Affichage des articles dont le libellé est bureau de poste. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est bureau de poste. Afficher tous les articles

samedi 11 avril 2026

Envoyer un recommandé avec accusé de réception par automate

 La Poste optimisant ses bureaux de poste à l'extrême (quand elle ne les refile pas aux supermarchés ou aux mairies), elle laisse peu de personnel au service des clients.

En conséquence, les trois employés du bureau de Montpellier Port Marianne étant occupés entre service bancaire, création d'un recommandé manuscrit et allers-retours pour dépôt de colis, je me suis tourné vers l'automate pour envoyer une lettre recommandée avec accusé de réception pour un document administratif important.

Les deux boites aux lettres du bureau Port Marianne fin mars 2026 : blanche pour les lettres, jaune pour les recommandés enregistrés via l'automate (tous droits réservés).

L'automate est celui habituel qui permet de commander des timbres de distributeur (dits LISA en France pour « libre service affranchissement ») selon le poids et la destination de chaque pli.

L'entrée numérique des données de recommandation par l'expéditeur a déjà plusieurs années d'ancienneté dans les bureaux de poste en France.

L'enveloppe finale avec le grand autocollant de recommandation.

Pour une lettre recommandée, il faut entrer les identités et adresses de l'expéditeur et du destinataire. Avoir un compte web La Poste accélère le processus puisque l'appareil permet de s'y connecter : le suivi est ainsi enregistré immédiatement.

Après paiement, un autocollant assez grand est imprimé et à coller sur l'enveloppe, à la place de la traditionnelle liasse multi-couches : adresses, mention et code de suivi (SD) dans un simili-timbre sans dentelure simulé.

Dans ce cadre, les logotypes et mention du service « Lettre recommandée / R » de La Poste, le tarif « Max 20g / France », et la consigne de poster le pli jusqu'au vingt-quatre avril 2026, soit un mois.

Une colonne jaune près de l'entrée signale le lieu de dépôt de ces recommandés par automate, sur lequel l'image insiste bien : pas de recommandés avec liasse papier.

Ticket de caisse faisant office de preuve de dépôt d'une lettre recommandée.

Pas de liasse donc pas de papier carbone qui sert de preuve de dépôt. Ce dernier est remplacé par un ticket de caisse banal avec le mode d'emploi : coller l'autocollant, déposer dans la boîte dédiée, et le code alpha-numérique et un qr-code pour retrouver le suivi sur le site de La Poste.

Une insistance : le ticket sert de preuve en cas de réclamation.

Un courriel le jour de dépôt est reçu avec, en pièce jointe, un fichier pdf de dépôt au format standard de la liasse.

Un accusé de réception en papier épais : enfin quelque chose de traditionnel dans cette histoire, dans ma boite aux lettres le samedi vingt-huit mars.

À notre époque de numérisation internétique, il faut encore conclure des contrats sur papier avec signature manuscrite et lettre recommandée.

Cependant, un courriel du destinataire signale avoir bien validé la procédure en cours, deux jours après. Ce que confirme un accusé de réception imprimé le lendemain.

Un accusé de réception en 2026 qui a voyagé entre une imprimante montpelliéraine et un destinataire à Montpellier.

Au verso, le tampon du secrétariat d'accueil de l'entreprise destinataire et la signature de l'employé du vingt-six mars, sont prouvés par la reproduction d'une photographie de l'accusé de réception, validé par un cachet à date de La Poste et le paraphe du facteur, du vingt-sept mars.

En contexte de courrier d'entreprise grand compte, l'ensemble des recommandés a dû être remis ou retiré le vingt-six, traités dans les locaux du destinataire, avant d'être remis à La Poste le lendemain.

Vue le nombre de recommandés encore en circulation, puisque c'est la preuve juridique d'échanges de courrier ou de documents importants encore en France, La Poste a donc optimisé les coûts depuis plusieurs années en évitant liasses multi-feuilles et traversées du pays par les accusés de réception.


Cet article est publié dans le cadre du trois centième #PostBoxSaturday, en ce qui me concerne sur le réseau social BluSky (le promoteur de cette manifestation réseausociale hebdomadaire a retrouvé la première boîte pour fêter le nombre rond, en bord de mer, dans les îles Britanniques).

vendredi 10 avril 2026

Le Magasin de lettres de Séoul, roman de Baek Seungyeon

 Publié en Corée en 2024, le roman Le Magasin de lettres de Baek Seungyeon a fait l'objet d'une traduction française par Irène Thirouin-Jung et parue en août 2025 aux éditions Nami.

Le titre original, 편지가 글월, se traduirait par « La lettre est écrite », une action essentielle au sein de la papèterie, lieu principal de l'intrigue.

Couverture de l'édition française : le chat est une liberté de l'illustrateur.

Au début du roman, cela fait une semaine que Hyoyeong travaille dans un magasin spécialisé dans le matériel de la correspondance écrite, ouvert à l'étage d'un immeuble par un camarade de ses études de cinéma. Un an avant, elle a dû interrompre à celles-ci suite à un drame qui a endetté sa sœur et ses parents.

Toujours déçu et marqué par cela, elle découvre progressivement ce lieu, que le titre allemand décrit comme « le magasin de lettres dans lequel le temps est suspendu », aux rituels apaisants : ranger les papiers et enveloppes décorés, préparer manuellement une partie au comptoir, comprendre le but de la correspondance des clients, rédiger à la main les reçus... tout en regardant le paysage des collines boisées de la banlieue.

Tout a été fait pour inciter à l'écriture aux autres, y compris le parfum d'ambiance, et une grande table d'écriture. Les clients peuvent même, contre le prix de l'affranchissement postal, laisser leur missive qui sera amené au bureau de poste du quartier, dont la jeune employée se prend de curiosité pour ce magasin.

Particularité du lieu, qui en une petite année va lier encore davantage l'héroïne, le lieu et ses clients réguliers : le Service de correspondance et son meuble composé de niches dans lesquelles reposent parfois des enveloppes illustrées par un correspondant.

Contre une somme modique, celui-ci a pu coucher sur le papier ses émotions ou pensées du moment, à destination d'un autre client inconnu du service. Car on ne peut lire une de ses lettres que si on en a rédigé et déposé une. Seuls, les employés ont l'identité des correspondants, conservée dans un registre afin de les prévenir que leur lettre a été retirée ou s'ils ont eu une réponse.

Ainsi, au fil du roman, les clients sont des personnages à part entière de l'intrigue, souvent curieux et enthousiasmés de ces échanges.

