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mardi 28 février 2023

Seconde moitié de février 2023 dans le monde de la philatélie

 Trouvailles sur Twitter principalement pendant la seconde moitié du mois de février 2023.

Timbre erroné en vente entre le premier et le six juillet 2022 en Autriche (via Linn's Stamp News).

Le seize, Linn's Stamp News résume l'erreur commise par la poste autrichienne sur un des quatre nouveaux timbres de roulette, émis le premier juillet 2022. Bonne illustration, mais mauvaise légende du château représenté ; dès le six juillet, la vente et les envois furent stoppés net. Cependant, quelques "Burg Güssing" erronés sont parvenus à des clients... Le timbre correct "Riegersburg" apparaît dans le catalogue en septembre.

Cliquer pour aller voir.

Le dix-huit, Graham Beck a montré un exemple magnifique d'art postal à partir d'une émission de timbres du Canada, d'un colis lourd et de postiers respectueux.


Affiche d'Europhil SPM 2023 (via le site de Jean-Jacques Tillard)

Découvert le vingt, le Club philatélique de Saint-Pierre-et-Miquelon organise une nouvelle exposition internationale, du vingt-deux au vingt-cinq juin 2023. Sous le patronage de l'Académie européenne de philatélie, aura lieu un championnat Un Cadre avec des collectionneurs de l'archipel français et des organisations nord-américaines, l'American Philatelic Society et la Société philatélique royale du Canada.



Le vingt-quatre, le webmestre de la Korea Stamp Society (adhésion libre et gratuite) a montré comment obtenir facilement des timbres fiscaux en Corée du Sud : acheter de l'alcool en bouteille comme en cannette.

Les fiscalistes en recherche d'un nouveau terrain de découverte peuvent se tourner vers la Corée du Sud aux timbres fiscaux multiples et régionaux.


Un exemple érinnophile du sens des inscriptions sur timbre chinois (fil Twitter par Richard Philatelist).

Le vingt-cinq février, Richard, un philatéliste britannique, a posté une vidéo sur YouTube pour expliquer les inscriptions sur les timbres de la République populaire de Chine. Une réalisation fort pertinente et utile. Merci !


Le vingt-six, Vaccari News annonce la disparition de l'historien postal Beniamino Cadioli, spécialiste des postes militaires italiennes depuis les guerres d'Abyssinie, à la fin du dix-neuvième siècle, jusqu'à la Seconde Guerre mondiale.

Couverture du Catalogue Scott des timbres contrefaits des États-Unis.

En pré-commande chez l'éditeur Amos Advantage, un fort étrange catalogue au nombre de pages promis à l'inflation, sauf si l'United States Postal Service ne réagit drastiquement : le Scott Specialized Catalogue of United States Counterfeits de 2023.

Apparemment, les timbres à validité permanente, Forever, pour le premier échelon intérieur sont tellement falsifiés depuis 2007 que l'éditeur a décidé qu'il ne pouvait plus les lister au sein du catalogue spécialisé des États-Unis : dix-sept pages pour les faux à valeur faciale chiffrée, quatre-vingt-dix-sept pages avec les valeurs permanentes,... et, déjà, d'autres falsifications ont été rapportées depuis le lancement de l'impression de ce nouvel ouvrage.

À rapprocher de la politique d'émissions de timbres à validité permanente... Je commence à comprendre celle de La Poste.


Bloc-feuillet japonais à venir le quinze mars (via l'association philatélique japonaise).

Enfin, à venir en mars, la poste japonaise émet un grand feuillet richement décoré sur deux châteaux de la Loire, Chambord et Chenonceau. Il est connu par les bilans de Philaposte Boulazac que l'imprimerie de la poste française imprime des timbres pour le Japon, mais ceux-ci ne portent pas de nom d'imprimeur. Pour ce feuillet, l'imprimerie apparaît avec cinq repères de couleur en bas à gauche.

Deux journées premier jour auront lieu à l'Institut français Kansai, le mercredi quinze et le samedi dix-huit mars.

samedi 22 janvier 2022

#Xtremephilately, une philatélie avec classe

 Depuis quelques mois, les philatélistes de Twitter participent d'un nouveau jeu mêlant timbres et réalité : la philatélie extrême ou #xtremephilately, le mot-dièse permettant de les retrouver dans les archives du réseau social. Il se retrouve également sur le réseau Instagram.

Si on remonte ce hashtag dans le temps (ainsi que le plus rare avec un e à extreme), on retrouve deux branches :

- la première est celle de l'immensité d'une collection ou d'un amas de timbres-poste qu'il va falloir trier,

- la seconde, celle qui nous intéresse aujourd'hui, lancée par l'États-Unien Graham Beck (@ExploringStamps sur Twitter) à partir de 2017 : retrouver dans la réalité l'objet de nos timbres.

Ainsi, à travers ses vidéos réalisées et postées sur YouTube, Beck a pu voyager pour retrouver sur place les images de timbres de quelques pays. Par exemple, un parmi d'autres, en 2017 dans la première saison d'Exploring Stamps, il est allé filmé les statues de la Liberté de New York et de Las Vegas pour expliquer l'erreur commise par la poste des États-Unis : utiliser la copie du Nevada à la place de celle d'Auguste Bartholdi.

Reconstitution d'un timbre de Noël des États-Unis par Graham Beck, en décembre 2020 (via YouTube).

Il me semble que c'est à partir de sa vidéo de décembre 2020 qu'il y a eu un tournant de popularité : la reconstitution d'un timbre sur la poste rurale de 1977 à la boîte rouge remplie de courrier et de colis de Noël dans un paysage hivernal.

Tout au long de l'année 2021, quelques-uns des philatélistes sociaux ont publié leur photographie de timbres dans leur environnement tantôt urbain, tantôt dans une station de ski ou près du barrage anti-submersion de la Tamise, ou en superposition avec l'œuvre graphique originale, etc.

Un nouveau jeu photographique qui peut permettre d'assurer une viralité à la philatélie chez les (pour l'instant) non passionnés ?

lundi 25 octobre 2021

Bicentenaire au Guatemala

 Pour les collectionneurs de nouveautés en recherche d'une thématique, depuis quelques années et pour quelques années encore, les pays d'Amérique latine célèbrent le bicentenaire de leur détachement progressif, puis de leur indépendance de l'Espagne, acquise définitivement en 1821 pour la plupart d'entre eux, tel le Guatemala. Des événements provoqués par une multiplicité de causes, notamment les idées propagées par la Révolution française et l'instabilité politique en Espagne provoquée par l'invasion napoléonienne.

