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dimanche 9 janvier 2022

Sac et ressac des vagues de La Poste sur ses facteurs

 En une semaine médiatique, du lundi au samedi, j'ai pu entendre des facteurs désespérés de la nouvelle organisation de leurs tournées depuis fin 2021 et voir le bonheur de quatre facteurs ruraux suivis entre mars et octobre 2020. Où est la vérité ?


Commençons par la fin : la diffusion hier samedi huit janvier sur TF1 d'un Reportage découverte sur « Des femmes et des hommes de lettres pas comme les autres », quatre facteurs et factrices sur des tournées complexes en Guyane, dans l'Aude, au Queyras dans les Alpes et sur l'île d'Oléron, mais parvenant à toujours être en lien et au service absolu des clients desservis.

Printemps comme été 2020, ils participent à la survie de la vie locale : petites entreprises isolées recevant des colis jusqu'à trente kilogrammes sans avoir à redescendre dans la vallée urbanisée, retraités pouvant restant chez eux grâce à une factrice livrant des courses d'épicerie apparemment en plus de son travail, apprendre les différentes langues de la Guyane forestière, etc.

Bref, à ma surprise, une chaîne privée, à la pensée économique libérale, qui soutient un service public rural méritant et montré explicitement comme le seul allant encore dans ces espaces isolés.


À l'opposé du reportage Des Pieds sur terre du lundi trois janvier de France Culture titré « Le facteur n'est pas passé », dans lequel quelques facteurs d'Albertville, en Savoie, témoignent des causes de leur grève en décembre 2021 contre la nouvelle réorganisation de leurs tournées.

Évoqué sur ce blog en novembre lors de l'alerte lancé aux médias par les syndicats postaux de Montpellier, la réorganisation est expliquée et très mal vécue par les postiers savoyards : ils ne trient plus en brigade leurs tournées tôt le matin. De neuf heures à seize heures, désormais, ils doivent effectuer trois tournées - a priori - plus petites en trajets ou en volume de courrier, c'est-à-dire, d'après le vocabulaire officiel, trois « vagues » entre le centre de distribution et les destinataires.

Et, ce sac et ce ressac semble être une souffrance : de la fonctionnaire de quatre décennies de métier au jeune en reconversion le temps des confinements du covid-19, aucun ne paraît réussir à dépasser la moitié de la deuxième tournée dans le temps imparti... Un sentiment d'échec pèse sur eux.

À cela s'ajoute quelque chose non montré dans le reportage de TF1, c'est que ce système de tournées multipliées dans la journée casse le lien entre un facteur et un secteur urbain, péri-urbain ou rural. Une habituée des villages expliquent son désarroi face aux murs de boîtes dans les immeubles... Un autre se demande comment on passe d'un quartier urbain le matin à un village alpin pour la deuxième « vague » ?

Quand on a vu l'aspect sportif d'une tournée dans le Queyras sur TF1, on le comprend aisément.


Qui dit vrai ? Lequel de ces reportages est plus véritable que l'autre ?

Les facteurs, une moitié de courageux ruraux « hussards bleu » de la République égalitaire, une moitié de glandeurs urbains désespérants ? Ou, encore, une poignée de privilégiés conservant leur tournée et leurs habitudes éternelles et que les directions régionales ont choisi pour la chaîne privée, une majorité d'exploités invisibles d'une direction courrier plus assez rentables face à la concurrence sur le colis ?

Ce sont les images qu'on en aurait en fin de semaine, une fois regardé et écouté les deux reportages, sans compter celui sur les aléas des économies intérimaires à la direction des ressources humaines de La Poste à Nancy, dans le journal de dix-huit heures de vendredi de France Culture...


En fait, ces trois reportages sont insatisfaisants pour le citoyen voulant savoir ce qu'il se passe dans La Poste de la rentabilité.

Déjà, le calendrier : TF1 a travaillé avant la réorganisation de fin 2021 et diffuse son reportage alors que, depuis deux mois, le Groupe La Poste communique sur ses postiers à grand renfort de publicité presse et affiche, que sur Twitter le groupe et les directions régionales reprennent le reportage de TF1 depuis hier.

Correspondrait-il à l'image idéale du quotidien que La Poste souhaite projeter ? Mais alors cela veut dire que La Poste tolère que des facteurs aident gratuitement, sur leur temps de travail, au risque d'un accident des personnes sur la tournée ??? Le journaliste oublie-t-il de signaler que courses et visites audoises sont peut-être liées à des contrats entre La Poste, ces particuliers, leur famille ou leur commune ? Y aurait-il dans l'espace rural une inégalité de service entre usagers : mon facteur urbain peut-il réaliser les mêmes choses à mon avantage, ça m'éviterait de sortir certains matins froids ?


