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lundi 6 octobre 2025

Envoi espagnol publicitaire de masse via la poste italienne

 Libéralisation du courrier, hors service universel de la lettre basique : une carte postale publicitaire d'un organisme privé espagnol de séjours linguistiques reçue par une personne morale française, après prise en charge par Poste italiane, l'opérateur postal historique d'Italie.

Verso à message de l'Instituto San Fernando avec impression de port payé en Italie.

"postatarget" est le nom du service d'expédition en nombre de Poste italiane, avec une version pour les expéditions dans le monde entier : "postatarget international".

En version nationale, le coût hors-taxe sur la valeur ajoutée est d'un peu plus d'un quart d'euro par carte postale ou carte-lettre pliée en deux, jusqu'à un peu moins de cinquante centimes pour magazines et catalogues jusqu'à deux kilogrammes.

Le recto : c'est joli, c'est slogan linguistique, mais Correios n'en a rien vu.

Des options sont disponibles : avec gadgets, retour des refus, délivré en sept jours ou quatre jours.

Mode d'emploi simplifié de postatarget international (site de Poste italiane, traduit automatiquement en anglais par Google Translate).

Comme tout envoi de ce type, des règles s'appliquent pour simplifier le tri automatisé et la vérification que le contenu est identique entre les plis ou enveloppes et conforme au contrat.

À l'expéditeur ou son prestataire de préparer les envois par paquets uniformes en dimension et poids, par pays de destination.

Chaque pli doit être ouvrable ou sous emballage transparent pour la vérification visuelle du contenu.

Enfin, les centres postaux italiens sont classés en trois groupes selon la masse en kilogrammes que le client peut déposer par jours :

- les centres de distribution abilités (Centri di Distribuzione) sont limités à un envoi de deux cents kilogrammes par jour ;

- les centres provinciaux (Centri Provinciali) à une tonne par jour par client ;

- les centres de mécanisation postale (Centro di Meccanizzazione Postale) acceptent tout nombre et masse.

jeudi 14 août 2025

Archives, recherches et rédaction dans The London Philatelist été 2025

 Dans le numéro juillet-août 2025 de The London Philatelist et ses compléments sponsorisés, les membres de la Société philatélique royale de Londres (RPSL), l'Association internationale des journalistes philatéliques (AIJP) et deux grandes maisons de commerce proposent abondance de conseils et de ressources passés et à venir sur le rôle des archives, de la recherche et de la rédaction en philatélie.


Ce qui a attiré d'abord mon regard a été le fascicule édité par l'AIJP et la maison aux enchères allemande Heinrich Köller pour annoncer un Sommet sur la littérature philatélique suivi de la vente de « La Bibliothèque "PARIS" », les treize et quatorze novembre 2015 pour le premier, le quinze pour la seconde ; le tout à Wiesbaden, en Hesse.

Le Suédois Tomas Bjäringer cède son immense bibliothèque philatélique aux enchères, dont une partie est photographiée au siège de la maison d'enchères, rangée comme au départ dans ses étagères d'origine.

Le catalogue est téléchargeable en pdf sur le site de vente, sous le nom donc The "PARIS" Library (sa seconde ville de résidence), et numéro 387, ISBN 978-3-911997-32-4.

Plus de mille deux cents ouvrages des origines de la timbromanie aux ouvrages récents de référence aux tirages limités ; présentés pour certains comme rares et/ou reliés luxueusement, de provenance à faire frémir les fans d'autographes ; ou, plus utile à mon avis, annotés par l'auteur, le marchand aux enchères, ou un de ses propriétaires.

Attention aux spécialistes de la Suède, la partie de la bibliothèque de Tomas Bjäringer sur son pays sera proposée le trente novembre par GÖTA Frimärken, à Göteborg, même si la liste des lots suédois est reproduite dans le même fichier pdf.

Le catalogue comprend plusieurs pages sur l'œuvre philatélique de Bjäringer, principalement ses réalisations en écriture philatélique, sa participation à l'organisation de grands moments bibliophiles tels une partie de sa collection lors de Stockholmia 2019 pour les cent cinquante ans de la RPSL ; ainsi qu'une sorte de « généalogie » philatélique, à la fois familiale et de ses mentors.

Avant la liste des lors, Bjäringer présente les dix livres qu'il emporterait sur une île déserte et une page présente celle à qui il confie la reliure de ses ouvrages depuis deux décennies : Annika Baudry de ateljé b, une Suédoise, diplômée et installée à Paris.

Vue l'inflation des tarifs postaux, notamment pour les colis express avec assurance, Henrich Köller offre deux pour cent de ristourne sur les frais du vendeur (buyer's premium) aux acquéreurs qui viendront retirer leurs lots le lendemain, dimanche quinze novembre.


Pour ces objets spécifiques que sont les livres philatéliques, à la fois fruits de la recherche, outils de travail des chercheurs suivants, et objets de collection, l'AIJP organise un sommet sur la littérature philatéliques, toujours à Wiesbaden, les deux jours précédents cette vente.

Certes, avec un hôtel partenaire, on pressent que cela aidera à attirer des acheteurs à de petites vacances philatéliques en Allemagne, mais le titre des exposés et discussions montre le développement des questionnements.

Venus d'Allemagne, du Royaume-Uni et de Suède principalement, et quelques autres pays européens, les animateurs s'interrogeront, entre autres le premier jour :

- la littérature philatélique se limite-t-elle aux timbres et donc à la période depuis le six mai 1840 (Chris King) ;

- Karl Louis, connu pour tenir des bases de données philatéliques, d'histoire postale et de littérature, présentera l'intérêt et les limites des catalogues de vente aux enchères comme fondements de « registres philatéliques ». Il sera suivi par James Podger sur comment collectionner lesdits catalogues ;

- L'après-midi du premier jour verra la question des collectionneurs renommés (provenance, valeur de placement, j'imagine) autant que celle de la conservation d'une bibliothèque privée.

Le deuxième jour sera celui des études de cas, entre autres :

- des grandes bibliothèques de référence allemandes : à Wuppertal, Hambourg et celle nommée en mémoire d'Heinrich Köller à Francfort-sur-le-Main ; et celle de la RPSL à Londres ;

- des éditeurs passées (Jean-Baptiste Moens, et un panorama sur la littérature suisse) et actuels avec The Stuart Rossiter Trust.

Pour clore, Claudio Manzati posera une question d'actualité : « Lancer un journal international d'histoire postale de nos jours : une idée folle ou un défi raisonnable ? »


Néanmoins, il faut bien que ses livres aient été rédigées, des recherches menées pour les emplir de connaissances aussi fiables que possible.