Seule, Hyoyeong semblent ne pas vouloir participer elle-même à l'écriture... face au passé et à sa sœur.

Un message glissé dans le roman par l'éditeur Nami pour la publication.

Dans l'ouvrage se trouve un message sur un beau papier de la maison d'édition française : un échange de lettres entre lectrices, imitant le service de correspondance du roman.

Le mode d'emploi de l'échange de correspondance.

Je ne sais si c'est spécifique à l'éditeur français ou créé par l'autrice et son éditeur coréen, mais ce petit jeu rappelle qu'il y a bien deux magasins de lettres, à Séoul, qui ont inspiré ceux du roman.

De plus, les lettres des clients de fiction sont largement inspirées de celles que des clients de ces magasins ont accepté de rédiger pour accompagner l'œuvre de Baek Seungyeong.

Pour les curieux de la société sud-coréenne ou de l'Asie de l'Est, le roman croise en arrière-plan plusieurs des problématiques locales : la réussite scolaire et professionnelle, la vision négative au premier regard de certains métiers (dont employé de magasin ou créateur de webtoons), la vie quotidienne des écoliers jusqu'aux retraités dans les quartiers périphériques des grandes villes, etc.


Pour ceux qui ont accès au centre de Paris, la librairie Le Phenix, 72 boulevard de Sébastopol, dans le troisième arrondissement, est un lieu indispensable pour trouver des publications originales ou des traductions de l'Asie orientale jusqu'aux cultures tibétaines et de l'Inde.

lundi 6 avril 2026

Du bureau postal en Lego proposé par le Musée de La Poste

 Profitant du dimanche de Pâques, et grâce à un ami parisien, j'ai assemblée le bureau de poste, set 230925, en briques Lego, un produit proposé par le Musée de La Poste depuis décembre 2025 dans la boutique du musée parisien, après avoir vendu un lot sur le site web.

Le sachet de cent pièces Lego, le livret de montage dans la boîte bleu poste.

De près, l'illustration du bureau de poste sur la boîte et en couverture du livret de montage montre l'usage d'un logiciel de création de modèle Lego à l'extérieur de l'entreprise.

Le texte légal au dos du livret d'instructions (et aussi sur un des côtés de la boîte).

Cela était prévu puisque le Musée annonce trois mille unités en série limitée et numérotée... Je cherche encore le numéro de ma boîte d'ailleurs.

Les avertissements sont brusquement explicites : si les pièces ont été fabriquées et fournies par le groupe danois, ce produit dans sa conception n'est pas de sa responsabilité.

Les habitués des bâtiments Lego s'en rendront compte rapidement : la montée des murs est bien verticale sans consolidation par les briques - ça peut évoquer les standards du bâtiment moderne, des grandes plaques de béton juxtaposées. Par contre, la poutre intérieure montre rapidement le point faible de cette conception économe : soutenez-la en montant le toit.

Le bureau fini avec la factrice et son vélo.

Les un centime de moins que cinquante euros en cent briques sont employés plutôt en sept briques tampographiés, dont quatre aux marques de La Poste et La Banque postale, l'oiseau postal tout petit sur le torse basique de la mini-figurine, un mini-clavier pour le distributeur bancaire, et la plaque d'adresse : 49 place du Musée de La Poste.

D'ailleurs, ce distributeur et la boîte aux lettres requiert plusieurs pièces pour l'assemblage, expliquant l'espace de six tenons de large où se trouve la plus grande densité de briques.

La brique lettre affranchie avec destinataire et expéditeur.

Les archivistes du Lego retrouveront si la lettre affranchie, la couleur jaune-orangé du vélo, la chevelure-casquette de la mini-figurine sont inédits.

L'intérieur épuré du bureau de poste.

Limite coût-prix acceptable, place laissé à l'imagination, l'intérieur du bureau est... vide.

En dehors de la boîte à document bancaire et la fenêtre ouvrable, le comptoir reste à créer, selon les époques des bureaux de poste français : haut comptoir avec vitre de protection, espace ouvert actuel.

Et là, deuxième gros souci du set entre conception privée et mode officielle Lego : les anciens remarqueront l'aspect lisse de la plaque sur laquelle repose le bureau, qui laisse peu d'emplacement de fixation pour cet intérieur.

En effet, depuis 2021, pour la gamme Lego City ciblant les plus jeunes, Lego a remplacé les grandes plaques de chaussées par ce système de modules épais (deux briques plates de haut) avec quelques vides emplis de tenons. Les grandes et moyennes plaques fines à tenons se trouvent encore dans les gammes à licence ou créatives plutôt pour assembleurs expérimentés. Et leur commerce de second main a connu une inflation des prix.

Pour ce bureau, le module principal permet à deux emplacements de servir de fondations aux murs. Cependant, cela limite les possibilités de fixer figurines et objets, notamment dans cet intérieur ouvert au créateur.


Pour finir par les plus : le choix du trio de couleur est harmonieux, méridional même, me rappelant le guichet annexe (fermé) de la place des Arcades, à Maurin, village excentré de la commune héraultaise de Lattes. Cet aspect me paraît renforcer par la fenêtre proposé en ouverture en biais : du sol extérieur vers l'intérieur à rafraîchir l'été.

Malgré la simplicité des murs, les petits assemblages de l'automate bancaire et du phare de vélo sont inspirants pour ses propres créations.

dimanche 8 mars 2026

Papier ou numérique : "Aucun autre choix" ?

 Attention au divulgâchage pour ceux qui n'ont ni lu le roman Le couperet de Donald Westlake (1997), ni vu les adaptations cinématographiques de Costa-Gavras (2005) et de Park Chan-wook (2025).


Depuis maintenant un quart de siècle, la démocratisation de l'accès aux réseaux de télécommunication et la capacité de ceux-ci à transporter des données de plus en plus volumineuses et rapidement a lancé ce grand débat de ce qui doit rester sur papier de ce qui peut être relégué à des fichiers numériques.

De là, des conséquences nombreuses ont jailli : effondrement du courrier individuel, développement de la vente individuelle par correspondance...

Mais, comme le rappelle la date de publication du roman The Ax de l'États-Unien Donald Westlake (1933-2008), cela arrive au terme d'une évolution industrielle qui recherche le remplacement de l'ouvrier par la machine... depuis les lourdes charges désormais déplacées par la force de la vapeur jusqu'à l'automatisation avec des robots rendus de plus en plus autonomes par leurs capteurs et les logiciels d'interprétation.

