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dimanche 20 septembre 2026

Hommage au philatéliste fondateur et au courrier papier dans la RF de Généalogie

 Le numéro 286 de La revue française de Généalogie (ou Généalogie rouge et vertical si vous cherchez l'étagère surchargée d'un marchand de presse) daté octobre-novembre 2026 évoque l'importance du courrier pour les généalogistes et de la philatélie dans la genèse de ce bimensuel fondé en avril 1979.

La page 3 du numéro 286 de La revue française de Généalogie (octobre-novembre 2026).

La troisième page est ouverte aux photographies de documents et d'archives des lecteurs de la publication. Ici, un ensemble d'enveloppes à en-tête de plusieurs mairies de France, affranchies par machine - souvent au tarif écopli et lettre verte.

Si les archives d'état civil, paroissiales puis communales, ont été photographiées et microfilmées grâce à un accord entre la République laïque et le mouvement religieux mormon, leur numérisation a accru encore davantage l'accessibilité de ces traces officielles des naissances, mariages, décès de nos ancêtres, parfois aussi en marges des divorces et reconnaissances de parentalité.

Cependant, les règlements sur le droit à la vie privée limitent ces consultations pour les personnes potentiellement en vie. Selon les sites web d'archives départementales et municipales, ces actes ne sont pas lisibles anonymement s'ils ont mois de quatre-vingts voire cent ans ; quelques Archives départementales acceptant un délai plus court en échange de la création d'un compte à identité prouvée.

Restent les actes bien trop récents pour lesquels il faut écrire à la mairie dépositaire encore des registres, prouver son droit à obtenir copie, remercier par avance les agents municipaux, et attendre l'arrivée de ces enveloppes distinctives.


Le choix de cette illustration postale, fort différente des habituelles archives anciennes ou au contenu inhabituel, est peut-être lié au décès du fondateur de la Revue française de Généalogie, évoqué dans son éditorial par le rédacteur en chef Charles Hervis.

Dans un récit fort généalogique, il évoque comment deux frères ont fondé après la Seconde Guerre mondiale un tout petit groupe de presse, Martin Média. L'aîné est correspondant pour la presse locale, le cadet René-Louis Martin (1936-2026) est instituteur et aide son frère par des photographies et des articles sur les églises rurales.

Philatéliste, il propose des articles à des magazines du loisir, avant de découvrir la numismatique et l'absence de revue aisément accessible au début des années 1970. L'entreprise démarre avec Numismatique et change en 1972 tout en poursuivant son métier d'instituteur.

La réussite de cette publication encourage à aller vers d'autres domaines et loisirs, dont la généalogie en 1979, avant de céder Martin Média qui continue magazines et sites web spécialisés, dont un lancé en 1989 lié au métier du fondateur : La Classe.

Le courrier réapparaît alors dans la mémoire de Charles Hervis : du patron alors retraité rapatriant du courrier de lecteurs arrivé chez lui vers le nouveau siège social.

Côté articles philatéliques, il faudra retrouver les index d'articles des revues existant alors.

samedi 5 septembre 2026

Petite boîte aux lettres d'hameau à Boirargues, près de Montpellier

Une des trois agglomérations urbaines de la commune de Lattes, Boirargues a été évoqué sur ce blog récemment pour la boîte de la gare LGV de Montpellier et, en juillet 2013, au sujet du premier jour de La Marianne et la jeunesse, le lycée Champollion ayant participé au processus de sélection s'y trouvant.

Cette ville de lotissements et d'immeubles, entourée de zones commerciales, bénéficie du service d'une boîte postale face au hameau historique, place des écoles.

La boîte aux lettres des Postes au centre historique de Boirargues, avec vue vers le nord et la nouvelle crèche - le groupe scolaire se trouve sur la place à gauche hors champs (photographie prise le seize juin 2026, sous licence Creative Commons BY-NC-ND 4.0).

Avant la constitution de la commune administrative sous la Révolution française, le territoire de Lattes comprend plusieurs paroisses, hameaux et mas isolés dont ceux qui vont donner les trois villes actuelles de Lattes, le domaine de Maurin, et un groupe de fermes à Boirargues.

La boîte aux lettres est fixée au mur d'un bâtiment public miniature faisant office de point postal (le coffre marron est l'emplacement des sacs de la tournée des facteurs), probablement d'un local technique de type poste électrique, et un arrêt de bus abrité.

La boîte a vu sur le hameau originel (photographie prise le seize juin 2026, sous licence Creative Commons BY-NC-ND 4.0).

Le hameau est, de nos jours, un ancien de corps de ferme avec sa porte de garage, suivi d'un alignement de maisons anciennes. Cette forme en L abrite du mistral, provenant du nord, et est complété par un second alignement d'habitation sur la rue principale où se trouve la boîte. Un rectangle protégeant du vent et des voyageurs passants.

Vue vers le sud : l'alignement du hameau à gauche. Dans le prolongement de la place des écoles, la rue rejoint l'ancienne route départementale de Montpellier à Carnon, désormais une contre-allée de la large route des plages (photographie prise le seize juin 2026, sous licence Creative Commons BY-NC-ND 4.0).

Un hameau ancien et aussi de premières maisons des Montpelliérains s'écartant de la ville-préfecture pour le rêve d'être propriétaire.

Côté ouest, puis côté est, la Ville de Lattes va autoriser le développement de lotissements de villas, d'où le besoin du groupe scolaire. Néanmoins, pour concentrer le trafic automobile des zones commerciales en développement, le labyrinthe de rues boirarguaises rend la navigation piétonne longue si on ne connaît pas les raccourcis aménagés à l'arrière des propriétés (aujourd'hui vécu comme un appel aux cambrioleurs et un allongement du trajet vers le tramway 3).

Comme indiqué dans l'article sur la boîte de la gare nouvelle des trains à grande vitesse, un quartier d'immeubles bas a été construits au nord de Boirargues, donnant sur des friches agricoles et ladite gare, donc la ligne 1 de tramway.


Cet article est publié dans le cadre du #PostBoxSaturday, en ce qui me concerne sur le réseau social BluSky.

samedi 29 août 2026

Une boîte aux lettres pour les visiteurs de la Boisserie

 Petite découverte liée à l'actualité des caprices d'un héritier du général de Gaulle sur la possible vente à l'État ou au Département de sa résidence privée de La Boisserie, à Colombey-les-deux-Églises, en Haute-Marne.

La billetterie d'entrée de La Boisserie, située en face de l'entrée de la propriété, avec une boîte aux lettres jaune à côté de son entrée (photographie de StreetView, un service de Google, prise en juillet 2026).

La billetterie du lieu se trouve de l'autre côté de la rue Charles-de-Gaulle, dans un petit pavillon, qui est sur le cheminement des touristes entre le parc de stationnement et le portail de la propriété.

La photographie prise par la voiture du service StreetView de Google, en juillet 2026, montre une boîte aux lettres de La Poste fixé au mur à côté de l'entrée de cette billetterie.