La poste de ce pays frontalier du Mexique émet plusieurs séries à cette occasion et montre les manifestations premier jour sur sa chaîne youTube, ainsi que des annonces sur Twitter et  photographies sur Instagram. Loin des postes de pays nordiques qui renoncent à la philatélie artistique (Danemark, Suède) voire au timbre tout court (Islande).

Capture d'écran de la vidéo du vingt-deux octobre 2021 pour l'émission Célébration du Bicentenaire de l'indépendance centraméricaine (youTube).

La série de ce mois d'octobre est consacrée à l'Amérique centrale hispanophone. Les publications sur les réseaux sociaux permettent de voir les timbres, l'oblitération premier jour, une exposition philatélico-historique. Mais aussi de découvrir le bâtiment historique de la poste guatémaltèque, monument important de la capitale qui fut éclairer dernièrement pour le mois de prévention contre le cancer du sein.

La carte sur l'oblitération premier jour représente l'Amérique centrale avec les frontières actuelles des États et le pays émetteur hachuré. Dans les années 1820, la situation fut complexe, le temps que les anciennes colonies s'organisent : le Mexique suivit son propre chemin en 1823, une République fédérale d'Amérique centrale perdura jusqu'à son éclatement en 1839.

Cependant, Panama, lui aussi indépendant en 1821, fut partie de la Grande Colombie et de ses États successeurs jusqu'en 1903 et le Bélize devint une colonie de la Couronne britannique dans la dernière partie du dix-neuvième siècle.

Pour ce dernier pays, est-ce la volonté réaffirmée des dirigeants du Guatemala de revendiquer tout ou partie de l'ancien Honduras briannique ?

Peut-être pas : de ce que je comprend, à l'époque, la pression coloniale britannique sur cette partie de l'Amérique centrale est encore d'ordre économique. La Grande-Bretagne souhaite que ces entreprises puissent exploiter les ressources de cette région (y compris sous forme de plantations esclavagistes). Ce n'est que plus tard qu'un conflit entre le représentant de la Couronne et les planteurs conduit à formaliser la colonisation du Honduras britannique.

Note finale : je n'ai pas étudié l'espagnol et je n'y connais pas grand chose à l'histoire de l'empire espagnol aux Amériques.


Complément du mercredi trois novembre 2021 :

Preuve que cette thématique est continentale, ce mercredi, l'ambassadeur du Chili au Guatemala a présenté au directeur de la poste guatémaltèque les souvenirs de l'émission en hommage au bicentenaire des indépendances centraméricaines.

dimanche 16 février 2020

Un nouveau vidéaste philatélique

Si la philatélie consiste principalement à accumuler et ordonner une collection, tout en lisant des articles et des livres pour comprendre le sens originel des timbres émis et des courriers postés, quelques-uns ont le courage de se lancer dans l'audio-visuel.
Bande-annonce de la deuxième vidéo de Ted Talks Stamps (via Twitter).
Tandis que Graham Beck diffuse sa troisième saison de Exploring Stamps, lancée en janvier 2017 avec les timbres français à la Marianne, TedTyszka débute en ce mois de février 2020 des vidéos titrées Ted Talks Stamps. Tous deux sont hébergés sur la plate-forme youTube.

Sa deuxième vidéo renvoie aux premiers timbres en euros émis par l'Autriche, et comment la poste autrichienne les a fait évoluer : conversion au centime près en 2002, puis nouvelle série arrondie en 2003, et enfin la surcharge artistique des stocks restants en 2005-2006 dont la vache tigrée.


dimanche 17 novembre 2019

Gibraltar PE (6) : L'histoire des postes locales et chérifiennes (1891-1913)

À Gibraltar, en ouverture des rencontres philatéliques, lundi vingt-et-un octobre 2019, un nouvel ouvrage a été présenté, bientôt publié par la cent cinquantenaire Société philatélique royale de Londres.

L'hôte gibraltarien Richard Garcia et le Français Maurice Hadida ont joint leurs connaissances et leurs recherches pour raconter Maroc : L'histoire des postes locales et chérifiennes (1891-1913) dans une version bilingue anglais-français, dont le premier exemplaire à peine sorti de l'imprimeur était présenté aux auteurs par le représentant du Bureau de la RPSL.

La présentation a insisté sur la démarche des auteurs et ce qu'ils estiment avoir apporté au sujet.

En sourçant convenablement, ils ont exploité les archives nationales, principalement en France et à Gibraltar, où l'ensemble des communications furent conservées. Certes, les documents liés au fonctionnement postal (dont certains furent présentés par les Archives le mercredi), mais aussi les nombreux rapports consulaires qui racontent la vie au Maroc, notamment celles des entrepreneurs qui ouvrent des lignes locales.

Entre leurs collections et celles offertes à la vue de tous par plusieurs collectionneurs, Garcia et Hadida ont, par exemple, découvert une nouvelle ligne locale ! Évoquée dans un de ces rapports justement, ils n'eurent confirmation de son existence que lorsqu'un collectionneur anonyme leur a présenté la seule lettre connue à ce jour de ce service.

Plus accessible à tous, ils développent l'étude des Maghzen en démontrant que ce sont des timbres-poste à part entière, et non des cachets. Concernant leurs couleurs variant, si la source est, tout simplement, l'encre disponible du moment, ils ont établi des niveaux de rareté pour les amateurs de ce qui est rare (croyant que ça vaudra cher ?).

L'approche est à la fois philatélique, histoire-postalique et historique. Chacun trouvera quelque chose à son goût : du récit pour le dernier, des lettres et des routes et cheminements postaux pour le second, et des études traditionnelles pour le premier. Les timbres des services postaux étrangers sont ainsi étudiés pour eux-mêmes, mais aussi pour montrer quels services ils offrent, dans le besoin de commercer en reliant les régions littorales à l'arrière-pays, et en racontant le travail des postiers-marcheurs de ces postes.