En retour, face à la communication de La Poste, la rédaction de France Culture et les équipes de ses émissions ont-elles choisi alors d'aller chercher le point de vue opposé en allant à la rencontre des postiers en réorganisation ?

Il est vrai que, là encore, l'absence des directions postales dans les reportages radiophoniques interroge autant que leur absence dans celui de TF1... même si là, il ne semble pas que les directions régionales de Rhône-Alpes et de Lorraine aient retwitté... Certes, la réponse de la Direction des ressources humaines de La Poste est résumée par la journaliste, mais ça n'équivaut pas à avoir une personne qui parle au micro.


Beaucoup de questions restent en suspens : réorganisation fonctionnelle ou casse du métier sur l'autel de la rentabilité ? Une divergence ville - campagne à La Poste : pourquoi, comment ?

Et, un des facteurs d'Albertville aurait-il raison ? Les trois « vagues » impossibles à tenir seraient-elles un moyen discret pour le pouvoir économique et le pouvoir politique de passer à moins de six tournées par semaine en moyenne sans le dire...


Complément du mardi dix-huit janvier 2022 :

Aujourd'hui, mardi dix-huit janvier 2022, France info publie une enquête réalisée auprès d'une factrice dans l'Essonne, en Île-de-France : tournées mal préparées, courrier retardé, postier dépassé...

... et quand les habitants râlent, on fait tourner une voiture postale, mais sans distribution, pour donner le change. À lire par ici.


Complément du dimanche vingt-quatre septembre 2023 :

Dans l'Aude, des postiers du centre de tri de Limoux, dans le sud de l'Aude - que je pense être l'objet du reportage de TF1 -, sont en grève car leur direction refuse de repousser une réorganisation des tournées à mars, rapporte L'Indépendant le dix-neuf septembre 2023.

Ces fameuses réorganisations instituées fin 2021 afin d'optimiser le travail - ou essorer - des facteurs.

jeudi 30 juin 2016

Mille en neuf ans et presque demi

Millième post, article, blague, dissertation philatéliques aujourd'hui, jeudi trente juin 2016 pour ce blog en neuf ans et cinq mois. Mes meilleurs souvenirs liés à son écriture ?

Non pas tellement mes exhibitions hyper-ironiques des actions des directions successives de φl@poste et de leurs alliés fédéral et négociant... Ça m'amuse de les écrire bien sûr, surtout les imaginatifs épisodes de Marian, Gloire et Beauté (merci Posti) quand la probable déception des dirigeants de La Poste et des traditionnels artistes du timbre a provoqué d'étranges réactions des φ-journalistes φrançais (depuis quand ne respecte-t-on pas les embargos et la sainte neutralité face aux émissions de France ??? Jamais sauf quand...) pour la nouvelle Marianne de la jeunesse, avant même qu'Olivier Ciappa ne tweete sur le lien entre son timbre et la thématique mamelles.

Tout cela permet de passer de lasses et inutiles colères... Lasses quand je vois le pigeonni... je lis le témoin « boucheur de cases » trouvé par l'éditorialiste Socrate dans Timbres magazine de ce juillet-août : il ne peut s'empêcher d'acheter tout ce qu'il trouve beau, mais φl@poste devrait comprendre que son porte-feuille n'est pas extensible...

lol ? Grrrrr ? Appeler la CGT à manifester au cri : « Françoise et Gilles au pilori » ? Écrire un essai Désir eslingérien et frustrations gilliennes de la case non bouchée chez le collectionneur français post-moderne ? Avec une édition poche enrichie d'un chapitre Les 12 méthodes de la spéculation heureuse ?

Aujourd'hui, j'écris au premier degré sans aucun humour : que ce collectionneur se démerde. Moi, je continue à couper des arbres... on ne sait jamais en cas de spéculation sur le marché du pilori :)

Alors quoi comme souvenirs ?

L'oblitération du bureau de Cacao, en Guyane, en 2002 (scan envoyé par Pierre Millien).
La découverte au hasard des lectures et des recherches de lieux et de populations, tel le village guyanais de Cacao où la République française installa des réfugiés hmongs en 1977 (article du trente-un juillet 2009).

Oui, ce simple petit article sur un si petit lieu découvert en farfouillant ce que je pouvais découvrir au moment du feuillet chocolaté de 2009. Parce que le timbre, l'oblitération, l'activité postale sont liés au besoin humain de communiquer et de commercer, pas à étouffer dans des classeurs, ni à être limités à une valeur spéculative.