Vue d'ensemble : à gauche, l'entrée de La Boisserie, au centre l'accès au village et la billetterie, et complètement à droite le parc de stationnement (photographie de StreetView, un service de Google, prise en juillet 2026).

Les vues de côté montrent des livres et affiches par les fenêtres ouvertes. Sûrement des cartes postales et des timbres-poste sont en vente.  Timbres personnalisés ? Peut-être.

Le portail pavoisé d'entrée de La Boisserie, à Colombey-les-Deux-Églises (photographie de StreetView, un service de Google, prise en juillet 2026).

La propriété, bien délimitée quand on l'observe sur les photographies aériennes et satellites, est intimement liée à Charles et Yvonne de Gaulle et leur famille depuis qu'ils l'ont achetée en viager en 1934 à une personne morte accidentellement en juillet 1939.

Peu équipée, puis pillée par l'occupant allemand, la résidence est choisie pour son isolement et son environnement : le couple veut faire s'épanouir et protéger Anne, la cadette affectée d'une trisomie 21.

L'attachement du général, puis président de la République, à sa maison marque la mémoire du village et du pays.

Musée depuis 1980 sous la protection de son fils Philippe de Gaulle (1921-2004), le patrimoine est désormais objet de questionnement face à ses quatre fils et héritiers. De nombreuses archives de Charles de Gaulle ont été vendues aux enchères, avec un large usage de son droit de préemption par l'État. 

Le devenir de La Boisserie est désormais sous les feux médiatiques : si un des fils a vendu sa part à son cadet, ce dernier semble être fort gourmand. Le choix de faire du lieu un musée public, propriété du Département de la Haute-Marne [ou de l'État macronien finissant] semblait sûr, une fois le financement de l'achat des parts des trois frères et le projet muséal constitués.

Las ! En août 2026, le cadet excentrique déclare lancer une cagnotte - une souscription, aurait-on dit au temps du général - pour sauver La Boisserie !


Si vous voulez envoyer un souvenir depuis La Boisserie, espérons que les deux aînés et le Département mettent le hola avant qu'une action inconsidérée n'aie lieu.


Cet article est publié dans le cadre du #PostBoxSaturday, en ce qui me concerne sur le réseau social BluSky.

dimanche 2 août 2026

Inflation des prix, déclin des cotes

 Une des deux cartes postales présentées cette semaine est arrivée dans une enveloppe affranchie de deux timbres-poste de 1989, de ce qui fut le premier produit philatélique coûteux de ma jeune collection démarrée au printemps 1988.

Cinquante francs ! Pour vingt francs de timbres ! À réserver d'avance, donc en plus de la réservation des timbres émis normalement... et sans pouvoir profiter de l'entrée à trente francs à l'exposition parisienne. Une somme pour mes modestes parents.

En 2026, la moitié de ce bloc événement sert d'affranchissement à bas coût pour une banale lettre verte... loin de la lettre très pesante de 1989.

Le bas du bloc Déclaration des droits de l'Homme et du Citoyen, émis à l'occasion de l'exposition PhilexFrance 89, oblitéré manuellement le vingt-quatre juillet 2026.

Côté conversion monétaire, les Français de l'an 2000 savent qu'un euro vaut 6,559 57 francs, donc que dix francs valent 1.52449... euro. Presqu'un demi-centime de trop pour la lettre verte actuelle à 1,52 euro pile.

Côté cote catalogue, le Dallay 2007-2008 affiche chaque timbre 4,50 euro neuf ou oblitéré, et 20 euro sur lettre - même  trente-sept ans après ?

Oui, j'ai quand même plus récent avec l'Yvert et Tellier 2024 : 3,50 euro neuf ou oblitéré chaque timbre, et 15 en bloc entier...

Il y a bien une plus-value l'exemplaire toujours dans ma collection, mais des actions d'une compagnie pétrolière auraient plus dynamiques.

Donc, ce bloc et sûrement des années entières de timbres de France servent donc d'économies de frais postaux aux marchands de timbres et cartes postales.

Un rappel pertinent aux collectionneurs complétistes : c'est une passion, pas un investissement, donc étymologiquement une souffrance si on cherche la plus-value réelle.

Oblitération mécanique de centre de tri au dos et en diagonale : non, aucun courrier n'y échappera dans la France de 2026 !

Usages postaux : l'expéditeur a-t-il de bonnes relations avec les employés de son bureau de poste pour obtenir des oblitérations manuelles rondes, datées, même sans lieu ? Probable.

Cela n'a pas empêché les machines à oblitérer actuelles en centres de tri régionaux de passer au dos de ce courrier, le même jour avec le code 37845A-02, qui correspond à une des machines de la plate-forme industrielle courrier de Saint-Priest, gérant le trafic postal des départements du Rhône et de l'Ain - ce qui concorde avec l'adresse du vendeur.

Joie ! Les vagues jet d'encre ne sont pas sur les timbres au recto, mais ça n'aura d'intérêt qu'en cas de revente (en carton de brocante) pour un acheteur ayant ce critère de sélection.

vendredi 31 juillet 2026

La vie de Lattes en 1983 grâce à une flamme postale

 Point de généalogie quand je recherche l'histoire postale de Lattes, en banlieue de Montpellier, mais un lien de vie sur place pour le résident des plaines littorales que je suis. Par contre, en 1983, je vis encore à Montpellier et je n'arrive sur cette commune qu'un an plus tard... bien trop jeune pour penser timbre-poste et aller au collège.

Lors de mon épluchage de stocks de cartes et flammes en ligne, j'ai eu la surprise de cette flamme dans le stock d'un vendeurs sur eBay, et qui permet aussi de retrouver de vieilles habitudes des collectionneurs de flammes et d'oblitérations.

Flamme postale temporaire de Lattes avec timbre de 1974 adapté au message : un championnat scolaire de jeu d'échecs au collège de Lattes en mai 1983.

J'ai déjà évoqué les deux flammes du bureau de Lattes-Centre (la commune comprend trois agglomérations : Lattes, Maurin et Boirargues).

Avant les deux flammes touristiques (l'église puis le port), il y a eu cette flamme à message rédigé sur cinq lignes, sûrement de commande liant plusieurs acteurs autour d'un événement : le baptême du nouveau collège d'enseignement scolaire au nom du chanteur sétois Georges Brassens.

Apparemment, cet événement a lieu du trois au cinq juin 1983 est associé avec deux manifestations pouvant attirer la population de la commune et de Montpellier : la finale du championnat de France scolaire de jeu d'échecs et une exposition philatélique départementale.

Le recto de l'enveloppe envoyé au bureau de poste de Lattes par un philatéliste qui a choisi le timbre des Jeux olympiques échiquéens de Nice en 1974.

La disparition des flammes postales en France en raison de l'oblitération du courrier dans les seuls centres de tri régionaux de La Poste a entraîné également la diminution en surface dans les magazines philatéliques de la partie actualité des oblitérations temporaires, limitées désormais aux premiers jours d'émission de La Poste et aux manifestations des associations philatéliques.

