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lundi 25 octobre 2021

Bicentenaire au Guatemala

 Pour les collectionneurs de nouveautés en recherche d'une thématique, depuis quelques années et pour quelques années encore, les pays d'Amérique latine célèbrent le bicentenaire de leur détachement progressif, puis de leur indépendance de l'Espagne, acquise définitivement en 1821 pour la plupart d'entre eux, tel le Guatemala. Des événements provoqués par une multiplicité de causes, notamment les idées propagées par la Révolution française et l'instabilité politique en Espagne provoquée par l'invasion napoléonienne.

La poste de ce pays frontalier du Mexique émet plusieurs séries à cette occasion et montre les manifestations premier jour sur sa chaîne youTube, ainsi que des annonces sur Twitter et  photographies sur Instagram. Loin des postes de pays nordiques qui renoncent à la philatélie artistique (Danemark, Suède) voire au timbre tout court (Islande).

Capture d'écran de la vidéo du vingt-deux octobre 2021 pour l'émission Célébration du Bicentenaire de l'indépendance centraméricaine (youTube).

La série de ce mois d'octobre est consacrée à l'Amérique centrale hispanophone. Les publications sur les réseaux sociaux permettent de voir les timbres, l'oblitération premier jour, une exposition philatélico-historique. Mais aussi de découvrir le bâtiment historique de la poste guatémaltèque, monument important de la capitale qui fut éclairer dernièrement pour le mois de prévention contre le cancer du sein.

La carte sur l'oblitération premier jour représente l'Amérique centrale avec les frontières actuelles des États et le pays émetteur hachuré. Dans les années 1820, la situation fut complexe, le temps que les anciennes colonies s'organisent : le Mexique suivit son propre chemin en 1823, une République fédérale d'Amérique centrale perdura jusqu'à son éclatement en 1839.

Cependant, Panama, lui aussi indépendant en 1821, fut partie de la Grande Colombie et de ses États successeurs jusqu'en 1903 et le Bélize devint une colonie de la Couronne britannique dans la dernière partie du dix-neuvième siècle.

Pour ce dernier pays, est-ce la volonté réaffirmée des dirigeants du Guatemala de revendiquer tout ou partie de l'ancien Honduras briannique ?

Peut-être pas : de ce que je comprend, à l'époque, la pression coloniale britannique sur cette partie de l'Amérique centrale est encore d'ordre économique. La Grande-Bretagne souhaite que ces entreprises puissent exploiter les ressources de cette région (y compris sous forme de plantations esclavagistes). Ce n'est que plus tard qu'un conflit entre le représentant de la Couronne et les planteurs conduit à formaliser la colonisation du Honduras britannique.

Note finale : je n'ai pas étudié l'espagnol et je n'y connais pas grand chose à l'histoire de l'empire espagnol aux Amériques.


Complément du mercredi trois novembre 2021 :

Preuve que cette thématique est continentale, ce mercredi, l'ambassadeur du Chili au Guatemala a présenté au directeur de la poste guatémaltèque les souvenirs de l'émission en hommage au bicentenaire des indépendances centraméricaines.

mardi 26 juin 2018

Vers une charte britannique de la taille-douce ?

Tout va mal chez les Rosbeefs ! La Royal Mail émet trop de timbres (et de feuillets), sur des sujets frivoles, que l'honnête complétiste ne trouve pas tous au bureau de poste (s'il reste un bureau) et jamais sur le courrier (quand celui-ci n'est pas oblitéré au stylo) !! L'heure est grave !!!

En conséquence, le quinze juin dernier, les π@rtenaires de la φl@tely britannique se sont donc réunis pour rédiger et soumettre toutes affaires cessantes à la signature royale une Charte de la philatél...

... LOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOL...

Retrouvons le flegme d'en-face : au Royaume-Uni, le service philatélique de la Royal Mail est certes un acteur important par ses émissions, sa communication sur les nouveautés qui atteint régulièrement les médias grâce à ses séries de six à huit timbres, et les revenus qu'elle donne aux organisateurs des salons nationaux en louant son stand.

Mais, elle n'en est pas le financier-mécène-communicant unique imposant une charte essentiellement consacrée aux nouvelles émissions... car ce serait le seul et unique moyen de faire découvrir la philatélie.

Les magazines britanniques ont pris néanmoins un tournant à la française ces dernières années en s'intéressant aux artistes du timbre en dépassant Edmund Dulac et le trio David Gentleman / Arnold Machin / Jeffery Matthews à l'origine des principes du type d'usage courant actuel, et même sous l'effet taille-douce aux graveurs d'outre-mer...

... pour susciter un nouveau type de collections thématiques par auteurs ?

Ainsi, autour de ce solstice d'été, Adrian Keppel, le Stamp Engravers blogueur, se consacre aux graveurs d'Europe centrale entre deux graveurs français. Dans Stamp Magazine daté mai 2018, il conte la carrière du Tchécoslovaque Bohumil Heinz (1894-1940), employé à distance par De La Rue : son travail se retrouve ainsi sur les timbres de Chine en 1933 et du Soudan en 1935, de trois colonies britanniques - dont le Nigeria - par un profil du Roi George VI, pour se terminer à la Barbade en 1939...