Et là, le numéro lui-même du London Philatelist présente le compte-rendu du Crawford Festival qui s'est tenu les vingt-quatre et vingt-cinq juin 2025, au siège de la RPSL, 15 Abchurch Lane, à Londres.

Les archives étaient le thème de ce colloque annuel sur la recherche philatélique, nommé d'après James Lindsay, comte de Crawford (1847-1913), grand bibliophile et sûrement un des premiers à acquérir et mettre en valeur les épreuves et essais qui participent de la genèse des timbres-poste.

La première présentation par le Français Maurice Hadida et le Gibraltarien Richard Garcia a montré comment leur ouvrage sur les postes locales et chérifiennes du Maroc a précisé, corrigé, voire découvert des connaissances en partant des archives diplomatiques de Gibraltar, Espagne, France, Royaume-Uni et Allemagne.

Un labeur de quelques décennies, dans des archives non postales a priori, mais qui contiennent des informations indispensables pour comprendre des services tenus par des étrangers, parfois sur des périodes très courtes... à peine le temps pour la presse philatélique de l'époque de les découvrir.

Cette réflexion est commune avec le troisième intervenant, Richard Scott Morel, conservateur des Collections philatéliques de la British Library, quand il présente des objets des collections nationales du Royaume-Uni : diplôme d'un grand scientifique portant un timbre fiscal de quarante shillings (cher !), une lettre supposée écrite par Jack l'éventreur,...

Des items parfaitement identifiés, catalogués pour leur importance historique, mais pas philatélique ou postale. Le conservateur d'insister sur l'importance des méta-données : cette formalisation des archivistes et documentalistes pour décrire et indexer au départ de la conservation... au risque sinon que les chercheurs suivants ne puissent redécouvrir faute de pouvoir rechercher dans le catalogue général, aussi informatisé soit-il.

Notamment pour des domaines spécialisés, que je dirais « de niche », pour lesquels la connaissance ou prise de consciences des professionnels peut manquer, vu l'immense champ des possibles face aux archivistes (et aux documentalistes dans les bibliothèques).


Justement, la numérisation d'archives a été l'objet de deux exposés, les deux pour mettre à disposition plus aisément au public potentiel, mais le but de la conservation n'est pas la même.

Éviter d'user les archives, pouvoir indexer leur contenu pour faciliter des recherches et la consultation immédiate chez soi sur un ordinateur, a été le but et les étapes du travail mené par la RPSL et des membres volontaires pour les archives de production de timbres-poste de l'imprimeur Perkins-Bacon en possession de la Société. Le processus de numérisation depuis la manutention des registres jusqu'à la livraison des fichiers a été expliqué par deux responsables de Max Communications, l'entreprise spécialisée au Royal Warrant, qui a réalisé cette tâche.

Cependant, David Beech, ancien président de la RPSL et prédécesseur de Morel à la British Library, rappelle comment Alan Druce et lui ont développé les connaissances sur cette imprimerie quant il s'est révélé que, difficiles à trouver et consulter, des archives se trouvaient également à la British Library et aux Archives nationales... alors que les chercheurs n'allaient que vers celles possédées par la RPSL, les seules dont le public avait le plus facilement connaissance grâce à l'achat et à la numérisation par l'association.

D'un autre point de vue, comment conserver les collections d'exposition compétitives qui sont, par nature, temporaires puisque le collectionneur crée un bilan de recherche philatélique, thématique, classe-ouvertiste sur un sujet donné à partir d'objets collectionnés... avant de les sortir de cet ensemble pour en revendre une partie, constituer une autre approche, remplacer par mieux, passer à tout autre chose, etc.

C'est pourquoi l'actuel président de The Museum of Philately, Simon Martin-Redman, a expliqué l'initiative de David Feldman, fondateur de la maison d'enchères éponyme, et Marcus Orsi de conserver sous forme numérisée les collections ayant obtenu une médaille Grand Or dans une exposition internationale. Devenue une entreprise non-profitable, le musée virtuel utilise ses bénéfices pour développer la philatélie dans le monde.

L'avantage du colloque-séminaire est que le public présent semble avoir répondu de manière critique au Museum of Philately. L'intérêt est vu immédiatement pour retrouver des connaissances et des objets à l'avenir ; assurer la provenance et l'histoire des propriétaires d'un objet ; la simplicité de consultation.

Néanmoins, la question de l'indexation est revenue, ce dont le président a conscience : actuellement, l'organisation vise la facilité d'accès, pas encore les méta-données de chaque item inclus dans les collections...

Personnellement, pour revenir au Sommet sur la littérature philatélique de novembre prochain, j'espère que les intervenants présents à Londres en juin s'interrogeront alors sur comment indexer les lots de chaque catalogue de vente aux enchères... Tout indexer, quels lots ? Et, questions posées au festival : la reconnaissance automatique de caractères et des logiciels d'indexation de mots sont-ils déjà efficaces ? Les deux participants de Max Communications n'écartent pas ces outils, mais signalent la constante nécessité d'une vérification humaine du travail réalisé par la machine. 


C'est ainsi que, lors de la quatrième et dernière demi-journée, Chris King seul, puis en discussion avec un panel, a insisté sur l'importance d'aller aux archives, aux sources primaires pour construire la connaissance philatélique et d'histoire postale.

Les auteurs reprenant pour argent comptant les écrits antérieurs sans vérification, mais King déplore également la difficulté à accéder aux archives principales, non numérisées ou nécessitant de trop coûteux voyages. En plus du problème de l'indexation et des méta-données.

Et là, je ne peux conseiller à ceux qui sont intéressés par ses questions à s'abonner à la revue de l'American Philatelic Research Library, qui est partie de l'American Philatelic Society, mais dont la cotisation-abonnement est dissociée : nul besoin de prendre les deux.

En effet, ce sont des enjeux permanents en archives et même en bibliothèque-documentation que le panel a évoque comme l'APRL : indexation ; durabilité des moyens de stockage numérique (autant matériels que logiciels) ; et puisqu'un représentant des archives postales britanniques était présent pour signaler ce qui pouvait intéresser les philatélistes, la nécessité d'identifier les acteurs-clés des archives sur un temps long : propriétaire [idée personnelle : le dépositaire le reste-t-il ?], conservateur, financeur [voir premiers crochets ; autres financements pérennes ?],...

