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mardi 31 août 2021

Pourquoi donc frapper des pièces pour les colonies françaises ?!

 C'est une formulation simple de l'étude proposée par Hugo Carlier dans son mémoire de master (« D.E.A. » pour les anciens) titré La Souveraineté monétaire dans l'Empire colonial français 1879-1939. Il a reçu le prix Ithaque-Marquet du master d'histoire économique, ce qui lui a permis d'être publié en juin 2021 (éditions Ithaka, ISBN 9782956629566).

Couverture de l'ouvrage (à commander chez votre libraire).

Le propos est en effet intéressant aux numismates souhaitant dépasser la simple cote d'achat-vente de telle ou telle pièce coloniale, même s'il faut accepter que l'exercice consiste autant à évoquer le sujet titré qu'à faire le point sur l'état de la recherche et de la connaissance avec forces notes et renvoi vers d'autres ouvrages de recherche. Certains découvriront quels sont les notions et concepts qu'abordent les chercheurs actuels autour du fait colonial ou des représentations symboliques de la République française.

D'ailleurs le titre originel de son mémoire de 2020 permet au lecteur éloigné de l'université d'en comprendre le contenu plus aisément : Négocier la souveraineté monétaire sous la Troisième République. La monnaie métallique dans l'empire colonial français (1879-1939) », préparé sous la direction d'Alain Chatriot, professeur des universités à Sciences Po.

Si je résume grossièrement, les colonies françaises n'ont aucune autonomie monétaire aux yeux du ministère des Finances à Paris...

... sauf que les collectionneurs listeront de tête, avant les années 1930, les bons de caisse des Antilles et de la Réunion, les piastres de commerce de la Banque d'Indo-Chine, les roupies des comptoirs des Indes, les monnaies tunisiennes, togolaises et camerounaises.

C'est qu'entre l'idée-clé que le franc français est la monnaie de l'Empire et le fait que les colons et colonisés utilisent des pièces métalliques de franc français, il y a le gouffre de la masse de métal dont la France dispose réellement. Les gouverneurs réclament fréquemment à Paris des pièces pour satisfaire les commerçants de leur colonie... au risque que de bonnes pièces françaises fuient vers les colonies et pays voisins... Leur attrait est d'être aux formats de l'Union latine.

Déjà pointent les premières exceptions : dans les minuscules comptoirs indiens, la monnaie doit permettre des échanges aisés avec la roupie des Indes Britanniques ; en Indochine, la sapèque et sa symbolique (sa forme troué en carré, ses formules frappées) est préférée par les « indigènes »...

Comme pour le protectorat tunisien et les mandats du Togo et du Cameroun, il va être tenu compte de ses exceptions car, face au manque de monétaire français, il y a la concurrence commode d'utiliser les monnaies métalliques d'autres puissances rivales, britannique, allemande et même le Thaler de Marie-Thérère que l'Autriche frappe encore avant la Première Guerre mondiale alors qu'elle est démonétisée localement.

On pourrait croire que c'est l'invasion de monnaies rivales qui animeraient les ministères et administrateurs français... À la lecture des recherches d'Hugo Carlier, il semble que, la plupart du temps, ce sont des considérations économiques et comptables, parfois diplomatiques, qui préoccupent les ministères parisiens plutôt que le rayonnement des valeurs de la République civilisatrice.

Il faut, en effet, découvrir dans les archives ministérielles et parlementaires le combat du ministère des Finances pour conserver les bénéfices de la frappe monétaire - le seigneuriage -, moins par souci d'expression de la puissance métropolitaine que par le fait que l'entité souveraineté conserve dans son budget le bénéfice de la transformation du métal en monnaie sonnante et trébuchante.

C'est ce principe que le Bey de Tunis et le gouverneur du Togo (sous surveillance de la Société des nations) comprennent très vite et savent rappeler à Paris par l'intermédiaire des ministères des Affaires étrangères et des Colonies : dans ces cas, la France n'est pas souveraine ; elle frappe la monnaie au nom d'un roi ou d'un peuple encadré...