Un des mensuels d'alors donnera les dates d'utilisation de cette flamme. Cela permettait à des collectionneurs de pratiquer cette « correspondance philatélique » comme le petit coup de tampon l'indique sur cette enveloppe : envoyer sous grande enveloppe un courrier et des enveloppes affranchies au directeur du bureau de poste utilisant la flamme. Celui-ci faisait passer ces demandes dans le flux de son bureau pour oblitération et trajet postal (le code-barres saumon sur cette enveloppe).

Le collectionneur devait pratiquer cette collection de manière régulière puisque son adresse est sur un autocollant. Le timbre de 1974rejoint une des thématiques du message, la compétition de jeu d'échecs, dessiné par Pierrette Lambert et gravé par Michel Monvoisin.


Pour une collection thématique visant une médaille dorée, pourquoi cette flamme de Lattes se distinguerait-elle d'autres flammes de compétitions locales des écoles et localités ailleurs en France ?

À son ouverture, le collège de Lattes eut parmi ses enseignants Jean-Claude Loubatières (1944-2004), un des dirigeants nationaux de ce sport et qui devient président de la Fédération française en 1989. Nul doute qu'il a dû mettre en place un atelier de jeu d'échecs, permettant d'accueillir la finale du championnat de France scolaire au moment-clé du nouvel établissement.

Et non, je n'ai pas conservé mon diplôme (rose foncé de mémoire visuelle) de participation grâce à lui à une compétition départementale scolaire, qui eut lieu au lycée Mermoz, à Montpellier, dans les années 1990.

Par contre, des articles de presse locale du printemps 1983 seraient fort pertinents pour une page montrant cette enveloppe ou, placée dans la pochette au dos, pour convaincre les jurés.

Au dos de l'enveloppe non cachetée, un timbre Marianne de soixante centimes complète l'affranchissement.

Autre nécessité de cette pratique de collectionner les empreintes commémoratives, le respect du tarif postal. Le timbre d'un franc fort opportun ne suffit plus en mai 1983.

Même si ce franc à son émission tend à être une valeur de complément pour les lettres de second échelon et les colis, l'inflation des années 1970 et 1980 le limite au tarif économique au premier juin 1982. D'où l'ajout au dos de cette enveloppe non cachetée d'une Marianne de soixante centimes, oblitérée avec le cachet à date du bureau de Lattes.


De nos jours, cette pratique se limite à commander les souvenirs créés par les associations philatéliques, sauf à se tourner vers Monaco qui par sa souveraineté postale dispose encore de flammes illustrées.


Source des tarifs : les Tables of French Postal Rates 1849 to 2011 de Derek Richardson (The France and Colonies Philatelic Society of Great Britain, 2011) se révèle fort pratique. Il est encore disponible sous forme de fichier pdf auprès de cette association au prix de dix livres sterling.


jeudi 30 juillet 2026

Flamme postale de Cocumont et jeu-concours d'alors

 L'été et le ralentissement professionnel permettent l'allongement des plages de loisirs, telle la généalogie et, de là, la recherche d'images des lieux croisés pendant ces recherches familiales.

Flamme postale illustrée de Cocumont, dans le Lot-et-Garonne, mettant en valeur son église, oblitérée le premier février 1995.

Des quatre grandes branches dont je suis issu, une provient du Lot-et-Garonne, en particulier les villages ruraux de la rive gauche de la Garonne, au sud-ouest de la sous-préfecture Marmande.

Pendant plusieurs décennies, le village de Cocumont a fixé plusieurs ancêtres et collatéraux avant que les mouvements sociaux et économiques remettent en mouvement mes aïeuls directs à partir de la fin du dix-neuvième siècle, de village en village, et encore davantage au vingtième siècle industriel et urbain.

Les derniers grands aléas militaires du milieu du vingtième siècle explique comment un d'entre eux est parvenu à Montpellier, bien loin du foyer ancestral et y est finalement resté.


Pour sortir des archives, le logiciel de saisie et de création d'arbres propose de reporter des lieux précis sur un fond de carte libre de droits et complétables par ses utilisateurs (OpenStreetMap). Les articles de la Wikipédia francophone associés à l'observation des cartes proposées par Google Maps et le service cartographique national (cartes.gouv.fr qui prend le relais de GéoPortail) permettent de localiser des hameaux, des toponymes qui ont survécu dans les noms de fermes ou de routes.

Si la photographie tous azimuts des rues et routes du monde occidental par Google pour son service StreetView peut être pertinent si jamais les édifices anciens sont encore debout, il faut se tourner vers les cartes postales pour remonter le temps et avoir une idée des lieux quand les ancêtres y vivaient alors - ou à quelques décennies près.

La carte postale touristique avec vue de Baumes-les-Mimosas a servi à un habitant de Cocumont à participer à un jeu-concours d'un magazine de programmes télévisés en lien avec un film Disney.

Pour Cocumont, sur la plate-forme de ventes eBay, j'ai pu trouver quelques cartes photographiques en noir et blanc du village, réputé donc pour son église du douzième siècle. Les vignes sont davantage montrées sur les cartes photographiques en couleurs plus récentes.

Mais, ce vendeur sur eBay, comme quelques autres, a l'intelligence de décrire la carte ci-dessus par sa flamme postale de Cocumont, et non par la vue de Baumes-les-Mimosas, sur la lointaine Côte d'Azur.

Et en ces temps où messages surtaxés par smartphone ou reprise et like de posts publicitaires sur les réseaux sociaux servent à participer à des concours, cette carte rappelle que jusqu'à récemment c'est par cartes postales que les lecteurs, auditeurs et téléspectateurs communiquaient avec les médias, notamment pour les jeux-concours, en raison des tarifs téléphoniques au-delà du voisinage.

Ici, le premier février 1995, la réponse à un jeu du magazine imprimé de programmes Télé 7 Jours est envoyée par un habitant de la route de l'Église, à Cocumont, avec la flamme du bureau.

Un thématiste des films Disney, en particulier Les Aristochats, pourrait même en tirer aussi profit... même si retrouver un tel magazine sur papier si fin et à usage court, relève du défi.

mardi 28 juillet 2026

La France face aux feux de forêts et au changement climatique : du rôle des timbres et du service philatélique

 De nouveau, après l'été 2022, les forêts des Landes de Gascogne connaissent un incendie catastrophique en termes environnementaux et humains depuis le vingt-deux juillet dernier. En 2022, c'était le sud du bassin d'Arcachon ; en 2026, c'est le nord.

Habitants, exploitants forestiers, pompiers, volontaires et militaires font face au refus politicien et médiatique de répondre aux questions : 

- face à des climats qui s'assèchent et se réchauffent en France hexagonale, qu'ont fait les dirigeants pour la prévention et l'équipement à court terme ?

- Face au changement climatique et ses effets sur une forêt artificielle et productive de pins hautement inflammables, qu'ont-ils prévu à long terme ?

