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dimanche 3 avril 2022

R.I.P. Frank Walton (1955-2022)

Le premier avril 2022, c'est avec tristesse que j'ai appris, par un mail de l'actuel Président de la Société philatélique royale de Londres, la disparition prématurée du philatéliste et historien postal britannique Frank Walton, la semaine passée.

Frank Walton, une personne toujours avec le sourire, en 2016-2017.

Walton était un des collectionneurs les plus spécialisées du Sierra Leone britannique, jusqu'à son exhaustive présentation de 2016 qui présentait chaque thème de collection possible sur un pays. Cette passion a également donné de nombreux articles et études dans Cameo, le journal du West Africa Study Circle.

Ensuite, il avait montré ses connaissances sur la poste aérienne de Chine avant 1949, lors d'une conférence à la RPSL et un ouvrage de 2017. Il avait été le premier membre de la RPSL à réaliser une présentation en ligne, pour cause de confinement en avril 2020, sur la série Wilding d'usage courant britannique, collectionnant également les débuts du règne d'Elisabeth II.

En termes d'archives, il dirigea l'analyse et la publication de la collection De La Rue, mettant à disposition du public les archives de l'imprimeur.

Participant actif de la philatélie organisée, il a présidé la Royal Philatelic Society London de 2015 à 2017, et venait de réussir, malgré les obstacles de la pandémie de covid-19, l'organisation de l'exposition internationale London 2020... devenue 2022... en février dernier.

À ma modeste échelle, c'est lui qui, lors de Monacophil 2011, m'avait présenté la Société philatélique de Londres, notamment son impressionnante bibliothèque de recherche.


Sur le site de la Fédération européenne de philatélie.

Complément du dimanche huit mai 2022 :

Voir nécrologie dans The London Philatelist de mai 2022 ; lecture à continuer par l'éditorial de Tony Bard sur la personnalité de Frank Walton, qui fut rédacteur en chef de cette revue de 2001 à 2014.

dimanche 10 décembre 2017

Vers où se dirige Stanley Gibbons ?

Dans les épisodes précédents de la chute vertigineuse du cours en bourse de l'auguste compagnie philatélique londonienne Stanley Gibbons : d'hasardeux et coûteux tournants e-commerce et diversifications, un nouveau directeur philatéliste au cœur du métier initial, la fin de l'aventure à Guernsey. La reprise après les montagnes russes...

Si seulement !

Pourtant, dans les derniers jours de novembre 2017, le siège social londonien a annoncé la mise en faillite de l'ancienne, éphémère et catastrophique maison-mère anglo-normandes. Tout pour rassurer les investisseurs, les consommateurs et le public philatélique que Stanley Gibbons, c'est le leader du catalogue, du magazine et de la vente de matériels et de timbres du Royaume-Uni et du Commonwealth !
Le cours de l'action Stanley Gibbons ces trois dernières années (capture d'écran du dimanche dix décembre 2017 sur le site du London Stock Exchange).
Même avec l'échelle à trois ans, il est visible que le titre chute encore : de sept pence sterling quand Harry Wilson a repris la main en juillet 2016 à trois pence et quelques ces derniers jours, en décembre 2017...

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Le marchand Ian Billings a magnifiquement rédigé un résumé historique, le mercredi vingt-neuf novembre dernier, toute cette pitoyable aventure du capitalisme actuel en insistant que ce n'est pas la première fois que des Golden Boys tente en vain de faire grossir en vain la grenouille pour lui tirer le profit d'une vache à lait.