Garcia et Hadida espèrent inciter les collectionneurs à regarder leurs collections de timbres et lettres du Maroc sous un œil nouveau. Un travail déjà avancé par les articles qu'ils ont publié, ces dernières années, outre-Manche entre The London Philatelist et Gibbons Stamp Monthly (quelques résumés traînent sur ce blog dans les libellés Gibraltar et Maroc), par des présentations (telle celle de Hadida au Collectors Club de New York en 2015).

Une publication à surveiller sur le site de la RPSL et sa boutique.

samedi 18 août 2018

Pendant ce temps sur le web philatélique

La philatélie et internet. Un gadget ? Un nouveau vecteur de ventes ? D'écoulement de faux ? De connaissances mal fondées ?

Petit à petit, il semble que les avantages de l'outil sont de plus en plus employés par les acteurs de la collection et de la recherche.

Exploring Stamps
Depuis fin 2016, Graham Beck tient un blog vidéo (vlog) très construit et réfléchi, publié sur youTube. Généralement, des questions simples : décoller des timbres, les principales séries de pays variés, comment gérer sa collection,...
Graham Beck, auteur, acteur, vidéaste de Exploring Stamps sur youTube.
Les dernières ont eu beaucoup d'échos aux États-Unis : comment décoller des timbres autocollants avec des solvants de supermarché et l'histoire de la collection de timbres avec une conclusion optimiste sur son avenir. Et, dernièrement, sa visite au StampShow 2018 à Colombus, en Ohio.

La page de départ de Graham pour accéder à ses vidéos et à son utilisation des réseaux sociaux selon les besoins, cliquez ici.

Exposition compétitive en ligne
Plusieurs sociétés publient en ligne les collections de leurs membres volontaires : Fédération française, Société londonienne, Association philatélique montpelliéraine, Exponet tchèque, etc.
Le mode d'emploi pour trouver des collections en ligne pour la FFAP, la RPSL et Exponet (fil twitter de SébPhilatélie, dix juillet 2018).
Pour la troisième année, le marchand et historien postal états-unien Richard Frajola héberge une exposition compétitive en ligne, gratuite avec le public des visiteurs comme jury.
La page de présentation du « Rendez-vous digital Philamercury 2018 » sur le site de Richard Frajola.
Nommé le Rendez-vous digital Philamercury, cette troisième exposition sera récompensée d'une pièce de vingt dollars en or. Les participants pourront mettre en ligne leurs collections d'un panneau (seize pages) entre le premier septembre et le premier octobre prochain ; le public pourra voter jusqu'au sept octobre avec proclamation du palmarès le huit.

Les quatre-vingt-seize collections de 2016 et les cinquante ayant participé en 2017 sont toujours consultables. J'avais déjà évoqué Richard Frajola, sa base de lettres Philamercury et la mise à disposition des fichiers pdf d'ouvrages épuisés dans un article en avril 2016.

Sûrement que beaucoup trouveront que l'écran et l'éloignement fait perdre l'attrait de voir l'épaisseur matérielle des objets, la chaleur de la rencontre comme le prouve les messages sur les forums et les réseaux sociaux sur les réussites de l'exposition européenne de Prague et de l'exposition nationale américaine de Columbus, ce mois-ci.

Il y a eu, néanmoins sur un forum états-unien, les remarques d'un collectionneur handicapé signalant les difficultés de se rendre à ses grands événements et d'en profiter : en fauteuil roulant ou avec des difficultés de vue, les panneaux sur quatre rangées... Trop haute la première, trop basse la dernière, ajoutés les reflets - non, la moquette pleine d'acariens, je m'en passe.

La publication en ligne des collections exposées n'est qu'un piètre remplacement, mais n'est-elle pas nécessaire pour élargir le public à court terme et, surtout, garantir de retrouver les connaissances à long terme ?

samedi 11 août 2018

Traces écrites de l'Occupation des Pays-Bas

En recherchant des informations sur les auteurs de The Paper Trail, publié cette année par la Royal Philatelic Society London, j'ai pu visionner la conférence de mai 2015 de Kees Adema au Collectors Club de New York sur ce sujet dont il préparait alors le livre.
Orange, la couleur de l'espoir résistant, explique Adema en 2015 : le timbre orange à l'effigie de la Reine en haut, les valeurs complémentaires en-desous... Enfin tant que l'occupant a toléré la Reine en exil sur les timbres (couverture du livre).
Le propos de 2015 est un brillant résumé des objectifs des auteurs pour toucher un public philatélique étendu, depuis les collectionneurs de timbres aux historiens des routes postales complexes, en passant par les historiens en quête du sens intime des courriers expédiés et reçus.

En anglais et pas en néerlandais pour attirer de nouveaux collectionneurs et étudiants vers l'histoire postale des Pays-Bas et de ses colonies. Une période émouvante par ses tragédies dont Adema fut un jeune témoin : né en 1940, lui et sa famille sont expulsés d'Arnhem par les troupes allemandes lors de l'opération alliée Market Garden. Les maisons sont systématiquement pillées par les Allemands et les habitants qui revinrent chercher des biens furent fusillés.

Une présentation sommaire certes - un objet postal par partie du plan possible, mais à la profondeur historique et humaine me rappelant l'histoire de Jersey occupée racontée par Ron Brown à la RPSL en 2016 : de l'interruption brutale du courrier sortant, sa censure, les chemins de traverse pour le faire parvenir vers les pays alliés, le retour à la normalité à la Libération, et le courrier lié aux déportés...

Des anecdotes peuvent amuser ou intriguer, pour alléger la mémoire. Alors que le jour même de l'invasion l'armée allemande censure le courrier néerlandais, les postes françaises bloquent le courrier vers les Pays-Bas et le stockent... l'oublient... jusqu'en 1948 quand il est retrouvé. Les Français et 1940, une question de mémoire en effet.

Ou le parcours reconstitué d'un courrier des Pays-Bas occupé pour les Indes néerlandaises avant la conquête japonaise et, surtout, avant l'opération Barbarossa : par le Transibérien ! Ensuite, quand la guerre devient mondialement tous azimuts : passage par la Suisse puis le Portugal neutres pour une escale à New York ; ou expédition vers une connaissance résidant en pays neutre pour assoupir la censure, avant réexpédition au-delà.