« On ne politise pas les feux de forêts ! » est le slogan successif du Premier Ministre, du ministre de l'Intérieur et du président de la République. Comme il ne fallait pas politiser les souffrances et morts des vagues inédites de chaleur de mai et juin 2026 ! L'installation à peu de frais de climatiseurs était alors la solution à court terme, sans envisager qu'en deux mandats, le parti présidentiel n'a pas organisé comment construire l'immobilier neuf et rénover l'ancien pour faire face aux chaleurs estivales aggravées.

Pourtant, en juillet 2024, La Poste faisait son travail d'information du public, probablement sous l'effet de demande politique locale ou nationale d'émissions de timbres-poste du programme philatélique.

Le timbre sur le Canadair de la Sécurité civile, oblitéré premier jour à Paris et, ici, à Nîmes, où se trouve la base de Nîmes-Garons (scan du Document philatélique de Philaposte).

Le cinq juillet 2024, en premier jour, le Canadair était célébré comme outil emblématique de la lutte contre les feux de forêts en France, du nom de l'entreprise canadienne de construction aéronautique qui en a conçu les différentes itérations.

Cet engin capable de voler au ras d'un plan d'eau pour aller en escadrille déposer sa cargaison sur le front du feu pour le ralentir et permettre les interventions des pompiers au sol. Le bruit caractéristique de ses moteurs sont connus de nombreux départements littoraux, particulièrement méditerranéens.

Et, chaque été de grands feux destructeurs, chaque hiver de débat budgétaire au Parlement, son nom synthétise le débat sur l'équipement des pompiers et de la Sécurité civile face à ces incendies. En effet, la flotte des Canadair français est de douze vieillissants, d'une maintenance coûteuse depuis que le modèle n'est plus produit faute de commandes.

Certes, son successeur, une reprise par le canadien De Havilland, est en élaboration, mais pour des livraisons à la fin de la décennie... En attendant, le public tente de comprendre comment les Premiers Ministres, nombreux et successifs du président Macron, en sont arrivés à douze avions dispersés en cas d'été sec.

L'illustration par Mathieu Persan du document philatélique de Philaposte, dont il a aussi créé le timbre (scan).

Comme le climatiseur l'est depuis mai 2026, politiciens, soutenus par les médias économes, jurent que ce n'est pas de leur faute : Canadair a cessé la production, à céder ses plans à d'autres, que le budget de la France est difficile pour dépenser. Mais au pays d'Airbus et de l'industrie aéronautique militaire... ça passe mal, surtout quand les baisses d'impôts et niches fiscales se compte par milliards au bénéfice d'une minorité d'entreprises et leurs dirigeants, sans retour économique apparent pour la majorité des citoyens.

Plus pertinent paraît le discours des états-majors des pompiers et de la Sécurité civile que le Canadair est indispensable, mais pas le seul outil ni stratégie participant de la lutte contre ces feux forestiers. Mais indispensable.

L'illustration que Mathieu Persan a créée pour le document philatélique du timbre Le Canadair de la sécurité civile accompagne bien le propos de Julien Marion, directeur général de la Sécurité civile : d'autres avions, Tracker et Dash, et les hélicoptères Dragon peuvent eux aussi bombarder d'eau ou de produits retardant la végétation enflammée ou menacée par le front.

... Sans aller jusqu'à l'excès inverse des politiciens et des chaînes d'information continue en pamoison devant un avion de transport A400-M, prévu pour un usage militaire, converti en bombardier de retardant cet été. Au moment d'écrire cet article de blog, il a effectué un unique (utile) vol dans les Landes, le deuxième devant avoir lieu prochainement.

Scan du document philatélique de Philaposte pour le timbre sur le Canadair, premier jour de Nîmes du cinq juillet 2024, illustrations de Mathieu Persan et texte de Julien Marion.

Comme tout, la prévention et la lutte contre les feux de forêts sont un système de moyens, d'actions, prévus longtemps à l'avance et revus encore après.

Ce que nos politiciens et principaux médias ont du mal à concevoir, entre incompétence et malhonnêteté électoraliste.


La forêt est elle aussi un système.

Le timbre Forêt des Landes émis mi-juillet 2024, avec premier jour dans trois villes de Gironde et la préfecture des Landes.

Le même mois de juillet 2024, La Poste émettait un timbre sur la forêt des Landes, dont les textes des documents et notices philatéliques insistaient sur l'histoire, mais aussi la fragilité suite aux feux de 2022, en évoquant explicitement le changement climatique comme un des défis visant cette forêt au vingt-et-unième siècle.

L'illustration de Ségolène Derudder, gravée par Line Filhon, montre bien la domination du pin maritime dans les Landes, et même partiellement sur ces alignements à visée productiviste de leurs plantations depuis le grand chambardement écologique provoqué par l'empereur Napoléon III, dans la deuxième moitié du dix-neuvième siècle.

Dans l'émission Le Cours de l'histoire du trente août 2022 (rediffusée dernièrement), l'historien Jacques Sargos et le géographe Paul Arnould racontent et expliquent comment, en 1852, un géomètre en chef du cadastre décrit, puis compare, les Landes des deux départements, constatant leur différence de développement économique... La légende a ajouté le voyage en train vers l'Espagne de l'empereur, désolé d'un tel paysage entraînant la misère.

Scan d'une notice philatélique au timbre de la forêt des Landes, avec texte du directeur de Philaposte, offert aux clients du service philatélique fin 2024.

Comme le remembrement des années 1940 à 1970 (ici, là, en BD), l'enforestation des Landes a été un drame social, une opportunité économique pour les grands propriétaires, des industriels liés au bois et à la chimie, et ceux amenant les capitaux. Pas vraiment les bergers sur échasses.

Le pin maritime fut majoritaire en raison des sols et de sa croissance rapide, donc rentable et profitable pour les dits propriétaires fonciers et industriels.

Un siècle et demi plus tard, après une alerte en 1949, cette forêt de résineux d'exploitation suscite ses propres limites.

Un système que politiciens, grands médias et mauvais commentateurs résument à un seul point (juste, mais pas suffisant seul) : la surface à entretenir est énorme, le débroussaillage et la gestion des bois morts (en retirer par sécurité, en laisser par biodiversité) à répéter éternellement même pour de petits propriétaires fiers de leur héritage foncier mais sans assise financière pour les coûts d'exploitation avant coupe et vente. Donc, on accuse les politiciens et associations écologistes d'empêcher cette vidange de végétaux morts dans le but de protéger la biodiversité...

Encore une semaine de feu et d'évacuation et ils accuseront des baigneuses faisant du surf en burkini à Lacanau.


Même le président de la République, l'hypocrite créateur d'une Convention citoyenne pour le climat dont il n'a pas tenu compte (2019-2020), le bullshiteur - digne de Trump - avec son Make the planet great again (juin 2017), n'a pas évoqué le changement climatique lors de sa visite en Gironde hier. Par contre les pronoms l'incluant à la lutte alors que ce sont les habitants et les pompiers qui payent en sueur, larmes, souvenirs d'une vie, et sacrifice mortel.

Comme signalé avec la poste des États-Unis et les timbres qu'elle a émis pour les deux cent cinquante ans de l'Indépendance, la poste française semble tenir une certaine direction honnête et honorable dans son programme philatélique, qui est désormais de la seule signature et responsabilité du Président du Groupe La Poste.

