avec les devises des pays émergents, avec pièces de monnaie argentines sur lemonde.fr et bureau de change de Buenos Aires dans l'édition datée dimanche 26-lundi 27 janvier du Monde. Allez savoir sur quoi repose cette méfiance... lassitude à embêter les Européens et leurs appétissantes dettes, besoin de cacher les mouvements sociaux et civiques en Chine,... phase de la Lune, année du Cheval,...

Côté histoire postale qui ne se collectionne pas, sauf avec patience de récupérer les documents, puis de les expliquer à des accumulateurs de nouveautés offset : le même numéro du Monde, en vente en France jusqu'à lundi midi, signale que la Russie et l'Argentine resserrent les règles permettant de commander des biens sur des sites web étrangers, pour éviter de voir fuir des devises en contexte d'inflation. Ainsi, depuis le 22 janvier, le commanditaire doit remplir des formulaires de douane et s'attendre à de très lourdes taxes (jusqu'à 85% de la valeur selon les cas). En Russie, deux firmes transnationales du transport de colis vont apparemment suspendre les livraisons vers les particuliers russes à cause de la multiplication de la paperasse après la frontière et du déclenchement des droits de douane sur des valeurs plus basses.

À rechercher pour le plaisir de découvrir l'espagnol et le russe administratif : le colis, les autocollants portant les informations et autres codes-barres, la liasse douanière de l'entreprise expéditrice, celle supportée par le transporteur, celle ajoutée par surprise que le facteur apportera au destinataire contre paiement,...