... et voilà comment les pis-aller des Antilles et de la Réunion (bons de caisse, faute de monnaie métropolitaine aisément disponible) d'avant la Grande Guerre de 1914 deviennent un enjeu croissant chez les différents gouverneurs coloniaux pendant l'entre-deux-guerres. Ils voient dans l'émission de pièces de monnaie au nom de leur colonie un moyen d'équilibrer leur budget après les coûts de la guerre et les nécessités de construction d'infrastructures pour développer les pays.

Quand, enfin, le ministère des Finances cède, l'apparence de la monnaie est secondaire pour quasiment tout le monde, sauf exception d'un gouverneur soucieux de détail (le profil d'une Caraïbe en Guadeloupe) ou le cas d'un territoire où il faut s'assurer des apparences diplomatiques : l'équilibre France/Indochine voire l'absence de l'État-France en Tunisie. Le traité de protectorat pouvant imposer les mêmes droits à une puissance rivale, il ne faut pas donner de droit au royaume d'Italie de battre monnaie pour le Bey. Ailleurs, n'importe quel profil de Marianne fera l'affaire, surtout s'il est déjà gravé : il faut économiser pour protéger le seigneuriage.

Je pense que cet ouvrage sera utile à la culture des collectionneurs de monnaie. Quels débats ont conduit à la frappe ou à l'absence de frappe ? Pourquoi telle ou telle allégorie et tel texte ? Pourquoi des banques (d'Indo-Chine jusqu'en Polynésie) ont-elles exercé ce pouvoir au lieu de la puissance publique  ? Au risque de conflit dans le cas de la Banque d'Algérie pour les monnaies tunisiennes ?

Bref, la confirmation que cet empire, créé dans la violence militaire ou diplomatique, dans l'exploitation économique à sens unique, avec un peu de souci du développement des populations à partir de l'entre-deux-guerres, paraît géré au jour le jour et au meilleur coût possible pour les ministères de la Métropole.

L'avantage d'un mémoire universitaire sera que les curieux de tel sujet ou telle colonie bénéficieront d'une bibliographie permettant de prolonger leurs lectures et recherches au-delà, grâce aux notes, à une bibliographie et un index des personnages cités.

dimanche 9 mai 2021

Les facteurs-randonneurs de Mafate dans The Guardian

 Retour avec les facteurs de la caldéra isolée du département français d'outre-mer de La Réunion, cette fois-ci, par un reportage photographique du quotidien britannique The Guardian, publié sur son site le lundi trois mai 2021.

Aucune route ne permettant au courrier d'atteindre le cirque de Mafate, un hélicoptère dépose le courrier au point de départ de la tournée de quelques jours à fort dénivelé accompli par les facteurs depuis plusieurs décennies.

Parcours cartographié des deux tournées (copie d'écran, The Guardian).

Cyril Abad et Eugénie Baccot ont suivi les deux postiers actuels sur leur tournée particulièrement pentue : trois jours pour le premier (merci de venir chercher votre colis au point d'arrivée de l'hélicoptère) et une boucle de deux jours pour le second, avec carte à l'appui pour les touristes-randonneurs en recherche de parcours.

Le reportage permet de découvrir le lien entre les facteurs et les habitants des différents îlets, apparemment en nombre croissant : les jeunes Malfatais reviennent y vivre.

Pour les collectionneurs : rechercher les lettres postées dans une boîte jaune et abîmées par les escargots avant que ne passe le facteur.

Et parce que je n'en lasse pas, le clip de Bat'Ker :


Bat'ker, Le Facteur de Mafate, 2008, dans l'album Lé Gadianm (clip sur youTube posté par Booster Label).

vendredi 30 août 2019

Disparition d'un des « facteurs de Mafate »

Six fois le tour de la Terre en quarante années de carrière, à marcher avec le courrier des habitants du cirque de Mafate, un des reliefs isolés de l'île de la Réunion, département-région française d'outre-mer.

Les médias annoncent la mort, hier jeudi vingt-neuf août 2019, à quatre-vingt-onze ans, de Ivrin Pausé, « le facteur de Mafate », titre de ces trois postiers obligés de randonner une semaine durant pour chaque tournée, faute de route entre le littoral et l'intérieur des cirques.

Les deux autres étant le père d'Ivrin Pausé et Angelo Thiburce (quatre fois et demi la tour de la planète avant que des rotations par hélicoptère ne le relaie).