L'actuelle et nouvelle présidente de ce groupe laissera-t-elle Philaposte et sa commission philatélique poursuivre ce travail d'équilibre entre timbre émis, liberté des textes imprimés sur les documents, etc. Ou fait-elle partie des nominations dignes de notre président : n'importe qui de ses alliés pouvant devenir préfet, recteur, etc. ?

dimanche 19 juillet 2026

Poster une lettre en voisin ou avant de partir à la Gare Sud de France

 Sûrement posée à l'ouverture en 2018, voici la boîte aux lettres de la gare ferroviaire Sud de France, la gare montpelliéraine pour les lignes à grande vitesse et, sans arrêt, les trains de marchandises pour alléger la ligne historique.

La boîte aux lettres de la gare Montpellier Sud de France, le seize juin 2026.

La nouvelle gare représente de nouvelles contraintes pour les voyageurs. Déjà ne pas la confondre avec la gare historique du centre-ville, rebaptisée Saint-Roch dans les années 2000. Si le prolongement en décembre 2025 de la ligne de tramway a simplifié le trajet vers la ville et les correspondances ferroviaires, il n'en reste que certains ne prêtent pas attention à la gare, seulement au prix.

Le voisinage est en construction. Côté nord sur le territoire de Montpellier, un quartier d'immeubles de services, bureaux, écoles du supérieur se construit, tout en protégeant la Mogère, une des « folies » locales, ces châteaux de la bourgeoisie et noblesse de robe du dix-huitième siècle.

L'entrée sud de la gare Sud de France, vue depuis le plateau formant l'étage au-dessus des voies ; la boîte aux lettres est au pied d'un des piliers. Au loin, les étangs et le lido (photographie du seize juin 2026 sous licence Creative Commons BY-NC-ND 4.0, sous couvert des droits d'architecte).

Côté sud, où se trouve la boîte, c'est plus « sauvage ».

Une fois sorti des espaces de stationnement courte durée, bus publics et cars, l'espace adjacent, situé sur la commune de Lattes, est en friche. Seul, un chemin  de terre battue atteint le récent quartier de petits immeubles au nord de Boirargues. Ces résidents lattois ont accès à deux lignes de tramway en marchant, pédalant ou trottinant ; la ligne 1 en traversant la gare donc.

La boîte aux lettres peut donc leur être fort commode... même si on pourrait penser que le côté du quartier Cambacérès et ses entreprises pourraient justifier une boîte. Mais, entre la dématérialisation du courrier d'entreprises et les machines à affranchir demandant une remise directe à La Poste...

Horaires de levée et adresse du bureau le plus proche... à cinq kilomètres de là.

La Poste justement.

Comme sur toutes les boîtes aux lettres en France, deux ouvertures de pré-tri : vers l'Hérault et les quatre départements de Languedoc-Roussillon, ou le reste du pays et l'étranger. Les levées sont matinales : neuf heures en semaine, huit heures le samedi.

Et l'adresse du bureau postal le plus proche est indiquée : plan du Nega-Cat à Lattes, le chef-lieu de la commune comprenant Boirargues.


Ce bureau a déjà été évoqué sur ce blog : il a accueilli une des manifestations premier jour de La Marianne et la Jeunesse en 2013, des élèves du lycée Champollion, à Boirargues, ayant participé au jury de la commande de cette série d'usage courant.

Ce bureau est à cinq kilomètres environ de la boîte aux lettres, nécessite une dizaine de minutes en voiture selon les embouteillages du sud de Montpellier, ou un trajet en tramway (deux lignes en partant de la station de la gare, ou de la marche jusqu'à la station Boirargues de la ligne 3 - ce sera l'objet de la boîte aux lettres suivante).

Pourtant, le bureau de Richter - Port Marianne, place Ernest Granier, est plus proche et plus accessible directement avec la ligne 1 du tramway...

Comment sont choisis les bureaux indiqués sur les boîtes aux lettres ? Distance seule ? Bureau lié à la boîte et à la tournée, ici Lattes, alors que la boîte est située sur le territoire de Montpellier.


Cet article est publié dans le cadre du #PostBoxSaturday, en ce qui me concerne sur le réseau social BluSky.

mercredi 17 juin 2026

La Poste française et la mode de l'intelligence artificielle

 Aujourd'hui, mercredi dix-sept juin 2026, débute le salon VivaTech à Paris. Jusqu'à samedi, le journal économique capitaliste financier Les Échos et l'entreprise publicitaire Publicis organise ce salon professionnel dédié aux nouvelles technologies, avec conférences de grands patrons et dirigeants politiques mondiaux.


Pour donner le ton quête du profit - consumérisme exacerbé - rentabilisation financière du travailleur déshumanisé, voici l'idée-clé du discours de Jeff Bezos, fondateur du magasin en ligne Amazon, devenu groupe de l'invasion informatique du quotidien des consommateurs (dont productions audiovisuelles, santé et armement), et de l'entreprise spatiale privée Blue Origin, visant une installation permanente sur la Lune.

« [L'intelligence artificielle] conduira à des pénuries de main-d’œuvre, parce qu’elle permettra aux individus d’identifier davantage d’opportunités.»

 «Chaque personne dans le public a déjà eu une idée de nouvelle entreprise, de produit ou d’appareil qu’elle aurait voulu fabriquer. Et cette idée est restée dans sa tête, sans jamais aboutir. Car c’était trop difficile à réaliser et que cela n’en valait pas la peine. Si nous parvenons à accélérer la boucle “rêver-construire”, alors nous serons limités non pas par nos capacités, mais par notre imagination. »

Jeff Bezos au salon VivaTech, mercredi dix-sept juin 2026.

Un journaliste du monde signalant que cet argumentaire se conclut par un tonnerre d'applaudissements du public de professionnels et d'investisseurs forcément déjà convaincus.

Qu'en sera-t-il des ressources essentielles à la vie et survie humaine pour réussir ces bonds technologiques ? L'eau, le silicium, la production électrique de tous les ordinateurs, serveurs, puces et cartes-mémoires consacrés uniquement à créer de nouveaux produits à consommer et vendre sans garantie d'utilité morale ?

Vous achèterez en kiosque le dernier numéro de CanardPC Hardware pour découvrir une enquête sur l'économie de la mémoire informatique, formé d'oligopoles étroits depuis les mines de quartz et transformteurs de silicium jusqu'aux producteurs de RAM et disques durs SSD. Ces derniers, connus des joueurs aguerris et des passionnés du dernier smartphone, préfèrent les clients billionnaires développeurs d'I.A. génératives aux concrets besoins quotidiens de travail, de santé et de loisirs de nous simples humains.

Deux graphiques montrent la catastrophe : le prix des kits de barrettes de RAM de dernière génération et celui du SSD principal proposé par Samsung ont doublé brusquement au tournant de l'année 2026.