Sinon, ce sont toutes les personnes qui m'ont permis d'apprendre et de découvrir qui marquent cette décennie.

Des marchands-auteurs britanniques qui étudient ce qu'ils vendent. Certes, on peut se poser la question de leur objectivité à multiplier les découvertes de variations des timbres-poste et de distributeurs de Royal Mail, mais au moins Outre-Manche, ce sont des Philatélistes qui étudient, commentent, critiquent les nouveautés britanniques dans les périodiques grand public Stamp Magazine, Gibbons Stamp Monthly et sur leurs blogs (comme celui de Norvic Philatelics de Ian et John Billings).

Les rencontres de Basil Herwald avec les dirigeants des services philatéliques de pays variés lors de ses voyages pour Gibbons Stamp Monthly, loin de se contenter d'attendre le mail annonçant le programme annuel d'émissions depuis son fauteuil et qui permet de montrer que nouvelles émissions actuellement n'est pas synonymes de diarrhées philatéliques ou de papier-peint d'agences.

Quel bonheur donc que mes abonnements à ces deux mensuels britanniques depuis 2007, découverts par leur couverture sur les quarante ans de la série Machin (vous pouvez aussi rejoindre les fanatiques de l'effigie Annigoni sur le forum StampBoards). Un salut amical à Julia Lee où que ses pas professionnels l'aient porté depuis les pages News de Stamp.

À l'époque temporairement éloigné à Paris, ce blog fut inspiré du modèle d'alors le Blog philatélie de Dominique Stéphan, hélas disparu du web. Comme est en sommeil depuis quelques temps l'actif thématiste Oh les timbres. Des devenirs que ce blog aurait pu connaître entre 2011 et 2013 quand il fut très difficile de concilier et placer dans des priorités durables philatélie et écriture avec vies professionnelle et personnelle, et autres loisirs... Pourquoi des catégories Uchronie et Jeu vidéo sur un blog philatélique ?!! Parce que.
Helen Morgan, non-philatéliste, a enquêté sur les premiers timbres de Maurice (amazon.co.uk).
Les lectures ont aidé à maintenir un chemin, même quand elles ne finissent pas toutes sur le blog. Avec internet d'abord qui a permis de découvrir deux livres écrits par des Moldus sur les premiers timbres de Maurice et la Collection philatélique royale. Dans le même temps, je découvrai Londres et sa richesse philatélique à l'époque où le libraire Vera Trinder y était encore.
La bibliothèque est toujours là malgré les déménagements (IKEA c'est du solide), mais depuis mai 2010, les albums ont dû se tasser plus bas encore face à l'afflux d'ouvrages et de dvd... Oui, fan de séries télévisées en plus (licence creative commons cc by-nc-nd 3.0 fr).
De fil en aiguille, je suis passé des ouvrages de Douglas Muir du British Philatelic Museum & Archive aux publications de la Royal Philatelic Society London...

En effet, alors que je découvrai l'ambiance si feutré (plus qu'en 2009) de la halle des marchands de Monacophil 2011, j'abordai timidement le stand de la Royal Philatelic Society London car le modeste lecteur-blogueur philatélique que je pense être, osai demander à acheter le cd-rom de l'intégrale du London Philatelist (aujourd'hui sur clé USB pour trente livres sterling) pour enfin profiter de certains articles inacessibles mais hautement intéressants.

Là, un chaleureux et jovial Frank Walton me transforme en membre-lecteur-blogueur visiteur impatient de revoir la bibliothèque du 41 Devonshire Place, intenable au travail les jeudis de conférences diffusées en ligne, explorateur aventureux des milliers de volumes et le million de pages de la Crawford Library - cela va-t-il finir comme dans un double-épisode de Doctor Who ? Qui a éteint la lumière ? Brrrr... - et, dans le même élan et à ma grande surprise, spectateur intéressé des expositions philatéliques : la partie que la presse philatélique française ne commente jamais (encore merci, Robert Marion).
Franchement quelles associations peuvent se vanter de disposer de toilettes aussi philatéliques que celles de la Société philatélique royale de Londres ? Distributeur de timbres et boîtes aux lettres extrait des collections du musée de la RPSL.
Si les commentaires sur ce blog sont fermés et son auteur assez contemplatif, les contacts liés existent, ponctuellement avec Pierre Millien et Olivier Gervais (Avez-vous vu sa lumineuse collection à Paris-Philex ? Au moins son site) quand je faute grandement... Laurent Bonnefoy en sait quelque chose dernièrement.