À la lecture de son texte, des deux fils de discussion du forum anglophone StampBoards (un sur le cours de bourse, l'autre sur l'avenir du catalogue), j'en déduis que les investisseurs ont temporairement compris qu'une compagnie qui vend ses plus récentes acquisitions à perte n'est actuellement pas rentable et ne versera pas de dividendes avant longtemps. Les gros investisseurs aiment le cash immédiat, les petits bons pères de famille qu'on leur donne peu mais régulièrement.
Le cours à un mois, vraiment pour ceux qui ne cliquent pas sur les liens pour vérifier (capture d'écran du dimanche dix décembre 2017 sur le site du London Stock Exchange).
De là, le problème de la faillite guerniaise - oui, un jeu de mots pourri - est qu'elle marque apparemment la fin du système de placement en timbres luxueux au profit garanti par la revente à des enchères incroyables de timbres bien cotés. Certains parlent de pyramide de Ponzi, où les nouveaux convertis financent les revenus des anciens ; les suppléments finance/épargne des grands quotidiens nationaux rappelant simplement l'aspect irrationnel du marché des biens de collection.

Si la faillite de SG Guernsey entraîne celle du fond de placement en timbres, que vont devenir les dits timbres et leurs « propriétaires investisseurs » ?... La réputation du marchand va en prendre un coup si ça tourne à l'Afinsa ou l'Aristophil...

S'ajoute à cela la rumeur que le loyer de la boutique emblématique du Strand, au cœur de Londres, pèse lourd et est menacé d'augmentation par le bailleur. Comme d'autres, Stanley Gibbons accueillera-t-elle bientôt les commandes et les clients uniquement à la campagne et sur les salons ?

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La communauté des collectionneurs s'inquiète davantage de ce qui fait la valeur à leurs yeux de la compagnie plus que sesquicentenaire : le magazine Gibbons Stamp Monthly et les différents tomes du catalogue.

Les seconds sont loin de la numérisation et de l'impression par pays à la demande, entamée par la concurrence des autres références : Michel, Scott et Yvert. Alors qu'actuellement, des très spécialisés catalogues par règne britannique aux spécialisés par anciennes colonies de l'Empire, les ouvrages de Stanley Gibbons sont d'une haute qualité et mis à jour régulièrement. Même avec quelques erreurs et interprétations de cotes - qui n'en fait pas ? -, son French Colonies de 2016 soutient la comparaison face au maître Yvert et les tomes suspendus de Dallay-Maury, d'après l'étude rédigée par Michael Round parue dans le cent-unième numéro de Cameo, le journal du West Africa Study Circle, daté juin 2017.

Malgré la qualité du travail de sa rédaction et des philatélistes participants, le premier en est, par nécessité, réduit à l'expédition en seconde classe et à inciter l'abonné à prendre en sus ou à la place l'abonnement numérique.

Sur ce plan-là, Gibbons Stamp Monthly est user-friendly - « facile d'usage » pour les lecteurs attristés de Jean d'Ormesson : l'abonné en ligne a accès à l'ensemble des numéros au format pdf depuis 2010, en entier ou article par article. Ne pas oublier les sauvegardes de sécurité sur un disque dur externe ou le « nuage » quand vous ne renouvelerez plus votre abonnement.

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La disparition du pôle publication avec une faillite générale de Stanley Gibbons serait tragique... même s'il y aura toujours des concurrents ou des ambitieux - voir les réincarnations d'Arthur Maury - pour racheter la marque, les droits d'auteur des catalogues, le magazine ?

Ou pas si la réputation de loisirs à pyramide des âges inversée est dans les croyances financières.

Faut-il investir dans quelques milliers d'actions Stanley Gibbons à trois pence et devenir actionnaire majoritaire d'une compagnie de renom ?

I don't know, je relis les articles sur la philatélie du Roi George VI qui ont animé le millésime 2017 de Gibbons Stamp Monthly.

samedi 31 décembre 2016

Bénin et Cameroun, deux philatélies franco-sino-anglophones actuelles

Comment découvrir la philatélie actuelle des postes de pays ayant d'autres préoccupations quotidiennes que de suivre les goûts et désirs des collectionneurs d'Europe ?