C'est dans ce cadre donc que se place Le Couperet, titre français du roman de Westlake et du film de Costa-Gavras. Pour résumer : un ingénieur papetier, passionné par son métier, le perd dans une des inspirations dont le capitalisme a le secret. Plusieurs mois plus tard, toujours au chômage, le héros décide de rechercher et d'éliminer les concurrents pour cet emploi très spécialisé.

En 1997, la fusion d'entreprises motive le licenciement ; en 2005, c'est la délocalisation de l'usine française vers la Roumanie. En 2025, en Corée, Yoo Man-soo refuse de licencier les membres de son équipe que les actionnaires états-uniens veulent remplacer par l'intelligence artificielle.

Note sur la suite : je n'ai vu en février 2026 que le film franco-coréen... La médiathèque va permettre de mettre les yeux sur le film franco-européen de 2005. Le roman original ou traduit, cela va être plus coton.

Affiche française du film Aucun autre choix de Park Chan-wook, adaptation du roman de Westlake (2025).

Quel rapport entre ce film critique du capitalisme, de la société des apparences et de la consommation, devenant une forme de comédie noire (on ne s'improvise pas assassin) et la philatélie ?

L'expression explicite et répétée de cette passion pour le papier, bien fabriqué, aux qualités choisies selon l'usage,... à l'incompréhension des épouses des chômeurs papetiers qui encouragent vainement leur reconversion professionnelle.

Dès la première scène, le héros apprécie en famille le lot d'anguilles fraîches offert par son entreprise... mais pas le papier utilisé pour écrire le mot de remerciement. Le spectateur comprend rapidement qu'anguilles et papier sont deux indices du drame à venir : il va devoir choisir entre la loyauté envers ses collègues ou rester seule tête humaine à la tête d'une usine intelligente.

La scène de sortie du bureau de poste au tiers du film de Park Chan-wook (2025).

Une fois au chômage et découvrant que les autres entreprises papetières de la région ont des places limitées pour un cadre brillant... Yoo Man-soo décide de retrouver tous les ingénieurs comme lui, identifier ceux meilleurs que lui, et les tuer.

La glorification du papier et de son rôle atteint à ce moment du film son apogée : publication d'une fausse annonce d'embauche pour une nouvelle entreprise papetière, insistant sur le choix de la correspondance écrite, du choix du papier pour celles-ci afin de sélectionner ceux qui maîtrisent véritablement cette production et son importance sociale.

Des enveloppes sans timbres-poste... L'amour du papier a des limites.

Un court moment, le film quitte les villas isolées dans la forêt des papetiers chômeurs... pour le bureau de poste. Le héros en sort avec une débordante masse d'enveloppes arrivées dans une boîte postale. Il déverse le contenu dans les bras de sa fille (personnage étonnant) qui attendait dans la voiture.

Hélas pour les amateurs de timbres-poste : étiquettes à code-barres, timbre préoblitéré de machine à affranchir,...

Le soir, dans sa serre, commence le tri... notamment le dossier du plus grand concurrent avec lettre de motivation tapée sur une vieille machine à écrire après une sélection du papier à lettre le plus approprié à cette mission de retour à l'emploi rêvé.

J'arrête là le récit puisque la suite du film sera les péripéties de trois papetiers, leurs épouses, leurs enfants, un inspecteur de police, de nombreux retournements de situation...


Le film, titré en coréen 어쩔수가없다 (approximativement Je ne peux pas m'en empêcher) et No Other Choice / Aucun autre choix en Europe, a été montré au festival italien de la Mostra de Venise 2025, sorti en Corée du Sud en septembre 2025, et en France le onze février 2026.

dimanche 14 décembre 2025

Passion briques postales ou charognards de la spéculation ?

 À peine le temps pour HothBricks, le blogueur spécialisé des nouveautés Lego, d'annoncer la mise en vente vendredi douze décembre 2025 d'une boîte spéciale au Musée de La Poste, à Paris et sur sa boutique web, que le produit est déjà épuisé le samedi à la pause de midi.

Le set privé 230925 du Musée de La Poste : un petit bureau, dont l'avantage tient surtout aux briques sur lesquelles les logotypes du Groupe La poste sont imprimés (via HothBricks).

Pour cinquante euros moins un centime, cent pièces permettent de construire un bureau de poste (les visuels ne montrent que la façade et pas le possible intérieur), un vélo jeune orangé et un facteur.

Selon le principe du prix par brique en neuf non ouvert, c'est très cher, donc limité aux amateurs de la poste, d'un souvenir du musée, pour une reconstitution urbaine ou de village en briques danoises.

Le prix comprend, bien entendu, l'impression des briques personnalisées (qui rappelle les licences des marques de films ou de dessins animés), la société de conseils, et surtout le coût de la confection spécifique d'une petite série.

La boutique du musée annonce trois mille sets numérotés... Je croirais lire les publicités de Philaposte pour les NFTimbres... à plusieurs fois huit euros de faciale ET LE TIMBRE NUMÉRIQUE dont il ne faudrait pas le séparer.

Sur eBay, samedi vers quatorze heures... du double au quadruple.

Entre la lecture des commentaires du site HothBricks et la consultation hier, samedi treize décembre 2025, d'offres de ventes du set sur eBay, je confirme une perte de foi envers une partie de l'espèce humaine : les charognards spéculateurs.

Sur le blog, les témoins signalent l'apparente non limite de la quantité pouvant être commandée... Oui, les vrais rats créateurs de pénurie seront ultra-minoritaires, mais bon, j'espère que, lundi matin, il sera fait du ménage dans les commandes extravagantes.

Seuls, deux sets sur les huit de ma capture semblent avoir été achetés au Musée avec photographie prise sur un parquet ou une table en bois. Les autres rentabilisent déjà une commande probablement même pas encore définitivement validée.

De cent à deux cents euros alors qu'en fouillant un stock personnel de briques, en commandant les quelques qui manqueraient directement à Lego en neuves ou sur un forum d'échanges entre particuliers, on peut reconstituer un modèle non officiel.

Les bricoleurs recréeront un moyen (illégal : marques déposées) de coller, imprimer les logotypes. On peut même envisager de personnaliser le set amateur avec le logotype et les couleurs de sa poste préférée.


Seul petit point rassurant du côté de la direction du musée : un acheteur s'étant rendu à la boutique du Musée indique que seul un lot de cinq cents a été mis en vente vendredi.