En attendant un clin d'œil aux deux seuls anonymes qui ont tenté le mail hautement moralisateur sur l'odieux que je suis de ne pas nommer de son nom philatélique la Marianne de Nicolas ou d'oser faire autre chose que de la philatélie sur un site philatélique... Deux clics : un sur le bouton Spam, un autre sur la corbeille. C'est un blog/bloc-notes personnel d'un amateur.

Et désolé à deux ou trois autres, mais je ne m'intéresse pas à tout : je ne suis pas une agence de presse philatélique, même si je passe du temps à débusquer des informations avec Google Actualités. Être systématiste dans la publication reçue, c'est un métier, il y a des professionnels : profitez-en.

Le reste des lecteurs ? D'après les outils de mon hôte Blogger, je salue la majeure partie de mon public : les robots de Google et de Google Images :) Sans oublier ceux de l'entreprise privée qui assure le suivi de la réputation du Groupe La Poste sur les réseaux sociaux ;) que je remercie d'avoir retweeter des articles de temps à autre, provoquant des explosions inexplicables de consultations (deux cents lecteurs pour ce résumé de Midi libre !??)... Généralement quand je complimente La Poste. Aussi rare qu'un bloc Courrèges en couleurs à Paris-Philex :p
La trouvaille de l'année et l'article qui m'a fait le plus plaisir d'écrire : comment le Conseil de promotion de la philatélie du Nigeria a réussi une exposition-colloque en mars dernier, en présence de l'ancien président Obasanjo (à droite ; NTA News, trois mars 2016).
Heureusement quelques humains lisent également ce blog : une douzaine dans la journée chaque publication à coup sûr - Bonjour ! Une centaine d'un coup quand je critique le monde φl@télique, mais seulement la moitié quand je le complimente le lendemain... Oh ! Lectorat aussi difficile que je suis hypocrite :p

Depuis 2015, vous provenez d'une liste de plus en plus longue de pays différents selon où l'adresse du blog a pu être publiée (Jean-Jacques Tilleard et la philatélie de Saint-Pierre-et-Miquelon ont énormément d'amis en Amérique Latine et en Asie du Sud-Est, j'en témoigne) ou selon le sujet touché (quelqu'un aux îles Falklands utilise l'approprié IceWeasel comme navigateur).

Ce lectorat atteint des contrées encore plus inattendues comme le Pakistan et l'Égypte quand deux philatélistes ont apprécié sur Facebook qu'un « petit pays philatélique » soit évoqué ici, le Nigeria en mars dernier, pour un reportage télévisé montrant qu'il se passe des choses en dehors des fédérations européennes de « boucheurs de cases ».


Quoi pour les mille prochains ?

Un article par nouveau timbre de France, d'Outre-Mer et des Principautés reproduits dans Timbres magazine à partir de la nouvelle nouvelle formule de septembre prochain... Prochain article du millier dans très peu de temps donc :)) Non, mauvaise blague que j'ai déjà écrite, rappelleront les lecteurs attentifs et réguliers (jeu interdit aux robots indexateurs).

Les types d'articles en place depuis la relance de 2014, à coup sûr : nouveaux timbres du monde qui me plaisent, compte-rendus de lectures par le croisement que mon esprit du moment réalise entre elles, et quand l'enthousiasme de l'écrivain y est, un pièce de profonde ironie sur les aléas - ou les grands moments : l'offensive médiatique d'octobre-janvier - de la  φl@postie φranç@ise, objet d'étude en elle-même pour un historien.

L'espoir aussi de mieux tenir et plus souvent le blog en anglais que je ne veux pas être qu'une traduction de celui-ci.

Au-delà, qu'en sais-je ? Ce jeudi après-midi, j'écris (pire : vous lisez) des mots aussi futiles alors que la Royal Philatelic Society London et la British Library présentent en direct sur youTube l'impressionnant, sisyphien, coûteux et absolument inestimable travail réalisé pour que la Crawford Library soit accessible à tous par l'intermédiaire d'internet...

Au-delà donc, il y aura sûrement plus d'activités dans mes classeurs - c'est fou les trucs hyper-intéressants que j'y entasse depuis que j'ai dix ans (et seulement cinq ans comme abonné aux nouveautés de France) - et, j'espère, au-delà, en d'autres lieux et formes philatéliques.