L'ouvrage est en commande : Paper Trail. World War II in Holland and its colonies as seen through mail and documents , tout comme Detachment W de Derek Richardson. Ils rejoindront Timbres en guerre d'Alain Croix et Didier Guyvac'h, Band of Brothers de Stephen Ambrose et les mémoires d'Eugene Sledge qui servent de base aux séries télévisées Band of Brothers et The Pacific.

Sur Kees Adema et ses autres spécialités, notamment du courrier néerlandais pendant les troubles continentaux provoqués par les Français fin dix-huit-début dix-neuvième siècle, voir ses fiches sur le site de l'Académie néerlandaise pour la philatélie et de l'Académie européenne de philatélie.

mardi 24 octobre 2017

Histoire postale de la guerre du Vietnam

La chaîne culturelle franco-allemande Arte a diffusé en septembre les dix épisodes du documentaire de Ken Burns et Lynn Novick sur la guerre du Vietnam. Aspect marquant de leur travail : avoir pu interroger librement des vétérans vietcongs et nord-vietnamiens, ce qui rappelle l'aspect-miroir de beaucoup de conflits alors que l'Europe achèvera le centenaire de la Grande Guerre en 2018.

La division du Vietnam avec la guerre de décolonisation d'Indochine, puis la guerre où les États-Unis se sont embourbés, ont produit leurs lots de timbres patriotiques et de courrier militaire. Reste à les retrouver.

Le mercredi dix-sept mai 2017, Dan Telep a proposé une conférence et sa collection de courrier militaire des insurgés vietcongs et de l'armée du Nord-Vietnam devant les membres du Collectors Club de New York - et aux internautes sur Vimeo.
La zone démilitarisée en gris et sa proximité cartographiée par les United States Marine Corps (domaine public, via la base documentaire Commons de Wikimedia).
Vétéran du conflit, Telep a servi à proximité de la zone démilitarisée entre les deux républiques vietnamiennes, lieutenant coincé entre les Vietcongs, insurgés-guérilleros communistes du sud, et les attaques de l'armée nordiste de la République démocratique, entre canonnades, coups de poing ou passages par le Laos.

Très vivant, le réalisateur du Club a dû bosser : filmer l'enseignant en marketing en mouvement, montrer les diapositives à partir du fichier, ou zoomer pour les montrer projetées car Telep y montre un détail important.

Très difficile est une collection postale militaire vietcong ou nord-vietnamienne comme l'expérience combattante de l'orateur permet de l'expliquer.
Joie ! Les pionniers de cette collection et la bibliographie sont au début de la présentation pour rappeler leur importance dans le chemin parcouru (diapositives de Dan Telep, conférence au Collectors Club de New York, dix-sept mai 2017).
Certes, la joie des soldats de ramener un sac de courrier ou une enveloppe pris à l'ennemi permet de découvrir des plis à distribuer de toute urgence, disposant de la marque de l'officier expéditeur. Mais la règle fort logique était de détruire après avoir lu...

D'où les conjectures sur les rares lettres que le collectionneur peut montrer : officiers vietnamiens n'ayant pas respecté l'ordre, sortie illicite des archives de l'État vietnamien ? Combien de courrier dans ces archives justement.

Néanmoins, les efforts de Dan Telep permet de comprendre l'organisation postale d'une zone de conflit complexe et difficile à connaître des Occidentaux.


Et des commissions militaires observant le respect des zones démilitarisées et des cessez-le-feu au nom de la Communauté internationale ?

C'est le philatéliste et blogueur indien Mani Muthukrishnan qui a montré sur Philatelic Titbits en septembre les timbres surchargés que la poste indienne fournit aux forces armées indiennes pour le courrier des commissions internationales envoyées en Indochine de 1954 à la fin de la guerre du Vietnam.
Le premier message sur Philatelic Titbits le vingt septembre 2017.
L'Inde avait en charge les transmissions postales de ces commissions. Ainsi, en 1954, Indiens, Canadiens et Polonais observèrent les premières années d'indépendance depuis leurs missions dans les quatre capitales de l'ancienne Indochine française jusqu'en 1958, puis dans les années 1960 au Cambodge et à Saïgon. Avec oblitération de Field Post Office (FPO).

Surchargés en hindi, les timbres ont suivi l'évolution philatélique indienne : nouvelle devise monétaire en 1957, nouveau filigrane dans les années 1960. La surcharge devint un ICC rouge avec le timbre Nehru au Laos et Sud-Vietnam.
Premier jour de la série du deux octobre 1968 (Philatelic Titbits, 26 septembre 2017).

L'étude de Mani Muthukrishnan se conclut par une enveloppe premier jour de la série surchargée d'octobre 1968...

Encore un neurone qui doit retenir d'aller fouiller le web et la médiathèque pour retrouver le rôle de ces malheureuses commissions coincées dans un conflits où aucun acteur ne voulait céder un pouce de terrain idéologique.

mardi 11 juillet 2017

Semaine n°2017.27 en Philatélie

Fin juin : nouveau Président et Bureau à la RPSL.
Lors de l'assemblée générale annuelle du jeudi vingt-deux juin 2017, les membres de la Royal Philatelic Society London ont élu le Belge Patrick Maselis président de l'association londonienne.
La couverture du premier ouvrage de Patrick Maselis sur les colonies belges - et il n'y en eut pas que le trio Congo-Ruanda-Burundi (base de données bilbiophile Documents philatéliques).
En terme de philatélie organisée, le premier président « d'outre-mer » de la RPSL est président du Club de Monte Carlo, regroupant plusieurs institutions et collectionneurs importants qui organisent Monacophil ; mais également préside l'Académie royale de philatélie en Belgique dont le site fournit une fiche complète.

En littérature, il a montré sa spécialisation dans les documents historiques et postaux des colonies belges en 2005 avec Des Açores à la Nouvelle Zélande (extraits sur un blog), suivi d'un autre en 2009 sur l'enclave du Lado, prêt de territoire africain entre puissances européennes.

Début juillet : dix-neuf ans pour le Musée de la philatélie d'Oaxaca.
Le MUFI (et ici aussi) célèbre son anniversaire en même temps qu'une exposition thématique sur les océans et leur faune. Les médias et institutions de la ville d'Oaxaca, au Mexique, participent à faire connaître ce musée.