Évidemment que les philatélistes, qui ont acheté des essais et tirages particuliers d'imprimeries philatéliques privées ayant liquidé leurs archives, sont heureux... Les chercheurs moins.


Pour illustrer tout cela, des articles de philatélie sociale sur les civils pendant la Seconde Guerre mondiale sont proposés dans ce numéro. Les auteurs ayant le souci de retrouver les correspondants et le contexte de leurs échanges.

Et un article de John Stimson sur l'achat grâce à deux mécènes (dont Patrick Maselis) et le dévoilement par la RPSL d'une des trois copies historiques du portrait de la Reine Victoria par Alfred Edward Chalon, dont l'original est passé de la Famille royale britannique à celle de Belgique, et est connue des philatélistes de l'Empire colonial britannique, de l'Océanie au Canada, en passant par les Indes occidentales.

L'avantage des archives et des recherches bien documentées permet ainsi à l'auteur d'expliquer comment le « Chalon portugais » est dit « portugais » et quel parcours l'a mené jusqu'à Londres.


Enfin, le deuxième cahier publicitaire est véritablement un périodique de connaissances en lui-même : le dixième numéro de The Corinphila Gazette daté août 2025, publié par la maison d'enchères allemande Corinphila.

Certes, un journal par une entreprise marchande est bien pour attirer des collectionneurs souhaitant vendre leurs biens les plus précieux, et signaler le contenu des prochaines ventes.

Néanmoins, l'activité d'édition de collections médaillées internationales en coopération avec Heinrich Köller, la série Édition d'Or ; les principales dates des cent années de la CORportation INternationale de PHIlatélie ; et les annonces de nouveaux livres spécialisés ; complètent la presse philatélique grand public.


Au final, comment conserver un linéaire de livres, catalogues, journaux, « presse publicitaire », timbres en albums et classeurs, dont plusieurs adaptés aux enveloppes, voire morceaux de colis,...

Sans parler du temps de loisir nécessaire...

Je comprend mieux pourquoi se spécialiser.


Merci à toutes les personnes, institutions et entreprises mentionnées pour cette lecture estivale qui sert de piqûre de rappel à tous, même à moi (mes articles sur la Corée doivent être bourrés d'erreurs ou de manques de recherche ; que mes libellés ne doivent pas permettre de retrouver facilement des informations ; etc :(

lundi 25 décembre 2023

KLAUS ou l'invention postale du Père Noël

 En novembre 2019, Netflix a sorti dans quelques salles de cinéma et, principalement, sur son site de vidéo à la demande, son premier film d'animation : Klaus, réalisé et inspiré d'une histoire de l'animateur et créateur de personnages espagnol Sergio Pablos.

Un fond d'écran résumant l'intrigue de Klaus avec les deux clans en affrontement, mais leurs enfants découvrant l'intérêt du courrier.

Dans un royaume scandinave imaginaire, Jesper Johansen échoue à l'Académie postale car il pense qu'en tant que fils du maître général des postes royales, il pourra vivre une vie de privilégiée sans travailler. Le ministre décide de le diplômer tout de même et de le nommer à Smeerensburg, une île isolé au nord, sur laquelle se trouve un village de pêcheurs, misérables autant par leur niveau de vie que par la haine ancestrale en deux grands clans familiaux.

S'il veut revenir à son style de vie préféré, Jasper doit parvenir à faire expédier six mille lettres en un an par les habitants... dont l'école a été reconvertie en poissonnerie par Alba, une institutrice désenchantée depuis son arrivée. Seule, vivant sur la banquise, une enfant sámi semble accueillir avec plaisir le nouveau facteur, mais sans savoir ni parler, ni écrire la langue du royaume.

Enfin, dernier espoir de Jasper, un bûcheron-menuisier vit reclus dans les montagnes. Prenant son courage à deux mains et espérant enfin trouver un client pour le service postal, Jasper accomplit le périple et entraîne involontairement de grands bouleversements sur l'île et sa banquise.

Jasper en pleine cogitation dans son misérable bureau de poste : pèse-lettre, cases de tri servant de poulailler.

Pour les amateurs de technique d'animation, Sergio Pablos et Netflix ont eu la volonté de revenir à l'animation traditionnelle tout en la modernisant, notamment à l'aide de petits studios novateurs tel Les films du Poisson Rouge à Angoulême, en Poitou-Charentes.

Pour les petits, c'est un véritable conte de Noël qui se développe progressivement, étape par étape, avec juste ce qu'il faut de magie pour faire avancer Klaus, sans tomber dans le fantastique. Il faut, en effet, toutes les stratégies marketing de Jasper pour que les enfants se lancent dans ce fol espoir de découvrir quelque chose de différent : écrire, payer un service postal, aller à l'école pour les illettrés, apprendre à rendre service dans une société d'adultes immorale.

La scène d'ouverture : un tas de lettres affranchies.

Côté philatélie, peu de choses, les plans permettent seulement de reconnaître des compositions de timbres classiques monochromes ou à deux couleurs, notamment dans la scène d'introduction provocatrice : le manque actuel de correspondance écrite faisant reflet à la lettre annuelle à l'homme au manteau rouge...

La carte du royaume : le sergent-instructeur et le maître des postes au sud, Jasper du côté nord où une île se trouve encore plus au nord.

Côté service postal, les amateurs sont servis. En deuxième partie d'introduction, l'Académie postale montre les différents aspects de la poste historique : le tri, le port précautionneux des colis, l'équitation, la marche d'endurance, etc.

Le modeste bureau de Smeerensburg dispose du nécessaire postier : le comptoir, le pèse-lettre, des timbres-poste, un casier à lettres. Les maisons de nombreuses boîtes aux lettres... toutes trop petites pour les colis destinés aux enfants.

La couverture de la bande originale par Alfonso G. Aguilar (disponible sur YouTube).

Musique et humour. Si la musique est majoritairement instrumentale et adapté à un film d'animation, deux chansons apparaissent, dont un rap Don't Mess With The Postman (« Ne plaisante pas avec le facteur » dans sa traduction la plus soutenue) dont le contexte a pu être capturée pour les plus impatients et ne craignant pas le divulgâchage du fonctionnement du scénario.


Un joli conte postal et optimiste de Noël.

lundi 1 mai 2023

Le won de l'unification dans l'adaptation coréenne de La casa de papel

 De 2017 à 2021, la série espagnole La casa de papel a captivé les téléspectateurs de la chaîne Antena 3 puis du service en ligne Netflix. L'intrigue : sous la direction du Professeur, un groupe va braquer la Fabrique nationale de la monnaie et du timbre en plein Madrid.