Donc, l'espoir des journalistes du magazine français : soit que les nouveaux monstres industriels de l'I.A. aboutissent, réussissent (peut-être) et rationalisent les besoins de tous en mémoire informatique, soit que de moyennes entreprises chinoises décident de se projeter sur les marchés grand public visiblement délaissés par les grands habituels.

Je peux admettre que ces algorithmes boostés, avec des éléments dont je ne suis pas spécialiste professionnel, peuvent me paraître pertinent pour des tâches répétitives, scientifiquement contrôlées et des usages très encadrés : aide à la reconnaissance de pathologies sur tests médicaux, codage de parties répétitives en informatique.

En tant que joueur, je n'utilise pas, mais je sais que certains programmeurs développent de petits outils d'IA locaux générateurs de pixels pour alléger le travail de la carte graphique en prédisant la couleur d'une partie des pixels attendus, apportant pour quelques watts locaux un certain confort au joueur ; la carte pouvant ainsi être concentrée sur les calculs plus longs, et surtout, les images à venir résultats des actions en jeu. Mais cela se fait sans modifier le résultat prévu par les développeurs du jeu.


Cependant, en matière postale et philatélique, cette « RAMpocalypse » ou « RAMagedddon » (autre néologisme proposé par le rédacteur-en-chef Ivan Gaudé) peut sembler éloignée des préoccupations des collectionneurs, qu'il soit accumulateur curieux de tout, ou philatéliste étudiant, et même marchand spécialisé.

Évidemment qu'un ordinateur PC ou portable bien entretenu, avec des pièces détachées remplacées, voire un logiciel de fonctionnement Windows trop lourd remplacé par une des bases Linux, avec des logiciels libres de droits, n'a pas besoin d'être coûteusement remplacés et peut être optimisés avec des cartes et accessoires anciens à bons prix.

Néanmoins, les individus que nous sommes se laissent tenter d'utiliser ces nouveaux logiciels entraînés à la prédiction générative de réponses attendues :

- question posée à une des IAgen connues parce qu'on arrive pas à formuler clairement la recherche sur un moteur de recherche habituel, faute de connaître un domaine ;

- ceux qui veulent à tout prix une illustration inédite pour leur blog, publications sociales, etc.

- la reconnaissance faciale d'un timbre inconnu de manière automatisé... au lieu de demander sur un forum ou à un magazine, voire de se procurer un des guides éducatifs de la reconnaissance des timbres publiés au fil du temps par les éditeurs de catalogues de timbres.

La rédaction partielle ou complète d'articles philatéliques a déjà été évoquée et crainte par la rédactrice en chef de The American Philatelist en juillet 2025... mais combien d'exposants ayant mis en forme les légendes de leur collection compétitive, ou leur index de timbres et enveloppes avec une IAgen coûteuse en ressources essentielles et en offrant gracieusement ainsi leurs connaissances à des entrepreneurs et actionnaires, tout en perdant un savoir-faire, une capacité de lecture, d'analyse et d'écriture personnelle ?

Déjà que les titres et contenus de nombreux articles de médias du plus petits au plus grands deviennent tellement similaires et prenant le public et son attention pour des cibles cons... Ce qu'il est peut-être aussi, mais rendus ainsi par le consumérisme capitaliste en recherche de pur profit sans morale.

Je rappellerai aussi à certains que les IAgen proposés au grand public sont des versions gratuites limitées, meilleures si prises d'abonnement, mais bien plus puissantes pour les gros clients ayant besoin de résolution complexe. Ces outils en sont au point que le gouvernement des États-Unis a, en quelques heures la semaine dernière, interdit à Anthropic de rendre disponible la dernière version de ses IAgen à des acteurs étrangers tant qu'il n'aurait pas expliqué son alerte : pour l'entreprise elle-même, ses propres outils sont désormais trop dangereux pour la sécurité informatique nationale - propos qui ont suscité un tollé chez ses ambitieux concurrents, et l'intérêt d'Amazon qui a détourné le nouvel outil quelques heures pour vérifier les failles de ses systèmes informatiques.


Dire que j'ai commencé à jouer à Fallout 4 il y a un mois... J'aurais dû me contenter de revoir les Terminator.


La Poste là-dedans ?

Puisque c'est le titre de cet article amateur, mais comme cela fait quinze jours que je n'ai pas eu loisir de rédiger, je digresse et digresse pour arriver au suivi des publications par les animateurs de communauté en ligne (community manager) du groupe La Poste sur le réseau social BluSky, ce jour d'ouverture de VivaTech - et que les habitués d'autres réseaux aux dirigeants plus ou moins moraux peuvent retrouver ailleurs.

Certes, des prototypes ou réalisations semblent fort utiles : robot porteur de charge lourde pour centre de colis (euh, et au pied de mon immeuble, comment font le livreur et moi ?), panneaux solaires sur casier à colis de rue pour éviter travaux et connexion au réseau électrique collectif, destiné à électrifier les modes de déplacement.

Les collectionneurs de nouveautés râleurs apprécieront que les visiteurs professionnels soient invités à acheter un collector de timbres personnalisés VivaTech... plus cher que leur valeur d'usage postal. Avec les timbres NFT, le stock de clients pigeons s'agrandit pour le plus grand bonheur des épouses et banquiers de philatélistes.


Cependant, l'IAgen s'infiltre et je me demande franchement si cela en vaut la peine, là où algorithme bien programmé par des humains ou bon sens salarié pourraient suffire. À part rentabiliser les serveurs de Docaposte et diversifier le porte-feuille d'activités du groupe fondé sur un courrier moribond ?

Une machine qui apprend à détecter les colis sans étiquette... après nous avoir vendu des centres de tri à caméras tous angles pour lire les code-barres... donc leur potentielle absence. Je veux bien croire que la bestiole sera peut-être capable de remonter le fil du colis pour identifier le véhicule d'arrivée, le lieu potentiel de perte de l'autocollant,... Un peu coûteux en fric et en ressources quand, faute de mieux, pochettes plastiques, gros scotch et adhésif de force suffisent. Environnementalement, ces trois outils ne sont pas idéaux, l'IAgen est-elle franchement meilleure et moins dangereuse pour notre survie.

Côté fête foraine, La Poste propose de défier un robot piloté à l'IA pour placer dans les cases des enveloppes selon l'adresse... Une vidéo montre le ridicule de l'expérience : le cobaye humain, même postier-trieur, a-t-il eu un entrainement de plusieurs semaines sur cette tournée et le meuble à cases ? Ou débarque-t-il face à un bras automate qui a déjà le plan des cases en mémoire sans entrainement, et dont l'IA doit probablement servir à la reconnaissance de l'écriture manuscrite et accélérer de quelques centièmes de secondes le départ de mouvement vers la bonne case... Ce que les automates de tri de La Poste sont censés savoir faire par algorithmes successifs et améliorés depuis les dernières décennies d'automatisation du tri... si vraiment La Poste veut se débarrasser des bras humains habitués des territoires desservis

Sinon, vous avez The Wind Waker dans la série des jeux Zelda pour vous entraîner.