Le samedi premier juillet, Lisbeth Mejla du quotidien El Impartial rapporte sa visite de la bibliothèque philatélique du musée, riche des écrits sur le Mexique et les anciennes éditions de catalogues célèbres.


Depuis vendredi sept, la Fondation Alfredo Harp Helú propose une vidéo sur le musée, ses expositions permanentes de collections, ses activités jeunesse, sa bibliothèque.

Jeudi six juillet : du bloc-feuillet, épistémologie philatélique dans El Watan.
Dans la chronique philatélique hebdomadaire du quotidien algérien, Arslan Selmane s'interroge sur l'utilité du bloc-feuillet comme produit philatélique, à l'occasion de l'émission le huit de cinq timbres sur des batailles illustrant la résistance des Algériens face à l'invasion et l'occupation française de 1830 à 1962.
Le bloc en question, émis par Algérie Poste le samedi huit juillet 2017 (via le forum PhilatélieDz).
Cinq peintures : Kheng Ennetah en 1832, Bir El Gharama en 1881, Bir Teskift en 1957, Aïn Zana en 1959 et Djebel Bouk'hil en 1961. Laissons aux historiens le débat sur pourquoi ces moments et quelle(s) mémoire(s) ils commémorent.

Selmane s'interroge également sur la forme philatélique de vente : en quoi le bloc-feuillet va gêner les collectionneurs et exposants thématistes. Deux périodes différentes, des lieux variés : où placer et comment exploiter un document bien grand.

Une manière éclairée de critiquer la vente en double des timbres algériens cette année 2017 : à l'unité et rassemblés en blocs thématiques ? Attention : en termes de nouvelles émissions, en Belgique et aux Pays-Bas, pour ne citer qu'eux, hors du feuillet, point de salut à l'unité désormais.

Quant à l'effet de ces défaites timbrifiées en France... Il semble que les politicien(ne)s français ont d'autres chats à fouetter : le timbre de mars dernier leur est passé inaperçu. J'imagine que la prochaine Marianne d'usage courant les mobilisera davantage.

Samedi huit juillet : chez le marchand de journaux hors philatélie.
Plusieurs magazines proposent de longues lectures pour occuper les deux mois d'été, supposant que le plus grand nombre est en vacances, ou en recherche de nouvelles thématiques.

Le mensuel L'Histoire propose un numéro double sur l'histoire de l'Inde d'une part et un numéro de ses Collections sur la Bretagne d'autre part, depuis les monuments du Néolithique jusqu'aux problématiques actuelles en passant par le rôle des Bretons dans la colonisation de l'Amérique et la Révolution française.
Statuette en terre cuite, cinquième millénaire de notre ère, découverte dans une nécropole hamangia à Cernavodă, en Roumanie (site de La Documentation française).
Néolithique encore - puisque j'ai temporairement trahi l'histoire globale des quinzième et seizième siècles - avec cette intéressante et très accessible synthèse sur cette période préhistorique de grandes transformations humaines : le numéro 8117 de la Documentation photographique daté mai-juin 2017.

En ces temps de débats sur les modèles économiques à suivre, la confrontation sur un temps très long entre penseurs contemporains (dont Karl Marx) et le lent passage nomades/sédentaires il y a dix mille ans sera jugée savoureuse, stupide ou... inspirante selon le lecteur.
La couverture du hors-série familial de Canard PC (fil Twitter du magazine).
Beaucoup regrettent l'absence de nouveaux jeunes collectionneurs de timbres, accusant notamment les loisirs vidéo-ludiques qui prennent du temps et demanderaient moins d'efforts... Qu'ils ne lisent pas ce blog.

Et si un enfant avait plusieurs types de loisirs, entraînant une communication avec les parents et les grands-parents ?

Un de mes neveux, pourtant pas un lecteur facile, ni un passionné de la patience, s'interroge pourtant sur une question qui l'oblige à lâcher manettes et tablettes, et à dialoguer avec les adultes : « Dis, à quels les jeux vidéo tu jouais quand tu avais mon âge ? »

J'attend donc la question : « Dis, comment tu faisais pour parler avec tes copains s'il y avait pas de téléphone portable ? Pour savoir les choses sans internet ? Etc. »

La rédaction du bimensuel de critiques de qualité - non sans humour corrosif - de jeux vidéo Canard PC propose donc un numéro d'été, en kiosque depuis samedi huit, pour concilier les pratiques vidéoludiques fort diverses des familles d'aujourd'hui. Pour les plus philatélistes, je rappelle que le Musée postal de Tampere et l'Université locale proposent quatre jeux sur téléphone Android liés aux timbres ou au courrier.

Bonnes lectures.

lundi 19 juin 2017

Protestations satiriques et errinophile contre Donald Trump

Ce week-end, entre vendredi seize et dimanche dix-huit juin 2017, l'émission satirique The Daily Show de la chaîne Comedy Central - connue en France pour la série d'animation South Park - a tenu un musée éphémère dans un bâtiment en face de la Trump Tower, à New York : la Librairie Twitter du Président Donald Trump !
Le logotype de la manifestation organisée par The Daily Show (fil Twitter).

Un moyen astucieux de critiquer l'actuel président des États-Unis par son moyen très libre de communication habituel, au désespoir sûrement de ses conseillers en communication, du petit personnel chargé de veiller sur lui - Que pourraient dire les agents chargés de sa protection..., et, depuis peu, de ses avocats officiels comme privés.

La chaîne a mis en place une visite virtuelle : par ici.

Protester contre un président et une majorité parlementaire légalement élus est la problématique travaillée par de nombreux militants depuis plusieurs mois.
La vignette sans valeur postale montré en exemple par son créateur (postalprotest.com).
Un citoyen états-unien a opté pour le faux-timbre, affirmant sur son site Postal Protest, ouvert cette année, avoir été inspiré en explorant la collection de timbres de défunt père alors qu'avaient lieu les débats de la campagne présidentielle, en 2016.

Il a créé une illustration d'un timbre présidentiel traditionnel aux États-Unis : le portrait dans un ovale, d'une valeur de "0 cents"... que les anglophones du forum StampBoards ont interprété comme "no sense" qualifiant davantage le figuré que la valeur du timbre.