Netflix fournissant de nombreux marchés nationaux a une politique de commande délocalisée pour fidéliser le public local, et, selon le contexte, porter la production à l'international : voir Lupin avec Omar Sy.

La casa de papel est ainsi repris dans le contexte des relations inter-coréennes dans Money Heist: Korea – Joint Economic Area - 종이의 집: 공동경제구역. En français, La Maison de papier : Zone économique commune. La première saison a été mise en ligne en deux blocs : six épisodes en juin 2022, les six derniers en décembre dernier.

Dans un futur proche, les deux Corées se sont rapprochées. La circulation entre les deux pays est possible et l'unification monétaire est en cours accompagnée d'investissements sud-coréens au nord et d'exportations du nord vers le sud.

Dans ce cadre, une métropole-nouvelle avec statut de zone économique spéciale a été construite dans la zone démilitarisée. Tout le plan circulaire est centré sur l'imprimerie des nouveaux billets de banque.

Extraits du début de la série : exposition des nouveaux billets et observation sous la loupe du billet-héros par un imprimeur (captures trouvées grâce à Google Image).

La mise en place du lieu et des personnages permet de découvrir ces billets imaginaires. Un groupe de lycéennes, dont la fille de l'ambasssadeur des États-Unis, passe l'exposition montrant les billets déjà en circulation et celui qui est en cours d'impression et qui est au cœur du braquage.

Compter l'argent dans une société de l'exploitation des opportunités (captures trouvées grâce à Google Image).

Les retours en arrière (flashbacks) permettent de découvrir la diversité des Coréens et de l'histoire récente de leurs deux pays, dans un Sud capitaliste libéral et les mauvais souvenirs et les espérances des migrants du Nord. Compter l'argent nouveau n'est que compter la monnaie précédente pour plusieurs des personnages secondaires abusant des futurs braqueurs.

Le Professeur n'a donc que peu de mal à trouver son équipe multi-tâches et aux motivations variées pour qui les quatre trillions de wons n'ont pas forcément la même signification.

Le billet de cent mille wons au cœur de l'intrigue (trouvé grâce à Google Image).

Le billet de cent mille wons, plus grosse coupure de la monnaie unifiée, est montré sous plusieurs formes : en grand sur un poster dans l'exposition, sous forme de feuilles en cours d'impression, sous la loupe de l'imprimeur-contrôleur, etc.

Sur son compte Twitter, le journaliste Shreyas Reddy, actuellement correspondant d'un média spécialisé dans la Corée du Nord, a analysé les trois billets créés dans la série télévisée, le vingt-quatre juin 2022.

Il rappelle ce que chaque livre d'histoire générale sur la péninsule de Corée apprend au lecteur : il y eut plusieurs royaumes médiévaux dans cet espace, unifié progressivement puis conquis par le Japon au début du vingtième siècle, et divisé sous d'autres logiques par la libération de 1945 et la Guerre froide. Cela entraîne donc une lecture de l'histoire médiévale et moderne différente selon le pays, y compris dans le nom du pays, le rôle historique des capitales, et, dans le détail, les habitudes et secteurs économiques privilégiés qui se sont inversés entre le nord et le sud après 1945-1953.

Comment les scénaristes et accessoiristes allaient-ils trouver les points communs pour les personnages choisis pour les billets de banque ?

Timbre sud-coréen du centenaire de la mort de Yu Gwansun, émis en 2020 (Korea Post via la Korea Stamp Society).

Pour le gros billet de cent mille wons, l'étudiante Yu Gwansun (1902-1920) qui participa au Mouvement du Premier-Mars en 1919 contre l'occupation japonaise ; arrêté alors, elle est libérée grâce à l'intervention de missionnaires. Pendant un mois, dans son village d'origine, elle mobilisa la population et fut arrêtée. Elle refusa d'admettre sa culpabilité, tenta au printemps 1920 d'organiser un soulèvement en prison, fut régulièrement torturée jusqu'à sa mort en septembre 1920.

Les timbres sud-coréen de 2010 : An Jung-geun et son groupe se coupèrent une phalangede leur annulaire gauche en 1909 et écrivirent « indépendance coréenne » de leur sang sur le drapeau du pays (Korea Post via le site d'information du ministère sud-coréen de la Culture).

Sur le billet de cinquante mille wons - orangé sur les images ci-dessus, est représenté An Jung-geun (1879-1910). Éduqué et converti au catholicisme, il refusa le traité de 1905 et participa au mouvement de 1907 pour rembourser le prêt japonais. En 1907, il rejoint à Vladivostok un groupe de résistance armée. Le 26 octobre 1909, il assassine plusieurs officiels japonais dont l'ancien premier ministre, premier Résident général en Corée et alors président du Conseil privé de l'empereur. 

Timbre sud-coréen de 2016 sur la standardisation du hangeul par Ju Si-gyeong (Korea Post via la base Colnect.com).

Le troisième personnage sur le billet de dix mille wons est le linguiste Ju Si-gyeong (1876-1914). Inspiré par la linguistique occidentale, il standardisa l'écriture et la grammaire du coréen. Il est le créateur du mot hangeul (한글) pour désigner l'écriture inventée au quinzième siècle par Sejong le Grand pour faciliter la diffusion de la connaissance dans le peuple. L'occupant japonais imposa la continuité de l'usage de l'écriture dite chinoise.

Des trois, Ju est né dans la future Corée du Nord etait protestant. L'origine sociale des trois est variée (respectivement rurale, ancienne, plus récente) et permet de lier les deux Corées dans leur unité face au traumatisme de la perte d'indépendance sous l'occupation japonaise.

L'actuel billet de dix mille wons depuis 2007 à l'effigie du roi Sejong le Grand (via la base documentaire Commons de Wikimedia).

Une des images ci-dessus - le comptage de billets - apparaît l'actuel billet sud-coréen de dix mille wons à l'effigie du roi Sejong (1418-1450), qui a inventé seul et en secret le hangeul, ce que les lettrés confucianistes et les puissants lui reprochèrent longtemps. Un souverain aux actions intéressantes pour montrer que la modernité du quinzième siècle n'est pas qu'européenne et pas que du quinzième siècle d'ailleurs.

Cela permet de découvrir à la lecture de l'article de la Wikipédia en anglais sur le won sud-coréen que les pièces de monnaie et les billets de banque représentent des personnages très anciens, pas les héros de l'indépendance comme dans la série ici évoquée.