Certes, j'avais haussé un sourcil quand j'avais découvert, en 2023, que la voiture postale (set 230923) n'était en vente qu'au musée à Paris... L'approche de Noël permit à un ami parisien de m'aider à l'acquérir sans hâte. Au moins, la vente s'écoulait au rythme des visiteurs et des curieux tombant dessus.

Là, une impression de premières heures du Monacophil 2019 ou de poubelles du Salon d'automne pleine des livrets jetés pour n'en conserver que les timbres hors-programme... Il serait intéressant de savoir si le musée (pas que la boutique : les expositions) a été davantage visité vendredi et samedi.


Oui, la mignonnerie de ce bureau fera que je ferai un tour sur la boutique web demain ou mardi, mais bon, j'ai un stock de briques anonymes, ainsi qu'assez de Lego postaux pour décorer : le bureau aux murs bleus et le facteur en side-car de ma jeunesse, une poste aux chouettes en marge d'un set Harry Potter, le bureau de poste du Père Noël qui attend son tour de montage.

samedi 22 novembre 2025

Les services postaux des collectivités françaises du Pacifique sur le blog Postcrossing

 Par épisode sur le blog, deux participants du site Postcrossing d'échanges de cartes postales en aveugle racontent leur voyage dans les pays d'outre-mer français de l'océan Pacifique pendant l'automne 2024.

Accompagnés d'un couple de postiers Playmobil, ils ont été très bien reçus par les employées aux escales au bureau de poste dans l'aéroport d'Istanbul, à celui de Johor Bahru (côté malaisien de la frontière avec Singapour), comme à ceux de Nouméa en Nouvelle-Calédonie et de Mata Utu à Uvéa, dont la visite en randonnée pédestre était l'objectif du voyage.

Le bureau de Mata Utu photographié par les postcrosseurs Cerres et andry1961 (tous droits réservés, repris pour illustration et renvoi vers leur récit).
 

Le reportage inclut intérieur des bureaux, oblitération de cartes postales et de carnets-souvenirs, boîtes aux lettres et la façade du bureau de Mata utu, avec l'emblème en bois du Service des postes et communications de Wallis et Futuna.

Comme information postale, le courrier de Nouvelle-Calédonie a trois routes directes vers la France hexagonale, l'Australie et les États-Unis... Mais les historiens postaux ne doivent pas avoir beaucoup d'indices du trajet sur les enveloppes (des barres noires ou saumons de codage ?).

Le département philatélique de Wallis et Futuna est voisin du bureau de Mata Utu, avec espace prêté pour rédiger des correspondances, collections d'exposition imprimées, etc.

Comme à Saint-Pierre et Miquelon, « si le temps le permet »... et il ne permit pas : un orage suspendit le vol entre Wallis et l'aéroport de Futuna. Les deux autres royaumes de la collectivité française polynésienne attendront un prochain voyage.

La fin du récit à Wallis semble indiquer un prochain épisode polynésien.


Sur le blog du site Postcrossing, le mot-clé The Little Mail Carriers (surnom du duo de Playmobil) regroupe tous les récits de voyage et les photographies postales, philatéliques et touristiques transmis à l'équipe gérant le projet depuis 2005 au Portugal. Il permet de découvrir le monde postal actuel, régulièrement loin des sentiers battus d'Europe et d'Amérique du Nord.

mercredi 5 novembre 2025

Sidération en Grèce : fermeture subite de 45% des bureaux de poste

 Découvert grâce au forum du site d'échanges de timbres entre collectionneurs Le Marché du timbre, La Poste hellénique (ELTA) a annoncé le vendredi trente-et-un octobre 2025 la fermeture immédiate de deux cent quatre, soit quarante-cinq pout cent de ses bureaux de poste à travers tout le pays.

Dans le numéro du mardi quatre des Échos, leur correspondant Basile Dekonink témoigne d'un bureau du centre d'Athènes dès le lundi trois novembre au matin : matériel de déplacement du courrier vide, absence d'activité, un message scotché indiquant de ne pas utiliser les boîtes aux lettres.

À Pramanta, une municipalité du sud de l'Épire (1 700 habitants sur 69 000 km²), le journaliste raconte la surveillance menée par des habitants pour empêcher le déménagement du matériel.

Côté politique, l'association des communes de Grèce hurle à l'absence de communication et de préparation des élus, des commerces et des habitants à cette décision brutale. Pour les classes populaires urbaines, dans les communes de montagnes et des îles, la poste c'est aussi la banque, le centre de paiement des impôts et des taxes, et un point de reconnaissance des touristes.


L'article donne évidemment des statistiques connues des postes européennes : ELTA gère dix pout cent du courrier comparé à il y a dix ans. Les bureaux fermés constitueraient dix pour cent de son activité pour cinquante pour cent des coûts d'exploitation.

L'histoire économique et financière de la Grèce est connue comme point de départ en 2010 de la crise des dettes publiques de la zone euro, dans la foulée de la crise des prêts immobiliers pourris aux États-Unis en 2007-2008, les banques et fonds de placement ayant besoin de retrouver rapidement des liquidités face à des propriétaires états-uniens incapables de rembourser leur maison.

Quinze ans après les chocs économiques et sociaux subis par la population grecque, sous le regard méprisant d'une partie des dirigeants de l'Union européenne (Allemagne et France pas dans les derniers), La Poste hellénique a donc décidé de résorber son déficit annuel par une restructuration de ses bureaux.


Ce n'est pas la première fois que, face à la libéralisation du service postal, face au double langage des politiciens ou des consommateurs (incompétents caricaturés - indispensables pour les services et dans les zones peu rentables), les dirigeants d'un service postal historique décident de résoudre le problème d'eux-mêmes.

De la fin du service universel danois fin décembre 2025 à la privatisation totale de Royal Mail devenu une filiale d'un groupe logistique coté aux Pays-Bas, et la litanie pourrait continuer...

En France, quand les dirigeants auront dépassé les élections municipales et sénatoriales de 2026, voire compris comment légiférer et gouverner en régime parlementaire (avec un président moins royal), peut-être sera posé le périmètre du service universel, les obligations de La Poste, mais aussi en conséquence nécessaire celles de ses concurrents privés.


Compléments à venir : 

Le temps de lire quelques articles et de comprendre les enjeux, le plan de fermeture est stoppé, le président de ELTA a démissionné, les députés sont vent debout, mais le ministre grec de l'Économie a rappelé quelques réalités à ses collègues politiciens.

samedi 25 octobre 2025

#UnPostboxSaturday à Montpellier : La Poste contre la lettre

 Surprise et étonnement ce vendredi vingt-quatre octobre 2025 en tentant de poster une lettre : deux boîtes aux lettres urbaines à Montpellier, dans deux quartiers d'immeubles et de bureaux, sur des boulevards passants et aisément accessibles aux véhicules postaux ont été retirées entre la rentrée de septembre et les vacances de la Toussaint.