Sinon, dans les prochaines semaines avant une pause estivale : la fin de l'exposition-compétition Paris-Philex, le bilan de la future ancienne nouvelle formule 2015-2016 de Timbres magazine, et ce qui m'inspirera dans tout ce qu'internet permet de diffuser et de faire connaître.

lundi 11 avril 2016

Des habitants de la Guyane et de leur citoyenneté de 1780 à 1880

Dans la série « et si je me demandais qui sont expéditeur et destinataire d'une lettre » (voir Tahiti et Maurice) face à une lettre des dix-huitième et dix-neuvième siècle, une émission de France Culture ce matin permet de s'interroger sur certains habitants de la Guyane, notamment les esclaves affranchis, les condamnés au bagne et autres indésirables de la France d'après la Révolution française.

Ce lundi onze avril 2016, La Fabrique de l'histoire a reçu l'historienne Miranda Spieler pour son ouvrage Liberté, liberté trahie... : faire et défaire des citoyens français 1780-1880.

Couverture de l'édition de mars 2016 (Alma éditeur, via la librairie La Procure, Paris)
Pour compléter, elle explique également sa recherche dans un entretien pour la librairie Mollat lors du salon du livre des Rendez-vous de l'histoire de Blois, en novembre 2015. Comment parler des personnes que la loi ou la société rendent muettes et légalement invisibles ?

Pour retrouver un bagnard, le site des Archives nationales d'outre-mer permet de retrouver à partir du nom de famille le bagne, des dates. Il faudra se rendre sur place ou jouer sur une solidarité entre généalogistes pour consulter le dossier papier.

La difficulté vient à la libération de la personne qui a pu retourner en métropole, mais pas forcément dans son département de naissance, ou rester dans la colonie : et là, c'est mémoire familiale ou au petit bonheur la chance des registres d'état civil et des arbres généalogiques publiées. Les fonds anciens des archives départementales de Guyane sont également à Aix-en-Provence : par ici sur le web.

Il reste maintenant à tomber sur une lettre de ou vers la Guyane, et, aiguille dans la légendaire meule de foin, qu'elle soit à destination ou écrite par un bagnard... Pire pour un collectionneur qu'elle ne soit pas emprisonnée dans une collection généalogique familiale.

samedi 27 février 2016

Quand le caricaturiste s'amuse avec les vacances à la carte

Cette semaine, l'enseignant-dessinateur Fabrice Erre publie des cartes postales de ses vacances d'hiver, sur son blog Une année au lycée, qui constitue la pré-publication de ses « guides de survie en milieu scolaire ».
Montage des affranchissements imaginaires des trois premières cartes (avec l'autorisation de l'artiste - merci).
Vacances scolaires en zone C obligent, l'enseignant de lycée explore le monde pour approfondir les chapitres d'histoire et de géographie : au ski mardi vingt-trois, dans les îles à palmiers et eaux turquoises le mecredi vingt-quatre, les temples anciens le jeudi vingt-cinq, la Lune vendredi vingt-six - jusqu'où ira-t-il d'ici la rentrée des classes le lundi vingt-neuf ???1

Je vous laisse visiter le blog pour découvrir les jeux de mots des messages adressés aux fidèles lecteurs pour me concentrer sur le verso affranchi.

Le réalisme est peu de mise, mais la recherche d'images permet de s'amuser à retrouver quoi, où, quand ? Les puristes hurleront d'une recommandation rouge oblitérant deux timbres, mais reliront l'histoire de l'apparition de la recommandation et de ses marques postales : il y a avec cette oblitération inédite une uchronie à écrire.

1 : un euro Cérès rouge non dentelé, sensation de l'année 2014, chez les complétistes français qui refusent de s'informer, ce qui a provoqué la spéculation du bloc Libération de novembre 2015, pourtant émis dans les mêmes quantités... (note : j'ai en-fin récupéré mes quarante euros après avoir forcé : harcelez notre φ-fournisseur).

2 : timbre de Nouvelle-Zélande à la jeune princesse Elisabeth oblitéré de Lattes, charmante bourgade où sont élevés les moutons néo-z... Lattes, comme dans mon Lattes ? Ma collection lattoise contemporaine devient une « classe ouverte » grâce à l'amusement de Fabrice Erre :)

3 : il y a un aspect délirant pour la troisième carte. J'hypothèse un souvenir de carte rédigée sur place, mais faute de boîte aux lettres, nécessité d'attraper le car du groupe, oubli dans une poche du sac, on se retrouve tous un jour ou l'autre à poster la carte loin de sa provenance le long du circuit (koala d'Australie, lions d'Ashoka indiens, Cambodge) ou en rentrant en France - oups.

Petit concours non spéculatif : quel est ce timbre bleu sombre caché par le timbre vert-jungle clair du Cambodge ?