En effet, victime de l'impérialisme hitlérien, il doit travailler aux timbres du Protectorat de Bohême et Moravie sur lesquels il réalise le célèbre acte de résistance de la carte de la Tchécoslovaquie dissimulée dans la série touristique.
Étude de tous les messages cachés dans les timbres de Bohumil Heinrich, proposée sur le site de Richard Frajola (fichier pdf).
Par l'entre-mise d'un projet refusé en 1934, le collectionneur devenu philatéliste par la recherche trouvera la gravure de Heinz sur un timbre tchécoslovaque de 1949.

Pour les éditions datées de juillet, l'amateur de gravure se démultiplie.

Dans Gibbons Stamp Monthly, Kepple retrace le parcours de l'autre Polonais de Suède : Piotr Naszarkowski (né en 1952) ; le premier étant l'excellentissime Czesław Słania qui avait traversé la mer Baltique en 1956 pour fuir la dictature.

Naszarkowski, lui, est un artiste qui a suivi plusieurs chemins et arts pour suivre l'amour avant de tomber dans la gravure en 1981 sous la contrainte politique... en partant de rien. Il ne connaissait rien à la gravure ; en 2018, cinq pages d'illustration montre un talent créatif : châteaux et portraits historiques en Pologne, portraits de prix Nobel en temps très limité en Suède, et portraits de papes récemment avec Benoît XVI et, surtout à la loupe, les deux feuillets de l'émission conjointe Pologne-Vatican de 2014 sur Jean-Paul II.

Dans Stamp Magazine, c'est un voyage inattendu dans le temps et l'espace que Keppel propose, très loin des écoles française, polonaise et suédoise : quand l'Espagnol José Moreno Benavente (1905-1981) émigra au Chili où il est employé par Joaquín Marcó, directeur de Talleres de Especies Valadoras, fusionné à la Monnaie chilienne en 1927.

Aux amateurs français de gravure, voilà un artiste qui a une carrière très longue, dont la collection comprendra les timbres bien sûr, mais aussi un numéro de 1955 de la publication belge L'Illustré et, aux archives et brocante, la Memoria de 1974. Ce dernier est l'édition décennale du livre-souvenir de la Monnaie chilienne pour promouvoir la qualité de son travail ; en 1974, toutes les œuvres sont celles de Moreno qui est contraint à la retraite à soixante-dix ans à cause de sa vue et d'une main moins sûre.

Pour clore en dehors de la taille-douce, le même numéro de juillet de Stamp Magazine propose un article de Peter Marren sur l'illustrateur Golden Brown, créateur de quinze émissions britanniques de styles très variés depuis 1991.

mardi 18 juillet 2017

Disparition de Brian Moorhouse, spécialiste de l'Amérique latine

Samedi quinze juillet 2017 est mort Brian Moorhouse, un marchand, expert et philatéliste britannique spécialisé dans le continent latino-américain et les Caraïbes du dix-neuvième siècle aux années 1940.
Christophe Colomb, logotype approprié pour la boutique web de Brian Moorhouse...
Parmi les dernières collections de matériels préparatoires, d'essais et de timbres émis qu'il a présentées étaient celles des premières émissions d'Haïti, comme les timbres à l'effigie du Président Lysius Salomon émis vers novembre 1887 qu'il a présentés lors de la journée latino-américaine de la Royal Philatelic Society London, le jeudi vingt-huit juillet 2016. Société dont il avait été élu Fellow.
... et sûrement inspiré des premiers timbres-poste du Chili (ici sur timbre d'Espagne de 2003).
Ses collections étaient aussi des références. En avril 2015, lors d'un exposé sur une collection haïtienne qui devait concourir en compétition internationale, son auteur tentait de montrer à quel point il avait réussi à compenser, par l'acquisition et l'étude, le fait que certains blocs et feuilles n'existaient qu'en exemplaires rarissimes possédés et exposés à la même époque par Moorhouse.

samedi 3 décembre 2016

L'Académie de philatélie exposait à Londres

Jeudi dernier, le vingt-quatre novembre, des membres titulaires et correspondants français ou associés étrangers de l'Académie de philatélie étaient invités à exposer au siège de la Royal Philatelic Society London.

La majorité des collections furent consacrées à la France, métropolitaine comme d'outre-mer. Quelques-unes à des correspondances étrangères arrivées ou parties de ce pays, ou françaises passées par l'étranger. Quelques-unes développaient d'autres pays francophones - Haïti par Guy Dutau, l'enclave du Lado par Patrick Maselis - ou sur lequel l'expertise française (du graveur, de l'imprimeur et du collectionneur) s'exerçait - Louis Fanchini et les timbres de Grèce.

Le menu est disponible sur le site de l'Académie et les résumés des présentations au format pdf sur celui de la Société.

Esprit de contradiction oblige, mon résumé trop succinct s'attache à ce que mon regard à trouver inhabituel, mais la lecture n'a pas négligé les autres collections proposées.

