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mardi 31 décembre 2019

Bientôt beaucoup de timbres sur les Îles Éparses ?

Les Îles Éparses de l'océan Indien ont acquis une certaine notoriété philatélique depuis leur intégration en 2007 aux Terres australes et antarctiques françaises, au programme très local.

À la même période, les gouvernements français ont tenté de négocier avec Maurice et Madagascar une forme conjointe de gestion des zones économiques exclusives de ces îles... alors que ces deux États revendiquent ces terres isolées et que des parlementaires français se sont montrés très opposés.
Enveloppe premier jour de l'émission d'août 2019 : la carte rappelle que les revendications mauritiennes ne concernent pas seulement l'archipel des Chagos évoqué par les deux timbres.
Après la cartographie timbrée de décembre 2017 suite au vote à un vote à l'Assemblée générale des Nations unies en juin 2017, Maurice a récidivé le vingt-trois août 2019 grâce à la Cour internationale de justice.

Le vingt-cinq février 2019, celle-ci a prononcé un avis sur la manière dont le Royaume-Uni a procédé à la décolonisation de ses colonies de l'océan Indien. Elle estime que le fait d'avoir séparé, en 1965, l'archipel (peuplé) des Chagos de Maurice est illégal et que le gouvernement britannique doit mettre fin à sa possession de l'archipel, dont une île est louée aux États-Unis et constitue leur principale base entre Afrique et Asie.
Et, en novembre 2019, la France entre dans le jeu de la « guerre philatélique » avec ce timbre sur Tromelin au tarif international (via Phil-Ouest.com).
L'implication de cette décision peut aussi concernée à terme la France et ses îles inhabitées (sauf par des scientifiques et des militaires). Déjà, suite à leur choix distinct par deux référendums en 1974 et 1976, la séparation de Mayotte de l'archipel des Comores suscite des rappels comoriens au sein des institutions de l'Union africaine et des Nations unies.

Les philatélistes savent les nombreuses variations des limites coloniales françaises dans l'océan Indien : depuis une série par île jusqu'à l'inclusion des Comores au sein de Madagascar en 1912, avant leur séparation en 1950... Beaucoup de timbres aux noms de « pays philatéliques » variés.

Et les îles Éparses justement...

N'ont-elles pas été séparées opportunément avant le processus de décolonisation au détriment des nouveaux États de Madagascar et de Maurice ?
La une de La Gazette de la Grande Île du samedi sept décembre 2017, en pleine consultation sur les Îles Éparses à Madagascar (site web du journal).

Cela a justement fait l'actualité fin 2019 dans la Grande Île.

En 1979, l'Assemblée générale des Nations unies déclara arbitraire la séparation des îles Malagasy et de Tromelin de la colonie de Madagascar... Depuis, les problèmes de développement et de paix civile ont empêché Madagascar de poursuivre ses revendications.

Début décembre, pendant trois jours, une grande consultation a eu lieu sur ces îles. Le point de vue du journal La Gazette de la Grande Île est sans appel, dans son édition du sept décembre : « Ici c'est Madagascar » en réponse à la visite des îles Glorieuses par le Président de la République française en octobre dernier.

L'argumentaire ressemble à celui de Maurice pour Chagos et Tromelin : à l'époque coloniale, chacune des Éparses était incluse dans une des provinces de Madagascar. Et la proposition de cogestion sous souveraineté française lancée 1999 est rejetée.

Les gouvernements malgaches semblent plus prudents malgré l'intérêt pour les richesses minières aux marges maritimes de ces îles qui aideraient bien au développement.

Alors, d'ici juin 2020 et un possible aboutissement des négociations franco-malgaches, les premiers timbres de Madagascar sur les « îles Malagasy » et Tromelin ?

vendredi 9 décembre 2016

Introduction aux Allégories tchécoslovaques des années 1920

Hier, jeudi huit décembre 2016, au siège de la Royal Philatelic Society London, Yvonne Wheatley a proposé une conférence sur les quatre timbres de la série allégoriques, émis par la poste tchécoslovaque en 1920.