4 : publié après mon montage, une vraie thématique spatiale puisque même l'oblitération colle, visiblement une célébration de lancement en Guyane. Le timbre Dark Vador de la première émission de la Royal Mail totalement privée au timbre albanais de 1962 célébrant Iouri Gagarine, premier Homme dans l'espace. Deux autres timbres-fusées complètent de la République dominicaine et de...

Deuxième concours : d'où vient ce timbre décollage et palmiers ? Et la deuxième oblitération touchant le timbre britannique ?

Bonne recherche : à vos loupes, catalogues et Google Images !


Mise à jour du soir-même :
1 : Pas très loin finalement.

dimanche 6 septembre 2015

Réfugiés et philatélie : entre humeur et thématique

En ces temps troublés, qui peuvent évoquer à certains les années trente, de l'autre côté de la mer Méditerranée, des régimes autocratiques du Moyen-Orient à l'Érythrée oppressent les peuples qu'ils sont censés protéger, des aspirants au génocide se moquent autant des frontières d'inspiration occidentale que de la dignité humaine, féminine et religieuse, un membre de l'Organisation du traité de l'Atlantique nord paraît jouer double jeu dès que la question kurde apparaît.
Le timbre de la poste algérienne pour la Journée mondiale des réfugiés, émis en juin 2015 : certains n'y voient qu'une nouvelle gaffe plagiaire d'un opérateur incompétente quant le mélange de photographies de l'Espagne des années 1930 et des Libyens des années 2010 rappellent - involontairement ? - la permanence des problèmes d'un vingtième siècle qui n'en finit plus... (site d'Algérie Poste).
De ce côté-ci, les années trente paraissent inspirer autant une masse d'indifférence, entre de généreux citoyens d'un côté et des sérieusement fascisants de l'autre lorsque, après quatre ans et demi, des milliers de Syriens renoncent à survivre dans la pire des guerres civiles, celle qui divise une nation en trois parties opposées pendant que la communauté internationale tourne en rond incapable de choisir quel camp ou duo de camps aider, coincée entre droit international des Nations unies, jeu des puissances grandes et moyennes dans une recréation meurtrière de la guerre civile espagnole depuis les volontaires exaltés jusqu'aux voisins participant.

Points auxquels, depuis plusieurs mois, d'après la direction occidentale prise par les réfugiés, il faut rajouter les interrogations des membres de l'Union européenne sur leurs valeurs supposées communes et un espace de circulation commun quand ça arrange.
Larry Wilmore, du Nightly Show de la chaîne Comedy Central, sur comment Jed Bush tente de faire oublier les aventures militaires de son frère (page Facebook de l'émission, cinq septembre 2015).
Finissons aux États-Unis cette liste à la Prévert, avec un candidat floridien à la primaire républicaine qui, en traduisant l'humoriste Larry Wilmore, admet qu'il aurait fait la même chose, entre Afghanistan et Irak, que son frère quand celui-ci « démoula un gros bronze bien puant, sans tirer la chasse d'eau, tout en cassant la cuvette » tout en reprochant maintenant à celle qui eut à en gérer les conséquences d'avoir effacé des mails.

Soyons tristement optimiste : après des flux de réfugiés, les guerres du Vietnam, de Yougoslavie et du Rwanda ont bien fini par être stoppées entre efforts des bonnes volontés locales là-bas et ici, et coups de poing plus ou moins tardifs et inspirés des puissances occidentales - avec ou sans l'aide des deux puissances orientales.



Revenons aux timbres et courriers sur le thème des réfugiés.



Évidemment, tous les timbres sur le Haut-Commissariat des Nations unies aux réfugiés et marquant ses manifestations de prise de conscience peuvent s'accumuler depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, tout comme ceux célébrant les organisations non gouvernementales qui apportent aide et soin d'urgence, tels Médecins sans frontières ou la Croix-Rouge française.
Au lieu des Trésors de la philatélie à forte valeur faciales, voilà un des timbres à réemettre pour la lettre de moins de vingt grammes (Phil-Ouest.com). Si vous préférez la chanson : Goldman peut être utile de nos jours.
Les États d'Europe ont émis des timbres sur ce thème, avec surtaxe de bienfaisance, avant. Phil-Ouest.com permet de retrouver ceux de France : l'aide aux réfugiés de 1936 au timbre d'usage courant surchargé en novembre 1939 pour permettre aux réfugiés espagnols d'écrire en franchise postale.

Une philatélie thématique vaste qui peut animer des citoyens, comme au sein de l'association normande Philapaix. C'est bien peu comme geste, mais c'est déjà bien plus sur un chemin menant de Damas à la sécurité où des familles ont affronté les dangers des mers, l'hermétisme des frontières, le tunnel sous la Manche, et depuis cette semaine, les terminus des gares et les autoroutes parcourus à pied.