Bat'ker, Le Facteur de Mafate, 2008, dans l'album Lé Gadianm (clip sur youTube posté par Booster Label).

Les facteurs de Mafate ont été évoqués sur ce blog, articles rerésumés sur la version en anglais en 2016, avec le clip de 2008 du groupe Bat'Ker et des liens vers d'autres sources médiatiques réunionnaises ou métropolitaines.

samedi 3 décembre 2016

L'Académie de philatélie exposait à Londres

Jeudi dernier, le vingt-quatre novembre, des membres titulaires et correspondants français ou associés étrangers de l'Académie de philatélie étaient invités à exposer au siège de la Royal Philatelic Society London.

La majorité des collections furent consacrées à la France, métropolitaine comme d'outre-mer. Quelques-unes à des correspondances étrangères arrivées ou parties de ce pays, ou françaises passées par l'étranger. Quelques-unes développaient d'autres pays francophones - Haïti par Guy Dutau, l'enclave du Lado par Patrick Maselis - ou sur lequel l'expertise française (du graveur, de l'imprimeur et du collectionneur) s'exerçait - Louis Fanchini et les timbres de Grèce.

Le menu est disponible sur le site de l'Académie et les résumés des présentations au format pdf sur celui de la Société.

Esprit de contradiction oblige, mon résumé trop succinct s'attache à ce que mon regard à trouver inhabituel, mais la lecture n'a pas négligé les autres collections proposées.

Ainsi, les pêcheurs français sur les grands bancs de l'Atlantique Nord de 1896 à 1939, travaillant sur leurs navires toute la saison de pêche durant, sans escale. Leur courrier était confié aux navires ravitailleurs ou croisés à l'occasion, ainsi qu'aux navires-hôpitaux de la Société des œuvres de mer. Le livret-souvenir reproduit deux éléments proposés par Hendrik Schlabbink une carte déposée par un tel navire en Islande pour Cannes ; et une lettre taxée en France déposée non affranchie en Nouvelle-Écosse.

En cartophilie innovante, Michèle Chauvet évoque le quart de siècle d'existence des cartes porcelaine, à l'aspect lithographique particulier permis par la céruse, un des carbonates de plomb, dangereux pour l'utilisateur...

Plus éphémère encore, Jean-Christophe Jacquot se concentre sur la liaison maritime de la Compagnie générale transatlantique entre Panamá et Valparaíso, au Chili, de mars 1872 à février 1874, dans le contexte de la concurrence impériale avec le Royaume-Uni.
La lettre entre Réunion et Saint-Pierre-et-Miquelon de 1875 présentée par Peter Kelly (copie d'écran du livret de l'exposition RPSL-Académie de philatélie du jeudi vingt-quatre novembre 2016).
Lignes de la C.G.T. poursuivies par Peter Kelly dans l'océan Indian de 1864 à 1882, avec, entre autres, une lettre entre négociants, partis de la Réunion - affranchie par cinq timbres de trois séries différentes - à Saint-Pierre-et-Miquelon via Aden, Marseille et la Grande-Bretagne. Je suis très curieux de savoir qui avait acheté (ou avait besoin de) quoi entre ces deux extrêmes coloniaux.

Spécialiste des duchés et villes entre Allemagne et Danemark, Chris King propose des lettres de soldats danois envoyés depuis le nord de la France qu'ils occupent de janvier 1816 à l'automne 1818, conformément au traité de Paris (celui de novembre 1815 probablement, faisant suite à celui de 1814 et de l'aventure des Cent-Jours).

Prix du modernisme avec Jean-Jacques Rabineau qui atteint l'année 1977 et la genèse du type Sabine de David par Gandon, suivi de près par Jean-Pierre Magne et le service express de Maurice entre 1903 et 1966. Ce dernier explique que moins de soixante-dix lettres sont connues avec les timbres surchargés spécifiques jusqu'à 1910, et qu'au-delà, les courriers sont rares.