Attention : divulgâchage / spoiler ahead.


Hasard de la géopolitique, la première saison se termine à Kherson, en Ukraine, objet d'une étrange carte postale au cours de l'intrigue.

Le Professeur tient particulièrement à cette carte postale dans la série (capture d'écran trouvée grâce à Google Image).

Étrange pour le personnage du Professeur... et aussi parce que Kherson dans la grande plaine ukrainienne ne doit pas ressembler à ce bourg à flanc de montagne forestière.

Tiens, comme Hallstatt en Autriche.

mercredi 23 février 2022

Cartes postales à clef dans Uncharted le film

 Ce blog a plusieurs fois montré comment l'esthétique de la carte postale touristique apparaît régulièrement dans les jeux vidéos - entre mémoire de la génération des créateurs, adaptation à la chronologie de l'histoire ou esquive du téléphone portable ? Relisez les mini-articles sur Just Cause 3, Céleste, The Church in the Darkness, Yakuza 0 et Yakuza Kiwami.

Cette fois-ci, les cartes postales servent l'intrigue d'un film inspiré d'une série de jeux vidéo, un genre d'adaptation qui depuis trois décennies a très mauvaise réputation... Transposer un univers où le joueur est mis en action à une heure trente de spectacle passif... est une tâche ardue surtout quand la production vise davantage à utiliser le médium film pour vendre les deux derniers épisodes ressortis sur PlayStation 5 en janvier et bientôt sous Windows.

Mercredi seize février 2022 est sorti en France et le dix-huit aux États-Unis Uncharted au personnage principal, Nathan Drake, interprété par Tom Holland (Spider-Man dans les films Marvel), et son mentor Sully par le vétéran Mark Wahlberg.

Les jeux et le film ont le même principe : le héros aventurier part à la recherche de trésors mythiques en concurrence avec l'ensemble des mercenaires et milliardaires mafieux du monde. Le film jouant sur les origines du héros : orphelin, il a été élevé dans un orphelinat religieux avant la fugue de son frère. On le retrouve jeune barman pickpocket à New York.

Nathan et Chloe, une complice volatile, relisant les cartes de Sam Drake à la quête d'indice pour leur quête (via ScreenRant.com).

C'est là que Sully l'embauche pour retrouver un trésor mythique : l'or que Magellan ou El Cano dut cacher près de l'endroit où Magellan mourut lors du premier tour du monde, au seizième siècle. Mon « ou » est dû à l'écriture du film supposant des raccourcis scénaristiques qui font passer les Indiana Jones pour l'équivalent des Rougon-Macquart.

Divulgâchages aidant, Sully connaît les atouts généalogiques de Nathan et sa passion des trésors grâce à Sam avec qui il travaillait sur ce trésor. Là où cinq jeux vidéo auront eu le temps de faire découvrir tranquillement l'histoire aux joueurs, le film bâcle en quelques instants : Nathan et Sam seraient les descendants du corsaire et explorateur Francis Drake.

De la découverte de cette relation entre Sully et son frère, Nathan déduit que les cartes postales envoyées par ce dernier retrace ses parcours à travers le globe et pourraient cacher des indices précieux sur les dernières étapes menant au trésor espagnol dans les Philippines (?).

Montrée en introduction du film et retrouvée par le héros avant l'acte final, l'écriture sympathique sur carte postale d'Espagne (via GamesRadar.com).

Soit vous avez le temps et l'argent pour une séance, soit vous attendez le DVD ou la vidéo à la demande, pour voir les détails mis par les accessoiristes dans la création de ces cartes du monde entier : vues touristiques, timbres, oblitérations, surtout pour celles montrées en gros plan d'Espagne, de Jordanie. Une étude à mener dans quelques temps donc.

Sur les adaptations croissantes de jeux vidéo au cinéma et en séries télévisées, le hasard propose, ce mercredi matin vingt-trois février, une chronique Et maintenant ? de Quentin Lafay dans l'émission matinale de France Culture à ce sujet avec l'aide de Bérénice Bonhomme de l'Université Jean jaurès et de l'E.N.S.A.V., École nationale publique de cinéma de Toulouse.

Il ne reste plus qu'à espérer que les prochaines adaptations soient plus convaincantes... Un des reproches au film : le héros emploie une seule fois une arme à feu, un peu accidentellement et mal... ayant la chance de la gravité - deux séquences fort audacieuses - pour tuer les mercenaires à ses trousses. Dans les jeux, c'est une armurerie sur pattes : un film tranquille pour convaincre les parents de laisser leurs enfants jouer à un jeu mature ?

mardi 3 août 2021

Nouveautés postales de juin-juillet 2021 : plastique et douane

 Depuis début mai pour l'une et début juin pour l'autre, deux nouveautés marquent mon courrier en provenance de l'étranger - et par la lecture de forum de collectionneurs le courrier à destination du Royaume-Uni. L'une étant douanière, on penserait que les médias généralistes l'auraient largement évoquée... mais, en Europe, elle s'est entre-mêlée avec la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne...

Ainsi, avec les enveloppes de périodiques auxquels je suis abonné, voici ma compréhension de ces phénomènes.

Depuis début juin, les nouveaux films d'emballage du magazine Spirou en papier : c'est écrit dessus.

Le plus simple paraît être le passage à l'emballage environnementalement correct : depuis début juin 2021, le plastique dérivé de pétrole paraît être désormais banni comme matériau d'enveloppement des magazines et revues envoyés par voie postale.

Message apparu dernièrement sur la feuille d'expédition de Gibbons Stamp Monthly concernant la nature de l'emballage « plastique » qui enrobe le mensuel.

L'hebdomadaire de bandes dessinées Spirou est passé du film plastique au « papier recyclable » comme imprimé dessus, donc à jeter dans la poubelle dédiée. Côté britannique, Gibbons Stamp Monthly indique que son nouvel emballage en amidon de pommes de terre est compostable.

... Britannique ? Oui, aussi, donc j'imagine que ce changement est issu de la réglementation de l'Union européenne[2] contre les plastiques à usage unique. Que le Royaume-Uni a maintenu malgré la sortie : soit parce qu'il était obligé de l'imposer à ses entreprises tant qu'il était membre de l'Union (31 janvier 2020) puis temporairement du Marché unique (fin le 31 décembre 2020), soit parce que ce pays exportateur de plastique jeté[1] a compris son intérêt de réduire le problème des déchets à la source.