Le site insiste d'ailleurs bien sur le mode d'emploi de la vignette : n'ayant aucune valeur postale, un affranchissement accepté par l'United States Postal Service doit être collé ou imprimé sur la lettre sur laquelle figurera le message politique.

La feuille de cinquante-six étiquettes autocollantes est vendue quinze dollars.

Web, courrier, reste la vidéo pour ceux qui préfèrent.

Sachez alors que, grâce à Donald Trump, l'ancien président du Mexique, Vicente Fox, a débuté une carrière d'humoriste solo. Déjà deux vidéos moquant les travers de l'hôte de la Maison Blanche.
Vicente Fox signale que le coût annoncé du mur équivaut à mettre à disposition de l'eau potable à toute l'humanité pendant trois ans (via un compte youTube, probablement pas un compte officiel). Les habitants de Flint, au Michigan, n'attende que cela.
Le vingt-quatre mai, Fox tente de lui apprendre, avec l'aide d'un gateau au chocolat - comment fixer la concentration trumpienne, comment devenir un président apprécié à long terme. Le sept juin, c'est à partir de l'inutilité du Mur à la frontière mexicaine que Fox essaie d'apprendre à Trump qu'il peut faire de la politique sans faire détester les autres.

Ambitieux.

samedi 17 juin 2017

Royal juin tout autour du monde

Trouver une destination de voyage peut être une motivation à consulter les activités de la Société philatélique royale de Londres.


Croisières ou road trip ?
Un an après, les boîtes postales de Gibraltar reviennent dans The London Philatelist de ce juin. Non sous la plume du local Richard Garcia, mais par Geoff Chivers qui, heureux hasard, a pu photographier les travaux d'installation de la boîte aux lettres au monogramme du Roi Edward VIII qui justifiait l'article de juin 2016 et l'émission gibraltarienne du dix octobre suivant.

Des récents numéros de Gibbons Stamp Monthly au London Philatelist, Richard Garcia développe les liens entre la colonie britannique et son voisin d'outre-détroit - une idée de croisière ? Dans les numéros d'avril et de juin, il s'associe ainsi avec le spécialiste français Maurice Hadida pour développer l'histoire des postes marocaines fin dix-neuvième début vingtième siècle, qui ne furent jamais partie de l'Union postale universelle.

En avril, la première partie étudiait les postes locales après une introduction sur les bureaux postaux des puissances européennes, concentrés principalement à Tanger ; d'où le besoin de systèmes locaux. Parmi les postes les plus prospères - définies comme ayant fonctionné plus de sept années, celle établie de 1891 à 1900 entre Mazagan et Marrakech par Isaac Brudo (1860-1945), fils d'un marchand marseillais installé dans la première depuis 1857. Avec celle entre Fès et Mequinez (Meknès), elle fut une des deux seules à émettre un timbre-taxe en plus de ses timbres-poste.

Le second exemple est la poste des frères Marx & Co entre Mogador et Marrakech de 1893 à 1911, pour suppléer l'échec de Mayer Maïmaran en 1892. Disposant de timbres à partir de 1895, il faut auparavant rechercher un cachet triangulaire « W / M & Co ».

Ce premier article se conclut par un tableau des seize postes locales marocaines et une note sur comment déchiffrer l'écriture manuscrite en hébreu. Il faut, entre autres, deviner la langue employée par l'expéditeur, donc la prononciation arabe ou espagnole transcrite en alphabet hébreu.

En ce juin, la seconde partie est parue avec la continuation de ces postes locales par ordre décroissant de durée. Comme pour les deux premières (présences française et allemande), les liens avec des marchands ou des autorités des puissances européennes sont soulignées. Ainsi, pour la poste de Messod Bensimon, entre Fès et Mequinez, se retrouve l'agent postal britannique à Fès, James MacIvor MacLeod. Celui-ci s'était vu refusé d'exploiter une telle route par le Post Office de Gibraltar en 1893, mais il put communiquer sur le service proposé par Bensimon en 1897.

Pour aller plus loin, Maurice Hadida a donné une conférence sur l'histoire postale du Maroc de 1852 à 1925 au Collectors Club de New York, le trois septembre 2014, visible sur le site de partage vidéo Vimeo.


Longue croisière sur les océans des archives
Carte néerlandaise de 1630 - Atlas van der Hagen - sans la coquille (Bibliothèque royale des Pays-Bas, via Wikimedia Commons qui dispose de reproduction en meilleure résolution).
Avant de quitter le London Philatelist de juin, Roger Baxter y propose une étude des cartes anciennes de Bermudes - si vous préférez une croisière transatlantique. Son objectif est de deviner la cause de l'erreur des timbres de trois pence et un shilling trois pence, émis en 1953 par le territoire britannique d'outre-mer. Une des paroisses fut typographiées « Sandy's Ph. » au lieu de « Sandys Ph. ».


Ou alors, un grand pays, mais par avion
C'est dans la même ligne de recherche historique et de diffusion au public qui paraît inspiré Frank Walton lors de sa présentation des courriers internationaux aériens de Chine jusqu'en 1949 - sa seconde grande passion après le Sierra Leone présenté l'année dernière. Le résumé en pdf est accessible à tous ; le livre en ligne de l'exposition et la conférence filmée le jeudi huit juin doivent pouvoir l'être sur demande au secrétariat (or join and enjoy learning).


L'introduction est sérieuse, non sans humour, pour un historien - ou un élève français de terminale passant son épreuve d'histoire-géographie hier - ce qu'on m'a dit qu'un exposant ait censé faire sur le synopsis de sa collection remis au jury : définir le sujet, son cadre spatial et temporel, maîtriser quelques idéogrammes chinois.

Pour ce dernier point, le désormais Président-Passé de la Société se limitera aux dix chiffres de base pour les dates... une fois qu'il est bien compris que les cachets d'oblitération sont en « -ème année de règne ». De quel règne ?, sera la question en observant une enveloppe-énigme.