Presqu'à la fin du cheminement, l'histoire postale de Montpellier jusqu'à 1849 apparaît, non sous les cadres de Michel Soulié, président de l'Association postale de Montpellier, mais de Iain Stevenson qui a étudié l'histoire du Collège des Écossais, lieu d'études fondé par l'Écossais Patrick Geddes en 1924 sur les hauteurs nord de Montpellier.

Merci pour cette diverse-tissante et inspirante lecture.

samedi 19 mars 2016

Exposition au congrès régional à Montpellier

Aujourd'hui, samedi dix-neuf, et demain dimanche vingt mars 2016, l'Association philatélique montpelliéraine accueille le congrès du Groupement philatélique Languedoc-Roussillon dans la salle Jules Pagézy, sous l'ancien hôtel de ville de Montpellier sur le côté du centre commercial Polygone.

Dimanche, il y aura sûrement bien plus de monde que cet après-midi entre quinze et seize heures puisque le congrès aura lieu en présence de Claude Désarménien, le président de la ΦΦ@Π. Deux à trois personnes devant chacun des quatre stands de marchands de timbres, trois-quatre parmi les panneaux de l'exposition.

Après les quatre-vingt-dix ans de l'Association philatélique montpelliéraine en mai 2015 et la fête du timbre en octobre, plusieurs collections en compétition départementale ou régionale ont déjà été vues, même si mon manque de mémoire photographique et l'aspect éphémère d'une collection comparée à un livre à mes yeux m'empêchent de savoir si elles ont évolué d'un championnat à un autre.

Passons donc directement à celles qui m'ont attirées pour la première fois, tout en évitant soigneusement les thématiques, cartes postales anciennes et la croix-rouge, dont l'association thématique était l'invitée du salon.

Réalisée par J. Paraseit de l'Association philatélique et numismatique biterroise, une collection des tarifs postaux CFA du Département de la Réunion permet de revoir sa philatélie métropolitaine surchargée en franc des Colonies françaises d'Afrique de 1945 à 1975. Ainsi que quelques courriers à l'oblitération « convoyeur » de l'ambulant sur la seule ligne de chemin de fer de l'île, fermée en 1976.

Toujours de Béziers, en compétition départementale, la collection de J. Ara Somohano touche de nombreuses situations postales et humaines avec « L'exil des républicains espagnols en France » : vignette de propagande sur courrier, lettres adressées vers les camps ouverts par les autorités françaises, affranchies sous la République comme sous l'État français, ou encore envoyée de l'Espagne soumise par le franquisme.

En cour d'honneur, c'est un invité du Groupement régional Midi-Pyrénées, Henri Taparel, qui propose une étude des tarifs postaux en Russie pendant la période de la guerre civile russe de 1917 à 1923, ponctuée de textes détaillés sur les causes et la fonction des changements postaux. Président de l'Association philatélique gaillacoise, le spécialiste de la Russie propose un site sur ce pays et l'Union soviétique avec force textes et exemples de pièces. Une étude qui permet d'ajouter une pièce au puzzle de l'Europe orientale à la fin de la Grande Guerre que deux articles de février 2016 m'avaient permis de lancer. En effet, Edward Klempka signalait que les autorités ukrainiennes avaient surchargé leurs timbres impériaux pour empêcher l'afflux de timbres depuis une Russie en hyperinflation : en quoi ces flux sont-ils liés à la décision russe de multiplier par cent la valeur des timbres en kopeks faute de stocks face à l'inflation ?

Pour les collections précédemment vues en 2015, celle de Claude Pesche sur la poste à Jérusalem jusqu'en 1948 révèle décidément que le modèle « un pays / une poste / un timbre » est une vision très franco-jacobine du monde. Combien de « pays philatéliques » pour le territoire de Jérusalem ou la Palestine ? Entre la puissance historique ottomane, les postes - privées dans ce contexte des États d'Europe, les occupations militaires et mandataires de 1917 à nos jours, les émissions des indépendantistes sionistes des années 1940 auxquelles font écho l'indépendance progressive d'un État palestinien,... voire les timbres surchargés ou oblitérations des forces sous mandat des Nations unies... et si on élargit aux secteurs d'intervention de l'armée israélienne pendant les guerres avec ses voisins...