Ainsi, les pêcheurs français sur les grands bancs de l'Atlantique Nord de 1896 à 1939, travaillant sur leurs navires toute la saison de pêche durant, sans escale. Leur courrier était confié aux navires ravitailleurs ou croisés à l'occasion, ainsi qu'aux navires-hôpitaux de la Société des œuvres de mer. Le livret-souvenir reproduit deux éléments proposés par Hendrik Schlabbink une carte déposée par un tel navire en Islande pour Cannes ; et une lettre taxée en France déposée non affranchie en Nouvelle-Écosse.

En cartophilie innovante, Michèle Chauvet évoque le quart de siècle d'existence des cartes porcelaine, à l'aspect lithographique particulier permis par la céruse, un des carbonates de plomb, dangereux pour l'utilisateur...

Plus éphémère encore, Jean-Christophe Jacquot se concentre sur la liaison maritime de la Compagnie générale transatlantique entre Panamá et Valparaíso, au Chili, de mars 1872 à février 1874, dans le contexte de la concurrence impériale avec le Royaume-Uni.
La lettre entre Réunion et Saint-Pierre-et-Miquelon de 1875 présentée par Peter Kelly (copie d'écran du livret de l'exposition RPSL-Académie de philatélie du jeudi vingt-quatre novembre 2016).
Lignes de la C.G.T. poursuivies par Peter Kelly dans l'océan Indian de 1864 à 1882, avec, entre autres, une lettre entre négociants, partis de la Réunion - affranchie par cinq timbres de trois séries différentes - à Saint-Pierre-et-Miquelon via Aden, Marseille et la Grande-Bretagne. Je suis très curieux de savoir qui avait acheté (ou avait besoin de) quoi entre ces deux extrêmes coloniaux.

Spécialiste des duchés et villes entre Allemagne et Danemark, Chris King propose des lettres de soldats danois envoyés depuis le nord de la France qu'ils occupent de janvier 1816 à l'automne 1818, conformément au traité de Paris (celui de novembre 1815 probablement, faisant suite à celui de 1814 et de l'aventure des Cent-Jours).

Prix du modernisme avec Jean-Jacques Rabineau qui atteint l'année 1977 et la genèse du type Sabine de David par Gandon, suivi de près par Jean-Pierre Magne et le service express de Maurice entre 1903 et 1966. Ce dernier explique que moins de soixante-dix lettres sont connues avec les timbres surchargés spécifiques jusqu'à 1910, et qu'au-delà, les courriers sont rares.

Presqu'à la fin du cheminement, l'histoire postale de Montpellier jusqu'à 1849 apparaît, non sous les cadres de Michel Soulié, président de l'Association postale de Montpellier, mais de Iain Stevenson qui a étudié l'histoire du Collège des Écossais, lieu d'études fondé par l'Écossais Patrick Geddes en 1924 sur les hauteurs nord de Montpellier.

Merci pour cette diverse-tissante et inspirante lecture.

dimanche 7 août 2016

Pour inspirer de nouveaux latino-américanistes

Le jeudi vingt-huit juillet 2016, toute l'après-midi au 41 Devonshire Place, seize membres de la Royal Philatelic Society London ont présenté aux membres et visiteurs dix-huit collections de philatélie et d'histoire postale d'Amérique latine, cinquante-deux cadres en tout.

L'introduction du Président Frank Walton et du Commissaire de l'exposition John Shaw rappelle qu'il manque une société spécialisée dans ce continent, au Royaume-Uni en tout cas. Quant à la date estivale, elle est un essai pour voir si les membres sont intéressés par un moment supplémentaire entre la fin d'une saison et le début de la suivante.

Des timbres, des timbres...
La plus colorée fut proposée par Janet Nelson avec les émissions de Correios, la poste brésilienne, émises pendant les années 2010, qui rafraîchissaient les yeux après cinquante panneaux dans les couleurs de base de la typographie et de la taille-douce.

Sinon, l'étude des premières émissions reste la figure imposée des philatélies par nation : Chili par Joseph Hackmey et John Shaw, Haïti avec Geoff Hanney et Brian Moorhouse, Équateur et Venezuela toutes deux par Guido Craveri, le Nicaragua et le Pérou avec Christopher Harman et l'Uruguay par Gregory Todd. Pour le Chili, l'intérêt d'avoir deux points de vue est immense pour le non-spécialiste : Hackmey présentant les premiers Colón chiliens quant Shaw creuse les réimpressions tardives (normalement surchargées) à l'initiative du philatéliste Hugo Hahn.

Le changement d'imprimeurs permet de rappeler un pan de l'histoire philatélique : Christopher Harman présentait les émissions de provenance états-unienne du Nicaragua : de l'American Bank Note Company* à l'entreprenant Nicholas Seebeck et son Hamilton Bank Note Engraving & Printing Company dans la décennie 1890.

Ce qui anime les études individuelles de timbres-poste en Amérique latine est l'existence d'émissions locales. Alan D. Anyon présentait les émissions provisoires de Colombie, nécessaires souvent, inventives, spéculatives parfois, voire frauduleuses.