En ouverture, elle rappelle l'ensemble des aléas de la genèse de cette série à quatre illustrations différentes.
Couverture du livret-souvenir, disponible en pdf sur le site de la RPSL.
Au départ, la volonté d'une émission commémorative pour l'anniversaire de l'indépendance, le vingt-huit octobre 1919. Mais, les œuvres lauréates d'un premier concours ne peuvent être adaptées en timbres-poste et, après le second concours, la Tchécoslovaquie brissant ses chaînes de Vrastilav Hugo Brunner est jugée trop moderne.

Finalement, c'est la nécessité d'une série d'usage courant qui parvient à imposer le travail de Brunner sur timbre sans la date de l'indépendance, puis deux autres allégories suite à un nouvel appel à contribution : la Colombe de Jaroslav Benda et Agriculture et Science de Jacob Obrovský. Elles sont complétées par le Prêtre hussite d'Alfons Mucha, auteur du premier timbre tchécoslovaque Le Château de Prague fin 1918.

Une imprimerie privée se mit à la tâche malgré une absence d'expérience philatélique, ce qui entraîna essais et erreurs depuis premiers timbres émis le premier juin 1920 aux derniers timbres démonétisés le quinze mars 1932. Yvonne Wheatley souligne alors l'intérêt de cette série pour les amateurs de variations, variétés, types, etc.

L'étude traditionnelle des timbres, puis de quelques usages postaux, se conclut, pour le livret-souvenir, sur un tableau des dates d'émission et retrait des trente-deux valeurs de la série, puis d'une bibliographie.

Parmi les surprises de la présentation, dans le livret, des timbres-spécimens de l'Union postale universelle annulés par la poste coloniale de Madagascar (grand cachet rouge « Postes et télégraphes / Madagascar » sur la couronne extérieure et « Collection de Berne » au centre), comme lors de l'exposition des îles atlantiques britanniques le jeudi dix novembre.

Outre le livret en pdf librement disponible sur le site de la RPSL, ne pas hésiter à écrire au secrétariat pour demander le lien vers la vidéo de la conférence sur youTube.

mercredi 30 novembre 2016

Des origines du scoutisme aux îles éparses de l'Atlantique

Deux expositions temporaires au siège de la Royal Philatelic Society London pour explorer un thème et une région.

Le jeudi vingt-sept octobre, Hallvard Slettebö a proposé six expositions en une sur le scoutisme, thématique qu'il développe abondamment sur son site web.

Sa collection grand or sur le succès du scoutisme depuis le siège de Mafeking au cours duquel les éclaireurs de Robert Baden-Powell s'illustrèrent comme facteurs, jusqu'à la diffusion du mouvement dans le monde avant la Seconde Guerre mondiale. Elle se conclut sur une carte postale oblitéré - grâce à une pomme de terre gravée - le premier jour du service postal organisé par les scouts polonais, cinq jours après le début de l'insurrection de Varsovie, en août 1944.

La deuxième partie poursuit sur ce rôle postal des scouts dans les camps de personnes déplacées au sortir de la Seconde Guerre mondiale en Europe, avant d'explorer l'histoire postale du scoutisme au Royaume-Uni, en Norvège et dans les autres pays d'Europe et du monde jusqu'en 1957, centenaire de la naissance de Baden-Powell et le cinquantenaire de la fondation du scoutisme.

Qu'il est agréable de lire une collection thématique sans « papier-peint » d'agence.

Le jeudi dix novembre, ce sont les spécialistes des îles britanniques de l'Atlantique au sein du West Africa Study Circle qui ont proposé de découvrir la philatélie et l'histoire postale de Sainte-Hélène, Ascension et Tristan da Cunha.

Courrier précurseur (1677 pour Sainte-Hélène), études classiques des timbres, histoire postale. Qu'est-ce qui m'a marqué ?

Après la découverte de ceux des guerres anglo-françaises de 1744 à 1815 avec Jacques Renollaud, l'étude du courrier des prisonniers de guerre fait halte à Sainte-Hélène - île-prison - pendant la deuxième guerre Anglo-Boer (1899-1902). Barry Burns et Kevin Darcy précisent que des camps de prisonniers boers furent également ouverts à Bermudes, Ceylan et en Inde, en plus de ceux en Afrique du Sud.