En voilà une que je dois revoir, avec les tarifs postaux russes, ou sinon me plonger dans les ressources livresques.

samedi 5 mars 2016

Les Rencontres philatéliques de l'océan Indien : enquête et découvertes.

Avec l'émission conjointe entre six opérateurs postaux en octobre 2014, les Rencontres philatéliques de l'océan Indien ont connu une reconnaissance large, mais comment reconstituer leur histoire depuis septembre 2008 avec internet pour seul outil ? Mon petit défi philatélique du samedi midi.

Pourquoi passer mon samedi à ça ? Parce que.
Les six timbres rangés dans la pochette commémorative vendue par le service philatélique français (scan de timbredujura.blogspot.fr).
Revenons aux sixièmes rencontres d'octobre 2014 et son émission reprenant la Tortue verte par Claude Perchat. Tout collectionneur français en a entendu parler avec deux services philatéliques en action : Phil@poste pour les départements de Mayotte et de la Réunion, et le service des postes et de la philatélie des Terres australes et antarctiques françaises (TAAF) qui a piloté la réalisation technique selon le bulletin n°111 de l'Amicale philatélique de Nanterre daté septembre 2014.

Ensuite, ce sont les collectionneurs du Commonwealth britannique qui sont invités à se pencher sur le sud-est maritime de l'Afrique avec Maurice et les Seychelles. D'autant plus que le White Knight du Commonwealth Stamp Opinion apprécie la sobriété de l'archipel : aucun timbre émis en 2013, sauf à compter une enveloppe spécialement imprimée - mais pas un entier postal - pour les cinquièmes Rencontres qui y ont eu lieu en octobre 2013.

Un participant du forum StampBoards.com signalait, en avril 2015, que ce timbre serait la seule émission de l'année 2014 pour les Comores, Madagascar et les Seychelles... si elle est parvenu à leurs bureaux depuis l'imprimerie française de Boulazac.

Aux origines de la première journée de 2008 : l'APOI.
L'Association philatélique de l'océan Indien, origine des Rencontres (logotype sur un des sites officiels).
Avec Google, il est possible de retrouver l'étincelle originelle de ces Rencontres philatéliques... Moteur de recherches web absolument nécessaire : l'association a retrouvé ayant un site par période (ou par secrétaire ? Ou selon l'abonnement internet du moment ?) quasiment... apoi.re est un lien mort et c'est pourtant vers cette adresse que votre névigateur peut vous renvoyer en tapant http://philatelie.reunion.free.fr/ alors que la page http://philatelie.reunion.free.fr/rpoi.html fonctionne... Puis vous la retrouverez entre 2009 et 2011 sur Blogspot par ici, et actuellement sur over-blog.

Bref, les premières Rencontres sont organisées par l'Association philatélique de l'océan Indien, basée à la Réunion, qui ne paraît pas affiliée à la φφ@π. Marquant le cinquantenaire de l'association et une volonté de présenter les îles alentours à travers leurs postes présentes, l'événement a lieu à l'Hôtel de Région du vingt-cinq au vingt-huit septembre 2008, moitié exclusivement aux élèves scolarisés, le week-end pour le grand public.

Les deuxièmes de 2009 : où chercher ?
Si j'en crois le résumé sur le site free, la délégation de Madagascar a organisé les secondes rencontres en 2009.

Des troisièmes aux cinquièmes, la communication monte
En septembre 2011, c'est Mayotte qui accueille les troisièmes rencontres devant et dans l'office du tourisme selon cet article sur l'ancien site archivé des TAAF, six mois après que la collectivité d'outre-mer est devenu un département d'outre-mer et à quelques mois de la fin de ses émissions philatéliques autonomes.
L'enveloppe commémorative sans émission propre sera reprise en 2013 lors des Rencontres aux Seychelles (boutique web de Mauritius Post).
En septembre 2012, le Cabinet  des ministres de Maurice qui prend note des quatrièmes rencontres organisées à Ebene CyberCity du six au neuf du même mois, soulignant deux objectifs de la manifestation : coopération postale et faire connaître la richesse culturelle et historique des pays concernés. Est évoqué également un atelier sur l'histoire des administrations postales... Mauritius Post vend encore un ouvrage sur son histoire, publié en 2013, rédigé par Jean-Marie Huron, secrétaire de la Société d'histoire de Maurice, et Robert Marion (pages 6 et 7 du document) qui a exposé une histoire militaire et sociale de Maurice à travers l'histoire postale de 1680 à 1870 à Europhilex London en mai 2015. Un article très complet fut publié par le réunionnais Zinfos974.com.