Exemple d'une innovation liée à l'intelligence artificielle du Groupe La Poste : lunettes à caméra et assistance vocale pour facteur en tournée (via BluSky, dix-sept juin 2026).

Enfin, j'en arrive à ce qui m'a fait réagir et imaginer cette rédaction ce matin.

L'auteur britannique George Orwell, utilisé à fond depuis quelques années par tout le spectre politique, grâce aux interprétations variées de son roman 1984 de 1948, imaginant un avenir sombre d'un État totalitaire manipulant la population par le nationalisme, l'amnésie archivistique, l'omniprésence de l'autorité, et en dernier recours la terreur si le dressage et les automatismes échouent.

J'essaie de ne pas employer le titre du roman ou l'adjectif orwellien, mais Henry Ford et les dirigeants de nombreuses polices politiques des années 1930 jusqu'à la Stasi est-allemande auraient commandé des tonnes de lunettes à caméra connectées à un smartphone sur lequel un assistant IA conseillerait le facteur en tournée.

Une des grands marques de lunettes, des fabricants de smartphone avec un partenaire IAgen vantent depuis quelques semaines ces montures à objectif caméra... Un objet connecté aussi invasif que les haut-parleurs à assistant algorithmique ("Siri, quel est le score de France-Sénégal ?", "Alexa, joue la troisième de Beethoven dans le salon.") dont les enquêtes de militants et journalistes ont montré que leur compagnie écoutait (en aveugle a priori) en permanence pour entraîner algorithme de reconnaissance vocale, et peut-être à présent les I.A. en développement.

Quand La Poste montre ces montures aux couleurs jaune et bleu le premier jour de VivaTech, j'ai peur du monde orwellien qui s'annonce, mais que finalement les usagers de la route équipées de caméra à carte-mémoire connaissent. L'aide au facteur face à un problème, sa sécurité filmée au besoin (chien méchant, accident de la route, agression et vol), l'information en direct des livraisons de recommandés, suivis et colis aux expéditeurs et destinataires, seront sûrement les arguments médiatiques phares.

Mais, les postiers et leurs syndicats témoignent, dans plusieurs pays les plus avancés, de l'aspect délétère de la tablette qu'ils portent, remplaçant les formulaires papier de délivrance ou de passage, mais ayant permis de programmer des algorithmes de tableurs calculant au plus juste les tournées : x secondes pour un passage simple devant un casier d'immeubles, y minute pour un recommandé à délivrer, etc. Voire déjà les repérant dans l'espace.

Avec ces lunettes et le mouchard intelligent connecté, on imagine bien les futures scènes dans les bureaux de direction et ressources humaines des centres de tri, en France et ailleurs : qu'a fait untel pendant cette période d'immobilité de x minutes y secondes avec cette vieille dame alors qu'elle n'est pas abonnée payante du suivi à domicile ; pourquoi monter déposer un colis à une personne traînant un respirateur ou une femme enceinte avec un petit de deux ans ; etc.


Bien entendu que certaines directions de La Poste prêtent attention aux facteurs, vitrines du groupe partout sur le territoire national.

Artistes primés, invités thématiques, dirigeants postaux et ambassadeurs des personnels de La Poste, à la fin de la Cérémonie des trophées du timbre, le onze juin 2026, à Paris (diffusion en direct sur Youtube, puis revisionnage à la demande).

Philaposte, en charge de la vente philatélique et de l'imprimerie, fait remettre les trophées du timbre à la fois par des dirigeants du groupe et des employés de terrain, décrits comme « ambassadeurs » de Philaposte dans les régions. Cela relie les facteurs au programme philatélique, et tente de rappeler qu'il y a des bureaux avec spécialisation philatélique, dont les guichetiers forment également d'autres bureaux à la vente de ces produits.

Les comptes sociaux du Groupe La Poste montrent régulièrement des postiers heureux, dans leur bureau, centre de tri, ou en tournée, repris de temps à autre dans les reportages locaux des journaux télévisés tel TF1 dernièrement.

Dans son journal télévisé, la chaîne privée propose des reportages thématiques Leur incroyable bureau. Le neuf juin dernier, une factrice décrite comme chanceuse a été présentée au Cap Ferrat, sur la Côte d'Azur, parmi une concentration de villas de millionnaires. Une excuse pour visiter une des villas historiques plus que la tournée de la factrice qui rencontre soit des gardiens de maison, soit dit devoir attendre le destinataire qui doit traverser l'immensité de la maison et des jardins pour atteindre le portail*... même si la hauteur des clôtures murales et végétales limitent le propos journalistique de travailler en admirant de belles demeures.

Car pendant que La Poste dépense en robots et intelligence artificielle générative, la presse quotidienne régionale rappelle régulièrement l'inquiétude des habitants face à la fermeture de leur bureau (ou à Montpellier-La Chamberte, la non réouverture après les travaux du tramway d'un bureau promis à la rénovation...), des grèves ou alertes aux médias des syndicats sur les conditions de travail, les commentaires des destinataires sur la lenteur du courrier ou le bon de passage colis alors que la personne affirme avoir été chez elle (* Mais a-t-elle une Bentley ?, demanderait TF1), etc, etc.


Oui, je ne suis pas très optimiste sur le monde qui vient... semble être déjà là.

dimanche 17 mai 2026

La poste autrichienne fête l'Eurovision sans l'Eurovision

 Cette semaine a eu lieu à Vienne, capitale de l'Autriche, le Concours Eurovision de la chanson 2026, remporté par Dara, la candidate bulgare et son équipe, sur une chanson arythmique de libération de soi face aux angoisses de notre époque.

La prestation partant d'un décor d'anonymes bureaux avant de partir en tout sens. Bangaranga! étant le motif de cette révolte.

Le timbre sur la harpe de septembre 2025, omniprésent lors de la finale, samedi seize mai 2026 (communiqué de presse de la poste autrichienne).

Mais, contrairement à l'édition autrichienne de 2015, pas de timbre-poste national en 2026.

Au générique final, en effet, Österreichische Post n'est pas un des partenaires nationaux de l'événement, contrairement à d'autres fournisseurs d'équipements liés aux « cartes postales » (vélo par exemple), ces clips courts permettant aux téléspectateurs de découvrir les chanteurs dans le cadre de lieux du pays d'accueil proposé par l'Office du tourisme d'Autriche.

Et pourtant, chacun de ces clips débutaient par la réception d'une carte postale photographique que l'artiste reposait dans sa chambre d'hôtel autographié par le remerciement du pays qu'il représentait.

Et, à côté du message de l'organisation souhaitant la bienvenue, plusieurs clips montraient un timbre oblitéré... bien réel et bien émis par la poste autrichienne, dans les semaines précédant le début des tournages étalés d'octobre 2025 à avril 2026.

Jean-Baptiste Krumpholtz et la harpe sur l'oblitération rectangulaire premier jour d'émission de Vienne (communiqué de presse de la poste autrichienne).

Émis le dix septembre 2025, avec premier jour le cinq, ce timbre d'un euro représente une harpe, dans la série Autriche, pays de la musique.