Plus de boîtes aux lettres devant le supermarché Monoprix Jacques Cœur, à Montpellier (photographie sous licence Creative Commons CC BY-NC-SA - attention aux droits de l'architecte de l'immeuble).

Visiblement, le Relais postal urbain installé dans le supermarché du quartier Jacques Cœur, et géré par le personnel de caisse, semble avoir vécu : après les colis dirigés vers le bureau de poste Richter ou l'épicerie des Consuls, c'est la boîte aux lettres grand format posée devant qui a disparu.

Cette boîte a eu deux articles sur ce blog : le premier en janvier 2019 pour un autocollant avertissant des risques de blessure à plonger les doigts trop profond dans la fente, le second en mai dernier dans le cadre d'un #PostBoxSaturday avec l'immeuble de services d'en face, également signé par un starchitecte.

Plus de boîtes non plus entre l'entrée du bureau de poste Richter et le parc de stationnement,... (photographie sous licence Creative Commons CC BY-NC-SA). 

Bon, j'allais faire des courses au supermarché du côté nord du bassin Jacques Cœur, donc ajoutons quelques pas pour atteindre la boîte du bureau de poste au rond-point Richter, quartier d'affaires et résidentiel collectif, et de la faculté de sciences économiques de l'Université de Montpellier.

Certes, la piste cyclable mieux identifiable désormais avait imposé le bâchage et le retrait de la boîte pendant l'été... La piste est terminée tout autour de ce grand rond-point automobile coupé par deux lignes de tramway, mais la boîte n'est pas réapparue.

Et ce bureau étant fermé entre midi et demi et quatorze heures...


Je ne sais si cela va rassurer les maires ruraux dont les administrés voient disparaître les boîtes aux lettres car celles déposées se comptent, d'après La Poste, sur les doigts d'une main mensuelle.

En tout cas, ça ne rassure pas sur l'envie du Groupe La Poste de continuer à voir les particuliers poster des lettres.

Ah, et ma lettre encore sur mon bureau, rien d'important : juste une commande de quelques timbres pour correspondre et éléments pour ma collection...

J'ai à voir si ce week-end, cette commande sera postée ailleurs au cours d'une sortie ludique ou sera partie au panier puisqu'il y a des limites à l'envie d'écrire, de collectionner, et d'affranchir avec du récent pour être traité ainsi par la Direction Courrier...

... et par des politiciens français qui refusent de revoir le périmètre du service universel (nombre de jours de distribution par exemple) pour permettre que l'envoi de lettres perdure sans que La Poste tente de forcer le public à ne pas s'en servir (inflation des prix, suppression des points de dépose).


Cet article est publié dans le cadre du #PostBoxSaturday, en ce qui me concerne sur le réseau social BluSky.

samedi 27 septembre 2025

D'une famille de postiers montpelliérains sont issus une dynastie d'artistes japonais

Des activités ayant bénéficié de la numérisation des documents et leur accessibilité par le vaste monde grâce à la toile internétique, la généalogie ou la recherche familiale au sens large est de celle qui a été des plus bouleversée dans le bon sens.

Ici, point de membres vieillissant en nombre décroissant. Les reproches sont généralement des réactualisations d'anciennes pratiques : s'approprier sans référence à un autre chercheur, copier des données d'archives ou de recherches d'autrui sans vérification critique.

Rien de grave : le chercheur suivant vérifiera bien, et, je rappelle que les auteurs, biographes et historiens des Grecs anciens au dix-neuvième siècle ont rédigé le passé ainsi : recopier dans forcément citer les passages qui leur semblaient les plus pertinents des auteurs passés.

L'entrée nord-ouest de la rue de l'Ancien Courrier, à Montpellier (capture d'écran de la première vidéo Legendre de Ketella Généalogie, publiée sur youTube le dix-huit juillet 2025).

Que l'on travaille sur ses ancêtres, cousins, ou d'autres familles, les découvertes inattendues et les connaissances thématiques à acquérir sont nombreuses.

Un exemple a été donné par le généalogiste Gab Ketella qui résume sa recherche des ascendants et descendants du sculpteur Jean-François Legendre-Héral (1796-1851) en trois vidéos publiées en juillet et août, et l'ayant encouragé un voyage au Japon et en Corée au printemps 2025.

Comment d'un postier montpelliérain en est-il à découvrir le kabuki, genre du théâtre japonais, et l'art lyrique féminin japonais ?

La famille étendue des Legendre en France entre le dix-huitième et le dix-neuvième siècle : des postiers héraultais... et deux artistes (capture d'écran de la première vidéo Legendre de Ketella Généalogie, publiée sur youTube le dix-huit juillet 2025).

Installé à Montpellier, Ketella échange en direct sur la plate-forme vidéo des moments de recherche-enquête sur Twitch, puis des petits tutoriaux et des résultats finaux sur Instagram et, surtout, youTube.

Récemment, il a exploré le passé de bouchers de la ville et de la création et l'évolution du quartier des Abattoirs, actuellement les Beaux-Arts, retrouver l'identité d'un soldat français à partir d'une photographie découvert en chinant, et là, la généalogie d'un sculpteur né à Montpellier : Legendre-Héral.

La première vidéo, publiée le dix-huit juillet dernier, démarre rue de l'Ancien Courrier, dans une partie restée médiévale du centre historique de Montpellier. C'est là qu'était installé, depuis le quatorzième siècle, un bureau de la poste aux lettres pour la remise aux destinataires. Un article du dix-sept mars 2023 de Midi libre rappelle les noms précédents et probants de la rue : rue des Messagers, rue du Courrier ou rue du Bureau des Lettres en 1760, puis de l'Ancien Courrier en 1852.

C'es probablement dans cette rue qu'Étienne Louis Legendre, le père du sculpteur, a travaillé quand il devient postier à Montpellier en 1792, où il se marie avec Jeanne Falque, fille d'un postier montpelliérain ; ils ont deux fils : Louis Étienne Jean qui sera postier, et le futur artiste Jean-François.

Aléa de la vie, il meurt jeune et sa veuve se remarie avec un peintre, Pierre Héral, qui semble avoir orienté la vocation de son beau-fils vers la sculpture qui l'oriente vers des études à Lyon dans la première décennie du dix-neuvième siècle.