Déjà évoqué grâce au blog Commonwealth Stamp Opinion en date du samedi vingt-huit décembre 2013, les cinquièmes journées ont lieu aux Seychelles dont la poste ou une association imprime une nouvelle carte dentelé de cet espace.

Sixièmes en 2014
Nul besoin de chercher loin pour savoir que les sixièmes journées ont eu lieu à Saint-Leu le jeudi neuf et au siège des TAAF à Saint-Pierre les dix et onze octobre 2014 : l'émission conjointe piloté par la collectivité française d'outre-mer a beaucoup aidé à attirer tous les médias francophones du secteur, tel Le Journal de Mayotte. Pourquoi à Saint-Leu ? Claude Perchat l'explique dans son compte-rendu de voyage publié en janvier 2015 sur le blog de l'association Art du timbre gravé : c'est le site de Kélonia, un centre d'études, d'observation et musée des tortues marines, un site idéal pour les scolaires et les curieux non-collectionneurs.

Par ailleurs, les TAAF y ont proposé un documentaire, filmé pendant la rotation du Marion Dufresne d'août-septembre 2013, sur ses Postiers du bout du monde (version DailyMotion).

Pour 2014, reste le mystère des collectionneurs éloignés de ces îles et qui se demandent si les timbres ont vraiment servi dans les bureaux des postes concernés. Pierre Jullien a raison de trouver intéressante l'information relayée par l'Amicale philatélique de Nanterre : tirages pour Madagascar (un million) et Seychelles (cent mille), et l'idée des Comores d'en créer une série de valeurs différentes... Reste à trouver des philatélistes qui ont vu sur place, voire ceux qui ont reçu du courrier car voici les sites des postes (et leur déclaration de timbres au système de l'Association mondiale de développement de la philatélie) des Comores (WNS bloqué à 2007), Madagascar (site ouvert fin 2015, WNS avec 2015 sans le timbre de 2014) et Seychelles (WNS bloqué à 2011).

... services financiers aux Comores... ouvert fin 2015 et un peu lent à Madagascar présente les timbres de 2015 seulement... Il y a plus urgent à financer comme infrastructures et activités génératrices d'emplois et de développement que le site web des postes, je suis d'accord ; et plus important que la philatélie à afficher en premier aux usagers.

Ah ! Une surprise aux Seychelles : le site fonctionne et a l'annonce du timbre de l'émission conjointe !

Septièmes en 2015 ?
Après ce feu d'artifice, retour à la recherche des bons mots-clés et du hasard... Et au bout de deux heures, je n'ai pas trouvé d'indices sur les septièmes journées de 2015 :(

En attendant, d'un salon-exposition philatélique, une association philatélique est parvenue avec l'aide des gouvernements locaux et nationaux, et des opérateurs postaux à constituer une plaisante réunion de collaboration régionale à laquelle les scolaires et le grand public sont invités. Un modèle pour d'autres régions ? L'Union européenne en aurait besoin.

Recherches à suivre donc...

samedi 25 avril 2015

J'ai enfin compris ce qu'est une exposition philatélique

Grâce à une inattendue invitation liée à la seule association à laquelle j'adhère - sans timbre fédéral, j'ai enfin compris une partie du processus menant un philatéliste à monter une collection pour l'exposer lors d'une compétition.

Le week-end dernier, des samedi dix-huit et dimanche dix-neuf avril 2015, dans la verte et calme banlieue toulousaine, nous étions sept dont le point commun était une certaine passion pour la philatélie britannique (mais pas que) et l'envie de présenter le travail qui sera présenté à l'exposition London 2015 Europhilex, un mois après.