Les sociétés philatéliques spécialisées et leurs membres semblent constituer une bonne partie de la réponse, mais pas toute.
Le cinq cents francs CFA permettait d'envoyer une lettre pour l'Europe jusqu'à dix grammes (base Colnect dont les membres n'ont pas encore proposé les versions surchargées).
Après accumulation de toutes les informations accessibles et d'une bonne quantité de courrier, Nicholas Pertwee a pu étudier la série des sept timbres au type Zin Kaka du Bénin (nom local du singe à ventre rouge) depuis leur émission en 2003 à leurs surcharges pour nécessité de service et de tarifs postaux en 2008.

Une « affaire de singe » sur laquelle il a rédigé un dossier en deux parties paru dans le journal de la France & Colonies Philatelic Society (UK) en septembre 2015 et mars 2016. Comment Adéchola Abathan, ou un metteur en page, ou l'imprimerie Cartor choisirent les couleurs des cadres et la taille des polices entre nécessité postale et information du public sur cette espèce menacée.

Et, ensuite, passions philatéliques traditionnelles connues : l'analyse - autant qu'elle est possible à partir des courriers et timbres trouvés - des usages postaux et des types de surcharges par variation de la police. Pour les oblitérations, retrouver les numéros de novembre et décembre 2015 de Gibbons Stamp Monthly.

Heureuse initiative d'en voir une version française en cinq pages abondamment illustrées dans le numéro de janvier 2017 de Timbres magazine.

Par contre, je ne sais que dire de l'initiative évangélique de SOON, association à vocation religieuse et éducative (notamment des journaux en plusieurs langues africaines, des cours d'anglais), dont l'activité a suscité suffisamment de lettres du Bénin vers l'Angleterre... pour permettre l'étude de Pertwee.
Lettre oblitérée du vingt juin 2016 du Cameroun vers la France, affranchie avec timbres imprimés par Phil@poste Boulazac (collection Éric Contesse, Blog timbré de ma philatélie, dimanche vingt-quatre juillet 2016, reproduite avec autorisation - merci).
À défaut de disposer d'un destinataire de courrier en masse, être sur place peut aider à voir et, parfois, comprendre comment la poste se débrouille avec son budget pour émettre selon les besoins de service et de commémoration nationale, gérer ses stocks tout en essayant de toucher les collectionneurs.

Et pour Cameroon Postal Services (CamPost, établie en 2004), la première moitié de la décennie 2010 ne fut pas facile à lire les « observations » de Marc Parren sur les nouvelles émissions de 2009 à 2015, publiées dans le numéro 98 de Cameo, la revue du West Africa Study Circle (index au format Excel en bas à gauche de cette page-ci). Les titres et l'ironie sont de moi, Parren ayant suivi un plan chronologique par émission après une introduction générale.

Ne pas oublier de payer l'imprimeur.
Après le non-paiement de l'émission sur la visite papale de 2009, Cartor refusa d'imprimer celle du cinquantenaire de l'indépendance l'année suivante... qui fut confiée à un imprimeur thaïlandais, la Thai British, qui fournit aussi six timbres différents et deux formes de vente inhabituelles au Cameroun : un carnet courant et un carnet de prestige (CamPost a-t-elle dû composer avec un forfait ? Ou a essayé de toucher les collectionneurs étrangers et les marchands de nouveautés ?).

Faire payer le sujet de l'émission alors, puis par les collectionneurs.
Pour se réconcilier avec Cartor, l'émission du premier vol de la Camair-Co fut financée par la compagnie aérienne elle-même et fut remboursée sur le prix du feuillet en forme d'avion et des enveloppes premier jour avec cachets du premier vol, tous vendus bien au-dessus de la faciale.

Confier son projet à un ami.
L'émission sur l'amitié avec la République populaire de Chine est la dernière affaire : à lire Marc Parren, le projet de CamPost passa sous le contrôle unilatéral de l'ambassade du Cameroun à Pékin avant, semble-t-il de finir dans celui de Pékin. Que dire alors puis la cérémonie premier jour eut lieu quand il plut à l'ambassade de Chine à Yaoundé ! D'autant plus facilement que c'est elle qui avait reçu les timbres...