Tout courrier aérien - ou ayant connu une étape aérienne pendant son trajet - émanant de la Chine jusqu'en 1949 - le premier octobre fut proclamé la République populaire de Chine, mais les combats avec la République nationaliste ont duré jusqu'en 1950.
Un plan chronologique d'apparence simple... sauf quand il est expliqué à haute voix : quand débute et finit la Seconde Guerre mondiale ? (conférence à la Royal Philatelic Society London, huit juin 2017, via youTube).
Cela paraît simple, mais des courriers ont pu prendre l'avion sur une partie du parcours avant 1931, année où la poste chinoise prend en charge du courrier aérien. Voire, et les bacheliers français le savent bien : quel découpage chronologique cohérent entre les précurseurs et les tardifs ?

Donc, d'abord avant la Seconde Guerre mondiale, pendant celle-ci et après celle-ci. Easy!

Non : outre les différentes routes aériennes de la première partie que je ne résumerai pas ici - il me faudrait un été pour les comprendre et j'ai déjà celles d'Afrique de l'Ouest qui désespèrent... enfin, si je me sors d'une promesse sur la philatélie au temps de la Reine Elizabeth II, et Geralt qui m'attend... - , il faut se rappeler que la guerre sino-japonaise débutant en 1937, voire l'invasion de la Mandchourie en 1931, amorce les hostilités bien avant l'énième guerre civile européenne de 1939-1945, et que la capitulation japonaise a lieu après celle de l'Allemagne.

Un courrier partant de Chine entre 1937 et 1939 pour l'étranger par avion se placera-t-il la première ou la seconde partie ? Tout dépendra de son étude par l'historien postal, de ce que ce courrier permet de montrer et démontrer, et des trous d'illustration à combler dans l'exposition elle-même.

Même si je m'intrigue à comprendre comment fonctionnèrent les systèmes monétaires métalliques au temps jadis et comment ils ont évolué et disparu pour donner les ancêtres de nos systèmes actuels au cours du vingtième - Pourquoi ce besoin de dormir huit heures par jour ? , j'ose à peine réécouter la troisième partie de cette présentation quand son auteur annonce qu'il faut distinguer les courriers par système monétaire au sein d'une Chine en ébullition de 1945 à 1949...

Comme le Sierra Leone l'année dernière, des heures de réétude sont proposées par Frank Walton en un jeudi après-midi.


Au calme et au frais
Pour me reposer, je me tournerai tout l'été vers le Roi George VI, à l'occasion des quatre-vingts ans de son couronnement, en mai 1937. D'ailleurs, l'exposition de ce mois, proposée par Hugh Osborne au siège de la Royale, 41 Devonshire Place (ou sur le site), porte sur les timbres de ce règne aux îles Falklands - il nous manquait une zone climatique fraîche dans cet article écrit par 32°C à l'ombre.

Merci à tous ces auteurs et collectionneurs pour ces voyages.


Note du lundi quatorze août 2017 :
Concernant le Maroc, il y a une troisième partie à l'étude de Maurice Hadida et Richard Garcia : les postes chérifiennes, gérées directement par le Royaume à partir de 1892, sont évoquées dans le numéro de juillet-août de London Philatelist. Complété de témoignages français sur les rekkas, les postiers d'alors, marchant, marchant sans discontinuer.

mardi 2 mai 2017

Lecture diagonale du palmarès de Phila-France 2017

N'ayant pas visité l'exposition Phila-France à Cholet, entre le vendredi vingt-huit avril et le lundi premier mai, mes commentaires seront amateurs, superficiels,... sûrement fort inutiles aux connaisseurs. Loin donc des grandes naïvetés de la série d'articles sur Paris-Philex 2016.

Pourvu qu'ils vous incitent à aller lire ce palmarès à partir du site de la manifestation ou, dans quelques temps, sur le site de la Fédération française des associations philatéliques... et à ne pas rater la prochaine exposition la plus proche.

Avec le type Groupe de Saint-Pierre-et-Miquelon, Jean-Jacques Tillard continue son chemin vers les deux cents médailles d'or. Cela accompagne bien la parution de son catalogue de cotation des classiques de l'archipel français et la prochaine exposition internationale saint-pierraise au tout début du mois de juin à venir.

Après une médaille vermeil à Paris-Philex 2016, la collection sur la luminescence sur timbres de France d'Olivier Gervais est proposée pour le Grand Prix, avec une médaille d'or à quatre-vingt-treize points. Séances de rattrapage en lisant son site spécialisé et, pour l'actualité « pho » et ses récentes trouvailles à la lumière noire, son blog Les News du phospho. Une discipline qui a ses définitions depuis avril 2016.

Ensuite, les titres qui suscitent ma curiosité en début de palmarès : La taxation des vélocipèdes du public en un cadre (fiscal, j'imagine) de Jean-Pierre Fosse, Le dimanche, phénomène de société en cartes postales par Félix Albe.

Il n'y a pas que de la thématique en jeunesse : Hector Logette-Berthier est parti À la découverte de la Cérès de Mazelin. Mais cela ne diminue en rien l'attractivité - et le travail - des autres compétiteurs telle Anastasia Toti et La musique est le langage des émotions selon Emmanuel Kant : une présentation qui me fera enfin comprendre l'hermétique philosophe de mes études jadis ?

En classe ouverte, le mélange des disciplines collectionnables attire l'œil : quels documents non philatéliques dans La Généalogie par Maurice Vitel ? Les amateurs de faune et de flore, ou de sciences, sont bien servis par cette catégorie, assez populaire en France.

Tout autant que l'histoire postale dont les participants emplissent une page et demi du palmarès. En diagonale, je voudrais bien découvrir : À la conquête des oasis de Laurent Baudin - Le Sahara bientôt français ?

Dans la même classe, très contemporaines sont les études des Machines à oblitérer et préparatrices du courrier utilisées en France depuis 1991 d'Yvon Coquin et Inflation et affranchissements en Ukraine (1992-1996) de Lionel Delarue. Contemporéanité continuée en littérature avec la somme d'Olivier Bergossi sur Comores indépendantes - Mayotte. Histoire postale et philatélie (1975-2015), publié en mai 2016 par Col.Fra (auteur des riches pages philatéliques du site Comores-Online.com), et Jean-Paul Rortrait s'attaquant aux marques postales à imprimer soi-même Mon timbre en ligne.

Bien entendu, mes oreilles se dressent haut devant Le roi Édouard VIII sur lettre de Philippe Kaminski : timbres britanniques, courrier du Palais, cartes postales pendant voire après le règne ???

Que n'ai-je raté à ne pouvoir aller à Cholet !