De ce second mariage, les généalogistes postaux aperçoivent sur la capture ci-dessus trois postiers de plus : Jeanne, la fille du couple Héral-Falque, sera postière jusqu'à être directrice et finir sa carrière à la tête du bureau de poste de Clermont-l'Hérault, au centre du département dont Montpellier est la préfecture. Elle épouse un cousin, Jean Georges Dusiquet, fils de la sœur de sa mère et d'un postier né dans le département de la Manche.

Il faudra que je me penche comment consulter en ligne les dossiers des personnels des postes aussi anciens et pendant la période de l'Administration des Postes pour justement une descendant de frères et sœurs d'un aïeul devenue postière partie du Gard vers le département de la Seine.

La descendance états-uniano-japonaise (?!!) du scupteur Legendre-Héral du dix-neuvième siècle à la première moitié du vingtième siècle : un général imprévu et plein d'artistes (capture d'écran de la deuxième vidéo Legendre de Ketella Généalogie, publiée sur youTube le dix août 2025).

J'irai plus vite sur les deux vidéos suivantes qui suivent un des fils de Jean-François Legendre-Héral : Charles Legendre (1830-1899), mais elle est à regarder pour ceux qui se demandent s'ils peuvent se découvrir un « oncle d'Amérique » ou un cousin au Japon. Oui, c'est possible grâce aux hasards de la vie, et qui se demandent comment lire des journaux et livres anciens, numérisés par des archives et bibliothèques privées ou publiques dans plusieurs pays (The New York Times pour le cas de Charles Legendre).

Un oncle et de nombreux demi-cousins postiers, néanmoins Charles est excellent élève, notamment en langue anglaise, mais dépensier... Après la mort de son père sculpteur désargenté (par les dettes de son fils prodigue), Charles se réfugie à Bruxelles où il fait la rencontre d'une jeune états-unienne et sa mère en voyage...

Le mariage est conclu, un premier enfant naït. Mais le père meurt accidentellement outre-Atlantique et Charles émigre à New York et s'y ennuie.

Il s'engage dans l'armée de l'Union contre les sécessionnistes entre 1860 et 1865. Il est promu sur le champ de bataille, gravement blessé deux fois au point que, soigné par des paysans, l'armée et sa famille l'a cru mort. Il termine général de brigade en 1865.

Dès l'année suivante, le gouvernement fédéral le nomme consul en charge des intérêts dans les Ports ouverts chinois. Non étudié par Ketella : le voyage intéressera les historiens postaux habitués à éplucher les calendriers maritimes. Legendre part de New York pour le port central du monde d'alors : Liverpool... et traverse les continents européens et asiatiques jusqu'à Xiamen.

En poste, il devient populaire lorsque les autorités chinoises de Formose l'autorisent à négocier avec les indigènes taïwanais en conflit sur le devenir de l'équipage d'un bateau états-unien échoué, sans effusion de sang malgré une petite armée privée qu'il a extorquée à son supérieur. Cette action et une étape au Japon lors d'un voyage aux États-Unis conduisent à une désertion : l'empire du Japon l'engage comme conseiller, notamment pour leurs relations avec les autorités chinoises et les habitants (pas faciles) de Formose. Néanmoins, il échoue à accomplir le même succès pour un équipe japonais en 1874.

Enfin, de 1890 à 1899, il rejoint le service de l'empereur Gojong de Corée.

C'est là que les recherches dans les archives du New York Times sont intéressantes pour retracer les grandes actions de Legendre sur les champs de bataille de la guerre de Sécession, ses principaux accomplissements en Asie de l'Est, et surtout découvrir que tous les souvenirs de sa vie française, new-yorkaise et asiatique ont sûrement tous disparus dans l'incendie de la maison coloniale.

Le témoignage de son fils parle de sculptures de son père, de lettres originales de présidents des États-Unis, d'œuvres littéraires, artistiques et artisanales des trois pays d'Asie où il a vécu, etc.

La descendance artistique japonais du général unioniste Legendre du dix-neuvième siècle à nos jours : patronymie kabuki et cantatrices japonaises (capture d'écran de la troisième vidéo Legendre de Ketella Généalogie, publiée sur youTube le vingt-sept août 2025).

D'un postier de 1792, ayant certainement obtenu sa place par l'entregent de son père, aboutir à un des généraux de l'Union en 1865, c'est peu habituel. Personnellement, de paysans du Languedoc, j'atteins des ouvriers textiles nîmois, des plâtriers montpelliérains et manutentionnaires du chemin de fer descendus avec l'exode rural ; et un Guyennais montpelliérain d'adoption suite sûrement à son service militaire. Un dossier d'un cousin très lointain trouverait peut-être un anobli médiéval lointain dans le temps et l'espace... dont il faut que je retrace par les sources.

Cependant, le parcours n'est pas terminé et Ketella a dû étudier les arts du spectacle japonais, ce qui a motivé un nouveau voyage au Japon, avec une étape à Séoul où Charles Legendre est enterré (à partir de la minute 14 de la deuxième vidéo).

Car le diplomate-conseiller privé épouse une Japonaise... loin de son épouse new-yorkaise. La fille illégitime d'un descendant de shogun... Les généalogistes qui recherchent des ancêtres dignes de Charlemagne et d'Huguet Capet frétillent.

Ichimura Uzaemon XV (1874-1945), le premier garçon est adopté, très jeune, par un acteur kabuki dont il va être l'héritier et l'élève. Bien que cet homme a été l'amant de nombreuses femmes, Ketella parvient à distinguer des enfants issus d'une longue liaison, plusieurs devenant des acteurs kabuki ou des chanteuses, certains et certaines très connues du public et donc documentées des journaux japonais des années 1930... jusqu'à la visite de Ketella au printemps 2025.

Comment réaliser cette généalogie quand on ne maîtrise pas les outils archivistiques japonais ?, admet notre généalogiste-vidéaste.

En comprenant que les artistes kabuki reprennent le nom de leur « père », qu'il soit biologique ou adoptif tant qu'il est le maître-formateur, et un surnom lié à leur rôle dans le kabuki, avec numéro pour distinguer les homo(sur)nymes.

Un surnom qui peut évoluer jusqu'à l'apogée de leur carrière. Le suivi des noms de famille adoptés et la numérotation de ces surnoms de maître en disciple, la recherche de programmes anciens et de critiques de pièces, le ramassage de publicités pendant son voyage permettent au généalogiste de dresser l'arbre ci-dessus jusqu'en 2025, comprenant les descendants et conjoints issus d'Ichimura et sa concubine, et, au milieu sur la gauche, trois de ses élèves portant son nom de famille car ils ont été ses élèves.