Les collectionneurs des colonies et protectorats français iront voir dans le pot-pourri où Burns présente des fiches cartonnées sur lesquels sont collés des timbres de Sainte-Hélène surchargés par les postes de Madagascar, de Mauritanie et de Tunisie, des spécimens envoyés conformément aux règlements de l'Union postale universelle. Une pratique que Burns et Bernard Mabbett ont pu confirmer jusqu'aux années 2000 lorsqu'ils ont catalogué et rangé les archives de la poste de Saint-Hélène en 2013 : deux cartons contenant des émissions neuves de nombreux pays du monde des années 1990 et 2000 ont été retrouvées.

Graham Mytton présente des enveloppes fort intéressantes : envoyées depuis Ascension de 1991 à nos jours, elles l'ont toutes été pour des motifs nécessaires. Courrier des auditeurs insulaires au BBC World Service, puis courrier entre le siège social et les employés sur place de l'entreprise entretenant les équipements de la BBC sur Ascension.

Le fascicule-résumé se conclut par une bibliographie. Celui-ci avec celui de Hallvard Slettebö sont consultables au format pdf sur le site de la RPSL par ici.

samedi 5 mars 2016

Les Rencontres philatéliques de l'océan Indien : enquête et découvertes.

Avec l'émission conjointe entre six opérateurs postaux en octobre 2014, les Rencontres philatéliques de l'océan Indien ont connu une reconnaissance large, mais comment reconstituer leur histoire depuis septembre 2008 avec internet pour seul outil ? Mon petit défi philatélique du samedi midi.

Pourquoi passer mon samedi à ça ? Parce que.
Les six timbres rangés dans la pochette commémorative vendue par le service philatélique français (scan de timbredujura.blogspot.fr).
Revenons aux sixièmes rencontres d'octobre 2014 et son émission reprenant la Tortue verte par Claude Perchat. Tout collectionneur français en a entendu parler avec deux services philatéliques en action : Phil@poste pour les départements de Mayotte et de la Réunion, et le service des postes et de la philatélie des Terres australes et antarctiques françaises (TAAF) qui a piloté la réalisation technique selon le bulletin n°111 de l'Amicale philatélique de Nanterre daté septembre 2014.

Ensuite, ce sont les collectionneurs du Commonwealth britannique qui sont invités à se pencher sur le sud-est maritime de l'Afrique avec Maurice et les Seychelles. D'autant plus que le White Knight du Commonwealth Stamp Opinion apprécie la sobriété de l'archipel : aucun timbre émis en 2013, sauf à compter une enveloppe spécialement imprimée - mais pas un entier postal - pour les cinquièmes Rencontres qui y ont eu lieu en octobre 2013.

Un participant du forum StampBoards.com signalait, en avril 2015, que ce timbre serait la seule émission de l'année 2014 pour les Comores, Madagascar et les Seychelles... si elle est parvenu à leurs bureaux depuis l'imprimerie française de Boulazac.

Aux origines de la première journée de 2008 : l'APOI.
L'Association philatélique de l'océan Indien, origine des Rencontres (logotype sur un des sites officiels).
Avec Google, il est possible de retrouver l'étincelle originelle de ces Rencontres philatéliques... Moteur de recherches web absolument nécessaire : l'association a retrouvé ayant un site par période (ou par secrétaire ? Ou selon l'abonnement internet du moment ?) quasiment... apoi.re est un lien mort et c'est pourtant vers cette adresse que votre névigateur peut vous renvoyer en tapant http://philatelie.reunion.free.fr/ alors que la page http://philatelie.reunion.free.fr/rpoi.html fonctionne... Puis vous la retrouverez entre 2009 et 2011 sur Blogspot par ici, et actuellement sur over-blog.

Bref, les premières Rencontres sont organisées par l'Association philatélique de l'océan Indien, basée à la Réunion, qui ne paraît pas affiliée à la φφ@π. Marquant le cinquantenaire de l'association et une volonté de présenter les îles alentours à travers leurs postes présentes, l'événement a lieu à l'Hôtel de Région du vingt-cinq au vingt-huit septembre 2008, moitié exclusivement aux élèves scolarisés, le week-end pour le grand public.

Les deuxièmes de 2009 : où chercher ?
Si j'en crois le résumé sur le site free, la délégation de Madagascar a organisé les secondes rencontres en 2009.