Sûrement, on y ajoutera l'ensemble des timbres émis pour soutenir les réfugiés et la cause palestinienne dans de nombreux pays à majorité musulmane, même si ces soutiens gouvernementaux seraient à questionner par les historiens pour leur efficacité relative, voire leur hypocrisie : combien de Palestiniens sont maintenus dans le statut de réfugié, sans droit à l'intégration, par les États qui les ont accueillis, dans l'idée qu'ils retourneront en Palestine ? Jetez un œil à la page aide d'Atout timbres du quinze juillet 2015 décrivant la litanie de ces timbres obligatoires dans l'Irak de Saddam Hussein.

Probablement, comme le thème discret des bureaux de poste de l'apartheid sud-africain, peut-on retrouver dans les oblitérations et le contenu de lettres et de cartes postales quelques courriers postés par des réfugiés depuis leurs camps ou la ville voisine soit dans l'urgence de donner quelques nouvelles rassurantes ou dès qu'il est possible de se poser ?

Et ce, depuis le génocide arménien ? Avant ? Et les courriers des prisonniers des camps nazis ?
Après que le régime de Salazar a conduit la famille Sousa Mendes à la ruine ou à l'exil d'une partie de ses enfants, la République du Portugal a pu honorer la mémoire du consul de Bordeaux en 1995 : malgré les ordres, il avait accordé un visa permettant la traversée de l'Espagne vers le Portugal à tous ceux qui en demandaient, signant tous les bouts de papier possibles, même dans sa voiture le long des files de réfugiés jusqu'à la frontière.
Les justes ne manquent pas non plus, même si la thématique sera d'abord centrée sur les consuls ayant œuvré dans l'Europe sous menace nazie - les liens mènent au timbre qui les honore : le diplomate suédois et martyr du stalinisme Raoul Wallenberg, Gilberto Bosques consul mexicain à Marseille, Aristides de Sousa Mendes consul portugais à Bordeaux ou, disparu le premier juillet dernier et qu'une pétition va permettre la timbrification dès 2016, le Britannique Nicholas Winton. Et je dois en oublier...

Le sujet est bien sérieux philatéliquement au point d'avoir inspiré un article de la Revue européenne des migrations internationales, en 1996, rédigé par le chercheur documentaliste Gilles Dubus... et librement consultable sur le site de l'éditeur Persée (ou sur la future version de son site).

Quant à la peur de « l'invasion », du « grand remplacement » ou du « dégât des eaux » - la dernière citation provenant du champion des collectionneurs français de timbres <sigh>-, Indochinois installés en France suite à l'instauration de pouvoirs communistes, Yougoslaves arrivés dans les années 1990 posent-ils problèmes d'intégration ? Pas de ce que je peux témoigner dans mon ancienne vie en Île-de-France. Va-t-on renvoyer le chanteur Corneille au Rwanda ? S'interroger si Stromae est une fuite incommodante dans la maison Europe ? Si grande maison européenne que ses habitants peuvent oublier qu'elle a largement « débordé », à cause d'une démographie incontrôlée, sur tous les continents entre la fin du dix-neuvième et le début du vingtième siècle ?

Retournons au village de Cacao, en Guyane française à travers les articles de ce blog des trente-et-un juillet et vingt-six décembre 2009 puisqu'on y trouve un bureau de poste. Y vivent, depuis les années 1970 et leur fuite des persécutions liées à une division sociale de bases raciste, coloniale, frigobelliqueuse, des Hmongs, ce qui a permis de faire revivre un hameau potager : une petite communauté permettant d'aider à l'autosuffisance du département d'outre-mer français. Et là continue la vie entre traditions asiatiques, vie dans la forêt guyanaise et valeurs de la République, comme le montrent les activités des élèves de l'école primaire Les Citronniers qui proposent même le cd-rom de présentation de Cacao, expédié par La Poste.

samedi 26 décembre 2009

Auto-rétrospective : Cacao et Hmongs en Guyane

Spontanément, avec plaisir de la connaissance découverte, un billet de ce blog me revient en mémoire en cette fin d'année : celui aux découvertes inattendues du 31 juillet 2009.

Dans les suites du feuillet de timbres de France à la senteur chocolatée de mai, je m'étais pris de curiosité pour une oblitération du bureau de Cacao, en Guyane. De là, une expédition googlemapienne dans les marges septentrionales de la forêt amazonienne et celle d'habitants d'origine hmong accueillis à la fin des années 1970.