Notes du jeudi quinze juin 2017 :
Le journal de la chaîne publique Saint-Pierre-et-Miquelon 1ère a diffusé un reportage et un article de Marie-Paul Vidal, le mercredi dix-sept mai dernier, à l'occasion de cette cent huitième médaille de Jean-Jacques Tillard. En annonce finale : SPM Expo de début juin.

Côté vidéos fédérales, celle intégrale du Congrès est proposée sur le compte du vidéaste Vincent Lourdin.

vendredi 10 février 2017

Des tragédies humaines à la beauté de la nature : la philatélie à l'université

D'un côté le timbre-poste - pourquoi et comment il a été émis, pour quel impact public - semble ignoré de l'université française à en croire l'introduction de l'ouvrage d'Alain Croix et Didier Guyvarc'h.

De l'autre, des chercheurs passionnés par le timbre et la correspondance. Souvenez-vous de l'enthousiasme du Néerlandais David Van der Linden face aux lettres encore cachetées d'un coffre de la fin du dix-septième siècle. Ou Serge Haroche contant, lors d'un colloque au Collège de France en octobre 2015, l'histoire de la recherche des Lumières sur la lumière en représentant les savants danois par leurs timbres nationaux.

Timbres en guerre. Les mémoires des deux conflits mondiaux.
C'est le titre d'un ouvrage des deux historiens cités en introduction et publié aux Presses universitaires de Rennes : En quoi les timbres-poste émis depuis 1914 sur les deux Guerres mondiales permettent-ils de comprendre les mémoires et leurs évolutions qu'en ont les différents États et peuples ?
La couverture de l'ouvrage (Gibert Joseph : livraison gratuite en librairie).
La lecture est passionnante, peut paraître une mise en texte d'une liste thématique des émissions, mais dépasse cela par la problématique et les outils mis en action. Par l'étude des tarifs postaux, des tirages et des archives de la genèse du timbre, les chercheurs essaient de comprendre la place de l'émission dans les événements, les commémorations ou le camouflage de celles-ci.

Pour la France, la question de comment les historiens, l'État et les publics ont travaillé la mémoire de la Seconde Guerre mondiale est à la mode atteignant le programme du baccalauréat des séries générales depuis 2011. La série des Héros de la résistance est ainsi décortiquée : pourquoi commémorer des individus à partir de mai 1957 alors qu'il était convenu de célébrer LA résistance ? Comment le faire sans honorer des communistes ? Sans vexer les alliés politiques du ministre des Postes ? Et contourner les rancœurs de certains milieux politiciens contre Jean Moulin ? Et ces débats sont loin d'être finis, soixante-dix ans après pourtant : retrouvez les tribunes dans la presse sur quels résistants devaient rejoindre le Panthéon en 2015...

L'ouvrage devient donc très intéressant, au moins pour le lecteur français, en abordant ces questions pour d'autres pays : l'Europe de l'Est communiste avec la République démocratique allemande affrontant les crimes nazis, la Pologne qui fut prise entre les deux feux nazi et stalinien ; les différences entre les feuillets du cinquantenaire émis aux États-Unis et ceux émis dans les îles Marshall ; de la représentation abstraite ou saisissante des camps de la mort établis par les nazis et par les Japonais ; et bien d'autres questions encore...

Mon résumé oubliant les chapitres sur la Grande Guerre, les occupations et bien d'autres choses à lire.

Atout d'une étude d'histoire globale : découverte des points de vue de bien d'autres nations. Et pour les philatélistes, une façon détachée de parler du marché des nouveautés à étudier.

Contrainte : comme souvent en histoire globale, la spécialisation habituelle de l'historien l'empêche d'approfondir tous les territoires de la même manière. Ce que Croix et Guyvarc'h admettent, notamment pour l'Asie.

Mais qu'ils compensent par une bibliographie qui inciteront les philatélistes thématistes à replonger dans les anciens numéros de Timbres magazine et ses prédécesseurs, tout comme dans les bibliothèques universitaires françaises (tel Frédéric Rousseau de l'Université Montpellier Paul-Valéry), allemandes, britanniques, états-uniennes, etc. Voire à aller affronter les archives publiques et postales.
La victoire contre le nazisme = le retour à la vie tranquille... Très loin des correspondances des îliens déportés, présentées par Ron Brown en septembre dernier (collectgbstamps.co.uk).
Quelques traits d'humour sont permis... grâce aux Britanniques et leur façon originelle de ne pas célébrer : la récolte du varech pour la troisième anniversaire de la libération des îles Anglo-Normandes.

L'histoire naturelle sur timbres en exposition au Québec.
Puisque les humains sont dangereux, tournons-nous vers la nature avec David M. Lank, collectionneur thématiste passionné et professeur de gestion des entreprises à l'Université McGill de Montréal.

Depuis le jeudi douze janvier et jusqu'au dimanche quatorze mai, une partie de son immense collection de timbres et d'histoire postale liée à l'histoire naturelle est exposée à la biliothèque de l'université et fait désormais partie de ses livres rares et collections spéciales.

Lors de l'inauguration, Lank a expliqué l'importance de ces représentations philatéliques pour l'éducation à la nature du public et... tout simplement leur beauté, citant un des artistes du genre, Claudio d'Angelo et ses vignettes pour la Fondation de la faune du Québec.
David Lank expliquant l'importance du choix de l'environnement dans la représentation des animaux : météo ou climat ? (conférence du douze janvier 2017, youTube).
Il a également réussi à introduire l'histoire postale à son auditoire depuis Sumer à l'introduction du timbre-poste en passant par les plumes scellées sur lettres urgentes d'Ancien Régime ou l'importance de la lutte contre la fraude dans l'exécution des premiers timbres. Tout cela avec  des animaux présents ! Les chevaux bien sûr, quelques pigeons voyageurs.

Une très dense et fascinante présentation en un peu moins de trois quarts d'heure.

Les discours d'ouverture de l'exposition Every Stamp A Story sont visibles sur youTube, en anglais (avec quelques politesses en français), dont celui de clôture de Robert Waite, président du Comité consultatif des timbres émis par Postes Canada, ravi du projecteur allumé par Lank et les Amis de la Bibliothèque de l'Université McGill et braqué sur le loisir.