Des lettres, preuves de déplacements... audacieux.
En histoire postale, les moyens de transport pouvaient constituer un fil directeur de fait.
Lettre transportée par un service de diligence (oblitération) de la ville de Mexico pour Guadalajara, sans date (collection Jay Walmsley, exposition RPSL du vingt-huit juillet 2016).
Au Mexique avec Jay Walmsley, les marques puis oblitérations des diligences permettaient de rappeler le retard des réseaux postaux an Amérique espagnole, un héritage des caisses vidées laissées par la métropole aux nouvelles républiques sécessionnistes. La collection continuait ensuite vers les ambulants ferroviaires de la seconde moitié du dix-neuvième siècle.

De la poste aérienne**.
De l'audace privée brésilienne... des trous aériens !?
Entre philatélie et histoire postale - c'est une exposition non compétitive, soyons audacieux, Nick Nelson faisait découvrir les timbres des compagnies privées brésiliennes, autorisées d'exercer par un décret de 1927. Trois compagnies (Condor, ETA et Varig) et un vol de Zeppelin sont à découvrir par ses timbres privés.

Les plus chanceux trouveront chez Varif des timbres troués ! Dans les années 1930, Varig surchargea certains timbres et, pour éviter la spéculation (quels naïfs) trouèrent à grand trou les exemplaires dont la surcharge présentait des erreurs... Vous imaginez aisément la suite.

Encore de l'audace entre Colombie et Allemagne... via New York !
La Société colombo-allemande de transports aériens (SCADTA) passionne visiblement.

Eddie Speicer la considère à partir de la prise de contrôle par Pan American Airways en 1930 qui consolide des liaisons entre Colombie et États-Unis sous le marque « Mancomun », puis « Transoceanico » avec les liaisons vers l'Europe à partir de New York en 1939. À rechercher jusqu'aux années 1950.
Enveloppe aérienne entre banques d'Allemagne vers la Colombie avec timbres des deux pays (collection Robin Pizer, exposition RPSL du vingt-huit juillet 2016).
Mais, à mes yeux d'amateurs ignorants non avertis, c'est Robin Pizer qui a choisi la meilleure période de la SCADTA quand elle permettait des liaisons aériennes entre Allemagne et Colombie avec des enveloppes comprenant simultanément des timbres-postes des deux pays. Ceux de Colombie étant même  surchargés « A » et « R » pour le service aérien et la recommandation. Merci au membre allemand qui m'a aidé à comprendre cet ensemble, puis celui de John Lea.

Et toujours de l'audace (Danton était-il britannique ?)
La palme de l'audace reviendra finalement à John Lea pour une approche synthétique, mais pleine de surprises.

Avec le titre général « Postal History in Latin America », il présentait, enveloppe après enveloppe, de nombreuses spécialités de l'histoire postale depuis les marques d'entrée londoniennes dans les années 1930 jusqu'aux courriers récupérés après des accidents aériens.

Et dès les entrées, il isole une enveloppe banale : adresse et oblitération londonienne, mais si on prend le temps de lire la lettre à l'intérieur : c'est un courrier d'octobre 1861 entré au Royaume-Uni dans une caisse de courrier par une grande compagnie marchande, puis (illégalement ?) affranchie et postée à prix intérieur en novembre.
L'enveloppe toute londonienne dissimulant une lettre brésilienne de Bahia de 1861 (collection John Lea, exposition RPSL du vingt-huit juillet 2016).
Lea s'amuse même à trouver des éléments rares. Telle une toute aussi anodine lettre postée d'Argentine et destinée à l'Air Transport Auxiliary en Angleterre. Les expéditeurs, les Holland, une famille anglaise expatriée, écrivaient à leur fille pilote et mécanicienne, volontaire pour l'effort de guerre britannique. L'ATA recrutant parmi les pilotes refusés par la Royal Air Force dont les femmes.

S'il n'a pas lu cette explication de Lea dans le livret, le philatéliste britannophile se sera arrêté seulement à de rares usages de très fortes valeurs faciales britanniques sur courrier aérien vers l'Amérique du Sud transportées par des compagnies européennes des années 1930 à la fin des années 1940. Dans le livret est illustrée une lettre recommandée d'une banque anglaise à destination de l'Argentine affranchie du coûteux commémoratif pour le Congrès de l'Union postale de 1929 ; l'exposition allait jusqu'à une enveloppe de 1942 entre le siège londonien de Pirelli à celui de São Paulo avec trois George VI de dix shillings et marque de douane!

Du livret d'une exposition détendue
Le livret de l'exposition est disponible à tous au format pdf à partir de la liste des événements récents sur le site de la Société.

Dans mon parcours de seize mois à comprendre à quoi sert une exposition philatélique, avec l'étude un peu approfondie de Paris-Philex (oui les derniers épisodes arrivent, patience !), cette exposition de visu (et non à feuilleter un résumé ou un livre numérique sur le site de la RPSL) permet de voir comment le collectionneur peut présenter un thème de manière très approfondie avec une grande simplicité de présentation, dès que les contraintes de la compétition sont retirées.

Suppression ou allègement des filets d'encre encadrant les feuilles, légendes synthétiques des pièces tout en restant riches d'informations, introductions parfois plus longues qu'autorisées mais éclairant toute la collection : comme celle sur l'importance des diligences privées mexicaines dans les décennies après l'indépendance.