Plusieurs autres expéditeurs de publications sont passés du plastique à l'enveloppe papier standard.


Cependant, ce changement a eu lieu en même temps qu'une modification des règles de déclaration douanière sur les achats à l'étranger.

Enveloppe en papier désormais pour le numéro de juin 2021 du London Philatelist avec déclaration douanière CN22.

Là, c'est la revue de la Royal Philatelic Society London qui illustre le double changement. Le numéro de mai 2021 est encore sous film plastique mais la fiche postale porte désormais une déclaration douanière CN22. Le mois suivant (illustration ci-dessus), passage à l'enveloppe papier et collage d'une déclaration. Et, début août, pour le numéro estival :

Pour le numéro juillet-août 2021, plus de déclaration douanière.

, la déclaration douanière a disparu. 

Le changement d'août étant peu surprenant : les magazines de kiosque britanniques n'avaient pas inclus cette déclaration au printemps. La Société philatélique royale a dû préférer la prudence face à une incompréhension assez générale.

Car, le problème provient d'une nouvelle règle imposant depuis le premier juillet 2021 de déclarer en douane la valeur de tout envoi à destination de l'étranger sans plancher de valeur alors qu'auparavant il y avait une tolérance en-dessous d'une certaine somme.

Mes lectures au fil de l'eau - entre les rares conseils aux consommateurs de la presse régionale et les interrogations sur les forums de collectionneurs - sont insatisfaisantes et demanderaient une exploration de sources institutionnelles et professionnelles pour comprendre l'origine du changement et envisager la part du Brexit pour les envois entre Espace économique européen (le Marché unique étendu à quelques voisins) et le Royaume-Uni, faute d'accord de libre-échange de même niveau que le Marché unique.

Tantôt, c'est la réglementation de l'Union européenne qui aurait changé, permettant aux États-membres de trouver des ressources fiscales et de mieux contrôler les importations en espérant que les expéditeurs dédouanent à l'envoi - ce que les fiscs britanniques et européens espèrent beaucoup pour fluidifier les échanges post-Brexit.

Tantôt ce serait un changement dans les règles communes décidées au sein de l'Union postale universelle... Je ne suis pas allé voir les institutions internationales des douanes, administrations étatiques qui auraient pu insister sur l'uniformisation à tout envoi à l'échelle mondiale.

Une règle si mystérieuse que le service philatélique espagnole a placé une déclaration CN22 sur un envoi circulant au sein du Marché unique en avril dernier...

Par-dessus, en Europe, s'est ajouté le Brexit : tous les exportateurs d'Europe et du Royaume-Uni ont découvert les formalités douanières que le Marché unique avait supprimé. Plus le fait qu'il existe deux formulaires selon les cas : CN 22 et CN 23... avec forte incitation à le remplir en ligne.

Sur le forum philatélique anglophone StampBoards, cette nouvelle règle s'est immédiatement focalisé sur les envois et réceptions britanniques. Outre la déclaration de valeurs, c'est surtout qu'il faut désormais à l'État britannique définir les taux de taxation selon les objets... dans un contexte euro-britannique où les usagers n'ont plus l'habitude de gérer ce genre de tracas.

Les images ci-dessus montrent la perplexité des expéditeurs au printemps quant les consignes ont été diffusées. Le magazine offert aux membres de mon association est-il à déclarer ? Mon envoi habituel au sein du Marché unique doit-il être déclaré ?

Pour le dernier cas espagnol d'avril 2021 (illustration), on notera qu'ensuite en juin, ni la poste portugaise, ni Royal Mail n'ont placé de déclaration CN22 à mes commandes de timbres. Ce qui rassure au sein de l'Union, mais qui interroge sur les relations commerciales avec le Royaume-Uni : cette tolérance vaudra-t-elle pour la commande d'un livre, de chocolats d'artisans, de disques vynil ?

Étiquette postale et déclaration douanière sur colis des États-Unis pour la France, en date du vingt-quatre septembre 2020.

Surtout quand la réputation des commandes hors-Union européenne est d'être une loterie mystérieuse.

À part le distributeur Amazon et quelques vendeurs prudents des plates-formes de type eBay qui vous font avancer les frais de dédouanement (et rembourse le trop-perçu ensuite), l'arrivée d'un colis non dédouané lointain peut être rapide comme celui illustré de septembre 2020 : trois double albums vinyl tout de même.

Alors que je n'ai jamais vu la couleur, ni même la facture de La Poste pour un colis de valeur équivalente saisi par la douane française à l'été 2019 et pour lequel je n'ai jamais compris pourquoi La Poste n'a jamais laissé un avis de passage avec cause et montant du dédouanement... Oui, le centre de distribution de Saint-Jean-de-Védas, c'est de vous dont je parle : je vous adore habituellement, mais pour ce colis états-unien de 2019, pourquoi me laisser un message téléphonique demandant à être rappelé téléphoniquement sans jamais répondre audit numéro... ni laisser d'avis de passage !!! >:(


Bref, ma fainéantise m'empêchant d'aller explorer les archives de l'Union postale universelle, de la Commission européenne, des douanes de quelques pays, ou les publication des professionnels de l'expédition, j'attendrai que les rubriques d'aide aux consommateurs ou la presse économique expliquent lorsqu'il y aura un ras-le-bol des particuliers européens expéditeurs ou destinataires quand les livraisons seront retardées et rendues fort coûteuses.

En attendant, tout cela risque de m'inciter à passer par des entreprises pratiquant le dédouanement pour les achats britanniques... donc les plus grosses... donc Amaz... Sauf si les commerces indépendants signalent clairement que le dédouanement est tarifé au départ et ne sera pas une surprise à l'arrivée.


[1] : Ne jetons pas la pierre de suite aux Britanniques : pourquoi, d'après vous, le bannissement du plastique jetable a débuté il y a quelques années en commençant par les sacs de supermarché ? À l'époque, c'est la République populaire de Chine qui a mis le holà sur l'importation de plastique jeté étranger par ses industries ayant besoin de matières premières... Étrangement, ce problème issu des Trente Glorieuses (bouteilles en plastique, sur-emballage, etc.) a trouvé une solution politicienne extrêmement rapidement... en dehors de quelques marchés exportateurs et de malheureux habitants de pays importateurs. Preuve que les politiciens libéraux savent faire dans l'« écologie punitive » quand ça leur convient.