Des troisièmes aux cinquièmes, la communication monte
En septembre 2011, c'est Mayotte qui accueille les troisièmes rencontres devant et dans l'office du tourisme selon cet article sur l'ancien site archivé des TAAF, six mois après que la collectivité d'outre-mer est devenu un département d'outre-mer et à quelques mois de la fin de ses émissions philatéliques autonomes.
L'enveloppe commémorative sans émission propre sera reprise en 2013 lors des Rencontres aux Seychelles (boutique web de Mauritius Post).
En septembre 2012, le Cabinet  des ministres de Maurice qui prend note des quatrièmes rencontres organisées à Ebene CyberCity du six au neuf du même mois, soulignant deux objectifs de la manifestation : coopération postale et faire connaître la richesse culturelle et historique des pays concernés. Est évoqué également un atelier sur l'histoire des administrations postales... Mauritius Post vend encore un ouvrage sur son histoire, publié en 2013, rédigé par Jean-Marie Huron, secrétaire de la Société d'histoire de Maurice, et Robert Marion (pages 6 et 7 du document) qui a exposé une histoire militaire et sociale de Maurice à travers l'histoire postale de 1680 à 1870 à Europhilex London en mai 2015. Un article très complet fut publié par le réunionnais Zinfos974.com.

Déjà évoqué grâce au blog Commonwealth Stamp Opinion en date du samedi vingt-huit décembre 2013, les cinquièmes journées ont lieu aux Seychelles dont la poste ou une association imprime une nouvelle carte dentelé de cet espace.

Sixièmes en 2014
Nul besoin de chercher loin pour savoir que les sixièmes journées ont eu lieu à Saint-Leu le jeudi neuf et au siège des TAAF à Saint-Pierre les dix et onze octobre 2014 : l'émission conjointe piloté par la collectivité française d'outre-mer a beaucoup aidé à attirer tous les médias francophones du secteur, tel Le Journal de Mayotte. Pourquoi à Saint-Leu ? Claude Perchat l'explique dans son compte-rendu de voyage publié en janvier 2015 sur le blog de l'association Art du timbre gravé : c'est le site de Kélonia, un centre d'études, d'observation et musée des tortues marines, un site idéal pour les scolaires et les curieux non-collectionneurs.

Par ailleurs, les TAAF y ont proposé un documentaire, filmé pendant la rotation du Marion Dufresne d'août-septembre 2013, sur ses Postiers du bout du monde (version DailyMotion).

Pour 2014, reste le mystère des collectionneurs éloignés de ces îles et qui se demandent si les timbres ont vraiment servi dans les bureaux des postes concernés. Pierre Jullien a raison de trouver intéressante l'information relayée par l'Amicale philatélique de Nanterre : tirages pour Madagascar (un million) et Seychelles (cent mille), et l'idée des Comores d'en créer une série de valeurs différentes... Reste à trouver des philatélistes qui ont vu sur place, voire ceux qui ont reçu du courrier car voici les sites des postes (et leur déclaration de timbres au système de l'Association mondiale de développement de la philatélie) des Comores (WNS bloqué à 2007), Madagascar (site ouvert fin 2015, WNS avec 2015 sans le timbre de 2014) et Seychelles (WNS bloqué à 2011).

... services financiers aux Comores... ouvert fin 2015 et un peu lent à Madagascar présente les timbres de 2015 seulement... Il y a plus urgent à financer comme infrastructures et activités génératrices d'emplois et de développement que le site web des postes, je suis d'accord ; et plus important que la philatélie à afficher en premier aux usagers.

Ah ! Une surprise aux Seychelles : le site fonctionne et a l'annonce du timbre de l'émission conjointe !

Septièmes en 2015 ?
Après ce feu d'artifice, retour à la recherche des bons mots-clés et du hasard... Et au bout de deux heures, je n'ai pas trouvé d'indices sur les septièmes journées de 2015 :(

En attendant, d'un salon-exposition philatélique, une association philatélique est parvenue avec l'aide des gouvernements locaux et nationaux, et des opérateurs postaux à constituer une plaisante réunion de collaboration régionale à laquelle les scolaires et le grand public sont invités. Un modèle pour d'autres régions ? L'Union européenne en aurait besoin.

Recherches à suivre donc...