Sa composition est digne de la préparation du Concours Eurovision pourtant. La finale a été ouverte par l'Orchestre symphonique de la radio de Vienne, appartenant au diffuseur public hôte ; l'instrument a donc convenu aux cartes postales.

La partition est signé du harpiste et compositeur Jean-Baptiste Krumpholtz. Né en Bohême en 1742, il avait ravi le public viennois et a joué au sein de l'orchestre d'une des puissantes familles hongroises avant de partir en tournée où il séjourna longuement à Paris.

 Dans la capitale française, il fréquentait les artisans harpistes, milieu dans lequel il se maria avant de se suicider dans la Seine en 1790, cette seconde épouse ayant fui à Londres avec un amant.

Tchéquie, Autriche, Hongrie, France, le tour promotionnel d'Europe pouvait débuter à prix modique : un euro le timbre ou dix euros en feuillet ou en carnet (pour le commander).

Le timbre à cryptogramme associé, Vienne, ville de musique, émis en avril 2026 par la poste autrichienne (boutique web de la poste autrichienne).

Hélas pour les porte-monnaies et la logique postale, la poste autrichienne a décidé de profiter du concours télévisé sans partenariat et avec un timbre-crypto ou timbre à NFT selon les multiples appellations commerciales de ces coûteux timbres-poste associés à un double numérique par une chaîne de valeur numérique ; double souvent illustré d'une seconde image plus ou moins rare... Spéculation...

Ainsi, le seize avril, la poste a proposé au QWIEN, le Centre de culture et d'histoire queer, à Vienne, le premier jour d'émission du timbre Vienna, City of Music, ouvertement lié à l'Eurovision, mais sans jamais cité le concours...

Pourquoi ce centre ? Déjà car il propose une exposition, , de février au vingt-quatre mai 2026, sUnited by Queerness, reprenant le slogan actuel du concours (United by Music) sur la place des LGBT+ dans cette manifestation depuis les années 1960.

En association avec le Musée d'histoire autrichienne qui, avec Unstoppable, de mars à octobre 2026 une exposition sur comment les messages politiques ont pu être exprimés discrètement ou très audiblement par les artistes. Le titre s'inspire de la phrase dite en montrant le public par Conchita Wurst lors de la remise du trophée lors du Concours Eurovision 2014.


Et, c'est là que la poste autrichienne a joué avec le non-partenaire qui détourne l'événement local.

Sur le crypto-timbre à 11,35 euros de faciale (tousse, tousse), du paysage urbain moderne de Vienne s'élève la tour de télécommunication et un phénix... Rise Like a Phenix est le titre de la chanson vainqueur de 2014.

Je n'invente pas : c'est écrit en toutes lettres sur le site spécial cryptostamp de la poste autrichienne.

Plus subtil est le piano de Udo Jürgens, chanteur-compositeur qui a participé trois fois de suite au concours jusqu'à sa victoire en 1966 avec une chanson titrée en français, chantée en allemand et jouée au piano : Merci, chérie. Les deux dernières conditions rendent identifiables le piano aux fans autrichiens.


Onze euros et trente-cinq centimes, pas cinq de plus, pas cinq de moins car c'est le tarif du colis format "L" économique vers le monde entier de moins de deux kilogrammes. En sachant qu'affranchir un colis en timbre à l'avance et faire décompter sa valeur faciale du prix à payer au guichet, de nos jours, c'est... 

... audacieux.

Alors que les avancées numériques de l'objet sont affirmées par les service philatéliques vendeurs et autres entreprises qui ont tenté de refourguer de tels objets concrets ou abstraits en promettant des valeurs digne d'investissements boursiers dans l'industrie pétrolière.

La blockchain devrait pouvoir assurer quelque chose dans le suivi de colis... sauf à considérer que les codes-barres et enregistrement sur site web postal suffisent largement, avec la confiance dans les employés (ah, ça c'est le prochain article sur la poste belge et ses concurrents).

Le candidat lituanien découvrant le paysage de la carte postale, ici la partie correspondance montre le timbre à la harpe oblitéré (finale du concours Eurovision de la chanson, seize mai 2026).

Donc, pour les thématistes, la poste autrichienne n'a pas émis de timbre pour le Concours Euvovision de la chanson 2026 à Vienne, mais un de ses timbres illustrés a été bien montré pendant l'émission et un de ses timbres-souvenirs à forte valeur est digne de porter le logotype de la manifestation.

Cependant, ce n'est pas ni la seule poste, ni le seul événement d'importance mondiale à connaître ce refus de partenariat ou d'achat de droit d'usage de la marque.

La Poste française s'est garde bien, dans les années ayant précédé les Jeux olympiques de Paris 2024, d'afficher les anneaux olympiques sur ces blocs ronds représentant à tour de rôle chacun des continents, et quatre sports et sports adaptés. Elle a repris le principe pour les sports d'hiver pour cette émission continuée jusqu'aux Jeux alpins de 2030.

Sur le forum StampBoards.com, la liste des timbres 2026 sur le football, ce sport en Amérique du Nord, s'allonge sans nommer la Coupe du monde de la F.I.F.A., ni montrer le logotype ou le trophée pourtant identifiable d'un grand nombre.

Est-ce que la gourmandise des organisateurs nationaux ou propriétaires ultimes de la marque a atteint des niveaux indécents ? Ou les ventes philatéliques ont-elles descendu en Occident sous un niveau insuffisant pour se permettre cet ajout ?

Les véritables fans vont-ils plutôt vers d'autres objets-souvenirs : disque, écharpes, maillots, sets Lego, cannettes de soda illustrées, etc.

Cela peut aussi être le signe que l'émission de timbres est devenu moins étatique et plus commerciale : si l'Eurovision et la radio-diffusion publique en Autriche, si la F.I.F.A., veulent faire leur publicité, qu'ils commandent des timbres personnalisés semblent être la conclusion 2026.

samedi 16 mai 2026

Poster une dernière carte parisienne à la gare de Lyon

 Le vingt-et-un juillet 2025, en repartant de vacances à Paris, voici une boîte aux lettres dans le hall de la gare de Lyon, départ des trains vers le sud de la France.

La boîte aux lettres entre panneau d'affichage et les quais en juillet 2025 (photographie sous licence creative commons cc-by-nc-sa).

Une dernière chance d'envoyer des cartes postales parisiennes depuis Paris, même si les oblitérations postales françaises ne portent plus le nom du lieu d'expédition.

La boîte aux lettres aux indications d'Île-de-France (photographie sous licence creative commons cc-by-nc-sa)

Ou une chance pour les travailleurs pendulaires franciliens de déposer leur courrier entre leur domicile et leur lieu de travail. La fente de gauche indique qu'elle est destinée aux envois vers les huit départements de la Région Île-de-France.



Cet article est publié dans le cadre du trois centième #PostBoxSaturday, en ce qui me concerne sur le réseau social BluSky (le promoteur de cette manifestation réseausociale hebdomadaire a retrouvé la première boîte pour fêter le nombre rond, en bord de mer, dans les îles Britanniques).