Notes :
* : American Bank Note Company dont la Société possède une histoire auto-éditée en 1959 très richement illustrée d'exemples des gravures réalisées par thèmes : portraits, animaux, activités humaines, transports, etc.
** : Avez-vous remarqué la série d'articles sur l'Aéropostale publiée cette semaine passée par le quotidien français Le Figaro - en version payante sur leur site ? Voici le lien vers le premier article.

jeudi 21 juillet 2016

Un été latinolympique

2016 est une année très américaine : le World Stamp Show de New York du vingt-huit mai au quatre juin dernier d'une part, les Jeux olympiques d'été à Rio de Janeiro du cinq au vingt-et-un août prochain. L'ampleur capitaliste et médiatique des seconds vont recentrer cette attraction sur la partie latino du continent.

Les plus thématistes sportifs pourront se tourner vers l'association Sports Philatelists International, basée aux États-Unis, l'Association française des collectionneurs olympiques et sportifs (qui pourrait signaler son changement d'adresse web au Comité national olympique) et toutes les émissions opportunistes des deux cents et quelques pays philatéliques et agences de papier-peint dentelé. Première esquisse par Jean-Louis Emmenegger dans le numéro d'été de Timbres magazine.

Le continent peut inspirer des retours sur expositions et lectures. Déjà, à Paris-Philex, les empeintes Daguin du Chili par Jean-Michel Garaud...

Avec son numéro daté août, Stamp magazine étudie les timbres d'un des départements de Colombie : Boyacá - même si c'est la Première Guerre mondiale qui inspire majoritairement le mensuel...
Carte du réseau de la compagnie bolovienne d'après Alberto Decombe, Historia del Ferrogarril de Arica a La Paz, 1913 (via Commons de Wikimedia). L'article de Hobbs se concentre sur la partie bolivienne de la ligne.
Plus ancien, grâce à la gentillesse de la Postal History Society britannique lors d'Europhilex London 2015 : dans le numéro 350 de juin 2014 de Postal History, Barry Hobbs propose d'étudier les bureaux ambulants boliviens sur la Antofagasta & Bolivia Railway et ses extensions progressives, entre Chili et Bolivie - et même Pérou, de 1907 à 1930.

L'article de la Wikipedia en anglais nous apprend (sans notes infrapaginales) que la première ligne est ouverte en 1893 pour permettre l'exportation de minerai par la concession accordée par la Bolivie à l'entreprise minière australienne Clarke & Company, dans la région d'Antofagasta. La Guerre du Pacifique de 1879-1883 place la région sous le contrôle du Chili, ce qui n'empêche pas la continuation de la ligne - qui sera cotée à la bourse de Londres en 1888 - plus à l'intérieur de la Bolivie.

Depuis les années 1960, le contrôle capitaliste britannique a laissé place à un contrôle public bolivien et un conglomérat minier chilien.
La première page de l'exposition 148 Years de la Royal Philatelic Society London pour New York 2016 (copie d'écran de la publicitation en ligne : lien signalé ci-dessous).
Du côté de la Royal Philatelic Society London, les deux parties du continent ont été et seront célébrés. À New York, pour se faire connaître et annoncer les cent cinquante ans de la Société en 2019, ses membres ont soumis cent quarante-huit pièces constituant une collection philatélique et postale des cent quarante-huit dernières années. Elle est visible pour tous sur le site de la Société, en partant du premier compte-rendu de réunion de celle-ci : philatélie traditionnelle, histoire postale, timbres de distributeurs, événements royaux, thématiques, astrophilatélie,... Tout le monde peut en profiter.

Jeudi prochain après-midi, à son siège à Londres, les membres proposeront des collections d'Amérique latine pour marquer la fin de la saison 2015-2016, qui complète l'exposition du mois sur l'Antarctique britannique par Hugh Osborne (visitable en ligne par là), ce qui permet d'avoir sûrement touché tout le continent.

Reste à varier les médias encore un peu : télévision avec le rappel des facteurs des favelas à Rio soit par la série télévisée Cidade dos Homens, soit par des reportages.

mardi 28 juin 2016

Enquêtes, surprise et boîtes aux lettres dans le London Philatelist de juin

Les articles, proposés dans le numéro de juin 2016 du London Philatelist, pourraient constituer une excellente soirée canapé/télévision pour oublier les affres européens du Royaume-Uni ou l'ennui profond que m'inspire une compétition de football.

En avant-soirée : documentaire touristique à Gibraltar...
... comme sur arte à vingt heures en attendant le film.
Le Gibraltarien Richard Garcia, après un article conjoint sur la première série d'usage courant du Rocher du règne d'Elizabeth II en novembre 2015, propose une ballade le long de Main Street le long de laquelle le Royal Gibraltar Post Office a placé des boîtes aux lettres monogrammées, une par souverain depuis la Reine Victoria.
Bricolage sebphilatélien à partir des informations fournies par Richard Garcia (fond de carte et itinéraire Google Maps, ajout avec Paint.NET - un logiciel libre).
La principale avenue marchande de Gibraltar compte désormais six boîtes pour un gros kilomètre. La dernière de la série porte le monogramme d'Edward VIII et a été installée en octobre 2015.

Le parcours est assez touristique aller comme retour : d'Edward VII près d'un centre commercial / parking jusqu'à George VI devant le centre culturel du territoire, en passant par les commerces locaux, le bureau de poste principal, les batiments officiels, la cathédrale.