Ainsi, quand Gab Ketella filme la façade d'un théâtre kabuki, il explique que le descendant le plus récent d'Ichimura Uzaemon XV y joue à ce moment-là... et en retravaillant son arbre et le programme, qu'il y joue avec un de ses cousins.

La trilogie vidéo illustre une certaine homogamie dans les milieux des arts de la scène au Japon, comme finalement d'autres milieux sociaux en France : ici, les postiers, entre fréquentation de lieux communs et envie de mutation commune.

Le tout est de trouver les bonnes archives et de bien les interpréter.


Pour aider Ketella : sa cagnotte est par ici ; son sponsor est le logiciel Généatique ; et tentez de ne pas zapper les publicités youTube (c'est dur...).

Pour ma part, j'utilise depuis 1994 (quand on faisait encore tourner les bobines de films des Mormons aux Archives départementales) le logiciel Heredis de l'entreprise coopérative montpelliéraine BSD Concept (pas un sponsor) ; et un abonnement au site Geneanet pour m'aider dans mes recherches à travers les archives publiques ou professionnelles, et débloquer des sauts géographiques de certains ancêtres : avec trente-six mille communes et les aléas de leur vie passée, je remercie les autres généalogistes qui photographient les tombes, indexent des recensements ou des fiches militaires et de professions.

samedi 13 septembre 2025

La boîte aux lettres regarde passer le changement urbain

 Que de râleurs dès que des travaux ont lieu sur leur trajet en voiture. Que de soutiens de la tradition quand une municipalité ose toucher aux quartiers touristiques et commerciaux des centres historiques... particulièrement quand cela gêne l'accès et le stationnement des visiteurs en automobile. Le parking souterrain ou silo est toujours trop loin (gare Saint-Roch : visiblement certains ne le connaissent toujours pas ou n'aiment pas marcher), etc.

Bref, même si la mode #SaccageParis s'est atténuée - le plaisir d'entendre Frank Ferrand s'étouffer sur France 2 face à la rue de Rivoli largement cycliste lors de la dernière étape du Tour de France : comment admirer des champions en vélo sur l'une des plus belles rues du monde et dénigrer l'aménagement permanent favorable au vélo >:))

Le centre des agglomérations urbaines a une surface fort limité, une densité et d'activités d'échelle métropolitaine et d'habitants forte, et donc, oui, l'automobile, la moto et le gros camion de livraison ne sont plus les bienvenus, sauf nécessité impérieuse ou acceptation du coût en horaire limité, en parc de stationnement souterrain.

Néanmoins, cette prise de conscience politique et sociale permet de voir changer la physionomie de certains quartiers, tel Antigone à Montpellier entre 2023 et 2025.

Le bureau de poste et la boîte aux lettres du quartier Antigone, au centre de Montpellier, le vingt-cinq novembre 2023 (licence creative commons by-nc-nd 4.0, sauf marques déposées du Groupe La Poste).

Le bureau de poste de la rue Léon Blum dessert le quartier d'Antigone, en péri-centre de Montpellier, entre l'Écusson médiéval-moderne et le fleuve Lez. Cet espace n'a pas été urbanisé en faubourg parce qu'il a été le polygone d'entraînement d'artillerie des militaires de la Citadelle Joffre.

Jusqu'au confinement du printemps 2020, la rue était une autoroute à deux voies à sens unique permettant de passer un flot du nord vers le sud-est ; une fois le flux vers l'est dévié en amont par le boulevard de l'Aéroport International vers une voie rapide.

Le bureau de poste et la boîte aux lettres du quartier Antigone, au centre de Montpellier, le vingt-cinq novembre 2023 (licence creative commons by-nc-nd 4.0, sauf marques déposées du Groupe La Poste).

Sur les photographies prises en novembre 2023, la décision de supprimer ce barreau routier est en mise en place : les barrières métalliques visant à protéger les piétons et empêcher le stationnement sauvage ont été retirées.

Au sortir du confinement, le maire de l'époque a dû cogiter sur les témoignages de personnes allant passer des transports en commun à l'automobile, pour éviter une contagion au coronavirus. Comment les rassurer côté tramway et bus, ou les inciter au vélo.

Un peu partout dans la ville, la municipalité de Philippe Saurel a neutralisé une voie de circulation au profit des vélos ou des bus (avec acceptation des cycles). Rue Léon Blum, la voie à gauche des clichés ci-dessus, a donc été dédiée à cela.

Évidemment, ça a râlé : et mon Dieu les ambulances et les pompiers... Mouais, ceux que vous bloquiez avant sur deux voies embouteillées ? Qui ont toujours eu droit d'emprunter les voies bus et tramway si besoin ?

Le bureau de poste et la rue Léon Blum en août 2025, quelques mois après la fin des travaux(licence creative commons by-nc-nd 4.0).

La majorité municipale suivante, de Michaël Delafosse, a poursuivi l'objectif d'encourager ceux qui souhaitent et contraindre ceux qui pourraient à lâcher la voiture pour autre chose ou dans les parcs de stationnement en amont du centre.

D'où la logique de revoir l'accès au centre de la ville de Montpellier : que ce centre ne puisse plus servir à traverser la ville de part en part, donc que le visiteur arrive et reparte en auto s'il se souhaite, mais par le même faisceau géographique.

Cela a conduit à décider la neutralisation de la rue Léon Blum.

Le panneau sur la dernière photographie, prise fin août 2025, indique une zone de rencontre, limitée à basse vitesse. La dimension des dessins blancs indique les règles de priorité : les piétons ne sont plus empêchés de traverser toute la promenade centrale d'Antigone ; puis les vélos cheminant dans les deux sens de la rue ou transversalement dans Antigone ; puis les rares voitures individuelles tolérées pour une circulation locale.

Leurs conducteurs et passagers potentiels, s'ils ne souhaitent ou ne peuvent utiliser le parc de stationnement souterrain quelques centaines de mètres en arrière-plan, sont dirigés en une boucle pour déposer vite une personne aux équipements publics de plain-pied (la poste, l'hôtel de la Métropole intercommunale, une salle de conférences, ou la médiathèque sans double file sur le boulevard côté nord), et vers les logements (livraisons, pharmacie, médecins), et retour au boulevard de l'Aéroport international pour évacuation vers le nord-est ou l'est... 