C'est ainsi qu'en vingt-quatre heures, nous avons voyagé, avec ou sans timbres-poste, des aérodromes de Terre-Neuve au port de Marseille via Haïti, de la colonisation batailleuse de Maurice à la tranquillité des courriers de la Réunion, avant d'examiner les échanges des premiers courriers timbrés entre la Russie et l'Europe. N'étant pas assez collectionneur, j'apportais le récit d'un duel de conception artistique autour de la genèse de deux séries d'usage courant britannique et une présentation de ce blog - et put rencontrer un de ses lecteurs.

Et lorsque l'auteur expose oralement sa collection, les connaissances nécessaires du thème, le pourquoi de la présence de telle ou telle pièce - presqu'uniquement des lettres ou des enveloppes préférées aux timbres isolés, c'est immensément plus intéressant que zigzaguait seul au milieu de centaines de panneaux pendant un salon.

Certes, cela permet de piocher selon ses goûts et ses trouvailles, mais le modèle de seize feuilles par panneau est à réfléchir pour attirer le spectateur... Sauf à considérer que les meilleurs pièces et développements sont stratégiquement placés sur la rangée centrale, commentaire entendu régulièrement la semaine dernière. Le souci d'être compétitif ressortait de ces exposés.

Évidemment, entourés de médaillés d'or et de grand or, rompus à l'exercice et à la recherche de pièces rares, doubler la lecture de la collection par l'écoute du philatéliste ne pouvait qu'être révélateur et captivant.

Tout comme les conversations : une en particulier sur la dernière des provinces canadiennes, Terre-Neuve, me relancera, cet été, dans les lectures sur des petites parties du monde qui ont toujours des particularités sociales, monétaires et géopolitiques incitant à les redécouvrir.

Non, je ne vais pas commencer à exposer... Peut-être à adhérer à une association avec timbre fédéral (brrrr)... vraiment pour sa spécialité. L'écriture me convient mieux tant que je n'aurai pas envie de posséder les illustrations de mon propos.

Prochaines étapes exposition : l'Association philatélique montpelliéraine les deux et trois mai, puis à Londres, la Société philatélique royale le jeudi quatorze et le Business Design Center le lendemain.

Merci à tous pour l'invitation et m'avoir permis d'admirer vos œuvres.

Note du mardi vingt-neuf septembre 2015 :
- pour Terre-Neuve, une première suite avec la morue monétaire en attendant de plonger dans les pièces d'argent circulant ensuite.

jeudi 6 février 2014

Les facteurs-randonneurs de Mafate

The topic of the postman of Mafate was translated in English on SebPhilately March 16th 2016.

Profitons de la diffusion sur France Ô, la chaîne de télévision métropolitaine des outre-mers, d'un reportage sur l'actuel facteur de Mafate, un des cirques de l'intérieur de La Réunion, département et région française d'outre-mer. Par la voie terrestre, ce sont de véritables randonnées hebdomadaires qu'ont dû et continuent à accomplir les facteurs successifs de Mafate.

Hier, mercredi 5 février en ouverture de l'émission Couleurs Outre-mer, visible jusqu'à mercredi prochain sur franceo.fr, le reportage sur Cyril Maillot, déjà objet d'un reportage de Jacques Payet pour Réunion 1ère en 2013, présente ce facteur-randonneur dans les trente kilomètres de paysages des montagnes, plaines et forêts tropicales, transportant quinze à vingt kilogrammes de courrier et de billets de banque pour les retraits demandés par les habitants du cirque.



Le facteur de Mafate mobilise l'imaginaire local et métropolitain. En 2008, un groupe réunionnais y consacrait une chanson et un clip. Réunionnais du monde propose un entretien avec Irvin Pausé, facteur de 1951 à 1991, tandis qu'il existe suffisamment de références médiatiques jusqu'en métropole (Faut pas rêver de France 3 en 1995 notamment) pour que, dans un autre secteur, Angelo Thiburce dispose d'un article sur la Wikipédia en français, bien que sa tournée a été remplacée par l'hélicoptère.

Google aide à retrouver des vidéos toujours accessibles en ligne : reportage avec le prédécesseur de Cyril Maillot pour le 13 Heures de TF1 en 2012 au cours de laquelle il rencontre Irvin Pausé, devenu petit boutiquier dans sa retraite.