Vivement un voyage à Gibraltar...

D'autres publications de Garcia sont listées sur sa page LinkedIn.

Une bande-annonce
Au milieu de la revue de la Royal Philatelic Society London, quatre pages annonçant l'exposition internationale Stockholmia 2019 organisée pour célébrer les cent cinquante ans de la Société.

Le grand film de la soirée : le postier, le bush et les truands...
... souvenir de La Dernière Séance.
Quinze pages sur un sujet d'histoire postale, sociale et criminelle : les attaques de malles postales dans le bush australien au dix-neuvième siècle. Un véritable western à la John Wayne.

Auteur d'ouvrages récents sur les accidents subis par le courrier australien, Brian Peace raconte puis illustre de toutes les manières possibles la vague délinquante qu'a connu l'intérieur des colonies occidentales d'Australie des années 1840 à 1870 jusqu'à leur terme définitif au tout début des années 1900 - l'auteur déduisant que la sévérité accrue de la justice contre les criminels a mis fin à l'incroyable nombre d'affaires dans les années 1860 : plus de deux cents ! Plus de la moitié de toutes les attaques recensées.

L'article reproduit les trois seules lettres conservées portant une mention manuscrite expliquant leurs involontaires aventures, ainsi qu'une liste des lettres recommandées transportée avec le sac de courrier, qui, elle aussi, accompagna des bandits avant d'être retrouvée.

Les collectionneurs d'archives se tourneront vers les journaux officiels des colonies (Government Gazette), les quelques lettres témoignant de l'événement. Par exemple, cette lettre de 1864 entre deux maîtres des postes pour confirmer que la moitié de chèque amené par un destinataire est bien à payer ; le dit chèque avait disparu lors d'un vol, puis déchiré lors du tri des valeurs par les malfaiteurs.

Chacune des affaires concernées est racontée à partir des articles de presse et des récits dans les archives judiciaires. Prenant, surtout avec la figure de Paddy Tom, qui apparaît dans plusieurs coups réalisés par des bandes différentes dans des colonies différentes, et qui finit condamné à la pendaison pour meurtre le vingt mai 1865.

L'entracte.
Le temps d'une pause eskimo (chouchous, beignets ! sur les plages de France) résumé des conférences d'avril, annonce du nouvel ouvrage Guide to the Postal Stationery of Iraq par Clayton Rubec et Akhtem Al-Manaseer.

En amusement avant le deuxième film, Richard Wheatley se contente d'une seule enveloppe recommandée de 1970, de Leeds (Angleterre) pour les passagers d'un navire faisant escale à Punta Arenas, au sud du Chili : quatre Wildings et le timbre commémoratif Gandhi...

Les cinq comportent une variété présente au catalogue Stanley Gibbons !

Soir de vacances, encore envie d'un vieux film dans l'immensité classique...
... Le Cinéma de minuit ?
Restons dans les immensités à explorer et les enquêtes policières : la présence militaire britannique avec la révolte arabe dans l'Empire ottoman pendant la Grande Guerre à l'établissement du mandat britannique dans ce qui devient le Royaume d'Irak.

Barry Scott fait face à un mystère... Trente-trois en fait. Trente-trois enveloppes originaires de Mésopotamie du vingt-cinq mai 1920 au vingt-neuf novembre 1921 portent une marque rouge : un M et un numéro dans un cercle.

Trace de censure ? Tampon indiquant la franchise militaire pour les troupes britanniques ? Scott propose cette seconde solution par les archives pour la date de fin de censure d'une part, et en comparant des courriers civils et militaires par voie aérienne, d'autre part : un timbre-poste (ottoman surchargé) de moins et un coup de tampon de plus pour les seconds.


Il est minuit passé dans le sud de la France, le soleil est enfin couché et le courant d'air frais permet enfin d'aller dormir.


Complément du dimanche seize octobre 2016 :
Le dix octobre 2016, la poste de Gibraltar a émis cinq timbres sur les boîtes aux lettres, une par règne dont le souverain est apparu sur les timbres du territoire britannique. Néanmoins, l'auteur du blog Commonwealth Stamp Opinion avait du mal à voir qu'est-ce qui pouvait motiver le Bureau philatélique de Gibraltar.
L'émission des pillar boxes de Gibraltar du dix octobre 2016 (Bureau philatélique de Gibraltar).
À part les cinq cents (autoproclamés) du service postal britannique célébré par Royal Mail cette année, je lui ai signalé l'article de Richard Garcia évoqué ici sur l'installation par le Royal Gibraltar Post Office des six boîtes-piliers historiques sur Main Street.

Pour être sûr du lien entre cette installation et l'émission de timbres, j'ai pu obtenir une réponse de M. Garcia qui a contacté Aaron Enriles, un responsable du Bureau philatélique de Gibraltar, qui lie les deux. Sauf qu'en 2015 lors de la préparation du programme philatélique, le RGPO ne possédait pas de boîtes au monogramme d'Edward VIII et n'a envisagé que cinq timbres.

Faute de temps, il est envisagé pour 2019 une émission complémentaire pour représenter cette boîte installée près du Parlement du Territoire.