[2] : Ajout du lendemain, mercredi quatre août 2021 : ... de l'Union européenne puisque je viens de recevoir The American Philatelist sous plastique depuis les États-Unis.

lundi 14 juin 2021

Classe ouverte : gluten free et Trois Grâces de Montpellier

 Sculpture et fontaine emblématique de la place centrale de Montpellier, au sud de la France, la fontaine des Trois Grâces du Marseillais Étienne Dantoine (1777) est le point de rendez-vous des habitants... et un sujet possible de collection thématique (cartes postales aidant) et même de classe ouverte grâce à ma gourmandise.

Autocollant au logotype du salon de thé Les Demoiselles de Montpellier, 2 Rue de la Carbonnerie, au nord-est de la Préfecture de l'Hérault.

L'idée m'est venu lorsque l'employée du salon de thé sans gluten colla le sticker ci-dessus sur la boîte de ma part de gâteau : Les Demoiselles de Montpellier, fondé en 2014, tire son nom à la fois de la statue thématique et de la féminité souhaitée par sa fondatrice - Du calme, les conservateurs, la cuisinière a été un homme à un moment.

Ultime version (merci aux sponsors et partenaires) de l'affiche de Phila-France 2019, créée par Régine Pappalardo, artiste habituelle des cartes locales de l'Association philatélique montpelliéraine depuis 1983 (Comment ça ?! Vous avez raté la collection en cour d'honneur des cartes locales montpelliéraines proposées par Michel Subra à Phila-France 2019 !).

L'exposition philatélique nationale Phila-France de juin 2019 plaça ces divinités antiques du charme, de la beauté et de la créativité parmi les lieux à montrer de la ville, avec le théâtre de la Comédie et les monuments de la place royale du Peyrou.

L'illustration de Régine Pappalardo les a mis en avant sur l'affiche et les flyers expédiés aux associations fédérées, avant d'être placé sur la vignette se-tenant du timbre annonçant le Congrès fédéral.

Le timbre de Phila-France 2019 (touristique et congrès de la FFAP) avec décentrement grec en haut  gauche...

Timbre et vignette inséparables, non par valeur au catalogue, mais car le public ne voit, depuis 1993, qu'une copie de la sculpture sur la place de la Comédie ! L'originale en marbre est exposée dans l'entrée du théâtre : profitez donc d'une visite guidée ou d'un spectacle. 

L'intérieur du carnet collector, personnalisé sur commande de l'organisation de Phila-France 2019, composé de quatre timbres pour la lettre intérieure prioritaire jusqu'à vingt grammes. Ne négligez pas la première page du carnet comportant l'extrait d'une gravure des visages et cols des divinités.

Le comité d'organisation de Phila-France 2019 l'avait sélectionnée parmi les monuments de son collector personnalisé. Face à la photographie de la partie finale de l'acqueduc - les Arceaux, sujet du timbre de distributeur de la manifestation -, ici sans valeur postale, le timbre aux Trois Grâces sous un ciel bleu méditerranéen est entouré de la statue équestre de Louis XIV sur la place du Peyrou, de la cathédrale et université historique de médecine (à suivre le timbre de juin 2020), et le palais des États du Languedoc (actuellement un des sièges de tribunaux de Montpellier) qui voisine avec l'arc de triomphe à la gloire du roi sus-nommé (arc visible, lui, sur le bloc FFAP).

Et cette succession de monuments autour des Trois Grâces, installés bien plus en altitude au sein du centre historique de Montpellier, permet de rappeler qu'elle était prévu, dans les années 1770, pour une installation sur la place de la Canourgue, plus prestigieuse. À la fin de l'Ancien Régime, cette place est entourée par le palais des États du Languedoc, représentant des trois ordres de la province, l'intendance (actuelle préfecture) ; la maison commune de l'époque s'y trouve et elle offre une vue magnifique sur la cathédrale et le pic Saint-Loup... Une idée de timbre vertical ?

Les aléas du projet d'aménagement, la Révolution de 1789... Finalement, la fontaine est installée plus bas, sur la place qui borde le sud de l'Écusson, devant le théâtre et les faubourgs conduisant vers Lattes, les étangs et les cabanes et village de pêcheurs de Palavas - plus populaire, la gare ferroviaire ne transformant le quartier et l'économie régionale qu'à partir des années 1840.

La place de la Comédie sous la pluie, carte utilisée dans les années 1900 (illustration d'un article du Midi libre, dix-neuf janvier 2015 à partir des collections du Club cartophile de Montpellier-Juvignac).

Bien entendu, les cartes postales sur Montpellier offre de nombreuses vues de la fontaine, avec vue sur le théâtre ou sur la place à la haussmannienne - du temps de la richesse viticole.

Tous les monuments classiques du Montpellier touristique de la seconde moitié du vingtième et du début du vingt-et-unième siècles peuvent faire l'objet d'une collection thématique, surtout avec les timbres récemment émis : depuis la place royale du Peyrou et son château d'eau jusqu'à la place de la Comédie, sa fontaine, son théâtre et ses cafés... dont le prestige social a bien changé pour aux aussi.

Mais, pour la classe ouverte, ce sont les entreprises et les associations qui semblent proposer la diversification des objets collectionnables : stickers de salon de thé aux Deux Grâces, le château d'eau du Peyrou sur les boîtes de grisettes, le bonbon local au miel et à la réglisse - d'une recette médicale médiévale commercialisée au sens moderne du mot à partir de1837, et sûrement bien d'autres à trouver.

Timbre espagnol pour les vingt-cinq ans de la Fédération des associations des cœliaques d'Espagne, montrant le logotype affiché par les produits dont le processus de fabrication garantit l'absence de la protéine.

Le sticker des Demoiselles de Montpellier peut aussi lancer une collection sur le blé, le gluten et les affections liées à la consommation de la céréale et de cette protéine. De la dangereuse maladie cœliaque aux intolérances au gluten que la recherche médicale étudie avec étonnement, mais sérieux. Des allergies et maux alimentaires qu'un timbre espagnol signalait à tous dans le cas du gluten en 2019.

Voilà pourquoi des lieux, comme celui dont j'ai l'air de faire la publicité depuis plusieurs paragraphes, sont essentiels pour une partie de la population : un repas de midi avec un cake ou une tartine salée sans farine de blé ? De même pour un gâteau ou une pâtisserie ?