Aller plus loin :
Timbropresse dispose encore d'exemplaires du DVD de 2006 Des courriers très spéciaux, contenant le reportage de Gauthier Toulemonde sur la tournée sur le fleuve Maroni, en pirogues, des facteurs de Guyane.

samedi 21 mars 2009

Légendes et réalité à la Réunion : lu

Cette semaine, j'ai enfin eu le temps de lire à tête reposée Les Deux Premiers Timbres-poste de l'île de la Réunion. Légendes et réalité de Jean-François Brun et Benoît Chandanson.

Comme promis par la bande-annonce archivistique de Chandanson dans Col.Fra d'octobre 2008, l'étude cite de nombreux documents d'archives pour confronter la réalité qu'ils évoquent avec les écrits philatélistes sur ces deux timbres locaux de la Réunion. Le tirage probable et le nombre de timbres vendus et utilisés sont au cœur de la problématique.
La couverture de l'ouvrage.
L'étude ordonnée d'archives est un travail très formateur en termes de formation d'un esprit critique et de recherche de problématiques pertinentes. Monsieur Chandanson en rapporte des informations enrichissantes.

Mais, le plus passionnant de ma lecture fut le répertoire des timbres et lettres connus et dont une photographie est disponible. Passionnant car les remarques sur certaines pièces dévoilent les « métamorphoses » de certains timbres. Ahurissant :
- découpe des marges encore... pour faire plus joli certainement ;
- la paire découpée... appât du gain quand tu nous tiens ;
- timbre détaché collé sur une lettre avec marque de plume concordante ou en redessinant les coups de crayon oblitérateur... la ligne rouge n'est-elle pas franchie ?

La démence des modes philatéliques (sur lettre ou détaché ?) atteint son paroxysme avec la neuvième remarque (page 62). Une lettre affranchie d'un trente centimes, collé dans le sens horizontal, est photographiée pour des ventes en 1927. En 1954, il est détaché. En 1980, il est revenu sur sa lettre... à la verticale !

Une intéressante lecture.

Complément du lundi vingt-quatre avril 2017 :
Depuis le dix-huit avril 2017, Benoît Chandanson propose une fiche de repérage des faux des premiers timbres de la Réunion sur le site d'expertise de Jean-François Brun.

vendredi 5 décembre 2008

Légende et réalité de la Réunion

L'article dans Col.Fra se révèle être la bande-annonce d'un livre publié par Jean-François Brun et Benoît Chandanson, auteurs et marchands philatélistes.

Les Deux Premiers Timbres-poste de l'île de la Réunion annonce la couleur avec le sous-titre Légendes et réalité, légende que cherchait à déconstruire l'article d'octobre 2008.


Bonne lecture certainement.

vendredi 31 octobre 2008

Qui cherche trouve

Il y a encore des erreurs à corriger dans les ouvrages généraux de la philatélie. Les introductions des catalogues sur la Réunion vont devoir s'amender suite aux fouilles de Benoît Chandanson dans les Archives départementales de l'île.

Négociant et auteur spécialiste de la Réunion, Chandanson vient de trouver une lettre du directeur local des postes à son homologue de l'Intérieur qui permettrait (conditionnel le temps que les critiques étudient la nouvelle thèse) d'affiner le tirage que les catalogues Yvert et Dallay (2006-2007, page 293) estiment, sans trop citer de références ou de sources, à 7 500 exemplaires des premiers timbres de la Réunion à usage local.


Référence du document retrouvé : Lettre du 16 février 1852, cote 6P123, Archives départementales de La Réunion. Le fond P correspond aux documents antérieurs à la départementalisation de 1946 regroupant les archives liées aux « Finances. Cadastre. Postes. Etablissements de crédit ».

Publication de la thèse : Benoît Chandanson, « Réunion 1 et 2 : chiffres de tirage(s) ? », ColFra n°394, octobre 2008.


Deux idées :
* aller voir aux Archives départementales les plus proches ce qu'il peut y avoir sur les postes dans les archives préfectorales et municipales (exemple que l'on doit pouvoir y retrouver) ;
* même si certains ne trouvent pas ça joli, voire envahissant, multiplier les notes infra-paginales permet de savoir quelles sont les références employées pour chaque affirmation d'importance et de constater celles à prendre avec des pincettes. Bref, faire savoir.