Pour découvrir enfin que l'imprimeur officiel chinois au Henan a imprimé trois feuillets qui ne sont jamais parvenus au Cameroun...

Parren explique qu'aucun chiffre de tirage n'est connu car l'ambassade chinoise ne veut pas les fournir. Une histoire de « singes bienséants » donc.

Bref, faire simple.
Après ces péripéties, Cartor imprima trois émissions fort simples, une en 2011 sur la découverte du sida, deux en 2014 sur la modernisation des activités postales (projet E-Post de data center et le service express EMS).

Ce sont aussi les premières pour lesquelles CamPost n'a plus proposé d'enveloppes premier jour. Renoncement à atteindre le marché des collectionneurs internationaux, finalement bien coûteux à tout point de vue ?

Faire jouer la concurrence.
Comment le programme camerounais passa-t-il sous les presses de l'imprimerie de La Poste française, à Boulazac ?

En 2015, par le choix du nouveau directeur français de CamPost avec retirage immédiat du deux cents cinquante francs E-post, suivi de deux émissions - actuellement non déclarée sur le site du Système de numérotation de l'Association mondiale de promotion de la philatélie (WNS), pas connus des participants de Colnect.

La première, illustrée ci-dessus à partir de la lettre reçue par Éric Contesse qu'il a présentée en juillet 2016 sur son Blog timbré de ma philatélie, marque l'inauguration du monument des cinquantenaires (indépendance et réunification) à Buéa, dans l'ancien Cameroun du Sud sous mandat britannique... un an et demi après l'événement présidentiel du dix-huit février 2014. En effet, les deux timbres (un rectangulaire et un rond) sont disponibles depuis le douze novembre 2015.

La seconde est consacrée au port en eau profonde de Kribi, construit par une compagnie chinoise, et ne comprend qu'un seul timbre sur les deux prévus. Pour le nouveau directeur, inutile d'avoir deux timbres de même valeur faciale émis la même année.

Sur cette gestion au plus juste des émissions, de leurs tirages et des valeurs faciales, Parren rédige un paragraphe sur ce qu'il est possible de trouver dans les bureaux de poste depuis les deux métropoles de Douala et Yaoundé

Un risque politique ?
Un petit détail est à relever hors-philatélie depuis 2014, noté par les deux philatélistes : la disparition de la mention en anglais du nom du pays (Republic of Cameroon)... même pas sur l'émission consacrée à la réunification sur un événement et un monument qui concerne directement les Anglophones.

Un fait surprenant alors que, dans les années 2000, les entreprises publiques ont été nommées en anglais : Cameroon Postal Services (voir oblitération sur la lettre ci-dessus), Cameroon Airlines Corporation (Camair-Co)... L'article de la Wikipédia en anglais signale que les Camerounais anglophones sont à la fois fort représentés dans la vie politique nationale, et qu'il y a un mouvement sécessionniste dans les deux provinces de l'ancien Cameroun du Sud...
La couverture de Timbres en guerre, issu de la recherche universitaire (Presses universitaires de Rennes, 2016).
Entre les coulisses de l'émission sino-camerounaise et cette disparition anglophone, il y a de quoi motiver des recherches dans la presse en ligne camerounaise et chinoise, ainsi que les archives postales et gouvernementales...

... sur le modèle des historiens Alain Croix et Didier Guyvarc'h sur les timbres liés aux deux Guerres mondiales (Timbres en guerre commandé, reçu, introduction (pdf dans l'onglet « Documents ») et premier chapitre déjà lus : intellectuellement passionnants en philatélie et en histoire comme en φl@télie (organisée) et en Ͱistoriographie.

Complément du dimanche dix-neuf février 2017 :
Les relations unilatérales entre la République populaire de Chine et les diverses postes du monde sont confirmées par un article d'Arslan Slemane, paru dans El Watan le dix-neuf janvier dernier : trois timbres hors-programme imposés, un bloc spéculé, aucune contre-partie d'une émission conjointe...