Les visiteurs de Montpellier et sa région ont une solution pour le repas de midi ou l'encas de l'après-midi, 2 rue de la Carbonnerie, près de la Préfecture. Si vous êtes accompagné de chanceux mangeurs de blé : il y a une boulangerie-pâtisserie juste en face ! Et en montant les numéros de la rue, Black and Blue et Pomme de Reinette et Pomme d'Api aux vitrines de rêve depuis des décennies.

jeudi 15 avril 2021

Reprendre correctement le tourisme après le covid en Espagne

Dès le treize avril 2020, puis le premier octobre 2020, la poste espagnole a émis deux timbres en hommage aux personnels de santé et aux victimes du coronavirus, comme plusieurs pays depuis le premier timbre iranien du dix-sept mars précédent.

« Le » timbre de l'émission : un masque en tissu coloré dans une poubelle...

Le pays a été très affecté par le covid-19 en mars 2020, mais également de la fin de l'été 2020 à la fin de l'hiver 2021, entraînant pendant de longues périodes la limitation de l'entrée sur son territoire (au grand dam des alcooliques et nicotinomanes français...) et de la circulation des habitants à leur localité.

Le dix-huit mars 2021, dans l'espoir d'une reprise lente de la vie d'avant, la poste espagnole a mis en vente une émission aussi curieuse que motivante, à la fois encouragement aux Espagnols à visiter leur pays cet été qu'à en respecter l'environnement dans le contexte du port généralisé du masque...

... et généreuse : une fois le timbre principal payé, le reste est presqu'offert !

Cette émission multi-forme comprend déjà un timbre de cinq euros inclus dans un feuillet : une poubelle recueillant un masque coloré, dans un décor sous-marin de masque, gants en plastique et flacon de gel hydroalcoolique flottant entre deux eaux. Enthousiasmant :'(

Le feuillet est, en fait, une pochette contenant six cartes postales pré-affranchies. 

Mais, le feuillet s'étend sur trois panneaux repliés pour former une pochette contenant six entiers postaux : six cartes postales de personnages dessinés prenant des selfies dans des paysages variés de l'Espagne, pollués par les nouveaux déchets de l'épidémie.

Déjà remarqué par beaucoup dans le monde entier, il semble que le masque jetable a rejoint, dans l'esprit de certains cons et connes, le mégot de cigarettes, le sac plastique, l'emballage de bonbons, etc...

Cinq des six entiers et le verso pré-affranchi.

L'ensemble est vendu six euros soixante-dix centimes par la poste espagnole, comprenant un timbre de cinq euros et six entiers pour l'Espagne et son espace postal (Canaries, Ceuta, Melilla et vers Andorre). Le tarif « A » coûte soixante-dix centimes, et là, il y en a six et avec cartes postales fournies et illustrées !

Comme plusieurs autres postes depuis l'Irlande et la Thaïlande en mars 2020, Correos encourage donc les Espagnols au tourisme national et à s'écrire malgré les conseils d'éviter les grandes rencontres familiales et amicales...

... même si le timbre à cinq euros - Correos apprécie les fortes valeurs faciales gommées sur son programme ϕl@télique (des ressemblances avec la France ?) - demande un besoin postal très spécifique - lourd ou pressé. Tel offrir un livre à un proche pas revu depuis un an ?

Pour les complétistes et autres spéculateurs, lors de l'émission, Correos a vendu cet ensemble avec un masque offert. Le feuillet-entiers-masque (non porté) coteront-ils plus ?


Note 1 : Comme décrit le samedi dix avril dernier, mon ensemble feuillet et entiers a été commandé à Correos par l'intermédiaire du magasin Wopa+, initiative gibraltarienne proposant aux services philatéliques nationaux de vendre eux-mêmes à valeur faciale leurs émissions de timbres et produits philatéliques. Fort utile pour découvrir et acheter à plusieurs pays, mais attention : les frais de port sont calculés par service philatélique concerné.

Note 2 : Le fichier pdf de l'ensemble des tarifs des services variés de Correos comprend, dans les dernières pages, les produits et services proposés aux associations et manifestations philatéliques.

samedi 10 avril 2021

Un envoi de service philatélique : l'Espagne via WOPA+

 Suite de la description de comment les services philatéliques emballent et traitent l'affranchissement d'une commande de timbres. Aujourd'hui : la poste espagnole avec une commande de mi-mars 2021 réalisé sur le site de vente commun aux opérateurs postaux, WOPA+.

Déjà, je remarque qu'un entreprise publique espagnole accepte de travailler avec une initiative du service philatélique de la britannique Gibraltar...

Une grosse lettre suremballée en tout cas :

Une grande pochette en plastique au logotype de Correos...

Étrange au sein du Marché unique européen : une déclaration de douane CN22.

L'adresse de retour en cas de non distribution dont les motifs sont imprimés sur la pochette. Le logotype de WOPA est mis en valeur : même si chaque service philatélique gère la commande de ses propres timbres, le client passe par la plate-forme unique, autant le rassurer sur qui lui écrit s'il n'a pas compris le fonctionnement su site marchand.

Une fois ouverte :

Une grand enveloppe protégée dans du papier-bulles.

Et, enfin, le courrier attendu avec l'entier du service philatélique espagnole à valeur de recommandation:

L'enveloppe recommandé-entier de service, la facture et les timbres commandés (tout ça pour ça !). Et hors-photographie, un morecau de carton rigide pour maintenir le tout.

Le code data matrix du timbre imprimé renvoie vers Ivnosys, spécialisée dans les outils de gestion et protection de l'identité numérique et des transactions électroniques. Il faudrait savoir si ce code est identique quelque soit l'enveloppe ou s'il est unique et permet de chiffrer le recommandé pour le suivi.

Bilan : les timbres et entiers commandés sont intacts... Le contraire aurait été décevant.

Par contre : que de plastique.

À suivre : Mais quelle émission a provoqué cette commande ?

jeudi 2 avril 2020

Un timbre sans gluten en Espagne

Souvent considéré dans les médias et les proches comme un « chichi », un caprice ou une mode, le fait pour certains de ne plus manger d'aliments contenant du gluten est une nécessité médicale.

Il est donc admirable que Correos, la poste espagnole, a émis un timbre pour les vingt-cinq ans de la Fédération des associations des cœliaques d'Espagne, le dix-huit mars 2020.
(via le site de la Fédération espagnole des sociétés philatéliques)
Le timbre porte le logotype de l'épi de blé barré porté par les produits alimentaires réalisés dans des conditions strictes : aucune céréale ou farine de céréale contenant cette protéine dans le lieu de fabrication.

Rappelons que dans le cas des malades cœliaques, c'est une privation définitive de tout aliment contenant du blé, de l'orge, du seigle pour protéger l'appareil intestinal.