Merci à Robert Garcia et à Aaron Enriles pour leurs réponses.

vendredi 17 juin 2016

Paris-Philex (4) : de l'exotisme

Outre les marchands allemands et scandinaves à Paris-Philex, du dix-neuf au vingt-deux mai 2016, la compétition philatélique permettait de se balader dans le monde... sans l'excuse de timbres classiques français.

Deuxième épisode de mon commentaire sportif (amateur, partiel et partial) du championnat de France de philatélie.

Petite précision : je ne lie pas les noms des exposants avec leur fiche sur le site fédéral si elles signalent des coordonnées privées précises.

Sans aller trop loin :  quatre escales en Espagne.
Juan-José Ara Somohano exposait deux collections, toujours sur le thème de la Guerre d'Espagne et des Républicains espagnols, dont l'exil fait l'objet d'une collection lors de la compétition départementale de Montpellier, en mars dernier.

À Paris, l'histoire postale de La Guerre d'Espagne poursuit un long chemin, depuis 2002 selon la page du philatéliste sur le site fédéral. Elle confirme désormais un niveau de Grand Vermeil pour la seconde fois de suite, avec cette année les félicitations du jury. Pourquoi ? Aucune idée.

Mais, le Biterrois a profité de l'innovation de Paris-Philex : l'invitation adressée à l'Association arc-en-ciel regroupant les errinnophiles, collectionneurs de vignettes non postales (les Cinderella/Cendrillon britanniques). Sa collection Une page de l'histoire espagnole - secteur républicain 1936-1939 a participé dans cette catégorie hors concours en laissant le jury mixte débattre vendredi matin de son classement : le juré philatéliste reconnaissant une collection de philatélie - une grande partie des vignettes ayant pour but affirmé l'affichage sur le courrier voire une fonction postale d'urgence ; ses collègues erinnophiles confirmant l'entre-deux du travail de M. Ara Somohano.

Quatre-vingt points au milieu du classement errinophile... Vivement des publications fédérales, associatives et journalistiques commentant et expliquant ces scores aux visiteurs.

Pour les curieux de cet épisode de l'histoire espagnole, deux philatélistes espagnols - fédération invitée - ont complété : José Barros Calchadora avec la philatélie de la République espagnole (1931-1939) et Estanislao Pan de Alfao sur l'histoire postale du camp de concentration de Miranda de Ebro, au nord de la Castille, qui servit à enfermer successivement les républicains, les étrangers fuyant l'avancée allemande en France, puis les déserteurs allemands et nazis fuyant la Libération de l'Europe occupée.

Quand les machines Daguin voyagent hors de France...
... pour reprendre le titre de la collection de Brigitte Abensur.

Les machines manuelles d'oblitération françaises de l'ingénieur Eugène Daguin, fort populaires chez les collectionneurs de marques postales et de flammes illustrées, ont eu une carrière à l'exportation. Par exemple, sur le site Exponet, le Roumain Dan N. Dobrescu propose sa collection de marques Daguin en Roumanie entre 1890 et 1909.

Plus voyageur, Jean-Michel Garaud de l'Amicale philatélique des pays de la Fillière, en Savoie, les a suivies jusqu'au Chili après une collection plus mondiale exposée de 2003 à 2011 ayant atteint le grand vermeil.
Un exemple de Daguin mixte de 1934, petit résumé à mon avis des usages de ces machines au Chili (collection Jean-Michel Garaud).
Après un Catalogue des empreintes Daguin chiliennes de 1898 à 1950, médaille vermeil en 2014, voilà l'application sur cadres. Et c'est exotique pour le lecteur qui redécouvre ses classiques sous de nouvelles formes graphiques et d'usage : flamme muette, publicitaire ou illustrée, marque jumelée ou borgne, voire mixte.


Minute gueulante :
encore une fois, une collection difficile 
à lire et photographier
à cause d'un éclairage inacceptable
pendant qu'on avait sorti les projecteurs
de stade de football pour Phil@poste...


De l'exotique histoire postale de Nemours
Exotique Nemours ? Le nom colonial de Ghazaouet avant l'indépendance de l'Algérie.

Non, non : Nemours en Seine-et-Marne, à moins de cent kilomètres au sud de Notre-Dame de Paris.

...

Le Béarnais Jean-Claude Ferret remporte mon prix de l'exotisme en classe ultra-traditionaliste pour compenser une simple médaille d'argent à soixante-douze points malgré...

Ultra-traditionaliste : l'étude de l'évolution des marques postales d'une commune française des origines pré-philatéliques à 1876, date-repère-barrière entre les Cérès/Napoléon et le type Sage. À titre personnel - et sûrement j'ai tort..., j'en ai lu une complètement en exposition à Montpellier et j'ai l'impression de revoir la même chose quelque soit la ville, le département choisi, sauf à me parler de lieux qui me sont intimes ou si la présence d'une gare ou d'un port apporte un brin de variété.

M. Ferret ose aller jusqu'à nos jours !
Une oblitération ROC Toshiba sur enveloppe ouverte à la Moldu dans une exposition philatélique : scandale ! (collection Jean-Claude Ferret).
Oui, des Daguin et des flammes touristiques SECAP... et même une Toshiba à code ROC anonyme pour ne pas savoir où se trouve votre centre de tri.