Fuyant le Laos, où ils sont victimes de discriminations et persécutions à cause du passé colonialo-frigobelliqueux, quelques familles ont avancé là, tranquillement, un front pionnier agricole.

En ces temps de bilans, l'actualité relance le sujet : la Thaïlande s'apprête, ce lundi 28 décembre, à expulser quatre milliers de réfugiés hmongs qu'elle accuaillait depuis trois décennies et à les renvoyer vers le Laos. Pays en reconstruction politique et économique où la République populaire de Chine entretient des plantations d'hévéa dont les retombées économiques s'écoulent uniquement vers le Nord...

vendredi 31 juillet 2009

En Guyane, à la découverte de Cacao et des Hmongs

Vu sur le blog d'un collectionneur russe : une oblitération française utile pour des cartes maximums lié aux timbres sur les quatre cents ans de l'arrivée du chocolat en France. Mais également, découverte de quelques pages tragiques de l'histoire coloniale française, militaire états-unienne et du sud-est asiatique.

À une quarantaine de kilomètres au sud de Cayenne, en Guyane française, la commune de Roura qui s'étend sur 3685 kilomètres carrés comprend le lieu-dit de Cacao, au commencement de la forêt amazonienne. D'abord habitation Sainte-Marie-des-Cacaos, puis colonie pénitentiaire (1854-1859), le site est confié en 1977 à des réfugiés laotiens de l'ethnie hmong.

Ces montagnards sont victimes de persécutions continues [et ignorées des Occidentaux] depuis les années 1970 parce que certains ont été recrutés de préférence par la France pendant la guerre d'Indochine, puis par les États-Unis pendant la guerre du Việt Nam.

Depuis leur accueil, le hameau pionnier est devenu un des fournisseurs de produits maraîchers dans ce département d'outre-mer qui dépend énormément des importations métropolitaines. Avec du courage, du travail et de l'huile de coude, des entreprises sont donc discrètement accomplies dans un outre-mer français économiquement fragile.

Un reportage du Réseau France Outre-mer (RFO), en février 2009, avec des liens vers des institutions de Cacao est écoutable ici.

Depuis 2002, « BPX » a été ajouté au cachet du bureau de Cacao
(d'après un scan envoyé par Pierre Millien).

Le lieu-dit dispose donc d'un bureau au timbre à date ainsi libellé : « 973 - CACAO - BPX ». BPX pour bureau postal de proximité (merci Pierre pour le renseignement). Reste à trouver le document hiérarchisant les bureaux de La Poste pour savoir où se place un bureau BPX ?

Relativement proche de Cayenne et accessible par la route, la tournée du facteur doit être moins aventurière que celle plus en aval des cours d'eau, rapportée par Gauthier Toulemonde dans le DVD Des courriers très spéciaux.

Note du vendredi sept avril 2017 :
En raison de problèmes de codage signalé par l'hébergeur, les cartes intégrées Google Maps ont été retirées.

mercredi 7 mars 2007

Une télévision dédiée à la philatélie

Depuis la fin du mois de février, la rédaction du magazine français Timbres Magazine a lancé une WebTV qui se résume pour le moment à quelques entretiens, mais qui me paraît être une initiative heureuse pour faire bouger le cocotier de la diffusion de la philatélie auprès d'un public plus large.


Couverture du double DVD Des courriers très spéciaux (site de Timbres Magazine)

L'idée de TV Timbres apparaît en 2005 quand Gauthier Toulemonde, le rédacteur-en-chef de Timbres Magazine décide de partir lui-même poster ces « belles enveloppes du monde » que son magazine propose d'expédier depuis des pays peu courants aux lecteurs (contre finances), et de filmer le périple. Ce fut ainsi l'expédition de Clipperton pour rejoindre l'explorateur Jean-Louis Étienne en 2005, et le DVD ci-dessus un voyage vers la station russe de Barnéo près du pôle Nord et suivre la pirogue postale desservant les communes du fleuve Maroni, en Guyane française.

Les films sont certes amateurs par rapport à l'audio-visuel habituel, mais l'idée est là et me plaît bien, surtout avec l'ajout de petits documents bonus : un petit cours de philatélie spécialisée sur les timbres tropicaux par Michel Melot (visionnable sur TV Timbres), une journée avec Pierre Albuisson (dont une séance de gravure, trop courte).

N'ayant pas connu l'émission Télé-Philatélie de Jacqueline Caurat et Jacques Mancier, TV Timbres est le premier programme philatélique que je connaisse et j'ai toujours rêvé de voir une machine Daguin en action.

Les clips de TV Timbres sont regardables à partir du site de Timbres Magazine.