Ou boucle si besoin de récupérer la personne déposée. Mais désormais le double file se fera sur les petits stationnements payants ou à abonnements résidentiels et des entrepreneurs du quartier : bonne négociation entre citoyens.

L'espace dégagé par le carrefour à feux disparu donne un aspect champêtre au débouché méridional de la rue Léon Blum et au bureau de poste, qui ne doit pas perdre grande clientèle : on passe d'un stationnement en double file potentiel malgré des barrières métalliques à des arrêts-minutes pour un passager ayant besoin et la boucle permet de l'attendre en tournant un peu ou en double file sur le petit parking à droite de la photographie.


Cet article est publié dans le cadre du #PostBoxSaturday, en ce qui me concerne sur le réseau social BluSky.


Complément du samedi vingt septembre 2025 :

Pour approfondir l'intérêt pour les habitants de cette revue de la place de l'automobile dans l'espace, voici la vue actuelle en face du bureau de poste.

L'église Don Bosco de Montpellier dispose désormais d'un semblant de parvis (photographie du seize septembre 2025, licence creative commons by-nc-nd 4.0).

À l'aménagement du quartier Antigone dans les années 1980, l'église Saint-Georges laisse place à l'église Don Bosco au style en accord avec le nouveau quartier.

Imaginez qu'avant 2025, le trottoir le long de l'église était bien moitié moins large, bordé en continu de barrières métalliques anti-stationnement, sur la deux voies aboutissant à quatre aux feux rouges sur la gauche.

Désormais, certes il y a les cyclistes et les rares voitures, mais la sortie de la messe sera plus sûre pour les fidèles.

samedi 7 juin 2025

Boîte aux lettres disparue rue de la Turbie à Monaco

 Lors de mon premier séjour à Monaco, du deux au quatre décembre 2011, j'ai découvert et la principauté et le salon et exposition philatélique Monacophil.

Après la première nuit sur la commune française de Beausoleil, dans un hôtel côté du stade des Moneghetti, j'ai franchi la frontière et, sur la rue de la Turbie, je suis de suite tombé sur un bureau de poste.

La boîte aux lettres du bureau rue de la Turbie, à Monaco, en décembre 2011 (photographie sous licence Creative Commons CC BY-NC-SA).

Actuellement identifié comme le bureau Herculis sur le site de la filiale monégasque de La Poste française, ce bureau avait alors une boîte aux lettres ancienne du modèle français, peinte aux couleurs princières : un bloc rouge et une porte blanche.

La seule distinction de la France étant le rappel aux voisins d'au-delà des hauteurs de la rue qu'il faut « affranchir avec des timbres de Monaco » sur le territoire souverain de la Principauté.

Le bureau de La Poste Monaco, rue de la Turbie, en décembre 2011 (photographie du vingt juillet 2024 sous licence Creative Commons CC BY-NC-SA).

La devanture est très méditerranéenne et azuréenne (sarde = colorée) avec un bandeau de marque bleu marin et un store jaune soleil.

La gestion française est visible par l'affiche publicitaire de La Poste et le logotype de La Banque postale, qui ne paraît pas avoir de spécificités affirmées à Monaco - sauf lois nationales sur les comptes en banque domiciliés sur place ?


Le même bureau de poste en juillet 2021, photographié par un véhicule de Street View pour Google Maps (tous droits réservés).

Comme pour Monacophil 2013 et 2019, j'ai logé à Beaulieu - à mi-chemin entre Nice et Monaco - pour des raisons géographiques autant que pécuniaires, et que la pente est rude dans les Alpes, je n'étais pas retourné à ce bureau.

Google Maps propose par son service Street View de photographies tous azimuts des rues et façades de revoir ce bureau dans son aspect de 2021.

La boîte a disparu... peut-être placer dans des lieux plus passants et sûrement victimes de l'abandon de la correspondance manuscrite ou imprimée matérielle.

La couleur et les affiches sont désormais monégasque : rouge et blanc, annonce d'événements culturels locaux.


Cet article est publié dans le cadre du #PostBoxSaturday, en ce qui me concerne sur le réseau social BluSky.

samedi 24 mai 2025

Boîte aux lettres près du Monument aux vétérans des Nations unies à Busan

 Le samedi vingt juillet, j'ai visité à Busan plusieurs lieux honorant la mémoire des soldats des forces d'États-membres des Nations unies venus au secours de la Corée du Sud contre l'offensive de la Corée du Nord : la guerre de Corée de 1950 à 1953.

La boîte aux lettres avec de nouveaux commerces modernes en arrière-plan (photographie du vingt juillet 2024 sous licence Creative Commons CC BY-NC-SA).

Au sud-est de la ville étalée entre des montagnes forestières, et du sud-ouest, la rue Soekpo arrive devant le Monument aux vétérans des Nations unies, en passant quelques centaines de mètres avant devant un bureau de poste où se trouve la boîte aux lettres ci-dessus.

Le bureau de poste rue Soekpo, à Busan, en 2017 (Google Street View).

Le bureau devant lequel elle se trouve est en bordure d'un quartier résidentiel de maisons et petits immeubles, principalement en briques, de la seconde moitié du vingtième siècle, alors qu'en face, les parcelles commerciales sont modernisées : Street View montre un chantier en 2017 en face du bureau de poste où j'ai pu voir un supermarché avec parc de stationnement intérieur tout neuf.

Le mode d'emploi minimal de la poste aux lettres (tous droits réservés).

Comme sur presque toutes les boîtes de Korea Post, un autocollant signale l'heure de levée et des consignes sur la poste aux lettres : risque de retard après la levée du vendredi dix-sept heures, le courrier mal affranchi (430 wons si standardisé) sera retourné à l'expéditeur.

Trois numéros de téléphone du renseignement général aux directions postales complètent le tout, signé du directeur postal de Nambusan, bureau principal en charge de l'ouest de l'agglomération de Busan.

D'autres boîtes alertent aussi les expéditeurs de ne pas poster de médicaments par cet intermédiaire : entre besoin d'un colis déclaré et de possibles lois spécifiques.

Le Monument aux vétérans des Nations unies, à Busan (photographie du vingt juillet 2024 sous licence Creative Commons CC BY-NC-SA)

En bout de la rue que je suivais dans le quartier du cimetière-mémorial des Nations unies, le monument aux vétérans des Nations unies : des soldats marchant pour soutenir le monde, entourés des drapeaux des pays participant à cette force.


Cet article est publié dans le cadre du #PostBoxSaturday, en ce qui me concerne sur le réseau social BluSky.