Scandale diront certains : il faut dé-cou-per ! Et jeter les flammes ondulées :p

Visionnaire diront d'autres : pour créer un marcophile aujourd'hui, il faut partir du courrier qu'il reçoit ou trouvera en explorant les poubelles d'une entreprises.

Normal à mon sens : les découpages chronologiques classiques sont commodes pour se repérer et étudier efficacement. Mais, comme le découpage en grandes ères de l'Histoire, en quoi cela dérange-t-il de les dépasser ?

Encore une fois, savoir comment les jurés ont évalué cette présentation serait fort pédagogique. Complète chronologiquement, cette collection n'est-elle pas assez approfondie dans ses explications par époque ? L'inclusion d'une plate-forme courrier de Melun a-t-elle gêné et était considérée comme hors-sujet ? Ou est-ce simplement un problème de mise en forme des informations pour l'accessibilité du lecteur ?

À côté de la collection Nemours, la Fédération aurait dû placer le stand de vente des deux tomes de L'Oblitération mécanique en France d'Yvon Nouazé pour éclairer les curieux.

Vivement une médaille plus jaune pour cette collection.


L'exotisme philatélique à Paris-Philex continuera dans un prochain épisode.

dimanche 26 avril 2015

De la généalogie en philatélie

Autre enseignement du week-end toulousain consacré aux expositions, la généalogie se rend fort utile pour tirer toute l'importance de certains courriers du dix-neuvième siècle, principalement dans les correspondances coloniales et maritimes.

Ce qui peut être important dans les classes d'exposition souhaitant relier l'importance de l'histoire postale sur l'évolution des sociétés. Pouvoir suivre ce qu'il est advenu d'un expéditeur depuis l'île Maurice, d'où il écrit à destination de sa famille en Angleterre, jusqu'à l'Australie via l'Inde, et voilà le collectionneur-exposant racontant, le week-end dernier, sa trouvaille avec l'euphorie du généalogiste qui a réussi à débusquer l'ancêtre perdu dans les archives, ou une grande partie de sa vie à travers un document administratif.

Actuellement, en France, les registres d'état civil sont largement disponibles sur les sites des archives départementales (sauf exceptions) de la limite du début du vingtième siècle imposée par la Commission nationale internet et libertés (CNIL) jusqu'à la fin du dix-septième voire avec de la chance, ou du premier tiers de ce siècle si vous consultez dans la salle de lecture des archives municipales et départementales.

Mais, l'intérêt d'internet et de la numérisation des archives est que d'autres documents requérant un peu de patience et de recherche permettent de trouver bien des éléments de la vie familiale et personnelle de nos ancêtres.

Certains départements proposent de consulter les listes nominatives par rue des recensements, en ligne du début du dix-neuvième siècle jusqu'aux années trente, en salle jusqu'aux années soixante-dix. Là, c'est les lieux de vie et les noyaux familiaux qui sont retrouvés.

Avec la mode du centenaire de la Grande Guerre, ce sont tous les registres matricules des soldats en service militaire ou appelés sous les drapeaux qui deviennent disponibles, sans avoir à passer par les services historiques de la Défense.

Autre exemple présenté à Toulouse et que je vais creuser à cause d'un patronyme intéressant : suivre la famille de marchand d'un grand port français destinataire d'une lettre d'un fournisseur des colonies.

Coïncidence des exemples : dans le numéro daté mai 2015 de Timbres magazine, c'est en généalogiste que Guy Dutau à retrouver l'histoire familiale des Laharrague pour mieux comprendre une des premières lettres entre Tahiti et le Chili, rédigée le trente-et-un août 1861.

Pour se lancer, chez les marchands de journaux et certaines médiathèques publiques, lisez La Revue française de généalogie.

samedi 26 mai 2007

Bisous de l'île de Pâques

Un couple d'amis vient de passer des vacances dans l'océan Pacifique, avec une escale par l'île de Pâques, possession chilienne. Depuis là, ils m'ont envoyé une carte postale le 9 mai arrivé aujourd'hui.

Les célèbres statues moaï de l'île de Pâques (carte postale de la société chilienne Hispapel).


Évidemment des timbres (mes amis finissent par me connaître :)

390 pesos ($) est le tarif d'une lettre de moins de 20 grammes du Chili à l'Europe. Visiblement, le stock de timbres s'épuisent lentement. Depuis le 6 mai 2001 est en vente le 100 pesos « Chat des pampas », animal menacé d'extinction vivant en Amérique du Sud, dessiné ici par Hector Carrasco. Le 16 septembre 2002, est émis le timbre de 290 pesos sur les « traditions du pays » dessiné par Roberto Sepulveda B.. Ils sont imprimés en offset par la Casa de Moneda de Chile.

Le cachet d'oblitération est grand (environ 3,7 cm de diamètre) et bleu, couleur d'encre à la mode visiblement puisque je connaissais déjà les cas de l'Argentine et de la France. Il porte la mention « Empresa de correos de Chile » (entreprise des postes du Chili), comme les deux timbres.

Aller plus loin :
* le site de Correos Chile avec une partie philatélique intéressante.